Catégorie : A la Une

  • Gabon Economic Forum 2026 : dialogue renforcé État-entreprises

    Gabon Economic Forum 2026 : dialogue renforcé État-entreprises

    « Je souhaite que demain, la FEG soit reconnue non seulement pour sa capacité à défendre les entreprises, mais surtout pour leur permettre de prospérer. »

    C’est le souhait exprimé par Alain Claude Kouakoua, président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), lors de l’ouverture de la deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF), ce samedi 27 juin 2026, au Palais des Congrès de Libreville.

    Ce rendez-vous rassemble décideurs et partenaires internationaux autour d’une plateforme dédiée aux réponses à apporter aux défis économiques du Gabon.

    Avec pragmatisme, le président de la FEG a rappelé qu’aucune nation ne s’est développée sans des entreprises solides. Pour lui, l’entreprise n’est pas un acteur secondaire mais le véritable moteur de l’économie.

    De son côté, le vice-président de la République, Hugues Alexandre Barro Chambrier, a souligné l’engagement de l’État aux côtés du secteur privé : « L’État remplira son rôle en veillant à ce que l’assainissement des finances publiques permette de régler, en temps opportun, les sommes dues aux entreprises privées. »

    Un discours porteur d’une ambition forte : celle de « construire une économie diversifiée, moins dépendante des matières premières et davantage tournée vers l’industrialisation ».

    Ce forum incarne ainsi un dialogue soutenu pour accomplir les enjeux et objectifs économiques du Gabon.
     

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  • Burkina Faso : ibrahim traoré acte la rupture des liens diplomatiques avec Paris

    Burkina Faso : ibrahim traoré acte la rupture des liens diplomatiques avec Paris

    Burkina Faso : ibrahim traoré acte la rupture des liens diplomatiques avec Paris

    Le Burkina Faso a officiellement mis fin à ses relations diplomatiques avec la France, vendredi 26 juin. Cette décision, annoncée à la télévision nationale, marque un tournant dans la politique étrangère du capitaine Ibrahim Traoré et dans les équilibres sahéliens.

    Burkina Faso : la junte d'Ibrahim Traoré rompt officiellement les relations diplomatiques avec la France

    Dans un communiqué officiel, les autorités burkinabè reprochent à Paris un « activisme incessant » contre leurs intérêts et des visées « néocoloniales » persistantes dans la région. Ce geste intervient après plusieurs années de crispation entre les deux pays, notamment depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire en septembre 2022.

    Paris dénonce une décision « hostile et sans fondement »

    Le ministère français des Affaires étrangères a immédiatement réagi, qualifiant la décision d’« hostile et sans fondement » et exprimant ses regrets. Du côté de Ouagadougou, on précise que cette rupture ne concerne que le cadre diplomatique bilatéral et n’affecte pas les liens humains, culturels et historiques entre les peuples.

    Une dynamique enclenchée dès 2022

    Depuis sa prise de fonction, le capitaine Traoré a profondément redessiné la diplomatie burkinabè. En 2023, il avait déjà obtenu le retrait des forces françaises, dénoncé les accords de coopération militaire et exigé le rappel de l’ambassadeur de France. Parallèlement, plusieurs médias internationaux, dont des français, ont été suspendus et des journalistes étrangers contraints de quitter le territoire.

    Un contexte régional en pleine recomposition

    Cette annonce s’inscrit dans une reconfiguration géopolitique majeure au Sahel. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger — tous dirigés par des régimes militaires — ont quitté la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), affirmant leur souveraineté commune. Sur le plan intérieur, le régime d’Ibrahim Traoré durcit également sa politique : des journalistes, des membres de la société civile, des responsables religieux et des organisations étudiantes ont récemment fait l’objet de mesures restrictives, dénoncées par les défenseurs des droits humains.

    La rupture des relations diplomatiques avec la France constitue ainsi un événement majeur qui risque de peser durablement sur les équilibres diplomatiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.

  • Coupe du monde: pourquoi le nul entre l’Algérie et l’Autriche profite aux deux camps?

    Coupe du monde: pourquoi le nul entre l’Algérie et l’Autriche profite aux deux camps?

    Le format hybride de cette Coupe du monde, avec 48 nations participantes et seulement 32 qualifiés pour les seizièmes de finale, engendre des situations inédites. Avant la dernière journée de la phase de poules, plusieurs sélections partageaient le même intérêt : un match nul qui garantirait la qualification des deux adversaires. Jusqu’à présent, toutes ces rencontres se sont effectivement soldées par un score de parité.

    Dans le groupe F, le Japon et la Suède ont illustré ce scénario. Bien que le premier acte ait été peu animé, la seconde période a offert du spectacle avec les réalisations de Maeda (56e) et Elanga (62e). Le score final de 1-1 a finalement arrangé les deux équipes.

    Le groupe B a offert un cas encore plus net : l’Australie et le Paraguay ont livré un 0-0 sans saveur, mais ô combien prévisible. Résultat des courses : avec quatre points chacun, les deux nations valident leur ticket pour le tour suivant.

    Algérie-Autriche : un nul programmé ?

    Avant la dernière soirée des phases de poules, tous les regards étaient braqués sur le groupe J (Algérie-Autriche) et le groupe L (Ghana-Croatie). Dans le cas algéro-autrichien, un match nul offrirait la qualification aux deux formations, mais avec une nuance : terminer à la troisième place semble plus avantageux que la deuxième, car cela permettrait d’éviter l’Espagne pour affronter la Belgique ou la Suisse. Cependant, l’Autriche ne peut pas se permettre de perdre, car avec trois points, elle risquerait l’élimination. Ainsi, le match nul semble la solution idéale pour tout le monde.

    Dans le groupe L, la situation est quelque peu différente. Les Black Stars du Ghana, forts de leurs quatre points, sont déjà assurés de se qualifier. C’est donc la Croatie qui a impérativement besoin d’au moins un match nul. Quant à l’adversaire potentiel au tour suivant, il s’agira très probablement de la Colombie ou du Portugal, en fonction du résultat de l’autre rencontre du groupe, programmée un peu plus tôt dans la soirée. Y a-t-il une préférence ?

    Classement des meilleurs troisièmes :

    1 – Suède (4 points, différence de buts de 0)
    2 – Equateur (4 points, 0)
    3 – Bosnie (4 points, -1)
    4 – Paraguay (4 points, -2)
    5 – Sénégal (3 points, +2)
    6 – Iran (3 points, o)
    7 – Croatie (3 points, -1) Un match encore à jouer
    8 – Corée du Sud (3 points, -1)
    ——————
    9 – Algérie (3 points, -2) Un match encore à jouer
    10 – Ecosse (3 points, -3)
    11 – Uruguay (2 points, -1) ELIMINE
    12 – RD Congo (1 point, -2) Un match encore à jouer

    En italique, les équipes assurées de se qualifier. Les critères de départage sont : nombre de points, différence de buts, meilleure attaque, comportement fair-play, puis classement Fifa avant la compétition.

  • RDC : James Swan exhorte à un consensus politique et au respect des libertés

    RDC : James Swan exhorte à un consensus politique et au respect des libertés

    Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, a lancé un appel solennel depuis le Conseil de sécurité. Il a invité l’ensemble des forces politiques congolaises à s’entendre sur les modalités d’un dialogue national inclusif, tout en rappelant l’impératif de garantir l’espace civique et les droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression et de réunion, pour que chaque acteur puisse participer dans un environnement pacifique et sécurisé.

    Cette exhortation intervient dans un climat politique tendu, marqué par des divergences profondes autour du débat constitutionnel. Le siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a d’ailleurs été la cible de manifestations de partisans du pouvoir à Kinshasa, soulignant l’urgence de préserver un cadre apaisé pour les échanges.

    Sur le front sécuritaire, le diplomate onusien a salué la mise en place d’une commission nationale chargée de superviser la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que l’élaboration en cours de la première politique nationale de sécurité du pays, pilotée directement par la présidence de la République.

  • Dialogue national en Rdc : l’ONU exhorte au consensus et à la préservation des libertés

    Dialogue national en Rdc : l’ONU exhorte au consensus et à la préservation des libertés

    Le chef de la Monusco, James Swan, a lancé un appel solennel depuis le Conseil de sécurité des Nations unies, ce vendredi, à l’attention de la classe politique congolaise. Il a invité tous les acteurs à trouver un terrain d’entente sur les modalités d’un dialogue national ouvert à tous, tout en rappelant l’importance de garantir un espace civique où la liberté d’expression et de réunion est respectée, afin que chaque partie prenante puisse s’exprimer dans un cadre pacifique et sécurisé.

    Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par de vives tensions autour du débat constitutionnel, qui divise profondément le pays. Elle fait également écho aux récents incidents survenus au siège de la Cenco à Kinshasa, pris pour cible par des sympathisants du pouvoir. Sur le plan sécuritaire, le diplomate onusien a salué la mise en place d’une commission nationale chargée de piloter la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que l’élaboration en cours de la première politique nationale de sécurité, supervisée par la présidence.

  • Rdc: le ‘manifeste de Kasangulu’ présenté comme feuille de route citoyenne pour la renaissance nationale

    Rdc: le ‘manifeste de Kasangulu’ présenté comme feuille de route citoyenne pour la renaissance nationale

    Photo d’illustration

    À l’initiative du Comité de crise de la Société civile pour la paix et la sécurité (CCPS-RDC), les forces vives de la nation se sont réunies ce vendredi 26 juin 2026 à Kinshasa pour lancer officiellement un document d’orientation majeur : le « Manifeste de Kasangulu ». Ce texte, élaboré de manière participative, entend servir de boussole pour la refondation et le redressement de la République démocratique du Congo (RDC).

    Fruit d’une large consultation impliquant des représentants de plusieurs provinces, le manifeste propose une vision commune de transformation nationale. Il repose sur des piliers tels que la gouvernance responsable, la paix, la sécurité, la justice sociale, la participation citoyenne, l’éducation, la santé, le développement économique, la protection de l’environnement et le renforcement de l’État de droit.

    Une cérémonie empreinte de symbolisme

    L’événement a été ouvert par Mme Sylvie Nakweti, directrice de la Communication, du Plaidoyer et de la Documentation de la DYCOD-RDC, qui a salué l’engagement des organisations de la société civile dans cette dynamique de renaissance nationale. Le professeur Iyoka Jean Bedel a ensuite pris la parole pour souligner la démarche inclusive et pédagogique à l’origine du document : « Le Manifeste citoyen est le fruit d’une démarche pédagogique et inclusive visant à doter la RDC d’une base de réflexion et d’action pour sa renaissance ».

    La présentation officielle a été assurée par Me Patient Bashombe Matabishi, coordonnateur du CCPS-RDC. Il a insisté sur la portée historique de cette initiative, dans un contexte de crise profonde : « Nous avons lancé aujourd’hui le Manifeste citoyen, dit Manifeste de Kasangulu, parce que c’est à Kasangulu que les travaux de la commission chargée de son élaboration se sont déroulés. Ce manifeste présente la vision de la société civile pour le redressement du Congo. Nous sommes tous unanimes à reconnaître que notre pays traverse une crise historique. Le Manifeste citoyen se veut une réponse et un chemin à suivre pour le redressement et la refondation du Congo ».

    Un appel à la mobilisation nationale

    Me Patient Bashombe a également expliqué le choix de la date, à la veille de la célébration de l’indépendance nationale le 30 juin : « Nous avons voulu participer au débat national, mais surtout sensibiliser chaque Congolais afin qu’il prenne conscience de sa responsabilité face à l’histoire. Ce débat ne doit pas être réservé aux seuls acteurs politiques. Le Congo appartient à tous les Congolais. Avant tout, le Manifeste citoyen est une expression des citoyens. C’est un appel adressé à tous les patriotes pour défendre la République démocratique du Congo ».

    Au cours de la cérémonie, le courant idéologique destiné à accompagner la vulgarisation du manifeste a été présenté par M. Daie Mutombe Pierrot, président des Onusiens congolais. Il a détaillé la Révolution démocratique citoyenne portée par le courant BLOC-RDC, visant à promouvoir la citoyenneté active, la bonne gouvernance et la souveraineté nationale. À cette occasion, Me Patient Bashombe Matabishi a été plébiscité à la présidence du BLOC-RDC, tandis que le professeur Iyoka Jean Bedel a été désigné secrétaire général.

    Position sur la révision constitutionnelle

    Interrogé sur le débat autour d’une éventuelle révision ou modification de la Constitution, le coordonnateur du CCPS-RDC a rappelé la position de la société civile. Il a insisté sur la nécessité d’un large consensus concernant les dispositions constitutionnelles dites « verrouillées » : « La révision est prévue par la Constitution elle-même. Cependant, nous estimons que toute démarche qui ne prendrait pas en compte l’ensemble des provinces et qui ne contribuerait pas au renforcement de l’unité nationale pourrait conduire à une implosion. […] En ce qui concerne les articles verrouillés, qui constituent en réalité le cœur du débat, nous pensons qu’un consensus est indispensable ». Il a ajouté : « Ces dispositions ont été verrouillées par voie de consensus et non par voie électorale. En droit, le principe du parallélisme des formes signifie que seul un consensus peut remettre en cause un consensus. Dans cette dynamique, nous souhaitons faire du Manifeste citoyen un texte fondateur des futures orientations du pays ».

    Une large participation citoyenne

    La rencontre a rassemblé près de 200 organisations de la société civile, des représentants communautaires, des universitaires, des syndicalistes, des avocats, des médecins, des entrepreneurs, des mouvements de jeunesse et de femmes, des défenseurs des droits humains ainsi que plusieurs leaders locaux. Les participants ont salué la qualité du document et recommandé le lancement d’une vaste campagne nationale de vulgarisation, afin que le manifeste soit largement approprié sur l’ensemble du territoire et au sein de la diaspora congolaise.

    Un contexte de crises multiples

    Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que par l’activisme des groupes armés locaux et étrangers. La situation humanitaire s’aggrave avec un nombre croissant de déplacés internes et de réfugiés, dans un contexte de réduction des financements internationaux, de statu quo diplomatique et de poursuite des hostilités dans l’est de la RDC. Par ailleurs, le débat sur la réforme constitutionnelle a donné naissance à deux dynamiques : la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) et la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4), chacune revendiquant le soutien populaire.

    En clôture, le CCPS-RDC a invité toutes les composantes de la nation à s’approprier le Manifeste citoyen comme une contribution majeure à la refondation de l’État, à la consolidation de la paix et à la construction d’un avenir plus juste, plus prospère et plus démocratique pour la RDC.

  • Gabon : oligui nguema accélère le virage vers le commerce intra-africain

    Gabon : oligui nguema accélère le virage vers le commerce intra-africain

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema donne une impulsion décisive à l’intégration économique du pays sur le continent. Lors du Conseil des ministres du 25 juin, il a enjoint son gouvernement à favoriser les achats en provenance des nations africaines, en particulier pour les denrées alimentaires, afin de concrétiser sa vision panafricaniste par des mesures concrètes.

    Le commerce entre pays africains devient un pilier central de la stratégie économique du Gabon. Réuni en Conseil des ministres le 25 juin, le chef de l’État a sommé le gouvernement d’agir rapidement pour dynamiser les échanges commerciaux avec les partenaires africains, notamment dans le secteur agroalimentaire.

    Cette décision représente un tournant dans la politique économique nationale, l’intégration régionale et la coopération Sud-Sud étant désormais érigées en priorités absolues depuis l’arrivée au pouvoir du président.

    Une directive présidentielle exigeante pour les ministères

    D’après le compte rendu officiel du Conseil des ministres, le président a souligné l’importance de choisprioriser les importations venues du continent pour stimuler les économies africaines. « Favoriser les importations en provenance des pays africains, notamment en matière de produits alimentaires, c’est contribuer activement à l’intégration des économies du continent et à une prospérité partagée entre États frères », a-t-il rappelé.

    Au-delà des principes, Brice Clotaire Oligui Nguema a exigé une exécution rapide de cette orientation. Le Conseil des ministres précise qu’il s’agit d’« une directive ferme » dont il attend « une traduction immédiate et résolue en actes concrets et mesurables ».

    Une vision alignée sur la ZLECAf

    Cette impulsion s’inscrit dans la continuité des engagements du Gabon envers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à intensifier les flux commerciaux entre économies africaines et à consolider les chaînes de valeur régionales.

    Ces derniers temps, les autorités gabonaises ont multiplié les actions pour mieux ancrer le pays dans le marché continental : reprise des discussions avec le secrétariat de la ZLECAf et promotion de la transformation locale des matières premières. Pour le président, la souveraineté économique passe par un renforcement des partenariats africains et une réduction progressive de la dépendance envers les marchés extérieurs.

    Des résultats concrets attendus

    En ciblant en priorité les produits alimentaires, le chef de l’État invite les administrations compétentes à ajuster leurs politiques commerciales et leurs mécanismes d’approvisionnement afin d’accroître la part des échanges avec les pays du continent. Cela pourrait se traduire par un renforcement des accords commerciaux régionaux, une facilitation des importations africaines et une meilleure intégration des entreprises gabonaises dans les chaînes de valeur continentales.

    En faisant du commerce intra-africain une priorité gouvernementale, Brice Clotaire Oligui Nguema entend désormais passer des discours aux réalisations. Une ambition qui reflète sa vision d’un Gabon plus intégré à son environnement africain, où la coopération économique devient un moteur de croissance, de souveraineté et de prospérité partagée.

  • Gabon : la réforme foncière interroge le rôle de garant de l’État

    Gabon : la réforme foncière interroge le rôle de garant de l’État

    La réforme du régime foncier engagée au Gabon répond à une nécessité largement reconnue. Le pays traîne depuis des décennies un lourd héritage administratif marqué par des chevauchements de titres, des contentieux répétés et une insécurité juridique qui freine autant les investisseurs étrangers que les ménages cherchant à accéder à la propriété à Libreville, Port-Gentil ou Franceville. L’ambition des autorités de transition est de clarifier les procédures, d’accélérer la délivrance des titres et de restaurer la confiance dans un secteur miné par la suspicion.

    Sur le papier, la démarche semble vertueuse. Elle s’inscrit dans une volonté politique de remise à plat des institutions, portée par les nouvelles autorités. Cependant, une lecture attentive du dispositif soulève une question centrale : l’État entend-il assumer pleinement la garantie qu’il promet, ou se contente-t-il de signer des actes dont il refuserait par avance d’endosser les conséquences contentieuses ?

    Une réforme nécessaire mais déséquilibrée

    Le constat est partagé au sein des cercles administratifs gabonais. L’attribution des terrains a longtemps souffert d’une opacité organisée, où des parcelles uniques pouvaient être enregistrées au nom de plusieurs propriétaires successifs sans aucun mécanisme de contrôle. Les conséquences sont quotidiennes : démolitions tardives, expropriations contestées, blocage de projets immobiliers et fuite de capitaux.

    Le texte en discussion vise à instaurer des procédures plus claires, à informatiser le cadastre et à réduire les délais. Concrètement, il s’agit de transformer le titre foncier en un document opposable et sécurisé, sur lequel un acquéreur ou un banquier prêteur puisse réellement s’appuyer. L’enjeu économique est de taille pour un pays cherchant à diversifier son économie au-delà du pétrole et du manganèse, et à attirer des capitaux dans l’agro-industrie, le tourisme ou la promotion immobilière.

    La responsabilité de l’État au cœur du débat juridique

    C’est précisément sur la responsabilité publique que se concentrent les critiques. Délivrer un titre de propriété revient pour une administration à certifier qu’une parcelle appartient bien à son détenteur et que l’État se porte garant. Or, plusieurs observateurs estiment que la réforme cherche à transférer la charge du contentieux vers les acquéreurs eux-mêmes, en cas de vice ou de fraude antérieurs.

    Un tel choix inverserait la logique classique du droit foncier. Dans la plupart des pays comparables, lorsque l’autorité publique a validé une mutation, elle en répond. Sans cela, le titre perd sa valeur de garantie et redevient un document administratif contestable indéfiniment. Pour les bailleurs internationaux et les banques locales, cette nuance est cruciale : elle conditionne la capacité à utiliser le foncier comme collatéral dans les opérations de crédit.

    Un signal contradictoire pour les investisseurs

    L’attractivité du Gabon pour les investissements directs étrangers dépend en partie de la lisibilité de son cadre juridique. La Banque mondiale, dans ses évaluations du climat des affaires, a régulièrement pointé le foncier comme un point de friction majeur en Afrique centrale. Une réforme qui clarifierait les procédures sans renforcer la garantie publique enverrait un signal ambigu aux acteurs économiques.

    La situation invite à un parallèle avec d’autres expériences africaines. Le Rwanda, en numérisant intégralement son cadastre et en assumant la responsabilité administrative des titres, a vu grimper la valeur des terrains urbains et faciliter l’accès au crédit hypothécaire. La Côte d’Ivoire, à l’inverse, peine à stabiliser un dispositif foncier rural cohérent, faute d’avoir tranché clairement la question de la responsabilité étatique.

    Pour le Gabon, la fenêtre politique ouverte par la transition représente une occasion rare de bâtir un édifice juridique solide. Encore faut-il que l’État accepte d’en payer le prix institutionnel, en assumant les conséquences de ses décisions. Sinon, le risque est grand de voir cette réforme rejoindre la liste des textes ambitieux dont l’application a buté sur des non-dits. Le projet en l’état laisse planer cette ambiguïté, comparée par certains observateurs à une posture de Ponce Pilate administratif.

  • Oligui Nguema et le commerce intra-africain au Gabon

    Oligui Nguema et le commerce intra-africain au Gabon

    Le commerce entre pays africains devient une priorité pour le gouvernement gabonais. Le 25 juin à Libreville, lors du Conseil des ministres, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a ordonné à son équipe d’accélérer la mise en œuvre de cette stratégie, essentielle pour diversifier l’économie nationale. Cette directive ne reste pas une simple déclaration : elle doit être accompagnée d’indicateurs précis et d’un calendrier serré.

    L’enjeu va au-delà de la diplomatie. Le Gabon, dont les exportations dépendent encore du pétrole, du manganèse et du bois, cherche à étendre ses marchés régionaux et à profiter davantage des échanges continentaux. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), opérationnelle depuis 2021, offre le cadre idéal. Cependant, les administrations gabonaises doivent se doter des outils nécessaires pour en tirer profit.

    Une priorité présidentielle avec des exigences de résultats

    En haussant le ton devant son équipe, le président de la Transition veut signifier que la patience n’est plus de mise. Les ministres concernés – Commerce, Économie, Transports et Affaires étrangères – sont sommés de produire des résultats concrets. Cette pression interne s’inscrit dans une méthode désormais habituelle du chef de l’État, qui multiplie les injonctions de performance depuis le changement de régime d’août 2023.

    Concrètement, plusieurs chantiers complémentaires sont visés : la facilitation douanière, la levée des barrières non tarifaires, la modernisation des corridors logistiques et la promotion des exportations gabonaises vers les marchés d’Afrique centrale, de l’Ouest et australe. Le tissu industriel local, encore embryonnaire, doit monter en gamme pour répondre à une demande continentale exigeante en matière de normes et de traçabilité.

    Le pari panafricain comme grille diplomatique

    La ligne défendue par Brice Clotaire Oligui Nguema traduit une vision géoéconomique assumée. Pour Libreville, le commerce intra-africain représente à la fois un outil de souveraineté et un amortisseur face à la volatilité des cours des matières premières. La part des échanges internes au continent reste historiquement faible, autour de 15 à 16 % du commerce africain total selon les estimations de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, contre plus de 60 % en Europe ou en Asie. Cet écart structurel est précisément ce que la ZLECAf entend résorber.

    Le positionnement panafricain du Gabon comporte aussi une dimension politique. En multipliant les références à l’intégration continentale, le président cherche à inscrire son action dans une trajectoire de long terme, au-delà de la transition. Cette narration nourrit également l’image extérieure du pays, alors que Libreville s’efforce de consolider ses relations avec ses partenaires régionaux, notamment au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

    Des défis structurels à surmonter rapidement

    Reste que la mise en œuvre des orientations présidentielles se heurtera à des obstacles bien identifiés. Le déficit d’infrastructures de transport entre le Gabon et ses voisins, la lourdeur des procédures administratives, le coût élevé de l’énergie et la faible compétitivité de plusieurs filières limitent la capacité du pays à se positionner comme plateforme régionale. Les opérateurs économiques locaux soulignent régulièrement la difficulté d’accéder aux marchés voisins, malgré des cadres juridiques communautaires existants.

    Par ailleurs, la montée en puissance des échanges intra-africains suppose une coordination étroite avec le secteur privé. Chambres de commerce, fédérations patronales et opérateurs portuaires doivent être associés à la définition d’une feuille de route opérationnelle. Sans cette articulation, le risque est grand de voir l’ambition présidentielle se diluer dans des annonces sans portée mesurable. À ce stade, aucun calendrier précis n’a été communiqué sur les premières échéances attendues du gouvernement.

    Le défi est clair : convertir une orientation politique en gains économiques quantifiables. La capacité de l’exécutif gabonais à produire des résultats dans les prochains mois sera scrutée par les milieux d’affaires et les partenaires régionaux du pays.

  • Wave approfondit son ancrage institutionnel au Cameroun pour l’inclusion financière

    Wave approfondit son ancrage institutionnel au Cameroun pour l’inclusion financière

    Active au Cameroun, où elle opère ses services financiers numériques, Wave a récemment multiplié les rencontres avec les autorités publiques, les régulateurs et les partenaires financiers.

    Cette nouvelle série d’échanges ne relève pas d’une simple prise de contact initiale. Elle prolonge un dialogue déjà bien engagé et témoigne de la volonté de l’entreprise de construire une relation durable avec les institutions camerounaises.

    Cette démarche conforte l’ancrage de Wave au Cameroun et sa volonté d’y maintenir une présence responsable, durable et alignée sur les priorités nationales en matière de transformation numérique, d’inclusion financière, de sécurité des transactions et d’accessibilité des services.

    Un dialogue institutionnel pour l’inclusion financière

    Lors de ces échanges, les équipes dirigeantes de Wave ont rencontré plusieurs institutions de premier plan : autorités monétaires, régulateurs, représentants gouvernementaux et acteurs de l’écosystème numérique et financier.

    Ces discussions ont permis de faire le point sur les activités déjà menées, de mieux comprendre les attentes des parties prenantes locales et d’identifier de nouveaux leviers de collaboration pour une finance digitale plus inclusive, transparente et utile au quotidien. Les priorités communes incluent le renforcement de l’accès aux services financiers pour les populations encore exclues des circuits formels, la proposition de solutions simples et abordables, la protection des utilisateurs, la conformité réglementaire, et la réduction de l’usage du cash. Pour Wave, ces rencontres réaffirment l’importance du dialogue institutionnel dans la construction d’un écosystème financier numérique solide et responsable.

    Sécurité et conformité au cœur des priorités

    Présente sur le terrain camerounais, l’entreprise poursuit ses activités dans le strict respect du cadre réglementaire, notamment en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, de protection des données, de sécurité des transactions et de souveraineté numérique.

    Le groupe Wave, qui opère sur plusieurs marchés africains, se développe autour d’une conviction forte : les services financiers doivent être simples, accessibles, transparents et adaptés aux réalités quotidiennes des populations. Au Cameroun, marché stratégique pour l’Afrique centrale caractérisé par une population jeune, un tissu entrepreneurial dynamique et des besoins importants en services de proximité, cette ambition prend tout son sens.

    Intégration sous-régionale dans la CEMAC

    À travers son modèle, Wave contribue déjà à la numérisation de l’économie camerounaise en apportant traçabilité, sécurité et simplicité aux transactions du quotidien. L’entreprise accompagne commerçants, familles, jeunes, femmes et petites entreprises dans l’adoption de solutions financières numériques fiables et accessibles.

    Cette approche s’inscrit dans une dynamique sous-régionale. Grâce à son intégration au réseau GIMAC, Wave Cameroun dispose d’un levier important pour améliorer l’interconnexion des services financiers numériques au sein de la CEMAC. Cette dimension est essentielle pour soutenir les usages transfrontaliers, faciliter les échanges et accompagner l’ambition d’une finance digitale plus intégrée en Afrique centrale. Au-delà de son offre, Wave se positionne comme une entreprise citoyenne, créant des emplois directs et indirects et renforçant les compétences locales.

    Une vision à long terme pour le Cameroun

    Les retours encourageants recueillis lors de cette séquence institutionnelle confortent Wave dans sa volonté d’avancer avec humilité, sérieux et détermination. Pour l’entreprise, l’enjeu n’est pas de proposer une solution supplémentaire sur le marché, mais de continuer à bâtir une relation innovante fondée sur la confiance avec les autorités, les partenaires, les usagers et l’ensemble de l’écosystème.

    Wave entend poursuivre ses efforts au Cameroun en privilégiant une approche basée sur l’écoute, la collaboration et la pédagogie, aux côtés des institutions et des acteurs locaux, pour une finance digitale plus inclusive, plus sécurisée et plus proche des besoins réels des populations. Acteur déjà engagé sur le terrain, Wave compte s’inscrire dans la durée comme un partenaire fiable du Cameroun dans la transformation numérique de son économie, en proposant des services de qualité, accessibles et utiles au plus grand nombre, tout en contribuant aux ambitions nationales et sous-régionales en matière d’inclusion financière.

  • Coupe du monde 2026 : Algérie et Autriche face au dilemme du match à enjeu

    Coupe du monde 2026 : Algérie et Autriche face au dilemme du match à enjeu

    Les derniers résultats des matchs de groupe ont éclairci le tableau pour l’Autriche et l’Algérie. Il va être beaucoup plus compliqué de calculer le bon résultat pour éviter l’Espagne en seizième.

    L’ironie de l’histoire n’est parfois pas qu’une simple formule. Quarante-quatre ans après le « match de la honte » de Gijon lors du Mondial 82, l’Algérie et l’Autriche se retrouvent, là aussi avec la tête pleine de calculs pour envisager la suite de la compétition. Pour mémoire, en 1982, les derniers matchs de poule ne se jouaient pas en simultané. L’Autriche et l’Allemagne savaient qu’une courte victoire de ces derniers qualifierait les deux équipes (au détriment de l’Algérie). Résultat : une victoire 1-0 de l’Allemagne et un match peu engagé durant une bonne partie de la rencontre.

    Quarante-quatre ans plus tard, le scénario est bien différent. En raison du passage à 48 équipes et de la qualification des huit meilleurs troisièmes (sur douze groupes), les calculs sont complexes et en même temps simples, car Autriche-Algérie sera le dernier match de poule avec un enjeu pour ce classement des meilleurs troisièmes.

    Pour rappel, à l’heure actuelle, l’Autriche est deuxième du groupe avec trois points et une différence de buts de zéro, tandis que l’Algérie est troisième avec une différence de -2.

    Le seuil pour se qualifier sera au minimum de trois points et une différence de buts nulle ou positive, ce que les deux sélections peuvent atteindre avec un match nul, mais qu’aucune ne peut atteindre avec une défaite. Il existe néanmoins quelques cas de figure où l’Autriche pourrait se qualifier avec une courte défaite : si le Congo ne gagne pas et que la Croatie est battue par le Ghana.

    Rangnick : « On verra à quelques minutes de la fin »

    Une défaite ? Mais pourquoi ces deux équipes voudraient perdre ? Parce que, particularité du tableau lors de cette Coupe du monde à 48, il vaut peut-être mieux terminer troisième que deuxième dans ce groupe : le deuxième affrontera l’Espagne, l’un des favoris de la compétition, le troisième affrontera un premier de groupe, potentiellement la Suisse. Mais, vu les derniers résultats, ce calcul ne tient plus : ce sera probablement soit la qualification via la deuxième place, soit la porte pour l’Autriche, mais les Autrichiens sauront déjà tous les résultats des autres groupes au moment d’entrer sur le terrain.

    Reste l’hypothèse du match nul qui arrange les deux équipes. Elles auraient alors quatre points et seraient toutes les deux qualifiées. Cette situation est déjà arrivée dans cette Coupe du monde, lors de Paraguay-Australie (0-0 final), comme l’a relevé Ralf Rangnick, le sélectionneur allemand de l’Autriche. « On a vu ce qu’il s’est passé avec Paraguay-Australie où un nul suffirait aux deux équipes, a-t-il remarqué en conférence de presse, avant d’écarter tout de suite l’idée de jouer pour le nul dès le coup d’envoi. Mais on ne peut pas entrer dans ce match en disant : on va jouer le nul. On est dans la même situation que l’Algérie, on verra à quelques minutes de la fin. »

    Même son de cloche du côté du sélectionneur de l’Algérie, Vladimir Petkovic : « Nous devons donner tout ce que nous avons sur le terrain et ne pas penser du tout aux différentes hypothèses. Nous entrons sur le terrain avec un seul objectif : gagner. »

  • Marie Joselle Itsana élue à la tête de l’UPG : une première historique pour le Gabon

    Marie Joselle Itsana élue à la tête de l’UPG : une première historique pour le Gabon

    L’Union du Peuple Gabonais (UPG) entame une nouvelle ère. Le jeudi 25 juin 2026, à Libreville, à l’issue d’un congrès extraordinaire très attendu, Marie Joselle Itsana a été élue à la présidence du parti. Cet événement marque un tournant historique : elle devient la première femme à diriger cette formation politique emblématique.

    Le scrutin a été très serré. Sur les 43 suffrages exprimés, Marie Joselle Itsana a recueilli 23 voix, devançant son rival Roger Mouloungui qui en a obtenu 20.

    Le défi de l’unité et de la refondation

    Loin de nier les lignes de fracture apparues durant le congrès, la nouvelle présidente a choisi d’en faire une force de rassemblement. « Notre congrès a exprimé des sensibilités différentes, des opinions parfois divergentes. C’est la preuve que notre parti est vivant », a-t-elle déclaré, accueillant sa victoire avec humilité et conscience de l’ampleur de la tâche.

    Pour Marie Joselle Itsana, l’urgence est désormais à la cohésion. Consciente des tiraillements qui ont fragilisé le mouvement par le passé, elle a lancé un appel vibrant à la fin des guerres de clans. Son mot d’ordre est clair : tourner la page des divisions internes pour engager une reconstruction collective.

    Redevenir une force politique majeure

    L’ambition de la nouvelle présidente est de redonner à l’UPG la stature de premier plan qu’elle occupait autrefois sur l’échiquier politique gabonais. Pour y parvenir, la feuille de route est dense : rebâtir l’ancrage territorial du parti dans tout le pays et porter un projet résolument axé sur la souveraineté, la justice, la transparence et le développement.

    Un héritage à honorer, une jeunesse à mobiliser

    Tout en se projetant vers l’avenir, Marie Joselle Itsana a salué la mémoire des figures historiques du parti, notamment son président-fondateur, feu Pierre Mamboundou, ainsi que les militants tombés pour la démocratie. « Nous devons nous montrer dignes de l’héritage que nous avons reçu et responsables de celui que nous transmettrons », a-t-elle martelé.

    Se tournant vers l’avenir, elle a invité la nouvelle génération de militants à s’impliquer activement dans les choix stratégiques à venir, affirmant qu’une nouvelle étape commençait « aujourd’hui et maintenant » pour l’UPG.