
Denis Mukwege exhorte le chef de l’État à préserver l’unité nationale, à renoncer à toute révision constitutionnelle et à faire de la paix, de la justice et de la protection des citoyens les priorités absolues.
Corruption et impunité : un combat inabouti
Dans son courrier, l’ancien candidat à la présidentielle de 2023 affirme qu’il n’y a « rien à célébrer » en ce jour d’anniversaire de l’indépendance. La RDC traverse selon lui une crise multidimensionnelle aggravée par l’insécurité, la souffrance des populations et les menaces pesant sur l’intégrité territoriale.
Le Prix Nobel de la paix revient sur plusieurs décisions prises depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019. Il critique la gestion de l’état de siège, la politique sécuritaire à l’Est ainsi que certaines orientations diplomatiques adoptées avec des partenaires régionaux et internationaux.
Il déplore également l’absence de progrès significatifs dans la lutte contre l’impunité. Les recommandations sur la justice transitionnelle et la création d’un tribunal pour juger les crimes graves en RDC restent lettre morte.
Non à la révision constitutionnelle
Denis Mukwege s’inquiète des « risques pour la souveraineté nationale » et appelle le président à privilégier la restauration de la paix, la protection des civils, le renforcement de l’État de droit et l’amélioration de la gouvernance.
Il exhorte Félix Tshisekedi à ne pas engager un processus de révision constitutionnelle et à saisir « cette dernière chance » pour remettre le pays sur la voie d’une sortie de crise durable.