Massacre au Mali : l’Africa Corps accusé d’atrocités contre des civils

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massacre au Mali : l’Africa Corps accusé d’atrocités contre des civils

Plus de cent combattants lourdement armés ont déferlé sur le village de Bombori, en plein cœur du Mali, au petit matin du 10 juillet 2026. Sous le commandement de soldats russes, ces hommes ont méthodiquement traqué, battu, exécuté et brûlé des habitations, laissant derrière eux un bilan macabre : neuf civils tués, dont quatre enfants, et des dizaines de blessés. Les témoignages recueillis dressent le portrait d’une opération marquée par une brutalité systématique et une impunité apparente.

Illustration d'un village en feu au Mali

Une attaque planifiée et ciblée

Vers cinq heures du matin, une colonne de plus de cent hommes, majoritairement membres de l’Africa Corps — une force armée sous contrôle direct du Kremlin — a encerclé Bombori, village situé dans la région de Mopti. Accompagnés de quelques soldats maliens, ces combattants ont concentré leurs efforts sur le quartier peul, où ils ont rassemblé plus de quatre-vingts hommes et adolescents sous la menace d’armes à feu. Les violences ont été immédiates : interrogatoires musclés, coups de crosse, exécutions sommaires pour ceux tentant de fuir. Six civils ont été abattus sur place, trois autres emmenés pour être décapités ou égorgés plus tard dans la journée.

Les assaillants ont également pillé les biens des habitants, incendiant au moins huit maisons et cinq greniers à céréales. Selon les récits, les forces de l’Africa Corps ont ciblé spécifiquement les familles peules, accusées à tort de liens avec les groupes armés islamistes. Un témoin, boucher de son métier, a confié avoir vu sept pick-up équipés de mitrailleuses et plus de soixante motos arborant des drapeaux maliens.

Un bilan humain insoutenable

Les corps des victimes ont été retrouvés éparpillés dans le village : des hommes âgés de 19 à 34 ans, des enfants de 6 à 17 ans, tous abattus ou exécutés de manière atroce. Certains présentaient des blessures par balle à la tête ou dans le dos, d’autres avaient été décapités ou égorgés. Les habitants ont décrit un véritable carnage, où les cris des victimes se mêlaient aux détonations et aux flammes dévorant les habitations.

Le quartier des Rimaïbé, épargné par l’attaque, a servi de contraste glaçant. Aucun membre de cette ethnie n’a été molesté, aucune maison n’a été fouillée. Une coïncidence troublante, alors que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) — lié à Al-Qaïda — est connu pour recruter activement au sein de la communauté peule. Les autorités maliennes, comme les forces russes, ont longtemps associé les Peuls aux groupes djihadistes, une généralisation dangereuse ayant conduit à des exactions répétées.

Un contexte sécuritaire explosif

Depuis 2017, le GSIM contrôle Bombori, imposant sa loi islamique, collectant des « impôts » et recrutant de jeunes hommes. Pourtant, la veille de l’attaque, les combattants du groupe avaient quitté le village, laissant les civils sans protection. Les ofensiva d’avril et juillet 2026 ont renforcé la présence djihadiste, attirant des renforts étrangers et aggravant les tensions dans la région.

Face à cette menace, la junte militaire malienne, au pouvoir depuis 2020, a rompu ses alliances avec la France et les forces onusiennes pour se tourner vers la Russie. Après le départ du groupe Wagner en 2025, l’Africa Corps a pris le relais, reprenant les mêmes effectifs et certains des dirigeants du groupe dissous. Depuis 2021, Human Rights Watch documente les abus commis par l’armée malienne, les mercenaires russes et désormais l’Africa Corps lors d’opérations de contre-insurrection.

Des responsabilités qui pèsent sur Bamako et Moscou

Les autorités maliennes, dirigées par le président Assimi Goïta, sont accusées de complicité passive. En laissant l’Africa Corps agir en toute impunité, elles se rendent complices de crimes de guerre. Les entretiens menés par Human Rights Watch révèlent une chaîne de commandement claire : les soldats maliens présents sur place se limitaient à des tâches d’interprétation, tandis que les Russes dirigeaient l’opération. Un villageois a témoigné avoir vu un homme blanc, probablement un officier, donner ses ordres à coups de feu en l’air.

Les violations du droit international humanitaire sont flagrantes : exécutions sommaires, traitements cruels, destruction de biens civils. Les Conventions de Genève de 1949, ainsi que le droit de la guerre coutumier, interdisent ces agissements. Pourtant, aucune enquête crédible n’a été lancée à ce jour, ni par les autorités maliennes, ni par le ministère russe de la Défense, pourtant saisi des preuves.

Une population prise en étau

Les habitants de Bombori se retrouvent pris entre deux feux : d’un côté, les exactions du GSIM, de l’autre, la répression aveugle de l’Africa Corps. Aucun des deux camps ne respecte les lois de la guerre, laissant les civils sans défense. « Le massacre de Bombori est emblématique des atrocités commises au Mali », a souligné un chercheur spécialiste du Sahel. « Les villageois paient le prix d’un conflit où plus personne ne respecte les règles. »

Alors que les familles endeuillées enterrent leurs morts et tentent de reconstruire leur vie, une question persiste : combien de Bombori faudra-t-il encore pour que justice soit rendue ?