Blog

  • France-Maroc : un rapprochement stratégique malgré les tensions autour de pegasus

    France-Maroc : un rapprochement stratégique malgré les tensions autour de pegasus

    France-Maroc : un nouveau souffle pour la coopération bilatérale

    À l’occasion d’une visite officielle à Rabat, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a marqué un tournant dans les relations entre la France et le Maroc. Lors de cette rencontre avec le Chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch, les deux pays ont affiché une volonté commune de renforcer leur partenariat, malgré les récentes révélations autour du logiciel espion Pegasus.

    Rencontre entre la France et le Maroc pour renforcer leur coopération stratégique

    Une dynamique diplomatique relancée

    Le Premier ministre français a salué un « moment charnière » dans l’histoire des relations franco-marocaines. Ce rapprochement s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance, par le président Emmanuel Macron, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2024. Une décision qui avait mis fin à plusieurs années de tensions et ouvert la voie à une collaboration renforcée.

    Sécurité, économie et projets communs au cœur des échanges

    Les discussions ont porté sur plusieurs axes majeurs :

    • La coopération sécuritaire : lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et les menaces jihadistes au Sahel ;
    • Les investissements économiques : interconnexion électrique, projets d’infrastructure comme une future ligne de RER à Rabat, et financements de l’Agence française de développement pour des initiatives dans le domaine de l’eau ;
    • Un traité bilatéral « hors normes » : en préparation, il pourrait être signé lors de la prochaine visite du roi Mohammed VI en France.

    Une douzaine d’accords ont été signés pour concrétiser ces engagements.

    Pegasus : un sujet évité mais bien présent

    Malgré les nouvelles révélations concernant l’utilisation présumée du logiciel Pegasus par le Maroc, aucun commentaire officiel n’a été formulé. Les autorités françaises ont choisi de mettre l’accent sur la priorité donnée au renforcement de la confiance entre les deux pays. Le Maroc, quant à lui, a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« infondées et mensongères ».

  • Visite surprise de Macky Sall à Dakar : une rencontre discrète aux enjeux majeurs

    Visite surprise de Macky Sall à Dakar : une rencontre discrète aux enjeux majeurs

    Macky Sall à New York, le 22 avril 2026. © Bianca Otero/ZUMA/SIPA

    Le président Macky Sall a effectué une visite éclair à Dakar, marquée par une discrétion inhabituelle dans un contexte où chaque déplacement suscite habituellement une attention particulière. Cette brève escale, à peine remarquée par le grand public, s’est pourtant tenue en présence d’une audience spécifique et inattendue.

    Un déplacement rapide et discret pour des discussions ciblées

    Contrairement à ses habitudes, le chef de l’État sénégalais n’a pas multiplié les annonces ni les apparitions publiques. Les observateurs s’interrogent sur les raisons de cette visite éclair, d’autant que Macky Sall n’a pas accordé de conférence de presse ou de rencontres avec les médias locaux. Seuls les acteurs directement concernés par les échanges ont été conviés à cette audience confidentielle.

    Les rumeurs évoquent des discussions stratégiques autour de dossiers politiques et économiques majeurs pour le Sénégal. Parmi les pistes les plus évoquées :

    • L’examen des relations bilatérales avec des partenaires internationaux clés ;
    • L’analyse des défis sécuritaires dans la région ;
    • Les préparatifs en vue d’événements diplomatiques à venir.

    Une stratégie de communication inhabituelle

    Cette approche minimaliste contraste avec les habitudes de communication de Macky Sall, souvent très présent sur la scène médiatique. Les spécialistes y voient une volonté de limiter la portée des échanges, probablement pour éviter toute spéculation ou interprétation prématurée des sujets abordés.

    Les rares informations disponibles suggèrent que cette visite s’inscrit dans un cadre plus large de consultations discrètes, visant à consolider des positions avant des décisions importantes. Le profil bas adopté par le président reflète une phase de négociation sensible, où chaque mot compte et où la discrétion devient un outil de travail.

    Les réactions des acteurs politiques et économiques

    Dans l’ombre des coulisses, les réactions se multiplient. Les représentants des secteurs concernés par les discussions en cours adoptent une posture attentiste, tandis que les observateurs analysent cette visite comme un signe de prudence ou de pragmatisme politique.

    Certains analystes y voient une tentative de désamorcer des tensions potentielles avant qu’elles n’émergent au grand jour. D’autres soulignent l’importance de cette audience pour des acteurs internationaux, qui pourraient y trouver l’opportunité d’ajuster leurs stratégies en fonction des orientations sénégalaises.

    Quelle suite pour cette visite éclair ?

    Les prochains jours seront cruciaux pour comprendre l’impact réel de cette rencontre. Si Macky Sall a choisi la discrétion, les résultats de ces échanges pourraient bien façonner l’actualité sénégalaise dans les semaines à venir.

    En attendant, une chose est sûre : cette visite éclair à Dakar, aussi brève soit-elle, s’annonce comme un tournant dans la diplomatie sénégalaise.

  • Helios towers injecte 150 millions de dollars dans le réseau 5g du Sénégal

    Helios towers injecte 150 millions de dollars dans le réseau 5g du Sénégal

    Le géant britannique Helios Towers a annoncé son intention d’investir 150 millions de dollars dans le secteur des télécommunications au Sénégal. Cette décision, validée lors d’un entretien entre le président Bassirou Diomaye Faye et le directeur général du groupe, marque une étape clé pour l’expansion des infrastructures numériques du pays. Les fonds serviront à moderniser et densifier les réseaux mobiles, un levier essentiel pour soutenir la croissance de l’économie numérique sénégalaise.

    Un investissement stratégique pour booster la couverture mobile

    Spécialisé dans la gestion de pylônes télécoms, Helios Towers collabore avec des opérateurs majeurs comme Orange, Free et Expresso pour déployer des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G. Ces 150 millions de dollars reflètent la confiance du groupe dans la dynamique économique du Sénégal, où les autorités misent sur la souveraineté numérique et la modernisation des infrastructures. Les fonds permettront d’étendre le parc de tours, de rénover les sites existants et d’optimiser leur approvisionnement énergétique, combinant électricité et solutions solaires. Ce modèle, déjà éprouvé en Afrique, réduit les coûts pour les opérateurs tout en limitant l’impact environnemental.

    Dakar mise sur le numérique pour transformer son économie

    L’investissement de Helios Towers s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement sénégalais, qui a fait du numérique un axe central de sa politique économique. Depuis avril 2024, le duo Faye-Sonko a lancé le « New Deal Technologique », visant à attirer des capitaux étrangers dans les infrastructures critiques. L’attribution récente de licences 5G à Sonatel et Free a élevé les standards en matière de couverture et de qualité de service, rendant indispensable la densification des pylônes. Ces investissements publics et privés sont également perçus comme un moteur de création d’emplois qualifiés et de transferts de compétences vers les entreprises locales.

    Cependant, Helios Towers évolue dans un marché concurrentiel, face à des acteurs comme IHS Towers, ATC Africa ou Vulatel. Le Sénégal, reconnu pour son cadre réglementaire solide, représente une opportunité stratégique pour le groupe, qui souhaite renforcer sa crédibilité régionale auprès des investisseurs.

    Un signal fort pour les investisseurs internationaux

    Cette annonce dépasse le cadre industriel : elle envoie un message clair aux marchés financiers. Après des mois de tensions liées à la renégociation de contrats et à la publication d’un audit des finances publiques, l’engagement d’un groupe britannique coté à la Bourse de Londres confirme l’attractivité du Sénégal. Pour l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), l’enjeu sera de garantir que ces investissements profitent aux consommateurs, en améliorant la couverture et en maîtrisant les tarifs. La gestion équitable des sites entre opérateurs et la résilience énergétique des infrastructures seront des priorités dans les mois à venir.

    Le calendrier détaillé de déploiement reste à préciser, tout comme la répartition des fonds entre construction, acquisitions et modernisation. Une fois le contrat finalisé, il permettra d’évaluer l’ampleur réelle de l’engagement de Helios Towers et son impact sur le secteur télécoms sénégalais.

  • Libreville et Abidjan resserrent leurs rangs

    Libreville et Abidjan resserrent leurs rangs

    Afrique Politique

    Libreville et Abidjan resserrent leurs rangs

    Libreville, Vendredi 17 Juillet 2026 (Infos Gabon) – À l’heure où les équilibres sécuritaires africains se redessinent et où les États du continent cherchent à renforcer leurs mécanismes de coopération face aux défis transnationaux, certains symboles prennent une dimension politique particulière.

    La présence annoncée du Gabon au défilé militaire du soixante-sixième anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire dépasse largement le cadre protocolaire d’une célébration nationale. Elle traduit l’émergence d’une diplomatie de défense plus affirmée entre Libreville et Abidjan et révèle la volonté des deux capitales de consolider un partenariat stratégique appelé à peser davantage dans les équilibres régionaux.

    Le 7 août prochain, la commune de Yopougon accueillera pour la première fois les festivités officielles de l’indépendance ivoirienne autour du thème « Paix, Unité, Développement ». Aux côtés de la Guinée, du Bénin et de l’Inde, le Gabon figurera parmi les nations invitées à participer au défilé militaire qui constitue traditionnellement l’un des temps forts de cette célébration républicaine.

    La participation d’un détachement des Forces de défense et de sécurité gabonaises, ainsi que la présence attendue du président Brice Clotaire Oligui Nguema, confèrent à cet événement une portée qui dépasse largement le cérémonial militaire.

    Une relation bilatérale qui change d’échelle

    Les relations entre le Gabon et la Côte d’Ivoire reposent depuis plusieurs décennies sur des liens politiques solides, nourris par une vision commune de la stabilité régionale et de la coopération africaine. Mais la séquence actuelle semble marquer une accélération de cette dynamique.

    Dans un environnement marqué par la multiplication des crises sécuritaires, l’expansion des réseaux criminels transfrontaliers et les recompositions géopolitiques sur le continent, la coopération militaire devient progressivement l’un des principaux instruments de souveraineté partagée entre États africains.

    La participation gabonaise au défilé de Yopougon apparaît ainsi comme une démonstration de confiance mutuelle et comme la traduction visible d’un rapprochement stratégique entre deux pays qui entendent renforcer leurs échanges dans les domaines de la défense, du renseignement, de la sécurité maritime et de la gestion des crises.

    Cette coopération s’inscrit également dans une logique plus large de consolidation des mécanismes africains de prévention des conflits et de sécurisation des espaces régionaux.

    Une démonstration de puissance régionale

    La célébration ivoirienne de cette année se distingue par son ampleur exceptionnelle. Plus de cinq mille quatre cents éléments des forces de défense et de sécurité ivoiriennes seront mobilisés, appuyés par des moyens terrestres, aériens et navals particulièrement importants.

    L’organisation de cette cérémonie à Yopougon, l’une des communes les plus peuplées d’Afrique de l’Ouest, constitue elle-même un signal politique fort destiné à rapprocher les institutions républicaines des populations tout en affirmant les capacités opérationnelles de l’État ivoirien.

    Dans ce contexte, la présence de contingents étrangers participe à une mise en scène assumée de la solidarité sécuritaire africaine. Le choix du Gabon parmi les invités traduit la reconnaissance croissante du rôle joué par Libreville dans les équilibres stratégiques du continent, notamment en Afrique centrale où le pays demeure l’un des principaux acteurs de la stabilité régionale.

    Cette invitation intervient également dans un moment particulier de la politique extérieure gabonaise, marqué par une volonté affichée de renforcer les partenariats africains et de diversifier les coopérations sécuritaires du pays.

    Une diplomatie militaire au service de l’intégration africaine

    Longtemps cantonnée aux accords bilatéraux classiques ou aux mécanismes hérités des anciennes architectures de sécurité, la coopération militaire africaine connaît aujourd’hui une transformation profonde. Les armées du continent sont désormais appelées à coopérer davantage face à des menaces qui ignorent les frontières nationales, qu’il s’agisse du terrorisme, de la piraterie maritime, des trafics illicites ou des mouvements armés transnationaux.

    Dans cette perspective, les exercices conjoints, les échanges d’expertise, les formations croisées et les démonstrations de solidarité institutionnelle prennent une importance stratégique nouvelle.

    La participation gabonaise au défilé du 7 août s’inscrit précisément dans cette évolution. Elle rappelle que la sécurité africaine ne peut plus être pensée exclusivement à l’échelle nationale mais exige des mécanismes de confiance et de coopération entre les États du continent.

    Au-delà de la commémoration de l’indépendance ivoirienne, l’image qui se dessinera à Yopougon sera donc celle d’une Afrique qui cherche progressivement à construire ses propres architectures de sécurité collective.

    Dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques et le retour des logiques de puissance, cette capacité des États africains à renforcer leurs partenariats régionaux pourrait bien devenir l’un des principaux facteurs de stabilité des prochaines décennies.

    Le défilé du 7 août ne célébrera donc pas uniquement une indépendance nationale. Il illustrera aussi l’affirmation progressive d’une souveraineté sécuritaire africaine fondée sur la coopération, la confiance et la solidarité stratégique entre nations du continent.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

    Copyright Infos Gabon

    Related Posts

    Laisser un commentaire Annuler la réponse

  • Gabon : la Cour des comptes lance sa révolution contre la corruption

    Gabon : la Cour des comptes lance sa révolution contre la corruption

    Économie

    Gabon : la Cour des comptes lance sa révolution contre la corruption

    Libreville s’engage dans une nouvelle ère de transparence financière. La Cour des comptes gabonaise a officiellement dévoilé quatre outils stratégiques conçus pour renforcer son action jusqu’en 2030. Ces instruments marquent une étape decisive pour la gouvernance publique du pays.

    Lors d’une cérémonie organisée le 16 juillet à Libreville, sous la présidence d’Alex Euv Moutsiangou, premier président de la Cour des comptes, les plus hautes autorités du Gabon ont assisté à la présentation de ces dispositifs. Parmi les participants figuraient le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions Jean-François Ndong Obiang, la secrétaire générale de la Présidence Murielle Minkoué Mezui, le président de la Cour constitutionnelle Dieudonné Aba’a Owono, ainsi que le bâtonnier Raymond Obame Sima et d’anciens responsables de la juridiction financière.

    Une refonte en profondeur du contrôle financier

    Ces quatre publications ne se contentent pas d’améliorer le fonctionnement interne de la Cour des comptes. Elles ambitionnent de transformer le rôle du contrôle financier dans l’architecture institutionnelle gabonaise. Le Code d’éthique et de déontologie établit désormais les principes directeurs pour chaque magistrat : indépendance, impartialité, intégrité et responsabilité. Ces valeurs deviennent les fondations d’une juridiction appelée à jouer un rôle clé dans la préservation des finances publiques.

    Le Recueil de jurisprudence compile les décisions et avis les plus marquants rendus par les juridictions financières. Ce document représente une mémoire institutionnelle essentielle pour assurer la cohérence des futures décisions et renforcer la sécurité juridique des gestionnaires publics.

    Le Plan stratégique 2026-2030 constitue le socle de cette mutation. Il définit les priorités, objectifs et méthodes nécessaires pour adapter les missions de la Cour aux exigences contemporaines de la gouvernance publique. Quant au Plan de formation, il repose sur une conviction forte : une réforme institutionnelle durable ne peut s’envisager sans un investissement massif dans le capital humain.

    Un enjeu de crédibilité sur la scène internationale

    Ce projet prend une dimension particulière dans un contexte où la transparence devient un critère déterminant pour accéder aux financements internationaux. Selon l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, le Gabon occupe actuellement la 32ᵉ place parmi 54 pays africains, avec un score global de 44,6 sur 100. Bien que des défis subsistent, des progrès notables ont été accomplis depuis 2023, notamment l’obtention du statut de pays conforme aux exigences de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives.

    Dans un environnement mondial où les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) influencent de plus en plus l’accès aux capitaux, la qualité des institutions de contrôle représente un facteur de compétitivité économique autant qu’un impératif démocratique. La crédibilité budgétaire d’un État se construit désormais autant face aux agences de notation qu’auprès de ses propres citoyens.

    L’heure des faits concrets

    Pour Alex Euv Moutsiangou, ces outils répondent aux attentes croissantes des citoyens, des administrations et des institutions. Les premiers attendent une gestion rigoureuse des deniers publics, les secondes recherchent des repères juridiques clairs, tandis que le Parlement et le gouvernement exigent une expertise indépendante et des conseils éclairés.

    L’enjeu dépasse largement les murs de la Cour des comptes. Il s’agit de déterminer si cette nouvelle architecture institutionnelle produira des résultats tangibles dans la gestion quotidienne des finances publiques, l’efficacité des politiques publiques et la confiance accordée aux institutions. Car la véritable réussite ne se mesurera pas à l’aune des textes publiés, mais à celle de leur application concrète. La gouvernance moderne ne s’improvise pas : elle se construit, s’évalue et se prouve.

    Avec ces quatre documents de référence, le Gabon pose les jalons d’un contrôle financier plus rigoureux. La prochaine étape consistera à ancrer cette ambition dans une culture durable de responsabilité publique.

  • Une épidémie de morts suspectes : quand la fièvre de l’or endeuille le Cameroun

    Une épidémie de morts suspectes : quand la fièvre de l’or endeuille le Cameroun

    Publié aujourd’hui à 07h02 Lecture : 4 minutes.

    Résumer
    Sur cette photographie prise le 4 avril 2018, des mineurs d'or travaillent sur un site minier dans la ville camerounaise de Betare Oya (illustration).
    Issu de l’enquête

    Les milliards envolés de l’or camerounais

    Dans les régions camerounaises de l’Est et de l’Adamaoua, la fièvre de l’or sévit. Les installations minières pullulent, sans que l’État ne parvienne à imposer sa loi. Des milliards s’envolent vers Dubaï, grâce à des réseaux criminels qui bénéficient de complicités locales, prêts à tout pour conserver leurs positions. Enquête.

    Sommaire
    Corruption
  • Le Gabon renforce son rôle dans la diplomatie du sud global

    Le Gabon renforce son rôle dans la diplomatie du sud global

    politique

    le Gabon renforce son rôle dans la diplomatie du sud global

    Libreville, 17 juillet 2026 — dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une recomposition des alliances traditionnelles, le Gabon cherche à amplifier son influence au sein des instances du sud global. la capitale gabonaise a récemment marqué sa présence active lors de la réunion du bureau du conseil des ministres de l’organisation des états d’afrique, des caraïbes et du pacifique, tenue le 15 juillet à bruxelles.

    menée par marc abeghe, ministre délégué au budget, et régis immongault tatangani, ambassadeur et représentant permanent auprès de l’oeacp, la délégation gabonaise ne s’est pas contentée d’assister à cette session préparatoire de la 121ᵉ réunion ministérielle. elle a pris une part active dans les discussions stratégiques visant à moderniser cette organisation, désormais appelée à jouer un rôle clé parmi les plateformes politiques des pays en développement.

    l’oeacp face à un tournant historique

    l’organisation des états d’afrique, des caraïbes et du pacifique traverse une période charnière. autrefois centrée sur la coopération avec l’union européenne, elle cherche aujourd’hui à forger une identité politique distincte et à gagner en influence sur les grands enjeux internationaux.

    les échanges à bruxelles ont porté sur les réformes institutionnelles de l’organisation, l’application de l’accord de samoa et la nécessité de renforcer sa visibilité dans un monde en pleine mutation. cet accord, successeur des accords de Cotonou, vise à repenser les relations politiques, économiques et commerciales entre les états membres et leurs partenaires, en intégrant des défis modernes comme le climat, la sécurité alimentaire ou encore les transitions énergétiques.

    pour plusieurs nations africaines, cette nouvelle dynamique offre l’opportunité de défendre une approche plus équilibrée des relations internationales, fondée sur le partenariat plutôt que sur l’assistance.

    le Gabon, porte-parole de l’afrique centrale au sein de l’oeacp

    en tant que coordonnateur de la région afrique centrale et membre du bureau du conseil des ministres de l’oeacp, le Gabon a joué un rôle central lors des débats. la délégation a milité pour une gouvernance plus inclusive de l’organisation et pour une application accélérée des engagements contenus dans la déclaration de malabo et l’accord de samoa.

    les discussions ont également abordé la viabilité financière de l’institution, son repositionnement stratégique dans l’ordre mondial actuel et le renforcement du dialogue entre les états membres. l’objectif ? améliorer leur capacité collective à relever les défis économiques, sociaux et environnementaux qui se posent à eux.

    cette démarche reflète une évolution de la diplomatie gabonaise, qui allie désormais son ancrage régional à une participation plus marquée dans les forums multilatéraux. Libreville souhaite notamment peser sur les questions de financement du développement, de réforme de la gouvernance mondiale et de défense des intérêts des économies africaines intermédiaires.

    une diplomatie économique au service de la transformation gabonaise

    au-delà des réformes institutionnelles, le Gabon a saisi cette occasion pour mettre en avant ses propres priorités. la transformation de son économie figure en tête de ses priorités stratégiques, avec des axes majeurs comme la diversification productive, l’industrialisation, l’amélioration des chaînes de valeur locales et l’attraction d’investissements étrangers.

    la préservation de l’environnement et la résilience climatique occupent également une place centrale dans la stratégie diplomatique du pays. premier puits de carbone par habitant au monde et acteur clé des négociations climatiques, le Gabon continue de promouvoir un modèle associant développement économique et protection des écosystèmes.

    cette vision s’accompagne d’une quête active de partenariats stratégiques pour accompagner sa transition économique et environnementale.

    à l’heure où les équilibres mondiaux se redessinent, le multilatéralisme s’impose comme un levier d’influence aussi déterminant que les rapports de force économiques ou militaires. le Gabon semble avoir pleinement intégré cette réalité. dans ce nouveau paysage géopolitique, la capacité à construire des alliances, à défendre des intérêts communs et à porter une vision collective du développement pourrait bien devenir l’un des principaux atouts de souveraineté pour les états africains dans les années à venir.

  • Gabon : Djoutou, la ruche qui transforme l’économie locale

    Gabon : Djoutou, la ruche qui transforme l’économie locale

    Economie

    Gabon : Djoutou, la ruche qui transforme l’économie locale

    Libreville, Vendredi 17 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Dans le débat mondial sur l’exploitation des ressources naturelles, une question revient avec insistance depuis plusieurs décennies. Comment transformer la richesse des territoires en prospérité durable pour ceux qui y vivent ? Au Gabon, loin des grands gisements pétroliers et des mines de manganèse, la réponse prend aujourd’hui la forme d’une miellerie inaugurée au cœur de la forêt de Djoutou.

    Derrière ce projet apparemment modeste se dessine pourtant une nouvelle vision du développement local, fondée sur la valorisation des savoir-faire traditionnels, l’entrepreneuriat communautaire et l’autonomie économique des populations rurales.

    L’inauguration de cette infrastructure le 15 juillet dernier, en présence de la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes, Zenaba Gninga Chaning, dépasse largement le simple lancement d’une unité de production de miel. Elle symbolise l’émergence d’un modèle de développement où les communautés deviennent progressivement les acteurs de leur propre transformation économique.

    Transformer la forêt en richesse durable

    Le regroupement de Djoutou rassemble six villages qui ont choisi de s’unir autour d’un patrimoine commun souvent sous-estimé, l’apiculture traditionnelle. Depuis des générations, les populations locales maîtrisent les techniques de collecte et de production du miel dans un environnement forestier exceptionnel.

    La création de la coopérative communautaire Mes-Bouyi-Mes-Mbouka a permis de franchir une étape décisive. Il ne s’agit plus seulement de récolter du miel, mais désormais de structurer toute une chaîne de valeur allant de la production à la transformation, jusqu’à la commercialisation d’un produit susceptible de conquérir des marchés bien au-delà de la province.

    L’investissement de 200 millions de francs CFA consacré à cette infrastructure traduit cette ambition. La miellerie dispose déjà de cent ruches réparties sur trois sites apicoles et mobilise huit apiculteurs qui exploitent un potentiel de production estimé à près de quatorze tonnes de miel par an. Dans un continent où la dépendance aux importations alimentaires demeure importante, l’apparition d’une filière locale compétitive constitue un signal particulièrement fort.

    Une nouvelle génération de responsabilité économique

    L’initiative s’inscrit dans la stratégie de responsabilité sociétale portée par Eramet Comilog à travers son programme Act for Positive Mining. L’objectif affiché consiste à dépasser la logique traditionnelle des compensations financières ponctuelles pour soutenir des activités capables de générer des revenus durables et indépendants.

    Cette évolution traduit un changement profond dans la manière dont les grandes entreprises extractives envisagent désormais leur présence dans les territoires africains.

    Zenaba Gninga Chaning a résumé cette philosophie avec une formule particulièrement révélatrice. L’ambition n’est plus uniquement de financer des infrastructures mais de permettre l’émergence de projets capables de vivre par eux-mêmes et de renforcer progressivement l’autonomie des communautés.

    Cette approche rejoint les nouvelles orientations internationales en matière de développement territorial, qui privilégient les investissements productifs à long terme plutôt que les mécanismes d’assistance permanents.

    L’Afrique rurale entre dans l’économie de la valeur ajoutée

    L’impact économique immédiat reste certes limité avec dix emplois directs créés pour les jeunes et les femmes des villages concernés. Mais la portée réelle du projet dépasse largement ces premiers chiffres.

    La miellerie de Djoutou ambitionne déjà de développer une gamme de produits dérivés, d’élargir son réseau de producteurs partenaires et surtout d’imposer progressivement le miel de Djoutou comme un produit d’excellence reconnu au niveau national puis international.

    Cette stratégie de montée en gamme constitue probablement l’aspect le plus innovant du projet. Pendant longtemps, les économies rurales africaines se sont limitées à l’exportation de matières premières peu transformées. La nouvelle génération d’initiatives cherche désormais à capter davantage de valeur sur place grâce à la transformation locale et à la construction de marques territoriales fortes.

    Dans un monde où les consommateurs recherchent de plus en plus des produits authentiques, traçables et respectueux de l’environnement, les territoires forestiers africains disposent d’atouts considérables encore largement inexploités.

    La miellerie de Djoutou illustre ainsi une conviction qui s’impose progressivement sur le continent. L’avenir économique de l’Afrique ne dépendra pas uniquement de ses grands projets industriels ou miniers, mais également de sa capacité à transformer ses ressources locales, ses savoir-faire ancestraux et son capital humain en moteurs de prospérité durable.

    Dans cette perspective, le miel produit dans les forêts de Djoutou pourrait bien devenir beaucoup plus qu’un produit agricole. Il pourrait incarner une nouvelle manière de penser le développement africain, fondée sur la valeur ajoutée locale, l’entrepreneuriat communautaire et la souveraineté économique des territoires.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

    Copyright Infos Gabon

    Related Posts

    Laisser un commentaire Annuler la réponse

  • Le débat africain

    Le débat africain

    Le débat africain

    Algérie, Mali, Sénégal et guerre au Moyen-Orient

    Publié le :

    Au sommaire : Après plus d’un an de tensions, le Mali et l’Algérie amorcent un réchauffement de leurs relations diplomatiques avec le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens. Ce rapprochement marque-t-il le début d’une nouvelle ère de coopération durable entre les deux voisins ?

    [Image d'archives] Cette photo fournie et diffusée par la présidence sénégalaise le 28 mars 2024 montre le président sortant du Sénégal, Macky Sall (à droite), rencontrant le président alors fraichement élu, Bassirou Diomaye Faye (à gauche), au palais présidentiel de Dakar.
    Publicité

    Geste d’apaisement politique ou calculs stratégiques ? L’annonce d’une rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall a suscité de nombreuses réactions dans la presse sénégalaise. Cette rencontre ouvrira-t-elle la voie à une réconciliation durable entre les différentes forces politiques sénégalaises ? Ce rapprochement permettra-t-il d’apaiser durablement le climat politique au Sénégal ?

    Enfin, quid de la guerre au Moyen-Orient ?

    Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l’actualité africaine et internationale.

    Avec la participation de :

    • Karine Oriot, éditorialiste camerounaise
    • Marcel Zoumenou,  directeur de publication du journal béninois Le Patriote
    • Ousmane Ndiaye, journaliste et éditorialiste sénégalais

    NewsletterRecevez toute l’actualité internationale directement dans votre boite mail

    Suivez toute l’actualité internationale en téléchargeant l’application RFI

  • Best of Soudan (4). La guerre s’invite au Tchad

    Best of Soudan (4). La guerre s’invite au Tchad

    Best of Soudan (4). La guerre s’invite au Tchad

    Après trois ans de conflit, la guerre déborde désormais sur le territoire tchadien. Frappes à la frontière, tensions militaires, crispations communautaires : la crise soudanaise rattrape N’Djamena.

    Par Leslie Varenne (27 mars 2026)

    Depuis avril 2023, la guerre au Soudan oppose l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagolo, dit Hemedti. Bien que le Tchad se soit toujours affiché comme neutre, il a soutenu, dans les faits, les FSR. Ce positionnement suscite de vives controverses. Il place le pouvoir tchadien dans une contradiction majeure : soutenir un camp qui combat, au Darfour, des populations zaghawa, alors même que cette communauté est au cœur de l’appareil d’État tchadien. Des livraisons d’armes, financées par les Émirats arabes unis, ont ainsi transité par des villes comme Amdjarass ou Adré. Un choix risqué dont les conséquences, pourtant prévisibles, se font désormais sentir.

    Tiné, au cœur des tensions

    Il existe deux villes nommées Tiné, l’une au Soudan, l’autre au Tchad. Ces localités jumelles abritent les mêmes populations zaghawa et constituent un point de passage majeur pour les civils fuyant le Darfour Nord et les violences de la guerre pour se réfugier au Tchad.

    Le 21 février 2026, les Forces de soutien rapide ont pris le contrôle de la partie soudanaise. Elles ont immédiatement été confrontées aux Toroboros, ces combattants tchadiens et soudanais engagés aux côtés du général Abdel Fattah al-Burhan, ainsi qu’à des militaires tchadiens intervenus sans l’aval de leur hiérarchie. Ces affrontements ont permis une reprise rapide de la ville. Face à cette dégradation sécuritaire, N’Djamena a annoncé la fermeture de la frontière. Les combats se sont néanmoins poursuivis, confirmant l’installation durable du conflit dans cet espace transfrontalier.

    C’est dans ce contexte déjà explosif qu’est intervenue, le 21 mars, une attaque de drone meurtrière à Tiné (Tchad) faisant une vingtaine de morts parmi les civils. Les autorités tchadiennes démentent toute implication dans ce drame. Néanmoins, nombreux sont ceux qui l’accusent. Ainsi l’opposant Ousmane Dillo, actuellement exilé au Soudan, a, dans un audio diffusé largement diffusé sur les messageries privées, pointé du doigt Mahamat Déby et a appelé à l’éliminer. Il l’accuse, en outre, de mettre en danger la communauté zaghawa. Côté soudanais, le gouverneur du Darfour, Minni Arkou Minawi, a lui aussi franchi un cap en affirmant que « la guerre avec le Tchad a déjà commencé », actant ainsi une escalade régionale du conflit.

    Mise en alerte maximale

    Les autorités tchadiennes, elles, ont campé sur leurs positions et affiché leur fermeté. Le porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, a réaffirmé la neutralité du Tchad tout en promettant une riposte « proportionnelle » aux attaques. Dans le même temps, le président Mahamat Déby a ordonné la mise en alerte maximale des forces armées. Le 22 mars, un sommet sécuritaire s’est tenu à Tiné, réunissant plusieurs hauts responsables militaires pour renforcer la protection de la frontière et prévenir toute déstabilisation du pays. « Ici, c’est Tiné, Tchad, ce n’est pas Tiné, Soudan. L’armée soudanaise, les Toroboros, les FSR, qu’ils se battent au Soudan, qu’ils s’entretuent là-bas dans leur pays. Qu’ils ne viennent pas se battre dans notre pays ou tuer notre peuple », a lancé le ministre de la sécurité, le général Ali Ahmat Akhabach.

    Dans la foulée, Ndjamena a interdit aux populations de franchir la frontière empêchant ainsi les femmes et les enfants qui fuient les horreurs de la guerre soudanaise de se sécuriser dans les camps de réfugiés au Tchad. Cette décision lourde de conséquences humanitaires, prise pour empêcher une rébellion de la communauté zaghawa, n’aura pourtant que peu d’impact sur la situation sécuritaire. Au contraire, Cameron Hudson, expert du conflit soudanais, estime : « L’armée tchadienne renforce sa présence à la frontière soudanaise face à la montée des tensions. Je crains fort que cela n’augmente le risque d’une implication directe du Tchad dans le conflit soudanais, au lieu de l’empêcher. Déby, voulant se donner une image de fermeté, commet une grave erreur stratégique ».

    Quand la guerre au Soudan attise les tensions communautaires au Tchad

    De plus, ce ne sont pas seulement les Zaghawa qui sont entraînés dans le conflit soudanais. Selon des sources sécuritaires tchadiennes, depuis plusieurs semaines, les FSR recrutent des jeunes issus de la communauté Tama. Cette mobilisation, qui s’apparente à du mercenariat, s’appuie sur des réseaux locaux mêlant chefs traditionnels, autorités administratives et figures proches du pouvoir.

    Comme les Zaghawa, les Tama constituent une communauté transfrontalière, présente à la fois dans l’est du Tchad (Wadi Fira, Ouaddaï) et dans l’ouest du Soudan. Bien que non Arabes, lors de la première guerre du Darfour, débutée en 2003, ils ont été intégrés à des milices janjawid, les ancêtres des forces d’Hemedti, et engagés dans des combats contre des groupes ethniques, notamment les Zaghawa. Cette évolution est particulièrement inquiétante : elle fait ressurgir des fractures au sein de la société tchadienne et alimente un sentiment de mise en danger entre communautés.

    Dans ce contexte, la frontière entre le Tchad et le Soudan cesse d’être une ligne de séparation pour devenir un espace de projection du conflit. Ce qui relevait hier d’un calcul stratégique ambigu apparaît désormais comme une fuite en avant. Le pouvoir tchadien se retrouve pris dans un engrenage qu’il risque fort de ne plus maîtriser. Le diable était dans la bouteille, il en est désormais sorti.

    À suivre (5) : Les révélations explosives d’un chef de guerre.

    • TAGS
    • Emirats arabes unis
    • Soudan
    • Tchad
    Article précédent16 juillet 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique
    Article suivantMadagascar. La peur, carburant politique
  • Tension autour de l’eau en Afrique centrale : le forum de N’Djamena relance le débat

    Tension autour de l’eau en Afrique centrale : le forum de N’Djamena relance le débat

    L’hémicycle a frémi lorsque les déclarations sont tombées. Une députée a immédiatement exigé du ministre de l’Environnement la publication immédiate d’un accord controversé, une demande restée sans réponse jusqu’à présent. Mme Bazaïba, qui a occupé ce poste jusqu’en 2025 avant de devenir ministre d’État chargé des Affaires sociales, a rappelé les propos tenus par l’ancien président tchadien Idriss Déby Itno : « Si le Congo refuse de nous céder de l’eau, nous la prendrons par tous les moyens ! ». Ces mots résonnent d’autant plus après l’engagement militaire tchadien en Centrafrique sous couvert de la rébellion Seleka. Idriss Déby Itno a été tué en 2021 lors d’un affrontement, et son fils Mahamat Déby Itno a pris le relais, consolidant son pouvoir notamment grâce à une médiation conduite par Félix Tshisekedi, qui a valu à une artère majeure de N’Djamena d’être rebaptisée en son honneur.

    En République Démocratique du Congo (RDC), une cellule de veille dédiée à la gestion des eaux a été créée en 2014 à l’Assemblée nationale. Composée alors d’une dizaine de députés, dont Eve Bazaïba, celle-ci dénonçait régulièrement « un complot international ourdi contre le pays, avec des complicités locales ». Pourtant, malgré son passage au ministère de l’Environnement, cette cellule n’a jamais produit le moindre rapport. Douze ans plus tard, Mahamat Idriss Déby invite Félix Tshisekedi à participer au Forum africain de l’eau à N’Djamena. Dans son discours, le président congolais a exposé cinq axes stratégiques pour relever les défis hydriques du continent :

    • Une approche intégrée liant eau, agriculture, énergie, santé et infrastructures ;
    • Un renforcement de la gouvernance via des institutions transparentes et une meilleure redevabilité ;
    • Le développement de projets techniquement viables et financièrement attractifs pour attirer les investisseurs ;
    • Le recours à des financements mixtes, publics, privés et internationaux ;
    • L’utilisation de l’eau comme levier d’industrialisation, incluant la production locale d’équipements hydrauliques.

    Félix Tshisekedi a souligné qu’« aucun État ne peut assurer seul sa sécurité hydrique », plaidant pour une coopération régionale afin de faire de l’eau une priorité politique. Bien que la RDC dispose d’un potentiel hydrique colossal, aucune confirmation n’a été apportée concernant d’éventuels transferts d’eau depuis le fleuve Congo. Pourtant, ses ambitions sont claires : porter d’ici 2035 le taux d’accès à l’eau potable à 60 %, celui de l’assainissement à 50 %, et garantir des infrastructures adaptées dans 80 % des écoles et centres de santé.

    Mahamat Idriss Déby a présenté ce forum comme une opportunité pour l’Afrique de reprendre le contrôle de ses ressources hydriques en vue d’une prospérité collective. Les intentions tchadiennes sont sans ambiguïté, mais aucun autre membre de la Commission du bassin du lac Tchad — Cameroun, Niger ou Nigeria — n’a répondu présent. Ce lac, autrefois étendu sur 25 000 km² en 1964, ne couvre plus que 2 000 km² en 2024, avec des variations saisonnières limitées à 4 500 km². Seuls le Gabon, la Mauritanie et le Bénin étaient représentés aux côtés des deux chefs d’État.

    Le boycott de la Commission interroge. En 2019, un ancien ministre des Affaires étrangères avait alerté sur des manœuvres visant à contourner les autorités congolaises. Un dirigeant d’ONG basé à Kisantu aurait signé au nom de la RDC des textes relatifs au transfert des eaux de l’Ubangi vers le lac Tchad, en marge de rencontres internationales organisées sans l’aval de Kinshasa. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte géopolitique tendu, où certains cercles évoquent même l’idée d’un « peuple non rentable », selon les propos du sociologue suisse Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU.

    En RDC, l’eau continue de s’écouler sans contrôle, des hauteurs de Mitwaba jusqu’à Banana. Comme le rappelle l’ancien sénateur et ministre Modeste Mutinga Mutuishayi dans son ouvrage « La République des Inconscients », « si l’eau est la vie, nos dirigeants n’ont pas encore saisi l’urgence d’agir avant que ne survienne un suicide collectif ».

  • Lucas Digne prend déjà un coup de pression sur son transfert au PSG : «S’il fait ça, il n’a pas fini de cirer le banc»

    Lucas Digne prend déjà un coup de pression sur son transfert au PSG : «S’il fait ça, il n’a pas fini de cirer le banc»

    Diplômé d’Ecole de Journalisme à Paris. Spécialisé football, et plus particulièrement sur le mercato. Fan du PSG et du Stade Français.

    Auteur d’un match complètement raté contre l’Espagne en demi-finale de la Coupe du Monde, Lucas Digne va désormais devoir digérer au plus vite cette désillusion avec l’équipe de France. D’autant que le latéral gauche des Bleus s’apprête à signer au PSG, et un journaliste du Parisien avertit clairement : il finira sur le banc s’il reproduit ce genre de catastrophe sous le maillot parisien.

    Ce n’est plus un secret pour personne : Lucas Digne (32 ans) s’apprête à quitter Aston Villa pour retourner au PSG, puisque le club francilien a décidé de payer le montant de sa clause libératoire (moins de 10M€) pour boucler le retour de son latéral gauche, dix ans après son départ. Un nouveau challenge donc pour Digne, qui en aura bien besoin après avoir été l’un des grands responsables de l’élimination de l’équipe de France contre l’Espagne en demi-finale de la Coupe du Monde (2-0) en provoquant un penalty pour une faute sur Lamine Yamal en première période. Et il lui faudra éviter ce genre de déconvenue au PSG…

    « Si le PSG veut Digne, il doit y avoir une bonne raison »

    Le journaliste du Parisien Laurent Perrin a évoqué le sujet dans un chat avec les internautes après la défaite des Bleus : « Concernant Lucas Digne, tant que le transfert n’est pas officialisé, il faut rester prudent. Mais c’est vrai qu’il fait beaucoup parler, surtout depuis hier soir après sa grotesque erreur à l’origine du penalty espagnol. Concernant son recrutement, je vous dirais que Luis Campos et Luis Enrique sont beaucoup plus compétents que nous pour juger ce qu’un joueur peut apporter au PSG. S’ils le veulent, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Luis Enrique a eu Digne sous ses ordres au Barça, c’est un joueur avec un super état d’esprit qui va parfaitement se fondre dans le collectif. Il a grandi dans l’Oise et adore le PSG où il a joué 2 ans entre 2013 et 2015. Voilà pour le côté face », a indiqué Perrin sur les coulisses du recrutement de Lucas Digne au PSG.

    « S’il fait des fautes comme celle-ci, il n’a pas fini de cirer le banc »

    Et le journaliste poursuit en lui mettant déjà la pression : « Côté pile : il va avoir 33 ans lundi et on parle d’une clause libératoire de près de 10 M€. Cela va totalement à l’encontre de la ligne suivie par la direction sportive depuis trois ans qui mise sur de jeunes joueurs à fort potentiel. Luis Enrique veut des joueurs qui apportent de la concurrence et Digne va concurrencer Nuno Mendes ? Digne n’est pas un grand joueur, il va rendre service, rien de plus. Et s’il fait des fautes comme celle qui a coûté le penalty hier soir, il n’a pas fini de cirer le banc. Luis Enrique, de ce point de vue, est beaucoup plus intransigeant que Deschamps », poursuit Laurent Perrin. Lucas Digne est donc prévenu…