Auteur/autrice : nigeractu

  • Taxe sur les téléphones : le Niger face à son paradoxe numérique

    Taxe sur les téléphones : le Niger face à son paradoxe numérique

    taxe sur les téléphones : le Niger face à son paradoxe numérique

    Les ambitions numériques du Niger se heurtent à une réalité brutale : taxer l’outil qui devrait permettre de les concrétiser. Une décision aux conséquences immédiates pour des millions de citoyens dépendants de leur smartphone.

    quand l’État nigérien sabote sa propre stratégie numérique

    Au Niger, comme ailleurs en Afrique, le téléphone portable est bien plus qu’un appareil : c’est un levier d’inclusion sociale et d’accès aux services essentiels. Pour les étudiants, les commerçants, les agriculteurs ou les travailleurs informels, il représente souvent le seul moyen de participer à l’économie moderne. Pourtant, une mesure récente vient d’en faire un obstacle supplémentaire.

    Avec une taxe équivalente à 33,33% de la valeur déclarée des téléphones, l’État nigérien applique un prélèvement direct sur l’outil qui devrait justement faciliter l’accès à la connectivité. Entre 1 670 FCFA pour un appareil d’entrée de gamme et 135 000 FCFA pour un smartphone haut de gamme, cette taxe frappe tous les niveaux de la société, sans distinction.

    Cette politique interroge : comment construire une économie numérique solide quand l’outil fondamental de cette transition est lui-même taxé ?

    une taxe sans alternative : l’exclusion organisée

    Le paradoxe est d’autant plus saisissant que le Niger, comme beaucoup de pays africains, ne produit aucun téléphone portable. Aucune usine locale, aucun projet d’assemblage en cours. Les citoyens nigériens n’ont donc d’autre choix que d’importer ces appareils, puis de payer une taxe pour simplement les utiliser sur leur propre territoire.

    Cette situation place les Nigériens dans une position intenable : contraints d’acheter des produits importés, ils subissent ensuite une surcharge fiscale sans contrepartie industrielle. Aucune substitution n’est possible, aucune industrie locale ne se développe pour absorber cette taxe. L’État nigérien ne protège ni ne stimule aucune production nationale : il ponctionne directement les ressources de ses citoyens.

    Pourtant, la logique économique voudrait qu’une taxe sur les importations serve à protéger ou développer une industrie locale. Ici, ce n’est pas le cas. La mesure se résume à une prélèvement fiscal pur, sans vision industrielle sous-jacente.

    le téléphone, premier pas vers une fracture numérique élargie

    Cette taxe sur les téléphones portables n’est pas une mesure isolée. Elle ouvre la porte à une réflexion plus large : quels seront les prochains appareils taxés ?

    Si le téléphone, outil accessible au plus grand nombre, est aujourd’hui concerné, pourquoi les ordinateurs portables, les tablettes ou les équipements professionnels ne le seraient-ils pas demain ? Une telle trajectoire fiscale ne peut que creuser encore davantage la fracture numérique entre ceux qui ont les moyens de se connecter et ceux qui en sont exclus.

    Chaque nouvelle taxe devient un frein supplémentaire à l’ambition numérique nigérienne. Or, une population connectée est une population plus productive, plus compétitive et mieux informée.

    un choix contre-productif aux conséquences durables

    Les rapports sur le développement numérique en Afrique sont unanimes : un citoyen connecté est un citoyen qui contribue au progrès. Le téléphone portable est aujourd’hui l’outil indispensable pour accéder à l’éducation, aux services bancaires, aux informations agricoles ou aux démarches administratives.

    Taxer cet outil, c’est taxer l’accès à la modernité. C’est rendre le Niger moins compétitif face à ses voisins, moins attractif pour les investisseurs, et surtout moins inclusif pour ses propres citoyens. Une telle mesure ne s’inscrit pas dans une logique de développement, mais dans une stratégie de prélèvement à court terme, au détriment des ambitions à long terme.

    Le Niger a besoin de connectivité, pas de barrières. Il a besoin d’outils accessibles, pas de taxes supplémentaires. Si l’État nigérien veut vraiment construire une économie numérique, il doit repenser cette mesure et faciliter l’accès aux technologies plutôt que de le compliquer.

  • Bénin et Togo : une nouvelle dynamique de partenariat sous le signe de la coopération renforcée

    Bénin et Togo : une nouvelle dynamique de partenariat sous le signe de la coopération renforcée

    Une visite historique pour relancer les relations bilatérales

    Une page importante vient d’être tournée entre le Bénin et le Togo. Romuald Wadagni, nouveau Président béninois, a effectué ce 3 juin une visite d’amitié et de travail à Lomé. Une rencontre qualifiée de « première tournée régionale » par la Présidence béninoise, mais présentée comme une invitation officielle par son homologue togolais, Faure Gnassingbé. Une chose est sûre : les deux États affichent une volonté commune de réinventer leur collaboration.

    Des liens historiques à renforcer pour un avenir commun

    Cette visite s’inscrit dans un contexte de « relations séculaires marquées par l’amitié, la fraternité et la solidarité ». Un communiqué conjoint publié à l’issue de l’entretien souligne la volonté des deux dirigeants de « consolider leur partenariat stratégique au service du développement et du bien-être de leurs populations ». Une ambition partagée, selon les termes mêmes des deux chefs d’État.

    « Les peuples béninois et togolais entretiennent des liens de voisinage et de coexistence harmonieuse depuis des générations », ont-ils rappelé. Une proximité qu’ils s’engagent à préserver et à renforcer, notamment à travers un dialogue politique permanent. Un outil jugé indispensable pour prévenir les tensions, favoriser la paix et renforcer la confiance mutuelle entre les deux nations.

    Économie et sécurité : les piliers d’une coopération ambitieuse

    Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre les deux pays n’ont cessé de progresser. Une dynamique que les dirigeants entendent amplifier. Objectif : renforcer les infrastructures de connectivité, fluidifier les échanges transfrontaliers et attirer davantage d’investissements privés. Une stratégie visant à créer des complémentarités économiques durables.

    Côté sécurité, la menace terroriste et la criminalité transfrontalière restent des sujets de préoccupation majeurs. Face à ces défis, le Bénin et le Togo ont réaffirmé leur détermination à intensifier leur coopération sécuritaire. Cela passera notamment par un échange renforcé de renseignements et une meilleure sécurisation de leurs frontières communes.

    Vers une visite officielle au Bénin ?

    À l’issue de ce déplacement éclair, Romuald Wadagni a invité Faure Gnassingbé à effectuer une visite officielle au Bénin. Les modalités et la date de ce déplacement seront déterminées d’un commun accord par la voie diplomatique. Une première depuis dix ans, Faure Gnassingbé n’ayant jamais foulé le sol béninois sous la présidence de Patrice Talon.

    Cette rencontre marque ainsi un tournant dans les relations entre les deux pays. Une volonté claire de tourner la page et d’écrire ensemble un nouveau chapitre, plus ambitieux et plus solidaire.

  • Le Bénin et la Côte d’Ivoire scellent une alliance économique inédite sous Wadagni

    Le Bénin et la Côte d’Ivoire scellent une alliance économique inédite sous Wadagni

    À l’aube de son mandat présidentiel, Romuald Wadagni a opté pour une destination stratégique : la Côte d’Ivoire. Son déplacement officiel à Abidjan, dès les premiers mois de sa prise de fonction, ne relève pas d’un simple geste protocolaire. Il s’agit d’un choix diplomatique et économique mûrement réfléchi, porteur d’une vision ambitieuse pour le Bénin.

    Abidjan, un modèle à suivre pour le développement économique

    En se rendant dans la capitale ivoirienne, le président béninois Romuald Wadagni ne se contente pas de visiter un pays voisin. Il s’inspire d’un modèle de réussite reconnu à l’échelle continentale. Sous la direction du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme un pilier de la croissance en Afrique de l’Ouest, notamment au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

    Les indicateurs sont parlants : une croissance soutenue, des infrastructures modernes et une attractivité économique en constante progression. Pour un homme d’affaires comme Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances, cette rencontre représente bien plus qu’un déplacement diplomatique. C’est l’opportunité de dialoguer avec un dirigeant dont la méthode de gestion a fait ses preuves, alliant pragmatisme, rigueur budgétaire et vision à long terme.

    Un partenariat sous le signe de l’intégration régionale

    Ce rapprochement entre Cotonou et Abidjan s’inscrit dans un contexte où les enjeux de sécurité, d’intégration économique et de transition industrielle dominent l’agenda ouest-africain. Le Bénin, qui mise sur des réformes structurelles et des projets d’envergure comme la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), trouve dans la Côte d’Ivoire un partenaire de choix pour renforcer sa position régionale.

    Les retombées attendues de cette collaboration sont multiples et s’articulent autour de plusieurs axes prioritaires :

    • Synergie économique et financière : Harmonisation des politiques de gestion de la dette, attractivité accrue pour les investissements étrangers et renforcement du marché financier régional.
    • Échanges d’expertise institutionnelle : Apprentissage des stratégies de relance économique et des grands chantiers ayant propulsé la Côte d’Ivoire parmi les économies les plus dynamiques du continent.
    • Coopération sécuritaire renforcée : Renforcement des positions communes face aux défis géopolitiques actuels en Afrique de l’Ouest.

    Une diplomatie tournée vers l’excellence et la performance

    Ce déplacement inaugural à Abidjan trace les grandes lignes de la politique étrangère du Bénin sous Romuald Wadagni. En privilégiant des partenariats avec des économies performantes comme celle de la Côte d’Ivoire, le chef de l’État béninois affirme sa volonté de placer son pays sur la scène internationale, aux côtés des acteurs majeurs du développement africain.

    En s’appuyant sur l’expertise et le réseau d’Alassane Ouattara, Romuald Wadagni envoie un message clair : le Bénin entend s’inscrire dans une dynamique de croissance durable, en s’alliant avec des partenaires fiables et ambitieux. Cotonou et Abidjan, deux capitales économiques de l’Afrique de l’Ouest, semblent ainsi engagées dans une nouvelle ère de collaboration, dont les retombées pourraient bien redessiner l’équilibre régional.

  • Autonomie des banques centrales : l’impact sur la stabilité monétaire au Maroc et en afrique du nord

    Autonomie des banques centrales : l’impact sur la stabilité monétaire au Maroc et en afrique du nord

    Une analyse récente de l’influence des Banques centrales sur la maîtrise de l’inflation et leur résilience face aux chocs économiques révèle des enseignements clés pour les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Selon les conclusions d’un rapport dédié, une autonomie renforcée des institutions monétaires permet non seulement de mieux contrôler les pressions inflationnistes, mais aussi de renforcer la stabilité des économies face aux aléas conjoncturels.

    L’étude approfondie s’intéresse particulièrement aux liens entre la politique budgétaire et la politique monétaire, deux leviers essentiels pour la santé économique d’un pays. Pour évaluer cette relation, le Fonds monétaire international utilise un indicateur précis : les créances nettes du système bancaire sur l’État, exprimées en pourcentage du PIB. Cet outil permet d’identifier les pays où le financement public par le secteur bancaire dépasse les seuils régionaux, un phénomène qualifié de dominance fiscale. Parmi les pays concernés figurent le Maroc, l’Égypte, la Jordanie, l’Algérie et le Pakistan, où l’endettement public auprès des banques est particulièrement élevé.

    Cette dynamique s’installe lorsque les besoins de financement de l’État dictent les orientations de la politique monétaire. Par exemple, les autorités peuvent être incitées à maintenir des taux d’intérêt bas ou à financer directement le gouvernement, au détriment de la stabilité monétaire. Une telle situation risque d’altérer la transmission des décisions de la Banque centrale, d’alimenter les tensions inflationnistes et de fragiliser la crédibilité des institutions monétaires.

    Le rapport met également en garde contre les conséquences d’un endettement public excessif sur le secteur privé. En effet, lorsque les banques privilégient les titres d’État, l’accès au crédit pour les entreprises se réduit, ce qui freine l’investissement et, in fine, la croissance économique.

    Les exemples de l’Égypte et du Pakistan illustrent ce phénomène. Dans ces pays, une dette intérieure élevée a entravé la capacité des Banques centrales à ajuster leurs taux directeurs en temps voulu, prolongeant ainsi l’inflation malgré une atténuation des tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

    vers une indépendance accrue des institutions monétaires

    Face à ces défis, le FMI propose une feuille de route pour renforcer l’autonomie des Banques centrales. À court terme, l’institution recommande de renforcer leur cadre juridique afin de les protéger des pressions politiques. Cela passe par la mise en place de mécanismes de transparence dans la nomination des dirigeants et des membres des conseils, l’allongement des mandats pour les soustraire aux cycles électoraux, et une réduction de la représentation gouvernementale dans les instances décisionnelles.

    Sur le moyen terme, l’accent est mis sur l’amélioration de la transparence, de la redevabilité et de la communication des Banques centrales. Ces réformes doivent être adaptées aux réalités institutionnelles de chaque pays, car leurs effets ne se manifestent qu’à moyen ou long terme. En effet, les délais nécessaires à l’adoption de nouvelles législations et l’écart entre l’indépendance formelle et son application concrète expliquent cette temporalité.

    En conclusion, l’étude du FMI souligne que l’indépendance des Banques centrales, lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre monétaire robuste, est un levier essentiel pour une gestion efficace de l’inflation et une meilleure résilience face aux crises. Cette autonomie permet non seulement de préserver la stabilité des prix, mais aussi de renforcer la confiance des marchés et des investisseurs.

  • Gabon : la hac et meta échangent sur la régulation des réseaux sociaux

    Gabon : la hac et meta échangent sur la régulation des réseaux sociaux

    Lors de la conférence internationale « Abidjan 2 », dédiée à la régulation de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon, Germain Ngoyo Moussavou, a rencontré les dirigeants de Meta. L’enjeu majeur de ces échanges : la suspension des réseaux sociaux au Gabon et les pistes pour un encadrement juridique renforcé de l’espace numérique.

    Du 1er au 3 juin 2026, Abidjan a accueilli cette rencontre placée sous l’égide du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) et du Réseau Francophone des Régulateurs des Médias (REFRAM). Y participaient régulateurs, experts du numérique et représentants des grandes plateformes mondiales. Les débats ont couvert l’intelligence artificielle, la modération des contenus et la liberté de communication, avec une attention particulière portée aux défis africains.

    La suspension des réseaux sociaux au cœur des échanges

    En marge des travaux, Germain Ngoyo Moussavou a discuté avec Mme Balkissa Idé Siddo, directrice des politiques publiques de Meta pour l’Afrique subsaharienne, et Serge Mbengue, représentant de l’entreprise en Afrique de l’Ouest. Selon le communiqué officiel de la HAC, les discussions ont porté sur la suspension des réseaux sociaux au Gabon.

    Meta a reconnu « la légitimité de cette décision souveraine de l’État gabonais » tout en soulignant sa compréhension des raisons invoquées par les autorités. La plateforme a également réaffirmé son intérêt pour les initiatives réglementaires en cours au Gabon, visant à mieux encadrer l’utilisation des réseaux sociaux et des outils numériques.

    Vers une collaboration renforcée ?

    Bien que Meta ait exprimé son souhait de voir la mesure de suspension levée, l’entreprise a réitéré sa volonté de maintenir un dialogue constructif avec la HAC. L’objectif ? Optimiser la modération des contenus liés au Gabon et renforcer la coopération entre la plateforme et le régulateur local.

    Cette rencontre survient dans un contexte où les enjeux de régulation numérique gagnent en importance sur le continent africain. Les participants à la conférence « Abidjan 2 » ont adopté une déclaration finale encourageant le renforcement des compétences des régulateurs, l’adoption de cadres juridiques adaptés à l’IA et aux réseaux sociaux, ainsi qu’une meilleure intégration des langues africaines dans les outils numériques. Au-delà du cas gabonais, cette initiative reflète la volonté des États africains de reprendre le contrôle de leur espace numérique tout en collaborant avec les acteurs globaux du secteur.

  • Tensions politiques au Sénégal entre sonko et le gouvernement faye

    Tensions politiques au Sénégal entre sonko et le gouvernement faye

    Tensions politiques au Sénégal : Sonko critique la gouvernance du gouvernement Faye

    La rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye s’est matérialisée publiquement lors d’une conférence de presse organisée à Dakar. L’ancien Premier ministre a détaillé les raisons qui ont conduit le parti Pastef-Les Patriotes à décliner l’invitation de participer au nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lô.

    Divergences majeures sur la gestion du pays

    Les discussions entre Sonko et le chef de l’État ont révélé des divergences profondes sur plusieurs axes stratégiques. Parmi les points les plus sensibles, on retrouve :

    • La réforme de la justice, jugée insuffisante par l’opposition pour restaurer la confiance dans les institutions
    • La reddition des comptes et la lutte contre la corruption, perçues comme des priorités non respectées
    • La renégociation des contrats économiques, considérés comme désavantageux pour le Sénégal
    • La gestion de la dette publique, dont l’impact sur l’économie nationale suscite de vives inquiétudes

    Manque de garanties et désaccords sur la gouvernance

    Ousmane Sonko a souligné l’absence de garanties concrètes concernant les engagements financiers du gouvernement actuel. Il a également pointé du doigt les relations tendues avec les partenaires internationaux, mettant en garde contre une dégradation de la crédibilité du pays. Par ailleurs, il a critiqué la politique de subventions, estimant qu’elle ne répondait pas aux besoins réels des populations.

    Sur le plan judiciaire, le dirigeant du Pastef a exprimé ses réserves quant à la vision défendue par le pouvoir. Pour lui, les réformes en cours ne garantissent pas une justice indépendante, essentielle pour la stabilité du pays.

    Composition du gouvernement : un désaccord persistant

    La répartition des postes ministériels a également alimenté les tensions. Ousmane Sonko a insisté sur le fait que son parti, majoritaire à l’Assemblée nationale, aurait dû obtenir une représentation significative au sein de l’exécutif. Selon lui, une participation sans contrôle d’au moins la moitié des ministères aurait affaibli l’influence du Pastef.

    Malgré la présence de plusieurs figures proches de son mouvement dans le gouvernement, il a contesté la légitimité de cette équipe, jugeant sa composition déséquilibrée. Toutefois, il a rassuré sur l’absence d’intention de déstabiliser l’exécutif, excluant pour l’instant toute motion de censure.

    Un climat politique chargé d’incertitudes

    Cette prise de position marque une escalade des tensions au sommet de l’État. Elle annonce une période d’incertitude dans les relations entre la présidence et le parti majoritaire, qui a pourtant joué un rôle clé dans l’alternance politique de 2024. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’avenir du gouvernement actuel et la cohésion nationale.

  • Visite d’état du président gabonais en France : un tournant diplomatique

    Visite d’état du président gabonais en France : un tournant diplomatique

    Visite d’État du président gabonais en France : un tournant diplomatique

    Libreville, 20 juillet 2026 — La visite d’État que le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema effectuera en France s’annonce comme un moment charnière dans l’histoire des relations franco-gabonaises. Bien au-delà d’une simple formalité protocolaires, cet événement diplomatique intervient à un moment où l’Afrique centrale, comme le reste du continent, redessine ses alliances géopolitiques.

    Lors de son entretien télévisé, le chef de l’État gabonais a confirmé que cette rencontre avec son homologue français scellera une nouvelle dynamique, fondée sur une coopération équilibrée et mutuellement avantageuse. Une approche qui tranche avec les tensions observées ailleurs entre d’autres pays africains et la France.

    « Les relations entre le Gabon et la France sont au beau fixe », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la volonté de Libreville de maintenir un partenariat stratégique, malgré les mutations du paysage international. Cette visite pourrait ainsi marquer le début d’un nouveau chapitre dans les relations entre les deux nations.

    Une histoire diplomatique en pleine recomposition

    Depuis l’indépendance du Gabon en 1960, Paris et Libreville ont entretenu des liens étroits, structurés autour de plusieurs axes majeurs : sécurité, économie, éducation et présence militaire française. Sous les présidences successives de Léon Mba, Omar Bongo Ondimba et Ali Bongo Ondimba, la coopération franco-gabonaise était perçue comme l’une des plus stables d’Afrique.

    Pourtant, le contexte a radicalement changé. L’émergence de nouveaux partenaires comme la Chine, les Émirats arabes unis, la Turquie ou l’Inde a bouleversé les équilibres traditionnels. Les États africains, dont le Gabon, revendiquent désormais une plus grande autonomie dans la gestion de leurs ressources et de leur diplomatie.

    La relation avec la France n’est plus uniquement basée sur des héritages historiques. Elle évolue vers un modèle de collaboration axé sur la complémentarité économique, le transfert de savoir-faire et le développement local.

    La question sécuritaire : entre héritage et souveraineté

    L’un des sujets les plus scrutés lors de cette visite sera la coopération militaire. Interrogé sur la réorganisation des forces françaises stationnées au camp de Gaulle à Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à clarifier la situation. « Nous ne les avons pas chassés », a-t-il insisté, précisant que cette réorganisation était une initiative française et non le résultat d’un désaccord entre les deux pays.

    Alors que plusieurs pays du Sahel ont rompu leurs accords de défense avec la France, le Gabon adopte une position pragmatique. Le maintien d’un contingent réduit, principalement dédié à la formation des armées gabonaises, illustre cette volonté de préserver les acquis tout en renforçant l’autonomie nationale.

    La transformation du camp de Gaulle en un centre de formation national, avec un changement de nom pour effacer toute référence au général de Gaulle, envoie un message fort : celui d’une souveraineté revendiquée sans rejet de la coopération.

    Économie : vers un partenariat plus équilibré

    Au-delà des aspects symboliques ou sécuritaires, l’enjeu principal réside dans le domaine économique. La France reste l’un des premiers investisseurs étrangers au Gabon, avec une présence marquée dans des secteurs stratégiques. Cependant, Libreville souhaite désormais que cette collaboration génère davantage de retombées locales.

    Les dernières discussions ont porté sur la transformation locale des matières premières, la création d’emplois et le développement industriel. La rencontre entre Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron devrait permettre d’avancer sur ces sujets dans un esprit renouvelé, où l’objectif n’est plus seulement d’attirer des capitaux, mais de bâtir une économie plus diversifiée et inclusive.

    Un modèle de coopération pour le XXIe siècle

    Cette visite d’État intervient à un moment décisif. Le Gabon cherche à concilier souveraineté et développement, tandis que la France tente de réinventer sa présence en Afrique, dans un contexte où son influence historique est remise en question.

    Les relations entre Paris et Libreville ne peuvent plus se contenter des schémas du passé. Elles doivent désormais reposer sur un équilibre des pouvoirs, une reconnaissance mutuelle et des intérêts partagés. En organisant cette visite et en réaffirmant publiquement la solidité des liens franco-gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’une nouvelle ère diplomatique.

    Le succès de ce sommet ne se mesurera pas uniquement aux déclarations officielles ou aux images protocolaires. Il dépendra de la capacité des deux pays à transformer une longue histoire commune en un partenariat moderne, stratégique et gagnant-gagnant. Un défi que Paris et Libreville devront relever ensemble pour prouver que la coopération franco-gabonaise peut encore servir de référence en Afrique au XXIe siècle.

  • Un média nigérien salue la diplomatie d’action du Président Tebboune

    Un média nigérien salue la diplomatie d’action du Président Tebboune

    Algérie/Niger

    Un média nigérien salue la diplomatie d’action du Président Tebboune

    jeudi 04 juin 2026 12:20

    NIAMEY – Un média nigérien a salué la diplomatie d’action du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, mettant en avant les résultats concrets enregistrés dans le cadre du renforcement de la coopération entre l’Algérie et le Niger, notamment dans les domaines énergétique et pétrolier.

    Algérie Niger
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    Dans le quartier de Kobontafa, situé à quelques encablures de l’aéroport international de Niamey, les résidents s’affairent à récupérer les matériaux de leurs logements avant leur démolition programmée. Toits, fenêtres et portes s’entassent dans un ballet organisé, alors que les autorités nigériennes ont lancé une opération d’ampleur contre les constructions illégales empiétant sur l’emprise aéroportuaire.

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    Une zone orientale identifiée comme point d’infiltration

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    Un risque pour le statut international de l’aéroport

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    Gabon : l’appel de Minlama Mintogo à ne pas confisquer le mandat de transition

    Après de longs mois de silence, Dieudonné Minlama Mintogo brise l’attente pour livrer un message fort aux nouvelles autorités gabonaises. Dans une prise de parole remarquée, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 met en garde contre une dérive préoccupante : la transformation du mandat historique de Brice Clotaire Oligui Nguema en instrument au service d’un seul parti.

    Pour l’opposant, le véritable enjeu ne se situe ni dans l’économie ni dans les institutions, mais bien dans la préservation de la nature même du pouvoir issu du scrutin d’avril 2025. Avec un score avoisinant les 94 % des voix, le président de la République incarne selon lui une légitimité exceptionnelle, bien au-delà des clivages partisans.

    Un suffrage qui dépasse les clivages politiques

    Dieudonné Minlama Mintogo insiste sur un point essentiel : le vote massif en faveur du chef de l’État ne saurait être réduit à une victoire électorale classique. Il symbolise plutôt l’aboutissement d’un mouvement national né du 30 août 2023 et consolidé par le retour à l’ordre constitutionnel. « Réduire ce mandat à une victoire partisane serait une erreur stratégique et historique », alerte-t-il.

    Son inquiétude ? Voir l’espace politique se refermer progressivement, marginalisant ainsi les nombreux acteurs – responsables politiques, société civile, citoyens engagés – qui ont porté la Transition ou accompagné sa mise en œuvre. Une logique d’exclusion, selon lui, fragiliserait l’élan de rassemblement qui a permis la naissance de la Ve République.

    La nécessité d’une gouvernance inclusive

    Pour l’ancien opposant, la force du projet d’Oligui Nguema réside dans sa capacité à transcender les divisions traditionnelles. La Transition a été soutenue par des sensibilités variées, unies par un objectif commun : tourner définitivement la page des divisions passées. Toute approche excluant une partie de la classe politique ou de la société civile risquerait de compromettre cette dynamique.

    Le défi des années à venir ? Construire une gouvernance ouverte, capable d’associer les différentes compétences du pays au-delà des étiquettes partisanes. « Le succès de la Ve République dépendra de la capacité à préserver cet esprit d’unité nationale », souligne-t-il.

    Un mandat populaire à assumer, pas à exploiter

    Au cœur du message de Minlama Mintogo se trouve une mise en garde claire : les 94 % obtenus dans les urnes ne constituent pas un capital politique à mobiliser à des fins partisanes. Ils représentent avant tout une responsabilité historique à porter avec humilité et vision.

    En effet, le président gabonais a été élu en tant que figure de rassemblement, et non comme représentant d’un seul camp. Son mandat doit rester un symbole d’unité, et non un outil de division. Un avertissement qui rappelle à tous les acteurs politiques l’impérieuse nécessité de placer l’intérêt national au-dessus des intérêts particuliers.

  • Mali : la junte offre des millions pour la capture de chefs jihadistes

    Mali : la junte offre des millions pour la capture de chefs jihadistes

    Ancien rebelle touareg et diplomate malien, Iyad Ag Ghaly dirige aujourd’hui le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), créé en 2017. Considéré comme l’ennemi public numéro un du Sahel, il cumule les sanctions internationales : liste noire de l’ONU, désignation comme « terroriste » par les États-Unis et mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent après des attaques jihadistes d’une rare intensité les 25 et 26 avril. Ces assauts, menés par le JNIM en collaboration avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), une rébellion touareg, ont ciblé des infrastructures stratégiques dans plusieurs régions. Parmi les victimes, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, 47 ans, figure centrale de la junte au pouvoir à Bamako, a péri dans un attentat-suicide.

    Des primes record pour des responsables jihadistes et rebelles

    Face à cette escalade, le gouvernement malien a annoncé une série de primes exceptionnelles. Dans un communiqué diffusé à la télévision nationale, il propose des récompenses financières pour la capture ou l’élimination de six responsables, dont Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa, deux cadres du JNIM, ainsi que Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Cherif, dirigeants du FLA.

    Amadou Kouffa est désormais traqué pour une prime de 2,2 millions d’euros, tandis que les deux autres chefs rebelles voient leur tête mise à prix pour des montants tout aussi élevés. « Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile offre une récompense à toute personne fournissant des informations permettant l’arrestation ou la neutralisation de ces individus », précise le communiqué officiel.

    Les cibles sont accusées d’avoir « planifié, organisé et exécuté des actes de terrorisme ayant porté atteinte à la sécurité des populations et des biens sur l’ensemble du territoire national », selon les autorités.

    Le Mali en proie à une insécurité chronique

    Depuis 2012, le Mali est plongé dans une spirale de violences impliquant le JNIM, la faction locale de l’État islamique, ainsi que des milices communautaires. Ces groupes armés ont multiplié les attaques, déstabilisant davantage un pays déjà fragilisé par des crises politiques successives. Les autorités maliennes, déterminées à enrayer cette menace, intensifient leurs mesures répressives, mais la situation reste extrêmement volatile.