Douanes camerounaises : l’État engrange 1,8 milliard FCFA grâce aux téléphones importés

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Un bond spectaculaire des recettes douanières sur les téléphones

Entre avril et début septembre 2026, la direction générale des douanes camerounaises a collecté 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,7 millions d’euros) en droits de douane et taxes sur les téléphones, tablettes et terminaux numériques importés. Ce résultat marque un saut historique par rapport aux 100 millions de francs CFA par mois enregistrés avant l’instauration du nouveau mécanisme.

Avec les droits de douanes et taxes sur les téléphones importés les clients ne sont plus intéressés pour l’achat de téléphones non dédouanés.

Des procédures simplifiées, mais des répercussions sur le marché

La réforme douanière mise en place au 1er avril 2026 repose sur un nouveau système de collecte digitalisée. Paul Olivier Libii, inspecteur principal des douanes à Yaoundé, précise que la valeur transactionnelle a été divisée par quatre, voire par sept. Le taux global est passé de 67 % à 33,33 %, avec huit catégories de collecte allant de 5 000 à 400 000 francs CFA.

Pour certains importateurs, cette évolution se traduit par des difficultés majeures. Seydou, un revendeur de téléphones d’occasion, explique : « Les douaniers n’enregistrent pas les numéros de série des appareils, ce qui empêche leur activation et bloque les téléphones après la vente. » Gérard Fontem, un autre commerçant, constate une hausse des prix : « Les prix ont presque doublé, passant de 45 000 à 85 000 francs CFA. Les clients se détournent des appareils non dédouanés, mais refusent de payer le surcoût des produits légaux. »

Une uniformisation des pratiques fiscales

Paul Olivier Libii défend la réforme : « Les importateurs qui payaient déjà leurs taxes voient leurs coûts diminuer. Ceux qui ne le faisaient pas et ajustaients les prix en conséquence sont maintenant tenus de respecter la réglementation. Ce mécanisme met tout le monde sur un pied d’égalité. » Selon lui, le nouveau système vise trois objectifs : fiscal, sécuritaire et économique.

L’administration douanière estime que cinq millions de téléphones échappaient précédemment au système. Ces appareils devraient désormais être intégrés, renforçant ainsi les recettes de l’État tout en luttant contre la fraude.

Les défis des commerçants

  • Blocages de téléphones : Les clients reçoivent des notifications de détection d’appareils non déclarés, limitant l’accès au réseau.
  • Prix en hausse : Les coûts de dédouanement se répercutent sur les étiquettes, rendant les produits moins accessibles.
  • Concurrence accrue : Les téléphones légaux, bien que plus chers, gagnent en fiabilité et en sécurité.

Face à ces bouleversements, les acteurs du secteur appellent à un accompagnement de l’État pour faciliter la transition et préserver l’équilibre du marché.