Le Conseil Consultatif de la Refondation a tranché. À l’issue de sa première session extraordinaire de 2026, l’instance recommande officiellement une revalorisation des prix des hydrocarbures à la pompe au Niger. Une décision présentée en interne comme une « pilule amère mais inévitable » pour sauvegarder l’équilibre macroéconomique et la sécurité énergétique du pays.
Une hausse imposée par les contraintes financières
Les tensions d’approvisionnement et les pressions financières sur la Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP) ont poussé le CCR à inviter le gouvernement à agir. L’institution préconise une « augmentation du prix des hydrocarbures dans des proportions raisonnables », estimant que le gel artificiel des tarifs compromet la viabilité du secteur et expose davantage le Niger aux chocs extérieurs.
L’objectif affiché : résorber le déficit d’exploitation qui entrave les capacités d’importation et de stockage. Pour le CCR, l’ajustement des prix à la pompe constitue la condition indispensable pour éviter des pénuries récurrentes, dont l’impact sur l’économie nationale serait bien plus lourd.
Un ensemble de réformes structurelles pour accompagner la mesure
Conscient de l’effet sur le pouvoir d’achat des Nigériens, le Conseil subordonne cette hausse à une refonte complète du secteur énergétique. Selon le rapport clôturé par le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, l’augmentation des prix ne doit pas se transformer en chèque en blanc pour les gestionnaires.
Le CCR exige donc une série de mesures strictes :
- Audit et transparence : lancement immédiat d’un audit institutionnel et financier de la SONIDEP, couplé à une digitalisation intégrale de la chaîne de distribution afin de traquer les fuites de valeur et d’assainir la gouvernance.
- Subventions ciblées : octroi d’un soutien financier direct à la SONIDEP pour stabiliser ses importations sans répercuter la totalité des coûts réels sur le consommateur final.
- Diversification des corridors : officialisation de l’axe algérien comme corridor prioritaire pour approvisionner la zone nord, réduisant ainsi la dépendance aux voies maritimes et routières plus onéreuses du Sud.
- Souveraineté énergétique : investissement renforcé dans les capacités de raffinage et de stockage stratégique à l’échelle nationale pour amortir les fluctuations des cours internationaux.
Un arbitrage décisif pour l’exécutif
En liant la hausse des prix à des exigences d’assainissement de la gestion publique, le CCR place le gouvernement face à ses responsabilités. Alors que la campagne agricole 2026 requiert déjà des arbitrages budgétaires urgents pour mobiliser les stocks de sécurité alimentaire, l’exécutif devra fixer le niveau exact de la hausse à appliquer, sans étouffer les ménages ni les acteurs économiques.