Fakaba Sissoko interpelle le régime malien sur le bilan de la transition
À l’occasion de la fête de l’indépendance du Mali, célébrée chaque 22 septembre, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir, a livré un discours marqué par l’auto-satisfaction. Dans son allocution du 21 septembre, il a mis en avant les avancées économiques du pays, réaffirmé son engagement dans la lutte antiterroriste et évoqué la réconciliation nationale. Une position qui contraste fortement avec les critiques des opposants, réduits au silence sur le territoire malien.
Parmi ces voix discordantes, celle de Fakaba Sissoko résonne avec une particulière force. Universitaire et porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Dicko, il s’exprime depuis l’étranger où il vit en exil. Pour lui, le bilan de la transition actuelle est loin de refléter les aspirations du peuple malien.
Des promesses non tenues et une population en souffrance
« Je regrette que le général Assimi Goïta ait associé la célébration des 66 ans d’indépendance au bilan de la transition », déclare-t-il. Selon lui, il est tout à fait possible de soutenir les forces armées et de défendre la souveraineté nationale tout en exigeant des comptes sur la gestion du pouvoir. « Les Maliens attendent des résultats concrets : sécurité, emploi, accès à l’électricité, liberté d’expression et surtout une perspective politique crédible », ajoute-t-il.
Sissoko ne mâche pas ses mots concernant le partenariat avec la Russie et son influence grandissante au Mali. « Le silence de Goïta sur le rôle des militaires russes dans son discours est un aveu d’échec. Les récents événements, comme l’attaque de Dioura où plus d’une centaine de soldats maliens ont perdu la vie, parlent d’eux-mêmes », rappelle-t-il, en référence à l’offensive des groupes terroristes liés à al-Qaïda. Pour lui, ce fiasco illustre l’incapacité du régime à garantir la sécurité des citoyens.
Un Mali en deuil selon l’opposition
« Aujourd’hui, le Mali est un pays en deuil », déclare-t-il avec émotion. « L’état de délabrement du pays n’a jamais été aussi critique dans notre histoire. Je ne peux pas célébrer l’indépendance dans ces conditions. Le régime actuel ne rend pas honneur à notre nation ». Une déclaration lourde de sens alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle, touchant à la fois la stabilité politique, la sécurité et l’économie.
Fakaba Sissoko incarne ainsi une opposition déterminée, prête à dénoncer les manquements du pouvoir en place, malgré la répression qui frappe les voix dissidentes sur le sol malien. Son message s’adresse aussi bien aux autorités qu’à la communauté internationale, soulignant l’urgence d’une transition politique inclusive et transparente.