Catégorie : A la Une

  • Les conséquences coûteuses de la nouvelle orientation diplomatique du niger

    Les conséquences coûteuses de la nouvelle orientation diplomatique du niger

    L’avènement du CNSP au pouvoir a marqué un tournant radical dans la politique étrangère du Niger. Cette réorientation diplomatique, censée offrir une nouvelle liberté, est perçue par de nombreux observateurs comme une impasse. En choisissant de rompre avec ses partenaires historiques et de se désengager de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la junte militaire a fragilisé la solidarité et l’entraide régionales. Une situation d’autant plus préoccupante que la menace terroriste persiste et ne connaît pas de frontières, exigeant une coopération internationale renforcée.

    Ce repositionnement stratégique a conduit à l’établissement de nouvelles alliances, souvent jugées opaques et peu définies, en lieu et place des collaborations antérieures. En adoptant une posture d’isolement et en déclinant la participation à des forums régionaux cruciaux, le Niger se trouve désormais confronté à un isolement financier et à une diminution de son influence politique au sein de l’espace ouest-africain. Ce qui était initialement présenté comme un élan de souveraineté nationale se traduit, en réalité, par une gestion incertaine des affaires étrangères, dont le coût économique retombe lourdement sur le portefeuille des citoyens nigériens.

  • Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    • L’armée burkinabè, ses milices alliées et un groupe armé affilié à Al-Qaïda ont causé la mort de plus de 1 800 civils et déplacé de force des dizaines de milliers de personnes depuis 2023.
    • La junte militaire au pouvoir est responsable de graves exactions, refuse d’engager des poursuites contre les auteurs des violences et restreint la diffusion d’informations pour masquer l’ampleur des souffrances civiles.
    • Les organisations régionales et les partenaires internationaux sont invités à collaborer avec les autorités du Burkina Faso pour mettre fin aux violations des droits humains et établir les responsabilités.

    Depuis 2023, l’armée du Burkina Faso, épaulée par des milices locales et un groupe armé lié à Al-Qaïda, a perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ces actes, incluant des massacres massifs et des déplacements forcés, ont coûté la vie à plus de 1 800 civils et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers. Dans un rapport détaillé de 341 pages, intitulé « Personne ne pourra s’échapper » : crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Burkina Faso, l’organisation Human Rights Watch documente l’impact dévastateur de ce conflit sur les populations civiles, souvent ignoré à l’échelle mondiale.

    Les chercheurs ont analysé 57 incidents impliquant les forces armées, les milices des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) depuis le coup d’État de septembre 2022 ayant porté Ibrahim Traoré au pouvoir. Grâce à des entretiens avec plus de 450 personnes au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali, ainsi qu’à l’examen de sources ouvertes, d’images satellites et de documents officiels, l’organisation a reconstitué les événements et identifié les commandants impliqués.

    Une junte militaire accusée de répression et de violations massives

    Sous la direction du président Ibrahim Traoré, la junte a instauré un climat de terreur en réprimant l’opposition politique, les mouvements de contestation pacifique et les médias indépendants. Ces mesures ont entravé la diffusion d’informations sur le conflit et ses conséquences, tout en favorisant l’impunité des responsables des exactions.

    L’insurrection lancée en 2016 par le GSIM et d’autres groupes armés islamistes a déclenché une série de violences dans la région du Sahel. Ces groupes ont tué des civils, pillé des biens et assiégé des villes, poussant l’armée burkinabè à mener des opérations de contre-insurrection brutales. Les deux camps, qu’il s’agisse des forces gouvernementales ou des groupes armés, ont systématiquement ciblé les civils, souvent accusés de soutenir l’ennemi, transformant les meurtres et les déplacements forcés en tactiques de guerre.

    Des massacres ciblant les communautés peules

    L’armée et les milices ont particulièrement visé les communautés peules, accusées de soutenir les groupes armés islamistes. Ces attaques ont conduit à des nettoyages ethniques dans plusieurs régions, comme en témoignent les événements suivants :

    • Décembre 2023 : Plus de 400 civils ont été tués lors d’une opération militaire près de la ville de Djibo, dans le nord du pays. Une survivante de 35 ans a raconté : « Mes deux filles sont mortes sur le coup. Mon fils de 9 mois et moi avons été grièvement blessés par les balles. Un milicien a ordonné : « Assurez-vous que personne ne respire avant de sortir. » »
    • Novembre 2023 : Treize civils peuls, dont six femmes et quatre enfants, ont été exécutés dans le village de Bassé. Un survivant de 41 ans a décrit les corps : « Tous les cadavres, sauf celui de mon fils, étaient regroupés dans la cour, les yeux bandés, les vêtements déchirés et les mains liées derrière le dos… criblés de balles. Mon fils était allongé sur le ventre, tué d’une balle dans la nuque. »

    Le GSIM : terreur et contrôle territorial

    Le GSIM, dirigé par Iyad Ag Ghaly (recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes présumés au Mali entre 2012 et 2013), a également commis des atrocités. Le groupe a assiégé des dizaines de villes et de villages, bloquant l’accès aux biens et aux personnes, ce qui a provoqué des famines et des maladies. En août 2024, une attaque à Barsalogho a causé la mort d’au moins 133 civils, dont des dizaines d’enfants, accusés de soutenir les VDP. Un survivant de 39 ans a témoigné : « Les combattants ont tiré en continu, comme s’ils avaient des quantités illimitées de munitions. Les gens tombaient comme des mouches. Ils sont venus nous exterminer. Ils n’ont épargné personne. »

    Une impunité généralisée et des responsabilités à établir

    Les deux camps ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment des homicides intentionnels, des attaques contre des civils, des pillages, des déplacements forcés et des violences sexuelles. Selon Human Rights Watch, le président Ibrahim Traoré, commandant suprême des forces armées, ainsi que six hauts commandants militaires, pourraient être tenus pour responsables de ces exactions au titre de la responsabilité de commandement. De même, quatre commandants du GSIM, dont Iyad Ag Ghaly, devraient faire l’objet d’enquêtes.

    Les victimes et leurs familles dénoncent un système judiciaire défaillant, où les institutions nationales ne garantissent ni justice ni accès à des recours. Les autorités minimisent ou nient les allégations d’abus, en particulier ceux commis par les forces gouvernementales et les milices, et refusent de mener des enquêtes crédibles.

    Appel à la justice internationale et à l’action des partenaires

    Les gouvernements internationaux, y compris les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis, sont appelés à agir pour mettre fin aux cycles de violence et d’impunité. Human Rights Watch recommande d’imposer des sanctions ciblées contre les commandants responsables et d’ouvrir un examen préliminaire devant la Cour pénale internationale pour examiner les crimes présumés perpétrés par toutes les parties depuis septembre 2022.

    Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, a déclaré : « L’ampleur des atrocités commises au Burkina Faso est stupéfiante, tout comme le manque d’attention mondiale portée à cette crise. Le monde doit reconnaître l’ampleur de ces violences afin qu’il y soit mis un terme. Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires devraient coopérer avec les autorités du Burkina Faso pour s’attaquer aux graves violations commises par toutes les parties et établir les responsabilités. »

  • Attaque djihadiste au Niger : seize civils tués dans la région de Tillabéri

    Attaque djihadiste au Niger : seize civils tués dans la région de Tillabéri

    Une attaque djihadiste a endeuillé le département de Banibangou, situé dans la région de Tillabéri au Niger, vendredi dernier. Seize civils ont été abattus par des hommes armés, mettant fin à plusieurs mois de calme relatif dans cette zone frontalière avec le Mali.

    Cette région de l’ouest du Niger, réputée pour sa proximité avec des zones sous influence djihadiste, a été le théâtre d’une violence meurtrière. Les groupes armés actifs dans cette zone incluent l’État islamique au Sahel ainsi que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda.

  • Nouakchott réagit : graves incidents meurtriers aux abords de la frontière malienne

    Nouakchott réagit : graves incidents meurtriers aux abords de la frontière malienne

    Le gouvernement de Mauritanie a récemment manifesté une profonde inquiétude et une ferme désapprobation suite à des événements sécuritaires particulièrement graves. Selon les déclarations de Nouakchott, ces épisodes tragiques se seraient déroulés tout récemment sur le sol malien, à proximité immédiate de la frontière mauritanienne.

    Ces incidents, qualifiés par les autorités mauritaniennes de meurtriers, ont provoqué une forte indignation. La capitale mauritanienne dénonce des faits porteurs de tensions qui menacent la sérénité des zones limitrophes et la sécurité des populations. Cet appel intervient dans un climat de surveillance accrue et de défis sécuritaires persistants qui caractérisent la bande sahélienne.

    La situation soulève des interrogations cruciales quant à la protection des civils et la nécessité d’une coordination transfrontalière efficace pour juguler ces menaces.

  • Relations algéro-nigériennes : un nouveau souffle pour la santé en Afrique

    Relations algéro-nigériennes : un nouveau souffle pour la santé en Afrique

    Renforcer les liens médicaux entre l’Algérie et le Niger pour un impact régional

    Signature d'un partenariat renforcé en matière de santé entre l'Algérie et le Niger

    Lors de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, organisée cette semaine à Niamey, les ministres de la Santé des deux pays ont réaffirmé leur engagement à consolider la coopération bilatérale en santé. Cette rencontre, marquée par des échanges approfondis, s’inscrit dans une dynamique visant à élargir et approfondir les collaborations médicales entre les deux nations, comme l’a confirmé un communiqué officiel du ministère algérien de la Santé.

    Des discussions stratégiques pour un partenariat médical durable

    Le ministre algérien de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, et son homologue nigérien, Garba Hakimi, ont souligné l’importance de renforcer la coopération sanitaire dans le cadre d’une vision commune. Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires :

    • Le développement des échanges médicaux et paramédicaux : formation des professionnels, partage d’expertises et harmonisation des pratiques ;
    • L’introduction de technologies avancées : notamment dans les domaines de la transplantation rénale et de la télémédecine ;
    • L’amélioration de la prise en charge des patients grâce à des infrastructures médicales modernisées et une meilleure coordination entre les services.

    Ces entretiens ont également permis d’évaluer les perspectives de développement du partenariat existant, en mettant l’accent sur les besoins concrets des populations des deux pays.

    Un jumelage hospitalier et une lutte renforcée contre les maladies

    Parmi les décisions phares issues de cette rencontre, les deux parties ont acté la promotion de projets de jumelage entre hôpitaux algériens et nigériens. Cette initiative vise à :

    • Favoriser le partage de bonnes pratiques et l’apprentissage mutuel entre établissements ;
    • Développer les infrastructures sanitaires via des investissements ciblés ;
    • Renforcer la surveillance des maladies, en particulier celles à diffusion régionale, avec la création d’un centre de suivi des maladies tropicales dans la wilaya de Tamanrasset.

    La révolution numérique au service de la santé

    Un autre volet clé de ces discussions a concerné l’intégration des solutions numériques dans la gestion des systèmes de santé. Les ministres ont insisté sur la nécessité de :

    • Moderniser les systèmes d’information sanitaire pour une meilleure gouvernance ;
    • Optimiser l’efficacité des services médicaux grâce à des outils technologiques innovants ;
    • Faciliter l’accès aux données de santé pour une prise de décision éclairée.

    Cette approche numérique s’inscrit dans une logique d’amélioration continue de la qualité des soins et de réduction des disparités régionales dans l’accès aux services médicaux.

    Conclusion : une alliance médicale africaine en marche

    Cette deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne marque une étape importante dans la construction d’un partenariat sanitaire solide et pérenne. En combinant coopération technique, innovation et solidarité, l’Algérie et le Niger montrent l’exemple d’une alliance médicale stratégique au service du bien-être des populations africaines.

    Les prochaines étapes consisteront à concrétiser les projets discutés, notamment via des accords bilatéraux et des programmes concrets, afin de traduire ces ambitions en réalisations tangibles.

  • Santé : Le Niger se dote de plusieurs établissements publics dans le domaine sanitaire – Agence Nigérienne de Presse

    Santé : Le Niger se dote de plusieurs établissements publics dans le domaine sanitaire – Agence Nigérienne de Presse

    Le traitement chinois du tarif douanier zéro « arrive à point nommé » pour les pays africains en quête d’équité commerciale, selon un expert nigérien à la Chambre de commerce (interview)
  • Liberté de la presse au Sahel : la crise sécuritaire étouffe l’information indépendante

    Liberté de la presse au Sahel : la crise sécuritaire étouffe l’information indépendante

    La liberté de la presse au Sahel en danger : un constat alarmant

    Depuis les récents coups d’État au Burkina Faso, au Mali et au Niger, la liberté de la presse dans ces trois pays du Sahel s’est fortement dégradée. Le journalisme indépendant fait face à des menaces croissantes, émanant à la fois des autorités militaires et des groupes terroristes qui exploitent l’instabilité régionale. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme et de préserver la souveraineté nationale, les régimes en place multiplient les arrestations arbitraires de journalistes, la suspension ou le blocage de médias, et même le recrutement forcé de critiques et dissidents dans leurs rangs. Les professionnels des médias qui osent couvrir de manière critique la situation sécuritaire — incluant les violations des droits humains et l’incapacité des juntes à rétablir la sécurité — sont particulièrement ciblés. Cette répression généralisée pousse les médias à l’autocensure et crée un vide informationnel sur les enjeux sécuritaires et humanitaires, comblé par une propagande d’État.

    Un recul démocratique aux conséquences régionales et globales

    Les coups d’État militaires ayant renversé les gouvernements au Sahel ont inversé des années de progrès démocratiques, avec des répercussions majeures pour la stabilité en Afrique et dans le monde. Les groupes extrémistes violents ont profité de l’incertitude politique et de la gouvernance affaiblie qui a suivi les putschs au Mali, au Burkina Faso et au Niger pour étendre leur influence.

    Les bouleversements géopolitiques et les realignements stratégiques ont également aggravé l’insécurité régionale. Les nouveaux dirigeants militaires de la région ont rompu les accords de défense avec les États-Unis et leurs partenaires européens, se retirant des forums de coopération comme la CEDEAO et le G5 Sahel au profit d’une nouvelle alliance régionale, l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Dans ce contexte de désengagement international, le groupe Wagner, une organisation paramilitaire russe, a renforcé sa présence dans la région, servant les intérêts du Kremlin. Les juntes militaires justifient leur autoritarisme croissant par la souveraineté et la lutte antiterroriste, au mépris flagrant de la liberté de la presse. Les journalistes qui rapportent de manière critique la situation sécuritaire — incluant les violations des droits humains et l’échec des régimes à rétablir la sécurité — subissent des attaques répressives de la part d’acteurs étatiques et non étatiques.

    Des lois répressives : l’arme du cybercrime contre les médias

    Selon les observations de l’IPI, les acteurs étatiques sont les principaux responsables des violations de la liberté de la presse. Ils instrumentalisent les lois sur le cybercrime et la sécurité nationale pour arrêter, harceler et emprisonner les journalistes couvrant des sujets politiquement sensibles. L’IPI a également recensé des cas de groupes terroristes enlevant et, dans certains cas, tuant des journalistes.

    Les journalistes étrangers sont de plus en plus menacés en raison de la montée de l’anti-occidentalisme dans la région et des liens croissants avec la Russie et la Chine, qui alimentent un rejet des reportages internationaux. Des journalistes affiliés à des médias occidentaux ayant critiqué les régimes militaires du Sahel ont été soudainement expulsés, tandis que des organes de presse entiers ont été suspendus par les autorités de régulation des médias. Les médias locaux et les associations de journalistes subissent également des répressions, avec de nombreux arrêts d’activité.

    Face à la réduction de l’espace pour un journalisme indépendant, de nombreux journalistes interrogés par l’IPI pour ce rapport ont adopté l’autocensure pour éviter des représailles. Certains ont choisi de vivre et travailler en exil pour leur sécurité, tandis que d’autres sont réduits au silence, évitant soigneusement les sujets sensibles — y compris les affirmations des régimes sur la situation sécuritaire et la lutte antiterroriste — pour échapper à l’emprisonnement et au harcèlement. Comme l’a confié un journaliste malien à l’IPI : « Nous vivons dans un État policier où les gens se méfient des étrangers et craignent d’exprimer ouvertement leurs opinions ».

    Un vide informationnel exploité par la propagande d’État et les groupes extrémistes

    Cette atmosphère de peur généralisée crée un effet paralysant, conduisant à une dangereuse lacune informationnelle au Sahel, aux conséquences à la fois régionales et mondiales. À mesure que le flux d’informations critiques ralentit, un black-out se forme, permettant aux acteurs étatiques et aux groupes extrémistes violents de perpétrer des répressions sans conséquences. Cette censure entrave également l’évaluation objective de la situation sécuritaire, les juntes ciblant systématiquement les journalistes qui rapportent des attaques terroristes ou questionnent les versions officielles.

    Les civils se retrouvent de plus en plus isolés et vulnérables, privés de canaux pour accéder à des informations vitales, tandis que les observateurs locaux et internationaux peinent à documenter les violations des droits humains et à tenir les responsables pour responsables. Des acteurs extérieurs, principalement la Russie et la Chine, tirent déjà parti de ce vide informationnel — ainsi que de la montée de l’anti-occidentalisme — pour servir leurs propres intérêts dans la région via la désinformation et la propagande.

    À travers ce rapport, l’IPI souhaite alerter la communauté internationale sur les conditions de plus en plus critiques du journalisme indépendant au Sahel. Sans une action urgente pour remédier à la situation de la liberté de la presse dans la région, la perte de reportages indépendants risque d’entraîner le Sahel dans une insécurité plus profonde, un autoritarisme accru et une répression incontrôlée, privant des millions de personnes d’un accès à une information de qualité et indépendante.

    Arrestations et emprisonnements : les lois sur le cybercrime détournées à des fins politiques

    Les juntes militaires du Sahel utilisent la loi comme une arme pour arrêter, harceler et emprisonner les journalistes couvrant des sujets politiquement sensibles. Les lois sur le cybercrime, en particulier, sont devenues un outil puissant de censure, reflétant une tendance mondiale. Les recherches de l’IPI ont montré que les gouvernements du monde entier abusent de ces lois — souvent présentées comme des mesures de protection de la sécurité nationale ou de lutte contre la désinformation — pour cibler et censurer la presse.

    Parmi les pays du Sahel, le Niger s’est distingué comme le principal emprisonneur de journalistes ces derniers temps. Les autorités nigériennes invoquent fréquemment la loi sur la cybersécurité pour harceler et emprisonner les journalistes, en particulier ceux qui traitent de sujets liés à la sécurité. Avant le coup d’État, le gouvernement du président Mohamed Bazoum avait amendé cette loi pour supprimer les peines de prison pour des infractions comme la diffamation. Cependant, sous le régime militaire, ces avancées fragiles ont été balayées et remplacées par des sanctions plus sévères.

    Quelques exemples marquants :

    • En janvier 2026, le journaliste de la Deutsche Welle Gazali Abdou a été arrêté et inculpé de « diffusion de rapports pouvant troubler l’ordre public » en vertu de la loi nigérienne sur le cybercrime. Son arrestation fait suite à son reportage sur les conditions de vie déplorables des réfugiés nigérians dans la capitale, Niamey.
    • Les journalistes Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Abou Kané sont incarcérés depuis novembre 2025 sous l’accusation de « tentative de trouble à l’ordre public » selon la loi nigérienne sur le cybercrime.
    • En mai 2025, Hamid Mahmoud, Massaouda Jaharou et Mahaman Sani, journalistes de Sahara FM à Agadez, ont été arrêtés pour avoir diffusé un article sur la fin de la coopération entre le groupe paramilitaire russe Wagner et les autorités nigériennes. Massaouda Jaharou a été libérée, mais les deux autres ont été inculpés de « atteinte à la défense nationale » et de « complot contre l’autorité de l’État ».

    Cette tendance s’étend au reste de la région. Au Mali, la loi sur le cybercrime est fréquemment utilisée pour cibler les journalistes et les critiques, sous des accusations d’atteinte à la crédibilité de l’État, de diffamation ou de diffusion de fausses informations. Les personnes visées risquent jusqu’à 10 ans de prison.

    L’unité malienne de lutte contre la cybercriminalité a ciblé des journalistes comme Alfousseni Togo, Issiaka Tamboura, Youssou Traoré et Kassim Traoré pour leurs publications en ligne critiquant le système judiciaire malien. Togo a été condamné à une amende et à huit mois de prison avec sursis pour diffamation, insulte et atteinte à la réputation de l’État. En juillet 2025, Tamboura, Traoré et Kassim ont été inculpés de diffamation en ligne après une plainte déposée par un magistrat local.

    Au Burkina Faso, plusieurs journalistes ont été détenus et interrogés en 2025 par les forces de sécurité après la fuite d’une interview du leader militaire Ibrahim Traoré, commémorant le troisième anniversaire du coup d’État.

    Blocus médiatique : suspension et blocage des médias nationaux et internationaux

    Depuis les prises de pouvoir militaires, les autorités des trois pays ont fortement réduit l’indépendance des organes de régulation des médias, qui servent désormais à museler les médias critiques, en particulier sur les questions de sécurité et de violations des droits humains.

    Au Burkina Faso, les autorités ont modifié la loi pour permettre au chef de l’État de nommer directement le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), mettant fin à un système où le président était élu par ses pairs. Cette réforme a mis fin à une période d’indépendance relative du CSC. En janvier 2026, les autorités ont fusionné le CSC avec l’Autorité de protection des données (FIL), préparant le terrain pour un contrôle accru sur cette nouvelle institution.

    Au Niger, les autorités ont créé en septembre 2023 l’Observatoire national de la communication (ONC), un organe de régulation des médias contrôlé par l’État, remplaçant le Conseil supérieur de la communication (CSC), un organe indépendant.

    Au Mali, en février 2025, les autorités ont adopté deux décrets augmentant de 900 % les frais de licence pour les médias, une mesure perçue comme une tentative de coercition pour aligner les médias locaux sur les narratives contrôlées par l’État.

    Parallèlement, les autorités des trois pays ont suspendu des médias locaux et étrangers, en particulier français et occidentaux, souvent pour des reportages critiques sur les juntes militaires, les défis sécuritaires ou les allégations de violations des droits humains.

    Cas emblématiques au Mali :

    • RFI et France 24 ont été suspendus en 2022 pour avoir rapporté des allégations de meurtres de civils par les forces armées.
    • LCI (La Chaîne Info) a subi plusieurs suspensions, dont une de deux mois en 2024 pour avoir diffusé de « fausses accusations » d’atrocités commises par les forces armées maliennes et leurs partenaires russes. La chaîne reste bloquée.
    • France 2 a été banni pour quatre mois en 2024 pour son reportage sur la situation sécuritaire, accusé de « glorifier le terrorisme » en comparant la force des groupes armés terroristes à celle des forces armées maliennes.
    • TV5Monde a été suspendu à plusieurs reprises, notamment en septembre 2024 pour un reportage sur des décès de civils dans des frappes de drones dans le nord-est du Mali, et en mai 2025 pour « manipulation flagrante de l’opinion publique » après une couverture d’une manifestation d’un parti politique.
    • En janvier 2026, la vente et la distribution du magazine panafricain Jeune Afrique ont été interdites pour son reportage sur l’activité jihadiste et la crise du carburant.
    • La chaîne locale Joliba TV a été suspendue pour six mois en 2024 suite à une plainte déposée par le Burkina Faso contre des commentaires jugés déstabilisateurs pour ce pays.

    Cas emblématiques au Burkina Faso :

    • RFI a été suspendu depuis décembre 2022 pour son reportage sur l’activité terroriste dans le pays, accusé d’être un « porte-voix » des groupes terroristes. France 24 a été suspendu en mars 2023 pour un interview avec le chef d’une branche locale d’Al-Qaïda, et LCI en juillet 2023 pour avoir diffusé de « fausses informations » sur la situation sécuritaire. Les trois médias restent inaccessibles.
    • Jeune Afrique a été bloqué en 2023 pour avoir tenté de discréditer les forces armées après un reportage sur les tensions au sein de l’armée.
    • En avril 2024, plusieurs médias internationaux, dont la BBC, Voice of America, Deutsche Welle, The Guardian et Le Monde, ont été bloqués indéfiniment après avoir relayé un rapport d’Human Rights Watch accusant les forces armées du pays de massacres de civils. Beaucoup de ces médias restent inaccessibles.
    • La radio locale Omega FM a été suspendue à deux reprises : en août 2023 pour avoir reçu un critique du coup d’État au Niger, et en août 2025 pour une publication Facebook jugée « malveillante et discourtoise » envers les autorités burkinabè.

    Cas emblématiques au Niger :

    • RFI et France 24 ont été bloqués après le coup d’État de 2023.
    • La BBC a été suspendue pour trois mois en décembre 2024 pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir rapporté des attaques de groupes jihadistes ayant tué des soldats et des civils.

    En plus des blocages, les autorités ont expulsé des journalistes étrangers. Au Burkina Faso, Sophie Douce (Le Monde) et Agnès Faivre (Libération) ont été expulsées pour leur enquête sur une vidéo montrant la mort d’enfants dans une caserne militaire. Au Mali, Benjamin Roger, journaliste de Jeune Afrique, a été expulsé en février 2022, moins de 24 heures après son arrivée à Bamako, sous prétexte de manque d’accréditation.

    Répression transfrontalière : les journalistes visés pour leurs critiques

    Une particularité du Sahel est la répression transfrontalière, où les journalistes sont ciblés pour leurs reportages ou commentaires sur les régimes militaires voisins. Des cas incluent :

    • En mars 2026, le journaliste malien Youssouf Sissoko, du journal L’Alternance, a été condamné à deux ans de prison et à une amende pour avoir critiqué le leader militaire nigérien, le général Abdourahamane Tiani.
    • En mai 2025, le journaliste malien Seydou Oumar Traoré a été condamné à un an de prison pour avoir critiqué le leader militaire guinéen Mamadou Doumbouya.

    Sécurité des journalistes menacée : enlèvements et conscription forcée

    La menace contre la sécurité des journalistes au Sahel, émanant principalement des groupes jihadistes opérant dans la région, s’est aggravée après les coups d’État.

    Les enlèvements de journalistes restent une préoccupation majeure, en particulier au Mali. En 2013, les journalistes français Ghislain Dupont et Claude Verlon de RFI ont été enlevés et tués dans le nord du Mali. En novembre 2023, le groupe État islamique au Sahel a enlevé deux journalistes de Radio Coton d’Ansongo, Saleck Ag Jiddou et Moustaph Koné, tandis qu’un troisième, Abdoul Aziz Djibrilla, a été tué. En octobre 2025, un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda a enlevé deux journalistes de la télévision publique malienne ORTM, Daouda Koné et Salif Sangaré, libérés fin décembre après trois mois de captivité. Dans un autre cas, le journaliste El Bachir Thiam a été enlevé en mai et libéré en septembre, les forces de sécurité de l’État étant suspectées d’être responsables de sa disparition forcée.

    Au Burkina Faso, les journalistes ont également été victimes de conscription militaire forcée. En 2023, le régime militaire a promulgué un décret permettant l’enrôlement forcé de civils pour répondre aux attaques terroristes croissantes. Les autorités ont utilisé ce décret pour cibler des journalistes et des critiques du gouvernement militaire. Au moins sept journalistes ont été enrôlés de force et envoyés au front pour combattre les groupes terroristes. En juillet 2025, plusieurs journalistes, dont le président de l’Association des journalistes du Burkina Faso, ont été libérés après des mois de détention. Le sort de deux journalistes, Serge Oulon et Moussa Serab, reste inconnu.

    Pression sur la société civile : la fermeture des associations de presse

    Les autorités militaires des trois pays intensifient la pression sur les groupes de la société civile qui défendent la liberté de la presse et d’expression.

    Au Niger, les autorités ont suspendu la Maison de la Presse, une association de presse locale représentant plus de 30 organes médiatiques, de toute activité.

    Au Burkina Faso, les autorités ont dissous l’Association des journalistes du Burkina Faso en mars 2025, l’accusant de ne pas respecter la loi de 2015 sur les associations. Début 2025, le Burkina Faso a également dissous tous les partis politiques.

    Au Mali, la Maison de la Presse a subi une forte pression gouvernementale après avoir critiqué une directive interdisant aux médias de rapporter les activités des partis politiques. Bien que la Maison de la Presse reste opérationnelle, sa capacité à agir en tant que gardien de la liberté de la presse a été severely affaiblie.

    Appel à l’action : protéger la liberté de la presse au Sahel

    Face à cette situation alarmante, une pression internationale urgente est nécessaire pour inciter les autorités du Niger, du Mali et du Burkina Faso à respecter la liberté des médias et à protéger la sécurité des journalistes.

    Les mesures urgentes incluent :

    • Mettre fin à tout harcèlement des journalistes en réponse à leurs reportages.
    • Réformer les législations, en particulier les lois sur le cybercrime, pour empêcher les abus.
    • Autoriser les médias locaux et internationaux à couvrir librement les sujets d’intérêt public et international sans crainte de représailles.
    • Lever les interdictions imposées aux médias et journalistes locaux et étrangers.
    • Rétablir l’indépendance des organes de régulation des médias.
    • Enquêter sur toutes les attaques contre les journalistes et traduire les responsables en justice.
    • Permettre aux organisations de la société civile, y compris celles travaillant à la protection de la presse, de fonctionner librement.
  • Togo : l’inflation des prix à la consommation, une progression mesurée en février 2026

    Togo : l’inflation des prix à la consommation, une progression mesurée en février 2026

    En février 2026, l’économie togolaise a enregistré une évolution notable de son indicateur des prix à la consommation. Les données officielles révèlent une progression modérée de l’inflation au Togo, signalant une tendance à la hausse, bien que sous contrôle.

    Durant ce mois, la hausse des prix a atteint 0,4 %, marquant un léger accroissement par rapport au mois précédent. En effet, en janvier, l’indice des prix à la consommation s’était établi à 0,2 %, indiquant une accélération de 0,2 point de pourcentage.

    Malgré cette progression, les analystes s’accordent à dire que la situation reflète une stabilité relative dans l’environnement économique du pays, avec des pressions inflationnistes qui demeurent contenues et gérables pour les ménages et les entreprises.

  • Washington s’efforce de raviver sa présence diplomatique au Sahel, focalisant sur Niamey après ses démarches à Bamako et Ouagadougou

    Washington s’efforce de raviver sa présence diplomatique au Sahel, focalisant sur Niamey après ses démarches à Bamako et Ouagadougou

    L’engagement diplomatique des États-Unis au Sahel est en pleine intensification. Washington multiplie les ouvertures stratégiques vers le Niger, s’inscrivant dans la lignée de démarches similaires observées antérieurement au Mali et au Burkina Faso. Cette série d’initiatives s’inscrit dans une tentative de

  • Faure Gnassingbé : un jeu diplomatique subtil entre Russie, CEDEAO et AES

    Faure Gnassingbé : un jeu diplomatique subtil entre Russie, CEDEAO et AES

    Faure Gnassingbé lors d'un sommet diplomatique à Abuja en décembre 2025

    Le Togo adopte une approche diplomatique discrète mais stratégique. Le 9 mars, Andreï Belousov, ministre russe de la Défense, s’est rendu à Lomé où il a été reçu par Faure Essozimna Gnassingbé. Bien que cette visite ait été confirmée par une source proche de la présidence togolaise, aucune annonce officielle n’a été publiée.

    Une diplomatie de l’ombre pour préserver des équilibres

    Cette rencontre illustre la stratégie de Faure Gnassingbé, qui navigue entre plusieurs blocs géopolitiques sans prendre parti ouvertement. Le Togo, bien que membre de la CEDEAO, entretient des liens avec la Russie et l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

    Cette position médiane permet à Faure Gnassingbé de maintenir des relations diversifiées, essentielles pour la stabilité et le développement du pays. En évitant les tensions, il sécurise des partenariats économiques et politiques variés.

    Pourquoi cette stratégie est-elle gagnante ?

    • Diversité des alliances : le Togo bénéficie de soutiens multiples, réduisant sa dépendance à un seul bloc.
    • Stabilité régionale : en évitant les conflits, le pays préserve sa sécurité et son économie.
    • Opportunités économiques : cette neutralité attire des investissements de sources variées.

    Un jeu diplomatique qui reflète une vision à long terme

    La discrétion du Togo dans ses communications officielles est calculée. Elle permet au pays de négocier sans pression externe, tout en renforçant son image de médiateur crédible. Faure Gnassingbé mise sur cette approche pour consolider le rôle du Togo comme acteur clé en Afrique de l’Ouest.

    En équilibrant ses relations avec la CEDEAO, la Russie et l’AES, il démontre une maîtrise des enjeux géopolitiques, essentielle pour un pays comme le Togo, situé au cœur de dynamiques régionales complexes.

  • Partenariat santé Niger États-Unis : un écosystème intégré pour renforcer le système sanitaire

    Partenariat santé Niger États-Unis : un écosystème intégré pour renforcer le système sanitaire

    Le Niger et les États-Unis unissent leurs forces pour une santé publique renforcée

    Le Niger et les États-Unis ont officialisé un protocole d’accord bilatéral ambitieux en matière de coopération sanitaire. Cet engagement, d’une valeur totale de 179,3 millions de dollars sur cinq ans, illustre une volonté commune de transformer durablement le paysage de la santé publique au Niger.

    Selon les informations transmises par le Département d’État américain, Washington consacrera 107,4 millions de dollars à des initiatives ciblées. Ces fonds serviront principalement à :

    • Renforcer la lutte contre le paludisme ;
    • Améliorer la santé maternelle et infantile ;
    • Développer les capacités de surveillance épidémiologique et de réponse aux crises sanitaires.

    De son côté, le gouvernement nigérien s’est engagé à mobiliser 71,9 millions de dollars de fonds nationaux pour assurer la pérennité des programmes sanitaires. Cette contribution reflète une volonté politique forte d’appropriation locale et de durabilité des actions engagées.

    Un écosystème numérique intégré pour une santé publique moderne

    Au cœur de cet accord figure la création d’un écosystème numérique intégré dédié à la santé. Ce dispositif, financé à hauteur de 5 millions de dollars, reposera sur six systèmes interconnectés :

    • Dossiers médicaux électroniques pour un suivi individualisé des patients ;
    • Gestion des laboratoires et des pharmacies pour une meilleure traçabilité des analyses et des médicaments ;
    • Surveillance épidémiologique pour une détection précoce des menaces sanitaires ;
    • Gestion des stocks de produits de santé afin d’éviter les ruptures ;
    • Création d’un entrepôt national de données pour centraliser et analyser les informations sanitaires.

    L’objectif ? Permettre au Niger de détecter plus rapidement les épidémies et de réagir de manière proactive pour limiter leur propagation. Cette approche s’inscrit dans une logique de résilience sanitaire et de préparation face aux urgences épidémiques.

    Un modèle replicable pour d’autres pays partenaires

    Les États-Unis n’ont pas limité leur engagement au Niger. Un accord similaire, d’un montant de 60,8 millions de dollars, a été signé avec la République dominicaine. Ce partenariat inclut notamment :

    • Un renforcement de la lutte contre le VIH/sida ;
    • La mise en place d’un système de surveillance sanitaire « 7-1-7 » pour une réponse rapide aux crises.

    Ces deux protocoles, totalisant plus de 240 millions de dollars, illustrent une stratégie américaine ambitieuse en matière de santé mondiale. Ils combinent assistance technique, financements et renforcement des capacités locales pour des résultats durables.

    Pourquoi cet accord est-il stratégique pour le Niger ?

    L’investissement américain au Niger ne se limite pas à des transferts de fonds. Il s’agit d’une véritable collaboration technique visant à :

    • Moderniser les infrastructures sanitaires ;
    • Renforcer les compétences des professionnels de santé ;
    • Améliorer l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables ;
    • Créer un cadre propice à l’innovation en santé publique.

    Avec cet accord, le Niger se positionne comme un acteur clé en Afrique en matière de santé publique. La mise en place d’un écosystème intégré numérique ouvre la voie à une gestion plus efficace des ressources et à une meilleure coordination entre les différents acteurs du secteur.

    Ce partenariat pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains souhaitant moderniser leur système de santé et renforcer leur résilience face aux défis épidémiques.

  • Escalade de la violence terroriste au Burkina Faso : plus de cent victimes en dix jours

    Escalade de la violence terroriste au Burkina Faso : plus de cent victimes en dix jours

    Le Burkina Faso traverse une période critique avec une vague d’offensives meurtrières menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une branche d’Al Qaïda. En l’espace de seulement dix jours, des centaines de personnes ont perdu la vie, touchant de plein fouet les forces de l’ordre. Face à ce drame, le sommet de l’État observe un mutisme total.

    Un décalage flagrant entre le discours officiel et la réalité du terrain

    Le silence règne au sein des médias nationaux et des institutions dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce manque de communication s’explique par la difficulté de concilier ces attaques incessantes avec la promesse d’une reconquête territoriale totale, argument central du pouvoir militaire depuis le coup d’État de septembre 2022. La situation sécuritaire dans l’est et le nord du pays semble pourtant échapper au contrôle des autorités.

    Le 6 mars dernier, un raid violent a visé une unité de police à Yamba, localité située à une vingtaine de kilomètres de Fada N’Gourma. Selon des sources locales, l’assaut aurait fait plusieurs dizaines de victimes, dont au moins trente policiers. Les assaillants, arrivés en grand nombre à moto, ont pillé le campement et emporté du matériel avant que les renforts ne puissent intervenir.

    Une coordination accrue des groupes armés au Sahel

    Le mois de février a été l’un des plus sanglants de l’année. Les observateurs de West Africa Maps ont recensé 38 actions offensives du JNIM et plusieurs attaques de l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Ces groupes opèrent souvent près des frontières avec le Mali et le Niger, des zones stratégiques pour le contrôle des ressources minières et des routes commerciales.

    Cette instabilité impacte directement le Niger économie et la sécurité régionale, rendant l’actu Niger indissociable de la crise burkinabè. Les Niger nouvelles font d’ailleurs régulièrement état de mouvements de combattants entre ces pays limitrophes. Alors que la politique nigérienne tente de s’organiser face à la menace, la Niamey actualité reste attentive à la porosité des frontières.

    Le lourd tribut payé par les supplétifs civils

    Les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), milice citoyenne soutenant l’armée, sont en première ligne. Le 14 février a marqué un tournant tragique avec la mort de 186 VDP et d’une centaine de gardes forestiers lors de raids coordonnés dans le nord. Cette efficacité tactique démontre, selon les experts, une organisation de plus en plus sophistiquée des groupes djihadistes.

    Parallèlement, la stratégie de défense populaire montre des signes de dérive. Des membres des VDP sont régulièrement accusés d’exactions contre la minorité Peul, suspectée à tort de complicité avec les insurgés. Début mars, de nouveaux massacres de civils ont été signalés dans la zone de Bittou, aggravant les tensions communautaires au sein du pays.