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  • L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

    L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

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    Le Président Goïta initie un programme ambitieux pour les infrastructures de santé au Mali

    Le 10 novembre 2025, à Bamako, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a officiellement inauguré le Projet présidentiel d’urgence hospitalière en posant sa première pierre. Cette cérémonie significative, qui s’est déroulée au Centre de santé de référence de Korofina, dans la Commune I du District de Bamako, marque le coup d’envoi d’une vaste initiative visant à transformer et à moderniser le système de santé malien.

    La Ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, a souligné que ce programme s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées lors des États généraux de la santé de décembre 2024. Ces assises avaient clairement mis en évidence l’impératif d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des services médicaux pour l’ensemble de la population malienne.

    Une restructuration profonde des infrastructures hospitalières

    Ce projet d’envergure, selon les précisions de la Ministre Touré, vise une « modernisation et restructuration » fondamentale de l’appareil hospitalier national. Il prévoit la construction de 15 nouvelles structures hospitalières et la conversion des Centres de santé de référence (CSREF) du district de Bamako en véritables hôpitaux de district. Le financement de ces travaux est entièrement assuré par le budget national. Les chantiers à Bamako devraient être achevés en 12 mois, tandis que ceux des régions s’étendront sur 24 mois.

    Le Projet présidentiel d’urgence hospitalière se décline en trois axes stratégiques majeurs pour une meilleure couverture sanitaire :

    1. La mutation des CSREF des sept arrondissements de Bamako en hôpitaux de district pleinement opérationnels.
    2. L’édification de nouveaux hôpitaux de district dans les localités stratégiques de Bla et Kangaba.
    3. La construction d’hôpitaux régionaux modernes dans les villes de San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro, Bandiagara et Koulikoro.

    Ces futures infrastructures médicales seront dotées d’équipements de pointe, offriront des capacités d’hospitalisation significativement accrues et proposeront des services spécialisés. Il est notamment prévu l’intégration d’unités d’hémodialyse au sein des hôpitaux des 1er et 6e arrondissements de Bamako, répondant ainsi à un besoin crucial.

    Engagement présidentiel et suivi rigoureux des chantiers

    À l’issue de la cérémonie inaugurale, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a réaffirmé que la santé est un pilier indispensable au développement socio-économique du Mali. Il a instruit la Ministre de la Santé de garantir la continuité des services publics durant la période des travaux et d’assurer un respect scrupuleux des délais contractuels. Le Président a également insisté sur la vocation humaine de ce projet : rendre les soins de qualité plus accessibles aux populations, réduire le nombre d’évacuations sanitaires coûteuses et désengorger les établissements de santé existants.

  • Mali : libération immédiate de moussa mara et respect des droits humains

    Mali : libération immédiate de moussa mara et respect des droits humains

    Mali : la condamnation de moussa mara, symbole d’une justice défaillante et d’une répression politique

    L’ancien premier ministre malien Moussa Mara a été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA (762 euros), pour des accusations d’atteinte au crédit de l’État. Cette sentence, qualifiée de parodie de justice par Amnesty International, s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les voix critiques et les opposants politiques au Mali. Les autorités maliennes sont appelées à libérer immédiatement Moussa Mara, ainsi que tous les détenus arbitrairement incarcérés pour leurs opinions politiques.

    « Cette condamnation illustre le mépris persistant des autorités maliennes envers les obligations internationales en matière de droits humains, notamment la Constitution malienne, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques », a souligné Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Il a également rappelé que les autorités doivent cesser de museler les critiques et garantir la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique pour tous les citoyens.

    Les détentions arbitraires, les disparitions forcées et l’utilisation abusive du système pénal ne doivent plus servir à réduire au silence les opposants pacifiques au Mali.

    Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

    moussa mara : un ancien premier ministre ciblé pour ses prises de position

    Ancien chef du gouvernement entre avril 2014 et janvier 2015, Moussa Mara est également président du parti d’opposition Yéléma. Son arrestation, intervenue le 1er août, fait suite à un tweet publié le 4 juillet, dans lequel il exprimait sa solidarité avec plusieurs activistes et politiciens emprisonnés. Dans ce message, il évoquait une « nuit » et promettait de se battre « par tous les moyens pour que le soleil apparaisse ». Il a été accusé d’atteinte au crédit de l’État, d’incitation au trouble à l’ordre public et d’opposition à l’autorité légitime.

    répression des voix critiques : des cas emblématiques de violations des droits humains

    él béchir thiam : journaliste enlevé et libéré après quatre mois de détention

    Le 8 mai 2025, El Béchir Thiam, journaliste et membre du parti Yéléma, a été enlevé par des hommes cagoulés se présentant comme des agents des services de renseignement. Ce kidnapping est intervenu après une prise de parole publique où il critiquait la décision du parlement de transition d’accorder un nouveau mandat de cinq ans au gouvernement militaire. Son lieu de détention était inconnu pendant des mois, et les autorités n’ont pas reconnu sa détention ni fourni d’informations à ce sujet. Libéré le 26 septembre après quatre mois de disparition forcée, il a porté plainte pour enlèvement dès le 17 juillet.

    clément dembélé : activiste anti-corruption toujours détenu malgré un non-lieu

    Clément Dembélé, figure de la lutte contre la corruption, a été arrêté en novembre 2023 alors qu’il s’apprêtait à organiser une conférence de presse pour dénoncer les coupures d’électricité récurrentes. Accusé d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre du chef de l’État Assimi Goïta et de sa famille, il a bénéficié d’un rejet des accusations par un juge d’instruction en avril 2025. Pourtant, il reste incarcéré de manière arbitraire, malgré cette décision.

    L’expert indépendant des Nations unies sur le Mali avait déjà dénoncé en août et septembre 2025 la disparition forcée d’El Béchir Thiam et l’arrestation arbitraire de Clément Dembélé, exigeant leur libération immédiate et inconditionnelle.

    rokiatou doumbia, mohamed youssouf bathily et adama diarra : d’autres victimes de la répression

    Rokiatou Doumbia, connue sous le nom de « Rose Vie Chère » ou « Tantie Rose », a été arrêtée en mars 2023 pour avoir dénoncé la dégradation de la situation sécuritaire et la hausse du coût de la vie depuis le coup d’État de 2020. Condamnée à un an de prison pour « incitation à la révolte » et « atteinte au crédit de l’État », elle est toujours détenue arbitrairement malgré l’expiration de sa peine initiale.

    Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath », animateur radio et activiste, a été arrêté en mars 2023 après avoir qualifié de « assassinat » la mort en détention de l’ancien premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga. Condamné à 18 mois de prison pour « simulation d’infraction », il a purgé sa peine mais reste incarcéré pour de nouvelles accusations, dont « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’État ».

    Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », a été arrêté en septembre 2023 après avoir appelé au rétablissement d’un régime civil constitutionnel. Condamné à deux ans de prison pour « atteinte au crédit de l’État », sa demande de libération provisoire a été rejetée en février 2025. Il est toujours détenu de manière arbitraire.

    issa kaou n’djim : un ancien membre du cnt condamné pour avoir questionné une déclaration officielle

    Issa Kaou N’Djim, ancien membre du Conseil national de transition (cnt), a été condamné à deux ans de prison en novembre 2024 après avoir remis en cause la véracité d’une déclaration des autorités burkinabè concernant une tentative de coup d’État. Arrêté suite à une plainte déposée par le Burkina Faso, il a été accusé d’offense commise publiquement envers un chef d’État étranger.

    contexte politique : une transition militaire prolongée et une restriction des libertés

    Depuis le coup d’État qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, le Mali est dirigé par des autorités militaires. La transition, initialement prévue pour durer 18 mois, a été prolongée à plusieurs reprises. En avril 2025, le gouvernement a annoncé la dissolution de tous les partis politiques et la prolongation de la transition pour cinq nouvelles années. Ces mesures, couplées à la répression des opposants et à la restriction des libertés fondamentales, soulèvent des inquiétudes quant à l’état de droit et au respect des droits humains dans le pays.

    Face à cette situation, les organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, exigent que les autorités maliennes mettent fin à la répression des voix critiques, libèrent immédiatement tous les détenus arbitrairement incarcérés et respectent leurs obligations internationales en matière de droits humains.

  • Mali : les maliens veulent une couverture santé universelle avant tout

    Mali : les maliens veulent une couverture santé universelle avant tout

    Le Mali face à l’urgence d’une couverture santé universelle

    Le Mali a connu des avancées notables ces dernières années en matière de santé publique. Les indicateurs clés comme la réduction de la mortalité infantile et maternelle, l’amélioration de l’espérance de vie et la baisse de la mortalité chez les moins de 5 ans témoignent de ces progrès, notamment selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’UNICEF.

    En 2018, le pays a lancé un plan national d’assurance maladie universelle, une initiative ambitieuse visant à garantir à tous les citoyens un accès équitable aux soins. Pourtant, malgré ces efforts, l’accès à des soins de qualité reste un défi majeur. Plusieurs obstacles persistent :

    • Une pénurie criante de personnel médical qualifié, particulièrement en zones rurales où les besoins sont les plus importants.
    • Un financement encore insuffisant des structures sanitaires, aggravé par les conséquences des crises politiques successives.
    • Une concentration disproportionnée des médecins dans la capitale, Bamako, où plus de la moitié des professionnels de santé exercent, laissant les régions excentrées sous-équipées.

    Ces difficultés se reflètent dans le score de 41/100 obtenu par le Mali dans l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS en 2024. Ce résultat place le pays en dessous de la moyenne africaine (44/100) et bien loin de la moyenne mondiale (68/100).

    Les attentes des Maliens : une santé prioritaire pour le gouvernement

    Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10 révèlent que la santé est la préoccupation principale des citoyens. Pour eux, c’est le problème le plus urgent que le gouvernement doit résoudre. Pourtant, seulement environ un adulte sur sept bénéficie actuellement d’une couverture médicale. Une majorité de Maliens expriment leur inquiétude quant à leur capacité à payer des soins ou à y accéder en temps utile.

    Une large majorité des citoyens plébiscitent l’idée d’une couverture santé universelle, même si cela implique une hausse des impôts. Leur demande est claire : « Le gouvernement doit garantir à tous les Maliens un accès à des soins de qualité, sans exclusion ni discrimination. »

    Des expériences contrastées dans les établissements publics

    Parmi les personnes ayant fréquenté un hôpital ou une clinique publique au cours de l’année écoulée, les avis sont partagés. Si une majorité affirme avoir pu obtenir les soins nécessaires, les retours soulignent des problèmes récurrents :

    • Des coûts prohibitifs des soins et des médicaments.
    • Des délais d’attente excessifs avant une prise en charge.
    • Un manque chronique de médicaments et de matériel médical.

    Plus alarmant encore, près de la moitié des Maliens déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu bénéficier des soins nécessaires au cours de l’année précédente, faute de moyens ou de structures adaptées.

    Un bilan contrasté malgré des efforts reconnus

    Malgré ces défis persistants, deux tiers des Maliens reconnaissent les progrès accomplis par le gouvernement en matière de soins de santé de base. Leur confiance dans le Ministère de la Santé reste globalement positive, même si des améliorations sont clairement attendues.

    Face à ces constats, une question s’impose : comment concilier ambitions politiques et réalités du terrain pour faire de la santé une priorité accessible à tous ?

  • Tchad : une révision constitutionnelle met en péril la démocratie et l’état de droit

    Tchad : une révision constitutionnelle met en péril la démocratie et l’état de droit

    une menace majeure pour les institutions démocratiques

    La récente révision de la constitution du Tchad, supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels, représente un recul alarmant pour l’état de droit et la démocratie, selon les analystes. Cette modification constitutionnelle, adoptée en octobre 2025 par le Parlement dominé par le Mouvement patriotique du salut (MPS), ouvre la voie à un maintien indéfini au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby, déjà en fonction depuis 2021. Cette décision affaiblit les espoirs d’un changement politique conforme aux normes internationales, notamment en matière de droit de vote et de participation citoyenne.

    des conséquences graves pour les libertés politiques

    « En supprimant la limite des mandats, les autorités tchadiennes ont détruit un rempart essentiel contre l’autoritarisme », déclare Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Cette réforme, accélérée par une approbation parlementaire massive, prolonge également la durée de chaque mandat de cinq à sept ans. Certains députés de l’opposition ont boycotté le vote, dénonçant un processus anticonstitutionnel et illégitime.

    Le gouvernement justifie ces amendements en les qualifiant de « techniques », mais leur principal effet est de légaliser un règne potentiellement illimité pour Mahamat Idriss Déby, fils de l’ancien président Idriss Déby Itno, qui a dirigé le pays pendant trois décennies. Cette réforme supprime un contrôle constitutionnel crucial, garantissant traditionnellement le transfert pacifique du pouvoir et empêchant la domination d’un seul parti ou individu.

    un recul démocratique en Afrique centrale

    Cette modification s’inscrit dans une tendance inquiétante en Afrique centrale, où plusieurs gouvernements modifient leurs constitutions pour consolider leur pouvoir. Ces pratiques, souvent qualifiées de « coups d’État constitutionnels », contredisent la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, à laquelle le Tchad est partie. Cette charte interdit explicitement les amendements constitutionnels visant à contourner les principes d’alternance démocratique.

    Le Tchad, où l’opposition et la société civile subissent déjà des pressions constantes, voit son paysage politique encore plus verrouillé par cette réforme. Les élections de 2021, précédées de violences contre les manifestants pacifiques, illustrent la répression systématique des voix dissidentes. Après la mort d’Idriss Déby Itno, l’armée, dirigée par son fils, a pris le contrôle du pays, promettant une transition démocratique avant de renforcer son emprise autoritaire.

    une transition militaire détournée

    Selon la constitution de 2018, en cas de décès du président, le président de l’Assemblée nationale devait assurer une transition temporaire de 45 à 90 jours avant de nouvelles élections. Pourtant, l’armée a maintenu Mahamat Idriss Déby au pouvoir, prolongeant un cycle d’autoritarisme. Les violences d’octobre 2022, lors desquelles des manifestants ont été tués et des centaines arrêtés, ont marqué un tournant dans la répression des revendications démocratiques.

    la répression des opposants politiques

    Le dirigeant de l’opposition Succès Masra, ancien Premier ministre, a été arrêté en mai 2025 et condamné à 20 ans de prison pour des accusations jugées politiques. Cette condamnation, issue d’un procès à caractère partisan, illustre la stratégie du régime pour museler toute contestation. Malgré les appels internationaux, Succès Masra reste incarcéré dans des conditions dénoncées comme inhumaines.

    l’historique des manipulations constitutionnelles

    Cette n’est pas la première fois que le Tchad supprime la limitation des mandats. Idriss Déby Itno avait déjà aboli cette restriction en 2005, lui permettant de rester au pouvoir jusqu’à sa mort. En 2018, une limite de deux mandats avait été rétablie, mais avec une durée allongée à six ans. Son fils, Mahamat Idriss Déby, vient à nouveau de supprimer cette limite, confirmant l’utilisation des réformes constitutionnelles comme outil de maintien au pouvoir.

    Les autorités tchadiennes sont appelées à rétablir la limitation des mandats présidentiels et à garantir un processus de réforme constitutionnelle transparent et inclusif. Les dirigeants de l’opposition, qui ont boycotté le vote, réclament un référendum pour légitimer ces changements. Un référendum similaire avait été organisé en 2023 pour mettre fin au régime militaire, mais les promesses de démocratisation restent lettre morte.

    Les organisations de défense des droits humains exigent également la fin des poursuites politiques, la libération des opposants comme Succès Masra, et le respect des libertés fondamentales. « La répression est désormais institutionnalisée au Tchad, et la Constitution elle-même est réécrite pour restreindre davantage les droits des citoyens », alerte Lewis Mudge.

    Sans mécanisme crédible de transition démocratique, les institutions comme le Parlement, la justice et les médias perdent leur capacité à contrôler l’exécutif, plongeant le pays dans une spirale autoritaire.

  • Niger : le bilan sombre des droits humains après le coup d’état de 2023

    Un recul inquiétant des droits fondamentaux au Niger après 2023

    Dans le cadre de la 52e session du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, un rapport d’Amnesty International dresse un état des lieux alarmant de la situation des droits humains au Niger. Cette évaluation, prévue pour avril-mai 2026, porte sur l’application des recommandations formulées lors du précédent cycle d’examen, en mettant en lumière plusieurs violations persistantes et préoccupantes.

    Les atteintes aux libertés individuelles sous le microscope

    • Détentions arbitraires et arrestations illégales : L’organisation dénonce une augmentation des cas de privation de liberté sans base légale, notamment ciblant des opposants et des militants.
    • Persécutions des défenseur·e·s des droits humains : Les acteurs engagés dans la promotion des libertés fondamentales subissent des pressions croissantes, allant des intimidations aux condamnations injustes.
    • Atteintes à la liberté de la presse : Les médias indépendants font face à des restrictions accrues, limitant leur capacité à informer librement et à jouer leur rôle de contre-pouvoir.

    Un cadre juridique national en décalage avec les standards internationaux

    Le document souligne un décalage persistant entre les engagements pris par le Niger sur la scène internationale et la réalité juridique locale. Malgré les promesses de réformes, les lois nationales continuent de restreindre l’exercice des droits à la liberté d’expression et à l’information, favorisant ainsi un climat de répression.

    Quelles perspectives pour les droits humains au Niger ?

    Face à ce bilan préoccupant, Amnesty International appelle à une réévaluation urgente des politiques publiques. L’organisation recommande notamment :

    • La libération immédiate des personnes détenues illégalement.
    • La fin des poursuites judiciaires contre les militant·e·s et journalistes.
    • Une révision des textes législatifs pour les aligner sur les conventions internationales.

    Cette communication s’inscrit dans un contexte où la communauté internationale observe de près l’évolution de la situation au Niger, un pays déjà fragilisé par des crises politiques et sécuritaires.

  • Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour soutenir ses opérations dans la région du Sahel. Près de 4 millions de personnes sont actuellement déplacées au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans les pays voisins. Ce chiffre représente une augmentation de deux tiers en cinq ans, principalement en raison de l’insécurité croissante, des difficultés d’accès aux services essentiels et des conséquences du changement climatique.

    Abdouraouf Gnon-Konde, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique occidentale et centrale, a souligné lors d’un point de presse : « Bien que la majorité des déplacés restent dans leur pays, les mouvements transfrontaliers deviennent de plus en plus fréquents. Ces déplacements exercent une pression accrue sur les communautés d’accueil et les systèmes nationaux, déjà fragilisés. »

    Des ressources insuffisantes face à l’urgence

    La crise humanitaire dans le centre du Sahel s’aggrave alors que l’accès à l’aide et le financement sont de plus en plus limités. Depuis 2022, les besoins humanitaires ont fortement augmenté tandis que les ressources disponibles ont considérablement diminué. Pour 2025, le HCR n’a reçu que moins d’un tiers des 409 millions de dollars demandés pour financer ses missions.

    Cette insuffisance budgétaire a des répercussions dramatiques sur des activités vitales telles que l’enregistrement des déplacés, la documentation, l’éducation, les soins de santé et l’hébergement. Selon M. Gnon-Konde, « plus de 212 000 réfugiés et demandeurs d’asile au Burkina Faso, au Mali et au Niger ne sont toujours pas enregistrés. Cela limite leur accès aux services de base et augmente les risques de détention arbitraire ou de harcèlement. »

    L’insécurité et ses conséquences dramatiques

    Les violences perpétrées par les groupes djihadistes persistent dans toute la région, exposant les populations à des menaces constantes : recrutement forcé, restrictions de mouvement et détention arbitraire. Les femmes et les enfants, qui représentent 80 % des personnes déplacées de force, sont particulièrement vulnérables. La violence sexiste, déjà omniprésente, a connu une hausse alarmante cette année selon le système interinstitutions de suivi de la protection en Afrique occidentale et centrale.

    Éducation et santé : des secteurs en crise

    Dans ce contexte d’insécurité, plus de 900 établissements de santé ont dû fermer leurs portes, privant des millions de personnes de soins essentiels. Parallèlement, plus de 14 800 écoles ont été contraintes de fermer leurs portes d’ici mi-2025, privant 3 millions d’enfants d’accès à l’éducation et à des espaces sûrs. Cette situation expose davantage les jeunes déplacés à des risques accrus de recrutement forcé et de trafic d’êtres humains.

    L’insécurité alimentaire s’est également imposée comme un facteur majeur de déplacement. La proportion de personnes déplacées et de membres des communautés d’accueil citant ce problème comme cause de leur déplacement a doublé ces dernières années. Le HCR souligne que les chocs climatiques amplifient ces risques en intensifiant la compétition pour des ressources naturelles déjà rares, comme la terre et l’eau. Ces tensions exacerbent les difficultés de coexistence pacifique et de cohésion sociale avec les communautés locales.

    Un appel à l’action internationale

    Face à l’ampleur de cette crise, le HCR insiste sur la nécessité d’un engagement international renforcé et renouvelé. Les pays de la région ne peuvent relever ces défis seuls. Sans un soutien accru, des milliers de vies resteront en danger, et les progrès accomplis jusqu’à présent pourraient être anéantis.

  • Retrait des États du Sahel de la CPI : un danger pour la justice des victimes

    Retrait des États du Sahel de la CPI : un danger pour la justice des victimes

    retrait des États du Sahel de la CPI : un danger pour la justice des victimes

    AFP

    L’Initiative mondiale contre l’impunité (GIAI), regroupant des organisations comme la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Coalition for the International Criminal Court (CCPI), Redress et Women’s Initiatives for Gender Justice (WIGJ), dénonce fermement la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Cette annonce, bien que symbolique, représente un recul préoccupant pour la lutte contre l’impunité et menace directement l’accès à la justice pour les victimes de crimes graves.

    26 septembre 2025 — Le retrait du Statut de Rome par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ne sera pas immédiat. Selon l’article 127 du Statut, un retrait ne prend effet qu’un an après la notification écrite au Secrétaire général des Nations unies. D’ici là, ces États restent tenus de coopérer pleinement avec la CPI, notamment pour les crimes commis avant leur retrait. Les procédures en cours, comme celles liées à la situation au Mali, se poursuivront sans entrave.

    À ce jour, la CPI traite plusieurs affaires majeures au Mali, dont celle d’Al Mahdi, condamné en 2016 pour la destruction délibérée de sites culturels à Tombouctou. Une décision sur les réparations dans l’affaire Al Hassan (condamné en 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité) est attendue prochainement. Par ailleurs, un mandat d’arrêt international vise toujours Iyad Ag Ghaly, chef présumé du groupe djihadiste Ansar Dine.

    Un leadership africain en question

    Les États africains ont joué un rôle clé dans la création de la CPI en 1998, ratifiant massivement le Statut de Rome et saisissant la Cour pour des situations nationales. Ce partenariat a offert aux victimes un espoir concret de justice lorsque les systèmes judiciaires locaux étaient défaillants. Le retrait des trois pays de l’AES rompt avec cette tradition de leadership et prive les populations de Burkina Faso, Mali et Niger d’une protection essentielle face aux violations des droits humains.

    Cette décision s’ajoute au retrait controversé de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, une institution clé pour la défense des droits humains en Afrique de l’Ouest. Ces mouvements isolent davantage les pays de l’AES, fragilisant les mécanismes régionaux de lutte contre l’impunité et aggravant la crise multidimensionnelle qu’ils traversent, marquée par une insécurité persistante et des violences terroristes.

    « Le départ de la CPI affaiblit gravement la position des victimes, pour qui cette Cour représente souvent le dernier recours pour obtenir justice », déclare Drissa Traoré, Secrétaire général de la FIDH. Après leur retrait de la CEDEAO, la perte de la protection de la CPI laisse les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger sans recours face aux violations les plus graves des droits humains. » Ces juridictions nationales, déjà incapables de garantir justice et réparations en raison d’un manque de volonté politique et de moyens, ne pourront combler ce vide.

    Une justice internationale sous pression

    La CPI fait face à des critiques croissantes, notamment de la part de pays comme la Hongrie, qui a également annoncé son intention de quitter le Statut de Rome. Pourtant, la Cour a élargi son champ d’action bien au-delà de l’Afrique, avec des enquêtes en cours en Afghanistan, Bangladesh/Myanmar, Palestine, Ukraine, Venezuela, Libye et Philippines. Les récentes arrestations, comme celle de suspects libyens ou de l’ancien président Rodrigo Duterte, illustrent son rôle universel et son indépendance face aux pressions politiques.

    « Les États parties doivent renforcer leur engagement envers la CPI, la lutte contre l’impunité et les droits des victimes, plutôt que de se replier », souligne Alix Vuillemain, directrice exécutive de Women’s Initiatives for Gender Justice (WIGJ). Se détourner de la CPI à ce stade ne fait que renforcer l’impunité et affaiblit les normes internationales de justice. »

    Un rôle clé pour les États dans la préservation de la justice mondiale

    La CPI ne remplace pas les mécanismes nationaux mais les complète, en garantissant des principes fondamentaux : l’absence d’immunité pour les dirigeants, la complémentarité avec les juridictions locales, et le droit des victimes à participer aux procédures judiciaires et obtenir réparation. Le retrait du Statut de Rome par le Burkina Faso, le Mali et le Niger risque d’ébranler ces protections et de compromettre des décennies de progrès dans l’établissement de normes mondiales contre l’impunité.

    La GIAI appelle tous les États parties à réaffirmer leur soutien au Statut de Rome. Dans un contexte où les violences s’intensifient en Afrique et ailleurs, il est crucial de préserver la CPI comme ultime recours pour les victimes.

  • Soutien de l’OMS aux ONG du secteur santé au Mali

    Soutien de l’OMS aux ONG du secteur santé au Mali

    Renforcement des actions sanitaires au Mali grâce à l’appui de l’OMS

    Depuis 2012, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) joue un rôle central dans la coordination des acteurs du cluster Santé au Mali. En 2025, le pays traverse une crise humanitaire sans précédent, touchant 6,4 millions de personnes, soit près de 28 % de sa population, avec un besoin criant d’assistance. Seulement 8,5 % du plan de réponse humanitaire est financé, dont à peine 6 % alloués au secteur de la santé. Cette situation limite considérablement la capacité des équipes sur le terrain à répondre aux urgences sanitaires.

    Pour pallier ces défis, la seconde allocation de réserve du Fonds humanitaire régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Centre (FHRAOC) au Mali cible les populations affectées par les violences armées et l’insécurité, notamment dans les régions de Gao, Mopti et Ségou. Grâce à l’intervention de l’OMS et à ses analyses sur les vulnérabilités, le secteur sanitaire a été identifié comme une priorité essentielle pour ce financement. L’objectif ? Garantir un accès aux soins de base pour les populations les plus fragilisées.


  • Échec cuisant des mercenaires russes au Mali : bilan désastreux et ressentiment grandissant

    Échec cuisant des mercenaires russes au Mali : bilan désastreux et ressentiment grandissant

    Pourquoi l’échec des mercenaires russes au Mali alimente un profond ressentiment

    En annonçant son départ du Mali en début d’année, le groupe Wagner, ces mercenaires russes tristement célèbres, avait proclamé sur les réseaux sociaux que sa « mission était remplie ». Pourtant, après trois ans et demi d’opérations de contre-terrorisme et de contre-insurrection, le bilan est accablant : le Mali reste l’épicentre mondial du terrorisme, selon les observateurs.

    Un rapport publié par The Sentry en août souligne les échecs répétés de Wagner, malgré ses prétentions à une expertise militaire et ses annonces de victoires. Le Kremlin a alors remplacé Wagner par l’Africa Corps, une force paramilitaire contrôlée directement par le ministère russe de la Défense. Selon le Timbuktu Institute, jusqu’à 80 % des membres de cette nouvelle unité seraient d’anciens combattants de Wagner.

    Des méthodes brutales et une impunité qui nourrissent l’indignation

    L’Africa Corps a hérité des pratiques controversées de Wagner, notamment des violations flagrantes des droits humains : assassinats extrajudiciaires, tortures et actes de violence sans discernement. Ces exactions, souvent commises en toute impunité, alimentent le mécontentement des populations locales et renforcent les milices djihadistes, qui exploitent ces griefs pour recruter.

    Les témoignages recueillis par The Sentry auprès de militaires maliens, de responsables gouvernementaux et d’agents de renseignement révèlent une relation exécrable entre les soldats maliens et les mercenaires russes. Ces derniers sont accusés de ne pas respecter la chaîne de commandement, de saper la sécurité du pays et d’être responsables de pertes humaines et matérielles importantes.

    Une stratégie contre-productive qui aggrave la crise sécuritaire

    Les tactiques brutales de Wagner et leur approche incohérente en matière de lutte antiterroriste ont détruit toute confiance entre les forces de sécurité maliennes et les populations locales. Depuis leur arrivée, on constate une hausse alarmante des attaques contre les civils, souvent perpétrées par les forces maliennes et leurs milices alliées sous l’influence des mercenaires russes.

    Les exactions des mercenaires incluent également des violences sexuelles et des massacres ciblant les civils, comme celui de Moura en 2022, où plus de 500 personnes ont été tuées, dont au moins 300 exécutées sommairement.

    En 2023, des experts de l’Organisation des Nations unies ont demandé une enquête indépendante sur les violations graves des droits humains et les crimes de guerre potentiels commis au Mali par les forces gouvernementales et Wagner. Depuis 2021, ces experts reçoivent des rapports accablants : exécutions sommaires, charniers, tortures, viols et violences sexuelles. Pourtant, aucune enquête sérieuse n’a abouti au Mali.

    La responsabilité des mercenaires dans l’escalade de la violence

    Certains militaires des Forces armées maliennes (FAMa) imputent directement à Wagner la responsabilité du massacre de Moura. « Sans Wagner, il n’y aurait pas eu de Moura. Pas à une telle échelle, pas avec une telle durée, pas autant de morts », a déclaré l’un d’eux à The Sentry.

    Les méthodes répressives des Russes ont également provoqué une augmentation du recrutement parmi les groupes armés, notamment les séparatistes touaregs et les terroristes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, a expliqué en 2024 à France24 que la brutalité des mercenaires avait incité les habitants à rejoindre la lutte « pour défendre leur religion, leur terre et leurs biens ».

    Les attaques ciblant les civils, comme celles perpétrées lors de mariages ou d’enterrements à l’aide de drones, ainsi que la diffusion de vidéos montrant des mercenaires maltraitant des Touaregs, ont alimenté la colère et renforcé la propagande djihadiste.

    Dans un rapport de janvier 2025, les chercheurs du Royal United Services Institute ont souligné que les chefs communautaires du centre du Mali dénonçaient l’incapacité permanente de Wagner à améliorer la situation locale.

    Un échec militaire et une relation toxique entre Wagner et l’armée malienne

    En juillet 2024, Wagner a subi un échec cuisant lorsque plusieurs groupes terroristes ont attaqué un important convoi de véhicules près du village de Tin Zaouatine, dans le nord-est du Mali. Les assaillants revendiquent la mort de 84 mercenaires russes et 47 soldats des FAMa.

    Cette défaite a révélé une méfiance mutuelle croissante entre Wagner et les FAMa. Les survivants russes accusent les services de renseignement maliens d’avoir sous-estimé la menace et d’avoir abandonné leurs alliés en plein combat. En retour, les officiers maliens reprochent aux mercenaires de négliger les ordres, de s’emparer de leurs véhicules et de les traiter avec mépris, voire de manière raciste.

    « Nous sommes passés de Charybde en Scylla », a résumé un officier malien de haut rang.

    La colère a atteint son paroxysme en septembre 2024, lorsque des militants ont attaqué l’aéroport de Bamako, faisant plus de 100 morts. Des unités de Wagner étaient stationnées à proximité, mais elles n’ont réagi qu’après cinq heures d’inaction. « Si vous ne les payez pas, ils ne bougent pas », a témoigné un garde de l’aéroport auprès de The Sentry.

    Un bilan accablant : l’échec stratégique de Wagner

    Charles Cater, directeur des enquêtes de The Sentry, a tiré un bilan sans appel : « Les opérations de contre-terrorisme brutales et mal adaptées ont renforcé les alliances entre les groupes armés menaçant l’État, causé des pertes considérables à Wagner sur le terrain et accru le nombre de victimes civiles. En définitive, le déploiement de Wagner n’a servi ni le peuple malien, ni le gouvernement militaire, ni même le groupe mercenaire lui-même ».

    Justyna Gudzowska, directrice exécutive de The Sentry, a tiré la sonnette d’alarme : « À mesure que Moscou étend son influence au Sahel sous la bannière de l’Africa Corps, il est crucial de comprendre que Wagner n’était ni une force invincible ni un partenaire économique fiable. L’exemple malien montre qu’il a échoué sur tous les plans, et cela devrait servir d’avertissement pour les autres pays africains envisageant de faire appel à l’Africa Corps ».

  • Intervention humanitaire au Burkina Faso : action contre la faim en action

    Intervention humanitaire au Burkina Faso : action contre la faim en action

    Action contre la Faim au Burkina Faso : lutte contre la crise humanitaire

    Nos missions Burkina Faso

    Depuis 2008

    Burkina

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    Données clés

    • Population : 23 548 781
    • PIB par habitant : 987,3
    • Indice de développement humain : 186 / 193
    • Volume opérationnel : 23 165 251
    • Personnes soutenues : 1 238 398
    • Espérance de vie : 61 ans
    • Équipe : 367
    • Burkina Faso

    Zones d’intervention

    1. Bobo-Dioulasso
    2. Dori
    3. Fada N’gourma
    4. Ouagadougou
    5. Ouahigouya
    6. Tenkodogo
    Carte Burkina Faso Ronde - BF02

    Depuis 2019, le Burkina Faso traverse une crise humanitaire majeure marquée par l’instabilité politique, des tensions sécuritaires persistantes et des aléas climatiques récurrents. En 2024, plus de 6,3 millions de personnes – dont 2,4 millions de déplacés internes – nécessitaient une assistance vitale. Parmi elles, 2,7 millions se trouvent en insécurité alimentaire aiguë, tandis que 611 500 individus (480 000 enfants et 131 500 femmes) souffrent de malnutrition aiguë sévère. Par ailleurs, 1,7 million de personnes requièrent un accès urgent à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA).

    Face à cette situation, Action contre la Faim (ACF) déploie une stratégie globale combinant aide d’urgence et développement durable. Le mécanisme RRM-Frontline permet une intervention rapide dans les zones les plus touchées, avec des distributions de nourriture, des kits d’abris, un soutien EHA et l’accès à l’eau potable. En partenariat avec l’Agence suédoise de coopération internationale et le BHA, ACF mène des programmes multisectoriels dans sept régions du pays. Ces interventions incluent des cliniques mobiles, le renforcement des centres de santé locaux, des initiatives de relance économique et l’amélioration des infrastructures hydrauliques et sanitaires. La dimension santé mentale et soutien psychosocial est également intégrée pour atténuer l’impact psychologique de la crise sur les populations vulnérables.

    L’organisation mise aussi sur l’approche Nexus, axée sur la résilience et la réduction des risques de catastrophe. En 2024, grâce à l’initiative PREPARE de l’USAID, ACF a renforcé les services de santé reproductive, maternelle, néonatale et nutritionnelle dans les zones les plus reculées. À l’ouest du pays, le projet BEOOLGO vise à consolider les services de santé décentralisés via la formation des professionnels locaux. Le programme YERETALI (Burkina Faso/Côte d’Ivoire) soutient la reconstruction du sud-ouest en améliorant les conditions de vie et en promouvant des moyens de subsistance durables.

    Ces initiatives, menées en collaboration avec des partenaires internationaux, offrent une réponse complète et coordonnée aux besoins des populations les plus affectées.

  • Mali : la junte face à la dénonciation de Volker Türk sur la dérive autoritaire

    Mali : la junte face à la dénonciation de Volker Türk sur la dérive autoritaire

    Une situation politique alarmante au Mali

    Le Haut-Commissaire aux droits humains de l’ONU, Volker Türk, a récemment alerté sur la dégradation accélérée de la situation politique au Mali. Selon lui, le pays s’enfonce dans une logique de plus en plus autoritaire, où les libertés fondamentales des citoyens sont menacées. Cette évolution inquiétante s’accompagne d’une concentration des pouvoirs entre les mains du général Assimi Goïta, chef de l’État depuis 2020.

    Des réformes constitutionnelles controversées

    Depuis le coup d’État qui a renversé l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, plusieurs mesures ont été adoptées pour renforcer l’emprise du pouvoir en place. Volker Türk souligne que ces changements juridiques rendent toute élection démocratique improbable à court ou moyen terme. Notamment, une loi adoptée le 8 juillet dernier permet au général Goïta de prolonger son mandat indéfiniment, « jusqu’à la pacification du pays ». Par ailleurs, un décret présidentiel a dissous l’ensemble des partis politiques et organisations à caractère politique, une décision qualifiée de « violation flagrante du droit des Maliens à participer aux affaires publiques ».

    Répression et arbitraire : les opposants dans le viseur

    La répression s’intensifie contre toute forme de dissidence. L’ancien Premier ministre Moussa Mara, figure de l’opposition, en a fait les frais : arrêté le 1er août pour « atteinte à la crédibilité de l’État », il est accusé d’avoir exprimé son soutien à des détenus d’opinion sur le réseau social X. Volker Türk dénonce une « instrumentalisation de la justice pour museler les voix critiques » et s’inquiète de l’augmentation des arrestations arbitraires touchant tous les milieux sociaux.

    Violences et insécurité : un climat explosif

    Le Mali reste également en proie à des attaques djihadistes menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et par Daech. Ces groupes terroristes, actifs aux frontières du Burkina Faso et du Niger, justifient les opérations militaires de l’armée malienne, soutenue par les mercenaires de l’Africa Corps (ex-Groupe Wagner). Cependant, ces interventions ciblent aussi les populations civiles, avec des centaines d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées signalées depuis avril.

    Pour les Nations Unies, la combinaison d’une transition politique bloquée et d’une répression généralisée risque d’aggraver l’instabilité et de plonger le Mali dans un cycle de violences prolongées. Volker Türk appelle à une restauration urgente des libertés fondamentales et du processus électoral pour éviter une crise durable.

  • Liberté syndicale au Niger : dissolution illégale et répression des syndicats judiciaires

    Liberté syndicale au Niger : dissolution illégale et répression des syndicats judiciaires

    Dissolution et répression des syndicats du secteur judiciaire au Niger : une violation des libertés fondamentales

    Tingey Injury Law Firm / Unsplash

    L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dénonce avec fermeté la dissolution de cinq syndicats du secteur judiciaire nigérien. Ces décisions, prises par le ministre de l’Intérieur le 7 août 2025, s’accompagnent de la radiation de deux magistrats leaders du Syndicat autonome des magistrats du Niger (Saman), pour avoir critiqué ces mesures. L’Observatoire exige l’annulation immédiate de ces décisions et le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté syndicale et d’association, conformément aux engagements internationaux du Niger.

    Le 7 août 2025, le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur du Niger, a signé cinq arrêtés dissolvant les principaux syndicats du secteur judiciaire : le Saman, l’Union des magistrats du Niger (Uman), le Syndicat national des agents de justice (Snaj), le Syndicat des cadres et agents techniques du ministère de la Justice (Syncat) et le Syndicat indépendant des magistrats du Niger (Siman). Ces arrêtés, dépourvus de toute justification écrite, ont été pris sans base légale solide.

    Le lendemain, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a justifié ces mesures lors d’un point de presse, évoquant des « dérives répétées nuisant au bon fonctionnement du service public » et accusant les syndicats de privilégier des « intérêts personnels ». En réaction, le Saman et l’Ordre des avocats du Niger ont organisé une grève les 14 et 15 août 2025 pour protester contre ces dissolutions.

    Selon l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), ces dissolutions violent le Code du travail nigérien et les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiées par le Niger. L’ordonnance N°84-06 de 1984, invoquée par le gouvernement, ne s’applique qu’aux associations à but non lucratif et non aux syndicats, qui relèvent d’un cadre juridique distinct. Ces décisions sont donc juridiquement nulles et inopposables.

    Face à cette répression, les autorités nigériennes ont sanctionné deux figures majeures du Saman. Le 14 août, le président Abdourahamane Tiani a radié Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane, secrétaire général du syndicat, pour avoir critiqué les dissolutions et réclamé un droit de réponse. Le 15 août, Moussa Mahamadou, secrétaire général adjoint, a subi le même sort, après avoir dénoncé la radiation de son supérieur et appelé à une grève générale. Ces sanctions, prises en moins de 24 heures, illustrent une volonté d’intimidation du pouvoir judiciaire.

    Ces mesures portent atteinte à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice, piliers de la démocratie. Elles violent la liberté syndicale, garantie par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) (article 22), la Charte de la refondation du Niger (article 36) et les conventions de l’OIT (Conventions n°87 et n°98). L’Ordre des avocats du Niger a également alerté sur le risque de compromission de la liberté d’expression et du droit à la défense.

    L’Observatoire souligne que ces dissolutions s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction des libertés au Niger. Depuis des mois, les défenseurs des droits humains, comme Moussa Tchangari, sont victimes d’arrestations arbitraires et de détentions prolongées. Ces agissements menacent gravement l’état de droit et la démocratie.

    L’Observatoire appelle les autorités nigériennes à révoquer immédiatement les arrêtés de dissolution et à réintégrer Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane et Moussa Mahamadou dans leurs fonctions. Il exige également la fin de toute forme de harcèlement envers les syndicats et les défenseurs des droits humains, et le plein respect des libertés syndicales et d’association, conformément aux engagements nationaux et internationaux du Niger.

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