La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a jugé, dans un arrêt du 29 janvier 2026 récemment publié, que la réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale togolaise le 25 mars 2024 constitue un « changement inconstitutionnel de gouvernement » selon l’article 23(5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG). Cette décision, bien que non contraignante, offre à l’opposition togolaise un argument juridique et politique de poids contre le maintien de Faure Gnassingbé à la tête de l’exécutif.
La juridiction communautaire a estimé que les circonstances, le contenu et les effets de cette réforme visaient à contourner la limitation des mandats présidentiels prévue par la Constitution antérieure. Elle a notamment souligné que le texte avait été voté alors que le mandat de l’Assemblée nationale était expiré depuis le 31 décembre 2023, sans consultation nationale préalable et à la veille d’élections législatives.
La réforme de mars 2024 a instauré la Cinquième République togolaise, faisant basculer le pays d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire. Désormais, le président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct mais par les députés, pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Le pouvoir exécutif est concentré entre les mains du président du Conseil des ministres, qui doit être le chef du parti majoritaire à l’Assemblée. Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après la mort de son père Gnassingbé Eyadéma, occupe ce nouveau poste.
Une portée limitée : pas d’annulation, pas de sanction
L’arrêt de la Cour de la CEDEAO n’a pas d’effet juridique immédiat contraignant. Il n’annule pas la Constitution du 6 mai 2024 et n’inflige aucune sanction au Togo. La Cour se contente d’enjoindre à l’État togolais de veiller à ce que toute future réforme constitutionnelle soit conforme à ses obligations internationales, notamment la CADEG. Les frais de procédure sont à la charge de chaque partie.
La Cour a également rejeté un grief principal des requérants concernant la violation du droit des citoyens à participer directement à la gestion des affaires publiques. Elle a relevé que les élections législatives du 29 avril 2025 se sont tenues avec la participation de plus de deux millions d’électeurs inscrits, sans preuve d’empêchement de vote ou de candidature.
L’affaire (n° ECW/CCJ/APP/15/24) avait été introduite le 18 avril 2024 par la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) et douze autres requérants, dont les partis d’opposition Alliance nationale pour le changement (ANC), Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) et Forces démocratiques pour la République (FDR), ainsi que des associations de défense des droits humains. L’arrêt a été rendu par un collège de trois juges présidé par le juge Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves.
L’opposition salue la décision, Lomé ne réagit pas publiquement
Le 21 juin 2026, l’ANC a qualifié l’arrêt de « sévère désaveu politique, juridique et moral pour le pouvoir en place au Togo » et a appelé à une « transition politique » pour « refonder les bases de la République ». Jean-Pierre Fabre, leader du parti, a affirmé que cette décision confirmait les positions exprimées dès mars 2024, et a invité les partenaires internationaux du Togo à en tenir compte.
Le gouvernement togolais n’avait pas réagi publiquement à cet arrêt au moment de la rédaction. La jurisprudence de la Cour de la CEDEAO en matière de réformes constitutionnelles reste généralement prudente. L’application de l’article 23 de la CADEG à une révision constitutionnelle votée par un Parlement est une démarche peu fréquente. La famille Gnassingbé gouverne le Togo depuis 1967. Faure Gnassingbé a accédé à la présidence en 2005 à la mort de son père, confirmé par trois élections successives (2005, 2010, 2015, 2020). La réforme de 2024 a supprimé l’élection présidentielle au suffrage universel direct avant la fin de son quatrième mandat, en 2025.
Et si l’aventure d’Aurélien Tchouaméni au Real Madrid prenait fin cet été ? Le milieu de terrain français de 26 ans, actuellement engagé avec les Bleus dans la Coupe du monde 2026, est régulièrement cité comme potentiel partant. Mais deux obstacles principaux empêcheraient pour l’instant son transfert vers un autre club.
Depuis son arrivée à l’été 2022, Aurélien Tchouaméni pourrait voir son histoire avec le Real Madrid s’achever prochainement. Alors qu’il participe à la Coupe du monde 2026 sous le maillot de l’équipe de France, l’international tricolore est fréquemment annoncé sur le départ ces derniers jours. Manchester United serait notamment aux aguets pour s’attacher les services du joueur de 26 ans. Cependant, deux raisons précises bloqueraient une éventuelle venue d’Aurélien Tchouaméni chez les Red Devils.
Une question de salaire et de volonté madrilène
« Les deux difficultés autour de Tchouaméni restent inchangées. La première concerne le salaire. Il perçoit un salaire élevé, et pour l’instant, Manchester United ne souhaite pas s’engager sur ce plan. Les dirigeants mancuniens apprécient le joueur et le considèrent comme un élément de grande qualité. Mais pour le moment, le Real Madrid n’est pas disposé à faciliter son départ. Si le club madrilène venait à contacter Manchester United pour indiquer que Tchouaméni est disponible, les Anglais seraient prêts à tenter l’opération. Cependant, la question du salaire et le fait que le Real Madrid n’ait pas encore donné son feu vert constituent les deux freins », a expliqué une source proche du dossier.
Les priorités madrilènes ailleurs
Il reste à savoir si le Real Madrid finira par se montrer ouvert au départ d’Aurélien Tchouaméni. La direction du club se concentrerait actuellement sur les recrues à offrir à José Mourinho. Après Marc Cucurella et Ibrahima Konaté, les Merengue ne comptent pas s’arrêter là. Ainsi, la sortie d’Aurélien Tchouaméni ne figure pas parmi les priorités de la Casa Blanca pour l’instant.
Le mercato du PSG pourrait connaître un coup d’accélérateur dans les prochains jours. Le transfert de Randal Kolo Muani vers la Juventus serait en bonne voie et un accord entre le joueur et la Vieille Dame serait très proche.
De retour au PSG après un prêt décevant à Tottenham, Randal Kolo Muani ne sera pas conservé par Luis Enrique. Un transfert est donc attendu et la Juventus est de nouveau la piste la plus chaude pour recruter l’attaquant français, qui avait réalisé six bons mois sous les couleurs de la Vieille Dame. Tout devrait s’accélérer dans les prochaines heures.
Vers un dénouement rapide
L’été dernier, la Juve avait séduit le joueur avant de finalement l’abandonner. Kolo Muani n’était pas parvenu à trouver un accord avec le Paris Saint-Germain, ce qui l’avait conduit à un départ précipité à Tottenham, où tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Aujourd’hui, les relations avec la Juventus sont excellentes, le joueur se montre totalement ouvert et l’accord avec lui est en passe d’être conclu.
Un accord imminent
Il ne s’agit plus que d’une question de jours avant de finaliser les chiffres et le salaire. Kolo Muani a orienté son avenir vers la Juventus. Il faut maintenant que les clubs se concertent, et c’est là que la partie se jouera. La Juventus est bien présente sur ce dossier, et dans l’ordre des priorités actuelles des Bianconeri, sous la direction de Giovanni Carnevali, Randal Kolo Muani est placé un peu plus haut qu’Alexander Sorloth.
Le mercato estival s’annonce particulièrement chaud pour le PSG. Après avoir décroché un deuxième titre consécutif en Ligue des champions, le club parisien souhaite renouveler son effectif sous les ordres de Luis Enrique. Plusieurs cibles sont étudiées, notamment celle de Mateus Fernandes, milieu offensif de 21 ans. Selon Fabrizio Romano, une véritable bataille de transfert est déjà engagée autour de ce joueur.
Mateus Fernandes devrait quitter West Ham, relégué en EFL Championship, cet été. Le joueur portugais suscite l’intérêt de nombreux clubs. Fabrizio Romano, spécialiste du mercato, a dévoilé que Manchester United et Tottenham sont en pole position. « Mateus Fernandes ira là où l’offre sera la plus élevée pour West Ham. En coulisses, Tottenham et Manchester United travaillent sur ce dossier. Tottenham veut Tonali ET Mateus Fernandes. Manchester United, de son côté, a déjà recruté Ederson et souhaite désormais Mateus Fernandes. Les deux clubs sont en lice. Ils négocient avec West Ham. Tottenham accélère pour conclure l’affaire mais Manchester United reste en embuscade. C’est une grosse bataille à suivre jusqu’au bout », a-t-il confié.
Le prix fixé par West Ham pour Mateus Fernandes
Reste à savoir quel club remportera la mise. West Ham a fixé le prix de départ à 98M€. Les Hammers espèrent même obtenir une somme supérieure pour laisser partir leur jeune talent. Le PSG, qui a pour politique de ne plus surpayer ni les salaires ni les indemnités de transfert, pourrait se retirer si West Ham maintient ses exigences. L’avenir de Mateus Fernandes s’annonce donc très indécis dans les prochaines semaines.
Malgré les appels à la paix, les affrontements continuent à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Les civils paient un lourd tribut, entre bombardements, déplacements forcés et insécurité permanente.
En République démocratique du Congo, la situation à Minembwe, dans le Sud-Kivu, reste extrêmement tendue. Kinshasa et Kigali ont pourtant réaffirmé leur volonté de paix lors d’une réunion à Londres le 24 juin. Les deux capitales se sont engagées à mettre en œuvre l’accord de paix de juin 2025, à respecter le cessez-le-feu et à réduire les tensions dans cette localité stratégique. Minembwe est un enjeu majeur, car l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC-M23, avec leurs alliés locaux (Wazalendo et Twirwaneho), s’en disputent le contrôle.
Une guerre qui épargne même les hôpitaux
Dans le territoire de Fizi, les affrontements ne cessent pas. Chaque jour apporte son lot de morts et de destructions. Un résident de Minembwe témoigne des frappes de drones : « Le bâtiment de la pédiatrie a été touché hier. Le centre de santé d’Ilundu, près de l’aérodrome, a aussi été bombardé. La guerre et les drones sont quotidiens. Les habitants ont fui. La situation est intenable. »
Les civils pris au piège des combats
Depuis quelques semaines, l’escalade des combats autour de Minembwe pousse les civils à fuir. La société civile du Sud-Kivu réclame l’application des accords de paix, en priorité le cessez-le-feu.
Hypocrate Marume, membre du cadre de concertation de la société civile, déclare : « Les civils restent les principales victimes. Les déplacements s’accélèrent. C’est nous, la population, qui sommes tués. Nous demandons aux belligérants de déposer les armes et de dialoguer pour la paix. »
Une zone stratégique âprement disputée
Les combats à Minembwe s’inscrivent dans un cadre de tensions communautaires et de lutte pour le contrôle d’une zone à la fois militaire et symbolique. Le professeur Philippe Doudou Kaganda, du Centre de recherche sur les conflits et la paix dans la région des Grands Lacs, précise : « Minembwe est un vaste territoire qui offre à son occupant la capacité de lancer des contre-offensives, que ce soit dans les moyens plateaux ou dans la plaine de la Ruzizi. C’est un carrefour vers Mwenga. C’est aussi un lieu de conflits depuis des décennies. Sa conquête représente une victoire territoriale et ethnique. »
Pour les habitants de Minembwe, la paix demeure un lointain espoir. Ils subissent au quotidien les frappes de drones et les échanges de tirs, quasi ininterrompus.
Le Gabon fait partie des rares pays mis en lumière dans le rapport 2026 de l’institut suédois Varieties of Democracy (V-Dem) pour l’évolution de sa trajectoire démocratique. Alors que de nombreux États africains sont classés parmi les démocraties en recul, le pays est cité comme un exemple d’amélioration, notamment grâce au retour à l’ordre constitutionnel après la Transition et à l’organisation des élections de 2025.
Le Gabon enregistre un signal favorable sur le front de la gouvernance démocratique. Dans son rapport 2026 publié en juin, l’institut suédois V-Dem, référence internationale pour l’évaluation des systèmes politiques, sort le pays de la liste des nations en déclin démocratique et le range parmi les évolutions positives observées à l’échelle mondiale.
Selon les données de V-Dem, le Gabon occupe la 114ᵉ place sur 179 pays évalués. Ce classement révèle encore des défis importants, mais il marque une rupture avec les tendances des dernières années, où le pays était régulièrement associé aux États connaissant une détérioration de leurs indicateurs démocratiques.
Les élections de 2025 mises en avant par V-Dem
Le rapport attribue cette progression aux changements institutionnels survenus après la Transition, en particulier l’organisation des élections générales de 2025 et le retour à un pouvoir civil. Pour V-Dem, ces évolutions placent le Gabon parmi les quelques pays identifiés comme affichant une dynamique de progrès démocratique. Le rapport cite également le Liban, l’île Maurice et la Corée du Sud parmi les améliorations notables au niveau international.
Cette appréciation intervient dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique subsaharienne continuent, selon V-Dem, d’enregistrer une dégradation de leurs indicateurs démocratiques.
Si cette évolution constitue un signal encourageant, elle ne signifie pas que le Gabon figure désormais parmi les démocraties les mieux notées. Avec sa 114ᵉ place mondiale, le pays reste confronté à des défis majeurs en matière de gouvernance, de consolidation institutionnelle, de participation citoyenne et de renforcement de l’État de droit.
Le rapport souligne d’ailleurs que les progrès démocratiques restent réversibles et que plusieurs pays ayant connu une amélioration par le passé ont ensuite enregistré un recul. Dans ce cadre, l’amélioration constatée par V-Dem apparaît davantage comme une étape que comme un aboutissement.
Un indicateur suivi par les partenaires internationaux
Les travaux de V-Dem sont largement utilisés par les chercheurs, les organisations internationales, les bailleurs de fonds et les chancelleries pour suivre l’évolution des systèmes politiques dans le monde. Pour le Gabon, cette progression pourrait contribuer à améliorer son image auprès des partenaires internationaux, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de poursuivre les réformes institutionnelles engagées depuis la Transition politique entamée le 30 août 2023.
Reste désormais à transformer cette dynamique impulsée par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema en avancées durables, afin que les prochaines évaluations internationales confirment l’ancrage du pays sur une trajectoire de consolidation démocratique.
Réconciliation entre l’AES et la CEDEAO : urgence sécuritaire et enjeux économiques
Depuis plusieurs semaines, les initiatives diplomatiques se multiplient en Afrique de l’Ouest pour rétablir le dialogue entre les pays membres de la CEDEAO et ceux de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger). Au cœur de ces démarches, l’urgence sécuritaire et la nécessité de politiques communes poussent les acteurs à un retour au réalisme et au pragmatisme.
Ces dernières semaines, de nombreuses initiatives voient le jour en Afrique de l’Ouest pour rétablir des passerelles de dialogue et de concertation entre les États de la CEDEAO et ceux de l’AES. La question sécuritaire est au centre de ces efforts, avec le besoin de mettre en place des politiques communes capables d’harmoniser les actions, en attendant une mutualisation des moyens. Pour que cette diplomatie d’urgence aboutisse, les acteurs doivent respecter certaines exigences tacites : contourner le contentieux du retrait des trois pays de l’AES de la CEDEAO, mettre de côté les rancœurs issues des campagnes de communication hostiles, et dépasser les conséquences des restructurations géopolitiques dans le Sahel, qui ont instauré un climat de « guerre froide » entre les deux entités. En somme, il s’agit de taire les rancunes et de dépasser les tensions pour faire face aux enjeux communs.
La Côte d’Ivoire se dit prête à reprendre la coopération
Parmi les signaux forts de ce tournant, les déclarations récentes du ministre ivoirien de la Défense, Tene Birahima Ouattara, marquent une avancée. Le 15 juin, il s’est déclaré « sincèrement prêt à une reprise de la coopération sécuritaire » avec le Mali et le Burkina Faso, estimant que « le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un État seul. Il faut une collaboration, une mutualisation des forces ». Cette évidence rappelle que certains décideurs signalent que les conséquences de la crise sécuritaire dans le Sahel « pourraient devenir intenables à moyen terme » pour l’ensemble de la région.
Reste à savoir quelles seront les réponses du Mali et du Burkina Faso à cet appel. Rien ne permet pour l’heure de prévoir un sursaut collectif de lucidité de la part de tous les acteurs concernés. Même si les dirigeants maliens et burkinabè admettent que la rupture avec la CEDEAO « n’exclut pas des coopérations bilatérales », il leur est difficile d’opérer soudainement un changement de positionnement envers leur interlocuteur ivoirien. Régulièrement accusée d’héberger des éléments terroristes « financés » ou « sponsorisés » par l’impérialisme français, la Côte d’Ivoire est l’une des cibles privilégiées de la fabrique d’ennemis extérieurs, voire imaginaires, de l’AES. Même si ces accusations n’ont jamais été étayées par des faits, elles participent du narratif doctrinaire de ces régimes issus de coups d’État ayant entraîné leur retrait de la CEDEAO. Pourtant, malgré ces relations diplomatiques délétères, la Côte d’Ivoire conserve des canaux discrets d’échanges et de coopération avec le Mali et le Burkina Faso, dont les ressortissants jouissent par milliers du statut de réfugiés en terre ivoirienne.
Une « nouvelle ère » pour le Bénin et le Niger
Visé aussi par ces mêmes accusations, le Bénin, dont le nouveau président Romuald Wadagni a entrepris peu après son investiture le 24 mai des gestes de rapprochement avec les pays de l’AES, connaît une dynamique particulière avec le Niger. La frontière commune entre les deux pays était restée fermée depuis le coup d’État de juillet 2023 à Niamey. Alors que tout dialogue était devenu impossible, l’arrivée d’un nouveau dirigeant au Bénin a offert une opportunité pour mettre un terme à ce qui s’était transformé en une querelle personnelle entre les autorités militaires nigériennes et l’ex-président béninois Patrice Talon.
Le changement de visage à la présidence du Bénin agit depuis quelques jours comme un accélérateur de la réconciliation entre ces deux voisins. Une réunion d’experts nigériens et béninois s’est tenue à Cotonou les 20 et 21 juin pour élaborer les termes d’une nouvelle coopération, portant principalement sur la défense, la sécurité et les conditions de réouverture de la frontière commune, facteur déterminant de la reprise des activités économiques. Sur ce dernier point, la délégation nigérienne a souligné son souhait d’obtenir davantage d’informations sur la présence supposée à la frontière bénino-nigérienne « d’éléments étrangers ». Cette requête renvoie au soupçon obstinément formulé par le pouvoir militaire de Niamey selon lequel le Bénin hébergerait une « base militaire française » destinée à « déstabiliser le Niger » ou à « financer le terrorisme ». Une accusation qui ne résiste pas au bon sens, puisque le Bénin est lui-même cible et victime du terrorisme. Ces déclarations relèvent aujourd’hui de la routine narrative des régimes de l’AES, qui peinent à freiner la dégradation continue de la situation sécuritaire sur leurs territoires. Leur promesse d’unir leurs moyens militaires pour combattre le terrorisme n’a pas dépassé le stade du discours. Aujourd’hui, des pans entiers des territoires du Niger, du Mali et du Burkina Faso sont devenus des zones grises administrées par des groupes armés terroristes, dont les juntes au pouvoir ne parviennent pas à contenir l’expansion.
L’heure est donc à la réconciliation entre le Niger et le Bénin. Si l’on en croit le ministre nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité, Mohamed Toumba, « une nouvelle ère s’ouvre » pour les deux pays. Selon lui, « en choisissant le dialogue plutôt que la confrontation, nous avons créé de la valeur pour nos économies et de la sécurité pour nos populations ». Les acteurs nigériens et béninois ne perdent pas de vue que derrière l’enjeu sécuritaire se niche celui, tout aussi crucial, de l’économie, dans un espace où les populations ont des destins liés. À l’heure où l’on assiste au retour à une diplomatie du réalisme et du pragmatisme, ce qui se produit entre le Bénin et le Niger prend les allures d’un cas d’école ou d’un événement-pilote, dans la perspective d’une gestion réévaluée et intelligente des vulnérabilités partagées dans l’espace commun ouest-africain.
Réponses endogènes à la crise sécuritaire
Les initiatives visant à la normalisation des relations entre les pays de la CEDEAO et ceux de l’AES devraient encore se préciser au cours des prochains mois. En plus de réactiver les logiques de voisinage qui ont prévalu dans cette région depuis des décennies, elles soulignent l’urgence de réponses endogènes à l’équation sécuritaire. Cela fait écho aux recommandations formulées l’année dernière par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour « une reprise du dialogue entre tous les pays d’Afrique de l’Ouest ». En décembre 2025, la Russie, partenaire privilégié des pays de l’AES, avait émis les premiers signaux d’un recadrage diplomatique en appelant à « la poursuite d’un dialogue pragmatique et mutuellement bénéfique entre la CEDEAO et l’AES, afin de trouver des solutions communes pour contrer les défis et les menaces communs, y compris la lutte contre le terrorisme régional ». Ces propos indicatifs d’un changement de paradigme en matière de coopération internationale rappellent aux Africains qu’il leur revient, à eux seuls, de fabriquer les solutions les plus efficientes à leurs défis du moment.
Déjà, des protocoles relationnels bilatéraux sont observés entre l’AES et certains pays comme le Ghana, la Guinée, le Togo ou encore le Sénégal. Malgré leur retrait de la CEDEAO, les régimes militaires du Sahel ont maintenu leur présence au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et leurs ressortissants continuent de bénéficier du principe de libre circulation dans l’espace CEDEAO. Au bout du compte, on sera amené à s’interroger sur le bien-fondé du retrait des promoteurs de l’AES de la communauté régionale. L’unique réponse disponible renverra au contentieux initial : la condamnation par la CEDEAO des coups d’État intervenus dans les pays de l’AES, et surtout le refus des dirigeants de cette entité d’œuvrer à un rétablissement de l’ordre constitutionnel. À bien des égards, la rupture entre l’AES et la CEDEAO ressemble à un divorce artificieux ou inachevé.
Cent soixante-deux ressortissants tchadiens sont arrivés à N’Djamena après avoir quitté Benghazi, dans l’est de la Libye, dans le cadre d’une opération de retour volontaire soutenue par le gouvernement tchadien et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette initiative a également donné lieu à des séances de sensibilisation auprès de la communauté tchadienne sur les règles de séjour en Libye et les dangers de la migration irrégulière.
Ce groupe de 162 Tchadiens a regagné la capitale tchadienne grâce à un programme coordonné par le consulat général du Tchad à Benghazi, avec l’appui logistique et financier de l’OIM. L’opération vise à offrir une assistance aux citoyens confrontés à des difficultés à l’étranger, dans le cadre des actions de protection menées par les autorités nationales.
Une campagne d’information pour la communauté tchadienne en Libye
Parallèlement au rapatriement, les services consulaires ont organisé des séances d’information destinées aux Tchadiens installés à Benghazi. Ces échanges ont porté sur la réglementation du séjour des étrangers en Libye et les risques liés aux parcours migratoires non réguliers. L’objectif est de réduire les situations de vulnérabilité et d’encourager les démarches conformes à la législation en vigueur.
Les autorités tchadiennes présentent ce retour comme une étape importante dans la protection de leurs ressortissants à l’étranger. Elles précisent que d’autres opérations similaires pourraient être menées avec le soutien de partenaires internationaux, afin de répondre aux besoins des Tchadiens vivant hors du pays.
L’Association des étudiants nigériens en Russie (AENR) a confirmé le décès d’Adamou Abdoulaye Ismaël, dont la disparition était signalée depuis plusieurs mois. En juin 2025, l’organisation avait diffusé un avis de recherche pour deux de ses membres, sans nouvelles depuis un certain temps. Le premier, Abdoulaye Issiaka Ismaël, avait déjà été déclaré mort sur le front ukrainien. Le second, Adamou Abdoulaye Ismaël, vient lui aussi de perdre la vie, même si les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore été divulguées.
Cette annonce plonge à nouveau des familles nigériennes dans une profonde douleur et soulève une interrogation lancinante : comment de jeunes ressortissants du Niger se retrouvent-ils impliqués dans un conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres de leur pays, sans lien apparent avec leurs intérêts nationaux ?
Le Niger perd ainsi un deuxième de ses fils dans une guerre qui n’est pas la sienne. Alors que Moscou cherche à renforcer son influence en Afrique et multiplie les discours sur le partenariat et la coopération, ces décès révèlent une réalité plus sombre. Derrière les promesses de bourses et d’opportunités académiques, certains jeunes Africains se retrouvent pris dans l’engrenage d’un conflit dont ils ne sont ni les décideurs ni les bénéficiaires.
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, diverses enquêtes ont documenté le recrutement de ressortissants étrangers, notamment africains, dans l’effort de guerre russe, souvent dans des conditions opaques. Cette situation pose un problème éthique majeur : celui de voir des étudiants venus chercher un avenir meilleur exposés aux dangers d’un conflit armé particulièrement meurtrier.
La mort successive de ces deux étudiants nigériens constitue un signal d’alarme. Elle interroge sur la protection des ressortissants africains présents en Russie et sur les conséquences humaines réelles du rapprochement entre Moscou et plusieurs États du continent. Derrière les discours diplomatiques et les intérêts géopolitiques, ce sont des vies africaines qui se perdent sur les champs de bataille ukrainiens.
Aujourd’hui, deux familles nigériennes pleurent leurs enfants. Deux jeunes hommes partis poursuivre leurs études à l’étranger, et qui ne reviendront jamais. Un drame qui rappelle que dans les grandes rivalités internationales, les plus lourds sacrifices sont souvent supportés par ceux qui n’ont jamais choisi la guerre.
À la fin du mois de juin 2026, un vaste projet de transformation urbaine s’engage dans le troisième arrondissement de Libreville. La zone de la baie des cochons, longtemps source d’embouteillages et d’inondations, va connaître ses premières démolitions. Ce chantier, voulu par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ambitionne de redessiner la circulation, l’assainissement et les liaisons entre plusieurs quartiers clés de la capitale gabonaise.
Les opérations concernent notamment le secteur de Sipagel, le carrefour Léon Mba, le corridor longeant les installations de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) jusqu’au rond-point de Petit-Paris. L’objectif est de créer un nouvel axe routier principal, accompagné de voies secondaires, pour fluidifier les déplacements et améliorer les connexions vers le Centre hospitalier universitaire de Libreville, Petit-Paris et le carrefour Léon Mba.
Le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, s’est rendu sur place le 23 juin pour expliquer le projet aux habitants. Selon les autorités, la libération des emprises publiques est une étape préalable indispensable avant le début des travaux confiés à l’entreprise adjudicataire. Au-delà de la voirie, le programme prévoit aussi le curage des caniveaux, la réfection des ouvrages hydrauliques et l’installation de nouveaux systèmes d’évacuation des eaux pluviales, afin de lutter contre les inondations qui touchent chaque année des milliers de riverains.
Le gouvernement veut traiter deux urgences urbaines majeures: la mobilité et l’assainissement. Mais comme dans tout grand projet d’aménagement, les bénéfices à long terme s’accompagnent de conséquences immédiates pour les populations. Certaines familles occupent les lieux depuis des décennies, d’autres y ont développé des activités économiques vitales. Les démolitions suscitent naturellement des interrogations sur les indemnisations, les relogements et la protection des commerces locaux.
Le ministère assure avoir privilégié le dialogue en amont. Reste à voir si cet équilibre entre intérêt général et protection sociale sera maintenu lors des prochaines semaines. La baie des cochons devient ainsi le symbole de la modernisation urbaine de Libreville, une ville confrontée à une croissance démographique rapide, à des embouteillages chroniques et à des défis environnementaux. Ce chantier est aussi un test politique pour l’État: démontrer sa capacité à mener des réformes ambitieuses tout en préservant la cohésion sociale.
Les premiers coups de pelleteuse ne sont que le début. Le véritable succès se mesurera à l’impact concret sur la vie quotidienne des habitants.
Deuxièmes et troisièmes du groupe D, l’Australie et le Paraguay se rencontrent jeudi soir à Santa Clara, près de San Francisco. Un résultat nul pourrait leur permettre de décrocher leur ticket pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026.
Quel dénouement pour la poule D ? Avant la dernière journée, deux choses sont certaines : avec deux succès en deux matchs, les États-Unis sont déjà qualifiés et assurés de terminer premiers. La Turquie, leur adversaire cette nuit à Los Angeles, est quant à elle éliminée. Il est peu probable que cette affiche soit la plus palpitante du Mondial. Elle n’aura en tout cas aucun enjeu sportif pour les deux sélections.
Attaquer ou gérer le chronomètre ?
Mais voir beaucoup de buts et de rebondissements est loin d’être garanti non plus pour l’autre match du groupe D entre le Paraguay et l’Australie. Cette rencontre, qui se déroule en même temps à Santa Clara, a un enjeu de taille : la deuxième place. Cependant, les deux équipes sont à égalité avec trois points. Les Socceroos, deuxièmes, devancent les Paraguayens grâce à une meilleure différence de buts (0 contre -2). En cas de match nul, ils seraient presque certains d’atteindre les huitièmes de finale, car avec quatre points dans cette nouvelle formule à 48 équipes, ils devraient figurer parmi les huit meilleurs troisièmes.
Ces deux formations voudront-elles aller chercher la deuxième place en donnant tout pour gagner, ou se contenteront-elles d’un match nul qui pourrait servir leurs intérêts ? Tout est envisageable, mais par le passé, la Coupe du monde a déjà proposé des troisièmes matches de poule soporifiques où les deux adversaires se contentaient de faire passer le temps. Quoi qu’il en soit, Australiens et Paraguayens y verront plus clair après les résultats définitifs des groupes E et F, qui joueront avant eux. Si les résultats leur sont favorables, on ne vous conseille pas forcément de veiller jusqu’à 4h du matin.