Alliances militaires du Togo avec la Russie et l’africa corps

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Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.

Le Togo renforce sa sécurité avec Moscou et Ankara

Face à la montée des menaces terroristes dans le Sahel, le gouvernement togolais a diversifié ses partenariats militaires. Lomé mise sur un soutien aérien et logistique de la Turquie, tout en accueillant des conseillers russes de l’Africa Corps depuis 2025. Une stratégie qui redessine les équilibres régionaux.

Depuis quelques années, le Togo fait évoluer discrètement sa posture en matière de défense. Conscient des risques croissants posés par les groupes armés dans le Sahel, le pays a engagé des discussions avec plusieurs acteurs internationaux pour sécuriser ses frontières et renforcer ses capacités opérationnelles.

Une collaboration renforcée avec la Turquie

Les échanges entre Lomé et Ankara se sont intensifiés ces dernières années. Le président togolais, Faure Gnassingbé, a sollicité l’expertise turque en matière de lutte antiterroriste, notamment pour moderniser son aviation militaire. Des formations d’équipages et des livraisons d’équipements ont été observées, bien que peu médiatisées.

Cette coopération s’inscrit dans un contexte où le Togo cherche à diversifier ses alliances, loin des partenaires traditionnels du continent. Les drones et systèmes de surveillance turcs ont été déployés dans la région des Savanes, frontalière avec le Bénin et le Burkina Faso, zones sous pression jihadiste.

L’arrivée remarquée de l’Africa Corps russe

Une autre alliance a marqué un tournant : celle avec la Russie. Depuis 2025, des membres de l’Africa Corps, une unité spécialisée dans l’assistance aux pays africains, sont présents au Togo. Leur mission ? Conseiller les forces locales sur des techniques de contre-insurrection et fournir un appui logistique.

Cette présence, bien que discrète, n’est pas passée inaperçue. Les observateurs soulignent que Moscou étend ainsi son influence en Afrique de l’Ouest, en parallèle de ses engagements au Mali ou en République centrafricaine.

Quels enjeux pour le Togo ?

  • Sécurité régionale : Le pays joue désormais un rôle actif dans la stabilisation du Sahel, en collaboration avec des acteurs non traditionnels.
  • Autonomie stratégique : En diversifiant ses partenariats, Lomé réduit sa dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales.
  • Risques géopolitiques : Ces alliances pourraient attirer l’attention d’autres États, voire susciter des tensions avec les voisins comme le Ghana ou le Nigeria.

Le président Faure Gnassingbé a toujours défendu une approche pragmatique de la diplomatie togolaise. Ces rapprochements avec la Turquie et la Russie en sont l’illustration. Alors que le Sahel reste une zone instable, le Togo mise sur une stratégie à deux volets : sécurité intérieure et partenariats extérieurs.

Russie – Afrique Africa Corps Faure Gnassingbé