Catégorie : Économie

  • Finadev Tchad : liquidation ordonnée par la cobac pour faute disciplinaire

    Finadev Tchad : liquidation ordonnée par la cobac pour faute disciplinaire

    La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a décidé de retirer l’agrément de FINADEV Tchad S.A., un établissement de microfinance de seconde catégorie basé à N’Djamena, le plaçant ainsi en situation de liquidation.

    Cette sanction disciplinaire, actée le 5 février 2026, a été notifiée officiellement et marque la fin des activités de l’institution financière. Dès réception de l’avis, FINADEV Tchad S.A. est désormais soumis à une procédure de liquidation.

    Conformément aux dispositions réglementaires, la mission de liquidation est confiée à un liquidateur désigné pour une période initiale d’un an, avec possibilité de renouvellement si les circonstances l’exigent.

  • Nouveau baromètre pour évaluer la qualité des services financiers en Côte d’Ivoire

    Nouveau baromètre pour évaluer la qualité des services financiers en Côte d’Ivoire

    Un Baromètre innovant pour mesurer la qualité des services financiers en Côte d’Ivoire

    Un nouvel outil numérique, conçu pour évaluer en temps réel l’expérience des utilisateurs des services financiers en Côte d’Ivoire, a été dévoilé officiellement à Abidjan. Cette initiative, portée par l’Observatoire de la qualité des services financiers en Côte d’Ivoire (OQSF-CI), marque une avancée majeure dans la quête d’une inclusion financière durable et transparente.

    Une plateforme digitale au service des usagers et du secteur financier

    Ce Baromètre de satisfaction s’appuie sur une technologie robuste pour recueillir les avis des utilisateurs des services bancaires, digitaux et d’assurances. Son objectif ? Transformer ces retours en données exploitables pour améliorer en continu la qualité des prestations proposées.

    Selon un haut responsable du ministère ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, cette initiative s’inscrit dans une logique de gouvernance par les données : « En équipant l’observatoire d’un instrument de mesure fiable, nous posons les bases d’une gestion proactive de la qualité. L’inclusion financière ne se limite pas à l’accès aux services ; elle exige des prestations dignes, transparentes et respectueuses des droits de chaque citoyen, qu’il s’agisse d’un entrepreneur, d’un agriculteur ou d’un utilisateur du mobile money. »

    Un outil de dialogue et de performance pour le secteur

    Contrairement à un dispositif de sanction, ce Baromètre se veut un levier de progrès pour les institutions financières. Il permettra d’identifier les freins à la satisfaction des usagers et d’ajuster les pratiques en conséquence. « L’exigence de qualité n’est plus une option, mais une nécessité pour rester compétitif sur le marché », a souligné un conseiller technique du ministère.

    Arthur Ahoussi, président du conseil d’orientation de l’OQSF-CI, a souligné l’importance du dialogue dans cette démarche : « Ce Baromètre n’est pas qu’un outil technique. Il incarne un nouveau pacte de confiance entre les acteurs financiers et les consommateurs. En capturant en temps réel les ressentis des usagers, il crée une dynamique d’amélioration continue. »

    Une vision inclusive et rigoureuse

    Léocadie Loukou Yao, secrétaire exécutive de l’OQSF-CI, a présenté cet outil comme une réponse aux attentes des populations : « Notre ambition est de recueillir les perceptions des usagers, de produire des indicateurs précis et d’orienter les actions d’amélioration. Chaque prestation financière doit répondre à une attente, et ce Baromètre nous aide à en faire une réalité. »

    Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la confiance dans le secteur financier ivoirien. En transformant les évaluations des usagers en intelligence qualité, l’OQSF-CI ambitionne de faire de la Côte d’Ivoire un modèle d’excellence en matière de services financiers accessibles et performants.

    Comment participer et quels sont les bénéfices ?

    Les consommateurs des services financiers sont invités à contribuer activement à cette initiative. Leurs retours permettront d’affiner les mesures et d’orienter les politiques publiques. « Participer au Baromètre, c’est donner une voix à ses attentes et contribuer à façonner un secteur financier plus réactif et responsable », a encouragé un responsable de l’observatoire.

  • Ousmane sonko pointe un gaspillage de 279 milliards fcfa dans les infrastructures abandonnées

    Ousmane sonko pointe un gaspillage de 279 milliards fcfa dans les infrastructures abandonnées

    Économie
    ousmane sonko pointe un gaspillage de 279 milliards fcfa dans les infrastructures abandonnées
    Le chef du gouvernement nigérien a révélé les conclusions d’un audit national mettant en lumière des projets d’infrastructures paralysés, avec des conséquences financières et opérationnelles majeures.

    Lors d’une réunion interministérielle tenue à Niamey, le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur l’état des infrastructures publiques du Niger. Selon ses déclarations, 245 projets de construction bloqués, représentant un investissement global de 279 milliards de francs CFA, sont actuellement à l’arrêt sur l’ensemble du territoire.

    Le Conseil des ministres du 15 avril avait donné pour mission aux différents départements de recenser les chantiers « en souffrance » relevant de leur domaine. Les résultats de cette évaluation, présentés par le Premier ministre, révèlent une situation alarmante : ces infrastructures, qu’elles soient achevées ou en cours de réalisation, restent inutilisées, générant ainsi des actifs dormants évalués à 279 milliards de francs CFA.

    Parmi les causes identifiées, le manque de ressources financières domine largement, suivi de difficultés techniques et de lacunes administratives. Ousmane Sonko a souligné que ces blocages entraînent des pertes financières considérables pour l’État, en plus de priver la population de services essentiels.

    Pour remédier à cette situation, le Premier ministre a annoncé la création d’un comité spécialisé au niveau de la Primature, chargé de finaliser et d’approfondir l’inventaire des projets concernés. Il a également insisté sur la nécessité de prévoir dès la conception les raccordements hydrauliques et électriques pour éviter de futurs blocages.

    « Construire une infrastructure sans prévoir son exploitation est inconcevable et représente une perte énorme pour le pays », a-t-il déclaré, dénonçant au passage les pratiques de « roublardise, négligence et laxisme » qui aggravent les retards et les défaillances. Sonko a appelé à une tolérance zéro envers ces comportements, exigeant des résultats concrets et rapides.

  • Stratégie agricole du Sénégal pour 2026 : les priorités de la campagne d’hivernage

    Stratégie agricole du Sénégal pour 2026 : les priorités de la campagne d’hivernage


    Face à l’enjeu crucial de la souveraineté alimentaire, le Premier ministre Ousmane Sonko a recentré les débats du Conseil des ministres sur la préparation de la campagne agricole d’hivernage 2026-2027. Alors que les acteurs locaux comme l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) ont accompli des avancées notables dans la fourniture d’engrais et de semences certifiées, une analyse approfondie du secteur révèle des défis structurels persistants. Ces obstacles entravent encore la réalisation des ambitions fixées par l’Exécutif pour garantir une autonomie alimentaire durable.

    Réduire la dépendance aux semences importées et sécuriser l’accès au crédit

    Plusieurs priorités ont été mises en lumière par le chef du gouvernement. Parmi elles, la nécessité de combler le déficit chronique d’autonomie semencière se détache comme un impératif. Les écarts de qualité observés lors de la dernière campagne agricole, couplés à des lacunes dans le ciblage des producteurs et à des difficultés persistantes d’accès au crédit agricole, compliquent la tâche. Ousmane Sonko a également souligné l’urgence de moderniser le parc de matériel agricole et d’améliorer significativement les infrastructures de stockage disponibles sur l’ensemble du territoire.

    Pour remédier aux inégalités de distribution et limiter les détournements d’intrants, le gouvernement a décidé d’accélérer la numérisation de la filière. Cette mesure s’appuie sur les résultats encourageants enregistrés dans les zones pilotes de Tivaouane et de Nioro. Parallèlement, une refonte des mécanismes de subvention est en cours, tandis que les services publics devront garantir une transparence totale sur les coûts et une distribution effective des intrants dans toutes les régions.

  • Le Niger reprend en main son uranium après le départ d’Orano

    Le Niger reprend en main son uranium après le départ d’Orano

    Le Niger franchit une étape historique dans la gestion de ses ressources naturelles. Lors d’une réunion du Conseil des ministres tenue en mai 2026, sous l’impulsion du général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, les autorités ont acté la création d’une entreprise publique dédiée à l’exploitation de l’uranium. Parallèlement, la concession minière d’Orano sur le gisement d’Arlit a été purement et simplement annulée. Cette décision met un terme à plus de cinquante ans de collaboration avec le géant français dans le secteur uranifère nigérien.

  • Côte d’Ivoire : comment l’économie verte transforme les métiers et l’innovation

    Côte d’Ivoire : comment l’économie verte transforme les métiers et l’innovation

    L’économie verte en Côte d’Ivoire : une révolution portée par la jeunesse

    En Côte d’Ivoire, une dynamique innovante émerge, transformant les métiers traditionnels en opportunités durables. Trois jeunes entrepreneurs partagent leur expérience, illustrant comment l’agriculture urbaine, l’élevage d’insectes et les projets carbone redéfinissent l’économie locale. Une tendance qui s’inscrit dans une volonté plus large de protection des espèces animales et végétales en Afrique.

    Trois pionniers de l’économie verte ivoirienne

    Leur parcours inspire : ces entrepreneurs ont choisi de miser sur des modèles économiques respectueux de l’environnement. Voici leurs témoignages :

    • Un pionnier de l’agriculture urbaine : il cultive des légumes bio en plein cœur d’Abidjan, réduisant l’empreinte carbone des transports tout en répondant à la demande locale. Son objectif ? Valoriser des terres urbaines abandonnées pour une production alimentaire durable.
    • Un innovateur dans l’élevage d’insectes : spécialisé dans la production de protéines alternatives, il cible notamment les marchés de l’alimentation animale et humaine. Une solution qui limite la déforestation liée à l’élevage traditionnel.
    • Un expert en projets carbone : son entreprise aide les industries ivoiriennes à réduire leurs émissions tout en générant des revenus via des crédits carbone. Une approche gagnante pour l’environnement et l’économie.

    Protéger la biodiversité : un enjeu africain

    L’article aborde également la question cruciale des espèces protégées en Afrique. En Côte d’Ivoire, des initiatives locales visent à préserver des écosystèmes menacés, tout en sensibilisant les populations à leur importance. Une prise de conscience qui s’étend au-delà des frontières ivoiriennes, avec des répercussions sur les politiques environnementales régionales.

    Pourquoi cette transition est-elle stratégique ?

    L’économie verte représente une réponse concrète aux défis climatiques actuels. En Côte d’Ivoire, elle offre des avantages multiples :

    • Création d’emplois durables dans des secteurs innovants
    • Réduction de la pression sur les ressources naturelles
    • Amélioration de la qualité de vie des populations urbaines et rurales
    • Renforcement de la résilience face aux changements climatiques

    Cette transition, bien que récente, s’annonce comme un modèle pour le continent africain. Elle démontre que croissance économique et respect de l’environnement ne sont pas incompatibles, mais complémentaires.

  • Le gouvernement sénégalais défend sa stratégie économique face aux critiques du FMI

    Le gouvernement sénégalais défend sa stratégie économique face aux critiques du FMI

    Le ministre des Finances du Sénégal, Cheikh Diba, a présenté vendredi dernier devant l’Assemblée nationale les premiers résultats du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), révélant une collecte de 63,4 milliards de francs CFA pour cette année. Ces chiffres, dévoilés dans un contexte de tensions avec le Fonds Monétaire International (FMI), ont poussé Waly Diouf Bodian, proche collaborateur du Premier ministre Ousmane Sonko, à prendre la parole pour défendre l’action gouvernementale.

    Des recettes en hausse mais des objectifs ambitieux

    Le PRES, dévoilé le 1er août 2024 par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise une mobilisation totale de 5 667 milliards de francs CFA sur la période 2025-2028. Pour l’année 2026, l’État mise sur 762,6 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires, inscrits dans la Loi de finances initiale. À ce jour, 63,4 milliards ont été perçus, dont 7,9 milliards issus des droits de douane, selon les chiffres communiqués par Cheikh Diba. Un effort nécessaire pour combler un gap de près de 700 milliards avant la fin de l’exercice.

    Le FMI observe de près la situation financière du Sénégal, confronté à des défis budgétaires majeurs. La capacité de Dakar à atteindre ses objectifs de recettes influence directement les négociations en cours avec l’institution financière internationale.

    Waly Diouf Bodian répond aux scepticismes

    Face aux critiques relayées par certains médias, Waly Diouf Bodian a réagi en soulignant que le PRES génère entre 15 et 20 milliards de francs CFA par mois. Il a également mis en avant l’impact attendu des mesures sur le foncier et les transferts d’argent, promettant des résultats plus marqués dans les mois à venir.

    Le gouvernement sera mis à l’épreuve dès ce vendredi lors d’une séance de questions au Parlement. Les parlementaires examineront la progression réelle des recettes du PRES par rapport aux objectifs trimestriels définis dans la loi de finances, un point crucial pour la crédibilité du plan.

  • Performance économique du Sénégal : les défis à relever pour l’UEMOA

    Performance économique du Sénégal : les défis à relever pour l’UEMOA

    Un bilan contrasté pour le Sénégal lors de la revue de l’UEMOA

    La 11e édition de la revue annuelle des réformes communautaires de l’UEMOA s’est tenue à Dakar, après un report initial d’une journée. Cette rencontre, qui a réuni les acteurs politiques et techniques, a été marquée par la présence du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, et du ministre sénégalais des Finances et du Budget. L’objectif ? Évaluer les progrès réalisés et identifier les lacunes à combler pour renforcer la convergence économique au sein de l’espace communautaire.

    Le Sénégal, bien que globalement performant, affiche un recul de 2,14 points sur les 145 réformes évaluées par rapport à 2024. Un résultat qui alerte les autorités sur la nécessité d’agir rapidement pour corriger le tir. Le taux provisoire de mise en œuvre des réformes atteint désormais 76,45 %, contre 78,59 % en 2024. Ce recul s’explique en grande partie par des contreperformances dans deux domaines clés : la gouvernance économique et la convergence, ainsi que par les réformes structurelles, avec une baisse de 6,3 points.

    Les secteurs en difficulté : des priorités claires

    Parmi les insuffisances identifiées, la non transmission du rapport 2024 du guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission de l’UEMOA figure en tête de liste. D’autres domaines, comme la culture, le tourisme, l’artisanat, la qualité et le climat des affaires, nécessitent également une attention particulière. Ces secteurs, souvent perçus comme des leviers de croissance, montrent des signes de fragilité qui pourraient freiner le développement économique du pays.

    Face à ce constat, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a souligné que les résultats de cette phase politique seront présentés au Premier ministre. « Une audience sera organisée pour discuter des mesures correctives à mettre en œuvre », a-t-il déclaré. L’objectif est clair : accélérer la mise en conformité avec les normes communautaires avant la prochaine revue.

    Des avancées encourageantes dans certains domaines

    Malgré ce recul global, certains secteurs ont enregistré des progrès notables. L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement affichent une progression de 12 points, tandis que le développement humain et social gagne 6,5 points. L’énergie, quant à elle, progresse de 3 points, et la modernisation du cadre juridique, comptable et statistique enregistre une hausse de 5,5 points. Ces résultats témoignent d’une dynamique sectorielle que les autorités souhaitent renforcer.

    Abdoulaye Diop a rappelé que cette revue, instaurée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État en 2013, vise à évaluer les actions menées pour atteindre les objectifs du traité de l’UEMOA. Depuis 2014, dix revues ont déjà été conduites au Sénégal, avec des résultats globalement satisfaisants. La session actuelle, la onzième du genre, s’inscrit dans une configuration politique biennale, comme le prévoit la décision de juillet 2023.

    Pour traduire ces engagements en actions concrètes, les autorités sénégalaises ont annoncé que les conclusions de cette phase politique feront l’objet d’une présentation spéciale au Premier ministre. Une démarche visant à mobiliser l’ensemble des administrations concernées et à accélérer les réformes avant la prochaine évaluation.

  • Faure gnassingbé et george elombi discutent des leviers d’investissement pour le Togo

    Faure gnassingbé et george elombi discutent des leviers d’investissement pour le Togo

    Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a accueilli lundi à Lomé le président du Conseil d’administration d’Afreximbank, George Elombi. Au cœur de leur entretien : le renforcement des liens entre le Togo et cette institution financière panafricaine, ainsi que l’identification de nouvelles opportunités d’investissement dans des secteurs clés pour l’économie du pays.

    Un partenariat renforcé pour booster l’industrie locale

    Les deux responsables ont échangé sur les moyens d’accélérer la transformation industrielle des ressources disponibles au Togo. Plusieurs domaines ont été mis en avant, notamment l’exploitation et la valorisation du phosphate, un minerai dont le pays regorge. Les discussions ont également porté sur la production d’énergie dédiée aux zones industrielles ainsi que sur l’optimisation des matières premières africaines pour en tirer une valeur ajoutée maximale. L’objectif ? Stimuler l’économie locale en réduisant la dépendance aux exportations brutes.

    « Notre échange a permis d’aborder les stratégies pour créer de la richesse grâce à la transformation des ressources togolaises. Nous avons notamment évoqué le phosphate, la production énergétique pour les pôles industriels et d’autres pistes liées à la valorisation des matières premières sur le continent », a souligné George Elombi.

    Une institution financière déterminée à soutenir le développement industriel

    George Elombi a réitéré l’engagement d’Afreximbank à accompagner le Togo dans ses projets de développement. Son institution s’est dite prête à mobiliser des financements et à proposer des partenariats techniques pour concrétiser les ambitions industrielles du pays. Une collaboration qui s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de l’industrie locale et de croissance économique durable.

    La visite d’George Elombi s’inscrit dans un cadre stratégique

    Cette rencontre s’est tenue dans le contexte de la 3e édition du forum Biashara Afrika, co-organisé par le gouvernement togolais et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cet événement met en lumière l’attractivité croissante du Togo auprès des investisseurs internationaux et des partenaires financiers. Il reflète aussi la volonté des autorités locales de faire de la transformation des ressources naturelles un levier majeur pour l’économie africaine.

    Cette visite illustre la stratégie togolaise visant à attirer des investissements et à renforcer sa position sur la scène économique continentale. En misant sur l’industrialisation et l’innovation, le pays se positionne comme un acteur clé pour le développement industriel en Afrique de l’Ouest.

  • Tabaski au Sénégal : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier

    Tabaski au Sénégal : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier

    Tabaski : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier pour les Sénégalais

    Chaque année, des centaines de milliers de familles sénégalaises s’endettent pour honorer la tradition de la Tabaski. Entre spéculation, pression sociale et absence de solutions publiques, cette fête religieuse se transforme en véritable crise économique.

    À deux semaines de la Tabaski, l’angoisse gagne les foyers sénégalais. Dans les quartiers populaires comme aux Almadies, la question revient immanquablement : comment financer l’achat d’un mouton ? Les prix flambent, oscillant désormais entre 150 000 et 200 000 francs CFA pour un animal standard. Les moutons dits « de prestige », ceux qui feront le buzz sur les réseaux sociaux, dépassent allègrement les 300 000 francs CFA.

    Ce stress annuel n’est pas anodin. Il révèle une transformation profonde de cette fête religieuse : la Tabaski, autrefois acte de foi, est devenue une obligation sociale et économique. Mamadou, père de famille vivant à Sacré-Cœur, incarne cette réalité. Avec un salaire mensuel de 60 000 francs CFA, il doit débourser l’équivalent de deux mois et demi de revenus pour honorer la tradition. Une somme colossale qui le pousse à se tourner vers les solutions de crédit informel.

    Quand le mouton se transforme en dette

    Mamadou ne peut accéder au crédit bancaire classique. Aucune institution financière ne lui accordera un prêt dédié à l’achat d’un mouton. Il se tourne alors vers les tontines de son quartier. Le taux d’intérêt ? Entre 30% et 50% par an. Pour un emprunt de 150 000 francs CFA, cela représente des frais immédiats de 3 750 à 6 250 francs. Sans compter le remboursement sur 12 mois. Une spirale d’endettement qui s’apparente à un piège.

    Cette situation n’est pas isolée. Entre 35% et 45% de tous les crédits accordés par les institutions de microfinance au Sénégal pendant la période de la Tabaski concernent l’achat d’un mouton. Une proportion vertigineuse qui illustre l’ampleur du phénomène.

    Une inflation des prix qui défie toute logique

    Évolution du prix médian du mouton de Tabaski au Sénégal (2010-2024)
    En francs CFA

    En 2010, un mouton coûtait entre 60 000 et 80 000 francs CFA. En 2024, les prix varient désormais entre 150 000 et 250 000 francs CFA. Une hausse vertigineuse de 87% à 275% en moins de 15 ans. Cette inflation n’est pas liée à l’économie générale du pays, mais bien à une spéculation ciblée sur une demande concentrée sur deux mois seulement. La demande étant inélastique pendant la Tabaski, les éleveurs et intermédiaires n’hésitent pas à gonfler les prix.

    Le coût réel pour un ménage moyen

    Avec un SMIG fixé à 60 239 francs CFA par mois, l’achat d’un mouton à 150 000 francs représente 2,5 mois de salaire complet. Une somme colossale qui ne tient pas compte des autres dépenses liées à la Tabaski : vêtements, nourriture, cadeaux. Pour les 60% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, cette dépense est tout simplement inaccessible sans recourir massivement à l’emprunt.

    Qui finance réellement l’achat des moutons ?

    35-45%
    Des crédits microfinance pendant la Tabaski concernent un mouton
    62%
    D’augmentation des demandes de crédit vs. période ordinaire
    150-250K
    Prix moyen d’un mouton en 2024 (FCFA)
    2,5-4
    Mois de salaire requis (SMIG)

    Pour la Tabaski 2024, les demandes de microcrédit ont augmenté de 62% par rapport à une période normale. Le montant moyen emprunté oscille entre 120 000 et 200 000 francs CFA. Un déluge de demandes concentré sur quelques semaines qui met à rude épreuve le système de crédit sénégalais.

    L’endettement informel : un écosystème qui prospère

    Face à l’incapacité des banques classiques à proposer des solutions adaptées, un écosystème complexe d’endettement s’est développé. Tontines, microfinances, prêteurs informels : tous profitent de cette période pour imposer des taux exorbitants.

    Source de créditTaux période ordinaireTaux période Tabaski
    Tontines locales15-30% par an30-50% par an
    Microfinances formelles24-36% par an36-48% pour crédits courts
    Prêteurs informels privés30-40% par an50-60%+ par an
    Banques commercialesQuasi inaccessibleQuasi inaccessible

    Les tontines, avec leurs taux oscillant entre 30% et 50% pendant la Tabaski, transforment un prêt de 150 000 francs en une dette totale de 172 500 à 225 000 francs après remboursement sur 12 mois. Les microfinances, bien que légèrement moins onéreuses, imposent des taux effectifs annuels de 24% à 48%, avec des frais immédiats de 3 000 à 6 000 francs pour un emprunt de 150 000 francs.

    Les réseaux sociaux : amplificateurs de pression sociale

    Pression sociale liée à la Tabaski chez les jeunes dakarois (2023)
    Base : jeunes 18-35 ans | Étude UCAD

    Une étude de l’Université Cheikh Anta Diop révèle que 67% des jeunes dakarois subissent une pression sociale concernant l’achat d’un mouton pour la Tabaski. Parmi eux, 48% attribuent cette pression aux réseaux sociaux. Les influenceurs valorisent les moutons prestigieux, transformant la Tabaski en un concours de statut social où l’image prime sur la tradition.

    La Tabaski s’est métamorphosée en une compétition de standing. Les réseaux sociaux en sont l’arène principale : un mouton non photographié sur Instagram n’a, aux yeux de beaucoup, aucune existence sociale.

    Cette pression sociale touche particulièrement les hommes, pour qui l’achat du mouton reste un symbole de réussite familiale. Ne pas pouvoir offrir un mouton à Tabaski équivaut, dans l’imaginaire collectif, à un échec personnel et professionnel.

    Les conséquences cachées : consommation en berne et crédits détournés

    Impact du remboursement de crédit Tabaski sur les dépenses des ménages
    Variation de la consommation alimentaire et sanitaire

    Les ménages ayant contracté un crédit pour la Tabaski réduisent leur consommation alimentaire et sanitaire de 18 à 25% au cours des trois mois suivants. Des enfants voient leurs frais de scolarité tomber au second plan, des médicaments essentiels ne sont plus achetés. Le coût réel de la Tabaski dépasse donc largement le simple prix d’achat du mouton.

    Plus préoccupant encore : entre 8% et 12% des crédits agricoles sénégalais sont détournés pour financer l’achat d’un mouton. Des paysans sacrifient leurs semences et engrais, compromettant ainsi leurs récoltes futures. Une perte sèche pour l’économie rurale.

    Le Maroc a résolu le problème il y a 25 ans

    Dès 1999, le Maroc a pris une décision radicale : offrir à chaque citoyen pauvre un mouton pour la Tabaski, non pas comme une aumône, mais comme un droit inaliénable. Cette initiative, portée par le Fonds Zakat Al-Fitr, a transformé la Tabaski en un événement accessible à tous, sans dette ni honte.

    2,8M
    Moutons distribués en 2023
    450M
    Dirhams budgétaires annuels
    43M
    FCFA (équivalent)
    0,1%
    % du budget national marocain

    En 2023, le Maroc a distribué plus de 2,8 millions de moutons, pour un coût annuel de 450 millions de dirhams (43 milliards de francs CFA). Un investissement minime représentant moins de 0,1% du budget national, qui permet à chaque famille modeste de célébrer la Tabaski dans la dignité.

    Pourquoi cette solution fonctionne

    Le Maroc a reconnu une vérité fondamentale : une fête religieuse ne peut dépendre de la richesse individuelle. En traitant la Tabaski comme un bien public plutôt qu’un privilège privé, le pays a brisé le cycle de la dette et de la honte. Le Sénégal pourrait s’inspirer de cette approche audacieuse.

    Au Sénégal, l’État reste absent du débat

    Contrairement au Maroc, le Sénégal n’a mis en place aucun programme national pour soutenir les familles modestes pendant la Tabaski. Quelques initiatives locales et initiatives privées religieuses tentent d’apporter des solutions, mais elles restent marginales. Le reste de la population est livré à lui-même, confronté aux taux usuraires et à la pression sociale écrasante.

    Les sociétés de recouvrement confirment cette situation : le taux de surendettement des ménages atteint son apogée trois mois après la Tabaski. Les familles doivent choisir entre rembourser leurs crédits et subvenir à leurs besoins vitaux. Le résultat ? Des repas réduits, des soins médicaux reportés, des enfants retirés de l’école.

    La santé mentale paie également un lourd tribut. Une étude du Centre de Recherche en Santé Mentale de Dakar montre une hausse de 100% des appels aux lignes d’aide psychologique trois semaines avant la Tabaski chez les hommes de 30 à 55 ans. L’angoisse de l’échec social, la peur de ne pas pouvoir offrir un mouton, la honte du regard des autres : tous ces facteurs pèsent lourdement sur les épaules des pères de famille.

    Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Cycle annuel : volume de crédit et taux de surendettement au Sénégal
    Données BCEAO 2020-2024

    Cette crise trouve ses racines dans deux phénomènes concomitants. D’abord, la transformation de la Tabaski en un symbole de statut social. Autrefois acte de foi et de partage, elle est devenue une démonstration de richesse, amplifiée par les réseaux sociaux. Ensuite, l’absence totale de politique publique adaptée. Aucun débat national n’a été engagé sur ce sujet. Aucun plan d’action n’a été proposé pour protéger les familles. Pendant ce temps, des millions de Sénégalais s’enfoncent chaque année un peu plus dans le cycle infernal de la dette.

    Mamadou reçoit déjà les premiers appels de sa tontine. La Tabaski 2025 approche, avec son lot de stress, de prix en hausse et de taux d’intérêt qui flambent. Le cycle de l’endettement recommence.

  • Transition économique du Tchad : le plan 2030 peut-il briser la dépendance au pétrole ?

    Transition économique du Tchad : le plan 2030 peut-il briser la dépendance au pétrole ?

    Le Tchad se trouve à un tournant décisif de sa transition économique. Le gouvernement mise sur le plan « Tchad Connexion 2030 » pour réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, un pari ambitieux dans un contexte marqué par des défis structurels persistants. Les partenaires internationaux, séduits par cette dynamique, ont réaffirmé leur soutien, mais leur engagement financier reste conditionné par des réformes tangibles et une gestion rigoureuse des ressources.

    L’économie tchadienne, enclavée et vulnérable aux fluctuations des cours du brut, subit de plein fouet les conséquences des tensions sécuritaires aux frontières avec le Soudan et la Libye. Le pays doit concilier dépenses régaliennes, relance sociale et diversification productive, alors que sa dette extérieure absorbe une part croissante des fonds publics. La marge de manœuvre budgétaire, déjà limitée, se réduit encore davantage.

    Tchad Connexion 2030 : un plan stratégique pour une économie résiliente

    Le plan « Tchad Connexion 2030 » se présente comme le socle d’une décennie de transformation. Il mise sur trois piliers : infrastructures, capital humain et modernisation des chaînes de valeur, notamment dans l’élevage, l’agro-industrie et les services numériques. L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance au pétrole en développant des secteurs porteurs et en intégrant le Tchad aux corridors économiques régionaux, du Cameroun au bassin du lac Tchad.

    Pour y parvenir, le gouvernement devra prioriser ses investissements. Les projets d’interconnexion énergétique, l’expansion des réseaux de fibre optique et l’amélioration des infrastructures logistiques sont au cœur des attentes. Cependant, l’efficacité de ces mesures dépendra de la capacité de l’administration à absorber les financements et à améliorer le climat des affaires. Sans avancées concrètes, les annonces risquent de rester sans lendemain.

    Soutien international : une opportunité à saisir avec prudence

    Le Tchad bénéficie aujourd’hui d’une attention renewed de la part des bailleurs de fonds. Dans un Sahel où les alliances géopolitiques se redéfinissent, N’Djamena apparaît comme un partenaire stratégique pour les institutions européennes et américaines. Cette position offre au gouvernement une marge de négociation accrue, comme en témoignent les engagements récents en faveur d’un appui budgétaire et de financements ciblés.

    Cette confiance n’est pas pour autant acquise. Les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, insistent sur la nécessité de réformes structurelles. La transparence des finances publiques, la lutte contre la corruption et l’élargissement de l’assiette fiscale non pétrolière sont des conditions sine qua non pour débloquer des fonds supplémentaires. La performance de l’administration fiscale, dans un pays où l’économie informelle domine, sera un indicateur clé de la crédibilité des engagements pris.

    Obstacles persistants sur la voie de la croissance

    Plusieurs défis entravent la réalisation des ambitions affichées. La croissance démographique rapide, le faible niveau de formation de la main-d’œuvre et le déficit chronique d’infrastructures sociales freinent la productivité. Le secteur privé formel reste embryonnaire, limité à quelques acteurs aux capacités limitées. Par ailleurs, la volatilité des prix du pétrole expose le budget de l’État à des ajustements constants, menaçant la stabilité macroéconomique.

    La sécurité constitue un autre enjeu majeur. Les tensions régionales, l’afflux de déplacés en provenance du Soudan et la présence de groupes armés dans le bassin du lac Tchad mobilisent des ressources qui auraient pu être allouées à l’investissement productif. Une dégradation supplémentaire de la situation sécuritaire pourrait compromettre les arbitrages prévus dans le plan 2030.

    Le succès du plan « Tchad Connexion 2030 » repose sur une équation délicate : transformer l’élan diplomatique actuel en avancées économiques durables. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si le gouvernement parvient à concrétiser ses promesses ou si ce projet stratégique restera lettre morte.

  • UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    Malgré une légère embellie sur le marché commun, le Sénégal affiche un recul notable dans la mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA pour 2025. Décryptage des causes et pistes pour inverser la tendance.

    Ministre des Finances et du Budget du Sénégal en réunion avec la Commission de l'UEMOA

    Les réformes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont connu un ralentissement en 2025 au Sénégal. Selon les résultats officiels de la 11e Revue annuelle, le taux de mise en œuvre a atteint 76,45 %, contre 78,59 % l’année précédente. Cette baisse de 2,14 points reflète les défis persistants dans l’exécution des programmes communautaires.

    L’évaluation, qui a porté sur 145 réformes cette année (contre 132 en 2024), a été menée lors d’une réunion présidée par Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, en présence du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop.

    Les secteurs en difficulté : gouvernance et convergence en tête

    Les principaux reculs concernent la gouvernance économique et la convergence, avec une chute de 1,3 point, ainsi que les réformes sectorielles, en baisse de 6,03 points. Ces contre-performances s’expliquent notamment par un retard dans la transmission du rapport 2024 du Guichet unique de dépôt des états financiers (GUDEF) à la Commission de l’UEMOA.

    Des progrès notables dans certains domaines

    Malgré ce bilan contrasté, plusieurs secteurs clés affichent des avancées encourageantes :

    • Harmonisation juridique et comptable : +1,83 point
    • Union douanière : +4,55 points
    • Agriculture, élevage, pêche et environnement : +2,12 points
    • Développement humain et social : +6,58 points
    • Énergie et mines : +3,33 points

    Les réformes structurelles dans les domaines de la culture, du tourisme, de l’artisanat, ainsi que l’amélioration du climat des affaires et de la qualité ont également été saluées.

    Des engagements fermes pour redresser la situation

    Face à ces résultats, le gouvernement sénégalais a annoncé des mesures correctives pour renforcer l’application des réformes. Cheikh Diba a insisté sur la nécessité de :

    • Finaliser la validation des documents administratifs
    • Fournir les pièces justificatives requises
    • Assurer un suivi rigoureux des programmes communautaires

    Cette Revue politique a permis de valider les conclusions techniques et de réaffirmer l’engagement des plus hautes autorités dans la mise en œuvre des réformes communautaires.

    Le ministre a souligné que, malgré ces défis, le Sénégal reste déterminé à consolider son intégration régionale, une priorité majeure pour l’économie nationale. Les conclusions de cette Revue seront présentées au Premier ministre Ousmane Sonko par le président de la Commission de l’UEMOA.