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  • Ousmane Sonko face aux défis du nouveau gouvernement sénégalais

    Ousmane Sonko face aux défis du nouveau gouvernement sénégalais

    Ce mardi à Dakar, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’exprime devant la presse pour la première fois depuis la formation du nouveau gouvernement. Cette conférence de presse, organisée au lendemain du remaniement ministériel, intervient dans un contexte politique particulièrement tendu pour le dirigeant du parti Pastef. À travers cet exercice, il se doit d’éclairer les Sénégalais sur les raisons des choix gouvernementaux, de présenter la feuille de route de l’exécutif et de répondre aux interrogations liées à cette restructuration administrative.

    Un remaniement sous haute surveillance économique

    Le remplacement de plusieurs membres de l’équipe gouvernementale a été longuement anticipé au Sénégal. Cette opération s’inscrit dans un environnement économique complexe, marqué par un déficit budgétaire bien plus important que prévu par l’administration sortante et par des discussions en cours avec le Fonds monétaire international. Les acteurs économiques, qu’ils soient locaux ou internationaux, guettent désormais des orientations claires de la part de Dakar. Les priorités annoncées concernent notamment la gestion de la dette publique, l’exécution des contrats liés aux ressources naturelles et la finalisation des grands projets d’infrastructures.

    Les nouveaux ministres et les portefeuilles redistribués font l’objet d’une analyse minutieuse par les investisseurs et les partenaires du pays. Chaque secteur clé, qu’il s’agisse des hydrocarbures, des télécommunications ou des marchés publics, sera évalué à l’aune des ambitions réformistes du gouvernement. La prise de parole du Premier ministre vise donc à clarifier la vision de l’exécutif et à rassurer sur la capacité du Sénégal à honorer ses engagements.

    Ousmane Sonko, un Premier ministre au cœur du pouvoir

    Depuis son entrée en fonction en avril 2024, Ousmane Sonko incarne une figure centrale de l’équipe présidentielle. À la tête du parti majoritaire à l’Assemblée nationale après les élections législatives anticipées de novembre 2024, il dispose d’une influence bien au-delà des prérogatives traditionnelles d’un chef de gouvernement. Cette conférence de presse représente pour lui une opportunité de réaffirmer son leadership sur la scène nationale et de définir le cap d’une action publique souvent critiquée par l’opposition.

    Cette intervention permettra également de faire le point sur la relation entre le Premier ministre et le président de la République. Les spéculations sur d’éventuelles tensions entre les deux hommes, régulièrement relayées par certains observateurs, devraient être dissipées lors de cette prise de parole. Avec son style direct et ses annonces souvent percutantes, Sonko devrait marquer les esprits lors de cet échange avec les médias locaux et internationaux présents sur place.

    Une feuille de route sous pression financière

    Le gouvernement fraîchement nommé hérite d’une situation macroéconomique exigeante. Les autorités doivent concilier plusieurs impératifs : honorer les échéances de la dette souveraine, maîtriser le déficit budgétaire et poursuivre les investissements dans les secteurs stratégiques. L’exploitation des ressources pétrolières et gazières, avec les projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim portés par des consortiums internationaux, représente un levier essentiel pour les finances publiques à moyen terme.

    Parallèlement, la Primature doit accélérer des réformes structurelles, comme la modernisation de l’administration, la renégociation de certains contrats miniers et énergétiques, ainsi que la transformation du secteur agricole. Le volet numérique, priorité affichée depuis le changement de gouvernement, devrait également être évoqué. Le Sénégal cherche en effet à renforcer ses infrastructures technologiques et à mieux réguler les acteurs évoluant dans ce domaine.

    Sur le plan politique, l’enjeu est de taille. Grâce à une majorité parlementaire solide, le parti Pastef ne peut plus invoquer d’éventuels blocages institutionnels pour justifier des retards dans la mise en œuvre de ses promesses. Cette prise de parole constituera donc un véritable test pour évaluer la capacité du Premier ministre à concrétiser les attentes des citoyens, dans un pays en quête de résultats tangibles.

  • Rolande ngo issi intègre le conseil supérieur de la magistrature camerounaise

    Rolande ngo issi intègre le conseil supérieur de la magistrature camerounaise

    Rolande Ngo Issi intègre le Conseil supérieur de la magistrature : un tournant pour le PCRN

    Une décision présidentielle vient d’élargir les contours de la gouvernance camerounaise. Rolande Ngo Issi, figure montante du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), représentera désormais son mouvement au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Cette nomination, officialisée par décret le 2 juin 2026, marque une étape significative dans la collaboration entre le gouvernement et l’opposition.

    Parmi les personnalités désignées figurent également des personnalités politiques influentes comme Sali Dahirou, ancien Ministre de la Fonction publique, et Soppo Toute Marlyse, députée RDPC du Wouri. On note aussi la présence d’anciens hauts magistrats, dont Claude Francis Moukouri, ex-vice-président du tribunal criminel spécial, ainsi que d’autres experts reconnus.

    Un parcours politique et professionnel marqué par l’engagement

    Née le 9 janvier 1981 à Yaoundé, Rolande Ngo Issi cumule plusieurs casquettes. Députée à l’Assemblée nationale, elle occupe aussi le poste de secrétaire générale adjointe du Réseau des femmes parlementaires du Cameroun et dirige la délégation régionale PCRN pour la région du Centre. Depuis 2016, elle préside également le Mouvement national des consommateurs (MNC), une organisation qui défend les droits des citoyens.

    Titulaire d’un master en psychologie de l’enfant de l’Université de Yaoundé 1, d’une licence en science politique de l’Université de Yaoundé 2 et d’un diplôme de l’École normale supérieure (ENS), Rolande Ngo Issi allie expertise académique et expérience terrain. Son parcours inclut aussi une carrière d’enseignante pendant onze ans en milieu rural, où elle a développé une forte sensibilité aux enjeux sociaux et économiques.

    Une voix influente pour la jeunesse et l’entrepreneuriat

    En parallèle de ses fonctions politiques, Rolande Ngo Issi s’impose comme une coach en développement personnel et une entrepreneure engagée. Sur les réseaux sociaux, elle partage des messages inspirants pour la jeunesse camerounaise, promouvant notamment l’entrepreneuriat comme levier de développement. Avec des milliers d’abonnés, elle incarne une nouvelle génération de leaders camerounais, alliant modernité et valeurs traditionnelles.

    Lors des débats parlementaires, elle n’hésite pas à interpeller le gouvernement sur des sujets cruciaux. Lors de la discussion sur l’orientation budgétaire, elle a soulevé des questions fondamentales : « Sans énergie électrique stable, sans internet performant, sans fiscalité adaptée et sans une justice équitable, comment l’État peut-il espérer un véritable essor ? » Elle a également critiqué l’absence d’avancement pour les policiers depuis 2017, comparant la situation à celle de l’armée où les promotions sont automatiques.

    Quels enjeux pour le Conseil supérieur de la magistrature ?

    Cette nomination s’inscrit dans un contexte où le Conseil supérieur de la magistrature joue un rôle clé dans la gestion de la justice camerounaise. Avec l’ajout de Rolande Ngo Issi, le PCRN gagne en visibilité et influence au sein de cette institution, traditionnellement dominée par les membres du RDPC. Une diversification des voix qui pourrait enrichir les débats et renforcer l’indépendance de la justice.

    Son intégration dans ce cercle restreint d’experts et de décideurs reflète une volonté de modernisation et d’ouverture, tout en confirmant le poids croissant du PCRN dans l’échiquier politique camerounais.

    Conseil supérieur de la magistrature Rolande Ngo Issi PCRN politique camerounaise
  • Réforme du renseignement au Bénin : la dgs remplace la dsld

    Réforme du renseignement au Bénin : la dgs remplace la dsld

    Le Bénin modernise son appareil de renseignement avec la création de la Dgs

    Le gouvernement béninois a opéré une réorganisation majeure de ses services de renseignement en instaurant la Direction générale des services (Dgs), qui prend la suite de la Direction des services de liaison et de documentation (Dsld). Cette initiative s’inscrit dans une démarche de modernisation et d’adaptation aux défis sécuritaires actuels du pays.

    Une structure renforcée pour répondre aux enjeux sécuritaires

    Cette réforme intervient dans un contexte sous-régional marqué par la menace terroriste et la criminalité transfrontalière. La Dgs se voit confier des missions élargies : collecte, analyse et exploitation des renseignements stratégiques. Son objectif principal ? Renforcer la prévention des menaces et optimiser la coopération avec les services partenaires, tant au niveau national qu’international.

    Avec cette nouvelle organisation, les autorités béninoises entendent se doter d’un outil plus performant pour mieux anticiper et contrer les risques sécuritaires, tout en consolidant la stabilité du pays.

    Un leadership maintenu pour assurer la continuité

    Le capitaine de frégate Orphée Hounkanrin, figure expérimentée à la tête de la Dsld, conserve ses fonctions à la tête de la Dgs. Ce maintien illustre la confiance des décideurs envers son expertise, acquise dans un environnement sécuritaire particulièrement complexe. Bien que les réalisations de la Dsld restent largement confidentielles, la pérennité de son directeur au poste clé de la nouvelle structure envoie un signal fort quant à l’efficacité du travail accompli jusqu’à présent.

    En renouvelant sa confiance au capitaine de frégate Orphée Hounkanrin, l’État béninois souligne ainsi l’importance stratégique d’un service de renseignement réactif et adapté aux nouvelles menaces, dans un Sahel en proie à l’instabilité.

  • L’influenceur apoutchou national condamné pour blanchiment en Côte d’Ivoire

    L’influenceur apoutchou national condamné pour blanchiment en Côte d’Ivoire

    La justice ivoirienne a rendu son verdict. Le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan a infligé, le 2 juin 2026, des peines de prison ferme allant de un à cinq ans à l’influenceur Apoutchou National et à quatre de ses complices, pour des faits de blanchiment de capitaux. Cette décision marque un tournant dans une affaire suivie de près par l’opinion publique, tant elle reflète les tensions entre l’essor fulgurant des personnalités du web et l’opacité de leurs revenus.

    Un tournant pour la lutte contre les flux financiers illicites

    Le Pôle pénal économique et financier, créé pour démanteler les réseaux de délinquance financière complexe, s’impose désormais comme un acteur clé dans la lutte contre les capitaux suspects en Côte d’Ivoire. Son intervention dans l’affaire Apoutchou National illustre la volonté des autorités de renforcer le contrôle sur des profils auparavant perçus comme évoluant dans une zone floue. Les peines fermes prononcées, plutôt que des sursis, envoient un message clair à l’ensemble de l’écosystème numérique ivoirien.

    Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large visant à moderniser le cadre juridique ivoirien. Les recommandations du GIABA, le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest, ont poussé Abidjan à durcir ses dispositifs de conformité. Les juridictions spécialisées jouent désormais un rôle de vitrine, destinées à rassurer les investisseurs et à renforcer la crédibilité de la première économie de l’UEMOA.

    L’économie des réseaux sociaux sous surveillance judiciaire

    Apoutchou National symbolise une génération de créateurs de contenu dont la réussite repose sur les plateformes numériques. Leurs modèles économiques, souvent basés sur des partenariats publicitaires et une exposition ostentatoire de leur patrimoine, échappent encore largement au radar des administrations fiscales et financières. La procédure abidjanaise met en lumière une problématique cruciale : la traçabilité des revenus issus de l’économie numérique.

    Plusieurs pays ouest-africains suivent de près cette affaire. Au Sénégal, au Bénin ou au Cameroun, des cas similaires ont émergé, mêlant enrichissement rapide et soupçons de circuits financiers troubles. Le verdict d’Abidjan pourrait servir de référence pour des poursuites analogues, dans un contexte où les régulateurs cherchent à imposer des obligations de transparence aux influenceurs disposant d’une large audience.

    Les peines prononcées, échelonnées de un à cinq ans, révèlent une gradation des responsabilités par le tribunal. Cette approche suggère que la justice a su distinguer les rôles centraux de certains prévenus de la participation secondaire des autres, conformément aux principes du droit pénal des affaires. Cette nuance devrait nourrir les débats parmi les professionnels, alors que la jurisprudence ivoirienne en matière de blanchiment lié aux flux numériques reste encore en construction.

    Risques réputationnels et stratégies commerciales en mutation

    Pour les entreprises et marques collaborant avec des influenceurs ivoiriens, cette condamnation redessine les contours des risques associés. Les partenariats avec des personnalités désormais exposées juridiquement introduisent de nouvelles incertitudes, susceptibles d’impacter les stratégies marketing en Afrique francophone. Des agences de communication envisagent déjà d’intégrer des clauses de conformité renforcée dans leurs contrats avec ces acteurs du numérique.

    Sur le plan politique, cette fermeté s’inscrit dans une période où le gouvernement ivoirien multiplie les initiatives pour moraliser la vie publique et économique. Les avocats des prévenus pourraient explorer les voies de recours disponibles, tandis que l’opinion publique suivra avec attention les développements futurs de cette affaire. Le dossier Apoutchou National n’a pas encore révélé tous ses rebondissements judiciaires.

  • Recensement général de la population: la rdc recrute des agents pour la cartographie censitaire

    Recensement général de la population: la rdc recrute des agents pour la cartographie censitaire

    Recrutement des agents pour la cartographie censitaire: un pas décisif vers le recensement général de la population en RDC

    La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape majeure dans la préparation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Le gouvernement a officiellement lancé le processus de recrutement des agents chargés de la cartographie censitaire, une phase essentielle avant le dénombrement général prévu en juillet 2027.

    Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a souligné l’importance stratégique de cette opération. Il a rappelé que le dernier recensement en RDC remonte à 1984, soit il y a plus de 40 ans, alors que les Nations unies recommandent une mise à jour des données démographiques tous les dix ans.

    Un outil indispensable pour la planification et le développement

    Le RGPH-2 représente un outil clé pour la gouvernance et la planification du développement en RDC. Selon le ministre, cette opération permettra d’obtenir des statistiques fiables et actualisées, couvrant l’ensemble du territoire national. Ces données seront essentielles pour :

    • Élaborer des politiques publiques adaptées aux besoins réels de la population ;
    • Construire des infrastructures de base répondant aux attentes des citoyens ;
    • Répartir équitablement les ressources de l’État ;
    • Améliorer la prise en charge des populations et la gouvernance du pays.

    Guylain Nyembo Mbwizya a confirmé que toutes les conditions sont désormais réunies pour mener à bien cette opération. Il a ajouté : « Le recensement a toujours été une priorité. Nous avons travaillé à réunir les préalables nécessaires, et aujourd’hui, nous sommes dans la phase de cartographie. Le dénombrement proprement dit est prévu à partir de juillet 2027, et toutes les mesures sont prises pour éviter tout retard ou problème de qualité. »

    Les profils recherchés pour la cartographie censitaire

    Le recrutement concerne plusieurs catégories de profils professionnels :

    • Formateurs de formateurs : pour encadrer les équipes sur le terrain ;
    • Opérateurs cartographes : chargés de réaliser les travaux cartographiques ;
    • Spécialistes en systèmes d’information géographique (SIG) : pour analyser et traiter les données ;
    • Assistants en technologies de l’information et de la communication (TIC) : pour soutenir les opérations logistiques et techniques.

    Ces agents auront pour mission de délimiter avec précision les aires de dénombrement et de garantir une couverture exhaustive de la population sur l’ensemble du territoire congolais. Le ministre a insisté sur le fait que les candidatures seront évaluées selon des critères stricts de compétence et de mérite.

    Transparence et égalité des chances au cœur du processus

    Le gouvernement a réaffirmé son engagement à mener ce recrutement dans un esprit de transparence, de méritocratie et d’équité. Guylain Nyembo Mbwizya a déclaré : « Aucune fraude, aucun abus, aucune discrimination, aucun passe-droit ou traitement de faveur ne sera toléré. Les candidatures seront examinées et sélectionnées sur la base des compétences, des qualifications et des critères clairement définis dans l’appel à candidatures. »

    La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 7 juin 2026. Les intéressés peuvent soumettre leur dossier via la plateforme dédiée : recrutement.rgph.cd.

    Une opportunité pour les jeunes et les femmes qualifiés

    Le gouvernement voit dans cette opération une occasion de valoriser les compétences locales et de créer des opportunités temporaires d’emploi pour des milliers de Congolais. Le ministre a particulièrement encouragé les jeunes et les femmes qualifiés à postuler :

    « Cette opération représente une opportunité importante pour de nombreux jeunes à travers le pays. Elle permettra de mobiliser des milliers de compétences locales au service de la nation. »

    Appel à l’appropriation nationale du projet

    Insistant sur la dimension citoyenne du RGPH-2, Guylain Nyembo Mbwizya a rappelé que le recrutement sera effectué localement pour promouvoir les talents dans toutes les provinces. Après Kinshasa, les opérations de cartographie censitaire seront progressivement étendues aux autres régions avant le lancement du dénombrement général en juillet 2027.

    « Nous avons besoin d’agents intègres, disciplinés, engagés et animés par le sens du service public. En lançant cette campagne de recrutement aujourd’hui, nous réaffirmons la détermination du Gouvernement à aller jusqu’au bout de ce processus. »

    Cette étape marque la deuxième phase des quatre prévues dans le processus du RGPH-2. Elle fait suite à l’organisation d’une table ronde des partenaires, dont l’objectif était de mobiliser un financement adéquat, prévisible et suffisant pour assurer une réponse coordonnée aux enjeux démographiques du pays.

    Le coût global des opérations est estimé à 192 millions de dollars américains. Le financement du déficit restant dépendra de la mobilisation de ressources additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. Un « Basket Fund », un mécanisme destiné à canaliser les contributions dans un fonds unique, sera mis en place pour financer les activités du RGPH-2.

    Un engagement historique

    La réalisation du RGPH-2 en RDC constitue un engagement historique pour le gouvernement. Cette opération figure parmi les promesses formulées par le président Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême. Après plus de 40 ans d’attente, la RDC s’apprête enfin à disposer de données démographiques fiables et actualisées, essentielles pour son développement et sa gouvernance.

    Guylain Nyembo Mbwizya, ministre d’État en charge du Plan, et Alain Akpadji, Représentant de l’UNFPA en RDC, lors de la conférence de presse de lancement du recrutement.
  • Diplomatie Bénin-Niger : la réouverture des frontières en 15 jours

    Diplomatie Bénin-Niger : la réouverture des frontières en 15 jours

    diplomatie Bénin-Niger : la réouverture des frontières en 15 jours

    Un accueil historique pour le Président béninois Romuald Wadagni au Niger

    Le Président du Bénin, Romuald Wadagni, a été reçu hier à Niamey avec les honneurs réservés aux chefs d’État de premier plan. Accueilli personnellement par le Général Abdourahamane Tiani à l’aéroport international Diori Hamani, la délégation béninoise a traversé la capitale nigérienne sous les couleurs des deux nations, jusqu’à la Présidence. Une audience privée, suivie d’une séance de travail élargie, a marqué cette visite diplomatique majeure. Le communiqué conjoint publié à l’issue des entretiens confirme une avancée majeure : la réouverture prochaine de la frontière entre le Bénin et le Niger.

    Un comité d’experts commun a été mis en place pour identifier et lever les obstacles à cette réouverture. Ce comité dispose d’un délai de 15 jours pour soumettre un rapport détaillé aux deux chefs d’État. Une décision qui transforme en réalité ce qui semblait encore impensable il y a quelques mois seulement. Pour les populations des deux pays, longtemps privées de cette liberté de circulation, l’espoir renaît.

    une visite d’État du Général Tiani au Bénin en perspective

    Autre annonce marquante : le Général Abdourahamane Tiani se rendra prochainement en visite d’État au Bénin, sur invitation de Romuald Wadagni. Si la date exacte n’a pas encore été officialisée, cette visite pourrait se tenir le 1er août 2026, lors des célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Une coïncidence symbolique qui renforcerait davantage les liens entre les deux nations, surtout si la frontière est déjà rouverte d’ici là.

    le Burkina-faso renforce aussi ses liens avec le Bénin

    Une journée intense pour le Président Wadagni, qui s’est ensuite envolé vers Ouagadougou pour rencontrer son homologue, le capitaine Ibrahim Traoré. Les échanges ont porté sur la consolidation des relations bilatérales, marquées par une coopération renforcée au sein de l’Alliance des États du Sahel. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un dialogue politique constructif et d’une solidarité accrue face aux défis régionaux, notamment les menaces terroristes.

    Un communiqué conjoint en 15 points a été publié, soulignant l’importance de la confiance mutuelle, du respect des souverainetés et de la recherche de solutions concrètes pour les populations. Pour les Présidents Wadagni et Traoré, cette visite représente une étape clé dans la revitalisation des échanges entre le Bénin et le Burkina-Faso, au service de la stabilité régionale et du développement partagé.

  • Sanctions américaines contre un leader du m23 : un pas vers la fin de l’impunité ?

    Sanctions américaines contre un leader du m23 : un pas vers la fin de l’impunité ?

    sanctions américaines contre un leader du m23 : un pas vers la fin de l’impunité ?

    Le département du Trésor américain a finalement frappé un grand coup en sanctionnant, le 2 juin 2026, John Imani Nzenze, figure centrale du groupe armé RDF/M23. Ce responsable, à la tête des services de renseignement du mouvement rebelle soutenu par Kigali, est accusé d’avoir orchestré pendant près de trois décennies une machine de terreur responsable de crimes massifs dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Portrait de John Imani Nzenze, leader du M23

    Un vétéran des conflits armés au Congo

    John Imani Nzenze n’est pas un inconnu dans l’histoire tumultueuse de l’est congolais. Depuis la fin des années 1990, il incarne la continuité des rébellions soutenues par le Rwanda, ayant traversé plusieurs mouvements armés : le RCD, le CNDP de Laurent Nkunda, puis le M23. Chaque structure a perpétué les mêmes méthodes : massacres ciblés, déplacements forcés de populations et pillage systématique des ressources minières.

    Son parcours illustre l’évolution d’une stratégie régionale visant à déstabiliser l’est de la République démocratique du Congo sous couvert de rébellions locales. Après l’invasion rwandaise et ougandaise de 1998, le RCD fut créé pour masquer l’occupation militaire du Kivu et l’exploitation illégale de ses richesses naturelles.

    Du RCD au M23 : une carrière de violence

    Nzenze a d’abord servi dans le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), mouvement armé accusé de crimes de guerre. En 2009, il intègre brièvement les Forces armées de la République démocratique du Congo via des accords de brassage militaire, mais cette intégration reste une façade. En 2012, il quitte à nouveau l’armée avec Sultani Makenga pour fonder le M23, prétextant des griefs non résolus. En réalité, ce mouvement n’est autre qu’une résurgence des réseaux soutenus par Kigali.

    Le M23, depuis sa résurgence en 2021, est Pointé du doigt par les Nations unies et plusieurs chancelleries pour des exactions sans précédent : exécutions sommaires, violences sexuelles systématiques, enrôlement d’enfants soldats et occupation de zones minières stratégiques comme Rubaya. Des milliers de civils ont été contraints à l’exode, fuyant une guerre où l’impunité règne en maître.

    Un rôle clé dans le dispositif militaire et renseignements du M23

    Dans l’appareil du M23, John Imani Nzenze occupait une place stratégique. Ses services de renseignement sont accusés d’organiser des infiltrations, des opérations de terreur contre les populations locales et une coordination étroite avec les unités rwandaises déployées clandestinement en territoire congolais. Ces activités visent à maintenir le chaos sécuritaire et à contrôler les ressources minières, au mépris des vies humaines.

    Pendant des années, malgré les rapports accablants des experts onusiens, l’impunité a protégé les responsables du M23 et leurs soutiens. Les sanctions américaines contre Nzenze marquent enfin une reconnaissance des crimes commis, longtemps dénoncés par les autorités congolaises et les victimes.

    Une sanction symbolique face à une stratégie régionale persistante

    Pourtant, une question persiste : pourquoi ne sanctionner qu’un seul individu alors que l’ensemble du dispositif militaro-politique continue d’alimenter la guerre ? Le M23 n’est que la partie émergée d’un système plus large, où l’instabilité à l’est du Congo sert des intérêts économiques et géopolitiques régionaux depuis près de trente ans.

    Les observateurs locaux soulignent que tant que les réseaux de soutien au RDF/M23 ne seront pas démantelés, les sanctions individuelles resteront des gestes insuffisants. La fin de l’impunité passe nécessairement par une action plus large contre les structures financières et logistiques qui financent ce conflit.

  • Le nord ivoirien, barrière cruciale face aux menaces jihadistes

    Le nord ivoirien, barrière cruciale face aux menaces jihadistes

    Des soldats ivoiriens en patrouille dans le village de Mororo, près de Tougbo, dans la région nord-est de la Côte d’Ivoire, à proximité de la frontière avec le Burkina Faso.

    le nord ivoirien, barrière cruciale face aux menaces jihadistes

    Dans une région où les tensions s’intensifient, le nord de la Côte d’Ivoire s’affirme comme un rempart essentiel contre la montée des groupes armés. Entre villages frontaliers et zones reculées, les forces locales multiplient les initiatives pour contrer toute infiltration. Les patrouilles, autrefois discrètes, rythment désormais le quotidien des habitants de Mororo et ses alentours, près de Tougbo.

    des patrouilles militaires renforcées pour sécuriser les frontières

    Face à l’évolution des menaces, l’armée ivoirienne a accru ses déplacements dans les zones sensibles. Les soldats, équipés et organisés, surveillent chaque recoin des localités frontalières. Leur présence, autrefois sporadique, est devenue une constante, reflétant l’urgence de la situation. Les habitants, souvent sollicités pour des renseignements, collaborent activement avec les autorités.

    Les routes sinueuses reliant le nord-est aux régions voisines sont désormais sous haute surveillance. Les checkpoints, autrefois rares, se multiplient, permettant de filtrer les mouvements et d’identifier d’éventuelles incursions. Cette stratégie vise à éviter que les violences ne gagnent du terrain, comme cela a été observé chez nos voisins.

    l’impact des crises régionales sur la stabilité ivoirienne

    Les crises qui secouent le Sahel n’épargnent pas la Côte d’Ivoire. Les groupes armés, en quête de nouveaux territoires, tentent de s’infiltrer par les zones mal contrôlées. Cette dynamique a poussé les autorités à revoir leur approche sécuritaire, en misant sur des collaborations transfrontalières et des échanges d’informations avec les pays voisins.

    • Renforcement des alliances régionales : La coordination avec le Burkina Faso et d’autres États du Sahel devient un pilier de la stratégie de défense.
    • Sensibilisation des populations : Les communautés locales sont informées des risques et des comportements à adopter pour éviter les pièges des groupes armés.
    • Modernisation des équipements : L’armée bénéficie de nouveaux moyens pour mener à bien ses missions, avec un accent sur la rapidité et l’efficacité.

    les défis d’une région en première ligne

    Malgré les efforts déployés, les défis restent nombreux. Les zones rurales, souvent isolées, constituent des points faibles dans le dispositif de sécurité. Les ressources limitées et les contraintes logistiques compliquent la tâche des forces de l’ordre, qui doivent composer avec des moyens parfois insuffisants.

    Les populations, bien que résilientes, vivent dans l’incertitude. Les déplacements de militaires, bien que rassurants, ne suffisent pas à effacer totalement la peur d’une dégradation de la situation. Les autorités locales appellent à une mobilisation collective pour préserver la paix et la stabilité de la région.

    une réponse adaptée aux enjeux actuels

    Pour contrer la menace jihadiste, la Côte d’Ivoire mise sur une approche multidimensionnelle. Alliant prévention, répression et dialogue, les autorités tentent de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. Les opérations militaires, bien que nécessaires, s’accompagnent de programmes sociaux pour renforcer la cohésion et l’adhésion des populations.

    Les leçons tirées des crises voisines ont conduit à une prise de conscience : la sécurité ne se décrète pas, elle se construit chaque jour. Dans le nord ivoirien, cette conviction guide désormais toutes les actions menées sur le terrain.

  • Au Maroc, les transporteurs routiers de plus en plus réticents à assurer les liaisons vers le Mali

    Au Maroc, les transporteurs routiers de plus en plus réticents à assurer les liaisons vers le Mali

    Camions-citernes incendiés dans le cadre du blocus imposé par le Jnim sur les axes de la région de Kayes depuis le début de septembre 2025.

    Publié aujourd’hui à 07h58 Lecture : 3 minutes.

  • Concours international génies en herbe ohada : la finale togolaise sacre trois talents à Lomé

    Concours international génies en herbe ohada : la finale togolaise sacre trois talents à Lomé

    Finale nationale du concours international Génies en Herbe OHADA au Togo : trois étudiants en lice pour l’international

    L’auditorium de l’Université de Lomé a vibré samedi 30 mai 2026 à 14 heures pour la grande finale nationale de la 17e édition du Concours International Génies en Herbe OHADA (CIGHO). Organisé conjointement par la Coordination Nationale du CIGHO Togo et l’Association Internationale des Étudiants Juristes, section togolaise, cet événement a réuni les meilleurs talents juridiques du pays.

    La cérémonie d’ouverture, présidée par Me Pirénam BlanDe, ancien président de l’AIEJ-TOGO, a été marquée par les discours de Me Messifa Komlan Konali, coordonnateur national du concours et magistrat, ainsi que par celui de Saturnin Sassou A. Agblo-Noamessi, chef de division à l’Office Togolais des Recettes, partenaire clé de l’événement. Me Têko Seyram Godwin AmenYinu, docteur en droit privé et avocat, project manager de cette édition, a ensuite lancé les épreuves écrites.

    Les dix finalistes, issus de l’Université de Lomé, de l’Université de Kara et de l’Institut Supérieur de Droit et d’Interprétariat, ont été évalués sur quatre épreuves : un questionnaire à choix multiple, des questions d’intégration africaine, un jeu de devinettes et une plaidoirie. Après une pause animée par la slameuse Mercy, les candidats ont défendu leur point de vue sur le thème : « Le droit fiscal peut-il être intégré au champ de compétence matérielle de l’OHADA ? »

    Un jury d’exception pour départager les talents

    Le jury, présidé par le Pr Edem Avegnon, agrégé de droit privé et expert fiscaliste à l’Université de Lomé, était composé de cinq personnalités reconnues :

    • Afeignidou Bilabina, magistrate et substitut du procureur à Notsè ;
    • Sidick K. Akata, avocat stagiaire et finaliste du Concours International d’art oratoire Monferrier Dorval CIB 2025 ;
    • Godwin Disseyi Palouki, juriste et inspecteur des impôts, lauréat du prix du meilleur mémoire au CIGHO 2018 ;
    • Rahile Mijiyawa, juriste et conseillère technique, double lauréate (meilleure plaideuse et gagnante du CIGHO 2021 à N’Djamena).

    Les trois lauréats qui représenteront le Togo à l’international

    Après évaluation des épreuves écrites et des plaidoiries, trois candidats se sont distingués :

    • 1re place : Atsoupi Ama Neglo, diplômée en droit public à l’Université de Kara ;
    • 2e place : Francis Koffi Fia, étudiant en droit privé à l’Université de Lomé ;
    • 3e place : Edoé F. Ulrich Mensah-Gafan Akovi, étudiant en master droit du numérique et protection des données à l’ISDI.

    Ces trois talents bénéficieront d’un accompagnement spécialisé par une équipe de coachs composée d’anciens lauréats : Koamivi Agbah, Obed Adjévi Neglokpe et Bilal Baba Daro.

    Une soirée de clôture sous le signe de la reconnaissance

    La remise des prix a été suivie d’un moment convivial pour célébrer les lauréats et les finalistes. Les remerciements ont été adressés aux nombreux partenaires ayant soutenu l’événement : l’Office Togolais des Recettes, l’Université de Lomé, l’Association pour l’Unification du Droit en Afrique (UNIDA), ainsi que plusieurs cabinets d’avocats et offices notarials.

    Marie-Claire Egnonam Avla, présidente de l’AIEJ-TOGO, ainsi que les représentants du Club OHADA de l’Université de Kara, Alika AYEBA et Assiki Gnassingbé, ont également été salués pour leur engagement dans l’organisation des présélections.

    La prochaine étape se tiendra du 12 au 19 septembre 2026 à Lomé, où les trois lauréats togolais affronteront les meilleurs des autres pays participants pour décrocher le titre international.

  • Appel au dialogue entre Sonko et Faye pour éviter une crise au Sénégal

    Appel au dialogue entre Sonko et Faye pour éviter une crise au Sénégal

    Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, tend la main à Bassirou Diomaye Faye

    À l’issue de sa première prise de parole publique depuis sa révocation du poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a marqué un tournant en proposant un dialogue constructif au président Bassirou Diomaye Faye. Malgré des désaccords profonds, le leader du Pastef a assuré que son parti ne chercherait pas à déstabiliser le nouveau gouvernement, malgré sa majorité écrasante à l’Assemblée nationale.

    Ousmane Sonko tend la main à Bassirou Diomaye Faye pour un dialogue politique

    Une critique sans concession du gouvernement actuel

    Lors de son point de presse à Dakar, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié le gouvernement fraîchement nommé de « dépourvu de toute assise politique structurée ». Selon lui, « un pays et un gouvernement, c’est une affaire sérieuse ». Le leader du Pastef a rappelé que son parti, avec 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, détient la clé de la légitimité institutionnelle. Il a exhorté le chef de l’État à tenir compte de ce rapport de forces pour éviter une paralysie institutionnelle.

    Le Pastef s’engage à accompagner le gouvernement… sous conditions

    Bien que Sonko ait critiqué la composition du gouvernement, il a clairement indiqué que le Pastef ne chercherait pas à le renverser. « En 72 heures, notre parti pourrait faire tomber ce gouvernement. Mais nous ne le ferons pas. Nous préférons l’accompagner », a-t-il déclaré. Son objectif affiché : préserver la stabilité du pays, rassurer les investisseurs et éviter une nouvelle période d’instabilité politique qui pourrait fragiliser l’économie sénégalaise.

    Un appel à la modération pour éviter les erreurs du passé

    Face aux tensions persistantes entre les deux figures politiques, Ousmane Sonko a lancé un appel solennel à un « dialogue politique intelligent et constructif ». Il a mis en garde contre le risque de replonger le pays dans les violences qui ont marqué les années 2021 à 2024. « Pour construire la paix, il faut être deux », a-t-il souligné, tout en dénonçant les « provocations » visant ses partisans. Il a également appelé les jeunes à garder leur calme, insistant sur l’importance de la responsabilité collective pour préserver la cohésion nationale.

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  • RDC : les dépenses dépassent les recettes en 2025, un défi pour Kinshasa

    RDC : les dépenses dépassent les recettes en 2025, un défi pour Kinshasa

    En 2025, la RDC se trouve confrontée à une situation budgétaire paradoxale : malgré une collecte fiscale en progression, le déficit public s’aggrave sous la pression d’engagements croissants de l’État. Ce déséquilibre, devenu structurel, impose à Kinshasa des choix cornéliens entre relance économique, sécurité nationale et respect des engagements macroéconomiques pris auprès de ses partenaires internationaux.

    Une collecte fiscale en progression mais insuffisante

    Les administrations fiscales congolaises, incluant la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), ont vu leurs performances s’améliorer. Cette hausse s’explique par l’élargissement de l’assiette fiscale, l’introduction progressive du numérique dans les procédures et une lutte renforcée contre les circuits informels, notamment dans les régions minières du Katanga et du Kivu.

    Le contexte mondial a également joué un rôle clé. La flambée des cours du cuivre et du cobalt, dont la RDC est un acteur majeur, a dopé les recettes issues des industries extractives. Cependant, cette manne, partiellement captée via la redevance minière instaurée par le code de 2018, reste vulnérable aux fluctuations des marchés et à la concurrence accrue des alternatives dans le secteur des batteries.

    Des dépenses en hausse constante, portées par la sécurité et les salaires

    Côté dépenses, la situation est bien plus critique. La guerre dans l’est du pays, où les Forces armées de la RDC (FARDC) affrontent les groupes armés et l’offensive du M23 dans le Nord-Kivu, absorbe des moyens colossaux. À cela s’ajoutent les coûts liés à l’état d’urgence, reconduit à plusieurs reprises depuis 2021, qui a gonflé la rubrique « sécurité » bien au-delà des prévisions initiales.

    La masse salariale constitue un autre point de tension. Les augmentations accordées aux enseignants, magistrats et autres fonctionnaires, couplées aux embauches dans les secteurs de la défense et de la santé, alourdissent durablement ce poste budgétaire. Chaque accord social signé sous la pression des mouvements revendicatifs alimente une dynamique difficile à maîtriser. Par ailleurs, les dépenses d’urgence liées aux inondations répétées et aux déplacements massifs de populations dans l’est du pays ont encore creusé le déficit.

    Les transferts et subventions, notamment ceux destinés à stabiliser les prix des carburants, pèsent également sur les finances publiques. Les investissements publics, normalement protégés par la loi-programme, subissent des arbitrages défavorables au profit des dépenses courantes incontournables.

    Un déficit qui menace la stabilité économique

    Le fossé entre la progression des recettes et l’explosion des dépenses se traduit par un recours accru aux financements monétaires et au marché local des titres publics. Cette approche, déjà pointée par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des revues du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit, exerce une pression sur les taux d’intérêt nationaux et fragilise le franc congolais. La Banque centrale du Congo (BCC) a d’ailleurs dû resserrer sa politique monétaire pour préserver la stabilité de la monnaie.

    Autre conséquence directe : l’accumulation d’arriérés de paiement, qui menace la trésorerie des fournisseurs de l’État et, par ricochet, la santé des PME locales. Plusieurs entreprises du BTP et des services dénoncent des délais de paiement démesurés, compromettant leur pérennité et alimentant un climat de méfiance envers la commande publique.

    À court terme, le gouvernement devra prouver sa capacité à rationaliser les exonérations fiscales, accélérer la dématérialisation des factures et maîtriser la dérive salariale sans attiser les tensions sociales. La crédibilité du cadre macroéconomique négocié avec les bailleurs, en particulier le FMI et la Banque mondiale, dépendra largement de la gestion des mois à venir. L’écart croissant entre le rythme de collecte des recettes et celui des dépenses rend l’équation budgétaire de plus en plus complexe à résoudre.