Catégorie : A la Une

  • Partenariat public-privé : une solution pour le transport d’électricité au Cameroun

    Partenariat public-privé : une solution pour le transport d’électricité au Cameroun

    Face aux difficultés budgétaires, le Cameroun se tourne vers le partenariat public-privé (PPP) pour moderniser son réseau de transport d’électricité. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a annoncé cette orientation lors d’une réunion avec l’ambassadeur d’Italie, Filippo Scammacca del Murgo, et Riccardo Rossi Van Lamsweerde, responsable régional de la Cassa Depositi e Prestiti.

    Un déficit de trésorerie qui bloque les investissements

    L’État camerounais fait face à un manque de liquidités qui freine les projets énergétiques. Le ministère des Finances, accaparé par le remboursement de dettes improductives, n’a pas pu honorer ses engagements envers KPDC, privant ainsi le pays de 300 MW d’électricité. Cette situation critique a poussé le gouvernement à envisager le PPP pour attirer des capitaux privés.

    30 MW perdus chaque jour

    Chaque jour, le Cameroun perd 30 MW d’énergie électrique à cause d’un réseau de transport défectueux. Cette quantité équivaut à la production actuelle du barrage de Lagdo. Le PPP permettrait aux investisseurs de financer la réhabilitation et l’extension du réseau, une solution déjà évoquée par des économistes comme Christian Penda Ekoka.

    La perte de 30 MW est connue depuis 2014, mais le gouvernement a préféré investir plus de 100 milliards de FCFA dans le barrage de Mekin plutôt que de colmater cette fuite. Le partenariat public-privé implique que des partenaires privés conçoivent, réalisent et gèrent les projets lourds, éloignant ainsi les fonctionnaires de la gestion directe. Une approche qui pourrait éviter les projets immatures et les éléphants blancs.

    Des critiques sur la gestion des projets routiers

    Le modèle PPP est jugé particulièrement pertinent pour les infrastructures de transport. Pourtant, le ministère des Transports tarde à l’adopter. Les fonctionnaires préfèrent rester au cœur des projets routiers, ce qui explique la lenteur des chantiers comme les autoroutes Douala-Yaoundé ou Yaoundé-Nsimalen. Le journaliste économique Albin Njilo souligne que le recours au PPP réglerait ces problèmes de délais et de coûts.

  • Lisette claudia tame inaugure une usine agroalimentaire à badenkop

    L’entrepreneure camerounaise poursuit son expansion avec une nouvelle unité de transformation à Bangou.

    Le vendredi 26 juin 2026, Lisette Claudia Tame a officiellement ouvert les portes de Denky, une usine agroalimentaire située à Badenkop, dans l’arrondissement de Bangou (région de l’Ouest). La cérémonie s’est déroulée en présence de Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, et de Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Ce projet, porté par Meta Invest, représente la troisième infrastructure de ce genre implantée par la jeune femme en moins de deux ans à travers le pays.

    L’usine Denky se spécialise dans la transformation du maïs, du sucre, du plantain et de la pomme de terre. Avec une capacité annuelle comprise entre 5 200 et 6 000 tonnes de produits agricoles locaux, elle vise à créer entre 350 et 550 emplois directs. L’objectif affiché est de freiner l’exode rural, de valoriser les productions nationales et de contribuer à la stratégie d’import-substitution du Cameroun, en lien avec la SND30.

    Construite sur un site de trois hectares concédé par l’État, l’infrastructure a bénéficié du financement et de l’accompagnement de BGFIBank Cameroun. Pour Lisette Claudia Tame, cette initiative marque une étape importante dans la promotion de la transformation locale au service du développement économique de la région des Hauts-Plateaux.

  • Au Sénégal, le chant des baleines pour éveiller les écoliers à la protection de la nature

    Au Sénégal, le chant des baleines pour éveiller les écoliers à la protection de la nature

    À Dakar, une initiative originale mêle science et pédagogie pour sensibiliser les plus jeunes à la préservation de l’environnement. L’association Germes d’Écocitoyens à travers les sciences et les traditions dans les univers d’apprentissage (Gestu) a organisé plusieurs ateliers dans des écoles primaires de la capitale sénégalaise. Le professeur Olivier Adam, spécialiste des cétacés, a fait découvrir aux enfants le langage des baleines à bosse, à partir d’enregistrements réalisés au large de Ouakam.

    Dans une classe de CM2 de l’école Alieu Samb, située dans le quartier de Ngor, une trentaine d’élèves ont écouté avec attention les vocalises d’une baleine. « Ces chants, ces sons que vous avez entendus, ce sont des baleines à bosse, et elles viennent à Dakar pour mettre bas. Leurs petits sont des Dakarois », explique Olivier Adam, professeur à la Sorbonne.

    Pour ce spécialiste des sons émis par les cétacés, il est essentiel de faire comprendre que les baleines possèdent un véritable langage. « J’ai moi-même été surpris quand j’ai enregistré des baleines pour la première fois : leurs sons sont intentionnels et structurés, comme un langage. Chaque fois que je rencontre des élèves, je me dis qu’ils doivent absolument savoir cela. Comprendre l’océan, c’est aussi connaître les espèces qui y vivent », confie-t-il.

    Les enfants, curieux, n’ont pas hésité à poser des questions : « Combien d’estomacs a une baleine ? Combien de sortes de baleines existent ? Comment met-elle bas ? Que mange-t-elle ? » Fanta, 12 ans, confie avoir été surtout impressionnée par « leur chanson et leur façon de parler ».

    Thierry, l’enseignant de cette classe, souligne l’importance de cette approche. « Sans cette connaissance, on ne peut pas savoir par exemple que la baleine n’a qu’un seul petit par mise bas. Cela signifie que si on ne la protège pas, l’espèce peut disparaître », explique-t-il.

    Babacar Sy, chasseur sous-marin depuis plus de trente ans et à l’origine des enregistrements effectués à Dakar, a également participé à l’animation. Il alerte sur l’urgence de la situation : « J’ai eu la chance de connaître la nature intacte et de la voir changer radicalement. L’année dernière, je n’ai pêché que cinq thiofs de toute l’année. Si on continue ainsi, un jour nos enfants nous demanderont ce qu’est un thiof parce qu’il n’en restera plus. Il est temps que les gens ouvrent les yeux. »

    Deux autres écoles dakaroises ont accueilli ces séances. Parallèlement, l’association Gestu organise des journées de collecte de déchets. L’objectif est clair : transformer les mentalités et encourager une prise de conscience durable dès l’enfance, en utilisant la magie du chant des baleines comme porte d’entrée vers la protection de la biodiversité.

  • Rdc : l’arsp passe au tout numérique pour l’attestation de sous-traitance

    Rdc : l’arsp passe au tout numérique pour l’attestation de sous-traitance

    L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) de la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses prestations. Via un communiqué officiel, l’établissement public a annoncé la mise en œuvre de la dématérialisation intégrale du processus d’obtention de l’Attestation de sous-traitance, un sésame indispensable pour toutes les entreprises actives dans ce domaine.

    Portée par le directeur général de l’ARSP, Juan Ted Beleshayi Kasanda, cette réforme ambitionne d’accélérer le traitement des demandes grâce à une numérisation de bout en bout, depuis le dépôt initial jusqu’à la remise du document.

    « L’objectif est de réduire progressivement les délais de délivrance à sept jours avant d’atteindre, à terme, un délai de soixante-douze heures », précise le communiqué de l’ARSP.

    Désormais, les attestations sont éditées en format électronique et peuvent être imprimées directement par leurs bénéficiaires. Chaque document est protégé par un QR Code qui permet de vérifier instantanément son authenticité, tandis que la liste des attestations valides est consultable sur le site officiel de l’institution.

    À l’occasion du lancement de cette réforme, les premières attestations numériques ont été attribuées à sept entreprises : MASKAN SERVICES SARL, PANAFRIVA SARLU, NKAEL SERVICES SARL, MAG CONTRACTOR SARL, ENTREPRISE GÉNÉRALE INVEST SARL, LIELE GLOBAL INVESTMENT CORPORATION SARL et PERCEVE SARL.

    L’ARSP dévoile également une autre avancée majeure : la durée de validité des attestations passe de trois à cinq ans, aussi bien pour les nouvelles demandes que pour les renouvellements.

    « À travers cette réforme, l’ARSP réaffirme son engagement à moderniser ses services, à simplifier les démarches des opérateurs économiques et à contribuer à l’amélioration du climat des affaires », souligne l’établissement public.

  • Gonçalo Ramos rejoint l’AC Milan pour 70 millions d’euros

    Gonçalo Ramos rejoint l’AC Milan pour 70 millions d’euros

    Le mercato est officiellement lancé, et les rumeurs de transfert s’activent, même en pleine Coupe du monde. L’attaquant du PSG, Gonçalo Ramos, voit son avenir se préciser. Un accord a été trouvé entre le Paris Saint-Germain et l’AC Milan pour un transfert évalué à 70 millions d’euros, bonus inclus. L’information a été confirmée ce samedi, alors que seule la signature reste à finaliser.

    Un montant record pour les Rossoneri

    Arrivé à Paris en août 2023 en provenance de Benfica, d’abord sous forme de prêt payant de 20 millions d’euros, puis via un transfert définitif d’environ 65 millions d’euros, le buteur portugais de 25 ans va devenir la recrue la plus chère de l’histoire de l’AC Milan. Il dépasse ainsi Rafael Leao, recruté à Lille pour 50 millions d’euros en 2019.

    Deuxième plus gros transfert pour le PSG

    Côté parisien, cette opération est également exceptionnelle. Seul Neymar, cédé à Al-Hilal en 2023 pour 90 millions d’euros, a rapporté davantage au club de la capitale. Sous le maillot du PSG, Gonçalo Ramos a disputé 131 matches toutes compétitions confondues, inscrivant 45 buts et délivrant 9 passes décisives. Son départ marque un nouveau chapitre pour le club parisien et pour l’attaquant portugais, qui s’engage sur le long terme en Italie.

  • Washington dénonce à l’ONU les violences subies par des millions d’enfants en rdc

    Washington dénonce à l’ONU les violences subies par des millions d’enfants en rdc

    Les États-Unis ont une nouvelle fois exhorté la communauté internationale à protéger les enfants pris dans les conflits armés, en ciblant tout particulièrement la situation alarmante en République démocratique du Congo (RDC). La déclaration est intervenue lors de la 10 182ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée aux enfants et aux conflits armés.

    L’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante des États-Unis pour les affaires politiques spéciales à l’ONU, a souligné que les enfants demeurent les premières victimes des guerres qui ravagent plusieurs régions du globe. « Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a-t-elle martelé, reprenant un message déjà porté par la Première dame Melania Trump en mars dernier devant le Conseil de sécurité.

    La rdc au cœur des préoccupations

    Dans son intervention, Mme Locetta a classé la RDC parmi les pays où les exactions contre les enfants sont les plus graves. Elle a fermement condamné ces violences, rappelant que les enfants congolais sont les principales cibles des affrontements entre groupes armés dans l’est du territoire.

    « Dans les zones de conflit du monde entier, les enfants sont confrontés à de multiples dangers. Au Soudan, des enfants sont chassés de leurs foyers, séparés de leurs familles et victimes de violences sexuelles. En République démocratique du Congo, des millions d’enfants subissent des menaces de violence, des déplacements forcés et des violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons fermement ces actes et, sous la présidence de Trump, les États-Unis continuent de faire de la paix une priorité », a-t-elle déclaré le mercredi 24 juin 2026.

    Des enfants pris pour cibles

    L’ambassadrice a insisté sur le fait que les enfants ne sont pas seulement des dommages collatéraux, mais des cibles directes. Les conflits compromettent également leur accès à une éducation sûre et de qualité, perpétuant un cycle de pauvreté, d’instabilité et de violence qui se transmet de génération en génération.

    « Trop souvent, les conflits privent les enfants d’une éducation fiable et sûre, leur coupant les portes de l’avenir et compromettant leurs perspectives. Il en résulte un cycle de pauvreté et d’instabilité qui alimente de nouveaux conflits et mine la stabilité mondiale et la prospérité économique. Partout dans le monde, les enfants méritent de se sentir en sécurité, d’être éduqués et d’avoir un avenir. En prenant des mesures pour les protéger, nous préservons notre avenir collectif et contribuons à mettre fin aux conflits persistants », a-t-elle ajouté.

    Critiques du rapport onusien

    La diplomate américaine a aussi critiqué le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies sur les enfants et les conflits armés (CAAC), estimant qu’il n’améliore pas la protection des enfants. Selon elle, ce document présente « une vision erronée des dommages causés aux civils au regard du droit de la guerre », en assimilant à tort le meurtre délibéré d’enfants par des groupes comme les Houthis aux pertes accidentelles causées par des forces étatiques. Elle a ajouté que ce rapport illustre « comment l’ONU consacre du temps et des ressources à des initiatives incompatibles avec les intérêts et la souveraineté des États membres ».

    « Ce rapport ne fait que conforter la décision des États-Unis de se retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. Il nuit davantage à la crédibilité de ce bureau. La protection des enfants demeure une priorité pour les États-Unis. Nous continuons d’appeler à des mesures concrètes pour empêcher que des enfants ne soient impliqués dans des conflits armés. La publication de rapports politisés et inexacts ne permettra pas d’atteindre ces objectifs », a-t-elle lancé.

    Un appel à l’action internationale

    Au-delà de la RDC, les États-Unis ont évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, exhortant toutes les parties à mieux protéger les enfants contre les violences, les déplacements forcés et les violations graves de leurs droits. Pour Washington, la protection des enfants est un enjeu clé pour favoriser la paix et la stabilité à long terme dans les régions touchées par les conflits.

    En RDC, les effets du conflit sur les enfants se manifestent à travers six violations graves : recrutement et utilisation d’enfants, meurtres et atteintes à l’intégrité physique, viols et violences sexuelles, attaques contre écoles et hôpitaux, enlèvements, et refus d’accès à l’aide humanitaire.

    La situation s’est aggravée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques américaines, qataries et de l’Union africaine.

  • Granit Xhaka vers Chelsea : un accord verbal déjà conclu

    Granit Xhaka vers Chelsea : un accord verbal déjà conclu

    Granit Xhaka a trouvé un accord verbal avec Chelsea pour un transfert imminent. Le club londonien a formulé une offre de trente millions d’euros à Sunderland, où évolue actuellement le milieu de terrain suisse.

    Âgé de 33 ans, Xhaka est également le capitaine de la Suisse lors de la Coupe du monde. L’entraîneur Xabi Alonso, qui a dirigé le joueur au Bayer Leverkusen, pousse pour ce recrutement.

    Formé au FC Bâle, le gaucher a ensuite porté les couleurs du Borussia Mönchengladbach, d’Arsenal, de Leverkusen puis de Sunderland. Avec les Black Cats, septièmes de la dernière Premier League, il a disputé trente-six matchs officiels, marqué un but et délivré six passes décisives.

    Xhaka est sous contrat avec Sunderland jusqu’à la mi-2028. Sa valeur marchande est estimée à huit millions d’euros. En sélection, il totalise cent quarante-neuf capes et a joué l’intégralité des matchs de groupe du Mondial, où la Suisse a terminé en tête du groupe B et affrontera au prochain tour une équipe classée troisième.

  • Pavillon camerounais : la Marine française intercepte un pétrolier sous sanctions de Yaoundé

    Pavillon camerounais : la Marine française intercepte un pétrolier sous sanctions de Yaoundé

    La Marine nationale française a intercepté le pétrolier Deliver, un navire battant frauduleusement pavillon camerounais, en raison des sanctions imposées par Yaoundé.

    Comme pour les navires Tagor et Smyrtos, arraisonnés début juin dans la Manche alors qu’ils arboraient illégalement le drapeau camerounais, la Marine française a stoppé mardi 23 juin le pétrolier Deliver, qui arborait un faux pavillon du Cameroun. « L’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité » du pavillon camerounais utilisé, ont indiqué les autorités.

    Ce bâtiment, bien que battant pavillon camerounais, a été sanctionné par Yaoundé à la suite des incidents impliquant les Tagor et Smyrtos. Selon le président français Emmanuel Macron, ce pétrolier ferait partie de la flotte fantôme russe.

    « La Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu’il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer. Cette nouvelle action contre la flotte fantôme, conduite quelques jours après une opération similaire par le Royaume-Uni, illustre la détermination des Européens », a déclaré Emmanuel Macron.

    « Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe », a-t-il ajouté. Ces dernières semaines, le ministère camerounais des Transports a sanctionné et radié 39 navires du pavillon camerounais.

    Pour Yaoundé, ces mesures visent à réaliser un recensement physique et une numérisation afin de mieux contrôler la flotte inscrite et de protéger le label camerounais.

  • Burkina Faso et France : le divorce diplomatique expliqué

    Burkina Faso et France : le divorce diplomatique expliqué

    Le chef militaire du Burkina Faso, Ibrahim Traore, porte un uniforme militaire avec un chapeau rouge.

    Le gouvernement militaire du Burkina Faso a annoncé vendredi la rupture des relations diplomatiques avec la France, accusant Paris de mener des actions hostiles aux intérêts du pays.

    Les tensions entre Ouagadougou et son ancienne puissance coloniale n’ont cessé de croître depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré après le coup d’État de 2022. Depuis, le régime a adopté une ligne plus critique envers l’influence occidentale et s’est tourné vers de nouveaux partenaires.

    Le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a dénoncé dans une allocution télévisée ce qu’il a qualifié d’« activisme incessant » de la France et ses « ambitions néocoloniales ». En réponse, le Quai d’Orsay a jugé cette décision « hostile et infondée », y voyant la marque d’une « dérive inquiétante » des autorités burkinabè. Paris a également appelé ses ressortissants au Burkina à la « vigilance accrue ».

    Le Burkina est en proie depuis plus de dix ans à une insurrection jihadiste. Les forces françaises, qui participaient aux opérations antiterroristes, ont été priées de quitter le pays après l’arrivée de Traoré. Ouagadougou s’est depuis rapproché de la Russie et de la Chine.

    Dans son communiqué, le gouvernement burkinabè estime que les conditions d’un « respect mutuel » ne sont plus réunies et accuse Paris de soutenir « des réseaux subversifs » et de chercher à marginaliser le pays sur la scène internationale. Il précise néanmoins que cette mesure ne concerne que le cadre institutionnel et n’affecte pas les liens historiques, humains et culturels entre les deux peuples.

    La junte avait promis un retour à l’ordre constitutionnel en 2024, mais ce délai n’a pas été tenu. En janvier 2025, elle a également dissous les partis politiques. La même année, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel.

    La France n’a plus d’ambassadeur à Ouagadougou depuis janvier 2023. En 2024, trois diplomates français ont été expulsés, accusés d’« activités subversives », ce que Paris a démenti.

  • Menace jihadiste : le JNIM s’en prend directement aux habitants de Niamey

    Menace jihadiste : le JNIM s’en prend directement aux habitants de Niamey

    La sécurité se dégrade dangereusement aux abords de la capitale nigérienne. Le 26 juin 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a diffusé une vidéo en langue zarma dans laquelle son porte-parole, Abdulmajid al-Ansari, adresse un message alarmant aux populations de Niamey.

    Dans cette déclaration, l’organisation affirme ne pas cibler les civils. Toutefois, elle accuse une partie de la population d’avoir collaboré avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) lors de l’attaque de l’aéroport de Niamey le 18 juin 2026. Sur cette base, le groupe menace explicitement les habitants qui se déplaceraient à proximité de la capitale, tout en affirmant pouvoir frapper jusqu’au cœur de Niamey. Il précise que les opérations menées jusqu’à présent ne seraient qu’un prélude à des actions qu’il qualifie de « bien plus importantes ».

    Cette mise en garde marque un tournant dans la communication du JNIM. En assimilant des civils à des soutiens militaires présumés, le groupe entretient une ambiguïté qui risque d’accroître la peur au sein de la population. Même si un groupe armé prétend ne pas viser les civils, le simple fait de les désigner comme collaborateurs potentiels augmente considérablement leur vulnérabilité face à la violence et à l’intimidation.

    Ces propos surviennent dans un contexte marqué par une multiplication des attaques au Niger ces dernières années, malgré les changements de stratégie sécuritaire et le renforcement des partenariats militaires. Ils illustrent également la volonté des groupes jihadistes d’exercer une pression psychologique sur les populations, en diffusant des messages destinés à semer la crainte, à saper la confiance dans les autorités et à restreindre les déplacements dans certaines zones.

    Au-delà de leur dimension militaire, ces menaces relèvent de la guerre psychologique. Elles visent à instaurer un climat d’insécurité permanent, à décourager toute coopération entre les citoyens et les forces de sécurité, et à démontrer que les groupes armés cherchent à étendre leur influence jusqu’aux portes de la capitale. Face à ce type de communication, l’enjeu pour les autorités est à la fois sécuritaire et informationnel : protéger les populations tout en empêchant que la propagande des groupes armés n’amplifie la peur qu’ils cherchent précisément à susciter.

  • Rdc : l’ONU exhorte les donateurs à accélérer le financement du plan humanitaire 2026, toujours sous-financé

    Rdc : l’ONU exhorte les donateurs à accélérer le financement du plan humanitaire 2026, toujours sous-financé

    La situation humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo continue de se dégrader, et les Nations unies tirent la sonnette d’alarme. Le 26 juin 2026, devant le Conseil de sécurité, le représentant spécial de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, a brossé un tableau préoccupant des conséquences du conflit qui sévit dans les provinces orientales.

    Ce vendredi, James Swan a souligné que la crise touche toujours des millions de Congolais. Dans un contexte de baisse des financements humanitaires internationaux, il a indiqué que le Plan de réponse humanitaire 2026, dévoilé en janvier, n’est financé qu’à hauteur de 53,3 %. Il a donc lancé un appel pressant aux partenaires pour qu’ils mobilisent les ressources manquantes afin de faire face aux besoins grandissants.

    « La crise humanitaire en RDC reste très grave. Près de 27 millions de personnes, soit plus d’un quart de la population, souffrent d’insécurité alimentaire. Le Plan de réponse humanitaire 2026 cible en priorité 7,3 millions de personnes pour une aide d’urgence, avec un budget de 1,4 milliard de dollars, actuellement couvert à hauteur de 53,3 %. Je remercie les donateurs pour leur soutien et les exhorte à débloquer l’intégralité des fonds nécessaires pour répondre aux besoins urgents », a déclaré James Swan.

    Cet appel intervient alors que les hostilités se poursuivent dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les besoins humanitaires augmentent malgré les efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu durable et la mise en œuvre des accords de paix.

    Face à ce manque critique de financement, la communauté humanitaire en RDC est obligée de prioriser strictement sa réponse en 2026. C’est pourquoi le gouvernement congolais et les acteurs humanitaires avaient lancé le 28 janvier 2026 à Kinshasa un appel urgent pour 1,4 milliard de dollars afin de répondre aux besoins de l’année.

    Ces fonds sont indispensables pour venir en aide à des millions de personnes prises au piège de l’une des crises humanitaires les plus longues et les plus négligées au monde. Sans financements suffisants, la réponse se concentrera sur 7,3 millions de personnes, alors que près de 15 millions ont besoin d’assistance vitale et de protection.

    L’année 2025 a déjà montré les conséquences dramatiques du sous-financement : plus de 1 000 centres de nutrition ont fermé, privant 390 000 enfants en malnutrition aiguë sévère de soins ; environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires ; et les distributions alimentaires mensuelles ont été réduites de 73 %, exposant les plus vulnérables à la faim.

  • Burkina Faso: Paris appelle ses ressortissants à la vigilance après la rupture diplomatique

    Burkina Faso: Paris appelle ses ressortissants à la vigilance après la rupture diplomatique

    capitaine Ibrahim Traoré Burkina Faso

    Le Burkina Faso a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec la France, une décision que Paris qualifie d’«hostile et sans fondement». Le Quai d’Orsay annonce étudier des mesures de réciprocité et appelle ses ressortissants à une vigilance renforcée.

    Les tensions entre Ouagadougou et Paris ont atteint un point de non-retour. Le vendredi 26 juin, les autorités burkinabè ont annoncé la rupture officielle des liens diplomatiques, accentuant la détérioration des rapports entre les deux pays.

    Dans un communiqué diffusé sur la télévision nationale, le gouvernement burkinabè dénonce «l’activisme incessant du régime français contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées via le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent le pays et le Sahel».

    Ouagadougou précise que cette décision «vise exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux États au plan diplomatique» et «ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux» entre les peuples. Le Burkina assure «son engagement à assurer la protection des ressortissants français».

    De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a pris acte de cette «décision unilatérale» et dit regretter une position «hostile et sans fondement», tout en indiquant que des mesures de réciprocité sont à l’étude. Le porte-parole Pascal Confavreux a déclaré: «Les autorités françaises portent une attention particulière à la sécurité des personnels de l’État présents dans le pays et de la communauté française résidant au Burkina Faso. Dans ce contexte particulier, elles appellent les ressortissants français à une vigilance renforcée.»

    Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les relations bilatérales n’ont cessé de se dégrader. Ouagadougou a notamment obtenu le retrait des forces françaises, dénoncé les accords de coopération militaire et suspendu plusieurs médias français.

    Le Burkina Faso, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Niger, a parallèlement renforcé ses partenariats avec de nouveaux alliés, dont la Russie, la Turquie et l’Iran.