Togo : une alliance militaire controversée avec la Russie et l’Africa Corps face aux jihadistes
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Depuis quelques années, le Togo renforce discrètement ses dispositifs de défense pour faire face à la montée des groupes armés dans le Sahel. Face à l’évolution des menaces jihadistes, le président Faure Gnassingbé a choisi une approche audacieuse : diversifier ses partenariats militaires en misant sur des acteurs internationaux comme la Turquie, la Russie et son Africa Corps. Une stratégie qui soulève des interrogations sur l’avenir géopolitique de la région.
Le Togo et la Turquie : un soutien aérien et logistique contre les jihadistes
Dès 2022, Lomé a entamé des discussions secrètes avec Ankara pour obtenir un appui aérien et un soutien technique dans sa lutte antiterroriste. Ces échanges ont abouti à des accords discrets, permettant au Togo d’accéder à des équipements et à une expertise militaire adaptée aux défis du Sahel. La Turquie, déjà active dans plusieurs pays africains, est apparue comme un partenaire fiable pour renforcer les capacités défensives de l’armée togolaise.
L’Africa Corps et la Russie : une coopération militaire en plein essor depuis 2025
En 2025, le Togo a franchi une nouvelle étape en s’ouvrant à la collaboration avec l’Africa Corps, une structure liée à Moscou. Cette alliance a permis l’arrivée de conseillers militaires russes et le déploiement de moyens logistiques inédits. Les mercenaires russes, souvent associés à des opérations sensibles, ont renforcé la présence togolaise dans des zones stratégiques, notamment près des frontières exposées. Une décision qui marque un tournant dans les relations sécuritaires du pays avec les puissances étrangères.
Les motivations derrière cette stratégie
Plusieurs facteurs expliquent ce rapprochement militaire. D’abord, la pression exercée par les groupes jihadistes dans les pays voisins a poussé Faure Gnassingbé à anticiper les risques. Ensuite, la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement en armements et en formations a conduit Lomé à explorer des partenariats hors du cadre traditionnel occidental. Enfin, cette ouverture s’inscrit dans une logique de renforcement de l’autonomie stratégique du Togo, désormais moins dépendant des anciennes puissances coloniales.
Les défis et les controverses
Si cette stratégie suscite l’intérêt, elle n’est pas sans risques. L’implication de l’Africa Corps et des mercenaires russes soulève des questions sur la transparence des engagements et les conséquences à long terme. Certains observateurs s’interrogent sur l’impact de ces alliances sur la stabilité régionale, tandis que d’autres pointent du doigt les coûts politiques et économiques de ces partenariats. Par ailleurs, la présence de forces étrangères sur le sol togolais pourrait attirer l’attention d’autres acteurs régionaux, avec des répercussions imprévisibles.
Un nouveau chapitre pour la sécurité au Sahel ?
Avec cette réorganisation de ses alliances militaires, le Togo se positionne comme un acteur clé de la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest. En s’appuyant sur des partenaires comme la Russie et l’Africa Corps, Lomé envoie un signal fort à ses voisins et aux groupes armés : le pays est déterminé à protéger son territoire et ses populations. Cette stratégie, bien que risquée, pourrait redéfinir les équilibres sécuritaires de la région dans les années à venir.
