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  • Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    L’impact financier d’Africa corps sur le Mali, successeur de Wagner

    Au cœur de Bamako, une modeste chapelle orthodoxe, édifiée par les forces russes d’Africa Corps, symbolise leur présence militaire au Mali. Cette structure, assemblée en tuiles et tôles, marque un tournant dans la coopération sécuritaire entre Bamako et Moscou. Depuis sept mois, ces nouveaux alliés ont pris le relais du controversé groupe Wagner, promettant une lutte renforcée contre les groupes jihadistes. Pourtant, cette transition s’accompagne d’une facture salée : près d’un milliard de dollars engagés par la junte malienne pour un bénéfice opérationnel encore incertain.

    Cette alliance militaire russe, désormais incarnée par Africa Corps, soulève des questions sur son efficacité et son coût réel. Entre promesses sécuritaires et réalités économiques, l’engagement de Bamako auprès de Moscou interroge. Quels sont les véritables enjeux de cette coopération pour le Mali ?

    Une transition militaire coûteuse entre Wagner et Africa Corps

    Le remplacement de Wagner par les forces d’Africa Corps au Mali ne s’est pas fait sans transition. Depuis sept mois, les soldats russes de cette nouvelle entité œuvrent aux côtés de l’armée malienne pour contenir la menace jihadiste. Leur implantation à Bamako, matérialisée par des infrastructures comme la chapelle orthodoxe, reflète une volonté d’ancrage durable.

    Cependant, cette collaboration s’accompagne d’un investissement financier majeur. Selon les estimations, la junte malienne aurait déboursé près d’un milliard de dollars pour financer cette alliance militaire. Un budget colossal qui interroge sur la rentabilité et l’efficacité des opérations menées par Africa Corps.

    Pour comprendre l’ampleur de cet engagement, il est essentiel d’analyser les implications économiques et stratégiques de cette coopération pour le Mali. Entre dépenses militaires et résultats opérationnels, le bilan reste contrasté.

    Les dépenses engagées par le Mali pour Africa Corps

    L’alliance avec Africa Corps représente un poste de dépenses significatif pour le gouvernement malien. En plus des coûts directs liés à la présence des forces russes, Bamako doit assumer des dépenses logistiques et opérationnelles importantes. Ces investissements incluent :

    • Financement des infrastructures : construction et entretien des bases militaires, comme celle de Bamako où se trouve la chapelle orthodoxe.
    • Rémunération des forces : paiement des salaires et des prestations des mercenaires et conseillers russes.
    • Logistique et soutien : fourniture de matériel, de munitions et de moyens de transport pour les opérations militaires.
    • Frais annexes : dépenses liées à la sécurité, aux communications et aux services logistiques nécessaires au bon fonctionnement des troupes.

    Ces coûts, cumulés, atteignent près d’un milliard de dollars, un montant qui pèse lourdement sur les finances publiques du Mali, déjà fragilisées par des années de crise sécuritaire et politique.

    Des résultats militaires en demi-teinte

    Malgré l’engagement financier massif, les résultats obtenus par Africa Corps dans la lutte contre le jihadisme restent limités. Les groupes armés, toujours actifs dans le nord et le centre du pays, continuent de menacer la stabilité régionale. Les opérations conjointes entre l’armée malienne et les forces russes peinent à inverser la tendance.

    Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés :

    • Manque de coordination : les différences de doctrine militaire et de tactiques entre les forces maliennes et russes compliquent les opérations conjointes.
    • Résistance locale : la présence de mercenaires étrangers suscite des tensions au sein de la population et des factions militaires maliennes.
    • Adaptation des groupes jihadistes : ces derniers ont développé des stratégies pour contourner les offensives des forces pro-gouvernementales.

    Dans ce contexte, la junte malienne se trouve confrontée à un dilemme : poursuivre son alliance avec Africa Corps malgré des résultats mitigés, ou explorer d’autres options pour sécuriser le territoire.

    Le Mali face à l’héritage de Wagner et aux défis d’Africa Corps

    La transition entre Wagner et Africa Corps au Mali illustre les défis auxquels fait face Bamako dans sa quête de stabilité. Après des années de collaboration controversée avec le groupe russe, marqué par des accusations de violations des droits humains, le gouvernement malien a opté pour une nouvelle formule : une alliance officielle avec Moscou via Africa Corps.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte géopolitique où le Mali cherche à diversifier ses partenariats en matière de sécurité. Cependant, les attentes sont élevées, et la pression pour obtenir des résultats concrets s’intensifie. Entre le coût exorbitant de cette collaboration et les limites opérationnelles observées, Bamako doit désormais évaluer la viabilité de cette stratégie.

    Les alternatives à l’alliance avec Russia

    Face aux défis posés par Africa Corps, le Mali pourrait envisager d’autres pistes pour renforcer sa sécurité. Parmi les options possibles :

    • Renforcement des partenariats régionaux : collaboration accrue avec les pays voisins comme le Niger ou le Burkina Faso pour une approche régionale contre le jihadisme.
    • Soutien des forces locales : investissement dans la formation et l’équipement des troupes maliennes pour une autonomie accrue.
    • Dialogue avec les groupes armés : exploration de voies diplomatiques pour réduire les tensions et favoriser la réconciliation nationale.

    Ces alternatives, bien que complexes, pourraient offrir au Mali une sortie de crise plus durable que l’alliance actuelle avec Africa Corps.

    Conclusion : un engagement coûteux, des résultats incertains

    L’alliance militaire entre le Mali et Africa Corps s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le jihadisme, mais son coût financier et ses résultats opérationnels restent sujets à débat. Avec près d’un milliard de dollars engagés, Bamako doit désormais évaluer si cette collaboration est viable à long terme, ou si d’autres options doivent être envisagées pour assurer la stabilité du pays.

    Une chose est sûre : la quête de sécurité au Mali passe par une réflexion approfondie sur les partenariats internationaux et les priorités nationales.

  • Le Burkina Faso enregistre un recul spectaculaire du paludisme en 2025, l’éradication à l’horizon 2030

    Le Burkina Faso enregistre un recul spectaculaire du paludisme en 2025, l’éradication à l’horizon 2030

    Le Burkina Faso marque une étape décisive dans sa campagne contre le paludisme, une affection parasitaire que la nation ambitionne d’éradiquer d’ici 2030. L’année 2025 a été caractérisée par une diminution sans précédent du nombre de contaminations et de décès imputables au paludisme. Le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé, a partagé ces données lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 20 février 2026 à Ouagadougou.

    Les statistiques révèlent une diminution notable des cas de paludisme au Burkina Faso, passant de 10 805 000 en 2024 à 7 329 000 en 2025, ce qui représente une baisse de 32 %. Chez les jeunes de moins de 5 ans, cette réduction est encore plus prononcée, avec plus de 1 900 000 cas évités, soit environ 38 %.

    Concernant la mortalité, le nombre de décès dus au paludisme a chuté de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, soit une amélioration de 48 %. Pour les enfants de moins de 5 ans, le ministre de la Santé a souligné une diminution de 893 décès enregistrés en 2025.

    D’après les déclarations du Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, l’objectif du Burkina Faso est limpide : « Éradiquer le paludisme avant 2030 ». Il a précisé les actions nécessaires : « Pour y parvenir, nous devons maintenir notre trajectoire, améliorer l’hygiène du cadre de vie, intensifier la mise en œuvre d’interventions à fort impact telles que la vaccination antipaludique, l’emploi de moustiquaires imprégnées et la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS+). Il est également crucial de renforcer la communication pour induire des changements de comportement, de consolider l’engagement des communautés et d’assurer un financement pérenne ».

    Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

    Le ministre a insisté sur le fait que ces résultats positifs ne sont pas le fruit du hasard. « Ils découlent d’une vision politique claire, portée par Son Excellence le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui a fait de l’accès équitable aux soins et de la protection des citoyens une priorité absolue de l’action gouvernementale. »

    Il a également souligné que ces avancées reflètent l’engagement continu du Gouvernement et la synergie de tous les acteurs nationaux et partenaires.

    Selon le Dr Kargougou, la création du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a considérablement renforcé la coordination à l’échelle nationale, confirmant la conviction que l’éradication du paludisme nécessite une mobilisation intersectorielle et une adhésion active des populations.

    « La campagne nationale de distribution gratuite et universelle de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action a permis de distribuer près de 15 millions de moustiquaires bi-imprégnées de dernière génération, avec pour ambition un taux d’utilisation d’au moins 80 %. Ces moustiquaires de nouvelle génération se sont avérées plus efficaces pour contrer la résistance aux insecticides, surpassant celles précédemment employées dans notre pays », a-t-il précisé.

    Plus de 33 000 bénévoles communautaires et 7 000 professionnels de la santé ont sillonné les localités, y compris les zones confrontées à des défis sécuritaires, afin de garantir une protection égale pour chaque foyer, d’après le ministre de la Santé. « Cette proximité a favorisé l’appropriation par les communautés et le sens de la responsabilité collective », a-t-il affirmé.

    Par ailleurs, le ministre a mentionné que l’extension de la vaccination gratuite contre le paludisme, opérationnelle depuis le 14 août 2025 dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays, représente une avancée historique supplémentaire dans la lutte contre cette maladie au Burkina Faso.

    Pour Lucien Jean-Claude Kargougou, si ces performances sont sans précédent, c’est aussi parce que chacun a compris que le combat contre le paludisme est avant tout une question de comportements et d’engagement social.

    « La mobilisation communautaire et la communication ont été au cœur de notre stratégie. Des campagnes d’information adaptées aux réalités locales, l’implication des leaders communautaires et religieux, la sensibilisation en porte-à-porte et l’engagement des médias ont converti les outils de prévention en gestes quotidiens : dormir sous moustiquaire, faire vacciner les enfants, consulter rapidement en cas de fièvre », a-t-il détaillé.

    À cet égard, le ministre Kargougou a lancé un appel à tous les acteurs pour qu’ils maintiennent cette dynamique et relèvent le défi de l’élimination du paludisme.

    « Nous invitons l’ensemble des parties prenantes : collectivités territoriales, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, leaders communautaires, médias et citoyens, à poursuivre et à intensifier cet élan. Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso », a-t-il conclu.

  • Rencontre de haut niveau entre l’union européenne et la Mauritanie pour renforcer leur partenariat

    Rencontre de haut niveau entre l’union européenne et la Mauritanie pour renforcer leur partenariat

    Rencontre stratégique entre l’Union européenne et la Mauritanie : approfondissement d’un partenariat clé

    Un dialogue politique de haut niveau s’est tenu le 12 février 2026 à la Primature de Mauritanie, marquant une nouvelle étape dans les relations entre la République Islamique de Mauritanie et l’Union européenne. Sous la présidence du Premier Ministre mauritanien Mokhtar Ould DIAYE, cette réunion a réuni les principaux responsables politiques et diplomatiques des deux parties.

    Une réunion axée sur les enjeux bilatéraux et régionaux

    Cette rencontre diplomatique avait pour objectif principal de renforcer la coopération entre la Mauritanie et l’UE, en abordant des thématiques majeures pour les deux partenaires. Parmi les sujets traités :

    • Sécurité et stabilité régionale : examen des questions de paix et de sécurité, avec un accent particulier sur la situation humanitaire et l’accueil des réfugiés en Mauritanie
    • Développement économique : analyse des performances économiques mauritaniennes, des défis persistants et des réformes structurelles mises en place
    • Coopération politique : bilan des avancées politiques et institutionnelles, notamment en vue du futur dialogue national
    • Droits humains et sociaux : promotion des droits civiques et politiques, ainsi que des secteurs clés comme la santé et l’éducation
    • Environnement et pêche : discussion sur la gestion des ressources naturelles et la pêche durable

    Les discussions ont également porté sur les initiatives européennes en Mauritanie, notamment dans le cadre de l’accord Global Gateway, avec un focus sur le développement des infrastructures et la transition énergétique.

    Participants et contributions des deux parties

    Du côté mauritanien, la délégation était composée de plusieurs ministres clés :

    • Le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur
    • Le Ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local
    • Le Ministre des Finances
    • Le Ministre de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires
    • Le Ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement
    • Le Ministre de la Santé
    • Le Directeur du Cabinet du Premier Ministre

    Pour l’Union européenne, étaient présents :

    • La Directrice du département Afrique du Service européen de l’Action extérieure (EEAS)
    • Le Directeur Afrique de la Direction générale des partenariats internationaux
    • Les Ambassadeurs de l’Equipe Europe en Mauritanie (Allemagne, Espagne, France, Italie)
    • Les Ambassadeurs non résidents (Roumanie, Danemark)

    Mme Patricia Llombard-Cussac, représentant l’Equipe Europe, a présenté les actions de l’UE en Mauritanie, notamment les projets liés à l’initiative Global Gateway et les investissements dans les infrastructures énergétiques et sociales.

    Perspectives et engagements pour l’avenir

    Les échanges ont été menés dans un climat de confiance mutuelle, soulignant la qualité des relations entre la Mauritanie et l’Union européenne. À l’issue de la réunion, les deux parties ont réitéré leur engagement à poursuivre le dialogue et à renforcer leur partenariat dans les domaines identifiés.

    Ces rencontres régulières s’inscrivent dans le cadre de l’Accord de Samoa, qui structure les relations entre les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et l’Union européenne (ACP-UE).

    Cette réunion confirme l’importance stratégique de la Mauritanie pour l’Europe, notamment dans des domaines aussi variés que la sécurité, l’économie et le développement humain.

    Pourquoi ce partenariat est-il crucial pour la Mauritanie ?

    La Mauritanie, située à la croisée de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, joue un rôle clé dans la stabilité régionale. Son partenariat avec l’UE permet :

    • Le renforcement de la sécurité et de la paix dans la région du Sahel
    • Le soutien à la croissance économique et à la diversification des secteurs productifs
    • L’amélioration des conditions de vie de la population, notamment via l’éducation et la santé
    • La promotion de la coopération internationale sur les enjeux migratoires et environnementaux
  • Le Burkina Faso rend les médicaments plus accessibles avec une baisse tarifaire historique

    Le Burkina Faso rend les médicaments plus accessibles avec une baisse tarifaire historique

    Le Burkina Faso franchit une étape significative dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé en annonçant une réduction spectaculaire des prix des médicaments essentiels génériques et de certains consommables médicaux. Cette mesure d’envergure, effective dès le 1er mars 2026, vise à alléger considérablement le fardeau financier des ménages et à garantir une meilleure équité face à la santé.

    Cette décision stratégique a été entérinée lors du Conseil des ministres du 12 février 2026. Les autorités burkinabè ont ainsi validé une diminution notable des tarifs des produits distribués par la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG), avec des baisses pouvant atteindre jusqu’à 72 % pour certaines catégories.

    Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a détaillé les différentes catégories concernées par ces ajustements tarifaires. Les diminutions varient ainsi : les formes comprimées bénéficient d’une baisse allant jusqu’à 67,27 %, les produits injectables de 53,47 %, et les sirops ou suspensions de 20 %. Les consommables médicaux enregistrent les réductions les plus importantes, avec des baisses pouvant atteindre 72,73 %.

    Pour soutenir cette réforme ambitieuse, l’État burkinabè mobilise un appui financier conséquent, s’élevant à 3 milliards de FCFA. Cet investissement crucial est destiné à réduire les dépenses de santé des citoyens, à faciliter l’accès à des traitements vitaux et à renforcer l’égalité d’accès aux services de santé sur l’ensemble du territoire.

    Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité d’efforts antérieurs, notamment une précédente baisse des prix des médicaments mise en œuvre en mai 2025, dont l’impact budgétaire avait été estimé à près de 5 milliards de FCFA. Ces actions successives illustrent la volonté inébranlable des autorités de garantir des soins de qualité et financièrement accessibles à l’ensemble de la population du Burkina Faso.

  • Violence jihadiste au Niger : un massacre choquant dans le Tillabéri

    Violence jihadiste au Niger : un massacre choquant dans le Tillabéri

    Des soldats nigériens assurant la sécurité dans une zone instable du Sahel

    Un massacre de civils a endeuillé le Niger en ce début d’année. Le 18 janvier dernier, des hommes et des enfants ont été exécutés par des combattants de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dans le village de Bossiye, situé dans la région du Tillabéri, à l’ouest du pays. Bilan : 31 victimes.

    Une attaque méthodique selon les informations recueillies par Human Rights Watch. Autour de midi, une centaine de jihadistes auraient fait irruption dans le village, armés et juchés sur des motos. Leur objectif ? Semer la terreur parmi la population locale.

    Une région sous haute tension

    Le Tillabéri fait partie des zones les plus touchées par les violences jihadistes au Niger. Cette région, frontalière avec le Mali et le Burkina Faso, est le théâtre de fréquents affrontements entre groupes armés et forces de sécurité nigériennes. Les trois frontières (Niger-Mali-Burkina Faso) concentrent une grande partie des attaques terroristes dans le Sahel.

    L’EIGS, un groupe particulièrement actif

    L’État islamique au Grand Sahara est l’un des principaux groupes armés à l’origine de ces violences. Ses membres ciblent régulièrement les villageois, accusés de collaborer avec les autorités ou les forces internationales. Les massacres perpétrés par ce groupe ont déjà fait des centaines de victimes au Niger et dans les pays voisins.

    • Une escalade alarmante : les attaques se multiplient depuis plusieurs années dans la région.
    • Un défi sécuritaire pour le gouvernement nigérien, qui peine à endiguer la propagation de ces violences.
    • Des conséquences humanitaires dramatiques pour les populations locales, contraintes de fuir ou de vivre dans l’insécurité permanente.

    Que faire face à cette menace ?

    Les autorités nigériennes, soutenues par des partenaires internationaux, tentent de renforcer la sécurité dans la région du Tillabéri. Cependant, la tâche reste complexe face à la mobilité et à la détermination des groupes armés.

    Les ONG et les organisations de défense des droits de l’homme appellent à une réponse internationale coordonnée pour protéger les populations civiles et mettre fin à ces exactions.

    Ce nouveau massacre rappelle l’urgence d’agir pour briser le cycle de la violence au Niger et dans toute la sous-région.

  • Les États-Unis et le Maroc redéfinissent leur influence au Sahel

    Les États-Unis et le Maroc redéfinissent leur influence au Sahel

    Le paysage géopolitique du Sahel connaît une transformation silencieuse mais profonde. Alors que les missions européennes se sont progressivement retirées du Mali, du Burkina Faso et du Niger, et que la Russie consolide sa présence via des structures paraétatiques, les États-Unis semblent marquer un retour en arrière éclairé. Selon Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE, cette dynamique ne relève pas d’un regain soudain, mais plutôt d’une stratégie de patience. « Ce n’est pas un retour en force, c’est plutôt la confirmation qu’ils n’ont jamais été très loin et qu’ils attendaient de voir le délitement des autres pour pouvoir se positionner », analyse-t-il.

    Une approche stratégique fondée sur le pragmatisme

    Les États-Unis n’ont jamais quitté le Sahel, mais ont adapté leur présence en misant sur le pragmatisme. « Les Américains sont pragmatiques. Ils négocient avec des interlocuteurs dont ils ne partagent pas forcément les positions », souligne Emmanuel Dupuy. Dans cette logique transactionnelle, les enjeux sécuritaires et économiques priment sur les considérations idéologiques.

    Il ajoute : « Ils ne considèrent pas la Russie comme une menace et, au contraire, ils sont parfaitement complémentaires avec des acteurs qui, par ailleurs, ont bénéficié du vide stratégique, du coup d’aspirateur qui a chassé les Occidentaux, en l’occurrence les Européens. » Cette coexistence, loin d’être conflictuelle, s’inscrit dans un jeu d’ajustements mutuels où chaque puissance capitalise sur les espaces laissés vacants par d’autres partenaires.

    Une opportunité stratégique pour Washington

    Plusieurs facteurs favorisent actuellement une fenêtre d’opportunité pour les États-Unis. « Tout s’aligne pour les Américains. L’ONU est discréditée, la Russie ne parvient pas à lutter efficacement contre les groupes armés terroristes. » L’affaiblissement de la crédibilité onusienne et les limites opérationnelles des dispositifs russes ouvrent ainsi un espace pour un redéploiement indirect.

    La méthodologie américaine repose sur un dialogue structuré avec les autorités locales, quelle que soit leur légitimité. Emmanuel Dupuy établit un parallèle explicite : « Les Américains pratiquent exactement la même méthodologie de dialogue structuré avec les autorités maliennes, comme ils l’ont fait avec les autorités afghanes, avec, in fine, la perspective de négocier avec les talibans. » Cette approche, distincte de celle des Européens, marque une acceptation du fait accompli politique.

    Sous-traitance sécuritaire et alliances indirectes

    La stratégie américaine ne se limite pas à un dialogue avec les régimes sahéliens. Elle s’inscrit dans une dynamique de convergences croisées. « Les Américains sont parfaitement convergents avec d’autres acteurs et partenaires, notamment la Turquie », observe Emmanuel Dupuy. La faible présence relative de la Chine dans certains segments sécuritaires du Sahel constitue, selon lui, une opportunité supplémentaire pour Washington.

    Sur le plan commercial, il évoque la relance de l’African Growth and Opportunity Act, un dispositif permettant à plusieurs pays africains de bénéficier d’exemptions tarifaires sur le marché américain. Ce cadre, qui concerne trente nations, participe d’une stratégie d’ancrage économique complémentaire à la dimension sécuritaire.

    Une coexistence russo-américaine en question

    La question de la coexistence entre les États-Unis et la Russie dans un même espace géographique revient régulièrement dans les débats. Emmanuel Dupuy y répond sans détour : « Ça peut d’autant plus fonctionner que ce ne seront pas directement les États-Unis ni directement la Russie. Ce sont des sociétés militaires privées, des ESSD, qui interviendront. C’est exactement ce que les Américains feront. » Cette externalisation constitue, selon lui, le cœur du modèle.

    Il cite l’exemple du Rwanda et de la RDC : « La meilleure preuve, c’est le deal qu’ils ont facilité entre la RDC et le Rwanda : il y a des Américains, mais pas des forces armées régulières. Cela s’appelle Blackwater. » L’évocation de sociétés militaires privées renvoie à une pratique déjà éprouvée sur d’autres théâtres d’opérations.

    Le Maroc, un partenaire clé dans la stratégie américaine

    Dans ce contexte, la place du Maroc occupe une position singulière. La coopération bilatérale entre Rabat et Washington s’est intensifiée sur les plans militaire, économique et diplomatique. Emmanuel Dupuy estime qu’une convergence plus large pourrait se dessiner vers le Sahel. « Vraisemblablement, oui. Le Maroc est un peu le partenaire idéal, le partenaire espéré, dont les Américains ont besoin. »

    Cette complémentarité d’intérêts permet aux États-Unis de ne pas s’engager frontalement tout en utilisant l’image positive du Maroc, qui peut dialoguer avec les gouvernements issus des coups d’État militaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

    Emmanuel Dupuy observe que « les Marocains demeurent des acteurs privilégiés, d’autant plus que l’Algérie a perdu le lien quasi organique qu’elle entretenait avec le Mali ». Il évoque notamment le soutien apporté par Alger à certains acteurs religieux jugés inacceptables par Bamako, ce qui aurait contribué à distendre les relations.

    Un levier d’influence discret mais efficace

    Le pouvoir à Bamako voit d’un très bon œil le fait que le Maroc reste un acteur privilégié, alors même que les autorités maliennes dénoncent régulièrement des ingérences extérieures. Rabat bénéficierait ainsi d’un capital relationnel distinct.

    La perspective d’un approfondissement économique régional reste inscrite dans le long terme. « Oui, mais ça, c’est du très long terme. On parle de désenclavement, de corridors logistiques Burkina FasoNigerMali via la Mauritanie, puis des investissements dans le sud du Maroc. C’est une perspective à dix ans, pas avant », précise Emmanuel Dupuy.

    Avant ces infrastructures structurantes, d’autres leviers sont mobilisés. Il cite en particulier la diplomatie spirituelle : « Depuis 2015, l’Institut Mohammed VI de formation des imams forme des cadres religieux pour toute la région, avec la promotion d’un islam modéré, malikite, soufi. C’est un outil d’influence douce extrêmement efficace. » L’exportation d’un référentiel religieux encadré constitue, à ses yeux, un vecteur de stabilisation et d’influence.

    Parallèlement, le Maroc peut proposer « des perspectives économiques de désenclavement que peu d’acteurs sont capables de proposer aujourd’hui ». Cette offre s’inscrit dans une stratégie plus large de projection africaine, déjà visible à travers les investissements bancaires, télécoms et industriels du royaume.

    Algérie et Sahara : un rapport de force en mutation

    Reste la question algérienne. Emmanuel Dupuy se montre sceptique quant aux marges de manœuvre d’Alger. « Honnêtement, je ne vois pas laquelle », répond-il à propos des cartes dont disposerait encore le régime algérien. Il estime que la dynamique diplomatique actuelle lui est défavorable, notamment sur le dossier du Sahara. Selon lui, « les Américains ont rappelé que la seule base de discussion reste le plan d’autonomie ».

    Il souligne également que certains projets alternatifs, notamment énergétiques, n’ont pas abouti comme envisagé. Les marges de manœuvre d’Alger apparaissent ainsi contraintes par l’évolution des alliances régionales et par les priorités des grandes puissances.

    Emmanuel Dupuy évoque la réunion de Madrid comme un moment charnière dans l’évolution du dossier du Sahara. « Il ne s’agit plus de débats idéologiques, mais de mise en œuvre pratique. » Les discussions porteraient désormais sur la gouvernance locale, le développement économique, les zones maritimes, la production agricole et les zones économiques exclusives.

    À travers cette grille de lecture, le Sahel n’apparaît plus seulement comme un théâtre de rivalités sécuritaires, mais comme un espace de recomposition stratégique où s’entrelacent intérêts extractifs, sous-traitance militaire, diplomatie religieuse et corridors logistiques. Dans cet échiquier, Washington ajuste sa posture et le Maroc s’affirme comme un pivot régional, au croisement de l’Atlantique, de la Méditerranée et de la profondeur africaine.

  • Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso
    Deux personnes échangent des billets de Banque à Bamako 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

    Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    Le Mali enregistre un recul notable dans l’édition 2025 de l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International. Le pays glisse de la 135ᵉ à la 136ᵉ position au classement mondial, se faisant ainsi devancer par ses voisins du Niger et du Burkina Faso, tous deux membres de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Cet indice, qui évalue la lutte contre la corruption dans 182 pays, attribue au Mali une note de 28/100 pour l’année 2025. Une performance en baisse par rapport à l’année précédente, où le pays occupait la 135ᵉ place. Malgré les mesures annoncées par les autorités pour endiguer ce phénomène, les résultats peinent à se matérialiser.

    Ibrahim Harouna Touré, coordinateur régional de l’Observatoire des droits humains et de la paix à Gao, analyse ce classement comme le reflet d’un manque criant de transparence et de gouvernance au sein des institutions maliennes. « Aucun débat public, aucune remise en question n’accompagne les grands projets de l’État. Les appels d’offres manquent cruellement de redevabilité », explique-t-il.

    L’expert souligne également l’absence de contrôle effectif sur la gestion des fonds publics. « On a l’impression d’une gouvernance aux mains de plusieurs entités autonomes, où chaque responsable gère les ressources à sa convenance », dénonce-t-il. Pour lui, ces lacunes structurelles en matière de transparence et de responsabilité expliquent en grande partie la persistance de la corruption au Mali.

  • Classement corruption 2025 : l’afrique francophone en difficulté

    Classement corruption 2025 : l’afrique francophone en difficulté

    Transparency International vient de publier son indice de perception de la corruption 2025, qui évalue le niveau de corruption perçue dans le secteur public de 182 pays à travers le monde. Cette année, les résultats révèlent une aggravation globale du phénomène, y compris dans des démocraties considérées comme stables.

    présentation indice de perception de la corruption

    comment fonctionne l’indice de perception de la corruption ?

    La corruption, par nature illégale et dissimulée, reste difficile à mesurer directement. Cependant, Transparency International évalue chaque année la perception de ce phénomène à travers le monde. L’indice de perception de la corruption (IPC) s’appuie sur des données provenant de 13 sources externes, dont la Banque mondiale et le Forum économique mondial.

    Les critères analysés incluent le taux de poursuites contre des fonctionnaires corrompus, les détournements de fonds publics et la protection accordée aux lanceurs d’alerte. Chaque pays reçoit un score sur 100, allant de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre). En 2025, plus des deux tiers des pays affichent un score inférieur à 50.

    Le classement est dominé par le Danemark (89 points), tandis que le Soudan du Sud et la Somalie ferment la marche avec seulement 9 points chacun.

    l’afrique subsaharienne en tête des régions les plus touchées

    L’Afrique subsaharienne affiche la note moyenne la plus basse au monde, avec un score de 32/100. Seulement quatre pays de la région dépassent le seuil de 50 points, et aucun pays francophone n’en fait partie. Parmi les mieux notés, on trouve les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda et le Botswana.

    En Afrique de l’Ouest francophone, le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se distinguent grâce à des réformes administratives, mais la Guinée accuse un retard important en raison de faiblesses institutionnelles et d’un espace civique restreint.

    le Sahel et l’afrique centrale francophone : des scores préoccupants

    Dans la région du Sahel, les pays francophones affichent des résultats encore plus inquiétants. Les environnements sécuritaires et politiques instables, couplés à des institutions fragilisées, favorisent la corruption. Le Burkina Faso, en tête des pays sahéliens francophones, obtient un score de 40, loin de la moyenne de 50. À titre de comparaison, le Niger atteint 31 points, le Mali 28 et le Tchad seulement 22.

    En Afrique centrale francophone, la situation est tout aussi critique. La République démocratique du Congo, en proie à des conflits, affiche un score de 20, tandis que le Burundi atteint péniblement 17 points. Le Rwanda fait exception avec 58 points, se positionnant comme un modèle dans la région.

    Un constat s’impose : aucun pays d’Afrique francophone ne dépasse les 70 points, seuil considéré comme le début de la zone d’« intégrité élevée » par Transparency International.

    illustration corruption échange d'enveloppes

    europe : un recul inquiétant de la lutte contre la corruption

    À titre de comparaison, l’Allemagne se classe en dixième position mondiale avec 77 points, devançant la France (66 points). Selon François Valérian, président de Transparency International, « des lois existent, mais elles ne sont pas appliquées. Les organes de lutte contre la corruption manquent d’indépendance et de moyens. »

    Il dénonce également un désengagement de certains gouvernements, notamment dans les pays du Nord, qui estiment avoir déjà suffisamment agi contre ce fléau.

    Pour renforcer la lutte, Transparency International plaide en faveur d’un système judiciaire indépendant, à la fois des pouvoirs exécutifs et des intérêts privés. Une indépendance assortie de ressources suffisantes pour garantir son efficacité.

    La première directive anticorruption de l’Union européenne, adoptée fin 2025, vise à harmoniser les législations pénales des États membres. Cependant, les résultats concrets prendront du temps à se matérialiser.

  • Le Tchad, terre d’accueil pour les réfugiés soudanais malgré des défis nationaux croissants

    Le Tchad, terre d’accueil pour les réfugiés soudanais malgré des défis nationaux croissants

    Dans le tumulte provoqué par le conflit soudanais, le Tchad s’impose comme la principale terre d’asile en Afrique centrale. Bien que la situation humanitaire ait montré des signes de stabilisation l’année dernière, cette nation reste l’une des plus fragiles au monde, peinant à couvrir les besoins vitaux de quatre millions de ses propres citoyens.

    Un fardeau humanitaire sans précédent

    Depuis le déclenchement des hostilités entre factions rivales au Soudan en avril 2023, environ 14 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer. Selon les données de l’ONU, cette crise déstabilise l’ensemble des sept pays frontaliers et impacte la sécurité régionale.

    Le Tchad est en première ligne, devenant le pays africain qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant. D’après le HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés), plus de 900 000 Soudanais ont traversé la frontière orientale depuis le début des combats. Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a salué cet élan de solidarité exceptionnel.

    Des réfugiés soudanais fuyant les violences arrivent à la ville frontalière d'Adré, au Tchad (photo d'archives).

    Une nation face à ses propres vulnérabilités

    Surnommé la « Tour de Babel » pour sa diversité culturelle (plus de 200 ethnies et 100 langues), le Tchad traverse une période critique. Avec 42 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, le pays doit jongler entre l’accueil massif et la gestion de crises internes majeures.

    Impact climatique et insécurité alimentaire

    Le changement climatique pèse lourdement sur le pays. Le lac Tchad continue de s’assécher, tandis que des inondations dévastatrices frappent le territoire. En 2024, ces crues ont anéanti 432 000 hectares de terres agricoles, impactant près de deux millions d’habitants et provoquant des épidémies de choléra.

    La malnutrition atteint des seuils alarmants : on estime que deux millions d’enfants de moins de cinq ans seront touchés par la malnutrition aiguë entre fin 2025 et 2026, dont près de 484 000 cas sévères selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

    Pressions sécuritaires et enjeux régionaux

    L’insécurité demeure une préoccupation centrale dans cette zone du Sahel. Les attaques de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad ont déjà déplacé 250 000 personnes. Au nord, le trafic illicite et l’exploitation minière illégale s’accompagnent de violences de genre. Il est à noter que 87 % des réfugiés sont des femmes et des enfants, une population particulièrement exposée. Cette situation est suivie de près par les observateurs de la politique nigérienne et régionale en raison de la porosité des frontières.

    Des forces de sécurité patrouillent à Adré, au Tchad.

    L’action internationale et le soutien de l’ONU

    Le gouvernement tchadien, soutenu par le HCR, a réussi à reloger 67 % des nouveaux arrivants dans des zones sécurisées. Un Plan d’action humanitaire pour 2026, doté de 986 millions de dollars, vise à secourir 3,4 millions de personnes. Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, a précisé que les efforts se concentreront sur l’est, le sud et la province du Lac.

    Par ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations Unies prévoit une réunion le 19 février pour traiter de la crise soudanaise, avec un accent particulier sur la protection des femmes face aux violences généralisées.

    Un espoir de résilience : le parcours de Radwa

    Malgré l’adversité, des histoires de réussite émergent. Radwa Abdelkarim, mère de six enfants ayant fui le Soudan en 2023, a transformé une aide financière du HCR en une opportunité entrepreneuriale. Installée au camp de Farchana, elle a ouvert deux épiceries et un restaurant, employant aujourd’hui 12 autres réfugiés.

    « Mon objectif est de soutenir les autres femmes pour que nous puissions avancer ensemble », témoigne-t-elle, illustrant la force de la solidarité au sein des communautés déplacées alors que le pays fait face à d’importants défis liés à l’économie régionale.

  • ONU alerte Burkina Faso sur l’espace civique et les droits humains

    ONU alerte Burkina Faso sur l’espace civique et les droits humains

    Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant au gouvernement du Burkina Faso pour qu’il rétablisse sans délai toutes les libertés fondamentales. Dans un communiqué officiel, il a vivement critiqué la décision gouvernementale visant à interdire l’ensemble des partis politiques, qualifiant cette mesure de « recul majeur » pour les droits humains dans le pays.

    « Au lieu de museler les acteurs politiques et de sanctionner l’expression des opinions, les autorités burkinabè devraient favoriser un environnement propice à la société civile », a déclaré Volker Türk. Il a insisté sur la nécessité de respecter la liberté d’association et d’expression, tout en soulignant l’obligation légale du Burkina Faso de se conformer à ses engagements internationaux en matière de droits humains.

    restrictions des partis politiques et durcissement des règles

    Le 29 janvier 2026, le gouvernement burkinabè a officialisé son intention de dissoudre tous les partis politiques et de modifier le cadre juridique qui les régit. Depuis septembre 2022, les activités de ces formations politiques sont déjà suspendues, une situation dénoncée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

    En 2025, plusieurs organisations nationales et internationales ont vu leurs activités suspendues sans justification claire ou sous des prétextes flous, comme des accusations de collecte illégale de données ou des allégations d’atteintes à « l’ordre public ». En juillet 2025, une loi restrictive sur la liberté d’association a été adoptée, et depuis le 11 novembre 2025, un décret impose désormais aux ONG et associations de gérer leurs comptes bancaires exclusivement via une banque d’État. Ces mesures, combinées, ont considérablement réduit l’espace d’action de la société civile, en violation du droit international.

    Ces restrictions, appliquées sans aucun accompagnement ni compensation, entravent gravement les missions humanitaires et limitent l’accès aux populations vulnérables. Par ailleurs, bien que quelques détenus arbitraires aient été libérés l’année précédente, le HCDH continue de recevoir des signalements concernant des disparitions forcées et des arrestations arbitraires, touchant notamment des journalistes, des magistrats, des dirigeants politiques et des membres d’organisations de la société civile.

    engagements non tenus et appels à l’action

    En décembre 2025, une feuille de route avait été convenue entre le HCDH et le gouvernement burkinabè. Celle-ci prévoyait notamment la fin de l’impunité, le respect des droits humains dans les opérations militaires, l’assistance aux victimes, la protection des libertés fondamentales et le renforcement des mécanismes nationaux de lutte contre la torture.

    « Ces promesses doivent être suivies d’effets concrets et immédiats », a souligné Volker Türk. « Le Burkina Faso doit abroger les lois liberticides, garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire sur l’ensemble du territoire et libérer sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement. Il est crucial que les responsables de violations des droits humains soient tenus pour responsables de leurs actes ».

    Pour conclure, il a rappelé que « seul un espace civique et démocratique, permettant la diversité des voix politiques et associatives, ainsi qu’un État de droit renforcé, peuvent garantir une paix durable, une sécurité stable et une cohésion sociale au Burkina Faso ».

  • Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Dr Gnaka Lagoke, maître de conférences en Histoire et Études Panafricaines à l'Université Lincoln en Pennsylvanie

    La récente mission de Nick Checker, chef du Bureau des affaires africaines au département d’État américain, au Mali, symbolise un retour en force de Washington dans les dynamiques du Sahel. Cette visite s’inscrit dans une stratégie révisée de la politique américaine en Afrique de l’Ouest, articulée autour de trois axes majeurs : une diplomatie économique centrée sur l’exploitation des ressources minières, un renforcement des partenariats sécuritaires avec une présence militaire adaptative, et une réorientation des aides humanitaires vers des collaborations ciblées à la fois économiques et sécuritaires.

    Analyse avec le Dr Gnaka Lagoke

    Changements sous l’administration Trump : un virage stratégique

    DW : Dr Gnaka Lagoke, comment interpréter la visite de Nick Checker au Mali et ses entretiens avec les autorités maliennes et le président Assimi Goïta ? Quelles évolutions marquent la politique étrangère américaine au Sahel et en Afrique de l’Ouest sous l’administration Trump ?

    Le coup d’État au Niger, qui a renversé le président Bazoum, a révélé une divergence notable entre les réactions des États-Unis et celles de la France. Contrairement à Paris, qui a tenté de mobiliser une intervention militaire pour rétablir Bazoum, Washington a adopté une approche plus mesurée. Cette position a été renforcée lorsque les nouvelles autorités nigériennes ont demandé le départ des troupes américaines du pays, sans que les États-Unis ne s’engagent dans un conflit ouvert.

    Avec la montée des tensions entre les grandes puissances comme la Russie et la Chine, l’administration américaine a été encouragée par ses experts à recentrer sa politique sur deux axes principaux : la sécurité et l’économie. Le Sahel, riche en ressources stratégiques, constitue un enjeu majeur pour les États-Unis, qui cherchent à sécuriser des approvisionnements essentiels. Cette logique s’applique également à d’autres régions comme le Venezuela, l’Iran ou encore la République Démocratique du Congo.

    Le Nigeria, nouveau partenaire privilégié des États-Unis en Afrique de l’Ouest

    DW : Pourquoi les États-Unis privilégient-ils désormais le Nigeria comme partenaire en Afrique de l’Ouest, maintenant que leurs bases militaires au Niger ne sont plus permanentes ?

    L’administration Trump a justifié son intervention au Nigeria par la nécessité de protéger les populations chrétiennes, selon ses propres termes, menacées par des groupes islamistes. Cependant, cette intervention, limitée à quelques frappes aériennes, n’a pas suffi à éradiquer les bases des insurgés. De nombreux analystes estiment que les véritables motivations sont davantage liées aux ressources naturelles du Nigeria, notamment le pétrole et d’autres minerais stratégiques. Cette approche illustre la volonté américaine de conjuguer sécurité et intérêts économiques dans la région.

    Cette stratégie pourrait également conduire au déploiement de nouvelles bases militaires au Sahel. Les bases précédemment situées au Niger auraient été déplacées vers le Bénin et la Côte d’Ivoire.

    Avantages pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans leur coopération avec les États-Unis

    DW : Quels bénéfices les pays membres de l’AES pourraient-ils tirer d’une collaboration avec les États-Unis sous Trump ?

    L’un des principaux atouts offerts par Washington réside dans la possibilité de négociation qu’il propose aux pays de l’AES. Ces derniers ont été perçus comme des parias par la France et l’Union européenne, ce qui rend cette ouverture américaine particulièrement attrayante. Par ailleurs, dans le contexte des tensions entre l’Occident et les pays des BRICS, les États-Unis offrent aux pays africains une alternative stratégique.

    Les États-Unis pourraient ainsi tirer parti des frictions entre l’Afrique et l’Union européenne pour promouvoir leurs propres intérêts. Cependant, ils mettent en avant un discours de respect de la souveraineté des pays de l’AES, un message qui trouve un écho favorable auprès des populations locales.

    Cependant, des informations indiquent l’existence de réseaux impliquant la France, les États-Unis et d’autres acteurs, visant potentiellement un changement de régime au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cette situation soulève des questions sur la sincérité des intentions américaines, dont la duplicité ne sera révélée que par l’histoire.

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  • Répression croissante des juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Répression croissante des juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Une année 2025 marquée par l’intensification de la répression dans la région

    En 2025, les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Sahel, ont significativement accru leur emprise sur le pouvoir tout en resserrant l’étau sur les libertés fondamentales. Cette tendance, déjà alarmante, s’est traduite par une multiplication des mesures répressives contre les citoyens et les institutions démocratiques.

    Les juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest ont poursuivi leur stratégie de restriction des libertés, tout en affaiblissant les mécanismes de reddition des comptes. Cette dynamique s’accompagne d’une montée des violences perpétrées par les groupes armés islamistes, en parallèle d’une répression systématique des opposants et des médias indépendants.

    Des actions répressives ciblant les droits humains et les libertés fondamentales

    Les juntes militaires installées au Sahel ont accentué leurs mesures autoritaires, réduisant drastiquement l’espace politique et démocratique. Selon les experts, cette tendance s’inscrit dans une logique de consolidation du pouvoir, au mépris des promesses de transition vers la démocratie.

    « Les dirigeants des juntes militaires au Sahel ignorent délibérément les engagements pris en faveur de la démocratie et multiplient les restrictions contre la liberté d’expression et les droits fondamentaux », souligne un responsable de Human Rights Watch. « Il est urgent que la communauté internationale intervienne pour protéger les citoyens et rétablir l’État de droit ».

    Des violations des droits humains en hausse au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Le rapport de Human Rights Watch met en lumière une recrudescences des exactions dans plusieurs pays de la région. Les groupes armés islamistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont multiplié les attaques contre les populations civiles, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Dans le même temps, les forces gouvernementales et leurs alliés, comme le groupe Wagner (devenu « Africa Corps »), ont été accusés de violations graves, notamment des exécutions sommaires de civils peuls.

    Des mesures autoritaires pour étouffer toute opposition

    Les autorités du Niger, du Mali et du Tchad ont adopté des décisions controversées pour consolider leur pouvoir. Parmi ces mesures :

    • Prolongation de cinq ans des périodes de transition vers la démocratie au Niger et au Mali, accompagnée de l’interdiction du multipartisme ;
    • Abolition de la limitation du nombre de mandats présidentiels au Tchad ;
    • Restriction accrue de la liberté d’expression et des médias, avec des arrestations arbitraires de journalistes, d’activistes et de critiques des juntes. Au Burkina Faso et au Mali, des opposants politiques et des figures critiques ont été détenus ou soumis à des disparitions forcées.

    Au Nigeria, les autorités ont intensifié la répression des utilisateurs de réseaux sociaux et des journalistes, en s’appuyant sur une interprétation extensive de la loi sur la cybercriminalité. Des personnalités politiques et des anciens dirigeants, comme l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, restent détenus sans procès. Au Tchad, l’ancien Premier ministre et opposant Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison pour des motifs politiques.

    Un désengagement des institutions régionales et internationales

    Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont accéléré leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Cour pénale internationale (CPI). Cette stratégie, en plus de fragiliser l’accès à la justice pour les victimes, affaiblit davantage les mécanismes de protection des droits humains dans la région.

    Face à cette situation critique, les organisations régionales et internationales, dont l’Union africaine, sont appelées à renforcer leurs efforts pour protéger les civils et faire respecter les droits fondamentaux. La communauté internationale doit impérativement agir pour contrer cette dérive autoritaire et garantir la sécurité des populations.