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  • Rabat et la CEA renforcent leur partenariat pour l’essor du continent

    Rabat et la CEA renforcent leur partenariat pour l’essor du continent

    Lors d’une rencontre à Addis-Abeba, l’ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique, Mohamed Arrouchi, et le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, ont exploré les voies d’un renforcement de la coopération bilatérale.

    Les échanges ont mis en lumière l’engagement constant du Royaume en faveur de l’intégration régionale et du progrès du continent. Les deux parties ont convenu de consolider leurs liens pour accélérer les projets communs.

    M. Gatete a tenu à saluer le rôle clé joué par le Maroc dans l’organisation de la 58e session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique, qui s’est tenue à Tanger du 28 mars au 3 avril. Il a également relevé le soutien durable apporté par Rabat aux activités de la Commission.

    Le responsable onusien a particulièrement mis en avant l’expertise marocaine en matière d’enseignement et de formation techniques et professionnels, qu’il considère comme un modèle novateur et intégré. Cette approche, selon lui, parvient à lier le développement des compétences, les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, et les exigences de l’industrialisation.

    Face aux transformations rapides que connaît l’Afrique, M. Gatete a préconisé une diffusion élargie de ce modèle marocain afin qu’il profite à d’autres nations du continent. Il a aussi encouragé une meilleure valorisation des réussites du Maroc pour favoriser le partage de bonnes pratiques.

    Depuis la fondation de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique en 1958, le Maroc participe activement à ses travaux et appuie ses programmes de développement, contribuant ainsi à la coopération régionale et à l’intégration économique du continent.

  • Soutien renouvelé du Burundi au Maroc sur le Sahara

    Soutien renouvelé du Burundi au Maroc sur le Sahara

    Soutien renouvelé du Burundi au Maroc sur le Sahara

    Soutien renouvelé du Burundi au Maroc sur le SaharaNasser Bourita s’est entretenu avec le ministre burundais Edouard Bizimana à Rabat

    Vendredi 19 juin 2026, le Burundi a renouvelé son appui « constant et indéfectible » à la souveraineté du Maroc sur la totalité de son territoire. Cette déclaration a été faite à Rabat, au terme d’une rencontre entre le chef de la diplomatie burundaise, Edouard Bizimana, et son homologue marocain, Nasser Bourita, lors d’une visite officielle au Maroc.

    Le communiqué conjoint publié à l’issue des entretiens précise que Bujumbura réitère son soutien au plan d’autonomie marocain, considéré comme l’unique issue réaliste et crédible pour résoudre ce conflit régional. Le Burundi appuie également les démarches engagées sous l’égide des Nations unies visant à des négociations basées sur cette proposition.

    Un soutien diplomatique renouvelé autour du Sahara

    Ce positionnement reflète la continuité des soutiens africains dont bénéficie le Maroc sur ce dossier. Par ailleurs, Bujumbura a salué l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, y voyant la consécration du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme fondement d’une solution politique juste, pérenne et mutuellement acceptable. Cette nouvelle marque de soutien intervient alors que le Maroc intensifie sa diplomatie pour élargir et renforcer les appuis à son initiative.

  • Niamey : le Bénin condamne l’attaque et soutient le Niger

    Niamey : le Bénin condamne l’attaque et soutient le Niger

    Le gouvernement béninois a réagi avec fermeté après l’attaque survenue jeudi 18 juin 2026 près de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey, en exprimant sa pleine solidarité au peuple nigérien.

    Dans un communiqué officiel diffusé à Cotonou, les autorités béninoises déclarent avoir appris avec émotion ces événements et condamnent vigoureusement cette attaque contre une infrastructure civile stratégique.

    « Le Bénin condamne avec la plus grande fermeté cette agression, qui vise une infrastructure civile stratégique et met en péril la sécurité des populations », souligne le texte.

    Face à cette situation, le gouvernement béninois a adressé son soutien au peuple nigérien ainsi qu’aux autorités du Niger, notamment au président Abdourahamane Tiani.

    Les autorités béninoises ont également réaffirmé leur attachement aux liens historiques de fraternité et d’amitié qui unissent les peuples béninois et nigérien.

  • RDC : José Makila impute à Félix Tshisekedi le retour du M23 à Kinshasa

    RDC : José Makila impute à Félix Tshisekedi le retour du M23 à Kinshasa

    Lors d’un échange en direct organisé jeudi, l’opposant et ancien vice-Premier ministre José Makila Sumanda a livré des prises de position tranchées sur la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo et sur l’implication de l’ex-président Joseph Kabila.

    Interrogé sur la présence de Kabila dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23, Makila a balayé les accusations de complicité. « Personne du M23 n’a assuré la protection de Kabila », a-t-il déclaré, rappelant que les populations du Nord et du Sud-Kivu vivant sous administration M23 sont soumises aux mêmes forces de l’ordre que le reste du territoire.

    Pour lui, Kabila s’est contenté de « défendre l’intégrité du territoire » durant son mandat, sans jamais nourrir de différend personnel avec les chefs rebelles. « Maintenant, il n’a plus la charge de cette défense. En quoi le condamnez-vous ? », a-t-il lancé.

    Makila a ensuite retourné la responsabilité du retour du M23 sur la scène congolaise contre le président Félix Tshisekedi. « Ce n’est pas Kabila qui a ramené le M23 à Kinshasa, c’est Tshisekedi », a-t-il martelé. Selon lui, c’est l’actuel chef de l’État qui a normalisé les relations avec le mouvement rebelle, rendant incohérente toute mise en cause de son prédécesseur.

    Sur la nature du conflit, l’opposant a introduit une distinction fondamentale entre une guerre interétatique déclarée et une rébellion soutenue de l’extérieur. Rejetant la comparaison avec le conflit russo-ukrainien, il a affirmé que la RDC n’est pas formellement en guerre contre le Rwanda. « Nous avons des Sukhoï et des drones. Pourquoi ne les utilisons-nous pas pour pilonner le Rwanda ? », a-t-il interrogé, soulignant l’absence de frappes directes sur le territoire rwandais comme preuve qu’il s’agit d’un conflit asymétrique.

    Prudent sur le volet militaire, Makila a revendiqué une lecture strictement politique des événements. « Je suis cent pour cent politique. Je vous dis ce que je connais en politique », a-t-il conclu, refusant de s’aventurer sur un terrain qu’il estime ne pas être le sien.

  • Tension autour du rail camerouno-tchadien : N’Djamena oppose un veto au tracé

    Tension autour du rail camerouno-tchadien : N’Djamena oppose un veto au tracé

    Le projet de chemin de fer entre le Cameroun et le Tchad, présenté comme une infrastructure majeure pour l’intégration régionale, connaît un premier accroc diplomatique. Le 4 juin dernier, le Comité de pilotage des projets structurants, réuni sous la présidence du chef de l’État camerounais, a approuvé un corridor ferroviaire reliant Ngaoundéré à N’Djamena via Garoua, Figuil, Maroua et Kousséri, avant de franchir la frontière tchadienne.

    Cette validation unilatérale a immédiatement suscité une réaction de N’Djamena. Dans un communiqué officiel, le ministère tchadien des Transports a souligné qu’aucun tracé définitif n’avait été conjointement approuvé par les deux pays. Le gouvernement tchadien estime que plusieurs options restent encore en discussion et que la décision camerounaise est prématurée. Ce désaccord met en lumière les fragilités de la gouvernance des grands projets transfrontaliers en Afrique centrale.

    Un projet structurant pour deux économies

    L’ambition est de taille : plus de 900 kilomètres de voies ferrées pour connecter le réseau camerounais au Tchad, pays enclavé dont plus de 80% du commerce extérieur transite par le corridor Douala-N’Djamena. Le coût est estimé à plusieurs milliards de dollars, soutenu par la CEEAC et des partenaires internationaux. L’infrastructure doit fluidifier le transport des hydrocarbures, du coton, du bétail, des céréales et des marchandises conteneurisées, tout en réduisant les coûts logistiques.

    Pour le Tchad, ce rail représente une opportunité de réduire sa dépendance au transport routier, souvent coûteux et affecté par les aléas climatiques. Pour le Cameroun, il renforce le rôle des ports de Douala et de Kribi comme portes d’entrée vers le Sahel.

    Les véritables enjeux du tracé

    Si le débat semble technique, il cache une bataille pour les retombées économiques. Le tracé validé par Yaoundé privilégie le Grand Nord camerounais, visant à désenclaver des régions comme Garoua, Maroua et Kousséri. C’est un outil d’aménagement du territoire pour le Cameroun.

    Mais N’Djamena a une lecture différente. Les autorités tchadiennes estiment que ce tracé ne dessert pas suffisamment les zones agricoles et productives du pays, risquant de concentrer les bénéfices autour de la capitale. Elles défendent une variante qui maximiserait les retombées pour l’économie nationale.

    L’intégration régionale mise à l’épreuve

    Cet épisode illustre les difficultés de l’intégration économique en Afrique centrale. Les grands projets d’infrastructures restent souvent conçus selon des logiques nationales, alors que leur réussite dépend d’une gouvernance partagée dès la conception. Sans concertation, les risques de blocage augmentent. Le chemin de fer Cameroun-Tchad est un test pour la coopération régionale dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs infrastructures.

  • Premier League : Arsenal ouvre la saison 2026-2027 face à Coventry City

    Premier League : Arsenal ouvre la saison 2026-2027 face à Coventry City

    Premier League : Arsenal ouvre la saison 2026-2027 face à Coventry City

    Le coup d’envoi de la saison 2026-2027 de Premier League sera donné par Arsenal qui accueille Coventry City à l’Emirates Stadium, un choc d’ouverture très attendu.

    Samedi, Hull City, tout juste promu, se mesure à Manchester United et son gardien Senne Lammens pour un premier test décisif. Everton reçoit Crystal Palace, pendant qu’Ipswich Town, autre promu, se déplace à Sunderland pour son retour dans l’élite. Nottingham Forest affronte Leeds United et Brentford croise le fer avec Tottenham.

    Dimanche 23 août, Brighton avec Maxime De Cuyper défie Aston Villa, vainqueur de l’Europa League emmené par Youri Tielemans et Amadou Onana. Manchester City, toujours en quête d’un nouvel entraîneur après l’ère Pep Guardiola, commence sa saison face à Bournemouth, tandis que Newcastle accueille Liverpool.

    Cette première journée s’achève lundi 24 par un derby londonien entre Fulham et Chelsea.

    Parmi les grands rendez-vous à venir, le derby londonien Arsenal-Chelsea se joue le week-end du 5 septembre. Une semaine plus tard, Manchester United et Manchester City s’affrontent dans le derby mancunien. Liverpool reçoit Manchester United vers le 21 novembre, et Arsenal défie le finaliste de la saison dernière, Manchester City, le week-end du 28 novembre à l’Emirates Stadium.

  • Perenco visé par une enquête pour corruption en Afrique centrale

    Perenco visé par une enquête pour corruption en Afrique centrale

    Perenco visé par une enquête pour corruption en Afrique centrale

    Un des géants de l’énergie en Afrique se trouve désormais au cœur d’une tourmente judiciaire aux conséquences potentiellement internationales. Les perquisitions menées les 11 et 12 juin à Paris par le Parquet national financier ciblent le groupe Perenco, suspecté de corruption d’agents publics étrangers et de blanchiment d’argent liés à ses opérations en Afrique centrale. Ce dossier met en lumière des enjeux économiques et géopolitiques majeurs, alors que le groupe porte au Gabon l’un des plus ambitieux programmes gaziers du continent.

    Les investigations ont visé le siège parisien ainsi que les domiciles de plusieurs dirigeants et actionnaires, dont celui du président François Perrodo. Des téléphones, ordinateurs et documents internes ont été saisis dans le cadre d’une enquête ouverte depuis octobre 2023. Les magistrats examinent notamment des flux financiers suspects en lien avec les activités du groupe au Gabon et au Congo-Brazzaville.

    Les zones d’ombre de la gouvernance pétrolière

    Les magistrats cherchent à déterminer si des avantages commerciaux, des concessions ou des contrats d’exploitation ont été acquis ou conservés grâce à des circuits financiers douteux impliquant des responsables locaux. Cette affaire réactive un sujet sensible qui traverse depuis des décennies l’histoire économique de l’Afrique centrale. La région demeure l’une des plus riches en ressources naturelles, mais aussi l’une des plus exposées aux controverses sur la gestion des revenus extractifs. Les enquêtes visant de grandes entreprises pétrolières ou minières s’inscrivent dans un contexte international où les exigences de transparence se renforcent.

    Perenco occupe une place singulière. Contrairement aux grandes multinationales cotées, le groupe familial a toujours cultivé la discrétion. Cette stratégie lui a permis de se développer rapidement dans plusieurs juridictions complexes, loin des projecteurs qui accompagnent les majors pétrolières. Au Gabon, où il est présent depuis plus de trente ans, Perenco est devenu un acteur incontournable de l’économie nationale. Sa filiale gabonaise est le premier producteur d’hydrocarbures du pays grâce à un large portefeuille de champs offshore et terrestres.

    Une phase critique pour le groupe

    Le calendrier est particulièrement sensible. Les perquisitions interviennent alors que Perenco est engagé dans une transformation stratégique majeure axée sur le gaz naturel. Le groupe est le principal opérateur gazier du Gabon et pilote plusieurs projets essentiels à la diversification énergétique du pays. Les champs d’Igongo et d’Ozangué, l’usine de GPL de Batanga et le futur projet de liquéfaction flottante de Cap Lopez représentent des investissements de plusieurs milliards de dollars.

    Le projet FLNG est une pièce maîtresse de la stratégie énergétique gabonaise. Prévu pour entrer en exploitation vers 2028, il doit permettre au pays d’accéder au marché mondial du GNL avec une capacité d’environ 700 000 tonnes par an. Développé en partenariat avec la Gabon Oil Company, ce programme mobilise près d’un milliard de dollars. Parallèlement, Perenco a récemment livré la première phase de la centrale thermique à gaz de Mayumba, destinée à renforcer l’alimentation électrique nationale. Depuis 2006, la société affirme avoir investi plus de 500 millions de dollars dans les infrastructures gazières gabonaises, notamment via un réseau de gazoducs de plusieurs centaines de kilomètres.

    Des répercussions au-delà de Perenco

    À ce stade, aucune mise en examen ni condamnation n’a été prononcée. Les perquisitions sont une étape d’enquête visant à collecter des éléments pour étayer ou non les soupçons du Parquet national financier. Le groupe n’a pas encore réagi publiquement. Mais au-delà du sort judiciaire de Perenco, cette affaire soulève une interrogation plus large. Dans des économies où les grands projets énergétiques reposent souvent sur quelques opérateurs stratégiques, la fragilisation d’un acteur majeur peut rapidement devenir une question d’intérêt national.

    Pour le Gabon et le Congo-Brazzaville, l’enjeu dépasse le cadre d’une procédure française. Il touche à la gouvernance des ressources naturelles, à la crédibilité des partenariats internationaux et à la capacité des États à garantir que les richesses extraites servent le développement national. L’enquête parisienne pourrait devenir bien plus qu’un dossier de corruption présumée. Elle pourrait marquer un nouveau tournant dans les relations entre multinationales extractives, États africains et exigences croissantes de transparence qui redessinent l’économie mondiale des ressources naturelles.

  • Le fdr appelle à un large front après le rejet des recours sur sonko

    Le fdr appelle à un large front après le rejet des recours sur sonko

    La coalition d’opposition Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a réagi à la décision du Conseil constitutionnel concernant la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié jeudi, le FDR estime que cette décision ne clos pas le débat politique autour du retour de l’ancien Premier ministre à son siège de député.

    Prenant acte de la position des Sages, qui se sont déclarés incompétents pour statuer sur la question de forfaiture soulevée par les requérants, le FDR considère que cette décision « n’enlève rien » aux contestations contre la réintégration du leader de Pastef.

    La coalition poursuit ses critiques à l’encontre d’Ousmane Sonko et du parti au pouvoir, qu’elle accuse d’avoir plongé le Sénégal dans une situation marquée par « l’incompétence » et « l’arrogance ». Le FDR revient également sur les déclarations du président de Pastef lors d’entretiens accordés récemment à des médias internationaux, estimant qu’elles traduisent une vision contestable de l’identité nationale.

    Dans son communiqué, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République affirme que le Sénégal traverse une période préoccupante et met en garde contre ce qu’il qualifie de dérives du pouvoir en place. La coalition assure vouloir poursuivre son combat dans le cadre des institutions républicaines et du respect des lois.

    Au-delà du dossier Sonko, le FDR lance un appel à un rassemblement des forces politiques et sociales opposées au régime. La coalition invite les partis politiques, les organisations de la société civile, les syndicats, les mouvements de jeunesse ainsi que les démocrates à se mobiliser pour constituer un large front destiné, selon ses termes, à proposer une alternative au pouvoir actuel.

    Cette sortie intervient quelques heures après la décision du Conseil constitutionnel, qui a rejeté les recours contestant la procédure ayant permis à Ousmane Sonko de retrouver son mandat parlementaire, mettant ainsi un terme à la bataille juridique engagée par l’opposition sur ce dossier.

  • Mission 300 : 50 millions d’Africains connectés à l’électricité, le Gabon embarque

    Mission 300 : 50 millions d’Africains connectés à l’électricité, le Gabon embarque

    Le continent africain vient de franchir un cap majeur dans sa quête d’accès universel à l’électricité. Avec plus de 50 millions de personnes désormais raccordées dans 40 pays, l’initiative « Mission 300 » s’impose comme l’un des programmes d’infrastructure les plus ambitieux du moment.

    Pilotée par le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), cette dynamique dépasse le stade des promesses. Elle produit des résultats concrets, rapides et structurants pour l’avenir énergétique du continent, avec le Gabon désormais parmi les pays engagés dans les prochains pactes nationaux.

    Au-delà des chiffres, c’est un changement de méthode qui s’opère. L’électrification africaine n’est plus envisagée comme une série de projets isolés, mais comme une architecture coordonnée où États, bailleurs et secteur privé avancent sur une feuille de route commune.

    Une accélération inédite grâce à une nouvelle ingénierie financière

    Le cap des 50 millions de raccordements témoigne d’un rythme sans précédent. Selon les données consolidées, l’accès à l’électricité progresse désormais près de deux fois plus vite qu’au lancement du programme. Cette accélération repose sur une approche intégrée couvrant toute la chaîne énergétique, de la production à la distribution locale.

    Les résultats les plus marquants illustrent ce changement d’échelle. En Tanzanie, 7,5 millions de personnes ont été connectées, avec un rythme d’électrification multiplié par cinq par rapport à la période pré-initiative. En Éthiopie, 4,6 millions de raccordements ont été réalisés grâce à des réformes ayant rendu les branchements au réseau plus abordables financièrement.

    Cette dynamique s’appuie également sur une ingénierie financière hybride. Près de 15 milliards de dollars ont été engagés par les deux institutions principales, complétés par environ 4,5 milliards de cofinancements et plus de 7 milliards de dollars de contributions de partenaires. Dons, garanties et prêts concessionnels sont mobilisés pour réduire les risques et attirer les investisseurs privés vers des zones autrefois jugées non rentables.

    Au Nigeria, plus de 4,5 millions de personnes ont ainsi été raccordées via des initiatives privées rendues viables par ce mécanisme de sécurisation des investissements.

    Une gouvernance énergétique basée sur les pactes nationaux

    L’un des changements les plus structurants introduits par « Mission 300 » réside dans la montée en puissance des Pactes nationaux pour l’énergie. À ce jour, 30 pays ont déjà adopté ces cadres stratégiques, conçus directement par les gouvernements pour organiser leur transition énergétique.

    Ces pactes combinent plusieurs leviers. Ils visent à renforcer la production d’électricité, réduire les coûts d’accès, accélérer le déploiement des énergies renouvelables, favoriser l’intégration régionale et stimuler l’investissement privé. Ils traduisent surtout une volonté de reprendre la main sur la planification énergétique nationale dans un cadre coordonné.

    Dans les prochains mois, plusieurs pays doivent rejoindre cette dynamique, dont le Burkina Faso, la République centrafricaine, Djibouti, le Rwanda et l’Ouganda. Le Gabon s’inscrit également dans cette trajectoire avec l’annonce attendue de son pacte national lors du Forum africain de l’énergie au Cap. Cette participation confirme l’intégration progressive du pays dans les nouveaux standards continentaux de gouvernance énergétique.

    Un basculement économique aux implications mondiales

    Les responsables des grandes institutions impliquées insistent sur une idée centrale. L’électricité n’est pas seulement une infrastructure, mais un multiplicateur de développement. Elle conditionne l’emploi, la santé, l’éducation et la compétitivité économique.

    Pour le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, le plus important n’est pas seulement le volume de raccordements, mais la capacité de l’initiative à créer une plateforme durable, capable d’être prolongée et amplifiée au-delà de 2030. De son côté, le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, souligne que ce progrès doit désormais se traduire en gains concrets pour la sécurité alimentaire, les systèmes de santé et l’inclusion économique.

    Cette convergence d’institutions, de gouvernements et d’investisseurs marque l’émergence d’un modèle hybride où le développement n’est plus uniquement piloté par les États ou les bailleurs, mais par des coalitions élargies capables de mutualiser les risques et d’accélérer les résultats.

    Pour des acteurs comme la Fondation Rockefeller ou les initiatives onusiennes spécialisées dans l’énergie durable, le cap des 50 millions n’est qu’un point de départ. Leur objectif est désormais d’ancrer un modèle reproductible à grande échelle, dans lequel chaque raccordement devient un levier de transformation sociale.

    Vers une nouvelle géographie énergétique africaine

    L’enjeu de « Mission 300 » dépasse désormais la seule question de l’accès à l’électricité. Il redéfinit la place de l’Afrique dans les chaînes de valeur énergétiques mondiales. En structurant des réseaux interconnectés et en attirant des capitaux privés à grande échelle, le continent commence à se positionner comme un espace d’investissement énergétique stratégique.

    Dans ce contexte, le Gabon et plusieurs autres États africains ne sont plus de simples bénéficiaires, mais des acteurs de cette transformation. Leur intégration dans les pactes nationaux traduit une montée en capacité institutionnelle et une volonté de s’inscrire dans une trajectoire de croissance énergétique durable.

    Si l’objectif des 300 millions de raccordements d’ici 2030 reste ambitieux, le franchissement du seuil des 50 millions montre que la trajectoire n’est plus théorique. Elle est engagée, accélérée et désormais structurée par un consensus international inédit. Reste à savoir si cette dynamique pourra maintenir son rythme face aux contraintes financières, politiques et logistiques d’un continent en pleine mutation.

  • Liberté religieuse au Burkina : l’assemblée examine un projet de loi controversé

    Liberté religieuse au Burkina : l’assemblée examine un projet de loi controversé

    Adopté en conseil des ministres le 19 mars dernier, le projet de loi portant sur la liberté religieuse s’apprête à franchir une étape décisive. Ce samedi 20 juin 2026, l’Assemblée législative du peuple (ALP) se penchera sur le texte, a annoncé la représentation nationale.

    Dans un pays historiquement reconnu pour sa tolérance religieuse et son modèle de coexistence pacifique, ce texte suscite autant d’attentes que de questions. Derrière les articles de loi se jouent des arbitrages cruciaux pour l’avenir de la laïcité et de la cohésion sociale, en plein contexte de défis sécuritaires.

    Les arguments en faveur du projet de loi : réguler pour protéger

    Pour les partisans du texte et le gouvernement de transition, cette mise à jour législative est devenue indispensable pour plusieurs raisons :

    • Lutter contre l’extrémisme : Face à la crise sécuritaire, l’État cherche à se doter d’outils juridiques clairs pour contrer les discours de haine, l’embrigadement radical et l’usage de la religion à des fins de déstabilisation.
    • Encadrer le financement et l’ouverture des lieux de culte : L’un des arguments majeurs est la nécessité de transparence. Le texte vise à clarifier l’origine des fonds qui financent certaines associations religieuses et à harmoniser les règles d’ouverture des lieux de prière pour éviter l’anarchie.
    • Garantir l’égalité de tous : Le projet de loi réaffirme le principe de neutralité de l’État. Il s’agit de s’assurer qu’aucune communauté, majoritaire ou minoritaire, ne se sente marginalisée ou privilégiée par les institutions publiques.

    Les points de vigilance : préserver les libertés fondamentales

    Du côté des organisations de la société civile et de certains leaders confessionnels, l’examen de ce texte appelle à la prudence. Le débat de ce samedi à l’ALP devra répondre à plusieurs inquiétudes :

    • Le risque d’ingérence étatique : Certains craignent qu’une régulation trop stricte ne se transforme en un contrôle politique de la foi et de la liberté d’expression des leaders religieux.
    • La sensibilité du tissu social : Dans un climat déjà sous tension, toucher au cadre religieux est un exercice délicat. Les observateurs rappellent que la loi doit être le fruit d’un consensus inclusif pour ne pas fragiliser l’unité nationale.

    L’enjeu de la session parlementaire de ce samedi sera donc de trouver le juste équilibre : offrir à l’État les moyens de protéger la nation contre les dérives dogmatiques, tout en garantissant scrupuleusement la liberté de conscience de chaque citoyen burkinabè. Les votes et les amendements des députés de la transition seront scrutés de très près par l’ensemble de l’opinion publique.

  • Conseil constitutionnel sénégalais : un recul dans l’affaire Sonko ?

    Conseil constitutionnel sénégalais : un recul dans l’affaire Sonko ?


    Affaire de Sonko au parlement : le Conseil constitutionnel a choisi «une échappatoire commode» (Ibrahima Dème, magistrat)
    Conseil constitutionnel : de l’audace à l’esquive
     

    Le 15 février 2024, le Conseil constitutionnel sénégalais avait surpris par son audace, assumant pleinement son rôle de gardien de la Constitution. Mais le 17 juin 2026, saisi d’un recours contre la réintégration d’Ousmane Sonko comme député, la même institution a opté pour l’incompétence, sans se prononcer sur le fond. Une décision technique qui cache une question fondamentale : quelle conception le Conseil se fait-il aujourd’hui de sa mission ?

    Les requérants avaient invoqué non seulement l’article 92 alinéa 3 de la Constitution, mais aussi l’article 2 de la loi organique et deux décisions majeures : n°08/2017 du 26 juillet 2017 et n°1/C/2024 du 15 février 2024. Leur raisonnement : le Conseil est juge de la régularité des élections, mais aussi gardien de la Constitution et régulateur des institutions. Or, le Conseil n’a répondu qu’à l’argument électoral, rappelant que sa mission en la matière s’arrête à la proclamation définitive des résultats. Une démonstration cohérente, mais insuffisante.

    Car le recours soulevait aussi un problème constitutionnel : la séparation des pouvoirs, les incompatibilités parlementaires et ministérielles, le respect du règlement intérieur de l’Assemblée. Bref, un enjeu de conformité à la Constitution, domaine par excellence du pouvoir régulateur du Conseil. Comment, dès lors, ignorer son propre considérant 19 de la décision de février 2024, où il affirmait devoir « toujours être en mesure d’exercer son pouvoir régulateur afin de préserver l’intérêt général, l’ordre public, la paix, la stabilité des institutions et la continuité de leur fonctionnement » ?

    Paradoxalement, le Conseil a esquivé cette question, déplaçant le débat sur la nature juridique de l’acte pour conclure à son incompétence. Une stratégie d’évitement procédurale, vieille comme le contentieux constitutionnel, mais qui laisse la question constitutionnelle entière. Plus surprenant : Ousmane Sonko, dans son mémoire, défend une interprétation restrictive des pouvoirs du Conseil, soutenant qu’il « ne saurait être appelé à se prononcer sur d’autres cas que ceux qui sont expressément et limitativement prévus ». Ce retournement est frappant : ceux qui hier combattaient la culture de l’incompétence en appellent aujourd’hui à sa résurrection.

    L’enjeu dépasse le sort d’Ousmane Sonko. Il s’agit de savoir si le Conseil constitutionnel poursuit l’évolution jurisprudentielle de février 2024 ou revient à une conception formaliste. La décision du 17 juin 2026 répond par un retour préoccupant à la jurisprudence d’incompétence. En se déclarant incompétent, le Conseil a clos un débat juridictionnel mais renoncé à son ambition. Le 15 février 2024, il avait fait un pas de géant ; le 17 juin 2026, il en a fait deux en arrière. Chacun appréciera quel visage sert le mieux l’autorité de la justice et la suprématie de la Constitution.

  • Stratégie 2027-2031 : la BAD affine son partenariat avec le Burkina Faso

    Stratégie 2027-2031 : la BAD affine son partenariat avec le Burkina Faso

    La Banque africaine de développement (BAD) peaufine sa stratégie d’intervention au Burkina Faso. Une mission conduite par Lamin Barrow, directeur général pour l’Afrique de l’Ouest, a séjourné à Ouagadougou du 4 au 8 mai 2026 pour lancer les consultations sur le futur Document de stratégie pays 2027-2031. Ce document définira l’appui de l’institution aux priorités nationales de développement.

    Cette visite a permis de faire le bilan du cadre intérimaire 2022-2026, prolongé jusqu’à la fin de l’année, et d’identifier les axes du prochain partenariat. Les priorités retenues incluent la résilience économique, les infrastructures, la transformation productive, le soutien au secteur privé et l’amélioration de l’exécution des projets.

    Lors des échanges avec les autorités burkinabè, Lamin Barrow a salué « les efforts du gouvernement en matière de sécurité ainsi que les performances macroéconomiques réalisées ». Il a également souligné l’importance du nouveau Plan national de développement « RELANCE » 2026-2030 pour accélérer la croissance.

    Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a plaidé pour un renforcement des investissements productifs afin de soutenir l’industrialisation, l’expansion énergétique et la compétitivité privée. Il a aussi demandé à la BAD « plus de rapidité et de souplesse dans la conduite de ses opérations ».

    Les chiffres confirment la densité du partenariat : au 30 avril 2026, le portefeuille actif de la BAD au Burkina Faso comptait 19 projets répartis dans cinq secteurs stratégiques, pour un total de 956,1 millions de dollars. Depuis le lancement du cadre intérimaire, 13 projets ont été approuvés, et deux autres devraient l’être d’ici fin 2026.

    Les consultations ont aussi mis en lumière plusieurs défis pour le procycle 2027-2031 : accélérer les procédures d’acquisition, répondre plus rapidement aux besoins des populations et maintenir les investissements sur tout le territoire malgré un contexte de fragilité.