Le Bénin officialise sa feuille de route climatique 2026-2035 : un plan ambitieux pour renforcer la résilience économique
Cotonou a été le cadre d’une présentation majeure ce 4 août 2026 : la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) du Bénin. Ce document stratégique, qui s’étend sur la période 2026-2035, fixe un objectif clair : mobiliser 14,5 milliards de dollars pour accélérer l’adaptation au changement climatique et structurer les investissements dans les territoires.
Cette initiative, dévoilée lors d’une conférence au Novotel Cotonou Orisha, a rassemblé des acteurs clés : représentants gouvernementaux, experts des Nations unies, partenaires internationaux et acteurs locaux engagés dans la transition écologique. Parmi eux, Georges Alé, ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, et Aminatou Sar, coordonnatrice résidente du système des Nations unies au Bénin, ont joué un rôle central dans les échanges.
Une stratégie à 14,5 milliards de dollars pour sécuriser l’avenir du Bénin
Le montant de 14,5 milliards de dollars annoncé pour financer la CDN 3.0 représente un engagement sans précédent pour le pays. Bien que les détails de la répartition entre fonds publics, privés et internationaux restent à préciser, cette enveloppe vise à couvrir des secteurs critiques :
- Agriculture : adaptation des pratiques pour limiter les impacts des sécheresses et des inondations
- Énergie : promotion des énergies renouvelables et réduction de la dépendance aux combustibles fossiles
- Ressources en eau : gestion durable des réserves hydriques face aux variations climatiques
- Foresterie : protection des écosystèmes forestiers et lutte contre la déforestation
- Santé : renforcement des systèmes sanitaires pour faire face aux épidémies liées aux changements climatiques
- Infrastructures : construction de routes et bâtiments résistants aux aléas climatiques
- Tourisme : préservation des sites naturels et culturels menacés par l’érosion côtière
- Littoral : protection des zones côtières contre la montée des eaux et l’érosion
Ces investissements ont pour but de réduire la vulnérabilité des populations, protéger les infrastructures et sécuriser les activités économiques exposées aux risques climatiques. Sécheresses prolongées, inondations dévastatrices et dégradation des sols menacent en effet la stabilité économique du Bénin, un pays où l’agriculture représente une part majeure du PIB.
Une feuille de route inclusive : l’appel aux partenaires internationaux
La réussite de cette stratégie dépendra en grande partie du soutien des partenaires étrangers. Félix Kress, attaché de coopération à l’ambassade d’Allemagne au Bénin, a réaffirmé l’engagement de son pays dans l’accompagnement technique et financier du projet. Les acteurs internationaux sont appelés à jouer un rôle clé dans :
- Le financement des projets prioritaires
- Le renforcement des capacités des institutions béninoises
- Le suivi et l’évaluation des actions mises en œuvre
Cette collaboration est essentielle pour transformer les ambitions de la CDN 3.0 en réalisations concrètes, notamment dans les zones les plus exposées aux risques climatiques.
Vers une économie résiliente : intégrer le climat dans tous les projets
Pour les autorités béninoises, la CDN 3.0 n’est pas qu’un simple document environnemental. Elle doit servir de cadre directeur pour intégrer la question climatique dans toutes les politiques publiques, les projets d’infrastructures et les stratégies de développement. L’enjeu est double :
- Protéger les acquis économiques du pays face aux aléas climatiques
- Créer de nouvelles opportunités de croissance durable
D’ici 2035, le Bénin devra concrétiser ses objectifs à travers des projets financés et exécutés, avec un calendrier précis et des mécanismes de suivi rigoureux. La prochaine étape consistera à détailler les modalités de mise en œuvre, notamment la répartition des fonds et les indicateurs de performance.
Avec cette feuille de route, le Bénin se positionne comme un acteur engagé dans la lutte contre le changement climatique en Afrique de l’Ouest. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres pays de la région face à un défi qui ne connaît pas de frontières.
