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  • Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    La junte militaire au Burkina Faso a pris une décision radicale en début de semaine en déclarant persona non grata Carol Flore-Smereczniak, principale représentante des Nations Unies dans le pays. Cette mesure intervient après la publication d’un rapport critique de l’ONU dénonçant les violations des droits des enfants dans un contexte de conflit armé persistant.

    une expulsion qui s’inscrit dans une série de tensions avec l’ONU

    Carol Flore-Smereczniak devient la deuxième haute responsable onusienne expulsée par les autorités burkinabè en trois ans. En 2022, Barbara Manzi, alors coordinatrice résidente, avait subi le même sort, illustrant une intolérance croissante envers toute forme de surveillance extérieure. Le porte-parole de la junte accuse la responsable d’avoir contribué à la rédaction du dernier rapport onusien, qui met en lumière des violences graves commises à l’encontre de mineurs.

    un rapport accablant sur les atteintes aux droits des enfants

    Le document de l’ONU révèle des chiffres alarmants : entre juillet 2022 et juin 2024, 2 483 violations graves ont été recensées, touchant 2 255 enfants. Parmi ces actes, on compte des meurtres, des enlèvements, mais aussi le recrutement forcé d’enfants par des groupes armés et des forces de sécurité. 65 % des abus seraient imputables à des groupes islamistes, tandis que les forces burkinabè et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) seraient responsables du reste.

    Le rapport souligne également une hausse inquiétante des attaques contre les écoles et s’alarme de la détention arbitraire d’enfants, souvent accusés à tort de liens avec des groupes armés. Ces pratiques ont été largement documentées par des organisations comme Human Rights Watch depuis 2016, mettant en évidence un climat de violence généralisé affectant les jeunes générations.

    une junte en désaccord avec les conclusions de l’ONU

    Les autorités burkinabè rejettent catégoriquement les conclusions du rapport, qu’elles qualifient de partiales et inappropriées. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères a vivement critiqué l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, ou encore la qualification des VDP de « milices ». En juillet, il a exigé un recentrage des interventions onusiennes au Burkina Faso, afin d’aligner leur action sur la vision politique du pays.

    une répression systématique des voix critiques

    Depuis le coup d’État de 2022, les militaires au pouvoir mènent une politique de répression contre les médias, l’opposition et les dissidents. Plutôt que de nier les abus, la junte devrait, selon les observateurs, collaborer avec l’ONU pour mettre un terme à ces violences. Un plan d’action conjoint pourrait ainsi être élaboré pour protéger les populations, en particulier les enfants, victimes collatérales d’un conflit qui s’éternise.

  • Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

    Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

    Disparition forcée de deux militants des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo toujours introuvables

    ©Balai citoyen

    Le Burkina Faso est aujourd’hui sous le feu des projecteurs en raison de la disparition forcée de deux éminents défenseurs des droits humains. Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du mouvement citoyen « Balai citoyen », ainsi qu’Amadou Sawadogo, cadre actif de ce même mouvement, ont été enlevés dans des circonstances troubles, laissant leurs proches et la communauté internationale sans nouvelles.

    Contexte des enlèvements : des militants ciblés pour leurs positions critiques

    Le Balai citoyen, créé en 2013, est une organisation qui milite pour une société plus juste et intègre au Burkina Faso. Ses membres, comme Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, s’engagent activement pour les droits humains et la démocratie dans un contexte politique de plus en plus répressif.

    Amadou Sawadogo a été convoqué à deux reprises au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Lors de son interrogatoire, il aurait été contraint de révéler les domiciles de deux autres militants, désormais en clandestinité. Il a disparu le 21 mars 2025, après sa dernière convocation, sans que les autorités ne fournissent d’explications sur sa localisation.

    Quant à Miphal Ousmane Lankoandé, il a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, à son retour d’une formation en Bénin. Des hommes se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches de ses avocats auprès des institutions, aucune information n’a été communiquée sur son sort.

    À ce jour, Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo restent portés disparus, et leurs familles, ainsi que leurs collègues, ignorent tout de leur localisation.

    Un climat répressif croissant au Burkina Faso

    Ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de répression accrue contre les défenseurs des droits humains, les journalistes et les militants politiques au Burkina Faso. Plusieurs cas similaires ont été recensés ces derniers mois :

    • Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du Balai citoyen, arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, puis détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ».
    • Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enlevés de force et enrôlés dans l’armée burkinabè en février 2024, malgré une décision judiciaire les protégeant.
    • Plusieurs journalistes, dont Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, enlevés en mars 2025 et toujours portés disparus.

    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie plus large de musellement de la société civile. Les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso ont notamment instauré des décrets permettant la réquisition de toute personne âgée de plus de 18 ans, un outil utilisé pour cibler les opposants et les militants.

    Appel à l’action : exiger la libération immédiate des deux militants

    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte les autorités burkinabè à :

    1. Garantir l’intégrité physique et psychologique de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso ;
    2. Révéler sans délai le sort et la localisation des deux militants, leur permettre de contacter leurs familles et les libérer inconditionnellement ;
    3. Mettre fin à la pratique des disparitions forcées et à l’enrôlement forcé des défenseurs des droits humains et des journalistes ;
    4. Cesser tout harcèlement judiciaire à leur encontre et garantir leur sécurité pour qu’ils puissent poursuivre leurs activités légitimes ;
    5. Respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux normes internationales.

    Voici les coordonnées des autorités à contacter pour exiger la libération des deux militants :

    Il est également recommandé de contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour exiger la libération des deux militants.

    Un appel urgent à la solidarité internationale

    Les disparitions forcées de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo rappellent la nécessité d’une mobilisation internationale pour défendre les droits humains au Burkina Faso. Chaque voix compte pour faire pression sur les autorités et exiger la fin de ces pratiques inacceptables.

    Pour soutenir la cause des défenseurs des droits humains, vous pouvez contacter l’Observatoire via :

    • Email : [email protected]
    • Téléphone (FIDH) : +33 1 43 55 25 18
    • Téléphone (OMCT) : + 41 22 809 49 39

    Ensemble, exigeons justice pour Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, et protégeons ceux qui se battent pour un Burkina Faso plus libre et plus juste.

  • Mali : crimes contre les peuls par l’armée et Wagner révélés

    Mali : crimes contre les peuls par l’armée et Wagner révélés

    Des exécutions sommaires et disparitions forcées ciblant les Peuls

    Depuis janvier 2025, l’armée malienne et ses alliés du groupe Wagner, soutenu par la Russie, sont accusés d’avoir commis des dizaines d’exécutions sommaires et de disparitions forcées contre des hommes issus de l’ethnie peule au Mali. Ces actes, documentés par des enquêtes approfondies, s’inscrivent dans le cadre d’opérations de contre-insurrection menées contre des groupes armés islamistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

    Un bilan humain accablant

    • 12 exécutions sommaires documentées depuis le début de l’année.
    • 81 disparitions forcées confirmées, dont 65 éleveurs et marchands peuls exécutés après avoir été rassemblés dans le village de Sebabougou (région de Kayes).
    • Des témoignages accablants dénonçant des tortures, des détentions arbitraires et des meurtres ciblés.

    Des accusations de collaboration avec les djihadistes

    Les forces maliennes et les mercenaires de Wagner justifient ces violences en accusant les Peuls de collaborer avec le GSIM, un groupe armé islamiste affilié à Al-Qaïda. Pourtant, ces allégations reposent souvent sur des généralisations dangereuses, mettant en péril une communauté entière. Les Peuls, traditionnellement éleveurs, sont depuis des années pris pour cible par les groupes djihadistes, qui cherchent à les recruter de force.

    « La junte militaire malienne porte une responsabilité directe dans les exactions commises par ses troupes et celles de Wagner », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel. « Elle doit immédiatement mettre fin à ces abus, localiser les disparus et traduire les coupables en justice. »

    Une réponse internationale insuffisante

    L’Union africaine est appelée à renforcer ses efforts pour protéger les civils maliens. Malgré les multiples alertes, les mécanismes de protection restent inefficaces, notamment en raison du retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025, qui prive les victimes de recours juridiques régionaux. Par ailleurs, la mission de l’ONU a quitté le pays en 2023, sur demande de la junte, aggravant les risques pour les populations.

    Les Nations Unies et plusieurs ONG ont confirmé les graves violations des droits humains, notamment des disparitions forcées et des meurtres extrajudiciaires, en violation du droit international humanitaire. Le Mali, signataire de la Convention contre les disparitions forcées et du Statut de Rome, est désormais sous surveillance accrue de la Cour pénale internationale (CPI).

    Des témoignages glaçants

    Les enquêtes menées par Human Rights Watch révèlent des scènes d’horreur dans plusieurs régions du Mali :

    • Kobou (région de Mopti, 23 janvier 2025) : 3 civils peuls exécutés, dont deux âgés de 65 et 75 ans, et 30 maisons incendiées. Les corps retrouvés avaient les yeux bandés et les mains liées.
    • Farana (région de Tombouctou, 26 mars 2025) : 4 hommes peuls battus à mort et leurs corps laissés dans une mare de sang près d’une rivière.
    • Sebabougou (région de Kayes, 12 avril 2025) : Au moins 100 hommes peuls arrêtés, dont 65 retrouvés morts près d’un camp militaire. Les survivants, transférés à Bamako, ont été libérés sans inculpation.
    • Belidanédji (région de Ségou, 30 mars 2025) : 6 civils peuls exécutés sommairement après des affrontements avec le GSIM. Deux autres hommes peuls ont été torturés et détenus au secret dans un conteneur militaire.
    • Sikere (région de Ségou, 14 mai 2025) : 4 hommes peuls abattus après avoir été accusés de liens avec les djihadistes.

    Meurtres et incendies à Kobou : les preuves des exactions

    Le rôle controversé du groupe Wagner

    Présent au Mali depuis 2021 sous couvert d’un accord bilatéral avec la Russie, le groupe Wagner a été accusé à plusieurs reprises de violer les droits humains, aux côtés de l’armée malienne. Bien que Bamako nie officiellement sa présence, des sources concordantes et des médias ont confirmé son implication dans des opérations militaires et des exactions. Depuis juin 2025, Wagner est progressivement remplacé par l’Africa Corps, une nouvelle force paramilitaire russe, sans que cela n’ait mis fin aux violences.

    Les attaques récentes du GSIM et des séparatistes touaregs, couplées au retrait de Wagner, ont aggravé l’instabilité au Mali, où 350 000 personnes ont été déplacées depuis 2012. La junte militaire, au pouvoir depuis 2021, continue de s’appuyer sur des alliances controversées pour mener sa lutte contre le terrorisme, au détriment des populations civiles.

    Un appel urgent à la justice

    Les experts et les ONG exhortent la communauté internationale à agir :

    • L’Union africaine doit faire pression sur Bamako pour qu’elle ouvre des enquêtes transparentes et poursuive les responsables.
    • La CPI pourrait lancer des poursuites pour crimes de guerre, compte tenu des preuves accumulées.
    • Les pays partenaires du Mali, notamment la Russie, doivent cesser leur soutien à des groupes impliqués dans des violations massives des droits humains.

    « Les hauts responsables maliens et russes ne peuvent ignorer leur responsabilité potentielle dans ces crimes », avertit Ilaria Allegrozzi. « Que l’Union africaine agisse ou que la CPI intervienne, leurs actes ne resteront pas impunis. »

    Contexte : le conflit malien et ses victimes

    Depuis plus d’une décennie, le Mali est en proie à une guerre asymétrique opposant l’État, soutenu par des groupes paramilitaires étrangers, à des factions djihadistes et séparatistes. Ces conflits ont fait des milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent. Les communautés peules, souvent stigmatisées, paient un lourd tribut à cette violence.

    Les Conventions de Genève et le droit international humanitaire interdisent formellement les exécutions sommaires, les disparitions forcées et la torture. Pourtant, ces interdits sont systématiquement bafoués au Mali, où l’impunité reste la norme.

  • Global gateway : un prêt de 20 millions d’euros pour booster l’économie bleue et l’inclusion financière en Mauritanie

    Global gateway : un prêt de 20 millions d’euros pour booster l’économie bleue et l’inclusion financière en Mauritanie

    Global Gateway : un partenariat clé pour l’économie bleue et l’inclusion financière des jeunes et des femmes en Mauritanie

    Un prêt de 20 millions d’euros, signé entre la Banque El Amana (BEA) et la Banque européenne d’investissement (BEI) via sa branche BEI Monde, vise à renforcer l’inclusion financière des femmes et des jeunes tout en développant l’économie bleue en Mauritanie. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, un projet ambitieux destiné à promouvoir une croissance durable et inclusive.

    Des financements ciblés pour les femmes et les jeunes

    Parmi les 20 millions d’euros alloués, 30 % des fonds sont réservés aux entreprises dirigées ou détenues par des femmes, tandis que 30 % supplémentaires visent à soutenir l’emploi des jeunes. Ces objectifs s’alignent sur les critères internationaux du Défi 2X, une initiative visant à autonomiser économiquement les femmes à travers le monde.

    En Mauritanie, malgré des progrès notables, l’accès des femmes au financement reste limité, notamment dans des secteurs porteurs comme la pêche ou l’agrotransformation. Ce partenariat vise donc à combler ce fossé en offrant des opportunités concrètes aux entrepreneuses et aux jeunes professionnels.

    L’économie bleue au cœur du développement mauritanien

    Ce financement soutient les chaînes de valeur des produits de la mer, un pilier stratégique de la coopération entre la Mauritanie et l’Union européenne. L’objectif est de promouvoir une pêche durable tout en renforçant la résilience des communautés locales.

    Les entreprises bénéficiaires devront s’engager à améliorer leurs pratiques et à obtenir des certifications environnementales, notamment auprès du Conseil d’intendance des mers (MSC). Une assistance technique sera également mise en place pour accompagner cette transition vers des pratiques plus durables.

    Les engagements des parties prenantes

    Mohamed Ahmed Salem Bouna Moctar, directeur général de la BEA, a souligné l’importance de ce partenariat : « Ce projet renforce notre rôle dans le développement de l’économie bleue en Mauritanie. Il illustre notre engagement en faveur d’une croissance durable, inclusive et innovante, au service de la jeunesse, des femmes et de la valorisation responsable de nos ressources naturelles. »

    Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, a ajouté : « En misant sur la pêche durable, nous contribuons à préserver les ressources naturelles tout en favorisant des chaînes de valeur plus résilientes et inclusives. Ce projet accorde une attention particulière à l’autonomisation des jeunes et des femmes, souvent sous-représentés dans l’accès au financement. »

    Jozef Síkela, commissaire européen aux partenariats internationaux, a salué cet investissement : « Grâce à ce prêt, nous approfondissons notre soutien à la pêche durable et à l’économie bleue en Mauritanie, tout en élargissant les opportunités pour les jeunes et les entreprises dirigées par des femmes. »

    Un partenariat aligné sur les priorités de l’Union européenne

    Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway, qui vise à créer des connexions durables et fiables au service de la population et de la planète. Il s’appuie également sur le Fonds européen pour le développement durable Plus (FEDD+) et l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD) entre l’UE et la Mauritanie.

    L’Union européenne intervient en Mauritanie depuis plus de 50 ans, en soutenant des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’environnement, l’énergie et le secteur privé. Ce partenariat renforce encore l’engagement de l’UE en faveur d’une économie verte et bleue.

    La Banque El Amana, un acteur clé de l’inclusion financière

    Créée en 1996, la Banque El Amana (BEA) est une institution financière mauritanienne de premier plan. Elle propose une large gamme de services bancaires et joue un rôle moteur dans plusieurs secteurs stratégiques, dont la pêche, l’agroalimentaire et l’énergie.

    En 2023, la BEA a ouvert une agence bancaire dans le camp de réfugiés de Mbera, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), pour faciliter l’accès aux services financiers aux populations déplacées. Elle a également lancé Amanty, son portefeuille mobile, pour renforcer l’inclusion financière et réduire la dépendance au numéraire.

    BEI Monde : un partenaire stratégique pour le développement international

    La BEI Monde, branche spécialisée du Groupe BEI, a pour mission d’accroître l’impact des partenariats internationaux et du financement du développement. Elle vise à soutenir 100 milliards d’euros d’investissements d’ici 2027, dans le cadre de la stratégie Global Gateway.

    En collaboration avec d’autres institutions de financement et la société civile, la BEI Monde favorise des partenariats solides et ciblés, au service des populations, des entreprises et des institutions à travers le monde.

    Pour en savoir plus sur les priorités de l’Union européenne en Mauritanie, consultez le site dédié à l’initiative Global Gateway.

  • Violences sexuelles au Mali : urgence humanitaire pour les femmes déplacées

    Violences sexuelles au Mali : urgence humanitaire pour les femmes déplacées

    Les conflits armés et l’insécurité persistante au Mali, notamment dans les régions du Nord et du Centre, aggravent les risques de violences sexuelles pour les femmes et les filles, selon les dernières données de l’UNFPA. Dans un contexte humanitaire déjà critique, ces populations vulnérables sont exposées à des formes variées de violences : exploitation sexuelle, harcèlement, mariage forcé, mais aussi privation d’accès aux services essentiels de santé reproductive.

    Une escalade alarmante des violences dans les zones en crise

    Une enquête récente menée par l’UNFPA en mai 2025 révèle une hausse significative des cas de violences sexuelles dans les camps de déplacés internes et les zones de conflit. Les régions les plus touchées, comme Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka, subissent une intensification des attaques armées, entraînant des déplacements massifs de populations.

    Les femmes et les filles représentent plus de la moitié des 6,4 millions de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire au Mali. Leur vulnérabilité est accrue par l’absence quasi totale d’accès à des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) adaptés. En effet, moins d’un quart des structures sanitaires dans les zones de crise proposent des soins complets ou un accompagnement aux survivantes de violences basées sur le genre.

    Des chiffres préoccupants pour la santé des femmes

    Avec près de 380 000 personnes déplacées internes en 2025 (contre 330 000 en 2024), l’augmentation de 15 % illustre l’ampleur de la crise. Les régions de Gao, Ménaka, Mopti et Tombouctou affichent des taux de fermeture des services spécialisés en SSR particulièrement élevés : 76 %, 77 %, 56 % et 80 % respectivement. Cette situation prive des milliers de femmes et de filles d’un soutien vital, notamment en matière de soins prénatals, postnatals et de gestion des traumatismes.

    Sur le terrain, les équipes de l’UNFPA déploient des efforts constants pour atténuer cette crise. Elles soutiennent actuellement 86 établissements de santé, six espaces sécurisés dédiés aux femmes et aux filles, ainsi que sept centres polyvalents dans les zones les plus affectées (Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Ménaka). En mai 2025, leurs équipes mobiles ont pu assister près de 3 000 personnes, dont 80 % de femmes et de jeunes filles, en distribuant des kits de dignité et des fournitures médicales.

    Un financement insuffisant menace la réponse humanitaire

    Malgré ces actions, la réponse humanitaire reste gravement sous-financée. L’UNFPA souligne un déficit colossal de 13,5 millions de dollars pour l’année 2025, alors que l’appel de fonds initial s’élevait à 16,5 millions de dollars américains. Seuls 2,9 millions ont été collectés à ce jour. Sans un financement supplémentaire urgent, les programmes de lutte contre les violences sexuelles et les services de SSR risquent de s’effondrer, aggravant encore la situation des femmes et des filles au Mali.

    Près de 900 000 femmes et filles sont actuellement ciblées par les initiatives de l’UNFPA en matière de santé reproductive et de prévention des violences. Pourtant, sans ressources supplémentaires, ces efforts pourraient devenir insuffisants face à l’ampleur de la crise.

  • Crise au Sahel : quand le silence cache une urgence sécuritaire et politique

    Crise au Sahel : quand le silence cache une urgence sécuritaire et politique

    crise au Sahel : quand le silence cache une urgence sécuritaire et politique

    Le Sahel, autrefois sous les projecteurs, a disparu des radars médiatiques. Entre les conflits en Ukraine, la guerre Israël-Hamas et les tensions en République démocratique du Congo, l’attention mondiale s’est détournée de cette région d’Afrique. Pourtant, les crises qui la minent depuis plus d’une décennie s’aggravent, plongeant les populations dans une insécurité chronique et une instabilité politique croissante.

    Les régimes militaires issus des récents coups d’État au Mali, au Niger et au Burkina Faso avaient promis de mettre fin à la menace jihadiste. Résultat ? Les groupes armés gagnent du terrain, multipliant les attaques meurtrières. Avec plus de 11 200 morts en 2024, le Sahel est désormais la région la plus touchée par la violence jihadiste au monde. Une situation aggravée par une dérive autoritaire sans précédent : restrictions des libertés, répression des opposants et contrôle accru des médias.

    Cet article décrypte les évolutions récentes de cette crise multidimensionnelle, en se concentrant sur les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il met en lumière l’urgence d’un réengagement européen, malgré un contexte international complexe.

    l’expansion jihadiste : une menace grandissante pour les populations

    Il y a dix ans, le Sahel enregistrait le plus faible nombre de morts liées au terrorisme en Afrique. En 2024, la situation s’est inversée : le nombre de victimes a triplé depuis 2021, atteignant 11 200 morts. Une hausse brutale qui s’explique en partie par l’intensification des attaques jihadistes, notamment après les coups d’État entre 2020 et 2023. Les forces de sécurité locales et leurs alliés russes ont également causé la mort de plus de 2 430 civils en 2024, selon les rapports.

    Les groupes armés, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), ont adopté des tactiques plus audacieuses. Au Mali, ils ont mené des attaques simultanées contre une école de gendarmerie et l’aéroport militaire de Bamako en septembre 2024, causant plus de 70 morts parmi les forces de sécurité. Ces opérations, ciblant uniquement des objectifs militaires, visent à discréditer les régimes en place et à gagner le soutien des populations.

    Au Burkina Faso, la situation est encore plus critique. Les jihadistes contrôlent désormais 60 % du territoire, et le nombre de victimes a augmenté de 68 % entre 2022 et 2023. L’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays a eu lieu en août 2024, faisant entre 130 et 600 morts. Les exactions des forces de sécurité, comme les exécutions sommaires et les mutilations de cadavres, aggravent encore la crise humanitaire.

    Au Niger, la situation reste préoccupante. Depuis le coup d’État de 2023, les attaques jihadistes ont augmenté en intensité, ciblant aussi bien les civils que les forces de sécurité. En mars 2025, l’État islamique au Grand Sahara a attaqué une mosquée, tuant 44 personnes. La violence s’étend désormais aux zones urbaines, un phénomène inédit.

    au Mali : entre échecs militaires et stratégies contestées

    L’expulsion de la MINUSMA en 2023 a marqué un tournant. Le régime malien, soutenu par des troupes russes, tente de reconquérir le nord du pays, mais les résultats sont mitigés. La reprise de Kidal en octobre 2023, une ville sous contrôle rebelle depuis dix ans, n’a pas changé l’équilibre des forces. Une coopération ponctuelle entre le CSP-DPA et le JNIM a même abouti à une cuisante défaite des forces maliennes et de leurs alliés russes à Tinzaouaten en juillet 2024.

    Les civils paient un lourd tribut. En juillet 2024, une attaque lors d’un mariage a fait 40 morts. En représailles, des frappes aériennes maliennes ont tué plus de 20 civils. Malgré cette dégradation, les Maliens conservent une confiance relative dans leurs forces armées, selon les sondages de 2024.

    au Burkina Faso : une militarisation extrême de la société

    Depuis le coup d’État de 2022, le Burkina Faso a basculé dans une spirale de violence. Les forces armées ont perdu le contrôle de 60 % du territoire, et les groupes jihadistes sont actifs dans 11 des 13 régions. Le régime du capitaine Traoré a choisi de mobiliser des civils armés, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), pour lutter contre les terroristes. Une stratégie dangereuse qui a intensifié les tensions ethniques et la violence intercommunautaire.

    Les exactions des forces de sécurité et des VDP sont fréquentes. En février 2024, l’armée a exécuté sommairement 223 civils dans deux villages. En mars 2025, des miliciens ont massacré des civils peuls, faisant des dizaines de victimes. En représailles, le JNIM a attaqué un camp militaire, tuant plus de 30 soldats et VDP.

    Avec plus de 2 millions de déplacés internes, le Burkina Faso est le pays le plus touché par la crise humanitaire dans la région.

    au Niger : une insécurité qui s’étend

    Bien que moins touché que ses voisins, le Niger voit sa situation se dégrader rapidement. Depuis le coup d’État de 2023, les attaques jihadistes ont augmenté en intensité. En 2024, les forces nigériennes ont tué trois fois plus de civils qu’en 2022. Les attaques contre les civils et les forces de sécurité se multiplient, avec des bilans humains de plus en plus lourds.

    En mars 2025, l’État islamique au Grand Sahara a attaqué une mosquée, tuant 44 personnes. La violence s’étend désormais aux zones urbaines, un phénomène inédit dans la région.

    des transitions politiques bloquées : l’autoritarisme en marche

    Les régimes militaires de l’AES ont prolongé leurs calendriers de transition, modifiant les constitutions pour consolider leur pouvoir. Au Mali, la transition a été prolongée jusqu’en 2029, permettant au colonel Goïta de rester au pouvoir. Au Burkina Faso et au Niger, les dirigeants ont suivi la même voie, s’auto-promouvant au rang de général d’armée pour légitimer leur emprise sur le pouvoir.

    Ces transitions prolongées permettent aux dirigeants de poser les bases d’une confédération AES, en rupture avec la CEDEAO. Avec cinq années de pouvoir garanties, ils peuvent nouer de nouveaux partenariats régionaux et internationaux, comme en témoigne le soutien récent de la Russie à la nouvelle force conjointe de l’AES.

    la censure comme outil de contrôle politique

    Faute de contrôler l’ensemble de leur territoire, les régimes militaires de l’AES ont renforcé leur emprise sur l’information. Les médias indépendants et étrangers sont suspendus ou interdits, les journalistes étrangers expulsés et les locaux réprimés. Les partis politiques et les organisations de la société civile sont suspendus ou placés sous haute surveillance.

    Au Mali, RFI et France 24 ont été interdits, et des chaînes locales comme Joliba TV ont vu leur licence retirée. Au Burkina Faso, des journalistes étrangers ont été expulsés, et des médias comme RFI, France 24 et Jeune Afrique ont été suspendus. Au Niger, RFI et France 24 ont été suspendus dès le coup d’État de 2023, et les journalistes traitant de questions sécuritaires sont intimidés et emprisonnés.

    Ces régimes utilisent la censure pour imposer leur version des faits. En octobre 2024, le gouvernement burkinabè affirmait contrôler 70 % du territoire, un chiffre en contradiction avec les rapports extérieurs estimant que les groupes jihadistes contrôlent le même pourcentage.

    le Sahel : un enjeu qui dépasse les frontières africaines

    Le silence médiatique autour du Sahel ne signifie pas stabilité, mais bien une aggravation des crises. L’expansion jihadiste, l’insécurité alimentaire et le nombre record de déplacés internes (plus de 3,1 millions en mars 2025) sont des défis qui auront des répercussions bien au-delà de la région.

    L’Union européenne, confrontée à d’autres urgences, a réduit son engagement au Sahel. Pourtant, se désengager de cette région reviendrait à abandonner les populations locales et à laisser la porte ouverte à de nouveaux partenariats, comme celui entre la Russie et les juntes de l’AES.

    Alors que l’UE réévalue son approche, il est urgent de clarifier ses priorités : que veut-elle faire ? Que peut-elle faire ? Et avec qui ? Une chose est sûre : dans un monde de plus en plus polarisé, renforcer les liens et les solidarités entre continents est essentiel pour faire face aux défis globaux.

  • Le Niger confronté à une double menace sanitaire : polio et covid-19

    Le Niger confronté à une double menace sanitaire : polio et covid-19

    Le Niger face à une double épidémie : polio et coronavirus

    Le Niger subit une double crise sanitaire : la propagation du coronavirus s’accompagne désormais d’une résurgence de la poliomyélite, avec deux cas confirmés chez des enfants dans les régions de Niamey et Tillaberi.

    Carte du Niger illustrant les zones touchées par la polio

    Alors que le coronavirus continue de se propager dans plusieurs régions du Niger, une nouvelle menace sanitaire émerge : la poliomyélite. Ces deux maladies, bien que distinctes dans leur mode de transmission, partagent des symptômes similaires (fièvre, maux de tête, toux), ce qui peut compliquer leur diagnostic différentiel.

    Le coronavirus se transmet par les voies respiratoires via les postillons (toux, éternuements), tandis que la polio se propage principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, ou par un contact direct avec une personne infectée. Cette double épidémie met à rude épreuve le système de santé nigérien, déjà mis sous pression par la pandémie.

    Des campagnes de vaccination interrompues par la pandémie

    Le Dr Pascal Mkanda, coordinateur du programme d’éradication de la polio dans la Région africaine, explique : « Le Niger avait réussi à mettre fin aux précédentes épidémies de polio grâce à des campagnes de vaccination de masse de grande qualité en 2019. Cependant, la pandémie de Covid-19 a contraint à suspendre ces campagnes, en raison des mesures de distanciation sociale et des protocoles d’hygiène stricts imposés. »

    En décembre 2024, le Niger, le Kenya et le Mozambique avaient annoncé avoir éradiqué des épidémies de polio qui duraient depuis 24 mois. Pourtant, cette nouvelle flambée de poliovirus circulant dérivé d’un vaccin (PVDVc), responsable de la paralysie de deux enfants, n’est pas liée à l’épidémie précédente. Cette situation illustre la fragilité des progrès réalisés et le risque de résurgence.

    Un risque accru de paralysie chez les enfants

    Selon le Dr Mkanda, « le poliovirus continuera inévitablement à circuler et pourrait paralyser davantage d’enfants, faute de campagnes de vaccination de qualité menées en temps opportun. »

    Le Niger rejoint la liste des pays africains touchés

    Avec cette nouvelle épidémie, le Niger figure désormais parmi les 15 pays africains confrontés à des flambées de poliovirus circulant dérivé d’un vaccin. Les autres pays concernés sont : l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Nigéria, le Togo et la Zambie.

    Plusieurs facteurs expliquent cette situation : une couverture vaccinale insuffisante, des refus de vaccination, des difficultés d’accès dans certaines zones et une qualité variable des campagnes de vaccination. Ces obstacles rendent la protection de tous les enfants contre la polio particulièrement complexe.

    Des efforts pour renforcer l’immunité des enfants

    Bien qu’il n’existe pas de traitement contre la polio, cette maladie peut être prévenue grâce à un vaccin simple et efficace. Actuellement, des initiatives sont en cours au Niger et dans d’autres pays africains pour augmenter rapidement l’immunité des enfants et les protéger contre les risques de paralysie liés à la polio.

    Le programme d’éradication de la polio en Afrique maintient ses activités essentielles de surveillance, malgré la suspension des campagnes de vaccination de masse. L’objectif reste de limiter la propagation du virus et d’éviter une paralysie irréversible chez les plus jeunes.

  • Épidémie de choléra au Niger : les autorités en alerte sanitaire

    Épidémie de choléra au Niger : les autorités en alerte sanitaire

    épidémie de choléra au Niger : les autorités en alerte sanitaire

    Plus de 600 cas déclarés dans les régions de Maradi et Zinder en quelques semaines, une situation qui préoccupe vivement les autorités sanitaires du Niger.

    Cette recrudescence de choléra, une infection intestinale aiguë liée à la consommation d’eau contaminée, survient dans un contexte de fortes pluies ayant favorisé la propagation de cette maladie à la frontière entre le Niger et le Nigéria.

    bilan sanitaire et mesures d’urgence

    Selon les dernières données officielles, plus de 600 cas de choléra ont été recensés dans les régions les plus touchées. Parmi eux, 400 patients sont déjà guéris, tandis que 156 personnes restent sous traitement. Malheureusement, le bilan humain s’alourdit avec au moins 19 décès enregistrés à ce jour.

    Face à cette épidémie, les autorités sanitaires nigériennes ont rapidement mis en place des centres de prise en charge dédiés dans les zones les plus affectées. Ces structures médicales offrent un traitement gratuit aux personnes infectées et dispensent des conseils pour limiter les risques de contamination.

    facteurs de propagation et enjeux sanitaires

    Le choléra se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Plusieurs facteurs favorisent sa propagation au Niger :

    • Un assainissement défaillant : manque de latrines et réseaux d’égouts inefficaces.
    • Des pratiques d’hygiène insuffisantes dans certaines communautés.
    • Des conditions climatiques favorables : les pluies diluviennes facilitent la stagnation des eaux souillées.

    Depuis la dernière grande épidémie de 2018, le Niger connaît des résurgences épisodiques de choléra. La baisse de l’immunité collective expose aujourd’hui les populations à un risque accru, d’autant que les infrastructures sanitaires peinent à suivre la demande.

    prévention et solutions à long terme

    Pour endiguer cette crise, les autorités misent sur deux axes principaux :

    • La sensibilisation des populations : informer sur les gestes d’hygiène (lavage des mains, consommation d’eau potable) et les symptômes du choléra (diarrhées, vomissements).
    • Le renforcement des infrastructures : améliorer l’accès à l’eau potable et moderniser les systèmes d’assainissement pour une prévention durable.

    Bien que les campagnes de prévention actuelles visent à contenir l’épidémie, les experts soulignent que seule une refonte des infrastructures sanitaires permettra d’éradiquer durablement cette maladie.

    Le choléra est une maladie liée à l'eau sale (photo d'illustration)
    Le choléra se propage via l’eau contaminée, comme illustré ici.

    Cette épidémie rappelle l’urgence d’agir sur les problématiques d’accès à l’eau potable et d’assainissement au Niger, des enjeux cruciaux pour la santé publique.

  • Alerte maximale : cinq régions du monde face à une crise alimentaire imminente

    Alerte maximale : cinq régions du monde face à une crise alimentaire imminente

    L’Organisation des Nations Unies a lancé un avertissement pressant : Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali figurent désormais parmi les zones les plus vulnérables du globe, où le risque d’insécurité alimentaire atteint son paroxysme. Ces régions nécessitent une intervention « urgente » de la communauté internationale pour prévenir une catastrophe humanitaire.

    Sans une réponse humanitaire massive et immédiate, les populations de ces cinq points de tension sont menacées d’une faim extrême, voire de famine et de décès, dans les mois à venir. C’est le constat alarmant d’un rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM).

    « Ce rapport sonne l’alarme rouge. Nous savons précisément où la faim s’intensifie et qui est en danger », a déclaré Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial.

    Ces crises dévastatrices sont aggravées par des obstacles croissants à l’accès humanitaire et des lacunes critiques en matière de financement.

    Une femme prépare à manger dans un camp pour personnes déplacées au Soudan.

    Gaza et le Soudan : des situations de famine confirmées ou imminentes

    Au Soudan, la famine a été officiellement déclarée depuis 2024. Les prévisions de l’ONU indiquent une persistance de cette situation critique, principalement en raison de la poursuite des hostilités et des déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour. Environ 24,6 millions de personnes devraient faire face à des niveaux de crise ou pire d’insécurité alimentaire aiguë, avec 637 000 personnes confrontées à une situation catastrophique d’ici mai 2025.

    À Gaza, la probabilité d’une famine s’intensifie. Les opérations militaires d’envergure entravent gravement la distribution de l’aide humanitaire essentielle, qu’elle soit alimentaire ou non. L’intégralité de la population de l’enclave palestinienne, soit 2,1 millions d’individus, est exposée à des niveaux de crise ou supérieurs d’insécurité alimentaire aiguë, et 470 000 personnes pourraient atteindre un stade catastrophique d’ici septembre 2025.

    Niveaux catastrophiques en Haïti et au Soudan du Sud

    Le Soudan du Sud fait également face à de « sombres perspectives », avec un risque de famine confirmé dans deux de ses régions. Environ 7,7 millions de personnes, représentant 57 % de la population, sont susceptibles de connaître des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet 2025. Parmi elles, 63 000 personnes devraient se trouver dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë catastrophique.

    En Haïti, l’escalade sans précédent de la violence des gangs et de l’insécurité provoque des déplacements de communautés et paralyse l’acheminement de l’aide. Plus de 8 400 personnes déplacées à l’intérieur du pays sont déjà confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince d’ici juin 2025.

    Inquiétudes persistantes au Mali et autres points chauds

    Au Mali, la flambée des prix des céréales combinée au conflit persistant fragilise les mécanismes d’adaptation des foyers les plus vulnérables, particulièrement dans les zones affectées par les affrontements. Quelque 2 600 personnes risquent de basculer dans une situation d’insécurité alimentaire catastrophique entre juin et août 2025 si l’assistance nécessaire n’est pas acheminée à temps.

    Au-delà de ces cinq régions les plus critiques, d’autres points chauds très préoccupants exigent une attention immédiate pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance : le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria. La liste des zones sous surveillance inclut également le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie.

    « Ce rapport le démontre clairement : la faim n’est plus une menace lointaine, c’est une urgence quotidienne pour des millions d’individus », a souligné Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. « Nous devons agir sans tarder, et agir collectivement, pour sauver des vies et protéger les moyens d’existence. »

    Les populations vulnérables de Morolaba, au Burkina Faso, reçoivent une aide alimentaire d'urgence par voie aérienne.

    Des avancées positives malgré les défis de financement

    Fait notable dans l’actualité mondiale, plusieurs pays ont été retirés de la liste des points chauds de la faim, incluant l’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe. En Afrique de l’Est et australe, ainsi qu’au Niger, l’amélioration des conditions climatiques, propices aux récoltes, et la diminution des phénomènes météorologiques extrêmes ont contribué à alléger la pression sur la sécurité alimentaire. Concernant le Liban, son retrait fait suite à une réduction de l’intensité des opérations militaires, marquant une évolution positive dans la politique nigérienne et les efforts régionaux.

    Cependant, cette détérioration de la sécurité alimentaire dans de multiples régions du monde survient dans un contexte de graves déficits de financement. Ces lacunes budgétaires contraignent à des réductions des rations alimentaires, limitant ainsi la portée des interventions vitales en matière de nutrition et d’agriculture.

    « Nous possédons les outils et l’expertise nécessaires pour agir, mais sans les fonds et l’accès, nous sommes impuissants à sauver des vies. Un investissement urgent et soutenu dans l’aide alimentaire et le soutien au redressement est vital, car la fenêtre d’opportunité pour éviter une nouvelle famine dévastatrice se referme rapidement », a insisté Mme McCain. Cette situation souligne l’importance d’une `actu Niger` positive et d’une `Niger économie` résiliente pour inspirer d’autres nations en difficulté, tout en reconnaissant que la `Niamey actualité` et les `Niger nouvelles` peuvent offrir des leçons précieuses.

  • Le Sahel au bord du gouffre : un cri d’alarme humanitaire pour 29 millions de personnes

    Le Sahel au bord du gouffre : un cri d’alarme humanitaire pour 29 millions de personnes

    Une situation humanitaire alarmante sévit dans la région du Sahel, où près de 29 millions d’individus nécessitent une aide et une protection d’urgence. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a lancé une mise en garde sévère, soulignant que des vies sont en péril si les fonds nécessaires ne sont pas mobilisés rapidement.

    « Dans le Sahel, des millions de femmes, d’enfants et d’hommes vulnérables ont un besoin urgent d’aide humanitaire », a déclaré Charles Bernimolin, responsable du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    L’évaluation des besoins humanitaires pour 2025 chiffre à 4,3 milliards de dollars la somme requise pour subvenir aux besoins les plus pressants de 18,4 millions de personnes. Les pays concernés sont le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria et le Tchad.

    Cette détresse est alimentée par un enchevêtrement de crises complexes, exacerbées par l’instabilité politique, la violence endémique, les conflits armés, une insécurité croissante et les conséquences du changement climatique. L’année dernière seulement, les violences sécuritaires dans la région ont coûté la vie à plus de 16.800 personnes.

    Une crise aux répercussions transfrontalières

    Ces troubles provoquent des déplacements massifs de population. Le Sahel compte actuellement 2,1 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile, ainsi que 5,9 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Ces chiffres ont connu une hausse respective de 6 % et 20 % depuis le début de l’année 2024.

    L’impact de la crise sahélienne s’étend au-delà de ses frontières. On estime que 159.000 réfugiés et demandeurs d’asile se trouvent dans le nord du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. Par ailleurs, plus de 169.000 réfugiés sont officiellement enregistrés dans le sud-est de la Mauritanie.

    La violence généralisée a également entraîné la fermeture de plus de 9.900 écoles et 922 centres de santé, privant ainsi des communautés entières d’un accès vital à l’éducation et aux soins médicaux.

    Les agences onusiennes prévoient qu’entre juin et août 2025, environ 12,8 millions de personnes dans la région feront face à une insécurité alimentaire critique, tandis que 2,6 millions d’enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère.

    Un sous-financement critique de l’aide humanitaire

    Malgré l’urgence et l’ampleur des besoins, la réponse humanitaire est confrontée à une diminution drastique des financements internationaux. L’OCHA prévient que sans une action immédiate de la communauté internationale, les pertes en vies humaines augmenteront, les vulnérabilités s’accentueront et les crises pourraient s’étendre davantage.

    « La région a besoin d’une réponse humanitaire convenablement financée. Mais sans financement suffisant, ce sont les personnes dans le besoin qui en paieront le prix fort. Dans un contexte de crise financière croissante, nous devons nous rappeler qu’il ne s’agit pas d’équilibrer un livre de comptes, mais de sauver des vies humaines », a souligné M. Bernimolin.

    En 2024, les partenaires humanitaires ont réussi à fournir une assistance vitale à 12,4 millions de personnes. Cependant, des millions d’autres n’ont pu être aidées par manque de moyens. Au 26 mai 2025, l’appel de fonds de 4,3 milliards de dollars n’était financé qu’à hauteur de 8%.

  • Moussa tiangari : six mois de détention arbitraire au Niger pour ses idées

    Moussa tiangari : six mois de détention arbitraire au Niger pour ses idées

    une arrestation contestée et des accusations contestables

    Depuis six mois, Moussa Tiangari, figure emblématique de la société civile nigérienne et défenseur acharné des droits humains, croupit en prison au Niger. Son seul tort ? Avoir osé exercer sa liberté d’expression et critiquer ouvertement les décisions gouvernementales. Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), appellent à sa libération immédiate et à l’abandon des charges retenues contre lui.

    Arreté le 3 décembre 2024 à son domicile à Niamey par des hommes se présentant comme des policiers, Moussa Tiangari a été inculpé le 3 janvier 2025 par le tribunal de grande instance de Niamey. Les accusations portées contre lui, notamment « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État en intelligence avec des puissances ennemies », pourraient lui valoir la peine de mort s’il est reconnu coupable du dernier chef d’accusation.

    des critiques légitimes transformées en accusations infondées

    Trois semaines avant son arrestation, Moussa Tiangari avait publiquement dénoncé sur les réseaux sociaux deux décisions controversées du ministre de l’Intérieur nigérien : le retrait de licences à deux organisations humanitaires françaises et la création d’un fichier national associant des individus et groupes au terrorisme. Ces critiques, jugées légitimes par de nombreux observateurs, lui valent aujourd’hui d’être poursuivi pour des faits sans fondement réel.

    Les accusations retenues contre lui, bien que graves, ne correspondent à aucune infraction internationalement reconnue. Selon les experts, elles relèvent davantage de l’exercice normal de la liberté d’expression que de faits punissables. Pourtant, Moussa Tiangari est détenu depuis six mois dans des conditions arbitraires, sans avoir été jugé sur le bien-fondé des charges, dans l’attente d’un procès qui tarde à se tenir.

    une détention préventive prolongée et des procédures judiciaires contestées

    Transféré dès son inculpation à la prison de Filingué, située à 170 km de Niamey, Moussa Tiangari y est maintenu en détention préventive. Aucune audience n’a permis d’évaluer la légitimité de sa détention, malgré les demandes répétées de ses avocats pour faire annuler l’affaire. En mars et mai 2025, les juridictions nigériennes ont rejeté ces requêtes, prolongeant ainsi une situation intolérable.

    Les organisations de défense des droits humains dénoncent une stratégie de répression systématique mise en place par les autorités nigériennes pour museler toute voix dissidente. Depuis le coup d’État de juillet 2023, les critiques contre le régime, les médias indépendants et les militants sont systématiquement réprimées, souvent sous couvert de lutte contre le terrorisme.

    une mobilisation internationale pour la libération de Moussa Tiangari

    Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH et l’OMCT ont lancé un appel urgent pour la libération immédiate et inconditionnelle de Moussa Tiangari. Ces organisations rappellent que sa détention arbitraire constitue une violation flagrante des droits humains et une atteinte à l’État de droit.

    Isidore Ngueuleu, responsable du bureau régional pour l’Afrique à l’OMCT, souligne que « depuis des décennies, Moussa Tiangari incarne les aspirations démocratiques et la quête de souveraineté du peuple nigérien. Un gouvernement respectueux de ses citoyens le libérerait sans délai. »

    le profil d’un militant engagé

    Âgé de 55 ans, Moussa Tiangari est le secrétaire général d’Alternatives Espaces Citoyens (AEC), une organisation de la société civile nigérienne. Son arrestation, suivie de la saisie de ses effets personnels (téléphone, ordinateur, valise), a marqué le début d’une procédure judiciaire largement considérée comme une parodie de justice. Après deux jours d’absence totale de nouvelles, il a été localisé au Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée à Niamey.

    Les recours déposés par ses avocats pour contester la légalité de sa détention et dessaisir la chambre spécialisée dans la lutte contre le terrorisme ont été rejetés. Un appel a été interjeté, mais la procédure s’éternise, laissant présager une issue incertaine pour ce défenseur des droits humains.

    un contexte politique sous haute tension

    Depuis le coup d’État de juillet 2023 ayant porté les militaires au pouvoir, le Niger traverse une période de profonde instabilité politique. Les autorités actuelles multiplient les mesures répressives contre les opposants, les médias et les militants, sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Un rapport publié par Amnesty International en mars 2025 a révélé l’ampleur de cette répression, visant notamment d’anciens membres du gouvernement et toute voix critique.

    Dans un communiqué conjoint publié en juillet 2024, Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH avaient déjà alerté sur la dégradation alarmante de la situation des droits humains au Niger, qualifiant le régime de « menace pour la démocratie et les libertés fondamentales ».

  • Mali : experts onusiens alertent sur le danger des restrictions politiques

    Mali : experts onusiens alertent sur le danger des restrictions politiques

    Mali : experts onusiens alertent sur le danger des restrictions politiques

    Un groupe d’experts indépendants des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi concernant les mesures récentes prises par le gouvernement du Mali. Ces experts dénoncent vivement l’adoption d’un projet de loi visant à abolir des protections fondamentales liées à la participation politique, ainsi que la signature d’un décret suspendant temporairement les activités de tous les partis politiques dans le pays. Selon eux, ces décisions violent directement les droits humains fondamentaux.

    Violation des libertés politiques et économiques

    Dans un communiqué commun, les spécialistes des droits de l’homme ont qualifié le décret de « mesure abusive » et ont mis en garde contre l’impact du projet de loi du 30 avril. Ce texte, s’il est adopté, placerait le Mali en infraction avec ses obligations internationales, notamment en matière de libertés d’association et d’expression. Les experts rappellent que ces libertés sont essentielles pour une démocratie saine et dynamique.

    Le gouvernement malien justifie ces mesures en invoquant la volonté de « limiter la prolifération des partis politiques ». Cependant, les experts contestent cette argumentation. Ils soulignent que le véritable problème réside dans l’absence de règles électorales transparentes et légitimes, capables d’encadrer efficacement le paysage politique. À la place, le projet de loi propose des dépôts financiers exorbitants pour l’enregistrement des partis et des candidatures, ce qui restreindrait considérablement l’accès à la participation politique aux seuls acteurs économiques les plus aisés.

    Des consultations politiques entachées de soupçons

    Les experts rappellent que les autorités maliennes affirment s’appuyer sur les conclusions des Assises Nationales de la Refondation de 2021 et sur les consultations de avril 2025 relatives à la révision de la Charte des Partis Politiques. Pourtant, ils dénoncent un « climat de répression » où l’espace civique est fortement réduit. Les opposants politiques et les journalistes indépendants vivent dans la crainte constante de sanctions pour l’exercice de leur liberté d’expression.

    Plusieurs partis politiques ont d’ailleurs boycotté les consultations d’avril 2025, craignant que le processus ne soit détourné pour dissoudre des formations politiques ou interdire leurs activités. Les experts s’inquiètent également d’une autre recommandation issue de ces consultations : la nomination du général Assimi Goita à la présidence du Mali pour une période de cinq ans renouvelable à partir de 2025, sans élection. Ils estiment que cette proposition, ainsi que l’adoption du projet de loi, trahirait les engagements nationaux et internationaux du pays.

    Appel à la modération du Conseil national de transition

    Le projet de loi doit maintenant être soumis à l’approbation du Conseil national de transition, présidé par le général Malick Diaw. Face à cette situation, les experts des Nations unies ont lancé un appel pressant : « Nous exhortons instamment le Conseil national de transition à ne pas valider ce projet de loi. Nous restons disponibles pour accompagner le gouvernement dans la révision de ce texte afin de le rendre conforme aux normes internationales en matière de droits humains. »

    Les partis politiques ont déjà annoncé leur intention d’organiser des manifestations les 3 et 4 mai, suivies d’autres rassemblements publics prévus le 9 mai. Cependant, ils rapportent avoir subi des perturbations violentes de la part d’individus se revendiquant proches des autorités de transition. Les experts rappellent l’importance cruciale du « droit de se réunir pacifiquement » pour une démocratie vibrante et appellent les autorités à respecter scrupuleusement ce droit. Ils les exhortent également à éviter toute intimidation ou répression susceptible de menacer l’intégrité physique et les droits des manifestants.

    Cette situation met en lumière les tensions persistantes autour de la gouvernance politique au Mali et souligne l’urgence de préserver un cadre démocratique respectueux des droits fondamentaux.