Sonko exige des précisions sur les procédures judiciaires liées aux lotissements
Lors de la séance plénière dédiée à la validation de six projets de résolution portant création de commissions d’enquête, jeudi dernier, le président de l’Assemblée nationale a révélé avoir obtenu deux réponses distinctes du ministre de la Justice concernant les opérations de lotissement actuellement sous enquête.
Ousmane Sonko réclame des informations complémentaires sur l’étendue des investigations judiciaires évoquées par le garde des Sceaux au sujet des lotissements ciblés par une proposition de commission d’enquête parlementaire. Sans éléments prouvant que cette procédure englobe l’ensemble des faits concernés, l’institution législative se réserve le droit de poursuivre ses recherches.
Lors de cette même séance, le président de l’Assemblée a confirmé avoir reçu deux réponses du ministre de la Justice. « Sans informations plus détaillées sur une éventuelle procédure judiciaire concernant ces affaires, l’Assemblée nationale devra nécessairement poursuivre ses travaux via les commissions d’enquête », a-t-il souligné, avant d’ajouter : « Je lui ai expressément demandé des précisions supplémentaires dans la lettre que je lui ai adressée ».
La première réponse du ministre mentionnait une instruction judiciaire en cours autour de l’aéroport, plus précisément concernant le hangar des pèlerins. Estimant ces éléments insuffisants, Ousmane Sonko a sollicité des éclaircissements supplémentaires. Une seconde réponse a ensuite évoqué une enquête menée par la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, à la demande du procureur financier. Le rapport final de cette enquête aurait déjà été finalisé.
Pour le président de l’Assemblée, cette procédure judiciaire ne semble toutefois pas englober l’intégralité des opérations de lotissement visées par la proposition de résolution, notamment celles situées en zone littorale. Or, l’existence d’une procédure judiciaire couvrant les mêmes faits bloque la création ou la poursuite d’une commission d’enquête parlementaire. Le débat porte désormais sur la délimitation exacte des investigations en cours. « Sans réponse plus complète », a prévenu Ousmane Sonko, « l’Assemblée nationale continuera son travail ». La commission d’enquête pourrait ainsi approfondir les dossiers non couverts par la procédure judiciaire.
L’effondrement d’une mine artisanale à Zamboï, en Centrafrique, a mis en lumière les dangers persistants qui guettent les orpailleurs du Cameroun. Ce tragique accident rappelle avec force les failles structurelles d’un secteur minier confronté à des pratiques non régulées, à l’exploitation abusive des travailleurs et à l’absence de mesures de sécurité adéquates.
Des conditions de travail extrêmement dangereuses
Dans les profondeurs des sites miniers artisanaux du Cameroun, les orpailleurs évoluent dans un environnement où chaque jour peut devenir une épreuve mortelle. Les galeries instables, les outils rudimentaires et l’absence de protections collectives transforment ces chantiers en zones à haut risque. À Bétaré-Oya, dans la région de l’Est, les travailleurs s’aventurent dans des tunnels étroits, souvent creusés à la main, sans aucun équipement de sécurité fiable.
Les rapports d’accidents se multiplient, mais les mesures correctives restent rares. Les autorités locales, débordées par l’ampleur du phénomène, peinent à imposer des normes strictes. Résultat : des effondrements comme celui de Zamboï ne surprennent plus les observateurs du secteur.
Un secteur minier sous l’emprise de l’informel
L’exploitation artisanale de l’or au Cameroun repose largement sur l’économie informelle, échappant à tout contrôle rigoureux. Les mineurs, souvent des populations rurales en quête de revenus, opèrent sans contrats, sans assurances et sans accès aux soins en cas d’accident. Leur dépendance vis-à-vis des intermédiaires – qui achètent l’or à bas prix – aggrave leur précarité.
Cette situation favorise également les dérives économiques : pillages, corruption des agents locaux et trafic d’or illégal. Les communautés environnantes, privées de retombées financières équitables, subissent les conséquences d’un système où les bénéfices profitent à une minorité.
Des initiatives locales pour tenter de réguler le marché
Face à l’urgence, certaines associations et coopératives tentent d’apporter des solutions. Des programmes de formation sur les techniques d’extraction sûres sont mis en place, tandis que des campagnes de sensibilisation alertent sur les dangers encourus. Cependant, leur impact reste limité face à l’ampleur des besoins.
Les ONG locales et internationales appellent à une réforme globale du secteur minier camerounais. Elles réclament notamment l’enregistrement obligatoire des sites, la fourniture d’équipements de protection et la mise en place de mécanismes de traçabilité pour l’or produit.
Quelles perspectives pour l’avenir ?
Le drame de Zamboï rappelle que le Cameroun doit agir rapidement pour éviter de nouveaux accidents. Une approche intégrée, combinant sécurité des mineurs, régulation du secteur et soutien aux communautés, s’impose. Sans cela, les orpailleurs continueront de payer le prix fort pour un or qui, paradoxalement, enrichit d’autres.
Le président camerounais Paul Biya, en poste depuis 1982, est revenu à Yaoundé ce jeudi, mettant fin à une absence de plus de deux mois qui a alimenté de nombreuses interrogations sur son état de santé et sa capacité à diriger le pays. À 93 ans, le doyen des chefs d’État africains avait quitté la capitale camerounaise le 7 juin pour un séjour en Europe, officiellement présenté comme un « court séjour privé ».
Selon les informations disponibles, le chef de l’État et son épouse, Chantal Biya, se seraient rendus à Genève, en Suisse, où ils auraient séjourné en compagnie de proches collaborateurs et de membres de leur famille. Son retour, après 73 jours d’absence, a été salué par des partisans du régime, rassemblés en nombre à l’aéroport de Yaoundé pour l’accueillir dans une ambiance festive et sous haute surveillance.
Le cortège présidentiel, composé notamment de militants du parti au pouvoir arborant des pagnes à l’effigie du président, a escorté le véhicule officiel jusqu’au palais d’Etoudi, résidence du chef de l’État. À travers la vitre entrouverte, Paul Biya a adressé un signe de la main à la foule, marquant ainsi la fin d’une période marquée par des spéculations sur son état de santé.
Des rumeurs persistantes sur la santé du président
Les allers-retours réguliers de Paul Biya entre Yaoundé et Genève ont toujours alimenté les rumeurs concernant son état de santé. En juin dernier, alors que des articles de presse évoquaient une possible hospitalisation du chef de l’État dans une clinique genevoise, le gouvernement camerounais avait démenti fermement ces informations via le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.
Cette absence prolongée, inédite par sa durée, a relancé le débat sur la stabilité institutionnelle du Cameroun. L’opposition, qui dénonce depuis des mois un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique », attend toujours la nomination d’un vice-président ainsi que la formation d’un nouveau gouvernement, promises depuis plusieurs mois.
Le pouvoir camerounais en question
Face aux critiques, des soutiens du régime ont tenté de minimiser l’impact de cette absence. Un enseignant de 30 ans, présent à l’aéroport pour accueillir le président, a déclaré : « Pour une démocratie comme la nôtre, l’absence prolongée d’un président peut susciter des questions. Cependant, cela n’a en rien perturbé le fonctionnement du pays, qui a continué à tourner normalement. »
De son côté, James Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur et cadre du parti présidentiel, a affirmé fin juillet que le chef de l’État suivait « méticuleusement les dossiers » malgré sa localisation, grâce à ses collaborateurs. Pourtant, ces absences répétées, qui s’inscrivent dans une habitude de plus de vingt ans, alimentent un sentiment de frustration croissant parmi une partie de la population camerounaise.
Un opposant, Prosper Nkou Mvondo, leader du parti Univers, a critiqué ouvertement ce qu’il qualifie de « spectacle » : « Peu importe qu’il soit présent ou absent, il ne fait rien. C’est pourquoi je ne vois pas l’utilité de participer à ces démonstrations. »
Un climat politique tendu
Le retour de Paul Biya intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Sa réélection pour un huitième mandat en octobre 2025 avait été marquée par des manifestations violemment réprimées, avec des « plusieurs dizaines » de morts reconnues par les autorités, sans qu’un bilan précis ne soit jamais communiqué. Ces élections, contestées par l’opposition, avaient également suscité des réserves de la part de plusieurs chancelleries occidentales.
Cette longue absence du président a également ravivé les spéculations sur l’après-Biya, bien que l’incertitude persiste quant à l’identité de son successeur. En l’absence d’un vice-président nommé et en cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui devrait assurer l’intérim jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.
Le président Paul Biya, figure emblématique de la politique camerounaise, a foulé le sol camerounais ce jeudi 20 août 2026. Son avion a atterri en fin de journée à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, mettant un terme à une absence record de 74 jours passés en Europe.
Un retour sous haute tension médiatique
Âgé de 93 ans, le chef de l’État a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour initialement présenté comme une escapade privée depuis Genève, en Suisse. Ce départ marquait le début de la plus longue absence continue à l’étranger de son mandat présidentiel.
Une mobilisation populaire sans précédent
Dès l’annonce de son retour, des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) se sont massés le long des axes routiers menant au palais présidentiel d’Etoudi. L’atmosphère était électrique lorsque le président a brièvement salué la foule depuis son véhicule à sa descente du pavillon présidentiel de l’aéroport.
Des interrogations sur son absence prolongée
Cette absence prolongée, sans aucune apparition publique, avait alimenté de vives spéculations concernant son état de santé. L’opposition avait à plusieurs reprises évoqué la question d’une éventuelle vacance du pouvoir, alimentant les débats nationaux. Pour couper court aux rumeurs, les médias d’État ont diffusé en léger différé les images de son cortège en mouvement.
Un retour qui rassure la nation
Le retour de Paul Biya s’accompagne d’un soulagement palpable dans le pays. Les Camerounais attendent désormais avec impatience les premières déclarations officielles du président pour éclaircir les circonstances de cette longue absence.
Un aéronef de tourisme s’est tragiquement écrasé près du majestueux mont Ololokwe, au Kenya, ne laissant aucun survivant parmi les sept personnes à bord. Ce drame aérien provoque des ondes de choc sécuritaires et diplomatiques à l’échelle internationale.
Un crash dévastateur dans les paysages du Kenya
Le mercredi 19 août 2026, une catastrophe aérienne a endeuillé le centre du Kenya, coûtant la vie à sept individus. L’hélicoptère, loué pour un vol panoramique au-dessus des paysages pittoresques du mont Ololokwe, une zone montagneuse réputée, s’est violemment écrasé. Les équipes de secours, dépêchées sur les lieux de l’accident, n’ont pu que confirmer la perte totale des occupants.
Parmi les défunts se trouve Michele Sensi-Contugi, âgé de 44 ans, figure éminente en tant que directeur du Centre d’Intelligence Stratégique (CIES) d’Équateur et responsable du renseignement national. Collaborateur clé du président Daniel Noboa, il était en voyage personnel au Kenya avec son épouse, Stephany Hollihan, une créatrice de mode équatorienne de grande notoriété, qui a également péri dans ce malheureux événement.
Bilan des victimes identifiées
Michele Sensi-Contugi : Directeur du renseignement équatorien (CIES)
Stephany Hollihan : Designer de mode reconnue (Équateur)
Cinq passagers : Citoyens des États-Unis
Un pilote : De nationalité kényane
Répercussions majeures à Quito et au-delà
La disparition tragique de Michele Sensi-Contugi a provoqué une onde de choc profonde au sein des sphères politiques et sécuritaires de Quito. Nommé à la tête des services de renseignement par le président Daniel Noboa, M. Sensi-Contugi était au cœur de la stratégie nationale de lutte contre le crime organisé et les vastes réseaux de narcotrafic. Son décès soudain représente une perte inestimable pour le gouvernement équatorien, le privant d’un acteur sécuritaire essentiel dans un contexte régional déjà tendu. La présidence équatorienne a d’ailleurs qualifié cet événement de « perte incommensurable pour notre nation et pour la défense de la souveraineté équatorienne. »
L’ambassade des États-Unis à Nairobi a officiellement confirmé le décès des cinq ressortissants américains qui se trouvaient à bord de l’appareil. Les représentants diplomatiques américains et équatoriens ont rapidement établi une coordination étroite avec les autorités kényanes. L’objectif principal est d’assurer la prise en charge rapide des corps et d’organiser leur rapatriement vers leurs pays d’origine.
Parallèlement, la Direction de l’aviation civile du Kenya a lancé sans délai une enquête technique approfondie. Les investigations visent à élucider les causes précises de ce crash dévastateur, en examinant attentivement les conditions météorologiques prévalant lors du survol de la zone, ainsi que toute défaillance mécanique potentielle de l’hélicoptère.
Une frappe aérienne attribuée aux forces d’Africa Corps dans le centre du Mali a coûté la vie à huit civils, dont trois enfants, selon un rapport accablant. L’incident, survenu le 15 juin 2026 dans la région de Mopti, notamment dans le village de Kyrnia, soulève des questions cruciales sur la légitimité des opérations militaires au nom de la lutte antiterroriste.
Les deux munitions ont frappé successivement les abords de la résidence du chef du village, puis un marché aux bestiaux. Les victimes, exclusivement des civils, incluaient des enfants, et aucun combattant du JNIM ne figurait parmi les personnes tuées. L’organisation ayant documenté l’événement a mené une enquête approfondie, interrogeant 19 témoins, analysant des images satellites, visionnant une vidéo publiée par Africa Corps et étudiant des photographies liées aux frappes.
Une doctrine militaire sous le feu des critiques
Cet événement tragique met en lumière les risques inhérents à la stratégie sécuritaire adoptée par les autorités maliennes. En s’appuyant sur Africa Corps, successeur du groupe Wagner, la junte dirigée par Assimi Goïta a fait le choix d’une coopération militaire étrangère dont les conséquences doivent désormais être évaluées au-delà des seuls résultats opérationnels. La protection des populations civiles, pilier de toute action antiterroriste, semble avoir été reléguée au second plan.
Des zones grises dans l’identification des cibles
Le cas de Kyrnia illustre les failles dans la collecte et l’analyse des renseignements. Bien que des drones aient été observés survolant le village la veille de l’attaque et que des membres du JNIM aient été présents dans la localité, les frappes ont touché des infrastructures civiles : la résidence du chef du village et un marché aux bestiaux. Cette disproportion entre l’objectif militaire visé et les pertes humaines subies interroge sur le respect des principes de proportionnalité et de précaution.
Human Rights Watch rappelle que la seule présence de combattants armés dans une zone ne saurait justifier la transformation de l’ensemble de celle-ci en cible militaire. Les forces engagées sont tenues de distinguer clairement les objectifs légitimes des zones peuplées et de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les victimes collatérales.
Un décalage entre communication militaire et réalité
Africa Corps avait présenté cette opération comme une frappe réussie contre un « lieu de rassemblement de groupes terroristes », affirmant avoir éliminé plusieurs commandants. Pourtant, les investigations menées sur place contredisent cette version. Aucune preuve ne confirme la présence de cibles militaires parmi les victimes, qui étaient toutes des civils. Ce décalage entre les annonces officielles et les faits constatés souligne l’urgence d’une évaluation indépendante des opérations militaires.
L’impasse sécuritaire : entre multiplication des opérations et protection des civils
Une stratégie antiterroriste efficace ne peut se mesurer uniquement au nombre de frappes réalisées ou de commandants neutralisés. Elle doit également garantir la sécurité des populations, empêcher le recrutement par les groupes armés, préserver la confiance des communautés locales et offrir un accès à la justice pour les victimes. Or, la situation dans la région de Mopti révèle une réalité bien différente.
Les civils se trouvent pris en étau entre les attaques des groupes islamistes, les opérations des forces gouvernementales et les violences attribuées aux alliés russes. Si les exactions commises par les groupes armés sont également documentées, le fait que les forces chargées de protéger les populations soient elles-mêmes impliquées dans des abus aggrave considérablement la crise.
L’impunité, une menace aussi dangereuse que les groupes armés
L’un des défis majeurs réside dans l’absence de mécanismes crédibles de reddition de comptes. Human Rights Watch a recensé de nombreux abus commis par les forces maliennes, leurs alliés et les groupes armés, tout en constatant un accès très limité à la justice pour les victimes. L’impunité qui en découle nourrit un sentiment de défiance envers les institutions et risque d’alimenter les fractures sociales.
La souveraineté malienne ne saurait être invoquée pour justifier une absence de contrôle ou de responsabilité. Les autorités nationales restent garantes du respect des droits fondamentaux sur leur territoire, y compris lorsqu’elles font appel à des partenaires militaires étrangers. Une coopération sécuritaire ne peut exonérer l’État de son devoir de protéger ses citoyens et d’enquêter sur les violations commises.
Vers une réévaluation des méthodes antiterroristes
L’affaire de Kyrnia doit inciter les autorités maliennes à repenser en profondeur les méthodes employées dans la lutte contre les groupes armés. La victoire militaire ne peut se construire au prix de la vie des civils. Une approche équilibrée exige un renseignement fiable, une identification rigoureuse des cibles, des précautions renforcées autour des zones habitées, ainsi que des enquêtes indépendantes en cas de violations.
Derrière les statistiques se cachent des vies brisées. À Kyrnia, huit personnes, dont trois enfants, ont péri. Pour leurs proches, cette tragédie n’est ni une opération réussie ni une simple erreur de ciblage : c’est une perte irréparable. La véritable mesure de l’efficacité d’une stratégie antiterroriste réside dans sa capacité à protéger les populations sans les sacrifier au nom de la sécurité.
paul biya de retour au Cameroun après une absence record
Un vol en provenance de Genève a décollé en milieu de journée ce jeudi 20 août, à bord d’un avion privé Boeing immatriculé P4 – CLA. À son bord, le président Paul Biya, son épouse Chantal et leur délégation. L’atterrissage à Yaoundé est prévu en fin d’après-midi, marquant ainsi le retour officiel du chef de l’État camerounais après une absence prolongée.
Les partisans du RDPC, parti au pouvoir, se mobilisent pour organiser un accueil chaleureux en l’honneur du président. Les autorités camerounaises ont également orchestré une mise en scène particulière pour cet événement, transformant ce retour en un moment symbolique fort.
Une absence de 74 jours qui a nourri les spéculations
Ce retour intervient après un record d’absence de 74 jours pour le président camerounais. Une période durant laquelle les rumeurs les plus diverses ont circulé : certains évoquaient une santé fragile, d’autres une hospitalisation après une opération du genou, tandis que d’autres encore parlaient de consultations médicales de routine.
Les Camerounais attendent désormais des réponses concrètes. Parmi les sujets qui suscitent l’intérêt, la formation d’un nouveau gouvernement, annoncée il y a huit mois mais toujours en suspens, ainsi que la nomination d’un vice-président, un poste créé en avril dernier.
Une couverture médiatique exceptionnelle
La CRTV, média public, a mobilisé près de 200 de ses journalistes pour couvrir en direct l’événement. L’atterrissage de l’appareil et le trajet de 22 kilomètres entre l’aéroport et le palais présidentiel seront retransmis et commentés en direct à la radio et à la télévision. Une attention particulière qui reflète l’importance symbolique de ce retour.
Les attentes sont grandes : que ce séjour à l’étranger ait permis au président de concrétiser certaines promesses, notamment celle d’un remaniement gouvernemental, et d’apporter des réponses aux questions des Camerounais.
Gabon et Guinée-bissau : une transition politique sous le signe de la coopération
Un sommet à forte portée symbolique s’est tenu à Libreville ce 20 août 2026. En accueillant le président de la Transition de la Guinée-Bissau, Brice Clotaire Oligui Nguema a envoyé un message clair : le Gabon s’engage à accompagner Bissau dans son processus de sortie de crise, à condition que celui-ci respecte un calendrier électoral précis et crédible.
Un engagement militaire et diplomatique
La réception du chef de l’État bissau-guinéen a été marquée par un protocole solennel. Honneurs militaires, défilé de la Garde républicaine et remise symbolique de la flamme de l’indépendance : chaque détail a été pensé pour souligner la solidarité entre les deux nations. Mais au-delà du faste, c’est une méthode qui se dessine.
Oligui Nguema a rappelé, lors des échanges avec son homologue, que toute transition doit reposer sur trois piliers : une feuille de route rigoureuse, une discipline républicaine irréprochable et un respect strict des délais constitutionnels. Une approche qui s’appuie sur l’expérience récente du Gabon, où une transition maîtrisée a permis un retour progressif à l’ordre institutionnel.
Un calendrier électoral sous haute surveillance
Pour la Guinée-Bissau, l’enjeu est de taille. Un référendum constitutionnel est prévu dans les mois à venir, suivi d’une élection présidentielle fixée au 6 décembre 2026. Libreville insiste sur la nécessité de respecter ces échéances : elles constituent le seul gage de légitimité pour le processus en cours. Pourtant, le vrai défi réside dans la crédibilité du scrutin. Une élection doit être non seulement organisée, mais aussi perçue comme libre, transparente et inclusive par l’ensemble des acteurs politiques.
Le succès de cette transition pourrait rebattre les cartes en Afrique de l’Ouest. Il pourrait restaurer la confiance des partenaires internationaux, sécuriser l’environnement des affaires et ouvrir la voie à des investissements indispensables au développement.
Au-delà des institutions : une coopération économique et sociale
La rencontre entre les deux délégations a également permis d’élargir le champ de la collaboration. Préservation de la biodiversité, lutte contre les effets du changement climatique et formation des jeunes sont désormais au cœur des discussions. Ces domaines, bien que moins médiatisés, sont essentiels pour ancrer la stabilité politique dans des réalités concrètes.
Les deux pays ont convenu de renforcer leurs mécanismes de concertation afin de transformer cette proximité affichée en projets tangibles. L’enjeu ? Passer des déclarations d’intention à des programmes concrets, avec des objectifs mesurables et des financements dédiés.
Le Gabon propose une nouvelle vision des transitions africaines
En soutenant la Guinée-Bissau, Libreville ne se contente pas d’apporter un appui bilatéral. Elle avance une doctrine continentale : une transition doit être un passage vers la normalité, jamais une fin en soi. Pour être légitime, elle doit s’inscrire dans un cadre temporel strict, avec des résultats tangibles et une préparation rigoureuse à l’alternance démocratique.
Cette approche repose sur trois principes fondamentaux : le dialogue continu entre les forces vives, le respect scrupuleux des institutions et la tenue des engagements pris. Le Gabon mise sur son expérience récente pour démontrer qu’une sortie de crise bien menée peut devenir un modèle, et non une exception.
Pour la Guinée-Bissau, le rendez-vous du 6 décembre 2026 sera déterminant. Pour le Gabon, ce soutien stratégique offre une opportunité unique de prouver qu’une transition réussie peut servir de levier à une coopération régionale constructive. Une chose est sûre : Libreville ne propose pas une aide ponctuelle, mais une vision d’avenir pour l’Afrique.
massacre au Mali : l’Africa Corps accusé d’atrocités contre des civils
Plus de cent combattants lourdement armés ont déferlé sur le village de Bombori, en plein cœur du Mali, au petit matin du 10 juillet 2026. Sous le commandement de soldats russes, ces hommes ont méthodiquement traqué, battu, exécuté et brûlé des habitations, laissant derrière eux un bilan macabre : neuf civils tués, dont quatre enfants, et des dizaines de blessés. Les témoignages recueillis dressent le portrait d’une opération marquée par une brutalité systématique et une impunité apparente.
Une attaque planifiée et ciblée
Vers cinq heures du matin, une colonne de plus de cent hommes, majoritairement membres de l’Africa Corps — une force armée sous contrôle direct du Kremlin — a encerclé Bombori, village situé dans la région de Mopti. Accompagnés de quelques soldats maliens, ces combattants ont concentré leurs efforts sur le quartier peul, où ils ont rassemblé plus de quatre-vingts hommes et adolescents sous la menace d’armes à feu. Les violences ont été immédiates : interrogatoires musclés, coups de crosse, exécutions sommaires pour ceux tentant de fuir. Six civils ont été abattus sur place, trois autres emmenés pour être décapités ou égorgés plus tard dans la journée.
Les assaillants ont également pillé les biens des habitants, incendiant au moins huit maisons et cinq greniers à céréales. Selon les récits, les forces de l’Africa Corps ont ciblé spécifiquement les familles peules, accusées à tort de liens avec les groupes armés islamistes. Un témoin, boucher de son métier, a confié avoir vu sept pick-up équipés de mitrailleuses et plus de soixante motos arborant des drapeaux maliens.
Un bilan humain insoutenable
Les corps des victimes ont été retrouvés éparpillés dans le village : des hommes âgés de 19 à 34 ans, des enfants de 6 à 17 ans, tous abattus ou exécutés de manière atroce. Certains présentaient des blessures par balle à la tête ou dans le dos, d’autres avaient été décapités ou égorgés. Les habitants ont décrit un véritable carnage, où les cris des victimes se mêlaient aux détonations et aux flammes dévorant les habitations.
Le quartier des Rimaïbé, épargné par l’attaque, a servi de contraste glaçant. Aucun membre de cette ethnie n’a été molesté, aucune maison n’a été fouillée. Une coïncidence troublante, alors que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) — lié à Al-Qaïda — est connu pour recruter activement au sein de la communauté peule. Les autorités maliennes, comme les forces russes, ont longtemps associé les Peuls aux groupes djihadistes, une généralisation dangereuse ayant conduit à des exactions répétées.
Un contexte sécuritaire explosif
Depuis 2017, le GSIM contrôle Bombori, imposant sa loi islamique, collectant des « impôts » et recrutant de jeunes hommes. Pourtant, la veille de l’attaque, les combattants du groupe avaient quitté le village, laissant les civils sans protection. Les ofensiva d’avril et juillet 2026 ont renforcé la présence djihadiste, attirant des renforts étrangers et aggravant les tensions dans la région.
Face à cette menace, la junte militaire malienne, au pouvoir depuis 2020, a rompu ses alliances avec la France et les forces onusiennes pour se tourner vers la Russie. Après le départ du groupe Wagner en 2025, l’Africa Corps a pris le relais, reprenant les mêmes effectifs et certains des dirigeants du groupe dissous. Depuis 2021, Human Rights Watch documente les abus commis par l’armée malienne, les mercenaires russes et désormais l’Africa Corps lors d’opérations de contre-insurrection.
Des responsabilités qui pèsent sur Bamako et Moscou
Les autorités maliennes, dirigées par le président Assimi Goïta, sont accusées de complicité passive. En laissant l’Africa Corps agir en toute impunité, elles se rendent complices de crimes de guerre. Les entretiens menés par Human Rights Watch révèlent une chaîne de commandement claire : les soldats maliens présents sur place se limitaient à des tâches d’interprétation, tandis que les Russes dirigeaient l’opération. Un villageois a témoigné avoir vu un homme blanc, probablement un officier, donner ses ordres à coups de feu en l’air.
Les violations du droit international humanitaire sont flagrantes : exécutions sommaires, traitements cruels, destruction de biens civils. Les Conventions de Genève de 1949, ainsi que le droit de la guerre coutumier, interdisent ces agissements. Pourtant, aucune enquête crédible n’a été lancée à ce jour, ni par les autorités maliennes, ni par le ministère russe de la Défense, pourtant saisi des preuves.
Une population prise en étau
Les habitants de Bombori se retrouvent pris entre deux feux : d’un côté, les exactions du GSIM, de l’autre, la répression aveugle de l’Africa Corps. Aucun des deux camps ne respecte les lois de la guerre, laissant les civils sans défense. « Le massacre de Bombori est emblématique des atrocités commises au Mali », a souligné un chercheur spécialiste du Sahel. « Les villageois paient le prix d’un conflit où plus personne ne respecte les règles. »
Alors que les familles endeuillées enterrent leurs morts et tentent de reconstruire leur vie, une question persiste : combien de Bombori faudra-t-il encore pour que justice soit rendue ?
La dégradation continue des conditions sécuritaires au Burkina Faso expose les limites des stratégies actuelles de lutte contre les groupes armés. Récemment, le JNIM a revendiqué la prise de trois positions stratégiques tenues par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans la partie septentrionale du pays. Les assauts, d’une violence inouïe, ont particulièrement visé les localités de Séguénéga, en plein cœur du Yatenga, ainsi que Bourzanga, dans la province du Bam. Ces revers militaires soulignent l’incapacité croissante des forces de sécurité à consolider leurs gains territoriaux.
L’incapacité des autorités à garantir une sécurité durable dans les zones reconquises interroge. Les attaques répétées, la vulnérabilité persistante des postes avancés et la pression constante exercée sur les populations civiles démontrent que la réponse militaire seule est insuffisante. Une approche globale est indispensable, combinant protection des civils, renseignement fiable, approvisionnement régulier et présence étatique pérenne. Chaque perte territoriale ne se limite pas à un échec opérationnel : elle ébranle la confiance des habitants, favorise les déplacements de populations et entrave l’accès à l’aide humanitaire.
Les VDP, pilier de la stratégie sécuritaire nationale, se retrouvent en première ligne face à des groupes terroristes mobiles et déterminés. Leur engagement, bien que crucial, ne suffit pas à endiguer la progression des assaillants. Les autorités doivent impérativement renforcer leur soutien logistique et opérationnel pour éviter que ces revers ne deviennent systématiques.
Une communication politique en décalage avec les réalités du terrain
La réponse politique du capitaine Ibrahim Traoré face à cette escalade de violence suscite de vives interrogations. Plutôt que d’analyser objectivement les failles sécuritaires et de proposer des solutions concrètes, les interventions médiatiques du chef de l’État se caractérisent par leur manque de cohérence et leur tonalité populiste. Ces discours, perçus comme des tentatives d’esquive, visent davantage à détourner l’attention d’une population de plus en plus exaspérée qu’à apporter des réponses tangibles.
Dans un contexte aussi critique, les déclarations politiques ne peuvent se substituer aux actions sur le terrain. Les discours sur la souveraineté ou la rupture avec les anciennes alliances, bien que mobilisateurs pour certains, n’ont aucun impact concret sur la protection des villages, la sécurisation des axes routiers ou la prévention des attaques. Les Burkinabè attendent avant tout des résultats tangibles : des zones sécurisées, des déplacements de populations évités et des positions militaires défendues avec succès.
La véritable mesure de l’efficacité gouvernementale réside désormais dans la capacité à transformer les promesses en actions. Tant que les populations continueront à subir les conséquences directes des attaques, le débat ne portera plus sur la nature des discours, mais sur l’absence de résultats tangibles. Une stratégie sécuritaire crédible doit nécessairement inclure des résultats mesurables et une protection effective des civils.
Un espace médiatique asphyxié au service d’un récit national contrôlé
L’étouffement progressif de la liberté de la presse au Burkina Faso constitue une préoccupation majeure. Les journalistes et les voix dissidentes, autrefois actifs dans la couverture des crises, sont aujourd’hui confrontés à des pressions systématiques. Arrêtés, envoyés de force dans des centres de « rééducation » ou mobilisés contre leur gré sous prétexte de patriotisme, ils sont sanctionnés pour avoir simplement tenté de relater la réalité du terrain.
Cette restriction de l’information indépendante est d’autant plus alarmante que, dans un contexte de guerre, les médias libres jouent un rôle clé. Ils permettent d’évaluer les progrès, d’identifier les défaillances et d’alerter sur les difficultés rencontrées par les populations. Museler ces voix ne fait pas disparaître les problèmes ; cela creuse au contraire un fossé dangereux entre le récit officiel et les réalités vécues par les civils.
En contrôlant davantage le récit national, le pouvoir peut donner l’illusion d’une maîtrise de la crise, mais cela ne change rien à la réalité des attaques, des déplacements forcés et des pertes humaines. La transparence, l’évaluation critique et le débat public sont des outils indispensables pour ajuster les stratégies et corriger les erreurs. Refuser toute contradiction peut offrir un avantage politique à court terme, mais cela prive également les décideurs des informations nécessaires à l’amélioration de leur action.
L’urgence d’une stratégie sécuritaire transparente et responsable
Le paradoxe actuel est frappant : plus la situation exige de lucidité et de dialogue, plus l’espace réservé à la critique se réduit. Pourtant, une lutte antiterroriste efficace ne peut se passer ni de transparence ni de responsabilité. Reconnaître les échecs, analyser leurs causes et corriger rapidement les lacunes sont des étapes essentielles pour inverser la tendance.
En privant la population d’une information libre et objective, le pouvoir s’enferme dans une forme de déni qui ne résout en rien les défis sécuritaires. La fermeté et l’engagement des forces de sécurité restent indispensables, mais ils doivent s’accompagner d’une honnêteté intellectuelle et d’une volonté d’adaptation constante.
Au final, l’indicateur ultime de la réussite d’une stratégie sécuritaire réside dans la sécurité effective des populations. Tant que les groupes armés conservent la capacité de frapper, de progresser ou de maintenir une pression constante sur certaines régions, les autorités devront rendre des comptes sur l’efficacité réelle de leurs actions. Les belles paroles et les slogans ne suffisent pas à gagner une guerre ; seule une approche globale, transparente et ancrée dans les réalités du terrain peut y parvenir.
Amadou Ba de Pastef éclaire les échanges entre Sonko et Aminata Touré
Le député de Pastef-Les Patriotes révèle des propos tenus par l’ancienne Première ministre lors d’un échange téléphonique avec Ousmane Sonko, alors incarcéré.
Lors d’une conférence de presse organisée par Pastef-Les Patriotes, le député Amadou Ba a dévoilé des éléments inédits concernant les communications téléphoniques entre Ousmane Sonko et Aminata Touré, survenues durant la détention du leader de l’opposition. Ces révélations s’inscrivent dans le cadre d’une défense musclée du Premier ministre Bassirou Diomaye Faye, actuellement au cœur d’une polémique sur la gestion des deniers publics.
D’après les propos rapportés par Amadou Ba, Aminata Touré aurait exprimé des critiques acerbes envers Bassirou Diomaye Faye lors de cet appel. « Bassirou Diomaye Faye est incapable de diriger ce pays. Si tu le laisses à ce poste, il ne tiendra pas deux ans », aurait-elle confié à Ousmane Sonko. Une déclaration que le parlementaire qualifie aujourd’hui de profondément contradictoire avec les prises de position actuelles d’Aminata Touré, qu’il accuse de vouloir « réécrire l’histoire » pour s’adapter aux évolutions du paysage politique sénégalais.
Face à l’intensité des tensions entre les deux camps, Amadou Ba a appelé à la modération, rejetant toute velléité de confrontation violente. « Certains tentent de nous pousser vers l’affrontement direct, mais nous refuserons cette voie », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de Pastef à privilégier le dialogue politique plutôt que l’escalade.