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  • Sénégal : réforme constitutionnelle, le bras de fer entre Sonko et Diomaye Faye s’intensifie

    Sénégal : réforme constitutionnelle, le bras de fer entre Sonko et Diomaye Faye s’intensifie

    Lundi, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté à l’unanimité un projet de révision constitutionnelle. Les 129 députés présents ont voté en faveur du texte porté par le Pastef, le parti au pouvoir.

    Cette réforme vise à renforcer les prérogatives du Parlement et du Premier ministre, tout en redéfinissant le rôle du président de la République. Mais pour la coalition du chef de l’État et plusieurs partis d’opposition, il s’agirait d’un texte taillé sur mesure pour Ousmane Sonko, l’ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale.

    Face à ces accusations, le président Bassirou Diomaye Faye a choisi de soumettre le texte à référendum. Cette décision soulève des questions : s’agit-il d’une simple consultation démocratique ou d’une manœuvre politique pour renforcer sa légitimité ? Le débat est lancé.

  • Lutte contre le cyberharcèlement au Tchad : le combat d’Epiphanie Dionrang pour les droits des femmes

    Lutte contre le cyberharcèlement au Tchad : le combat d’Epiphanie Dionrang pour les droits des femmes

    En 2016, un événement tragique a profondément bouleversé la société au Tchad. Une lycéenne de 16 ans, prénommée Zouhoura, avait été la cible d’un enlèvement suivi d’un viol collectif. Au-delà de l’agression physique, ses bourreaux avaient diffusé les images de leur crime sur Internet, marquant le début d’une prise de conscience sur les dangers du numérique. Une décennie plus tard, force est de constater que les violences en ligne continuent de frapper de nombreuses citoyennes.

    Sur le territoire tchadien, la simple publication d’un contenu multimédia peut transformer une internaute en cible. Les défenseuses des droits humains sont particulièrement vulnérables à ces attaques. Epiphanie Dionrang, qui dirige la Ligue tchadienne des droits des femmes, a elle-même subi ces assauts numériques en raison de son militantisme. Elle témoigne de cette réalité brutale et explore les solutions pour éradiquer ce fléau.

    Un engagement né de l’adversité

    Pour Epiphanie Dionrang, la lutte contre le harcèlement virtuel est indissociable de son combat global pour les femmes. Elle explique que ces agressions font partie intégrante des violences systémiques que subissent les Tchadiennes au quotidien. Ayant elle-même affronté des vagues de haine suite à ses prises de position, elle souligne que le cyberharcèlement se manifeste par des intimidations, des propos sexistes, des messages haineux et même des menaces téléphoniques directes.

    Tchad, N'Djamena | Des femmes participent à une manifestation contre les violences faites aux femmes à N'Djamena. (Photo d'archives)

    Des séquelles psychologiques et sociales profondes

    Les conséquences de ces attaques ne sont pas virtuelles. Elles engendrent un stress intense, de l’anxiété chronique et une peur constante. Les victimes peuvent sombrer dans la dépression ou souffrir d’une perte totale d’estime de soi. Epiphanie Dionrang précise que les harceleurs utilisent souvent des données privées pour humilier publiquement leurs cibles, provoquant un sentiment de honte qui pousse à l’isolement. Dans les situations les plus graves, ces tourments peuvent mener à des pensées suicidaires.

    Sur le plan citoyen, ce climat de terreur numérique pousse de nombreuses femmes à l’autocensure. Pour se protéger, elles réduisent leur présence dans l’espace public et limitent leurs interactions sur les réseaux sociaux, ce qui constitue un recul pour la liberté d’expression et la participation démocratique.

    L’impunité et les lacunes du système judiciaire

    Qui sont ces agresseurs ? Ils se cachent parfois derrière l’anonymat de faux profils, mais il arrive aussi qu’il s’agisse de connaissances ou d’anciens proches en désaccord avec les opinions de la victime. Face à eux, la riposte est complexe. Epiphanie Dionrang conseille de collecter systématiquement des preuves : captures d’écran, liens, dates et identifiants des comptes incriminés.

    Cependant, le cadre légal au Tchad reste insuffisant. Malgré l’existence d’une Agence nationale de sécurité informatique et d’une cellule dédiée à la cybercriminalité, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. L’absence d’un code numérique spécifique et la lenteur de la justice découragent les victimes. « Il ne suffit pas de sensibiliser, il faut prévenir et surtout réprimer », martèle la présidente de la Ligue, déplorant que de nombreuses femmes se murent dans le silence par peur de ne pas être protégées.

    Tchad, N'Djamena | Des femmes participent à une manifestation contre les violences faites aux femmes à N'Djamena. (Archives)

    Briser le silence par la culture

    Pour contrer ce phénomène, des initiatives culturelles voient le jour, à l’instar du documentaire « Harcèlement 2.0, La résilience des Africaines connectées » réalisé par Aché Ahmat Moustapha. Epiphanie Dionrang, qui participe à ce projet, estime que ce film est un outil de plaidoyer essentiel pour libérer la parole.

    L’objectif est de créer des espaces sécurisés où les victimes peuvent être écoutées sans jugement. Que ce soit au Tchad, au Sénégal ou ailleurs sur le continent, le défi reste le même : transformer la culture du blâme en une culture de soutien pour que les femmes puissent investir le monde numérique sans crainte.

  • Financement de 365 millions d’euros pour moderniser les infrastructures de transport au Maroc

    Financement de 365 millions d’euros pour moderniser les infrastructures de transport au Maroc

    Une impulsion majeure pour la mobilité durable au Maroc

    Le Royaume du Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont scellé, ce mardi à Rabat, une série d’accords financiers d’une valeur totale de 365 millions d’euros. Cet investissement d’envergure vise à renforcer la sécurité et la robustesse des infrastructures routières et ferroviaires du pays.

    Réhabilitation du réseau ferroviaire avec l’ONCF

    Le premier volet de cet engagement concerne la modernisation des voies ferrées. Un prêt de 50 millions d’euros octroyé par la BEI, complété par une subvention de l’Union européenne de 15 millions d’euros, sera dédié à l’Office national des chemins de fer (ONCF). Ce financement soutiendra directement le projet de réhabilitation ferroviaire, garantissant ainsi une mobilité plus fluide et sécurisée pour les passagers.

    Renforcement de la résilience autoroutière

    Parallèlement, un second accord a été conclu avec la société nationale des Autoroutes du Maroc (ADM). Il s’agit d’un prêt de 300 millions d’euros destiné à accroître la résilience du réseau autoroutier face aux défis climatiques et techniques. Ce projet est crucial pour maintenir la performance des axes de communication stratégiques du royaume.

    Un demi-siècle de coopération stratégique

    Lors de la cérémonie de signature, Nadia Calviño, présidente de la BEI, a réaffirmé que le Maroc demeure un partenaire privilégié de l’institution. Elle a mis en avant la stabilité du pays, qui agit comme un moteur de prospérité pour toute la région. De son côté, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, a salué la solidité de cette alliance qui dure depuis 50 ans, soulignant que ces nouveaux fonds se traduiront par des bénéfices concrets pour les citoyens marocains.

    La présence permanente de la BEI au Maroc depuis deux décennies témoigne de cet engagement continu en faveur du développement économique, de la cohésion sociale et de la transition écologique à travers des projets de mobilité moderne.

  • Rdc : Mgr fulgence muteba met en garde contre le risque de perdre le pays sans réconciliation nationale

    Rdc : Mgr fulgence muteba met en garde contre le risque de perdre le pays sans réconciliation nationale

    À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, l’archevêque métropolitain de Lubumbashi, également président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Fulgence Muteba Mugalu, a adressé un appel pressant à la réconciliation, au pardon et à la cohésion nationale.

    Lors de l’homélie prononcée ce mardi à la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Lubumbashi, le prélat a prévenu que la nation congolaise risque de voir son avenir compromis si elle n’emprunte pas résolument la voie d’une paix durable. Devant des responsables religieux, des fidèles catholiques et plusieurs invités réunis pour célébrer la fête nationale, il a invité les Congolais à faire de cet anniversaire un moment de réflexion profonde sur le devenir du pays.

    « Nous devons devenir un pays respectable et respecté. Pour nous en sortir, il nous faut un consensus pour construire une paix durable, il faut nous pardonner, nous réconcilier, consolider notre cohésion nationale sur la base de la philosophie du vivre-ensemble. Si nous n’empruntons pas ce chemin, grand est le risque d’aller jusqu’à perdre ce pays. Nous voilà donc prévenus », a déclaré le président de la CENCO.

    La paix comme condition de l’avenir du Congo

    Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, des tensions politiques et des fractures sociales, le chef de l’Église catholique congolaise a souligné l’urgence d’un sursaut collectif. Selon lui, la grandeur de la RDC ne pourra être garantie que si ses filles et fils privilégient le dialogue, le pardon mutuel et la recherche permanente du bien commun. Son message met en lumière la nécessité de dépasser les divisions pour bâtir un consensus national solide, capable de consolider une paix durable et de préserver l’unité du pays.

    Le vivre-ensemble au cœur du projet national

    Mgr Fulgence Muteba a particulièrement insisté sur la philosophie du vivre-ensemble, qu’il considère comme le fondement indispensable de la cohésion nationale. Il estime qu’aucune réforme politique, économique ou institutionnelle ne pourra produire des résultats durables sans ce socle commun.

  • Gabon : la fin de la seeg officialise la séparation de l’eau et de l’électricité

    Gabon : la fin de la seeg officialise la séparation de l’eau et de l’électricité

    Le Gabon franchit une étape décisive dans la réforme de ses services publics en dissociant la gestion de l’eau et celle de l’électricité. Le 25 juin 2026, le Conseil des ministres a entériné deux projets de loi instituant la « Gabonaise des Eaux » et « Électricité du Gabon », deux sociétés d’économie mixte dédiées respectivement à l’eau potable et à l’électricité.

    En rompant avec le modèle intégré de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), le gouvernement opte pour une spécialisation accrue. Chaque nouvel opérateur disposera d’un champ d’intervention précis, avec des responsabilités clarifiées. Ce découpage devrait faciliter les investissements et rehausser la qualité des prestations. Le Gabon s’inscrit ainsi dans une dynamique déjà observée ailleurs sur le continent : au Sénégal, l’eau est confiée à Sen’Eau et l’électricité à Senelec ; en Côte d’Ivoire, la SODECI et la CIE assurent ces missions ; au Maroc, l’ONEE sépare les deux activités dans des branches autonomes pour mieux gérer financements et investissements.

    Partout où cette spécialisation a été mise en œuvre, elle a permis de clarifier les responsabilités, de renforcer la gouvernance des opérateurs et de créer un environnement plus favorable à l’amélioration durable des services aux usagers. Pour la SEEG, l’espoir est que la gestion de ces deux entités futures ne reproduise pas les travers observés jusqu’à présent.

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  • L’ambassadeur allemand Christian Sedat reçu par l’archevêque de Douala

    Un échange de haut niveau autour de la visite du Pape Léon XIV au Cameroun

    Ce lundi 30 juin 2026, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, s’est rendu à l’évêché de la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul de Douala pour une rencontre protocolaire avec Mgr Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala. Les deux personnalités ont notamment discuté de la récente visite du souverain pontife au Cameroun, un événement marquant pour l’Église locale.

    Accueilli chaleureusement par l’archevêque, le diplomate a ensuite visité les installations du diocèse, guidé par le chancelier de l’archidiocèse. La cathédrale, qui fête cette année ses 70 ans d’existence, a particulièrement retenu son attention. Sur sa page Facebook, l’ambassade d’Allemagne a souligné l’importance de cette visite, qui témoigne des liens solides entre Berlin, Yaoundé et l’institution catholique.

    Un dialogue fructueux sur le rôle des acteurs religieux

    « En déplacement à Douala ! L’ambassadeur Christian Sedat a eu le privilège de rencontrer Son Excellence Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, pour un échange ouvert et enrichissant sur le rôle des acteurs religieux dans la société, en particulier en tenant compte de la visite historique du Pape au Cameroun. Cette rencontre rappelle également les liens forts qui unissent l’Allemagne, le Cameroun et l’Église catholique. L’Allemagne est présente sur le terrain, à l’écoute et en dialogue à travers tout le pays », a indiqué la représentation diplomatique.

    Christian Sedat, en poste à Yaoundé depuis juillet 2025, possède une riche carrière diplomatique. Avant le Cameroun, il a été ambassadeur à Djouba (Soudan du Sud) de 2023 à 2025, et a occupé des postes à Londres, Washington et Nouakchott. Depuis son arrivée, il pilote activement les axes de la coopération germano-camerounaise : renforcement des relations économiques, coopération au développement, dialogue culturel (notamment sur les biens patrimoniaux issus de la période coloniale) et soutien aux projets sociaux de proximité, comme les micro-projets de santé publique.

    Un engagement concret pour le développement local

    Cette visite de courtoisie s’inscrit dans une volonté de maintenir un dialogue permanent avec les autorités religieuses et de renforcer la présence allemande sur le terrain. L’ambassadeur a réaffirmé son attachement aux projets qui touchent directement les populations, en lien avec les priorités de l’archidiocèse de Douala.

  • Partenariat stratégique entre le Gabon et le Togo : les cours constitutionnelles unissent leurs forces

    Partenariat stratégique entre le Gabon et le Togo : les cours constitutionnelles unissent leurs forces

    Le palais présidentiel de Libreville a accueilli ce mardi 30 juin 2026 une rencontre diplomatique et juridique d’envergure. Le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est entretenu avec le professeur Djobo-Babakane Coulibaley, président de la Cour constitutionnelle du Togo. Cette audience, élargie à son homologue gabonais Dieudonné Aba’a Owono, marque une étape majeure dans le rapprochement des institutions judiciaires des deux nations.

    Au-delà des formalités protocolaires, cette visite s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée. Le professeur Coulibaley a mis en avant la solidité des liens historiques unissant Libreville et Lomé, tout en posant les jalons d’un partenariat technique approfondi. Les discussions ont rapidement abouti à des actions concrètes, notamment la mise en place de consultations régulières. Ce mécanisme permanent permettra le partage d’expériences et le transfert de bonnes pratiques, afin d’optimiser l’efficacité des juridictions constitutionnelles respectives.

    Moderniser les institutions pour consolider l’État de droit

    Le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est félicité de la profondeur des échanges. Selon lui, ce partenariat s’aligne parfaitement sur sa vision politique, qui privilégie la modernisation des institutions républicaines et un attachement ferme à l’État de droit. Le dirigeant gabonais a souligné l’importance de développer de telles synergies à l’échelle africaine. En nouant ces alliances stratégiques avec ses pairs, le Gabon entend non seulement perfectionner ses propres structures, mais aussi affirmer son leadership et faire rayonner ses institutions juridiques sur la scène continentale et internationale.

  • Libreville : un bilan financier 2025 marqué par un excédent budgétaire

    Libreville : un bilan financier 2025 marqué par un excédent budgétaire

    Une session municipale sous le signe de la stabilité à Libreville

    L’Hôtel de Ville de Libreville semble retrouver une certaine sérénité institutionnelle. Les conseillers municipaux se sont réunis au sein de la salle Jean-Félix Lassy pour une session ordinaire cruciale. L’ordre du jour portait sur l’analyse et la validation des comptes de gestion et administratif pour l’année 2025. Ces travaux se sont déroulés sous l’observation de Marie-Françoise Dikoumba, gouverneure de la province de l’Estuaire, dans un climat politique qui se stabilise progressivement pour la capitale gabonaise.

    Cette réunion intervient après une période de turbulences. En avril dernier, le rejet massif du budget primitif pour 2026 avait provoqué un basculement à la tête de la municipalité. Cette crise avait conduit au remplacement de l’équipe de Pierre Matthieu Obame Etoughe par un nouveau bureau exécutif placé sous la direction d’Eugène Mba. Aujourd’hui, les élus locaux ont repris le fil de leurs missions institutionnelles, respectant ainsi les exigences de la loi sur la décentralisation qui impose l’examen des résultats financiers de l’année écoulée dès la première session de l’an neuf.

    Lors de son allocution d’ouverture, le maire Eugène Mba a tenu à préciser la portée du compte administratif. Ce document technique sert de miroir à l’exécution réelle du budget, permettant de confronter les prévisions initiales aux recettes réellement perçues et aux dépenses effectivement réalisées par la commune.

    Un résultat de gestion positif malgré les transitions

    Concernant l’exercice 2025, les chiffres révèlent une trajectoire financière maîtrisée. Le budget, initialement fixé à 25,623 milliards de francs CFA sous le régime de la délégation spéciale, avait bénéficié d’une rallonge de 500 millions de francs CFA. Les données soumises à l’approbation des conseillers font état d’un excédent de gestion de 1,311 milliard de francs CFA. Bien qu’il n’ait pas dirigé la ville durant cette période, Eugène Mba a endossé la responsabilité de présenter ce bilan, invoquant la continuité nécessaire du service public.

    Le premier magistrat de la ville a exhorté l’assemblée à faire preuve de rigueur et de discernement lors de l’étude de ces pièces comptables. Parallèlement aux questions budgétaires, les élus ont dû statuer sur le dossier du complexe commercial de Mindoubé. Ce projet est perçu par l’administration municipale comme un levier stratégique pour dynamiser l’économie locale et diversifier les sources de revenus de Libreville.

  • Accords de paix en RDC : des promesses non tenues ?

    Accords de paix en RDC : des promesses non tenues ?

    Signature des accords de Washington pour la paix en RDC

    Les accords signés à Washington, Doha et Montreux avaient nourri de grands espoirs pour la stabilité en RDC. Pourtant, le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU les ramène à une dure réalité : celle de « résultats limités ».

    Les mouvements de retrait annoncés de la Force de défense rwandaise et de l’AFC/M23 se sont en réalité résumés à de simples « repositionnements tactiques », ne dépassant pas 15 à 20 kilomètres. Bien plus, des renforts rwandais, comprenant des systèmes antiaériens, ont continué à arriver jusqu’en avril 2026. Depuis lors, aucun retrait significatif n’a été constaté.

    La RDC n’est pas exempte de reproches dans cet échec. Le rapport souligne que Kinshasa n’a pas tenu son engagement de neutraliser les FDLR, ces derniers continuant à combattre aux côtés des FARDC.

    En interne, l’AFC/M23 connaît aussi des fractures. Selon les experts, si Corneille Nangaa et Joseph Kabila ambitionnaient de prendre le pouvoir à Kinshasa, la plupart des commandants militaires du M23 refusaient toute opération au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce fossé entre visées politiques et contraintes militaires fragilise la cohérence du mouvement rebelle.

  • Vers la fin du travail des enfants au Maroc : les nouvelles orientations du CESE

    Vers la fin du travail des enfants au Maroc : les nouvelles orientations du CESE

    Lutte contre le travail des mineurs : un défi persistant pour le Royaume

    Bien que le Maroc ait accompli des progrès significatifs ces vingt dernières années, l’emploi des mineurs demeure un sujet de préoccupation majeur. Le nombre d’enfants actifs a chuté de plus de 80 % depuis 1999, mais le phénomène résiste, particulièrement dans le secteur informel et les métiers à risques. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a récemment présenté une série de préconisations pour en finir définitivement avec cette pratique.

    Un recul historique des chiffres

    Les statistiques officielles illustrent l’efficacité des mesures déjà engagées. Le volume d’enfants âgés de 7 à 17 ans exerçant une activité économique est passé de 517 000 en 1999 à environ 101 000 en 2024. Cette réduction drastique témoigne d’un effort national conséquent. Toutefois, l’objectif d’une éradication totale n’est pas encore atteint, malgré l’interdiction stricte du travail pour les moins de 15 ans et l’encadrement des activités pour les 16-18 ans.

    Les réalités du terrain et la perception citoyenne

    Une consultation menée par le CESE révèle que 78 % des participants considèrent que le travail des enfants reste très présent dans le pays. Les citoyens observent ces pratiques principalement dans l’espace public : commerce ambulant, port de charges lourdes ou lavage de voitures. Plus inquiétant encore, certains signalent des dérives graves comme la mendicité organisée, l’exploitation ou l’implication dans des trafics de stupéfiants.

    Le président du CESE, Abdelkader Amara, souligne que la place de l’enfant doit être prioritairement à l’école. Selon lui, le travail précoce nuit gravement au développement physique et psychologique des mineurs, tout en accentuant les inégalités sociales au sein de la société marocaine.

    Les recommandations stratégiques pour une éradication totale

    Pour contrer ces vulnérabilités liées à la pauvreté et à l’économie informelle, l’institution propose des leviers concrets :

    • Rehausser l’âge minimum d’accès au travail à 16 ans, afin de l’harmoniser avec la fin de la scolarité obligatoire.
    • Réviser le Code du travail et actualiser la liste des métiers considérés comme dangereux pour les mineurs, sachant que six enfants travailleurs sur dix sont actuellement exposés à des risques.
    • Renforcer les contrôles et les dispositifs de prévention pour protéger les familles les plus précaires.

    Une synergie institutionnelle renforcée

    Le combat pour la protection de l’enfance s’appuie également sur un partenariat entre le CESE et l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), institution présidée par la Princesse Lalla Meryem. Cette collaboration vise à intensifier les actions de terrain et la coordination des politiques publiques. L’enjeu est de garantir que chaque enfant marocain puisse bénéficier d’un développement harmonieux, loin de la précarité économique qui hypothèque son avenir.

  • Est de la Rdc : l’appui militaire rwandais au M23 se poursuit sans recul, d’après l’ONU

    Est de la Rdc : l’appui militaire rwandais au M23 se poursuit sans recul, d’après l’ONU

    La rébellion de l’AFC/M23, qui tient sous son contrôle de larges zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, continue de recevoir un appui militaire conséquent des Forces rwandaises de défense (RDF). Selon les dernières conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, transmises au Comité du Conseil de sécurité le 8 mai 2026 et examinées le 5 juin suivant, pas moins de 10 000 soldats rwandais seraient déployés aux côtés des rebelles dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Le rapport, dont nous avons eu accès, fait état d’une présence continue des RDF sur le terrain, avec l’arrivée régulière de renforts. Les experts ont documenté leur engagement actif sur plusieurs fronts, mobilisant des technologies avancées : drones, guerre électronique, forces spéciales. Ces moyens hautement spécialisés permettent aux RDF d’offrir un soutien opérationnel soutenu à l’AFC/M23, notamment pour ouvrir des couloirs et consolider des positions.

    Le document précise que les RDF ont mené des opérations dans des secteurs où aucune présence des FDLR n’avait été constatée, en particulier à Uvira. Cette information remet en cause l’argument avancé par Kigali d’une intervention justifiée par la légitime défense contre les FDLR.

    « En décembre 2025, le déploiement des RDF dans l’est de la République démocratique du Congo était estimé, de façon prudente, à 8 000 à 10 000 hommes au Sud-Kivu et à 6 000 à 8 000 au Nord-Kivu, sans signe de retrait significatif par la suite. Les mouvements ultérieurs ont consisté principalement en rotations et en renforts, jusqu’au moment de la rédaction du rapport », indique le document.

    Selon les experts, chaque unité de combat du M23 était supervisée et appuyée par les RDF. Du personnel rwandais était intégré à des bataillons mixtes, notamment des commandos originaires de Bigogwe, Rubavu et Cyangugu. Récemment, pour éviter d’être repérés, des soldats rwandais ont commencé à porter des uniformes du M23 et à effectuer leurs mouvements de troupes de nuit.

    Ce nouveau rapport intervient dans un contexte de dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC, malgré l’existence de l’Accord de Washington et la tenue de plusieurs réunions d’évaluation. Les tensions entre Kinshasa et Kigali restent vives, chaque partie interprétant les dispositions de l’accord à sa manière, ce qui complique sa mise en œuvre, un an après sa signature ministérielle.

    Le processus de Doha, parrainé par le Qatar, n’a pas non plus permis de rapprocher les positions. L’étape de Montreux, en Suisse, censée donner un nouvel élan, n’a pas tenu ses promesses. Les engagements de cette phase n’ont pas été respectés, et la détérioration de la situation au Moyen-Orient a relégué ce dossier au second plan, freinant les efforts de médiation.

  • Est de la RDC : l’AFC/M23 pointé du doigt par l’ONU pour les pires violations des droits humains

    Est de la RDC : l’AFC/M23 pointé du doigt par l’ONU pour les pires violations des droits humains

    Sans aucune ambiguïté, le Groupe d’experts des Nations Unies affirme dans son rapport final daté du 11 juin 2026 que l’AFC/M23 est le principal groupe armé non étatique responsable des violations du droit international humanitaire dans l’est de la RDC.

    Bisimwa, Nangaa, Kimbulungu

    Le rapport dresse un catalogue accablant : exécutions sommaires, villages incendiés, destruction des moyens de subsistance dans les chefferies de Bwito et Bwisha (territoire de Rutshuru), sans oublier le blocus humanitaire à Minembwe qui prive la communauté banyamulenge de l’accès aux biens essentiels.

    Depuis 2024, les violences sexuelles liées au conflit ont atteint un niveau « sans précédent », selon l’ONU. L’AFC/M23 en est le principal responsable, avec des femmes et des filles affectées de façon disproportionnée.

    Par ailleurs, le document souligne que les FARDC sont le principal acteur étatique impliqué dans des violations. Cette double mise en cause alourdit le bilan des belligérants et complexifie l’analyse d’un conflit que certains voudraient réduire à une simple agression extérieure.