Platini critique le show footballistique après le PSG-Bayern Munich

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Lors d’un entretien exclusif avec le magazine L’Équipe, Michel Platini a partagé son analyse du football moderne, révélant un regard moins élogieux que la plupart des observateurs sur le légendaire match PSG-Bayern Munich en demi-finales aller de la Ligue des champions (5-4).

À 71 ans, l’ancien numéro 10 de l’équipe de France, triple lauréat du Ballon d’Or (1983, 1984, 1985), a ouvertement questionné la perception collective autour de cette rencontre. Pour lui, l’enthousiasme général ne reflète pas la réalité du spectacle proposé.

Un match du siècle pour neuf buts encaissés ?

Michel Platini a exprimé ses réserves quant à la qualification de ce affrontement comme « match du siècle ». Il a notamment souligné :

« Lors de la demi-finale aller PSG-Bayern, on a qualifié cette rencontre de « match du siècle » après une victoire 5-4. Pourtant, j’ai préféré le 1-1 au retour. Les gardiens agissent comme des passoires et les défenseurs ne valent pas mieux. Ils encaissent neuf buts au total, et on célèbre cela comme un chef-d’œuvre ? Nous sommes clairement dans une ère de divertissement où le spectacle prime sur le football pur. Un arrêt décisif, une parade spectaculaire valent tout autant qu’un but marqué. Bien sûr, deux milliards de passionnés s’expriment, mais moi, je ne suis qu’un parmi eux et je ne prétends pas détenir la vérité absolue. »

Le football moderne vu par une légende

Dans cet entretien, l’ancien président de l’UEFA a également évoqué l’évolution du jeu, revenant sur sa carrière et ses souvenirs. Il a reconnu que sa vision du football, forgée à une époque où la rigueur défensive et l’efficacité prévalaient, ne coïncidait pas toujours avec les standards actuels. Pour lui, le football moderne semble davantage tourné vers le spectacle que vers l’excellence technique ou tactique.

Platini n’a pas hésité à pointer du doigt l’inflation des buts et l’affaiblissement des défenses, qu’il juge « dignes de passoires ». Selon lui, cette tendance réduit la beauté du jeu à une simple succession de buts, au détriment des phases de jeu plus subtiles et stratégiques.

Football : entre nostalgie et modernité

L’ancien international français a rappelé que le football, à son époque, était marqué par des duels plus serrés, des stratégies plus élaborées et une défense mieux structurée. Aujourd’hui, il estime que la recherche du spectacle a pris le pas sur l’essence même du sport, où l’art de défendre et de construire le jeu était aussi valorisé que l’attaque.

Interrogé sur sa préférence pour le match retour (1-1), Platini a justifié son choix en soulignant que cette rencontre, bien que moins médiatisée, reflétait davantage l’équilibre et la tension d’une confrontation en Ligue des champions. Pour lui, le football devrait célébrer aussi les arrêts décisifs, les tacles parfaits et les stratégies défensives audacieuses, et pas uniquement les buts spectaculaires.

« Le show-biz a envahi le football, et cela se ressent dans la façon dont on juge les performances. On parle de « match du siècle » pour une rencontre où les équipes encaissent neuf buts ? C’est une dérive qui me laisse sceptique », a-t-il conclu.