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  • Nigeria face à l’effondrement du Mali : une nouvelle carte sécuritaire en Afrique de l’Ouest

    Nigeria face à l’effondrement du Mali : une nouvelle carte sécuritaire en Afrique de l’Ouest

    Comment la crise malienne redessine la sécurité du Nigeria

    Le Nigeria ne subit pas passivement la crise malienne : il en est profondément impliqué. Avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ce pays concentre désormais la majorité des décès liés aux conflits en Afrique de l’Ouest. Les attaques coordonnées d’avril 2026, qui ont frappé des villes comme Kati, Gao et Mopti, illustrent l’affaiblissement des systèmes régionaux de sécurité. Pour Abuja, le risque n’est plus une simple contagion, mais un renforcement des menaces existantes par une instabilité sahélienne interconnectée.

    Le Sahel n’est plus un espace extérieur à la sécurité nigériane : il fait désormais partie intégrante de son environnement opérationnel, influençant directement ses vulnérabilités internes.

    Une crise régionale aux répercussions nationales

    Trois systèmes armés majeurs structurent le Sahel central :

    • JNIM (lié à al-Qaïda), présent dans toute la région ;
    • les groupes affiliés à l’État islamique, actifs autour du bassin du lac Tchad ;
    • les coalitions indépendantistes touarègues dans le nord du Mali.

    Malgré leurs divergences idéologiques, leurs méthodes convergent : exploitation des corridors poreux, taxation informelle des populations, et substitution des autorités étatiques par des structures coercitives dans les zones rurales. Leur influence ne nécessite pas une expansion physique au Nigeria : elle se propage via les flux d’armes, l’adaptation tactique, les réseaux économiques et les déplacements de population. La sécurité nigériane ne peut plus être analysée dans le cadre strict de ses frontières.

    Le bassin du lac Tchad : épicentre des tensions transfrontalières

    Le bassin du lac Tchad incarne la convergence entre l’insécurité nigériane et l’instabilité sahélienne. Des groupes comme l’ISWAP opèrent à cheval sur le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, profitant d’un espace écologique et économique partagé. La faiblesse de la gouvernance rurale a permis l’émergence de zones où les acteurs armés régissent le commerce, prélèvent des taxes et contrôlent les mouvements.

    Ce système parallèle atteint des proportions alarmantes. Selon les données du International Crisis Group (2025), l’ISWAP génère environ 191 millions de dollars américains par an grâce à la taxation des agriculteurs et pêcheurs de la région, soit dix fois le budget officiel de l’État de Borno en 2024 (18,4 millions de dollars). Il ne s’agit pas d’une simple insurrection, mais d’une gouvernance concurrente. L’instabilité au Mali et au Niger aggrave cette situation en affaiblissant le contrôle frontalier, en facilitant la circulation des armes et en augmentant la pression migratoire sur des zones déjà fragilisées.

    Le nord-ouest du Nigeria : un Sahel intérieur

    Dans les États de Sokoto, Zamfara et Katsina, des groupes armés ont fusionné criminalité et gouvernance insurrectionnelle. À Zamfara, des enquêtes conjointes (journalisme d’investigation et EFCC) révèlent l’existence de paiements récurrents de plusieurs centaines de millions de nairas chaque année, dans plusieurs zones locales. Ces revenus structurés reflètent une taxation rurale ancrée dans les économies locales, bien loin de simples actes criminels ponctuels.

    À l’inverse, le financement de Boko Haram par des facilitateurs basés au Golfe, documenté par les désignations du Trésor américain et des procédures judiciaires aux Émirats arabes unis, reste limité et fragmenté. L’insécurité au Nigeria est désormais principalement alimentée par des économies coercitives locales, et non par des soutiens externes.

    Les données de SBM Intelligence et de SWISSAID montrent que les enlèvements contre rançon forment désormais une industrie de plusieurs milliards de nairas, tandis que l’exploitation illégale de l’or génère environ 200 à 300 millions de nairas par semaine à Zamfara. Ces centres de pouvoir basés sur les ressources imitent les modèles sahéliens du Mali et du Burkina Faso, où les insurgés financent leurs opérations via la taxation et l’extraction. Des rapports évoquent même une infiltration de groupes liés à l’État islamique dans les États de Kebbi et Sokoto, confirmant que cette convergence n’est plus théorique.

    La fragmentation de la CEDEAO et le déficit de coordination

    L’un des changements les plus critiques dans la région est la fragmentation de la sécurité collective. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont affaibli les cadres de partage du renseignement et les capacités opérationnelles communes.

    Le Nigeria reste l’acteur militaire et diplomatique central en Afrique de l’Ouest, mais il évolue désormais dans l’environnement régional le plus fragmenté depuis des décennies. Les tentatives d’Abuja pour réengager les États sahéliens soulignent la difficulté de maintenir une cohésion dans une architecture sécuritaire divisée. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les réseaux insurgés deviennent plus transnationaux au moment même où la coordination régionale décline.

    Un système sous pression : gouvernance, économie et survie

    Les conséquences de l’insécurité dépassent les simples indicateurs sécuritaires : elles transforment les moyens de subsistance. Dans le nord du Nigeria, l’insécurité perturbe les cycles agricoles, réduit la production alimentaire et aggrave le chômage. Selon les projections, plus de 20 millions de Nigérians pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire pendant la période de soudure 2026, en partie à cause des perturbations liées aux conflits.

    Ce phénomène n’est pas accidentel. Les groupes armés ciblent les économies rurales car ils en comprennent mieux la valeur stratégique que l’État. Le contrôle des systèmes alimentaires, des routes pastorales et des marchés locaux se traduit par des revenus et une influence. La crise a atteint un niveau tel que le président Bola Ahmed Tinubu a officiellement déclaré l’insécurité et la pauvreté comme des urgences nationales, reflétant non seulement son ampleur, mais aussi son caractère systémique.

    Soutiens externes et marges de manœuvre réduites

    Parallèlement, la réponse sécuritaire du Nigeria se heurte à des contraintes croissantes. Une éventuelle réduction ou réallocation de l’aide occidentale en matière de sécurité, de stabilisation ou d’humanitaire pourrait ne pas déterminer à elle seule les résultats, mais elle réduit les marges de manœuvre opérationnelles.

    Dans un contexte où les réseaux insurgés deviennent plus mobiles et adaptatifs, même des réductions marginales de la capacité de coordination ou du financement de la stabilisation peuvent avoir des effets cumulatifs. Le défi n’est pas la dépendance, mais l’élasticité : jusqu’où le système sécuritaire nigérian peut-il absorber la pression avant que sa cohérence ne commence à s’effriter ?

    Pourquoi une réponse purement militaire est insuffisante

    Le Nigeria a réalisé des progrès mesurables dans l’affaiblissement des capacités insurgées, notamment dans le nord-est. Pourtant, trois limites structurelles persistent :

    • Les territoires libérés ne sont pas systématiquement stabilisés. Sans gouvernance fonctionnelle, les gains sécuritaires sont réversibles ;
    • les réseaux insurgés s’adaptent plus vite que les réformes institutionnelles, en changeant de géographie, de tactiques et de modèles de financement ;
    • les systèmes économiques ruraux restent vulnérables à une capture coercitive, notamment dans les secteurs minier, agricole et pastoral.

    Le résultat est un cycle où l’insécurité se régénère plus vite qu’elle ne se résout.

    Les changements nécessaires pour inverser la tendance

    Une réponse plus efficace exige un passage de la containment réactive à la disruption systémique. Cinq axes prioritaires se dégagent :

    1. Sécurité frontalière intelligente : passer d’une défense statique à un contrôle des corridors basé sur le renseignement. L’enjeu n’est pas la ligne frontalière, mais les systèmes de mouvement qui la contournent ;
    2. Gouvernance rurale comme infrastructure sécuritaire : les systèmes judiciaires, les mécanismes de résolution des conflits et l’administration locale ne sont pas périphériques, mais centraux pour priver les groupes armés de légitimité ;
    3. Approche continuum entre insurrection et banditisme : une séparation artificielle entre ces phénomènes affaiblit la cohérence de la réponse ;
    4. Ciblage systématique des réseaux financiers : l’exploitation minière illégale, les économies de rançon et les systèmes de taxation informelle alimentent la viabilité des insurgés. Il faut les démanteler ;
    5. Stabilisation du bassin du lac Tchad comme système régional : aucun pays ne peut résoudre cette crise seul.

    Sortir le Nigeria de la crise sahélienne

    Le changement le plus important dans la sécurité ouest-africaine aujourd’hui n’est pas la montée d’un groupe en particulier, mais la convergence des systèmes d’insécurité transfrontaliers. La crise malienne n’est pas un avertissement lointain : c’est une démonstration concrète de ce qui se produit lorsque les lacunes de gouvernance, l’adaptation des insurgés et la fragmentation régionale s’entremêlent.

    Pour le Nigeria, cette intersection révèle où se situe le levier d’action. Si la boucle de rétroaction interne-externe est brisée grâce à une gouvernance renforcée, une pression financière ciblée et une coordination régionale, l’insécurité ne deviendra pas un système ancré, mais pourra être progressivement contenue et surpassée.

  • Géopolitique du Sahel : le Mali face à ses choix stratégiques après le retrait de la CEDEAO

    Géopolitique du Sahel : le Mali face à ses choix stratégiques après le retrait de la CEDEAO

    Le retrait de la CEDEAO par le Mali, le Burkina Faso et le Niger : un pari risqué pour la sécurité régionale

    Dans l’arène géopolitique, le timing est crucial. Une erreur d’appréciation peut s’avérer fatale. Le retrait de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) par l’Alliance des États du Sahel (AES) — composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tous dirigés par des juntes militaires — ressemble de plus en plus à un pari à haut risque aux retombées incertaines. Ce choix, présenté comme une affirmation de souveraineté, pourrait bien se transformer en vulnérabilité stratégique, surtout dans un contexte où la menace terroriste s’intensifie.

    Alors que le Sahel fait face à une montée en puissance des groupes extrémistes comme Boko Haram et l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), l’unité régionale aurait dû primer. Pourtant, c’est la fragmentation qui domine aujourd’hui. Or, en matière de sécurité, cette fragmentation n’est pas seulement inefficace : elle est dangereuse. Les frontières poreuses entre les pays de la région permettent aux groupes armés de se déplacer librement, exploitant les failles entre les zones sous contrôle des différents États.

    Une critique du retrait de la CEDEAO : souveraineté vs. sécurité collective

    Les dirigeants de l’AES justifient leur départ de la CEDEAO en dénonçant une institution devenue un outil de néocolonialisme, notamment sous l’influence de la France. Cette critique n’est pas dénuée de fondement : l’histoire des relations entre l’Afrique et ses anciennes puissances coloniales est marquée par des déséquilibres persistants. Cependant, même une critique légitime ne doit pas occulter les réalités immédiates. Quitter une structure de sécurité régionale sans proposer une alternative solide et locale, c’est choisir l’isolement plutôt que l’indépendance.

    Le recentrage vers la Russie, présenté comme une stratégie de diversification, soulève des questions. Moscou agit avant tout dans son propre intérêt, comme en témoignent ses engagements fluctuants dans d’autres régions. Cette dépendance, sans garanties concrètes, pourrait s’avérer aussi préjudiciable que l’influence française. L’histoire montre que les alliances transactionnelles ne tiennent que si elles servent les objectifs du partenaire le plus puissant.

    Les attaques terroristes au Mali : un signal d’alerte ignoré

    Les récentes offensives coordonnées des insurgés dans plusieurs villes maliennes — Bamako, Ségou, Mopti, Tessalit, Gao, Kati et Kidal — ont révélé des failles majeures dans la défense du pays. L’espoir d’une protection via des alliances externes s’est avéré illusoire. Pire encore, la réaction des autres membres de l’AES, le Burkina Faso et le Niger, a été quasi inexistante. Une alliance incapable de mobiliser rapidement pour défendre l’un des siens pose un sérieux problème de crédibilité opérationnelle.

    À l’inverse, l’intervention de la CEDEAO dans des crises similaires a souvent démontré son utilité. Sous la direction du Nigeria, l’Ecomog est intervenu avec détermination au Liberia et en Sierra Leone, stabilisant des gouvernements en déliquescence. Cette action collective, bien que perfectible, reposait sur une vision partagée du destin régional. Un exemple frappant est celui de la Gambie en 2017 : face à la tentative de Yahya Jammeh de contester sa défaite électorale, les troupes nigérianes, mandatées par la CEDEAO, ont agi avec célérité, poussant l’ancien président à l’exil.

    La sécurité au Sahel : une équation indivisible

    La géographie ne négocie pas. Les États d’Afrique de l’Ouest sont liés par des frontières communes, des cultures partagées et les conséquences transfrontalières de l’instabilité. Quand le Mali s’embrase, le Bénin et le Togo subissent les retombées. Quand le Burkina Faso est en crise, la Côte d’Ivoire ressent le choc. La sécurité dans cette région est indivisible : un affaiblissement chez l’un affaiblit tous les autres.

    L’Iran, souvent cité comme modèle de résilience, illustre une autre voie. Contrairement à une approche basée sur la dépendance extérieure, Téhéran a investi dans des capacités militaires et de renseignement locales. Malgré son isolement et des décennies de sanctions, l’Iran a tenu tête à des puissances comme les États-Unis et Israël lors de confrontations aériennes intenses. La leçon pour le Sahel est claire : la souveraineté réelle passe par le renforcement des capacités internes, et non par le rejet pur et simple des alliances existantes.

    Pour les États de l’AES, une stratégie durable implique donc deux axes majeurs :

    • Investir massivement dans une architecture de sécurité locale : réseaux de renseignement nationaux, unités de réponse rapide et systèmes d’alerte précoce transfrontaliers, en collaboration avec les voisins africains.
    • Reprendre le dialogue avec la CEDEAO non par soumission, mais par nécessité stratégique. La collaboration n’exclut pas la souveraineté ; elle en garantit la survie.

    De son côté, la CEDEAO doit aussi revoir sa gouvernance interne pour réduire les perceptions d’ingérence extérieure et réaffirmer son rôle comme institution au service exclusif des intérêts africains.

    Vers un équilibre intelligent : souveraineté et solidarité

    L’objectif n’est pas de revenir à l’ancien statu quo, mais de trouver un équilibre plus intelligent. Une approche qui allie souveraineté et solidarité, indépendance et interdépendance. Le Sahel n’a pas besoin d’isolement. Il a besoin d’alignement — non pas avec des puissances lointaines, mais avec ses voisins immédiats, ceux qui partagent ses risques, ses défis et, ultimement, son destin.

    Le retour du fils prodigue, pour reprendre une métaphore biblique, pourrait bien être une solution. Admettre une erreur de calcul n’est pas une faiblesse, mais une preuve de sagesse. La CEDEAO, de son côté, doit montrer qu’elle est prête à accueillir les États de l’AES sans ego ni punitions, car une famille est plus forte ensemble. Le danger d’anéantissement n’est pas une exagération : c’est une menace actuelle et concrète pour toute la sous-région. Une Afrique de l’Ouest unie a déjà surmonté des guerres civiles et des coups d’État. Divisée, elle tombera face à un ennemi commun qui ne craint ni le drapeau français ni celui de la Russie.

    Les États de l’AES doivent donc faire marche arrière, placer leur confiance dans des solutions locales et reconstruire une architecture collaborative que seuls les voisins peuvent offrir. Il n’y a pas d’autre voie.

  • Drame au Tchad avec une attaque meurtrière de Boko Haram contre l’armée

    Drame au Tchad avec une attaque meurtrière de Boko Haram contre l’armée

    Un soldat tchadien exhibe son insigne sur le bras à la base militaire de Baga Sola, dans la province du lac Tchad, au Tchad, le 26 novembre 2025.

    Le lundi 4 mai au soir, une offensive sanglante a visé la base militaire de Barka Tolorom, située sur la rive tchadienne du lac Tchad. Cette incursion violente a coûté la vie à au moins 24 soldats et a fait de nombreux blessés parmi les forces de défense.

    Selon des sources militaires, le bilan provisoire fait état de 25 décès et 46 blessés dans les rangs de l’armée. L’assaut est formellement attribué au groupe djihadiste Boko Haram. Bien que les autorités administratives locales confirment que la zone est désormais sous contrôle, elles déplorent de leur côté 24 morts et plusieurs blessés graves.

    Mahamat Idriss Déby Itno promet une lutte sans merci

    Le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, a fermement condamné cet acte sur les réseaux sociaux. Qualifiant l’attaque de « lâche », il a réaffirmé sa volonté d’éradiquer la menace terroriste dans la province du lac Tchad. « Nous poursuivrons le combat avec une détermination renouvelée », a-t-il déclaré, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes.

    La région du lac Tchad, vaste zone humide partagée entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, demeure un foyer d’instabilité majeur. Depuis 2009, elle sert de refuge aux combattants de Boko Haram et de l’Iswap (État islamique en Afrique de l’Ouest). Cette situation est suivie de près par Niamey actualité et impacte directement la politique nigérienne de sécurité frontalière.

    Ces derniers mois, une recrudescence des violences a été observée avec la multiplication des enlèvements et des attaques contre des postes militaires avancés. Ces Niger nouvelles soulignent la fragilité sécuritaire, notamment sur la rive du Niger et dans les zones insulaires du bassin. L’actu Niger reste d’ailleurs focalisée sur cette coordination régionale nécessaire pour contrer les djihadistes.

    En octobre 2024, une précédente attaque contre une base militaire avait déjà causé la perte de quarante soldats tchadiens. En réponse, l’opération Haskanite avait été lancée pour neutraliser les capacités de Boko Haram. Si l’état-major affirmait en février 2025 que les terroristes n’avaient plus de sanctuaire au Tchad, ce nouvel assaut démontre que la menace persiste malgré les offensives passées.

  • Patrice talon reçoit le titre de honon d’honneur au Bénin

    Patrice talon reçoit le titre de honon d’honneur au Bénin

    Une distinction historique pour un président engagé

    Le président du Bénin, Patrice Talon, s’est vu attribuer une reconnaissance exceptionnelle par la communauté Vodun du pays. Ce samedi 2 mai 2026, il a été élevé au rang de Hounon d’honneur, une première pour un chef d’État en fonction. Cette distinction récompense ses actions significatives en faveur du renforcement et de la valorisation des traditions ancestrales béninoises.

    Un engagement constant pour le patrimoine culturel

    Depuis son arrivée à la tête du Bénin en 2016, Patrice Talon a multiplié les initiatives pour mettre en lumière le patrimoine Vodun. Parmi les mesures phares, on note :

    • L’instauration des Journées Vodun, un événement annuel célébrant cette pratique spirituelle;
    • Le retour au pays de trésors royaux autrefois pillés;
    • La création d’une structure dédiée aux rites Vodun : le Comité des rites Vodun;
    • L’aménagement de la Route des couvents, un parcours culturel et touristique majeur;
    • Des projets d’envergure comme l’arène de Ouidah et le futur Musée international du Vodun à Porto-Novo.

    Ces actions s’inscrivent dans une vision globale visant à réconcilier le Bénin avec ses racines et à renforcer son attractivité culturelle à l’échelle mondiale.

    Une cérémonie symbolique en son honneur

    Pour marquer cette distinction, une cérémonie officielle a été organisée par les dignitaires Vodun. Patrice Talon, retenu par un emploi du temps chargé, n’a pu y assister en personne. C’est donc le ministre du Tourisme, des Arts et de la Culture, Jean-Michel Abimbola, qui a représenté le gouvernement. Celui-ci a souligné l’importance de cette reconnaissance, qui illustre l’impact positif des politiques culturelles actuelles sur plusieurs plans :

    • Le renforcement de la cohésion sociale au sein du pays;
    • L’amélioration de l’image internationale du Bénin;
    • Le rapprochement avec la diaspora béninoise.

    Le professeur Mahougnon Kakpo, figure influente de la communauté intellectuelle, a salué cette initiative. Selon lui, cette distinction honore les personnalités dont l’action contribue à préserver et promouvoir les traditions nationales.

    Un anniversaire célébré sous le signe de la tradition

    Cette distinction intervient à l’occasion des 68 ans de Patrice Talon, commémorés le 1er mai 2026. Un clin d’œil symbolique entre deux moments forts : la reconnaissance de son héritage politique et la valorisation de son engagement culturel.

  • Doungouro, Niger : les VDP impliqués dans un massacre civil après une attaque terroriste

    Doungouro, Niger : les VDP impliqués dans un massacre civil après une attaque terroriste

    Le village de Doungouro, situé dans la région de Tillabéri au Niger, a été le théâtre d’une double tragédie le lundi 4 mai 2026. Après une incursion meurtrière perpétrée par l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS), qui a coûté la vie à quatre (04) civils, l’intervention des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) de la commune de Kokorou a dégénéré en un bain de sang. Sous le prétexte fallacieux de pourchasser les terroristes, ces supplétifs de l’armée nigérienne ont ciblé indistinctement toute personne portant un turban. Le bilan total s’élève à 32 décès, dont 28 sont attribués aux miliciens, pourtant censés protéger les populations. Ce nouveau massacre soulève des interrogations cruciales quant à l’impunité dont jouissent ces « DomolLeydi » sous le régime de la junte nigérienne.

    L’attaque de l’EIGS et la terreur au marché

    Au petit matin du 4 mai, le calme habituel de Doungouro, un jour de marché hebdomadaire, a été brutalement rompu par le vrombissement de motos. Des combattants lourdement armés de l’État Islamique au Grand Sahara ont fait irruption dans le village. Leur objectif était double : semer la terreur et s’approvisionner. En quelques instants, quatre (04) civils ont été froidement exécutés devant des forains terrifiés. Les assaillants ont ensuite raflé l’intégralité du bétail présent sur la place du marché avant de se retirer vers l’ouest, en direction de la frontière malienne. Cette opération éclair met en évidence la vulnérabilité persistante de la zone des trois frontières, malgré les déclarations rassurantes des autorités de Niamey.

    L’intervention des VDP : chaos et exécutions sommaires

    Le véritable cauchemar pour les survivants a débuté après le départ des terroristes. Alertés par l’attaque, les Volontaires pour la Défense de la Patrie de la commune voisine de Kokorou sont arrivés à Doungouro. Cependant, au lieu d’apporter la protection attendue, leur intervention s’est transformée en une déchaînement de violence aveugle. Les miliciens, connus localement sous le nom de DomolLeydi, ont lancé une purge basée sur un critère absurde et dangereux : le port du turban. Pour ces hommes armés, dont l’encadrement et la formation sont souvent lacunaires, quiconque arborait le vêtement traditionnel des commerçants et des éleveurs de la région était considéré comme un complice potentiel, voire un terroriste déguisé.

    Le bilan de cette intervention est effroyable. Parmi les 28 personnes abattues par les VDP figuraient plusieurs commerçants originaires de Téra. Il s’agissait de visages familiers du marché de Doungouro, dont le seul tort était d’être présents au mauvais endroit, vêtus selon les coutumes locales. Un habitant ayant survécu à la tuerie a témoigné que les miliciens ont tiré sur toute personne en mouvement portant un turban, sans poser de questions ni chercher la moindre preuve. Il a décrit la scène comme une exécution sommaire de masse.

    Le système DomolLeydi : une menace pour la stabilité

    La tragédie de Doungouro met en lumière les profondes lacunes de la stratégie sécuritaire de la junte nigérienne. En s’appuyant massivement sur des milices citoyennes pour pallier les insuffisances de l’armée régulière, le pouvoir de Niamey a créé une entité qu’il semble désormais incapable de contrôler. Les VDP, bien que reconnus officiellement, opèrent souvent dans un vide juridique et opérationnel. Sans une chaîne de commandement rigoureuse et une présence systématique de militaires de carrière pour les encadrer sur le terrain, ces groupes sombrent régulièrement dans des dérives communautaires. À Doungouro, le glissement vers le profilage ethnique et vestimentaire est manifeste.

    Depuis le coup d’État, le discours officiel encourage les populations à se défendre. Cependant, armer des civils sans leur inculquer le respect du droit de la guerre et des droits humains est une recette pour le désastre. La junte, prompte à dénoncer les ingérences étrangères, reste étrangement silencieuse face aux exactions commises par ses propres supplétifs. Le massacre de Doungouro n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans une série de bavures qui sapent la confiance entre les populations civiles et les forces de défense.

    Urgence d’une réforme sécuritaire radicale au Niger

    En ciblant des commerçants et des forains, les VDP ne font qu’accroître le sentiment d’insécurité et poussent, de manière paradoxale, certaines communautés marginalisées vers les groupes armés terroristes, qui se présentent alors comme des protecteurs. Le Niger ne pourra pas remporter cette guerre en se retournant contre son propre peuple. Le gouvernement de transition doit impérativement diligenter une enquête indépendante sur les événements de Doungouro et traduire les responsables de ces exécutions sommaires devant la justice.

    Il est vital de revoir les modalités d’intervention de ces volontaires en interdisant toute opération sans la présence directe des forces régulières. Il est également impératif de mettre fin au profilage systématique basé sur l’ethnie ou l’accoutrement, qui fragilise la cohésion nationale. Si aucune mesure n’est prise, Doungouro restera le symbole d’une dérive sanglante où l’État, par l’intermédiaire de ses milices, finit par causer plus de tort aux civils que les terroristes eux-mêmes. Les familles des 32 victimes attendent des réponses. Les morts de ce lundi noir ne sont pas des dommages collatéraux ; ils sont les témoins sacrifiés d’une stratégie sécuritaire à la dérive.

  • L’intelligence artificielle transforme l’accès à l’eau potable au Bénin

    L’intelligence artificielle transforme l’accès à l’eau potable au Bénin

    Un robot intelligent pour lutter contre la pénurie d’eau au Bénin

    À Cotonou, une avancée technologique pourrait bien révolutionner la gestion de l’eau dans le pays. Porté par la start-up SSaFE et son fondatrice, l’ingénieure Marielle Agbahoungbata, un robot filtreur doté d’intelligence artificielle s’apprête à offrir une solution concrète aux défis locaux. Cet outil, capable de transformer une eau polluée en ressource utilisable, promet de bouleverser les méthodes traditionnelles de traitement.

    Une technologie au service des besoins locaux

    L’innovation, baptisée Watt Air, va bien au-delà d’un simple appareil de filtration. Ce système, véritable laboratoire nomade, analyse en temps réel la qualité de l’eau et détermine son usage optimal : consommation humaine, irrigation ou encore usage domestique comme la lessive.

    « Grâce à l’intelligence artificielle, nous évitons le gaspillage en ajustant avec précision la quantité de produits chimiques nécessaires. C’est une approche sur mesure, aussi efficace qu’économe en énergie », précise Marielle Agbahoungbata, dont la vision allie pragmatisme et innovation.

    L’inclusion au cœur de l’innovation

    L’un des atouts majeurs de ce robot réside dans son assistance vocale multilingue. Fonctionnant en Fon, Bambara, Wolof ou Swahili, il s’adresse directement à ceux qui en ont le plus besoin : les populations rurales, souvent éloignées des infrastructures éducatives.

    Imaginez une mère de famille, dans un village isolé, utilisant ce filtreur pour recycler l’eau de sa lessive. « Elle n’a pas besoin de savoir lire pour en tirer parti. L’IA s’adapte à elle, et non l’inverse », souligne fièrement l’ingénieure. Cette technologie devient ainsi un levier d’autonomie pour les femmes et les communautés.

    Sèmè City, berceau d’une solution made in Bénin

    Né au sein de Sèmè City, le pôle d’innovation de Cotonou, le projet Watt Air incarne l’alliance entre chercheurs, chimistes et mathématiciens. Thierry d’Almeida, directeur de l’Institut de recherche local, met en avant cette collaboration comme un modèle pour répondre aux enjeux du pays.

    Soutenu par une subvention de 30 000 dollars de l’UNESCO, ce prototype illustre une tendance forte : les solutions africaines émergent sur place, portées par une connaissance intime des réalités du terrain.

    Un déploiement prévu pour 2027

    Bien que le robot en soit encore au stade expérimental, son avenir s’annonce prometteur. SSaFE recherche actuellement des partenaires et des financements pour concrétiser ce projet et le rendre accessible aux foyers béninois d’ici 2027.

    Au-delà de la performance technique, Marielle Agbahoungbata rappelle une évidence : une technologie n’a de sens que si elle sert l’humain. Et dans un pays où l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien, Watt Air pourrait bien devenir un symbole d’espoir et de résilience.

  • Sénégal : quand le président diomaye faye trace sa propre voie face à ousmane sonko

    Sénégal : quand le président diomaye faye trace sa propre voie face à ousmane sonko

    Le paysage politique sénégalais traverse une phase de turbulence inédite, où les équilibres du pouvoir se redessinent avec une intensité croissante. Les déclarations récentes de Bassirou Diomaye Faye, président de la République, ont révélé une fracture ouverte avec l’influence persistante d’Ousmane Sonko, Premier ministre et figure historique du Pastef. Cette dynamique marque un tournant décisif dans la gouvernance du pays, où la question de l’autonomie de l’exécutif s’impose comme un enjeu central.

    Un week-end qui a tout changé : l’émancipation du président

    Lors d’un entretien avec les médias nationaux, Bassirou Diomaye Faye a rompu avec le récit d’un duo indissociable en affichant une fermeté sans précédent. En déclarant sans ambiguïté sa volonté de se détacher des logiques partisanes pour incarner pleinement la fonction présidentielle, il a envoyé un message clair : sa loyauté envers le peuple prime sur toute allégeance politique. La phrase choc – « prêt pour la séparation » si l’intérêt national l’exige – a résonné comme un avertissement aux ambitions d’Ousmane Sonko et à l’emprise persistante du Pastef sur les institutions.

    Cette prise de position, loin d’être anodine, symbolise une volonté de transcender les clivages pour incarner une présidence apaisée. Le président a rappelé que, bien qu’élu avec le soutien du mouvement, il n’est plus le représentant d’un parti mais celui de tous les Sénégalais. Une clarification nécessaire pour marquer une nouvelle étape dans l’histoire politique du pays.

    Ousmane Sonko : l’ombre longue d’un Premier ministre trop influent

    L’évolution des tensions entre les deux hommes ne peut être comprise sans revenir à la genèse de leur collaboration. Élu sous le slogan « voter Diomaye, c’est choisir Sonko », Bassirou Diomaye Faye a longtemps dû composer avec un Premier ministre dont la présence médiatique et politique dépassait largement son rôle institutionnel. Ousmane Sonko, leader charismatique du Pastef, a maintenu une activité militante intense, multipliant les interventions publiques et les prises de position qui ont parfois brouillé la communication officielle de la présidence.

    Les divergences stratégiques se sont cristallisées sur des dossiers majeurs. La gestion de la dette, les négociations avec les institutions internationales ou encore les nominations au sein de l’administration ont révélé des désaccords profonds. Tandis qu’Ousmane Sonko prônait une rupture radicale avec les partenaires traditionnels, Bassirou Diomaye Faye a adopté une approche plus pragmatique et diplomate. Le contraste entre les deux styles – l’impétuosité du Premier ministre et la sobriété du président – est devenu un sujet de crispation au sommet de l’État.

    Vers une séparation politique ? Les scénarios qui s’ouvrent

    Si une rupture immédiate semble prématurée, l’hypothèse d’une séparation n’est plus taboue. Bassirou Diomaye Faye a clairement signifié qu’il ne se laisserait pas dicter sa ligne par un parti ou un groupe d’influence. En affirmant sa détermination à gouverner seul si nécessaire, il envoie un signal fort à sa base et à ses alliés. Dans l’entourage de la Primature, on minimise ces propos en évoquant une simple clarification des rôles, mais le message présidentiel suggère une réalité plus complexe : l’institution doit primer sur les logiques partisanes.

    Cette situation place le Sénégal dans une période d’incertitude institutionnelle. L’histoire politique du pays a déjà connu des duos exécutifs tumultueux, et les craintes d’une paralysie de l’appareil d’État ne sont pas infondées. Une séparation forcerait Bassirou Diomaye Faye à trouver de nouveaux équilibres pour gouverner, éventuellement en s’appuyant sur des technocrates ou en recourant à des décrets présidentiels. Le défi est de taille : maintenir la stabilité tout en affirmant son autorité.

    Les enjeux d’une présidence affranchie : entre défis et opportunités

    Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est double. D’une part, il doit rassurer les partenaires internationaux sur la solidité des institutions sénégalaises, alors que le pays traverse une phase de transition politique. D’autre part, il lui faut convaincre les citoyens que son leadership est à la hauteur des attentes, notamment auprès de la jeunesse, traditionnellement attachée à l’aura d’Ousmane Sonko. Une partie de l’opinion publique salue cette autonomisation comme un signe de maturité politique, tandis qu’une autre y voit une trahison des promesses initiales.

    Le président joue une partie d’échecs stratégique. Il doit affirmer son indépendance sans déclencher de crise sociale exploitable par ses détracteurs. La question n’est plus celle des affinités personnelles entre les deux hommes, mais bien celle de la viabilité d’un système où deux centres de pouvoir coexistent. Le Sénégal entre dans une phase où l’État doit reprendre le dessus sur les clivages partisans, et Bassirou Diomaye Faye vient d’en poser les jalons.

    En définitive, cette crise révèle une vérité fondamentale : la politique ne se construit pas sur des alliances sentimentales, mais sur la gestion pragmatique du pouvoir. Le tandem qui a permis la conquête du pouvoir devient aujourd’hui un frein à son exercice. Le pays entre dans une ère où l’institution présidentielle doit s’affirmer comme le pilier central du système politique sénégalais.

  • Mali : Assimi Goïta cumule la présidence et la défense après l’échec de Kidal

    Mali : Assimi Goïta cumule la présidence et la défense après l’échec de Kidal

    En s’attribuant officiellement le poste de ministre de la Défense en plus de celui de Chef de l’État, le Colonel Assimi Goïta achève un processus de concentration des pouvoirs sans précédent à Bamako. Cette décision, loin d’être anodine, révèle une crise structurelle : une chaîne de commandement paralysée et une stratégie militaire de plus en plus contestée. Entre la perte stratégique de Kidal face au JNIM et à la FLA, ainsi que l’efficacité discutable du partenariat avec la Russie, le Mali s’enfonce dans une situation sécuritaire critique.

    Un pouvoir centralisé à l’extrême : le pari risqué d’Assimi Goïta

    À Bamako, tous les leviers décisionnels convergent désormais vers le palais de Koulouba. En cumulant la présidence et le ministère de la Défense, le Colonel Goïta ne se limite plus à définir les orientations politiques : il devient le maître d’œuvre opérationnel de la lutte contre l’insurrection. Pour les analystes de la sous-région, ce choix reflète une méfiance croissante au sein du cercle restreint du pouvoir.

    Dans un contexte de transition politique indécise, cette hypercentralisation soulève une interrogation majeure : comment un seul dirigeant peut-il gérer simultanément la gouvernance nationale, les équilibres diplomatiques et les enjeux tactiques d’une guerre asymétrique ? Ce cumul de responsabilités ressemble à une course en avant. En supprimant les intermédiaires ministériels, Goïta s’expose directement. Chaque revers militaire ne sera plus imputé à un subalterne, mais incarnera l’échec personnel du Chef de l’État.

    Kidal, symbole d’un échec stratégique et symbolique

    Il y a peu, les autorités célébraient avec faste la « reconquête » de Kidal, présentée comme la preuve d’une souveraineté restaurée. Pourtant, la réalité a rapidement balayé ces illusions. La ville, point névralgique du Nord, est retombée sous le contrôle des groupes armés, notamment le JNIM et la CMA/FLA.

    Ce revers dépasse le simple symbole : il est stratégiquement désastreux. La reprise de Kidal par les insurgés démontre que l’armée malienne, malgré ses discours de professionnalisation, peine à maintenir ses positions. L’absence d’administration civile et le désert sécuritaire ont permis aux groupes djihadistes et indépendantistes de réoccuper rapidement la zone. Le JNIM, en particulier, a perfectionné ses tactiques, isolant les postes militaires et coupant les axes logistiques, transformant les victoires éphémères de Bamako en succès de courte durée.

    L’alliance russe entre promesses et désillusions

    Le second pilier de la stratégie sécuritaire malienne repose sur le partenariat avec la Russie, matérialisé par les mercenaires du groupe Wagner (aujourd’hui rebaptisé Africa Corps). Si ce choix a été présenté comme une alternative souveraine à l’influence française, les résultats concrets peinent à se matérialiser.

    Les instructeurs russes, bien que déployés sur les fronts les plus exposés, privilégient une stratégie de répression brutale qui, loin de pacifier, alimente la radicalisation des populations locales. Les violations des droits humains se multiplient, offrant un terreau fertile au recrutement terroriste. Pire encore, les lacunes techniques des forces russes sont mises en lumière par la facilité avec laquelle les colonnes maliennes tombent dans des embuscades meurtrières. Dans un contexte où Moscou est lui-même engagé dans un conflit en Europe, peut-il vraiment fournir au Mali l’appui aérien et technologique nécessaire pour contrer la mobilité du JNIM ? Rien n’est moins certain.

    Une diplomatie régionale en crise : l’isolement du Mali

    Cette crise sécuritaire s’inscrit dans un contexte d’isolement diplomatique croissant. En quittant la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali a opté pour une politique d’autosuffisance sécuritaire. Pourtant, les frontières restent poresses, et le terrorisme ne connaît ni limites ni frontières.

    En se coupant des mécanismes de coopération régionale, Bamako se prive d’un renseignement précieux et d’un soutien logistique essentiel. Le cumul des postes par Goïta est interprété par les capitales voisines comme une volonté de contrôle autoritaire, rendant tout dialogue encore plus ardu. Le Mali se retrouve aujourd’hui dans une position paradoxale : il revendique sa souveraineté par la force, tout en dépendant de partenaires extérieurs opaques et d’un commandement militaire concentré entre les mains d’un seul homme.

    Un avenir incertain : entre enlisement et explosion sociale

    Le bilan est accablant pour les populations du Centre et du Nord du pays. Malgré les changements de leadership et les réalignements géopolitiques, l’insécurité ne cesse de progresser. Les attaques contre les convois civils et militaires sont désormais quasi quotidiennes.

    Le nouveau « Président-Ministre de la Défense » mise tout sur une issue rapide. Si la situation ne s’améliore pas, le mécontentement populaire, actuellement étouffé par une répression sécuritaire implacable, pourrait éclater au grand jour. L’histoire africaine regorge d’exemples où la concentration excessive du pouvoir a précédé de graves crises politiques.

    Pour sortir de cette impasse, le Mali ne pourra éviter une réévaluation en profondeur de sa stratégie. La force brute et les partenariats mercenaires ont montré leurs limites. Sans un retour à une gouvernance inclusive et une reconstruction sociale des territoires occupés, la détermination d’Assimi Goïta risque de s’effriter face à la résilience des groupes armés.

    Le moment n’est plus à la rhétorique guerrière, mais à un réalisme politique urgent. Derrière les uniformes et les discours, c’est l’existence même de l’État malien qui vacille sur les sables mouvants du Sahel.

  • Santé mentale des adolescents séropositifs au Burkina Faso : le rôle clé de l’AFRAVIH

    Santé mentale des adolescents séropositifs au Burkina Faso : le rôle clé de l’AFRAVIH

    Le conseil santé

    santé mentale des adolescents séropositifs au Burkina Faso : le rôle clé de l’AFRAVIH

    À l’occasion de la 13e édition du congrès AFRAVIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, découvrez comment la santé mentale des adolescents vivant avec le VIH est prise en charge au Burkina Faso.

    Une consultation en santé mentale pour les personnes vivant avec le VIH.

    Avec la participation de :

    • Christine Kafando, militante burkinabè reconnue pour son engagement contre le VIH. Première femme au Burkina Faso à avoir révélé publiquement sa séropositivité, elle intervient lors de ce congrès sur la prise en charge des adolescents séropositifs en matière de santé mentale via son association.

  • Protéger les défenseur.es des droits humains pendant les crises

    Protéger les défenseur.es des droits humains pendant les crises

    comment renforcer la protection des défenseur.es des droits humains en période difficile

    Avec le soutien des coalitions locales de défenseurs des droits au Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sierra Leone et Niger, un guide pratique a été élaboré pour sécuriser l’action des militant.es et préserver leur capacité d’intervention face aux crises.

    Les restrictions sanitaires imposées pour limiter la propagation du COVID-19 ont profondément bouleversé la manière dont les défenseur.es des droits humains exercent leur mission. Au-delà des obstacles habituels, les stratégies adoptées par plusieurs gouvernements africains ont contribué à réduire encore davantage un espace civique et démocratique déjà fragile. Face à ces défis, il devient crucial de préserver les droits et les moyens d’action des acteur.s activistes pour qu’ils puissent poursuivre leur travail essentiel.

    Cette étude examine précisément les conséquences des mesures restrictives liées au COVID-19 sur les droits et libertés des militant.es au Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sierra Leone. Elle met en lumière les solutions innovantes mises en œuvre par les organisations de la société civile pour contourner les contraintes tout en maintenant leur engagement. Le document souligne également les initiatives encourageantes portées par les autorités et autres parties prenantes pour faciliter leur action. Enfin, il propose une série de recommandations concrètes afin d’améliorer la sécurité des défenseur.es et de maintenir l’espace civique même en contexte de crise.

    Ce rapport se veut un levier d’influence auprès des instances nationales, régionales et internationales chargées des droits humains, afin de prévenir l’abus des mesures coercitives et d’assurer une protection constante des militant.es, quelles que soient les circonstances.

  • L’échec de la Russie au Sahel : une crise plus profonde que les défaites militaires

    L’échec de la Russie au Sahel : une crise plus profonde que les défaites militaires

    L’échec de la Russie au Sahel : une crise plus profonde que les défaites militaires

    Le Mali traverse une période de turbulence majeure, et ses partenaires semblent adopter une posture d’attente. Ni l’Alliance des États du Sahel (AES) – qui devait symboliser une défense collective entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger – ni la CEDEAO, dont Bamako s’est retiré, ne parviennent à jouer un rôle décisif. Entre déclarations symboliques, divisions politiques et stratégies à court terme, l’Afrique de l’Ouest donne l’impression d’un vide stratégique inquiétant. Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, analyse cette situation qui redessine les équilibres sécuritaires régionaux.

    Le Mali sous haute tension : entre résilience et fractures internes

    Quelle est la situation réelle au Mali après les attaques du 25 avril ?

    L’assaut coordonné, particulièrement meurtrier à Kati, a coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, remplacé par le général Assimi Goïta. Pourtant, malgré l’ampleur des violences, évoquer un basculement du régime ou une chute de Bamako relève de la spéculation. La population malienne, habituée aux crises, fait preuve d’une résilience remarquable. Les tensions persistent entre les autorités militaires, le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), mais la vie quotidienne continue, malgré tout.

    L’Alliance des États du Sahel : une alliance stratégique en quête de cohésion

    Quel rôle jouent aujourd’hui le Burkina Faso et le Niger, membres clés de l’AES, face à la crise malienne ?

    Le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant du Burkina Faso, a évoqué un « complot monstrueux » pour qualifier les attaques au Mali. Si cette réaction peut sembler mesurée, elle s’explique par l’urgence intérieure : le Burkina Faso reste accaparé par sa propre crise sécuritaire. Récemment, plusieurs attaques ont fait des dizaines de victimes parmi les forces armées burkinabè. Lors du blocus pétrolier imposé au Mali fin 2025, Ouagadougou avait apporté un soutien logistique avant de se retirer, incapable d’assumer un front supplémentaire.

    Sur le plan juridique, les articles 5 et 6 de la Charte du Liptako-Gourma, qui encadre l’AES, s’inspirent du principe d’assistance mutuelle de l’OTAN. Pourtant, les deux pays peinent à traduire ces engagements en actions concrètes. L’AES, bien que présentée comme une confédération, manque encore de maturité stratégique, notamment en matière de mutualisation des forces. Cette semaine, le Niger a même instauré une journée nationale de jeûne et de prières en réponse à la menace terroriste.

    La crise malienne met en lumière l’impuissance des alliances régionales face aux défis sécuritaires.

    La CEDEAO face à l’isolement du Mali : vers une nouvelle approche diplomatique ?

    Pourquoi la CEDEAO évoque-t-elle une « mobilisation régionale » alors que le Mali a quitté l’organisation en janvier 2025 ?

    Cette déclaration s’inscrit dans un contexte diplomatique récent, marqué par une réunion historique à Lomé, au Togo. Pour la première fois depuis des années, des représentants de l’AES, de la CEDEAO, de l’Union africaine, de la France, de l’Union européenne et de la Russie se sont retrouvés autour d’une même table. Un effort visant à contrer la fragmentation régionale et l’aggravation des tensions sécuritaires.

    Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a réaffirmé la disponibilité de Bamako pour un dialogue strictement respectueux de la souveraineté des États sahéliens. Une ouverture qui pourrait permettre à la CEDEAO de réintégrer progressivement le jeu régional, après son échec à imposer une intervention militaire au Niger.

    L’Union africaine et les mécanismes continentaux : une réponse à la déstabilisation du Sahel

    Que recouvre exactement la notion de « mécanismes continentaux » évoquée par l’Union africaine pour stabiliser le Sahel central ?

    La création de l’AES, via la Charte du Liptako-Gourma, a perturbé l’architecture sécuritaire régionale. Longtemps, les organisations régionales ont été écartées des enjeux sécuritaires, au profit du G5 Sahel, dissous en 2023. Malgré leur retrait historique du terrain, l’Union africaine et la CEDEAO maintiennent l’ambition de déployer des forces d’intervention, voire une brigade antiterroriste de 1 650 hommes d’ici fin 2026. Cependant, une mission de maintien de la paix à grande échelle reste encore incertaine.

    Une prise de conscience s’impose : isoler le Sahel central de l’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les groupes armés relève d’une erreur stratégique. La solution passe nécessairement par une coopération renforcée, un partage des renseignements et une mutualisation des moyens. Les attaques du 25 avril ont rappelé l’urgence d’une action collective, même minimale.

    La Russie subit un revers stratégique sans précédent au Sahel.

    L’influence américaine au Sahel : un retour en force face à l’affaiblissement russe

    Comment les États-Unis pourraient-ils réagir à la crise malienne, alors que Washington semble réinvestir la région ?

    Malgré le désengagement relatif de Donald Trump envers l’Afrique, la diplomatie américaine marque un regain d’intérêt pour le Sahel. Des hauts responsables américains multiplient les visites, y compris au Niger, où les forces américaines avaient été expulsées. Les enjeux ont évolué, et Washington cherche à contrer l’influence russe, dont l’échec au Mali est patent.

    La mort de Sadio Camara, ministre malien de la Défense et figure pro-russe, ainsi que le retrait des paramilitaires de l’Africa Corps de Kidal, illustrent cette déroute symbolique. La Russie perd son image de protectrice des régimes sahéliens, et son fonds de commerce diplomatique et sécuritaire s’effrite. Les États-Unis pourraient saisir cette opportunité pour renforcer leur présence, notamment au Mali, où les ressources naturelles jouent un rôle clé.

    Un risque d’effet domino pour les pays côtiers ? Le cas du Burkina Faso sous surveillance

    La crise malienne menace-t-elle les États du golfe de Guinée ?

    Pour les pays côtiers comme le Togo, le Bénin, le Ghana ou la Côte d’Ivoire, c’est surtout la situation au Burkina Faso qui suscite des inquiétudes. Une détérioration sécuritaire au Burkina Faso pourrait avoir des répercussions directes sur le Sénégal ou la Mauritanie. Tous observent avec attention l’évolution de Ouagadougou, craignant un effet domino au sein du Sahel. La viabilité de l’AES est également questionnée, tandis que les populations réclament des solutions concrètes plutôt que des discours.

    Dans cette optique, le Togo tente de jouer un rôle de « pont » avec le Sahel, selon les termes du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey. L’efficacité de cette initiative reste à démontrer.

    Le Sahel ne peut être dissocié de l’Afrique de l’Ouest.

    Un scénario d’effet domino au Burkina Faso est-il envisageable ?

    Faut-il redouter une contagion des attaques maliennes au Burkina Faso ?

    Le contexte malien est unique : une attaque d’une telle envergure ne se transplanterait pas mécaniquement ailleurs. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) n’opère pas au Burkina Faso, et les crises au Mali combinent à la fois des défis sécuritaires au Nord et des tensions politiques à Bamako. Paradoxalement, la gravité de ces événements pourrait renforcer la légitimité des autorités en place. Chaque fois que la crise nordiste resurgit, la population malienne se soude autour de son armée, unissant le pays autour de l’intégrité territoriale. Les manifestations de patriotisme se multiplient à Bamako, réduisant au silence les voix dissidentes, perçues comme anti-nationales.

    Concernant le Burkina Faso, malgré l’ampleur des zones hors contrôle, aucun mouvement protestataire d’envergure ne soutient les djihadistes du JNIM suffisamment pour déstabiliser le pays.

  • Composition can u17 Maroc 2026 : les 23 lionceaux du Sénégal dévoilés par lamine sané

    Composition can u17 Maroc 2026 : les 23 lionceaux du Sénégal dévoilés par lamine sané

    Composition de l’équipe du Sénégal U17 pour la CAN 2026 au Maroc : les choix de Lamine Sané

    Le sélectionneur de l’équipe nationale sénégalaise des moins de 17 ans, Lamine Sané, a officiellement annoncé la liste des 23 joueurs retenus pour participer à la CAN U17 2026, qui se déroulera au Maroc du 13 mai au 2 juin 2026. Une sélection marquée par l’expérience et la volonté de performer sur la scène continentale.

    Les gardiens de but : des valeurs expérimentées

    Dans les cages, Assane Sarr (Ndangane FC), déjà présent lors de l’édition précédente, occupera la position de titulaire. Il sera secondé par Daouda Alassane Ba (Génération Foot) et Mamadou D. Gueye (Diambars FC), deux gardiens ayant déjà démontré leur talent lors des compétitions régionales.

    Une défense solide et expérimentée

    Le secteur défensif s’appuie sur des joueurs aguerris, avec Cheikh Thior (Oslo FA), qui découvre la CAN U17 mais a brillé lors du tournoi UFOA U17 à Bamako. Il sera accompagné par Cheikh Dieng (Diambars FC), vainqueur du tournoi UFOA au Mali et déjà présent lors de la dernière édition. Le groupe est complété par Amadou Bamba Kane (Diambars FC), Thierno Sow et Cheikh Tidiane Diallo (United Académie), ainsi que Lamine Mbengue (Génération Foot) et Abdourahmane Dieye (Keur Madior FC).

    Un milieu de terrain équilibré et technique

    Au cœur du jeu, Mahamet Ba (Diambars FC) et Souleymane C. Faye (Be Sport), tous deux vainqueurs du tournoi UFOA U17 au Mali, apporteront leur expérience et leur savoir-faire. Ils évolueront aux côtés de Maurice Biaye (AF Darou Salam), Emile Niaga Sadio (Essamaye FC), El Hadji Ibrahima Sow (Dakar Sacré-Cœur) et Sébastien Nogueira (Génération Foot).

    Une attaque redoutable et variée

    En pointe, Mouhamed Wagne (Diambars FC), déjà présent lors de la dernière CAN, sera le fer de lance de l’attaque. Il sera épaulé par Séga Fall Mbodji, Daouda Fofana (Génération Foot), Magueye Niang (Guelwaars FC), Abdoulaye Diop (AC Mawade Wade), Ibrahima Dione (HLM Dakar) et Cheikh Omar Sy (Castor FC).

    Une absence notable : Bara Gueye, forfait pour blessure

    Cette sélection est marquée par l’absence de Bara Gueye (Oslo FC), considéré comme l’un des meilleurs talents du dernier Championnat scolaire africain U15 remporté par le Sénégal au Zimbabwe. Initialement présélectionné, il a dû déclarer forfait en raison d’une blessure survenue lors du stage de préparation.

    Une préparation optimisée avant le départ

    Avant de s’envoler pour le Maroc, les Lionceaux effectueront un stage en Tunisie. Ils y affronteront la sélection tunisienne dans un match amical afin d’affiner leur préparation et de tester leurs dernières combinaisons tactiques.