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  • Partenariat UA-CNDH pour la paix et la justice transitionnelle au Tchad

    Partenariat UA-CNDH pour la paix et la justice transitionnelle au Tchad

    Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) du Tchad, Belngar Larmé Jacques, a accueilli le mercredi 24 juin une délégation de haut rang de l’Union africaine (UA). Cette visite visait à renforcer la démarche de justice transitionnelle dans le pays, dans le but de consolider la paix et la cohésion sociale.

    La mission, menée par Maria Jose Samba Ovono Obono, représentante spéciale du président de la Commission de l’Union africaine au Tchad et cheffe de mission à N’Djamena, s’inscrit dans une collaboration entre l’UA et le Centre international pour la justice transitionnelle. L’objectif est de favoriser des réponses pérennes aux crises traversées par le Tchad.

    Après les échanges, Maria Jose Samba Ovono Obono a souligné l’importance du travail de la CNDH. « Nous connaissons l’impact de cette commission des droits de l’Homme. Son rôle est fondamental, ce qui justifie notre présence ici », a-t-elle déclaré.

    La représentante spéciale a en outre dévoilé l’engagement de l’Union africaine à soutenir le processus. « L’UA fournira un appui technique. Nous allons renforcer les compétences pour que la justice transitionnelle tchadienne soit un levier de paix durable, de cohésion sociale et de construction nationale », a-t-elle précisé.

    Maria Jose Samba Ovono Obono, se déclarant « très satisfaite des échanges fructueux », a souligné que cette mission a permis d’identifier les besoins et les obstacles rencontrés par la CNDH.

    Enfin, elle a rendu hommage à l’implication des hautes autorités tchadiennes et des institutions du pays dans la promotion de la cohésion sociale et la quête de solutions durables pour la paix au Tchad.

  • Ismaël Kouassi : PawaPay connecte les entreprises au mobile money en Afrique

    Ismaël Kouassi : PawaPay connecte les entreprises au mobile money en Afrique

    Ismaël Kouassi, directeur Côte d’Ivoire de PawaPay : « Notre mission est de faciliter l’accès des entreprises à l’économie du mobile money sur le continent. »

    Ismaël Kouassi, directeur pour la Côte d’Ivoire de PawaPay, une fintech panafricaine spécialisée dans les infrastructures de mobile money, explique que la société agit comme un pont technologique. Elle permet aux entreprises, banques et PME d’intégrer plusieurs écosystèmes de paiement via une seule connexion. Son rôle : simplifier les transactions, les reversements, le suivi des opérations et la gestion des flux financiers.

    Selon lui, la Côte d’Ivoire et toute l’UEMOA figurent parmi les régions les plus dynamiques d’Afrique pour les paiements numériques. L’adoption massive du mobile money, l’infrastructure interopérable PI-SPI de la BCEAO et un environnement financier en pleine transformation font de cette zone un pôle d’attraction pour les fintechs. Il souligne que la complémentarité entre banques et mobile money sera un moteur clé de la croissance financière dans les années à venir, en particulier pour les PME qui bénéficieront d’une intégration numérique accrue. Dans cette optique, PawaPay entend continuer à lever les barrières techniques et opérationnelles pour accélérer les échanges, les investissements et l’intégration économique régionale.

    Vous définissez PawaPay comme une infrastructure de paiement offrant une intégration unique, un tableau de bord unifié et une trésorerie centralisée dans une vingtaine de pays africains. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Où se situe la frontière entre vos responsabilités et celles des opérateurs de mobile money, des banques ou des processeurs de paiement ?

    Le moyen le plus simple de comprendre PawaPay est de voir notre solution comme un facilitateur. Nous aidons les entreprises à se connecter à l’économie du mobile money en Afrique. Aujourd’hui, le mobile money est l’une des infrastructures financières les plus cruciales du continent. Selon la GSMA, plus de 2 000 milliards de dollars ont transité via les services de mobile money dans le monde en 2025, soit un doublement des montants en seulement quatre ans. Ce n’est plus un simple moyen de paiement émergent : c’est un pilier du commerce africain.

    Notre rôle est de permettre aux entreprises d’accéder à cet écosystème grâce à une interface unique.

    Cela peut signifier aider une société de transfert d’argent à envoyer des fonds vers des portefeuilles mobiles, permettre à un fournisseur d’accès internet de collecter des abonnements, soutenir une plateforme de mobilité urbaine pour payer ses chauffeurs, ou encore permettre à des entreprises numériques de servir des clients dans plusieurs marchés africains. Nous fournissons la couche technologique qui orchestre les paiements, les reversements, le suivi des transactions, la gestion des flux et la réconciliation. Les opérateurs de mobile money restent responsables des comptes clients et de l’émission de monnaie électronique. Les banques assurent les services bancaires et la conservation des fonds. Les régulateurs veillent à l’intégrité et à la supervision du marché. Le mobile money est une infrastructure clé du commerce africain ; notre mission est de permettre aux entreprises d’y accéder facilement, sur plusieurs marchés.

    PawaPay est déjà présent dans 20 marchés africains. Quelle logique a guidé le choix des premiers marchés et quels critères déterminent aujourd’hui votre expansion ?

    Dès le départ, nous avons ciblé les marchés où le mobile money jouait déjà un rôle majeur dans l’économie quotidienne. L’Afrique a développé certains des écosystèmes de paiement numérique les plus performants au monde, et nous voulions être là où les entreprises cherchaient déjà à se rapprocher de leurs clients via le mobile money. Aujourd’hui, trois facteurs guident notre développement. Le premier est la demande des clients : nous suivons les marchés où nos clients se développent et souhaitent toucher de nouveaux consommateurs. Des entreprises comme Bolt, Yango, LemFi ou GiveDirectly opèrent dans plusieurs pays, et leurs besoins influencent nos priorités. Le deuxième facteur est la solidité de l’écosystème local de paiement.

    Nous privilégions les marchés où le mobile money, le commerce numérique et les services financiers occupent une place croissante.

    Enfin, nous attachons une grande importance au potentiel de partenariat à long terme. Les infrastructures se construisent sur plusieurs années. Les relations de confiance avec les opérateurs, les institutions financières et les acteurs de l’écosystème sont essentielles. L’objectif n’est pas simplement d’ajouter des pays, mais de construire une couverture cohérente qui permette aux entreprises d’opérer à l’échelle continentale.

    La Côte d’Ivoire et l’UEMOA sont souvent présentées comme un futur hub régional de la fintech. Qu’est-ce qui rend cette zone particulièrement attractive pour une infrastructure de paiement panafricaine ?

    Je dirais même que l’UEMOA est déjà l’une des régions les plus importantes d’Afrique pour les paiements numériques. L’Afrique de l’Ouest a traité près de 500 milliards de dollars de transactions mobile money en 2025 et compte plus de 517 millions de comptes enregistrés, ce qui en fait la région la plus active au monde en nombre de services opérationnels.

    Dans cet ensemble, la Côte d’Ivoire occupe une place stratégique. C’est la première économie de l’UEMOA, l’un des principaux centres financiers régionaux, avec plus de 28 millions de comptes mobile money enregistrés et plus de 13 millions de comptes actifs.

    Ce qui est remarquable, c’est l’investissement volontaire dans les infrastructures financières régionales. La plateforme interopérable de paiements instantanés PI-SPI, mise en place par la BCEAO, en est un excellent exemple. Dès avril 2026, plus de 80 institutions y étaient connectées, incluant des banques, des établissements de monnaie électronique et des institutions de microfinance. Pour les entreprises comme pour les institutions financières, la qualité des infrastructures de paiement détermine directement leur capacité à participer à l’activité économique. Pour une infrastructure panafricaine comme PawaPay, cela représente un avantage considérable. Une décision réglementaire ou un partenariat développé en Côte d’Ivoire peut potentiellement avoir un impact sur plusieurs pays de la région. La profondeur du secteur bancaire, la forte adoption du mobile money, le dynamisme entrepreneurial et la position géographique d’Abidjan comme centre économique régional font aussi la différence.

    Quand une banque d’Afrique francophone collabore avec PawaPay, quels bénéfices concrets observe-t-elle, au-delà de l’accès technique aux paiements mobiles ? Comment cela affecte-t-il l’acquisition de clients, les coûts, la gestion de la liquidité, la conformité, la fraude ou l’offre aux PME ?

    La première chose à souligner est que les banques et les infrastructures de paiement sont complémentaires. Les banques restent au cœur du règlement, de la gestion de la liquidité, de la conformité, de la relation client et des services financiers. Cela ne change pas. Ce qui évolue, c’est l’ampleur prise par le mobile money dans l’économie quotidienne.

    Selon la GSMA, les transferts entre comptes bancaires et portefeuilles mobiles ont atteint environ 167 milliards de dollars en 2025.

    Les flux dans l’autre sens sont comparables. L’avenir n’est donc pas « banque ou mobile money », mais bien « banque et mobile money ». Une infrastructure comme PawaPay permet aux banques d’accéder à plusieurs écosystèmes de paiement via une seule connexion, ce qui améliore la visibilité sur les flux, facilite la gestion de trésorerie et élargit leur capacité à servir leurs clients. C’est particulièrement pertinent pour les PME. Beaucoup d’entre elles collectent déjà leurs paiements via le mobile money. Les banques capables d’intégrer ces flux à leur offre de services financiers peuvent proposer davantage de valeur à ces entreprises en croissance.

    Comment voyez-vous l’évolution du mobile money dans les cinq prochaines années ? Les moteurs de croissance seront-ils les paiements marchands, les versements de masse, les paiements gouvernementaux, l’e-commerce, le B2B, l’épargne-crédit ou les usages transfrontaliers ?

    L’un des phénomènes les plus intéressants est que la croissance provient simultanément de plusieurs segments. L’adoption par les consommateurs est déjà largement établie dans de nombreux marchés.

    Dans l’UEMOA, le taux d’inclusion financière est passé de 56% à 71% entre 2018 et 2022, principalement grâce aux services financiers numériques et au mobile money.

    Les paiements marchands illustrent parfaitement cette dynamique. Selon les études, leur volume a progressé de plus de 40 % en 2025, faisant de ce segment l’un des plus dynamiques de l’écosystème. Cela traduit une réalité plus profonde : le mobile money devient un outil du quotidien pour le commerce. Nous l’observons dans les services numériques, les abonnements internet, le transport, l’éducation, le commerce de détail et de nombreux autres secteurs. Les paiements transfrontaliers continueront également de croître à mesure que les entreprises africaines opèrent sur plusieurs marchés. Le mobile money n’est plus un produit de niche ; c’est une infrastructure essentielle du commerce africain.

    L’accord de reconnaissance mutuelle des licences entre le Ghana et le Rwanda a été perçu comme un signe important pour les paiements transfrontaliers. Que révèle-t-il sur l’évolution de la coopération réglementaire entre juridictions africaines ? Est-ce un précédent reproductible à grande échelle ou une avancée spécifique ?

    Je pense qu’il reflète une tendance de fond de plus en plus visible sur le continent. Les régulateurs africains reconnaissent que le commerce, l’investissement et l’économie numérique deviennent plus intégrés, et que la coopération réglementaire peut soutenir la croissance économique tout en maintenant les garanties nécessaires. L’accord Ghana-Rwanda en est un exemple. Le cadre harmonisé de l’UEMOA en est un autre. Les approches sont différentes, mais elles traduisent une même réalité : l’activité économique dépasse désormais largement les frontières nationales. Il n’existera probablement pas un modèle unique applicable partout, mais la volonté croissante de collaborer, de partager les expériences et de construire des cadres communs constitue une évolution très positive pour le commerce et l’investissement africains. À terme, l’Afrique aura besoin de davantage de mécanismes de reconnaissance mutuelle et d’harmonisation réglementaire pour soutenir la croissance des paiements transfrontaliers.

    Retenons qu’à terme, l’Afrique aura besoin de davantage de mécanismes de reconnaissance mutuelle et d’harmonisation réglementaire pour soutenir la croissance des paiements transfrontaliers.

    Beaucoup d’acteurs évoquent un futur réseau africain de paiements fluide et interopérable. Quelle est, selon vous, la trajectoire réaliste vers cet objectif ? Quels prérequis doivent être réunis en priorité ?

    L’aspect encourageant est que les principaux fondements existent déjà. L’adoption du mobile money est forte. Les institutions financières continuent d’investir dans les infrastructures numériques. Des initiatives comme PAPSS, PI-SPI et plusieurs programmes régionaux d’interopérabilité démontrent une ambition commune de renforcer la connectivité. La prochaine étape repose sur une collaboration accrue entre opérateurs, banques, fournisseurs d’infrastructure et régulateurs. L’objectif ne doit pas être uniquement d’accélérer les paiements.

    L’objectif doit être de soutenir le commerce, les échanges et la participation économique à l’échelle du continent.

    Lorsque les entreprises peuvent servir plus facilement des clients dans plusieurs pays, lorsque les consommateurs disposent de davantage d’options et lorsque les institutions financières accèdent à un marché régional plus vaste, tout l’écosystème en bénéficie. Mais la technologie seule ne suffira pas. Il faudra également résoudre des questions liées à la gestion des devises, à la conformité, à la lutte contre la fraude et à la gouvernance des réseaux de paiement.

    Quel rôle des entreprises d’infrastructure comme PawaPay peuvent-elles jouer pour soutenir la croissance d’un hub régional comme la Côte d’Ivoire ? Où pouvez-vous créer le plus de valeur ?

    Notre rôle est de réduire les frictions. Chaque fois qu’une entreprise souhaite se développer dans plusieurs marchés africains, elle fait face à une complexité technique, réglementaire et opérationnelle importante. Une infrastructure comme PawaPay permet de simplifier cette expansion.

    Nous aidons les entreprises, les banques et les fintechs à accéder rapidement à plusieurs marchés via une seule plateforme.

    Pour un hub régional comme la Côte d’Ivoire, cela signifie davantage d’investissements, davantage d’innovation et davantage d’entreprises capables d’opérer à l’échelle régionale et même continentale. La plus grande valeur que nous pouvons créer est d’accélérer la circulation des fonds, des services et des opportunités économiques à travers le continent. À nos yeux, la prochaine étape du développement financier africain ne sera pas seulement numérique ; elle sera aussi profondément panafricaine.

  • Crise malienne : les Caritas du Sahel unissent leurs forces à Ouagadougou

    Crise malienne : les Caritas du Sahel unissent leurs forces à Ouagadougou

    Ouagadougou, 20 février 2013 – Face aux crises alimentaires et sociopolitiques qui secouent le Sahel, les organisations Caritas de la région mettent en place une stratégie de communication commune. Une réunion clé s’est tenue le 19 février dans la capitale burkinabè, réunissant les Caritas du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal, qui ont développé depuis 2007 une plateforme de coopération régionale.

    Jusqu’au 23 février, les responsables de l’information et des opérations d’urgence travaillent à la création d’un système de communication régional entre les différentes entités catholiques d’assistance. Cette initiative s’intègre dans le projet d’urgence 28/2012, intitulé « Renforcement des capacités de préparation et de réponse globale de la Caritas aux urgences humanitaires provoquées par la crise au Mali ».

    Le père Isidore Ouédraogo, secrétaire exécutif de Caritas Burkina, a souligné que l’objectif concret est d’établir un cadre de travail commun pour tous les responsables de la communication et des urgences des Caritas du Sahel, afin d’améliorer leur efficacité d’intervention. Selon des estimations, le nombre de réfugiés maliens accueillis dans les pays voisins atteindrait environ 300 000 personnes.

  • Agression à l’aéroport de Douala : le professeur Jean Gatsi dénonce une intimidation liée à son soutien à Paul Biya

    Agression à l’aéroport de Douala : le professeur Jean Gatsi dénonce une intimidation liée à son soutien à Paul Biya

    Déclaration du professeur Jean Gatsi après son agression à l’aéroport de Douala

    Le professeur Jean Gatsi, enseignant et intellectuel camerounais, a été pris pour cible lors d’une agression survenue à l’aéroport international de Douala. Dans une déclaration rendue publique, il revient sur cet incident qu’il qualifie de lâche et d’orchestré. Il affirme que l’auteur de l’agression est Jacques Bertrang Mang, un ancien étudiant devenu activiste politique. Selon lui, cette attaque a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux dans le but de le discréditer et de le faire taire.

    Le Pr Gatsi explique que cette agression est directement liée à son soutien indéfectible au président Paul Biya. Il rappelle qu’il a été l’un des premiers intellectuels à appeler à la candidature de Paul Biya pour l’élection présidentielle d’octobre 2025 et qu’il a activement combattu les oppositions qu’il juge séditieuses, notamment celles de Maurice Kamto et d’Issa Tchiroma Bakary. Il a également publié un ouvrage de 600 pages intitulé « Paul Biya, le sanctuaire de la paix », qu’il considère comme une contribution majeure à la défense de la stabilité du Cameroun.

    Le professeur dénonce une tentative d’intimidation et de terrorisme intellectuel visant à empêcher la diffusion de ses idées. Il indique avoir saisi la justice et exprime sa confiance dans les institutions de la République pour faire respecter son droit. Malgré les menaces, il réaffirme sa détermination à poursuivre son combat et à organiser des cérémonies de dédicace de son livre sur l’ensemble du territoire national.

    « Ma loyauté reste un bloc d’acier face aux intimidations », déclare-t-il. Il affirme que son soutien à Paul Biya n’est pas seulement politique mais relève d’une conviction profonde, voire d’une onction divine. Il appelle les Camerounais à rester unis derrière le chef de l’État et à rejeter les forces du chaos.

    Le Pr Gatsi conclut en rendant hommage à Paul Biya, qu’il qualifie de boussole éternelle pour le Cameroun, et en réaffirmant son engagement pour un Cameroun un et indivisible. Fait à Kribi, le 20 juin 2026.

  • Pénurie de bière à Ouagadougou : une crise qui secoue le secteur informel

    Pénurie de bière à Ouagadougou : une crise qui secoue le secteur informel

    Une quête devenue difficile pour les consommateurs

    À Ouagadougou, partager une bière entre amis après le travail est devenu un véritable défi. Depuis plusieurs mois, les étals se vident rapidement, les réserves s’amenuisent et les tarifs grimpent sans cesse. Cette situation exaspère les consommateurs et fragilise tout un écosystème économique.

    Dans un maquis de la capitale burkinabè, Emmanuel Somda se retrouve avec ses connaissances pour se détendre. Mais l’atmosphère a changé. Sa boisson favorite, la Brakina, est de plus en plus introuvable. « Lorsque la Brakina fait défaut, je me rabats sur la Sobbra. Mais aujourd’hui, même la Sobbra vient à manquer. Auparavant, une bière coûtait entre 600 et 650 francs CFA. Désormais, certaines bouteilles s’élèvent à 750 francs CFA », regrette-t-il.

    Ce témoignage illustre une réalité constatée dans divers quartiers de la ville. La rareté de la bière affecte aussi bien les particuliers que les détaillants. Pour de nombreux Burkinabè, cette inflation s’ajoute à un contexte déjà marqué par la hausse du coût de la vie, la pression sur le pouvoir d’achat et les difficultés économiques découlant de l’insécurité persistante dans plusieurs zones du pays.

    Des maquis en difficulté

    Les premiers à souffrir de cette situation sont les gérants de maquis et de débits de boissons. Les ventes chutent, les clients se plaignent et certains établissements voient leur clientèle diminuer.

    Nathalie Zongo, qui tient un débit de boissons, observe une baisse notable de son chiffre d’affaires : « Obtenir de la bière est aujourd’hui un casse-tête. La Castel que nous vendions à 900 francs CFA passe maintenant à 1 000 francs. La Sobbra est passée de 600 à parfois 750 francs CFA. Les clients râlent, certains repartent sans rien consommer. »

    Cette pénurie a un impact direct sur les revenus des petits commerçants. Dans un pays où les maquis représentent une source majeure d’emplois et d’activités informelles, la baisse des ventes entraîne une diminution des profits et fragilise les acteurs du secteur.

    Une distribution sous tension

    La situation génère également des tensions entre les exploitants de maquis et les distributeurs. Les quantités livrées sont bien inférieures aux besoins habituels. D’après plusieurs professionnels du secteur, certains établissements qui recevaient auparavant une quinzaine de caisses par jour parviennent difficilement à en obtenir quatre ou cinq. Les caves et dépôts rationnent les stocks pour servir le plus de clients possible.

    « Chaque matin, nous attribuons une ou deux caisses par établissement. Les gérants reviennent le lendemain espérant en obtenir davantage. Les échanges sont souvent tendus et les malentendus se multiplient », explique le responsable d’une grande cave de la capitale.

    Ce déséquilibre classique entre une offre insuffisante et une demande croissante pousse mécaniquement les prix à la hausse, même lorsque les producteurs affirment ne pas avoir officiellement modifié leurs tarifs.

    La Brakina dément toute baisse de production

    Face aux nombreuses interrogations, la Brakina a finalement communiqué. Dans un communiqué publié le 23 juin, le principal brasseur du Burkina Faso a nié toute diminution de sa production. L’entreprise explique que les difficultés sur le marché seraient principalement liées à une forte augmentation de la demande depuis le début de l’année. Elle précise n’avoir procédé à aucune hausse officielle de ses prix.

    Cette explication ne convainc pas entièrement les consommateurs. Quelle que soit la cause, la réalité sur le terrain reste la même : les stocks sont insuffisants et les prix dans les points de vente ont nettement augmenté. Plusieurs observateurs notent que lorsque la demande progresse plus vite que les capacités de production et de distribution, les pénuries deviennent inévitables, surtout lorsqu’un acteur dominant comme la Brakina concentre une grande partie de la consommation nationale.

    Des perspectives d’amélioration lointaines

    La société a annoncé des investissements pour accroître ses capacités de production, mais précise que les effets ne se feront sentir que dans les années à venir. En attendant, les consommateurs devront composer avec des rayons irrégulièrement approvisionnés et des prix qui continuent de grimper. Cette pénurie met en lumière les limites de l’appareil productif face à une demande en hausse, ainsi que la vulnérabilité d’un secteur dont dépendent des milliers de commerçants et de travailleurs.

    Pour l’heure, à Ouagadougou, trouver sa marque de bière préférée est devenu un luxe. Tant que l’équilibre entre l’offre et la demande ne sera pas rétabli, la pression sur les prix devrait perdurer, au détriment du consommateur final.

  • Patrimoine de l’État au Gabon : un huissier de justice prône un inventaire national

    Patrimoine de l’État au Gabon : un huissier de justice prône un inventaire national

    Face aux récentes révélations sur des immeubles publics dont les loyers seraient détournés, Maître Axel Foumane Dounga, huissier de justice à Libreville, propose une solution radicale : un inventaire national des biens de l’État réalisé par des huissiers. Selon lui, cette démarche est essentielle pour restaurer la transparence et la bonne gouvernance.

    Question : Des informations récentes sur des propriétés publiques détournées animent le débat. Quel est votre point de vue ?

    Maître Axel Foumane Dounga : Ces révélations, qu’elles soient confirmées ou en cours de vérification, soulèvent un enjeu fondamental : la connaissance exacte du patrimoine public. On ne peut ni protéger ni valoriser ce que l’on ignore. Nous devons transformer cette crise en opportunité pour réformer la gestion des biens de l’État.

    Question : Pourquoi un inventaire national vous semble-t-il indispensable aujourd’hui ?

    Réponse : Tout État moderne doit connaître ses actifs – mobiliers et immobiliers. Un inventaire permettrait d’identifier chaque bien, de vérifier son statut juridique, son occupation et les recettes générées. C’est un outil de gouvernance. Sans état des lieux, difficile de repérer les occupations illicites, les détournements ou les pertes financières.

    Question : Pourquoi les huissiers de justice devraient-ils être impliqués ?

    Réponse : Les huissiers sont des officiers publics chargés de constater les faits avec impartialité et de leur donner une valeur juridique. Pour un inventaire national, leur intervention garantit neutralité, description précise des biens, localisation exacte, identification des occupants, et établissement de procès-verbaux opposables devant les tribunaux. Ce ne serait pas un simple recensement administratif, mais un inventaire sécurisé et juridiquement solide.

    Question : Quels seraient concrètement les objectifs ?

    Réponse : Les objectifs sont multiples : identifier tous les biens de l’État, vérifier leur situation juridique et leur exploitation, détecter les occupations sans titre ou les appropriations indues. Cela renforcerait la transparence, améliorerait la gouvernance et protégerait les ressources publiques au profit de tous les Gabonais.

    Question : Cette initiative peut-elle aider à lutter contre la corruption ?

    Réponse : Absolument. Maîtriser le patrimoine public est un levier majeur pour prévenir les détournements et les conflits d’intérêts. Quand un bien est clairement identifié, localisé et documenté, les risques d’appropriation illégale diminuent fortement. C’est aussi un outil d’aide à la décision pour optimiser l’exploitation et l’affectation des biens.

    Question : Quel message adressez-vous aux autorités ?

    Réponse : J’appelle respectueusement le Président de la République à faire de cet inventaire une priorité nationale. La période actuelle exige transparence, bonne gouvernance et responsabilité. Le Gabon doit se doter d’une cartographie exhaustive de son patrimoine public. On ne protège bien que ce que l’on connaît. Cet inventaire sera un héritage pour les générations futures et un signal fort pour une gestion moderne des biens de la Nation.

  • Souverainisme au Niger : un coût sur le panier de la ménagère

    Souverainisme au Niger : un coût sur le panier de la ménagère

    Les indicateurs officiels de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) font état d’une inflation moyenne de 0,0 % dans la zone. Pourtant, cette donnée relève d’une illusion pour les habitants du Sahel. Au Niger, au Mali et au Burkina Faso, l’accalmie vantée dans les bureaux climatisés de Dakar ne s’est pas matérialisée de l’autre côté des frontières de l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Si la baisse des cours mondiaux et des conditions météorologiques favorables ont soulagé la bande côtière, le Sahel central reste englué dans une hausse chronique des prix. Les récits officiels de Niamey, Bamako et Ouagadougou attribuent systématiquement cette situation à des facteurs extérieurs ou à des « complots » étrangers, occultant les conséquences directes de leurs propres décisions politiques et économiques.

    L’impasse du tout-militaire et la désorganisation des marchés

    Le principal moteur de l’inflation au Sahel demeure l’insécurité, mais sa persistance interroge directement l’efficacité des stratégies des régimes en transition. Malgré la promesse d’une reconquête rapide des territoires, la paralysie des grands axes routiers se poursuit. Les blocus imposés par les groupes armés ne sont pas seulement des défis tactiques ; ils révèlent l’incapacité des autorités à sécuriser les flux économiques essentiels.

    En consacrant l’essentiel des ressources budgétaires à l’effort de guerre et à l’acquisition d’équipements militaires, les dirigeants ont sacrifié les investissements dans les infrastructures de stockage et l’aide directe aux campagnes agricoles. Les restrictions d’accès aux terres s’étendent de plus en plus, étouffant la production locale. En fin de compte, la militarisation excessive de l’économie n’a pas apporté la sécurité, mais elle a réussi à réduire l’offre alimentaire.

    Souverainisme de façade et réalités logistiques

    Le discours souverainiste et de rupture économique affiché par l’AES se heurte à la dure réalité des prix. La volonté de court-circuiter les réseaux commerciaux traditionnels au profit de nouveaux axes jugés « politiquement corrects » se traduit par un surcoût direct pour le consommateur. Contourner les ports naturels de la sous-région pour des raisons diplomatiques impose des trajets plus longs, plus complexes et inévitablement plus coûteux. Ce sont les ménages sahéliens qui paient, au marché, le prix de ces ruptures idéologiques.

    De plus, la gestion centralisée et parfois autoritaire des circuits de distribution par les régimes militaires crée des effets secondaires. Les tentatives de contrôle bureaucratique des prix ou les pressions exercées sur les opérateurs économiques traditionnels découragent le secteur privé, entraînant des pénuries artificielles et alimentant un marché noir où les prix s’envolent.

    Les limites du déni économique face à la réalité monétaire

    Face à cette inflation structurelle, la politique de resserrement du crédit de la BCEAO montre ses limites. On ne peut pas combattre des pénuries réelles et des routes coupées en augmentant les taux d’intérêt. Mais au-delà de l’action de la banque centrale, c’est l’asphyxie budgétaire interne de ces États qui inquiète.

    En s’isolant d’une partie des bailleurs de fonds et des mécanismes de solidarité régionale, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont considérablement réduit leur marge de manœuvre financière. Les caisses de l’État étant siphonnées par les dépenses de sécurité et le maintien des appareils de transition, les gouvernements sont incapables de mettre en place de véritables filets sociaux ou des subventions massives pour amortir le choc de la vie chère.

    Tant que les dirigeants de l’AES privilégieront la rhétorique de la victimisation et de la rupture politique au détriment d’une gouvernance économique pragmatique et de la sécurisation réelle des acteurs économiques, le contrecoup de la vie chère continuera de fragiliser les populations, rendant les statistiques d’inflation de l’UEMOA totalement déconnectées du quotidien des Sahéliens.

  • Candidature de la RDC à l’OIF : un émissaire reçu par Bourita

    Candidature de la RDC à l’OIF : un émissaire reçu par Bourita

    Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, s’est entretenu mercredi à Rabat avec Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué chargé de la Francophonie et des Congolais de l’étranger en RDC. Ce dernier était porteur d’un message du président Félix Tshisekedi destiné au roi Mohammed VI.

    À l’issue de l’entretien, Crispin Mbadu Phanzu a souligné la qualité des relations bilatérales unissant le Maroc et la République démocratique du Congo, marquées par une longue histoire commune. Il a précisé que sa visite au Maroc visait à promouvoir la candidature de son pays au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

  • Elliot Anderson signe à Manchester City pour un montant record en Premier League

    Elliot Anderson signe à Manchester City pour un montant record en Premier League

    Manchester City a accepté de verser 120 millions de livres à Nottingham Forest pour s’attacher les services d’Elliot Anderson. Le milieu de terrain, âgé de 22 ans, a officiellement demandé à son club actuel de le libérer, et la visite médicale se déroulera aux États-Unis. L’accord entre les deux formations est désormais finalisé, et le joueur devrait parapher son nouveau contrat après la Coupe du Monde.

    Un transfert qui pulvérise les records

    Si cette transaction se concrétise, Elliot Anderson deviendra le joueur le plus cher de l’histoire de la Premier League, dépassant Alexander Isak, transféré de Newcastle à Liverpool pour 125 millions de livres (environ 145 millions d’euros). Il sera également le footballeur britannique le plus onéreux jamais vendu, devant Declan Rice, pour lequel Arsenal avait déboursé 105 millions de livres (environ 122 millions d’euros) à West Ham en 2023.

    Anderson, déjà un cadre de l’Angleterre

    Formé à Newcastle, Anderson avait rejoint Nottingham Forest en 2024 pour 40 millions de livres. Ses prestations au City Ground l’ont imposé comme un milieu de terrain incontournable, tant en club qu’en sélection anglaise. Actuellement en lice pour la Coupe du Monde, il a été titulaire lors des deux premiers matchs de l’Angleterre et a délivré une passe décisive lors de la victoire 4-2 contre la Croatie.

    Avec le départ de Pep Guardiola et l’arrivée d’Enzo Maresca, Manchester City voit en Anderson l’une des pièces maîtresses de son nouveau projet. Le transfert devrait être officiellement annoncé après la compétition mondiale.

    Cifrele lui Elliot Anderson
  • Hommage à Alexis Dipanda Mouelle : les images de sa levée de corps à Yaoundé

    Hommage à Alexis Dipanda Mouelle : les images de sa levée de corps à Yaoundé

    Cérémonie d’adieu pour le premier président de la Cour suprême

    Le jeudi 25 juin 2026, la morgue de l’hôpital général de Yaoundé a accueilli la levée du corps d’Alexis Dipanda Mouelle, figure emblématique de la justice camerounaise. Laurent Esso, représentant personnel du chef de l’État Paul Biya, a assisté à cet ultime hommage.

    Quelques clichés de la cérémonie

    Alexis Dipanda Mouelle Alexis Dipanda Mouelle Alexis Dipanda Mouelle Alexis Dipanda Mouelle Alexis Dipanda Mouelle Alexis Dipanda Mouelle

  • Le Gabon accélère son industrialisation avec l’appui européen

    Le Gabon accélère son industrialisation avec l’appui européen

    Ce mardi, Libreville a accueilli l’ouverture des rencontres de l’industrie, en présence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Jusqu’au 26 juin, la Chambre de commerce réunit autorités gabonaises, acteurs économiques et partenaires européens autour des défis de l’industrialisation et de la transformation locale.

    Les échanges portent principalement sur la contribution des entreprises européennes à la stratégie de souveraineté productive impulsée par les autorités.

    L’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, a salué le retour d’une trentaine de sociétés européennes, notamment dans le domaine énergétique, tout en insistant sur la nécessité d’améliorer l’attractivité du Gabon face à la concurrence mondiale.

    Le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, a réaffirmé la volonté de faire du Gabon un pays générateur de richesses, d’emplois qualifiés et de compétences, grâce à la valorisation de ses ressources naturelles.

    Selon Hermann Immongault, cette ambition se concrétise dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD).

    « Cette vision trouve aujourd’hui sa traduction opérationnelle dans le PNCD 2026-2030, qui fait de l’industrialisation, de la transformation locale et de la diversification économique les principaux moteurs de croissance pour les années à venir : 27 000 milliards de francs CFA d’investissement, dont 18 000 milliards provenant de l’industrie », a-t-il déclaré.

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  • Cameroun : Célestin Tawamba dresse un constat sévère sur l’économie nationale

    Cameroun : Célestin Tawamba dresse un constat sévère sur l’économie nationale

    Le président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a livré une analyse particulièrement alarmante de la conjoncture économique camerounaise, le mardi 23 juin 2026.

    Selon le patron du GECAM, la croissance du Cameroun a ralenti à 3,1 % en 2025, contre 3,5 % l’année précédente. Un rythme jugé insuffisant pour atteindre l’objectif d’émergence fixé à 2035. À titre de comparaison, l’Afrique subsaharienne devrait afficher une croissance moyenne de 4,5 %, quand l’UEMOA atteindrait 6,4 %. La CEMAC, dont le Cameroun est la première économie, ne devrait progresser que de 2,6 %.

    Ce ralentissement s’explique en grande partie par l’effondrement du secteur pétrolier. La branche des hydrocarbures s’est contractée de 6,9 % en 2025, après une baisse de 9,7 % en 2024. Le GECAM souligne que le pétrole n’est plus le principal moteur de la croissance nationale.

    286 000 tonnes

    Les autres secteurs ne sont guère plus reluisants. La croissance du secteur primaire est passée de 3,6 % à 1,7 % sur un an. L’agriculture industrielle et d’exportation a chuté de +8,7 % en 2024 à -3,2 % en 2025, en raison des aléas climatiques et du recul des exportations.

    Le coton symbolise cette dégradation : la production plafonne à 286 000 tonnes, loin de l’objectif de 400 000 tonnes. Les exportations ont chuté de 24 % en volume et de 29,8 % en valeur.

    1,7 % à 2 %

    « Même les filières les plus performantes montrent des fragilités, explique Célestin Tawamba. La campagne cacaoyère a atteint un record de production de 309 518 tonnes, mais les volumes exportés ont diminué de 9 %, malgré une hausse de 18 % de la valeur grâce à la flambée des cours mondiaux. Le café suit la même tendance : la production passe de 10 562 à 11 637 tonnes, tandis que les exportations reculent de 2 %, compensées par une augmentation de 3,9 % des recettes. »

    Par ailleurs, la dépendance alimentaire du Cameroun s’accroît. Les importations de maïs ont augmenté de 4,5 %, illustrant les difficultés à assurer la sécurité alimentaire. Le secteur industriel peine aussi à jouer son rôle de moteur de transformation : sa croissance stagne entre 1,7 % et 2 %, et les industries manufacturières ralentissent de 2,9 % à 2,2 %. Le patronat attribue cette situation au coût élevé de l’énergie, aux problèmes logistiques, aux contraintes de financement et au manque de compétitivité de l’appareil productif.