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  • Transit des marchandises : le Tchad, la RCA et le Cameroun renforcent leur coopération à N’Djamena

    Transit des marchandises : le Tchad, la RCA et le Cameroun renforcent leur coopération à N’Djamena

    La 5ᵉ édition du forum tripartite réunissant la République centrafricaine (RCA), le Tchad et le Cameroun s’est ouverte ce lundi 11 mai 2026 à N’Djamena. Organisé par le ministère tchadien des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, en collaboration avec les acteurs portuaires, cet événement vise à faciliter le transit des marchandises via les ports camerounais. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre des Transports, Fatima Goukouni Weddeye.

    Ce forum, qui se déroulera jusqu’au 13 mai 2026, représente une plateforme de dialogue stratégique essentielle pour consolider la coopération économique entre les trois nations voisines.

    Dans son discours, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, a souligné l’engagement des plus hautes autorités des pays participants. Il a rappelé que les infrastructures portuaires du Cameroun sont un outil indispensable pour la RCA et le Tchad, mettant en exergue la solidarité géographique et historique qui lie ces États.

    « La dynamique impulsée par nos trois pays est prometteuse et s’intensifiera », a-t-il affirmé. Le ministre a également évoqué la situation d’un chauffeur camerounais actuellement détenu au Tchad, appelant à une résolution rapide de ce cas dans un esprit de fraternité.

    En procédant à l’ouverture officielle des travaux, la ministre Fatima Goukouni Weddeye a insisté sur l’importance capitale de cette rencontre pour les pays enclavés de la région.

    Elle a précisé que pour le Tchad et la RCA, la performance des corridors de Douala et Kribi est un facteur déterminant. « L’efficacité de ces corridors conditionne directement l’approvisionnement de nos marchés, la maîtrise des coûts logistiques et la compétitivité de nos économies », a-t-elle expliqué.

    Pendant trois jours, les participants issus des secteurs public et privé vont partager leurs expériences. L’objectif est de formuler des solutions concrètes pour fluidifier le transit, réduire les dépenses logistiques et renforcer durablement l’intégration économique régionale.

  • L’Algérie accompagne le Tchad dans la construction d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    L’Algérie accompagne le Tchad dans la construction d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Une alliance stratégique entre Sonelgaz et Tchad-Elec pour renforcer le réseau

    Le secteur de l’énergie au Tchad franchit un palier important avec la concrétisation du projet de centrale électrique à N’Djamena. Ce chantier d’envergure est le fruit d’une coopération étroite avec l’entreprise algérienne Sonelgaz. Une délégation de haut niveau, menée par Yazid Djellouli, le PDG de Sonelgaz International, s’est rendue dans la capitale tchadienne pour finaliser les études techniques et définir le calendrier des travaux en collaboration avec Tchad-Elec.

    La technologie tri-combustible au service de la stabilité énergétique

    D’une puissance prévue de 40 mégawatts, cette nouvelle infrastructure se distingue par son mode de fonctionnement « tri-combustible ». Cette caractéristique technique majeure offre une souplesse d’exploitation inédite, permettant à l’usine de produire de l’électricité à partir de gaz naturel ou de divers combustibles liquides. Pour N’Djamena, qui fait face à des défis chroniques de délestage, cette adaptabilité garantit une meilleure sécurité d’approvisionnement en fonction des ressources disponibles, qu’elles soient locales ou importées.

    Un transfert de compétences pour une autonomie durable

    Au-delà de l’aspect purement industriel, ce partenariat met l’accent sur la transmission de savoir-faire. Sonelgaz, forte de son expérience dans la gestion de réseaux de grande ampleur en Afrique du Nord, apportera son expertise à la Société Nationale d’Électricité (SNE) du Tchad pour la maintenance et le pilotage de la centrale. Ce schéma de coopération Sud-Sud a pour objectif de renforcer les capacités techniques des experts tchadiens, assurant ainsi la pérennité des installations sur le long terme.

    En investissant dans des solutions énergétiques flexibles, le Tchad renforce sa souveraineté économique et réduit sa dépendance aux énergies fossiles les plus onéreuses. Cette modernisation du parc de production national envoie un signal fort aux investisseurs, car l’accès à une électricité stable demeure le moteur essentiel du développement industriel et de la croissance économique du pays.

  • Soutien du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Soutien du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Le général de brigade Moubarak Abakar Nassour Hor, à la tête de la force mixte TchadRCA, s’est rendu au chevet des militaires blessés lors des récents événements dans le département de Korbol. Cette visite de solidarité s’est déroulée à l’hôpital provincial de Sarh Outel Bono, où l’officier supérieur a pu constater l’état de santé de ses hommes.

    Visite du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Une prise en charge médicale urgente à Sarh

    Les affrontements armés survenus quelques jours plus tôt dans la localité de Korbol ont laissé des traces parmi les rangs de la force conjointe. Parmi les blessés figurent le sergent Allahguernganye Diro Martial, âgé de 36 ans, touché au thorax, et le caporal-chef Djimet Issakah Dane, souffrant d’une fracture importante à la jambe gauche suite à des tirs.

    Transfert vers N’Djamena pour des soins de pointe

    Après s’être entretenu avec les équipes médicales de Sarh, le général Moubarak Abakar Nassour Hor a insisté sur l’importance d’une évacuation sanitaire immédiate vers N’Djamena. L’objectif est de garantir aux deux soldats l’accès à un plateau technique plus performant et à des soins spécialisés indispensables à leur rétablissement.

    Le docteur Sayambaye Alladoumdjim, directeur adjoint de l’établissement hospitalier provincial, a salué la réactivité du commandement des forces de défense. Le transfert des patients a été organisé en urgence durant la journée afin d’optimiser leurs chances de guérison complète. Ce geste souligne l’engagement des autorités militaires à veiller sur l’intégrité physique de leurs frères d’armes.

  • Bassirou Diomaye Faye et le Pastef : l’affirmation d’un leadership présidentiel au Sénégal

    Bassirou Diomaye Faye et le Pastef : l’affirmation d’un leadership présidentiel au Sénégal

    Depuis Mbour, sa ville d’origine, la coalition présidentielle « Diomaye Président » a clairement signifié son intention de se démarquer du parti Pastef.

    Sénégal, Dakar | Le candidat à la présidence Bassirou Diomaye Faye a été libéré de prison (Illustration)

    Deux ans après son accession à la présidence du Sénégal en 2024, Bassirou Diomaye Faye manifeste clairement sa volonté d’établir son propre leadership politique, au-delà de l’influence du parti Pastef qui l’a propulsé au pouvoir.

    Bien que présenté comme un simple bilan d’étape, cet événement revêt une importance politique capitale, tant pour l’équilibre des forces au sein de la majorité que pour les futures échéances électorales.

    Consolider une présidence indépendante

    Depuis plusieurs mois, le président sénégalais s’efforce de prendre ses distances avec le Pastef, le mouvement politique dirigé par son Premier ministre, Ousmane Sonko. Lors d’un entretien très suivi début mai, Bassirou Diomaye Faye a critiqué une « personnalisation excessive » du projet politique, une déclaration perçue comme un avertissement direct à l’encontre de la prépondérance de Sonko sur la scène politique sénégalaise.

    Sénégal, Dakar | Prochaines élections | Conférence de presse

    Le rassemblement de Mbour s’inscrit dans cette logique. Pour de nombreux analystes, il représente une tentative délibérée de structurer un courant « diomayiste », directement lié à la fonction présidentielle et distinct de l’appareil militant du Pastef. Cette réorientation institutionnelle vise à réaffirmer la hiérarchie constitutionnelle dans un régime où le président détient l’autorité exécutive suprême.

    Un test de mobilisation stratégique

    Le choix de Mbour n’est pas anodin. Cette ville constitue un bastion électoral et un terrain propice pour évaluer la capacité de mobilisation autour de la présidence. La forte affluence au stade Caroline-Faye a permis à la coalition de démontrer qu’elle bénéficie d’un soutien populaire bien au-delà des réseaux traditionnels du Pastef, même si l’absence physique du président, remplacé par une allocution vidéo, a suscité quelques commentaires.

    Selon les observateurs, l’enjeu était double : prouver l’existence d’une base populaire propre et préparer l’opinion à une potentielle reconfiguration politique en vue des élections législatives intermédiaires et, surtout, de la présidentielle de 2029.

    Les enjeux cruciaux de 2029

    À Mbour, plusieurs figures de la coalition ont ouvertement encouragé Bassirou Diomaye Faye à briguer un second mandat. Cette prise de position, bien que précoce, est révélatrice. Si la Constitution autorise cette perspective, elle modifie profondément la donne au sein de la majorité : elle implique soit une cohabitation durable avec Ousmane Sonko, soit une clarification nette des rôles et des ambitions de chacun.

    Cependant, la relation entre les deux hommes semble de plus en plus tendue. Des limogeages ciblés, une réorganisation de la communication présidentielle et des frictions autour du contrôle de la coalition témoignent d’une rivalité latente au sommet de l’État. Une rupture ouverte pourrait fragiliser la majorité, tandis qu’une cohabitation ambiguë risquerait d’engendrer une usure politique.

    Sénégal, Dakar | Prochaines élections | Le chef de l'opposition Ousmane Sonko (Photo d'illustration)

    Sur le fond, le président fait face à des attentes sociales considérables au Sénégal : emploi des jeunes, maîtrise du coût de la vie, réformes judiciaires et gouvernance économique. Bien que le pouvoir mette en avant des progrès, plusieurs réformes promises tardent à produire des effets concrets, nourrissant une impatience grandissante au sein de la population.

    Dans ce contexte, le rassemblement de Mbour sert également à remobiliser la base militante, à un moment où l’exécutif admet que « des temps difficiles » se profilent, notamment en raison des contraintes budgétaires et de l’endettement.

    Un tournant décisif pour le quinquennat

    Au-delà d’un simple événement partisan, le meeting de Mbour marque un jalon essentiel du quinquennat. Il signale l’entrée de Bassirou Diomaye Faye dans une phase plus classique, mais aussi plus complexe, de l’exercice du pouvoir : celle où le président doit concilier loyauté politique, autorité institutionnelle et vision à long terme.

    La question demeure de savoir si cette stratégie de différenciation renforcera son autorité ou si elle provoquera une crise durable au sein de la majorité, dans un pays où l’unité du pouvoir fut présentée comme la clé de la « rupture » promise en 2024.

  • Paix au Mali : l’intégration des Touaregs comme remède à l’insécurité

    Paix au Mali : l’intégration des Touaregs comme remède à l’insécurité

    Le climat sécuritaire au Mali a franchi un nouveau seuil de violence à la fin du mois d’avril 2026. Des offensives coordonnées avec précision ont frappé plusieurs localités, entraînant la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, ainsi que de nombreux militaires maliens.

    Ces tragédies marquent le point culminant d’une intensification des assauts contre les forces armées et les symboles de l’État malien observée ces dernières années.

    Des analyses approfondies sur les dynamiques politiques au Sahel suggèrent que cette instabilité persistante prend racine dans les frustrations des communautés touarègues. Ces populations berbères nomades du nord du Mali estiment que leurs revendications historiques sont restées sans réponse sous l’actuelle administration militaire.

    Trois piliers expliquent cette impasse sécuritaire. D’abord, le refus systématique de traiter le mécontentement des Touaregs. Leurs attentes concernent l’autonomie de gestion, la fin de la marginalisation sociale, la reconnaissance de leur culture et une meilleure protection face à ce qu’ils considèrent comme un abandon de la part de l’État.

    Ensuite, la stratégie de l’armée malienne repose sur un usage massif de la force dans les régions septentrionales, générant souvent des dommages collatéraux importants. Cette militarisation croissante est vivement dénoncée par les populations locales depuis des décennies.

    Enfin, le déséquilibre profond dans la gestion des richesses maintient le Nord dans une situation de précarité structurelle. Les gisements aurifères, les salines et les axes commerciaux stratégiques de cette zone restent sous le contrôle exclusif du pouvoir central basé au Sud, privant les régions productrices de retombées économiques concrètes.

    S’attaquer de front à cette exclusion économique pourrait transformer le visage du conflit. En privilégiant l’inclusion politique et la stabilité, le Mali pourrait restaurer la confiance et transformer une rébellion armée en une quête de développement durable pour le nord du pays.

    Analyse de la dynamique actuelle

    En avril 2026, une alliance tactique a vu le jour entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) pour mener des assauts d’envergure.

    Ce scénario rappelle la crise de 2012, où les séparatistes touaregs et des groupes liés à Al-Qaïda avaient bousculé l’autorité de l’État. À l’époque, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), composé majoritairement de combattants touaregs revenus de Libye, avait tenté d’imposer une sécession territoriale.

    Bien que fort de près de 10 000 hommes, le MNLA n’a pas pu maintenir ses positions seul. Il s’est alors lié à des factions comme Ansar Dine ou le MUJAO. Cette coalition hétéroclite a fini par imploser, les groupes djihadistes, mieux financés, évinçant les nationalistes laïques des centres urbains comme Gao et Kidal.

    L’intervention militaire française en 2013 avait permis de stabiliser temporairement la zone, forçant AQMI et ses alliés à se retrancher dans le désert. Cependant, le départ des troupes françaises en 2022 a laissé un vide sécuritaire béant. Sans cette pression extérieure, les groupes radicaux ont pu reconstituer leurs réseaux et intensifier leurs recrutements locaux.

    Les erreurs de gouvernance persistantes

    Le gouvernement de transition dirigé par Assimi Goïta peine à formuler une réponse politique aux doléances de l’Azawad. Historiquement, les Touaregs dénoncent une structure étatique qui ignore leurs spécificités culturelles et leurs besoins économiques. Cette quête d’autonomie, entamée dès 1960, a presque toujours été accueillie par la répression.

    Aujourd’hui, les crises climatiques répétées aggravent la vulnérabilité des éleveurs nomades, renforçant le sentiment d’injustice. Parallèlement, les rapports de Human Rights Watch soulignent que les opérations antiterroristes actuelles frappent lourdement les civils, alimentant ainsi le ressentiment et facilitant le travail de recrutement des insurgés.

    La concentration des investissements dans le sud du Mali demeure un obstacle majeur. Bien que les accords passés aient promis une décentralisation effective, leur application reste lettre morte, laissant le Nord dans un état d’abandon infrastructurel total.

    Vers une solution inspirée du voisin nigérien ?

    Pour sortir de l’impasse, le Mali pourrait s’inspirer de l’expérience du Niger sous la présidence de Mahamadou Issoufou. Dès 2011, ce dernier a su désamorcer la menace séparatiste en adoptant une approche inclusive :

    • L’intégration massive des cadres touaregs dans les hautes sphères de l’État.
    • Une décentralisation réelle offrant une autonomie budgétaire aux régions.
    • Le lancement de programmes concrets de désarmement et de réinsertion sociale.

    En investissant dans l’accès à l’eau, l’éducation et les infrastructures pastorales, le Niger a réussi à transformer la méfiance en dialogue. Pour le Mali, la reconnaissance des droits et des besoins des populations du Nord semble être l’unique chemin vers une pacification durable du territoire.

  • Nairobi : une nouvelle ère de partenariat franco-africain s’esquisse

    Nairobi : une nouvelle ère de partenariat franco-africain s’esquisse

    Ce lundi 11 mai, l’attention internationale converge vers le Kenyatta International Convention Centre (KICC) de Nairobi, où s’est ouvert le sommet Africa-Forward. Co-présidée par le président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto, cette rencontre de deux jours vise à instaurer une « diplomatie du concret », s’éloignant des cadres protocolaires traditionnels. Dans un contexte où la France réévalue sa stratégie continentale, ce rassemblement au Kenya est perçu comme le point de départ d’une collaboration équilibrée, fondée sur l’innovation et la recherche.

    Le choix de Nairobi, pôle économique majeur de l’Afrique de l’Est et acteur clé de la transition écologique, n’est pas fortuit. Il signale une volonté française d’élargir sa politique africaine au-delà de sa sphère francophone historique, pour adopter une perspective véritablement continentale.

    L’ambition affichée est de concrétiser la « mue » de la politique française. Il ne s’agit plus de se limiter à l’aide au développement, mais de privilégier les échanges réciproques et l’élaboration de solutions partagées. Les travaux du sommet s’articulent autour de sept axes stratégiques :

    • La transition énergétique et l’industrialisation verte.
    • La réforme de l’architecture financière mondiale.
    • L’intelligence artificielle et les technologies numériques.
    • La santé, l’agriculture durable et l’économie bleue.

    La coopération scientifique illustre concrètement cette orientation nouvelle. En 2024, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a marqué une étape significative en inaugurant un bureau permanent à Nairobi.

    Cette initiative incarne un modèle de co-construction scientifique, remplaçant l’approche descendante. Le bureau de Nairobi agit comme un « hub » pour l’Afrique de l’Est et centrale, favorisant la mobilité des chercheurs et l’accès partagé aux infrastructures de recherche.

    Un exemple éloquent de cette dynamique est le témoignage d’une chercheuse kényane dont les recherches sur la biodiversité ont connu un essor remarquable grâce à cette collaboration. Son intégration aux réseaux de laboratoires français lui a non seulement ouvert des opportunités de financement, mais l’a également insérée dans une communauté scientifique globale où son expertise locale est devenue une ressource précieuse pour ses homologues européens. C’est cette « circulation des cerveaux » que le sommet aspire à généraliser.

    Des enjeux politiques au-delà de l’innovation

    Au-delà des discussions sur les startups et l’intelligence artificielle, des enjeux diplomatiques sous-tendent cette rencontre. Pour la France, il s’agit de réaffirmer sa position de partenaire privilégié face à l’influence croissante d’autres puissances telles que la Chine, la Russie ou la Turquie. Pour le président kényan William Ruto, la co-organisation de cet événement renforce son statut de leader panafricain, capable d’interagir sur un pied d’égalité avec les nations du G7.

    Des organisations régionales comme la CEDEAO suivent attentivement ce modèle. Si ce sommet parvient à transformer les déclarations d’intention en investissements tangibles – notamment par le biais du Business Forum réunissant 1 500 participants – il pourrait établir un précédent pour des relations axées sur la croissance mutuelle, plutôt que sur la seule sécurité.

    Le sommet Africa-Forward est-il destiné à réussir là où d’autres tentatives ont échoué ? Sa force réside dans son approche pragmatique : en mettant en lumière des réalisations concrètes, telles que l’implantation du CNRS ou les partenariats agricoles, Paris et Nairobi s’efforcent de dissiper le sentiment anti-français en démontrant les bénéfices réciproques de leur collaboration.

    Au terme de ces 48 heures, les jeunes entrepreneurs et chercheurs du continent ne s’attendront pas à de longs communiqués, mais à la concrétisation de contrats et à l’ouverture de nouveaux laboratoires. C’est à cette seule condition que le slogan « Africa-Forward » pourra véritablement prendre corps.

  • Mali : les autorités face à l’urgence des droits humains

    Mali : les autorités face à l’urgence des droits humains

    Une situation alarmante pour les opposants et défenseurs des droits au Mali

    Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient au Mali, avec des enlèvements ciblés, des disparitions forcées et des appels publics à la violence contre les opposants. Ces agissements, particulièrement préoccupants dans un contexte de crise sécuritaire, menacent gravement l’état de droit et la stabilité du pays.

    Des personnalités politiques enlevées à Bamako

    Entre les 2 et 5 mai 2026, trois figures majeures de l’opposition ont été enlevées dans la capitale malienne. Parmi elles, Me Mountaga Tall, avocat emblématique de la démocratie, Moussa Djiré (Abba), dirigeant du mouvement Yiriba 223, et Youssouf Daba Diawara, ancien membre de la Coordination des mouvements de l’imam Mahmoud Dicko. Leurs lieux de détention restent inconnus, et leur sécurité suscite de vives inquiétudes.

    Les méthodes employées rappellent celles attribuées à l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), déjà impliquée dans des cas similaires depuis 2021. Pourtant, aucune enquête judiciaire n’a été ouverte à ce jour pour faire la lumière sur ces disparitions.

    Montée des discours de haine et impunité

    La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) dénonce également la prolifération des appels à la violence sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’activistes proches des autorités militaires. Journalistes, défenseurs des droits humains et leurs familles subissent des menaces de mort, des campagnes de dénigrement et des appels à la déchéance de nationalité.

    Lors des funérailles du général Sadio Camara, tué lors des attaques du 25 avril, un membre du Conseil national de transition (CNT) a publiquement appelé à « tuer » et à « priver de nationalité » les critiques vivant à l’étranger. Malgré un communiqué du procureur condamnant ces propos, aucune mesure concrète n’a été prise contre leurs auteurs.

    Contexte de répression généralisée

    Ces violations s’inscrivent dans une dérive autoritaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Les partis politiques ont été dissous en mai 2025, en violation de la Constitution malienne. La FIDH appelle les autorités à mettre fin aux détentions arbitraires, à ouvrir des enquêtes indépendantes et à respecter les libertés fondamentales.

    Condamnation des exactions des groupes armés

    Les attaques des 25 et 26 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont causé de nombreuses victimes civiles et militaires. La FIDH condamne ces exactions, ainsi que les violations du droit international humanitaire commises par ces groupes. Elle réitère aussi son appel à toutes les parties pour le respect des droits humains et la protection des populations civiles.

    Face à cette crise sécuritaire et politique, la communauté internationale est invitée à renforcer son action pour des solutions durables au Sahel, afin de préserver les droits fondamentaux et la sécurité des populations.

    La FIDH exige des autorités maliennes qu’elles agissent sans délai pour faire cesser ces pratiques et garantir la protection des personnes enlevées et des voix dissidentes.

  • Crise au Mali : l’écart entre Bamako et la réalité des routes du Nord

    Crise au Mali : l’écart entre Bamako et la réalité des routes du Nord

    Des véhicules calcinés, des stocks alimentaires pourrissants et des corps abandonnés sur les bas-côtés : telles sont les images glaçantes qui caractérisent actuellement les axes routiers du nord du Mali. Une atmosphère de désolation règne, portée par une odeur de mort omniprésente, symbole de la crise humanitaire et sécuritaire qui frappe le pays. Pourtant, les autorités de transition, bien que confrontées à une situation dramatique, persistent à nier l’évidence. « Aucune restriction n’existe sur les routes. Tous les déplacements sont possibles au Mali », insiste le Premier ministre Abdoulaye Maïga, dans une tentative de masquer l’effondrement des structures étatiques par des mots creux.

    Un déni politique face à une réalité brutale

    La rhétorique officielle du gouvernement malien révèle une fracture croissante entre le pouvoir militaire et les besoins réels des citoyens. Tandis que Bamako célèbre des victoires imaginaires, les routes vitales reliant le sud au nord se transforment en pièges mortels. Le régime semble avoir troqué la protection des populations contre une politique de communication agressive, où toute critique envers la situation est perçue comme une trahison. En préférant l’image d’une souveraineté retrouvée à la survie concrète des Maliens, la junte s’enlise dans une logique d’aveuglement dont le coût se mesure en vies humaines.

    L’échec stratégique d’un pouvoir isolé

    Sur le plan militaire, la rupture avec les partenaires historiques, au profit de nouvelles alliances, n’a pas tenu ses promesses. Bien au contraire, le départ des forces internationales a créé un vide que les groupes armés ont exploité sans pitié. Ces derniers imposent désormais des blocus meurtriers dans le Nord et le Centre du pays, plongeant les localités locales dans une asphyxie économique et humanitaire. Incapable d’assurer la sécurité des convois, le gouvernement se limite à des interventions ponctuelles, là où une présence permanente serait indispensable pour briser l’étau des terroristes.

    Une économie asphyxiée et des populations abandonnées

    Les routes, autrefois artères vitales du commerce et de l’approvisionnement, sont aujourd’hui des zones de non-droit où les civils paient le prix fort. Les denrées alimentaires, bloquées ou pillées, pourrissent sous le soleil, aggravant une crise alimentaire déjà alarmante. Les communautés locales, privées de toute assistance, subissent en silence l’effondrement de leur quotidien. Pourtant, aucune solution concrète ne semble émerger des sphères du pouvoir, qui préfère se réfugier dans des discours patriotiques déconnectés de la réalité.

    Le silence étouffé d’une société muselée

    L’immobilisme politique et la répression des libertés individuelles achèvent de fragiliser davantage la situation. En muselant les journalistes, les opposants et la société civile qui osent dénoncer la crise, le régime se prive des outils essentiels pour construire une résilience collective. L’absence de calendrier électoral et le durcissement des mesures autoritaires indiquent que l’objectif n’est plus de résoudre la crise sécuritaire, mais de perpétuer un pouvoir qui, faute de résultats tangibles, s’appuie sur un nationalisme de façade. Pendant que les discours enflammés résonnent dans les salons de Bamako, le Mali réel, lui, sombre dans le chaos le long des routes abandonnées.

  • Tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    Tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    Actualités urgentes

    Des opérations aériennes menées par l’armée du Tchad contre des positions présumées de Boko Haram sur le lac Tchad auraient causé la mort de plusieurs dizaines de pêcheurs en provenance du Nigeria, selon les derniers témoignages recueillis par l’AFP.

    Vue aérienne du lac Tchad où des frappes ont causé des victimes parmi les pêcheurs

    opérations militaires ciblées contre les bastions de Boko Haram

    Depuis le vendredi précédent, des aéronefs de combat tchadiens bombardent des îles stratégiques du lac Tchad, zones sous contrôle de Boko Haram, à proximité des frontières entre le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ces frappes, lancées en représailles à une attaque récente contre des forces tchadiennes, auraient notamment visé l’île de Shuwa, identifiée comme un repaire jihadiste et un lieu de pêche majeur fréquenté par des Nigérians.

    pêcheurs pris dans l’enfer des bombardements

    Un représentant du syndicat des pêcheurs du lac Tchad indique qu’au moins quarante professionnels de la pêche nigérians sont portés disparus, probablement morts noyés lors des attaques. « Beaucoup de personnes ont péri », déclare Adamu Haladu, un pêcheur originaire de Baga, dans le nord-est du Nigeria. La majorité des victimes proviendraient des villes de Doron Baga et de l’État nigérian de Taraba. Les rescapés expliquent que les pêcheurs accédaient à ces zones riches en ressources halieutiques après avoir versé une redevance imposée par Boko Haram.

    À découvrir également : Tchad : l’état d’urgence décrété dans la province du Lac après des attaques de Boko Haram

    une zone déchirée par l’insécurité prolongée

    Le lac Tchad, partagé entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, est depuis plus de quinze ans un sanctuaire pour les groupes armés Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Pour contrer cette menace, les pays riverains avaient relancé en 2015 une force multinationale mixte. Cependant, la coopération régionale s’est affaiblie ces dernières années, notamment avec le retrait du Niger de cette coalition en 2025. L’armée tchadienne n’a pas encore réagi publiquement à ces allégations.

  • Pourquoi le Togo devient le partenaire stratégique incontournable de l’Union Européenne

    Pourquoi le Togo devient le partenaire stratégique incontournable de l’Union Européenne

    Une alliance renforcée entre Bruxelles et Lomé face aux crises régionales

    Dans un climat international de plus en plus instable, l’Union Européenne (UE) a réaffirmé sa volonté de consolider ses liens avec le Togo. Lors de la célébration de la Journée de l’Europe à Lomé, Gwilym Ceri Jones, à la tête de la délégation européenne, a souligné l’importance de ce partenariat. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, l’Europe souhaite s’afficher comme un allié stable et prévisible pour les nations africaines.

    Des résultats concrets pour le développement social et économique

    La coopération entre les deux entités se traduit par des avancées tangibles sur le terrain. Actuellement, plus de 1,3 million de citoyens au Togo profitent des initiatives d’électrification financées par l’UE. Par ailleurs, les infrastructures de gestion des déchets bénéficient désormais à 2,5 millions de personnes. Un autre chantier majeur concerne la réhabilitation de la route nationale RN2, reliant Lomé à Aného jusqu’à la frontière avec le Bénin.

    L’ambition ne s’arrête pas là, puisque l’UE se dit prête à accompagner le pays dans une transition énergétique majeure, visant à accroître la production d’électricité de 18 % grâce aux énergies renouvelables. Ces projets ne sont pas uniquement techniques ; ils visent à garantir une paix sociale durable en offrant des services essentiels aux populations.

    Le Togo, pivot sécuritaire et diplomatique au Sahel

    Au-delà du développement, c’est sur le plan de la sécurité que le rôle du Togo s’avère crucial. Le pays accueille actuellement environ 60 000 réfugiés dans sa partie septentrionale, fuyant les troubles du Sahel. Bruxelles reconnaît également l’influence diplomatique de Lomé, qui agit comme médiateur dans les crises touchant le Sahel et la région des Grands Lacs.

    Face à la montée du terrorisme et aux changements de régimes dans les pays limitrophes, le Togo apparaît comme un rempart stratégique. En soutenant les forces de défense locales et en investissant dans la stabilité du pays, l’Union Européenne cherche à prévenir une extension de l’instabilité vers le Golfe de Guinée. Cette relation dépasse le cadre de l’aide classique pour devenir une véritable stratégie d’endiguement géopolitique.

  • Aïssata Tall Sall fustige le régime lors du congrès de Taxawu Sénégal

    Aïssata Tall Sall fustige le régime lors du congrès de Taxawu Sénégal

    À l’occasion du congrès constitutif de la formation politique Taxawu Sénégal, portée par Khalifa Sall, l’ancienne ministre Aïssata Tall Sall a prononcé un discours offensif. Elle y a exprimé ses vives critiques envers le pouvoir actuel tout en plaidant pour une réorganisation stratégique de l’opposition.

    Congrès de "Taxawu Sénégal":  Aïssata Tall Sall critique le nouveau régime  et appelle à une démonstration de force de l'opposition

    Une dénonciation de la gestion du pouvoir actuel

    S’adressant directement aux dirigeants en place, Aïssata Tall Sall a remis en question leur légitimité comportementale. Elle a affirmé que les citoyens perçoivent désormais que ceux qui dirigent ne respectent pas les principes fondamentaux du droit, se comportant davantage comme des monarques que comme des représentants du peuple.

    L’ancienne Garde des Sceaux a martelé l’importance de la détermination dans le combat politique : « Il faut garder la tête haute. Le courage et l’intelligence sont des atouts que nous possédons, mais la politique exige avant tout une stratégie sérieuse pour le Sénégal », a-t-elle souligné avec insistance.

    Un calendrier électoral sous le signe de la reconquête

    Pour Aïssata Tall Sall, l’opposition doit prouver sa force de manière graduelle. Elle a tracé une trajectoire politique claire débutant par les élections locales, suivies des législatives, pour culminer lors de la prochaine élection présidentielle. Selon elle, chaque étape sera l’occasion d’une démonstration de puissance face au régime.

    En conclusion, elle a adressé des mots d’encouragement chaleureux aux militants et à Khalifa Sall. Affirmant que ce dernier est pleinement dans son rôle, elle a promis une collaboration étroite pour mener l’ensemble des forces d’opposition vers la conquête du pouvoir exécutif au Sénégal.

  • Le Mali face aux jihadistes : Macron critique le départ de l’armée française

    Le Mali face aux jihadistes : Macron critique le départ de l’armée française

    Face à l’intensification de l’offensive jihadiste qui déstabilise le Mali, le président français Emmanuel Macron a exprimé son avis, estimant que la junte malienne n’avait « pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des forces armées françaises.

    Mali : Emmanuel Macron affirme que la junte a commis une erreur en chassant l’armée française

    Lors de son déplacement à Nairobi, le président Emmanuel Macron a réagi avec fermeté à la dégradation rapide de la situation sécuritaire au Mali.

    Pour le chef d’État français, l’évolution récente des événements démontre que la junte malienne a fait un mauvais calcul en demandant le départ de l’armée française, qui était présente dans le pays jusqu’en 2022 et jouait un rôle clé dans la lutte contre les groupes jihadistes.

    L’escalade des violences fragilise Bamako

    Depuis la fin du mois d’avril, le Mali est le théâtre d’une offensive de grande ampleur, menée conjointement par des groupes jihadistes et des mouvements rebelles majoritairement touaregs.

    Ces assauts ont eu pour conséquence d’affaiblir considérablement l’autorité de la junte, arrivée au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021. Malgré les opérations militaires en cours, plusieurs régions du territoire malien sont confrontées à une insécurité grandissante.

    Le fossé entre Paris et le Sahel s’élargit

    Le retrait des forces françaises du Mali a marqué une rupture historique dans les relations diplomatiques et militaires entre Paris et Bamako. Cette fracture s’est ensuite étendue à d’autres nations du Sahel, notamment le Burkina Faso et le Niger, où des changements de régime par coup d’État ont également entraîné le départ des soldats français.

    Depuis plusieurs années, la présence militaire française dans la bande sahélienne est un sujet de vives tensions politiques et de contestations populaires au sein de la région.