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  • Mali : l’Africa Corps adapte sa stratégie après les défaites

    Mali : l’Africa Corps adapte sa stratégie après les défaites

    L’Africa Corps russe redéploie ses combattants hors du nord du Mali pour protéger Bamako et la junte, tout en appuyant les FAMa par des frappes aériennes et du renseignement.

    « Dans l’ensemble, ils assument un rôle plus secondaire », explique Benedict Manzin, analyste en chef pour le Moyen-Orient et l’Afrique. « Ils font tout pour éviter d’envoyer plus d’hommes au casse-pipe : minimiser l’exposition du personnel et maximiser les dégâts. »

    L’Africa Corps a remplacé les tristement célèbres mercenaires Wagner vers mi-2024, après une embuscade du Front de libération de l’Azawad (FLA) près de Tin Zaouatine, à la frontière algérienne, qui a coûté des dizaines de vies à Wagner.

    Unité du ministère russe de la Défense, l’Africa Corps compte environ 2 000 personnes au Mali, dont d’anciens Wagner. Ses effectifs sont moitié moins que ceux de Wagner, et bien inférieurs à ceux de l’opération Barkhane expulsée en 2022.

    La perte de Kidal fin avril, au profit du FLA et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), a précipité ce repli vers Bamako. L’Africa Corps a mené des frappes aériennes de représailles sur Kidal, détruisant des infrastructures et provoquant des départs massifs, afin de soutenir les FAMa devenues la force principale dans le Nord.

    « Nous constatons qu’ils misent sur les ressources aériennes », note Manzin. Cela inclut récemment l’emploi de bombes à sous-munitions russes contre des communautés de la région de Kidal, en violation de la convention internationale.

    « Ils ont moins de ressources à gaspiller », ajoute-t-il. « Ils ne veulent pas les disperser dans les petites communautés du Nord où elles pourraient être éliminées. »

    L’analyse de leurs publications récentes sur les réseaux sociaux montre un recentrage vers le centre et le sud du Mali, la plupart des opérations se déroulant près de Bamako. Après avoir quitté Kidal, l’Africa Corps a intensifié sa propagande : plus de 500 articles sur Telegram et autres canaux en quelques semaines.

    Outre les frappes, l’Africa Corps tente de contourner les blocus économiques du GSIM. Ses combattants et son soutien aérien escortent les convois de camions arrivant de Côte d’Ivoire, de Guinée et du Sénégal, pays sans littoral, pour les protéger des attaques.

    Cependant, le GSIM utilise désormais des drones pour bombarder les bases russes. Des vidéos récentes montrent des combattants russes tués et des aéronefs endommagés par des bombes larguées depuis des drones survolant la base de Sévaré.

    En retour, l’Africa Corps a lancé ses propres drones armés contre des positions du GSIM, notamment un dépôt de carburant près de Tombouctou, selon des analystes.

    Depuis fin 2021, le Mali a dépensé près d’un milliard de dollars pour les combattants Wagner puis Africa Corps. Pendant ce temps, le gouvernement et ses alliés russes ont perdu le Nord, et le GSIM a étendu son influence dans le Sahel, en partie à cause des tactiques brutales employées contre les civils, observe Manzin.

    « La stratégie de l’État malien est contre-productive et, à terme, la stabilité de l’État est en jeu. Malheureusement, le résultat est un renforcement du GSIM, car les communautés se tournent vers lui. »

  • Bénin : la gratuité des soins vitaux devient une réalité

    Bénin : la gratuité des soins vitaux devient une réalité

    C’est un changement profond dans le paysage sanitaire béninois. Désormais, devant une détresse médicale extrême, l’obstacle financier cède le pas à l’urgence de préserver une vie. Les autorités de la santé ont officialisé la mise en œuvre de la prise en charge immédiate des situations critiques. La consigne est sans équivoque : « Soignez d’abord, vous réglerez ensuite. » À l’avant-garde de ce dispositif se trouvent deux établissements de référence de la capitale économique : le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant Lagune (HOMEL).

    Mobilisation totale des équipes et des réserves

    Auparavant, l’accès aux soins urgents était fréquemment entravé par l’exigence d’un paiement initial ou d’achat de matériel médical par les familles angoissées. Cette période est révolue.

    Sur le terrain, la situation a radicalement évolué :

    • Approvisionnement immédiat des intrants : Les pharmacies d’urgence du CNHU-HKM et de l’HOMEL ont été largement dotées. Médicaments vitaux, consommables et kits de réanimation sont disponibles sans aucune validation financière préalable.
    • Équipes opérationnelles 24 heures sur 24 : Du personnel soignant et paramédical travaille en continu pour effectuer un tri rapide et administrer les soins dès l’arrivée des patients ou des ambulances.

    « Notre mission première est de stabiliser le patient dans les minutes suivant son arrivée. Les aspects administratifs et financiers ne sont abordés qu’après avoir écarté tout danger immédiat », explique un urgentiste du CNHU.

    Un circuit de soins fluide et immédiat

    Afin d’assurer l’efficacité de cette réforme, le processus de prise en charge suit désormais un protocole linéaire et strict, conçu pour supprimer toute perte de temps.

    À l’arrivée du patient, la première étape consiste en une admission avec un tri instantané. Un professionnel qualifié évalue rapidement la situation pour déterminer s’il s’agit d’une urgence vitale absolue.

    Une fois le diagnostic posé, l’enchaînement se fait directement avec la prise en charge médicale. Les soins sont prodigués et les médicaments fournis sans qu’aucun frais ne soit demandé au préalable, l’unique objectif étant de préserver les fonctions vitales.

    Enfin, la phase post-urgence débute une fois le danger écarté. C’est à ce moment précis que la facturation a posteriori est effectuée. Si la situation du patient le nécessite, une orientation vers le service social est proposée pour régulariser la situation financière de manière humaine et adaptée.

    Un enjeu de pérennisation

    Si cette mesure est perçue comme une avancée humaniste et sociale majeure par la population, elle représente également un défi conséquent pour les administrations hospitalières : la gestion des stocks et le recouvrement des coûts après coup. Le gouvernement mise sur la responsabilité citoyenne et sur des mécanismes de subventions pour assurer la viabilité de ce modèle de gratuité initiale.

    En supprimant le « paiement au guichet » en situation d’extrême urgence, le Bénin franchit une étape décisive vers la couverture sanitaire universelle, plaçant la dignité humaine et le droit à la vie au cœur de sa politique de santé.

  • Maganga Moussavou promet son appui au président Oligui Nguema

    Maganga Moussavou promet son appui au président Oligui Nguema

    Le président du Parti social démocrate (PSD), Pierre-Claver Maganga Moussavou, a exprimé son soutien au chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, au lendemain du discours sur l’état de la Nation. Invité en tant qu’ancien vice-président de la République, il a souligné avoir été marqué par un message mettant l’accent sur l’action, la responsabilité et l’évolution des mentalités. D’après lui, le président a réitéré son engagement envers le peuple gabonais en encourageant les citoyens à maîtriser leur avenir et à reprendre en main les leviers économiques nationaux.

    Pour Pierre-Claver Maganga Moussavou, cette orientation mérite d’être soutenue, en particulier pour les perspectives offertes aux jeunes. Il applaudit les dispositifs instaurés via la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG), les jugeant essentiels pour stimuler l’initiative privée et l’autonomie économique. « Je suis en phase avec le discours du président de la République », déclare-t-il, tout en espérant que les promesses annoncées se concrétiseront par des actes tangibles au service des citoyens.

    Un soutien critique

    Conscient des multiples obstacles que les nouvelles autorités doivent affronter, le dirigeant du PSD reconnaît que la tâche du président s’annonce ardue face aux attentes élevées des Gabonais. Néanmoins, il considère que les réformes entreprises depuis le 30 août 2023 fournissent une fondation solide pour un renouveau. Selon lui, seule une mobilisation collective permettra de surmonter les défis économiques, sociaux et institutionnels que traverse le Gabon.

    Se présentant comme un « opposant lucide », Pierre-Claver Maganga Moussavou réaffirme sa disponibilité à appuyer toute démarche dans l’intérêt général. « Dans sa mission, il peut compter sur moi », lance-t-il, affirmant sa volonté de mettre son expérience au service de la construction nationale. Au-delà des divergences politiques, il encourage une coopération responsable pour favoriser le développement du pays et répondre aux aspirations des Gabonais.

  • Togo: des déclarations de loyauté absolue aux Gnassingbé alimentent les craintes

    Togo: des déclarations de loyauté absolue aux Gnassingbé alimentent les craintes

    Dans un climat politique togolais marqué par une polarisation croissante, des propos récents attribués à des groupes qualifiés de milices ou d’éléments paramilitaires loyalistes provoquent une onde de choc au sein de la société civile et de l’opposition. Des enregistrements et interventions diffusés sur les réseaux sociaux montrent des individus affirmant leur volonté de « défendre le pouvoir de la famille Gnassingbé jusqu’à la mort », y compris face à une contestation populaire massive.

    Ces prises de parole, qui contournent le devoir de réserve républicain, ravivent le débat sur la sécurisation de l’espace politique et la nature des soutiens au régime en place.

    Un discours de fidélité sans limite qui dépasse le cadre républicain

    Les déclarations de ces groupes se distinguent par une rhétorique de rupture avec la neutralité de l’État. En liant explicitement leur engagement sécuritaire à la survie politique d’une dynastie présidentielle, plutôt qu’à la Constitution ou aux institutions de la République, ces acteurs s’inscrivent dans une logique de « garde prétorienne ».

    « Si le peuple ne veut plus d’eux, nous nous battrons jusqu’au bout. »

    Cette formule, répétée dans les discours de ces groupements, est perçue par les observateurs comme une tentative d’intimidation face aux aspirations de changement d’une partie de la population. Elle soulève également la question de l’existence de structures armées parallèles ou de franges radicalisées au sein de l’appareil sécuritaire informel.

    Les réactions de la société civile et de l’opposition

    Pour les organisations de défense des droits humains et les leaders de l’opposition, ces propos ne doivent pas être pris à la légère. Ils évoquent les périodes sombres des crises politiques passées au Togo, souvent marquées par des violences politiques.

    • Menace sur le processus démocratique : L’opposition estime que ces discours visent à instaurer un climat de terreur pour dissuader toute mobilisation populaire pacifique.
    • Appel à la responsabilité de l’État : Plusieurs collectifs demandent aux autorités publiques et au commandement militaire officiel de clarifier leur position vis-à-vis de ces éléments et de condamner fermement ces dérives verbales.

    L’enjeu de la neutralité des forces de défense

    En analyse politique, ces déclarations imposent de distinguer les structures officielles de l’État des initiatives zélées de groupes de pression ou de milices privées. Au Togo, l’armée régulière a souvent été le pivot du pouvoir. Cependant, l’apparition publique de groupes revendiquant un rôle de « bouclier ultime » en dehors des canaux officiels pourrait indiquer une volonté de privatiser la violence légitime.

    Jusqu’à présent, les autorités officielles n’ont pas commenté directement ces déclarations spécifiques, maintenant une ligne de conduite axée sur la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale face aux menaces régionales.

    Perspectives

    Alors que le pays évolue dans un contexte post-constitutionnel complexe, la gestion de ces discours ultra-loyalistes sera un indicateur clé de la volonté du pouvoir à Lomé de maintenir un dialogue politique apaisé ou de s’en remettre à une logique de confrontation.

  • Gabon : entre promesses et réalité, le difficile accès à l’eau et à l’électricité

    Gabon : entre promesses et réalité, le difficile accès à l’eau et à l’électricité

    Ce n’est pas la première fois que le président de la République aborde ce sujet, mais dans le contexte actuel, il a souhaité faire preuve de transparence. Selon lui, le problème de l’approvisionnement régulier en eau dans les foyers ne sera pas résolu immédiatement. Les Gabonais doivent donc faire preuve de patience.

    L’eau et l’électricité, pourtant des besoins essentiels, restent difficilement accessibles pour de nombreux ménages du Grand Libreville et de l’intérieur du pays. En rappelant les investissements massifs réalisés par le gouvernement depuis la Transition, le général Oligui Nguema a affirmé que « des solutions seront trouvées ».

    Mais la question du « quand » demeure. Le temps passe et les populations peinent toujours à bénéficier correctement de ces biens indispensables au quotidien. Dénonçant une gestion désastreuse au cours des quatorze dernières années, Brice Clotaire Oligui Nguema promet de mettre fin à ce calvaire.

    Conscient des lacunes de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), le chef de l’État a annoncé la scission de cette entreprise publique. Comme il l’a rappelé : « La SEEG, dans son état actuel, ne peut pas investir. C’est pourquoi elle doit être réformée. Elle compte un effectif pléthorique de 2 300 personnes, avec seulement 300 ingénieurs et environ 500 agents de terrain. La SEEG sera divisée en deux : une partie dédiée à l’eau, l’autre à l’électricité. »

    Cette réforme vise à séparer et à mieux organiser la production, la distribution et la commercialisation de ces services.

  • Niger : le nouveau code pénal durcit les sanctions pour corruption

    Niger : le nouveau code pénal durcit les sanctions pour corruption

    Dans le cadre d’une vaste réforme de son arsenal juridique, le Niger a récemment promulgué un code pénal profondément remanié, marquant un tournant décisif dans la répression des infractions économiques et des détournements de fonds publics. Ce texte instaure des peines d’une sévérité inédite.

    Les agents publics, hauts fonctionnaires et intermédiaires impliqués dans des malversations financières encourent désormais des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, voire la peine de mort pour les cas les plus aggravés.

    Des seuils financiers déterminant la gravité des peines

    L’une des innovations majeures de cette réforme réside dans l’établissement de seuils précis liés aux montants détournés. Cette approche tranche avec les pratiques précédentes, souvent perçues comme trop indulgentes par l’opinion publique.

    • Pour tout détournement égal ou supérieur à 200 millions de francs CFA, la loi prévoit la réclusion criminelle à perpétuité.
    • Au-delà d’un milliard de francs CFA, les auteurs s’exposent à la peine capitale, considérée par le législateur comme la réponse la plus extrême face aux atteintes graves aux intérêts de l’État.

    Un signal fort pour la bonne gouvernance

    En renforçant ainsi les sanctions, les autorités nigériennes manifestent leur détermination à éradiquer la grande corruption et à protéger les deniers publics. L’objectif est de préserver les ressources allouées au développement économique, à l’éducation, à la santé et à la sécurité nationale.

    Pour le gouvernement, les détournements massifs ne sont plus de simples délits financiers. Ils représentent désormais une menace directe contre la stabilité et la souveraineté du pays.

    Une rupture nette avec l’ancien cadre légal

    Avant cette réforme, les détournements de grande ampleur étaient déjà passibles de lourdes peines d’emprisonnement, généralement comprises entre dix et vingt ans. Toutefois, les possibilités d’aménagement de peine et certaines transactions nourrissaient régulièrement un sentiment d’impunité.

    Avec ce nouveau code pénal, le Niger entend instaurer une politique de tolérance zéro et adresser un message clair aux acteurs économiques ainsi qu’à ses partenaires internationaux.

    Des interrogations sur l’application concrète

    Si cette réforme se veut fortement dissuasive, plusieurs observateurs s’interrogent sur sa mise en œuvre effective. Le Niger observe depuis de nombreuses années un moratoire de fait sur la peine de mort, les condamnations capitales étant systématiquement commuées en réclusion à perpétuité.

    L’introduction de la peine capitale pour des crimes économiques soulève donc une question cruciale : les autorités maintiendront-elles cette pratique ou envisageront-elles une application plus rigoureuse de la loi ?

    Par ailleurs, le succès de cette réforme dépendra largement de l’indépendance de la justice et de sa capacité à traiter des dossiers sensibles, à l’abri des pressions politiques.

    En relevant considérablement le niveau des sanctions, le Niger fait le pari d’une lutte sans concession contre la corruption. Reste à savoir si cette fermeté législative se traduira par une transformation durable de la gestion des ressources publiques.

  • Partenariat renforcé entre le Niger et la Libye lors de la visite de Zeine à Tripoli

    Partenariat renforcé entre le Niger et la Libye lors de la visite de Zeine à Tripoli

    Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a atterri à Tripoli ce lundi 15 juin 2026 à la tête d’une imposante délégation gouvernementale. Cette visite officielle vise à consolider les relations entre Niamey et Tripoli. Accueilli avec tous les honneurs par son homologue libyen Abdel Hamid Dbeibah, M. Zeine a pris part à une cérémonie protocolaire marquée par les hymnes nationaux et les honneurs militaires.

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    Face‑à‑face à Tripoli : paix et sécurité au cœur des échanges

    Les deux chefs de gouvernement ont d’abord eu un entretien en aparté consacré à l’état de la coopération bilatérale et aux pistes de son renforcement. Les discussions ont porté sur la paix, la sécurité, l’intégration régionale et le développement économique — des enjeux majeurs pour deux pays voisins confrontés à des défis sécuritaires et migratoires.

    Ce premier tête‑à‑tête a été suivi d’une séance élargie réunissant les délégations des deux nations. Les responsables ont passé en revue plusieurs dossiers de coopération bilatérale, ainsi que des questions d’ordre régional et international nécessitant une coordination accrue entre Niamey et Tripoli. L’objectif affiché est de transformer les intentions politiques en projets concrets sur le terrain.

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    Une délégation nigérienne de premier plan : militaires et diplomates en première ligne

    Le Premier ministre nigérien était accompagné d’une délégation de haut niveau, comprenant notamment le Général de Brigade Ibro Amadou Bacharou, membre du CNSP, et le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré. Leur présence témoigne de l’importance que Niamey accorde à cette visite, tant sur le volet sécuritaire que diplomatique.

    Les autorités des deux pays ont souligné que cette visite s’inscrit dans la volonté de renforcer les liens historiques d’amitié et de fraternité entre le Niger et la Libye. Il s’agit de bâtir un partenariat stratégique capable de relever les grands défis régionaux, notamment la stabilisation des frontières, la lutte contre les groupes armés et la gestion des flux migratoires.

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    Modernisation de l’administration : un axe stratégique pour le ministère des Mines du Niger

    En parallèle des rencontres bilatérales, le ministère des Mines du Niger a mis en place et financé une formation à l’intention des cadres du secteur. Présidée par la secrétaire générale du ministère, Mme Yaou Fatimata Korgom, cette session vise à renforcer les compétences administratives et managériales du personnel, afin d’améliorer l’efficacité des services, d’optimiser la gestion des équipes et de promouvoir une culture tournée vers les résultats. Ce volet technique, intégré à la visite, illustre l’attention de Niamey pour la gouvernance des secteurs clés de l’économie.

    Au final, pour les citoyens nigériens et libyens, ces entretiens pourraient aboutir à des actions concrètes : renforcement de la sécurité aux frontières, projets économiques communs, meilleur contrôle des migrations et coopération dans la gestion des ressources. Reste désormais à concrétiser les annonces par des accords opérationnels et à assurer leur mise en œuvre sur le terrain.

  • Gabon : un nouveau chapitre de redevabilité s’ouvre

    Gabon : un nouveau chapitre de redevabilité s’ouvre

    Libreville, 15 juin 2026 – Le Gabon a franchi une étape décisive dans son histoire politique. Pour la première fois sous la Ve République, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé un discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès au Palais Léon Mba.

    Cette adresse ne fut pas qu’un simple exercice institutionnel. Elle a instauré une nouvelle culture politique axée sur la transparence, la redevabilité et le renforcement démocratique. Dans un pays marqué par une relation verticale entre l’exécutif et les représentants du peuple, ce rendez-vous annuel transforme le rapport au pouvoir et place le Parlement au cœur de la vie républicaine.

    Une architecture institutionnelle repensée

    L’innovation clé de la Ve République est la création d’un Congrès annuel dédié à l’état de la Nation. Prévu par l’article 59 de la Constitution issue du Dialogue National Inclusif, ce mécanisme oblige le président à présenter chaque année son bilan et ses perspectives devant les députés et sénateurs. Cette disposition dépasse le symbole : elle établit un lien institutionnel permanent entre l’exécutif et le législatif. Dans les démocraties modernes, la légitimité ne vient plus seulement de l’élection, mais aussi de la capacité à expliquer ses choix et à assumer ses résultats.

    Le choix du Palais Léon Mba comme siège du Congrès renforce cette logique. Là où le Palais du Bord de Mer était autrefois le centre du pouvoir, la représentation nationale devient désormais le lieu où s’exprime la parole présidentielle. Ce déplacement du centre de gravité institutionnel traduit une volonté de rééquilibrer les pouvoirs et de renforcer le rôle du Parlement.

    Un bilan axé sur la transformation

    Devant les parlementaires, Brice Clotaire Oligui Nguema a dressé un état des lieux ambitieux de l’action menée depuis août 2023. Son discours reposait sur un message central : le Gabon est entré dans une phase de reconstruction accélérée, visant à restaurer l’État, moderniser l’économie et améliorer les conditions de vie. Les mesures sociales ont été mises en avant : création d’un quatrième fonds de la CNAMGS pour les travailleurs informels, construction de 3 100 logements sociaux pour les fonctionnaires, versement de 35 milliards de francs CFA de rappels de solde aux agents publics, et remboursement de 10 milliards aux épargnants de la Poste.

    Le chef de l’État a également souligné la régularisation de plus de 60 000 situations administratives et la création de 22 000 emplois dans le secteur privé. Ces chiffres traduisent une volonté de répondre aux attentes sociales et de rétablir la confiance entre l’administration et les citoyens.

    Sur le plan économique, le discours a insisté sur la souveraineté nationale. Le rachat d’actifs pétroliers stratégiques (Assala, Tullow Oil) et l’ouverture de nouveaux puits illustrent une ambition de mieux contrôler les ressources. Dans les transports, l’expansion de Fly Gabon, l’acquisition de bus urbains et la réhabilitation du réseau ferroviaire s’inscrivent dans une stratégie de modernisation des infrastructures.

    Vers un nouveau contrat national

    Au-delà des chiffres, l’enjeu principal de cette adresse était la vision politique qu’elle porte. Le président gabonais cherche à instaurer un nouveau contrat entre l’État et les citoyens, fondé sur la responsabilité, l’efficacité et la participation. La réforme annoncée des secteurs de l’eau et de l’électricité montre la volonté de s’attaquer aux défaillances structurelles. De même, les investissements dans les infrastructures publiques, les programmes pour les jeunes comme Taxi Gab, et la montée en puissance de la diplomatie gabonaise témoignent d’une stratégie globale de repositionnement.

    Cette première adresse sur l’état de la Nation intervient dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à renforcer leurs institutions tout en répondant aux défis du développement. En faisant du Congrès un exercice annuel obligatoire, la Ve République gabonaise tente d’institutionnaliser une pratique rare sur le continent.

    Le véritable test ne réside pas dans la qualité du discours, mais dans la capacité des institutions à faire vivre cette exigence de redevabilité dans la durée. Car une démocratie se construit moins par les promesses que par la régularité des comptes rendus et la cohérence des résultats.

    À Libreville, le 15 juin 2026, le président Oligui Nguema n’a pas seulement présenté un bilan. Il a inauguré un rituel républicain appelé à devenir l’un des marqueurs de la nouvelle architecture politique gabonaise. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse désormais la transition. Il s’agit de démontrer que la Ve République peut transformer l’exercice du pouvoir en un engagement permanent envers la Nation.

  • 1770 tonnes de riz offertes par la Chine au Tchad pour renforcer la sécurité alimentaire

    1770 tonnes de riz offertes par la Chine au Tchad pour renforcer la sécurité alimentaire

    N’Djamena, 16 juin 2026 – Le Tchad a reçu ce mardi un don de 1 770 tonnes de riz en provenance de la Chine, une aide destinée à atténuer les effets des crises climatiques et économiques sur les populations vulnérables. La cérémonie de remise s’est déroulée à l’hôtel Radisson Blu, présidée par la ministre de l’Action sociale, Zara Mahamat Issa.

    Dans son discours, la ministre a souligné que ce geste va bien au-delà d’une simple assistance matérielle. « Il incarne l’amitié solide et la profondeur du partenariat entre nos deux nations, bâti sur le respect et l’entraide », a-t-elle déclaré. Reprenant un proverbe chinois, elle a rappelé que « dans une calamité, un seul grain de riz vaut une once d’or », insistant sur l’importance vitale de cette denrée pour les déplacés, les réfugiés et les familles éprouvées par les crises.

    Le directeur général de l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA), Ahmat Mahamat Kosseï, a exprimé sa gratitude pour ce soutien qui vient compléter les efforts du gouvernement tchadien, sous la direction du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. « L’ONASA s’engage à une distribution transparente, efficace et équitable de ce stock », a-t-il assuré, rappelant que la Chine a déjà offert plusieurs dons de céréales au Tchad, notamment 5 000 tonnes en 2014 et 2017, 5 966 tonnes en 2019, ainsi que du blé et du riz en 2022 et 2025.

    L’ambassadeur de Chine au Tchad, Wang Xining, a précisé que cette aide s’inscrit dans une solidarité de long terme. « Le Tchad subit les conséquences des conflits dans les pays voisins, l’afflux de réfugiés et des conditions climatiques extrêmes, ce qui pèse sur la sécurité alimentaire. Le peuple chinois est solidaire. C’est pourquoi nous fournissons chaque année des céréales d’une valeur moyenne de près de 2 milliards de francs CFA », a-t-il indiqué. Il a également mentionné l’engagement des entreprises chinoises dans la responsabilité sociale à travers des dons de matériel et des actions de proximité.

    Wang Xining a toutefois nuancé : « L’aide matérielle ne répond qu’aux urgences immédiates. Mieux vaut apprendre à pêcher que de donner un poisson. » Dans cet esprit, la Chine dépêche des missions techniques agricoles qui testent des cultures à haut rendement et organisent des formations sur les technologies modernes. Il a souligné le potentiel agricole exceptionnel du Tchad : eau abondante, ensoleillement, terres fertiles et une main-d’œuvre travailleuse. « Cette année marque une étape clé avec la synergie de nos plans de développement. Par ailleurs, la Chine a annoncé un tarif douanier zéro pour tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle », a-t-il ajouté.

    La cérémonie s’est achevée par une visite de l’entrepôt de Chagoua FDAR, dans le 7e arrondissement de N’Djamena, où le riz sera stocké avant distribution.

  • Un plan d’action pour une meilleure gestion des eaux souterraines au Tchad

    Un plan d’action pour une meilleure gestion des eaux souterraines au Tchad

    Gouvernance des eaux souterraines au Tchad

    Un atelier national de trois jours dédié au renforcement de la gouvernance des eaux souterraines a débuté à N’Djamena. Cette rencontre, qui rassemble une cinquantaine de représentants des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et des usagers, vise à élaborer un plan d’action concerté pour améliorer la gestion des eaux souterraines et faire face aux risques liés à leur quantité et à leur qualité.

    Au Tchad, les eaux souterraines sont essentielles pour la sécurité hydrique. Elles alimentent l’eau potable, l’irrigation, les systèmes pastoraux et le développement urbain, surtout dans les régions confrontées au stress climatique et à la rareté des eaux de surface. C’est dans ce contexte que cet atelier national a été organisé afin de construire un plan d’action multipartite et consensuel pour renforcer la gouvernance de cette ressource vitale et répondre aux priorités identifiées.

    À l’ouverture, la représentante de l’UNICEF, Natascha Paddison, a souligné le devoir collectif de garantir à chaque enfant un accès équitable aux services essentiels, notamment l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Selon elle, chaque décision technique sur les eaux souterraines a un impact direct sur la santé, l’éducation, le développement du capital humain et la dignité des populations.

    Elle a invité les participants à partager leurs connaissances, confronter leurs expériences, identifier les risques prioritaires et construire ensemble des solutions concrètes. Elle a insisté sur le fait que les ressources en eaux souterraines doivent être une assurance pour la santé, un levier de développement et non une source de conflits, tout en préservant les intérêts des générations futures.

    Natascha Paddison a réaffirmé l’engagement de l’UNICEF à accompagner le gouvernement tchadien et les partenaires dans ce processus. Elle a également remercié le Royaume-Uni, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, dont le soutien a permis l’organisation de cet atelier.

    De son côté, la directrice générale des Ressources en eau, Fatimé Hassan, a précisé que l’objectif de cette rencontre est d’élaborer un plan d’action concerté pour améliorer la gouvernance des eaux souterraines au Tchad. Les travaux permettront d’établir une compréhension commune de la situation, d’identifier les principaux enjeux de gouvernance et de définir les activités nécessaires à la mise en œuvre des actions retenues. Les résultats seront consignés dans un rapport détaillant les discussions et une note d’orientation technique intégrant les conclusions de l’évaluation exploratoire nationale 2026 sur les risques liés aux eaux souterraines.

    Cet atelier réunit environ cinquante participants, incluant les autorités nationales de l’eau, les ministères sectoriels, les organisations régionales, les partenaires techniques et financiers, les agences des Nations unies, les ONG, le secteur privé, les groupes d’usagers et des experts académiques. Les échanges doivent aboutir à des recommandations concrètes pour une gestion plus efficace, inclusive et durable des eaux souterraines au Tchad.

  • Gabon : la Cour des comptes intensifie le contrôle des industries extractives

    Gabon : la Cour des comptes intensifie le contrôle des industries extractives

    Pour renforcer la mobilisation des recettes publiques, la Cour des comptes du Gabon passe à l’action. Le 10 juin 2026, à Libreville, l’institution a organisé une masterclass de haut niveau destinée à ses auditeurs et magistrats financiers. L’objectif est clair : doter les équipes de contrôle d’une expertise approfondie dans l’audit des secteurs pétrolier, minier et forestier, qui constituent les piliers de l’économie nationale.

    Auditer efficacement nécessite d’abord une compréhension fine des mécanismes. Pendant trois jours, les participants ont exploré les aspects techniques, fiscaux et opérationnels qui régissent ces industries. L’enjeu pour les finances publiques est crucial : une mauvaise analyse des contrats pétroliers ou des flux miniers et forestiers pourrait priver l’État de ressources importantes.

    Grâce aux échanges avec des experts sectoriels, les magistrats financiers améliorent leurs grilles d’analyse. Cette immersion technique leur permettra de détecter plus facilement les anomalies, d’optimiser le suivi des recettes et, à terme, de garantir que les richesses naturelles du sous-sol et des forêts bénéficient pleinement au budget national.

    L’arme du numérique pour plus de transparence

    Cette formation n’est que la première étape d’une vaste stratégie de modernisation. Pour accompagner cette montée en compétences, la Cour des comptes mise désormais sur la technologie avec le déploiement d’une plateforme numérique dédiée à l’audit des ressources extractives.

    Cet outil moderne transforme en profondeur les méthodes de vérification. En centralisant et en analysant plus rapidement les données financières et de production, la plateforme réduit les risques d’évasion fiscale et limite les pertes de revenus pour l’État.

    Un cap vers la performance budgétaire

    Alors que le Gabon cherche à consolider sa trajectoire économique, le renforcement de la gouvernance financière devient une priorité absolue. Avec cette masterclass et la digitalisation de ses procédures, la Cour des comptes réaffirme son rôle de garde-fou. En devenant plus incisive dans ses contrôles, l’institution envoie un signal fort aux opérateurs économiques et s’impose comme un acteur central de la transparence et de la performance publique.

  • Gabon : le CLR relance ses activités à un an du congrès

    Gabon : le CLR relance ses activités à un an du congrès

    Les cadres du Centre des Libéraux Réformateurs (CLR) se sont réunis à Libreville ce week-end pour lancer officiellement la reprise des activités du parti. À douze mois de son prochain congrès, la formation politique de Jean-Boniface Assélé veut se restructurer, remotiver ses troupes et réitérer son appui au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.

    En vue des prochains rendez-vous politiques de la Ve République, le CLR ambitionne de retrouver une place centrale dans le paysage politique gabonais. Les responsables du parti se sont retrouvés au Cabaret des Artistes, dans le 5ᵉ arrondissement de la capitale, pour une réunion élargie du directoire visant à poser les fondations d’une nouvelle dynamique organisationnelle.

    Une relance orientée vers le congrès de 2027

    Face aux militants et aux cadres, Jean-Boniface Assélé, président du CLR, a tenu à dissiper les doutes sur l’avenir de sa formation. Il a réfuté les discours annonçant la fin du parti. « Beaucoup, comme d’habitude, ont dit que le CLR est mort », a-t-il affirmé, soulignant que la forte participation à cette réunion prouvait le contraire.

    La préparation du prochain congrès, prévu dans un an, a été au centre des discussions. La direction du CLR voit dans cette échéance une opportunité pour clarifier les orientations stratégiques et consolider son ancrage sur tout le territoire. Jean-Boniface Assélé a appelé les militants à une auto-évaluation sans concession sur le fonctionnement et les défis du parti. « Cette réunion va nous permettre, sans complaisance, d’examiner la suite du chemin à faire et surtout dans quelles conditions », a-t-il déclaré.

    Pour soutenir cette démarche, un comité de réflexion a été installé, chargé de proposer les modalités de la relance. Le président du CLR a également promis la nomination prochaine de nouveaux responsables pour dynamiser les structures internes.

    Le CLR revendique son rôle sous la Transition

    La séance a aussi été l’occasion de présenter le rapport d’activités 2024-2025. Ce document retrace l’implication du CLR dans les grandes étapes de la Transition politique, notamment les campagnes référendaire et présidentielle. La formation veut ainsi rappeler sa contribution aux transformations institutionnelles entamées depuis le 30 août 2023 et son alignement sur les réformes menées par le président.

    Alors que de nombreux partis cherchent à se repositionner dans le nouveau contexte politique gabonais, le CLR entend rester un acteur clé du débat. La prochaine étape sera de traduire cette volonté de renaissance en une mobilisation militante concrète pour peser lors des futures élections et dans la consolidation de la Ve République.