Le Bayern Munich pensait vivre une soirée de consécration devant ses supporters. Il a finalement basculé dans le doute. En l’espace de quelques minutes en fin de rencontre, le Borussia Dortmund a fait voler en éclats le scénario idéal du leader de la Bundesliga, transformant une victoire promise en un match nul 2-2 au goût amer pour les Bavarois.
Une célébration dorée qui vire au cauchemar
Avant même le coup d’envoi, l’Allianz Arena s’était transformée en théâtre d’hommages. Harry Kane, fraîchement couronné Ballon d’Or à Londres, a foulé la pelouse seul, trophée en main, sous les vivats des 75 000 spectateurs venus communier avec leur nouvelle idole. Une bâche géante à son effigie recouvrait le rond central, tandis qu’une projection lumineuse illuminait la tour du parc olympique en son honneur. La famille du buteur anglais, réunie pour l’occasion, savourait l’instant.
Mais le football, impitoyable, a rapidement repris ses droits. Konrad Laimer ouvre la marque à la 38e minute, lançant idéalement les hôtes du soir. Puis Dayot Upamecano, servi par une offrande de Kane, double la mise à la 66e. Entre-temps, Serhou Guirassy avait réduit l’écart pour Dortmund à l’heure de jeu (60e), relançant une rencontre que l’on croyait pliée.
Le money time bascule en faveur du BVB
C’est dans les dernières minutes que tout se joue. Fabio Silva, d’une action décisive à la 89e, arrache l’égalisation et fait chavirer le camp visiteur. Le Bayern, qui avait mené deux fois au score, voit ses certitudes s’effondrer en direct. Les deux équipes se retrouvent à égalité parfaite avec 18 points après huit journées, le club munichois ne conservant la première place qu’à la faveur d’une différence de buts supérieure (+19 contre +8).
Un penalty manqué qui change la donne
Le tournant psychologique du match s’est joué bien avant le but libérateur de Fabio Silva. À la 56e minute, Harry Kane s’élance pour un penalty qui aurait pu tuer le suspense. Sa frappe vient s’écraser sur la barre transversale de Gregor Kobel. Le gardien suisse, impérial, repousse encore une tentative de l’Anglais à la 76e minute, sur une frappe proche des dix mètres. Ces deux occasions manquées ont offert à Dortmund l’oxygène nécessaire pour renverser la dynamique.
L’infirmerie munichoise déborde après le choc
Au-delà des deux points égarés, le Bayern repart de cette confrontation avec un bilan humain préoccupant. Ismael Saibari, international marocain, a dû quitter ses coéquipiers dès la 29e minute. Serge Gnabry l’a suivi aux vestiaires deux minutes plus tard, à la 31e. Enfin, Michael Olise a cédé sa place en fin de match, victime d’un contact avec Nico Schlotterbeck qui a laissé craindre une atteinte au genou droit.
Ces sorties précipitées viennent alourdir une soirée déjà compliquée pour le champion d’Allemagne en titre. Le Klassiker, attendu comme une démonstration de force du leader, se transforme en avertissement sans frais. Dortmund, loin d’être résigné, a prouvé qu’il pouvait encore bousculer la hiérarchie établie. La Bundesliga, elle, relance ses ambitions.