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  • Crise au Sahel : quels risques pour l’europe ?

    Crise au Sahel : quels risques pour l’europe ?

    une région sous tension : Mali en première ligne

    Le gouvernement militaire malien, soutenu par Moscou, fait face à une crise majeure après des attaques synchronisées menées par des groupes jihadistes et des rebelles touaregs. Ces assauts ont coûté la vie au ministre de la Défense et contraint les mercenaires russes à battre en retraite dans le nord du pays. Une situation qui alimente les craintes d’une instabilité durable, susceptible de déclencher une nouvelle vague de migrations vers l’Europe et d’aggraver la crise sécuritaire dans toute la bande sahélienne.

    une menace qui dépasse les frontières maliennes

    Les attaques de ce week-end ont révélé la vulnérabilité extrême du régime en place, dont la survie politique est désormais menacée. Pourtant, les répercussions d’un Mali fragilisé ne se limiteront pas à ses frontières. Avec la guerre en Iran qui perturbe les approvisionnements énergétiques, la situation économique du pays, déjà précaire, risque de s’aggraver. Les prix du carburant flambent, rendant les importations inaccessibles pour un État enclavé comme le Mali. La population, acculée, pourrait être contrainte à l’exil en masse.

    L’Europe, déjà fragilisée par un contexte économique tendu (mélange de faible croissance et d’inflation élevée), doit anticiper une hausse des flux migratoires en provenance du Sahel. Les pays stables d’Afrique de l’Ouest, comme le Sénégal ou le Ghana, ne sont pas épargnés : la porosité des frontières expose l’ensemble de la région à une insécurité grandissante.

    des conséquences économiques et humanitaires lourdes

    Plus de dix ans de crise ont épuisé le Mali : insurrection jihadiste, désertification des terres agricoles et effondrement des institutions après les coups d’État de 2020 et 2021 ont plongé le pays dans le chaos. L’échec des forces russes, déployées en remplacement des troupes françaises et européennes, ne fait qu’aggraver le tableau. Le départ des mercenaires de Wagner ouvre la voie à l’implantation de camps d’entraînement jihadistes dans le nord, une perspective particulièrement redoutée par l’Algérie.

    L’absence de contrôle gouvernemental dans ces zones favorise aussi le développement de réseaux criminels : trafics d’armes, de drogue et d’êtres humains prospèrent le long des routes migratoires qui relient le Sahel à la Libye et à la Mauritanie, avant de rejoindre l’Europe. Les groupes armés, désormais maîtres de vastes étendues rurales au Mali et au Burkina Faso, étendent leur influence vers les pays côtiers du golfe de Guinée, comme le Bénin et le Togo, bien plus intégrés aux échanges mondiaux.

    migrations et compétitions régionales : un cercle vicieux

    Des millions de Maliens et de Burkinabè travaillent déjà dans des pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Avec la détérioration de la situation, ces flux devraient s’intensifier, créant des tensions sur le marché du travail et alimentant les départs vers l’Europe. Selon Frontex, les Maliens figurent parmi les trois nationalités les plus représentées parmi les migrants arrivant sur les îles Canaries, une porte d’entrée vers l’Europe.

    que réserve l’avenir ?

    Bien que les jihadistes peinent pour l’instant à s’emparer de Bamako, leur capacité à opérer librement à travers les frontières et à contrôler des pans entiers de territoire inquiète. La survie du gouvernement malien est incertaine, et son autorité se limite désormais à la capitale. Cette instabilité régionale exige une vigilance accrue de la part des pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Europe, dont les intérêts sont directement menacés.

  • Crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    Crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    Une colonne de fumée noire s'élève au-dessus de bâtiments tandis que des motos circulent en premier plan.

    Dans la nuit du 25 avril, des détonations et des échanges de tirs soutenus ont retenti aux abords de Kati, ville-garnison située à seulement 15 km au nord-ouest de Bamako, capitale du Mali. En quelques heures, des attaques simultanées coordonnées par le groupe jihadiste JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) et le mouvement séparatiste touareg FLA (Front de Libération de l’Azawad) ont éclaté à travers tout le pays. Dès le lendemain, la junte militaire au pouvoir annonçait le décès du ministre de la Défense, Sadio Camara, des suites de ses blessures lors d’un assaut contre sa résidence. Des rumeurs persistantes évoquent également la mort possible du chef des services de renseignement, Modibo Koné, ou, à tout le moins, de graves blessures.

    Pourtant, la junte avait publié un communiqué affirmant que la situation était sous contrôle, alors même que les combats se poursuivaient sur l’ensemble du territoire. Cet écart flagrant entre les déclarations officielles et la réalité opérationnelle illustre les failles profondes de la stratégie sécuritaire malienne actuelle.

    Ces attaques représentent le défi le plus direct lancé au pouvoir du chef de la junte, Assimi Goïta, depuis son coup d’État de 2020. Elles interviennent alors que la position du régime militaire est déjà fortement affaiblie. Le blocus imposé par le JNIM depuis septembre 2025, qui vise à asphyxier le Mali en coupant ses importations de denrées et de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, a déjà provoqué des fermetures d’écoles et une paralysie économique. Malgré des négociations ayant conduit à la libération temporaire de plus de 100 jihadistes en mars 2026, la junte peine à rétablir une stabilité durable.

    une alliance historique entre jihadistes et séparatistes

    En 2012, une coalition similaire entre groupes jihadistes et séparatistes touaregs avait infligé de lourdes défaites aux forces maliennes, s’emparant de vastes territoires dans le nord du pays. Cette alliance, formée notamment par d’anciens combattants touaregs revenus de Libye après la chute de Kadhafi, avait rapidement volé en éclats, les factions jihadistes se retournant contre leurs alliés touaregs après l’expulsion de l’armée malienne.

    Les attaques récentes marquent la première grande offensive coordonnée entre ces deux groupes depuis plus de dix ans. Bien que le JNIM et le FLA partagent des objectifs communs avec leurs prédécesseurs, leur alliance actuelle reste tactique et non stratégique. Leurs divergences à long terme rendent une fusion permanente improbable. Pour l’instant, les deux groupes cherchent à démontrer l’incapacité de l’État malien à protéger ses institutions, tandis que le JNIM mise sur une stratégie d’usure pour saper le régime de l’intérieur.

    Sadio Camara, décédé lors de ces attaques, était le principal artisan de la relation entre le Mali et la Russie, supervisant notamment le déploiement du groupe Wagner à la fin de 2021. Cette alliance a conduit à l’expulsion des forces françaises en 2022 et au retrait de la mission de l’ONU en 2023. Cependant, depuis le rebranding de Wagner en Africa Corps en 2023, l’efficacité des forces russes a considérablement diminué. Leur nouveau mandat, recentré sur la formation et le conseil plutôt que sur les opérations de combat, a réduit leur présence active sur le terrain.

    le fiasco de Kidal : un symbole des limites du modèle russe

    La prise de Kidal en novembre 2023 par les forces maliennes et le groupe Wagner avait été présentée comme une victoire majeure pour la junte. Pourtant, lors des attaques du 25 avril, l’Africa Corps a été contraint d’évacuer la ville sans combattre, abandonnant ainsi un gain stratégique sans résistance. Cet épisode illustre les limites du modèle de sécurité prôné par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces pays ont rompu avec les partenaires occidentaux, expulsé les forces françaises et onusiennes, et se sont retirés de la CEDEAO pour former leur propre alliance défensive. Pourtant, le bilan sécuritaire de cette approche s’est détérioré, au point de devenir pire que la situation initiale.

    Depuis 2012, les militaires du Sahel ont utilisé l’insécurité comme prétexte à au moins cinq prises de pouvoir non constitutionnelles. Trois de ces coups ont renversé des présidents démocratiquement élus : Amadou Toumani Touré au Mali en 2012, Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, et Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso en 2022. Le cinquième coup, le plus révélateur, a destitué en octobre 2022 le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même auteur d’un putsch neuf mois plus tôt, pour son incapacité à améliorer la sécurité du pays.

    Assimi Goïta se retrouve aujourd’hui dans une position similaire à celle de Damiba, avec une légitimité politique en déclin et une unité au sein de la junte de plus en plus fragile. En mai 2025, la junte a dissous tous les partis politiques et accordé à Goïta un mandat présidentiel renouvelable jusqu’en 2030. Un tentative de coup d’État avortée en août 2025 a révélé des tensions internes au sein de l’armée, avec l’arrestation de plusieurs officiers, dont deux généraux. Les récents événements pourraient exacerber ces divisions, risquant de déclencher une révolte au sein de l’armée ou une prise de pouvoir par un groupe dissident.

    le Mali, un pivot de la lutte antiterroriste au Sahel

    Pendant près d’une décennie, le Mali a été le centre névralgique des efforts américains de lutte contre le terrorisme au Sahel. Les coups d’État de 2012 et 2020 avaient entraîné la suspension de la plupart de l’aide étrangère en vertu de l’amendement Section 7008. Cependant, depuis quelques mois, des signaux indiquent que l’administration américaine envisage de revoir cette position. En février 2026, le département du Trésor américain a levé les sanctions contre trois responsables maliens, dont le défunt ministre de la Défense, initialement imposées en 2023 pour leur collaboration avec le groupe Wagner.

    Ces gestes s’inscrivent dans le cadre de discussions exploratoires pour réétablir un partenariat bilatéral entre les États-Unis et le Mali, incluant le partage de renseignements, l’autorisation de survols par des drones de surveillance et l’accès à des ressources minières stratégiques comme le lithium et l’or. Les récents événements au Mali offrent paradoxalement une opportunité accrue pour Washington d’influencer la junte, alors que son partenaire russe a subi un revers stratégique majeur.

    L’offensive jihadiste du 25 avril confirme que la stratégie de la junte est en échec. Le JNIM, avec ses capacités accrues en drones, ses attaques contre les chaînes d’approvisionnement et son réseau multinational, représente une menace bien plus complexe que lors de la crise de 2012. Le Mali, déjà affaibli économiquement et politiquement, dispose de peu de ressources pour faire face à cette situation, d’autant que l’architecture sécuritaire régionale peine à se structurer depuis le retrait des États de l’Alliance des États du Sahel de la CEDEAO.

    un modèle régional en question

    Le Mali servait de tête de pont à la Russie dans le Sahel, mais l’échec stratégique d’avril 2026 envoie un signal fort aux autres pays africains qui envisagent de se tourner vers Moscou pour des garanties sécuritaires. L’Alliance des États du Sahel avait présenté son modèle comme une alternative plus efficace aux partenariats occidentaux. Pourtant, les événements récents remettent sérieusement en cause cette prétention.

    Le groupe Africa Corps, successeur de Wagner, tente de s’implanter en République centrafricaine et à Madagascar, où des régimes cherchent à sécuriser leur pouvoir par des alliances avec la Russie. Cependant, le fiasco à Kidal pourrait inciter d’autres gouvernements à reconsidérer leur choix. La crédibilité de Moscou en tant que partenaire sécuritaire est également mise à mal par ses échecs en Syrie et au Venezuela, où son influence n’a pas suffi à protéger ses alliés.

    Les récents événements au Mali marquent un tournant potentiel dans la région. Alors que les juntes du Sahel parient sur un rapprochement avec la Russie pour assurer leur stabilité, l’incapacité de l’Africa Corps à endiguer la menace jihadiste pourrait accélérer une réévaluation stratégique de ces alliances, ouvrant la voie à un possible retour des partenaires occidentaux.

  • La relation entre l’Algérie et l’imam mahmoud dicko, un danger pour le Sahel

    La relation entre l’Algérie et l’imam mahmoud dicko, un danger pour le Sahel

    Mali : l’alliance entre l’Algérie et l’Imam Mahmoud Dicko menace-t-elle la stabilité du Sahel ?

    Le Mali traverse une période critique sur le plan sécuritaire, marquée par des attaques ayant causé la mort d’au moins plusieurs centaines de civils et de militaires, selon des sources fiables.

    Dans la région du Sahel, les experts occidentaux s’accordent à dire que le Nord du Mali représente un levier stratégique pour influencer les régimes politiques au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad et en Mauritanie.

    Depuis sa résidence en Algérie, cœur des réseaux d’influence sahéliens, l’Imam Mahmoud Dicko dépasse désormais le simple rôle de guide spirituel.

    Ses partisans le décrivent comme une figure “quasi-califale”, cumulant une autorité morale et religieuse bien au-delà du cadre spirituel classique. Certains analystes n’hésitent pas à comparer son leadership à un modèle centralisé, similaire à celui observé en Iran.

    Les villes de Kidal, de Gao et de Timbuktu — trois symboles forts des territoires malien — deviennent désormais des zones de concentration de ses efforts, sous directives des services de renseignement algérien.

    Qui détient ces territoires détient bien plus que des villes : il contrôle des axes routiers stratégiques, des alliances politiques locales et des équilibres régionaux complexes.

    Selon des sources locales à Tamanrasset, la situation terre-mer évolue de manière inquiétante. Un bataillon de l’armée algérienne, dépendant de la 4ème Région militaire, aurait rejoint la 6ème Région militaire, elle-même scindée en cinq unités afin de limiter les risques de détection par surveillance satellite.

    Les autorités algériennes, dirigées par le Général Saïd Chengriha et le Président Abdelmadjid Tebboune, seraient engagées dans un soutien actif aux milices de l’Imam Mahmoud Dicko ainsi qu’à certains groupes armés jihadistes. L’objectif ? Occuper le Nord du Mali avant de cibler les chefs d’État des pays du Sahel, profitant de l’affaiblissement géopolitique induit par les opérations menées par l’administration américaine de l’ancien Président Donald Trump contre l’Iran et par l’État d’Israël contre les proxys iraniens.

    Officiellement, Mahmoud Dicko est présenté comme un exilé en Algérie, à l’image de l’ancien guide spirituel iranien Khomeini en France.

    En réalité, il émerge comme un pivot décisionnel, étendant son influence là où l’État algérien, dirigé par le Président Abdelmadjid Tebboune et le Général Saïd Chengriha, ne parvient plus à s’imposer, pour des raisons existentielles.

    Les autorités françaises ont souligné, après les attaques du samedi 25 avril dans plusieurs localisations du pays dont Bamako, que la situation sécuritaire reste extrêmement volatile.

    Paris conseille désormais à ses ressortissants présents au Mali de planifier un départ temporaire « dès que possible » via les vols commerciaux encore disponibles, selon des consignes actualisées publiées le mercredi par le Ministère des Affaires étrangères.

    Parallèlement, le dirigeant malien, le Général Assimi Goïta, a déclaré mardi que la situation sécuritaire du pays était « sous contrôle », trois jours après des attaques sans précédent menées par des groupes armés.

    Le Général Assimi Goïta s’exprimait pour la première fois depuis les attaques meurtrières attribuées au JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), allié aux séparatistes touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA), lors d’un discours national diffusé mardi soir sur l’ORTM, la chaîne de télévision publique.

    Les trois régions clés du SahelKidal, Gao et TimbuktuAlgérie et de l’Imam Mahmoud Dicko.

  • Mali : le groupe jihadiste JNIM appelle à l’union sacrée contre le pouvoir militaire

    Mali : le groupe jihadiste JNIM appelle à l’union sacrée contre le pouvoir militaire

    Le groupe terroriste JNIM, affilié à Al-Qaïda, a franchi une nouvelle étape dans sa confrontation avec le pouvoir de Bamako. À travers un communiqué diffusé ce jeudi 30 avril, les insurgés exhortent à la création d’un vaste « front commun » pour renverser la junte militaire installée depuis 2020. Cette déclaration intervient dans un climat de tension extrême, alors que le pays subit des assauts répétés sur plusieurs fronts.

    L’invitation s’adresse à toutes les composantes de la nation malienne. Le groupe cite explicitement les formations politiques, les forces armées nationales, les autorités religieuses ainsi que les chefs traditionnels. L’objectif affiché par l’organisation est de mettre fin au régime actuel pour instaurer une transition qu’ils présentent comme inclusive, tout en imposant l’établissement de la charia comme priorité absolue du futur État.

    Une escalade de la violence sur le terrain

    Cette prise de parole survient seulement cinq jours après une série d’offensives coordonnées menées à travers le territoire. Le JNIM a agi de concert avec les rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) pour frapper des positions stratégiques. Des localités majeures telles que Gao, Sévaré, Kidal et Kati — véritable bastion du pouvoir — ont été prises pour cibles.

    Le groupe revendique notamment la paternité exclusive des attaques dévastatrices perpétrées aux abords de l’aéroport de Bamako et contre d’autres infrastructures névralgiques du sud du pays. En outre, les jihadistes ont manifesté leur intention d’imposer un blocus total à la capitale, accentuant la pression sur les autorités. À l’instar de ce que l’on observe dans l’actu Niger ou la politique nigérienne, la volatilité régionale complique davantage la sécurisation des frontières.

    Le Mali face à une instabilité persistante

    La situation sécuritaire actuelle est jugée préoccupante par de nombreux observateurs. Les récentes vagues d’attaques simultanées ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, incluant des civils et des militaires, selon des rapports hospitaliers. Si le chef de la junte, Assimi Goïta, a tenté de rassurer en affirmant que les forces loyalistes maîtrisaient désormais la situation, il a néanmoins reconnu la « gravité extrême » des événements récents.

    Pendant que le pays s’enfonce dans l’incertitude, le soutien international reste un enjeu clé. Le Kremlin a officiellement fait savoir que la Russie maintiendrait son assistance au gouvernement en place. Cette persistance des conflits armés au Mali fait écho aux défis de la zone Sahel, où chaque Niamey actualité ou Niger nouvelles rappelle la fragilité des équilibres politiques face à la menace terroriste grandissante.

  • La FIFA renforce ses règles après les controverses majeures

    La FIFA renforce ses règles après les controverses majeures

    L’issue de la finale entre le Sénégal et le Maroc, actuellement soumise à l’examen du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), a mis en lumière une gestion perfectible des incidents post-match. Changer un résultat sur tapis vert, plusieurs mois après le coup de sifflet final, soulève des questions sur la clarté des procédures et la réactivité des instances du football.

    Afin de prévenir de futurs épisodes similaires, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a profité d’un récent congrès à Vancouver pour émettre de nouvelles directives. Selon les informations du Times, l’instance dirigeante du football mondial exige désormais des arbitres qu’ils sanctionnent d’un carton rouge tout joueur quittant le terrain pour contester une décision arbitrale.

    Cette fermeté s’appliquera également aux membres du staff technique qui inciteraient des joueurs à de tels comportements. Par ailleurs, toute équipe qui, à l’instar du Sénégal dans un cas précédent, se retirerait collectivement vers les vestiaires, se verrait automatiquement infliger une défaite. Ce principe réglementaire, déjà en vigueur, a d’ailleurs servi de fondement à la Confédération Africaine de Football (CAF) pour attribuer la victoire au Maroc lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

    La FIFA agit aussi suite à l’affaire Vinicius

    Dans un tout autre registre, la FIFA a également dû prendre des dispositions face à un incident récent impliquant Vinicius Júnior et le joueur de Benfica, Prestianni. Le footballeur brésilien avait allégué des propos racistes de la part de l’Argentin, qui a finalement été sanctionné pour des insultes homophobes, faits qu’il a reconnus.

    La réponse de la FIFA à cette problématique est une nouvelle règle : les joueurs qui s’adressent à un adversaire en masquant leur bouche avec la main seront désormais passibles d’un carton rouge. Cette mesure vise à faciliter la lecture labiale, permettant ainsi de mieux identifier et sanctionner d’éventuels propos racistes ou discriminatoires qui échapperaient aux oreilles des officiels.

  • Kemi seba : détention prolongée en Afrique du Sud, l’audience reportée

    Kemi seba : détention prolongée en Afrique du Sud, l’audience reportée

    Une décision judiciaire ferme pour Kemi Seba

    L’activiste Kemi Seba, figure controversée franco-béninoise, reste incarcéré en Afrique du Sud. Le 29 avril, la justice de Pretoria a statué sur son maintien en détention, écartant les arguments de sa défense sans équivoque. Entre l’invalidité d’un passeport diplomatique allégué et l’existence de deux mandats d’arrêt internationaux émis par le Bénin, le sort de l’emblématique leader d’Urgences Panafricanistes semble scellé, du moins temporairement. L’audience a été reportée au 11 mai, prolongeant ainsi une procédure judiciaire déjà complexe.

    Un verdict aligné sur la rigueur juridique

    Contrairement aux espoirs de ses partisans, qui espéraient une libération sous caution, le magistrat a confirmé la détention de Kemi Seba. Pour la cour sud-africaine, les risques de fuite et la gravité des poursuites engagées à son encontre, notamment par le Bénin, justifient pleinement cette décision. Ce revers judiciaire marque un tournant pour l’activiste, dont les stratégies de provocation se heurtent désormais à une procédure légale implacable.

    L’échec du passeport diplomatique

    La défense de Kemi Seba a tenté de s’appuyer sur un passeport diplomatique pour contester son arrestation. Cependant, la cour a rejeté cet argument, soulignant que sa validité n’était subordonnée à aucune accréditation officielle auprès des autorités sud-africaines. L’absence d’un ordre de mission formel, attestant d’une mission pour un État souverain, a réduit ce document à un simple titre de voyage sans valeur juridique supérieure. La justice a ainsi interprété cette démarche comme une tentative de contournement des règles en vigueur.

    Les mandats d’arrêt du Bénin : un enjeu central

    Le cœur du dossier repose sur deux mandats d’arrêt internationaux émis par la justice béninoise. Ces demandes d’extradition, motivées par des accusations graves, placent Kemi Seba dans une situation particulièrement délicate. L’Afrique du Sud, en maintenant sa détention, prépare le terrain pour un examen approfondi de ces requêtes. Cette issue pourrait, à terme, conduire à son extradition vers le Bénin, le privant définitivement de toute marge de manœuvre.

    L’activisme face à la réalité judiciaire

    Depuis des années, Kemi Seba cultive une image de prisonnier politique, utilisant chaque audience comme une tribune pour dénoncer les institutions. Pourtant, l’Afrique du Sud, réputée pour son système juridique rigoureux, ne semble pas influencée par cette rhétorique. En réaffirmant son respect des conventions internationales, Pretoria rappelle que les démonstrations médiatiques ne prévalent pas sur la légalité. La stratégie de victimisation de l’activiste se heurte désormais à un mur judiciaire infranchissable.

    Un avenir incertain pour l’activiste

    Les semaines à venir seront déterminantes. La justice sud-africaine devra statuer sur la recevabilité des demandes d’extradition du Bénin. Si les conditions légales sont remplies, Kemi Seba pourrait être transféré vers Cotonou, où il serait jugé pour les chefs d’accusation à son encontre. Déchu de sa nationalité française après avoir brûlé son passeport, il ne bénéficie désormais d’aucune protection consulaire européenne. L’audience du 29 avril a clairement démontré que les ambitions politiques ne suffisent pas à ébranler les institutions.

    Le dossier s’alourdit avec des éléments accablants : des enregistrements audio révèlent des projets de déstabilisation au Bénin, évoquant même un coup d’État lors des festivités des Vodun Days, au prix de pertes civiles potentielles. Pour Kemi Seba, le temps des discours enflammés semble révolu. Il se retrouve désormais confronté au silence des cachots de la prison de Pretoria, où chaque espoir de liberté s’éloigne un peu plus.

  • Le Mali tourne la page : Tom Saintfiet quitte les Aigles, cap sur un nouveau sélectionneur

    Le Mali tourne la page : Tom Saintfiet quitte les Aigles, cap sur un nouveau sélectionneur

    Une nouvelle page se tourne pour le football malien. Tom Saintfiet, qui avait pris les rênes de la sélection en août 2024, a officiellement quitté son poste de sélectionneur national. Cette décision a été communiquée par la Fédération malienne de football (Femafoot) mardi soir.

    Sous la direction du tacticien belge, les Aigles du Mali avaient atteint les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Leur parcours, caractérisé par un style de jeu pragmatique, comprenait trois matchs nuls en phase de groupes et une victoire décisive en prolongation face à la Tunisie lors des huitièmes de finale. Leur épopée s’est finalement achevée sur une défaite serrée (0-1) contre le Sénégal.

    D’après les déclarations officielles émanant tant de la Fédération malienne que de Tom Saintfiet lui-même, cette rupture de contrat s’est déroulée de manière amiable. Bien que des rumeurs, notamment relayées par Afrik-Foot, aient fait état de salaires impayés pour l’entraîneur, les remerciements chaleureux du technicien belge au nouveau président, Mahazou Baba Cisset, suggèrent que toutes les divergences financières ont été aplanies.

    Qui pour succéder à la tête des Aigles du Mali ?

    Le départ de Tom Saintfiet ne constitue pas une véritable surprise pour les observateurs du football malien. En effet, le président Mahazou Baba Cisset avait déjà clairement exprimé son intention de trouver un nouveau sélectionneur, détaillant publiquement les profils recherchés.

    La Fédération malienne, sous l’impulsion de son président, privilégie un entraîneur africain ayant déjà l’expérience d’une finale de Coupe d’Afrique des Nations. Ce critère restreint considérablement la liste des candidats potentiels à des figures emblématiques telles qu’Aliou Cissé (Sénégal), Djamel Belmadi (Algérie) ou Walid Regragui (Maroc). Les spéculations vont bon train quant aux premiers contacts qui pourraient déjà être établis.

  • Le départ de Tom Saintfiet du Mali : un sélectionneur quitte les Aigles dans un contexte tendu

    Le départ de Tom Saintfiet du Mali : un sélectionneur quitte les Aigles dans un contexte tendu

    Le technicien belge Tom Saintfiet a officialisé son départ du poste de sélectionneur de l’équipe nationale du Mali, les Aigles. Cette annonce, faite dans la nuit, intervient alors que le pays fait face à une recrudescence des tensions politiques et sécuritaires, marquées par des offensives de groupes jihadistes et de rebelles touareg. Arrivé en août 2024, Saintfiet met ainsi fin à sa mission.

    Sur son compte Facebook, daté du 27 avril 2026, Tom Saintfiet a exprimé la fin de son aventure malienne. Il a souligné avoir accompli sa tâche « avec fierté et engagement », même si les « conditions » n’étaient pas toujours optimales, annonçant sa quête d’un « nouveau challenge » professionnel.

    Un bilan solide pour Tom Saintfiet : seulement deux défaites en 17 matchs

    L’ancien successeur d’Éric Chelle sur le banc des Aigles a également adressé un message poignant au peuple malien. Face aux « circonstances particulièrement difficiles » que traverse la nation, il a exprimé sa « compassion, sa solidarité et son unité », insistant sur le rôle du football comme « vecteur de rassemblement » et porteur de « valeurs de paix et d’espoir ».

    Durant son mandat, le Mali, bien que confronté à un parcours délicat dans les qualifications pour la Coupe du monde, a affiché une remarquable solidité défensive. Les Aigles n’ont subi que deux défaites en dix-sept rencontres, dont une élimination en quarts de finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations face au Sénégal (0-1). Le technicien de 53 ans, un temps pressenti pour diriger le Ghana avant l’arrivée de Carlos Queiroz, a conclu son message par des vœux de « paix, stabilité et espoir » pour le Mali, encourageant les Aigles. La Fédération Malienne de Football, par la voix de son président Mahazou dit Baba Cissé, a d’ailleurs rendu hommage à son travail et a d’ores et déjà lancé un processus de recrutement pour identifier le prochain sélectionneur.

  • Nouveautés fifa 2026 : sanctions renforcées pour les contestations en match

    Nouveautés fifa 2026 : sanctions renforcées pour les contestations en match

    Nouveautés fifa 2026 : sanctions renforcées pour les contestations en match

    Décision controversée lors d'un match de football

    À l’approche de la Coupe du monde fifa 2026, l’instance dirigeante du football mondial durcit son arsenal disciplinaire pour éviter tout débordement sur les terrains. Ces mesures visent à garantir la fluidité des compétitions internationales, notamment après les incidents survenus lors de la finale de la can 2025.

    Le 18 janvier 2025, à Rabat, le match opposant le Sénégal au Maroc avait été marqué par une polémique : les joueurs sénégalais avaient quitté le terrain en signe de protestation, plongeant la rencontre dans le chaos avant un retour tardif. Un épisode qui avait suscité de vives réactions dans le monde du football.

    Face à cette situation, la fifa a décidé d’agir en collaboration avec l’International football association board (ifab). De nouveaux amendements ont été adoptés et entreront en vigueur dès le Mondial 2026, prévu du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

    Quelles sont les nouvelles règles adoptées par la fifa ?

    Parmi les changements majeurs, la fifa instaure une politique de tolérance zéro envers les contestations excessives. Désormais, tout joueur quittant volontairement le terrain pour protester contre une décision arbitrale s’expose à une expulsion immédiate. Cette sanction s’applique également aux membres du staff technique qui inciteraient à un tel comportement.

    Le communiqué officiel précise : « À la discrétion de l’organisateur, l’arbitre peut expulser tout joueur quittant le terrain pour contester une décision. Cette règle s’applique également à tout officiel encourageant une telle attitude. »

    Autre mesure forte : toute équipe responsable de l’arrêt définitif d’un match sera sanctionnée par une défaite par forfait. L’objectif ? Empêcher toute interruption volontaire des rencontres et préserver l’intégrité des compétitions.

    Pourquoi ces changements sont-ils nécessaires ?

    Les incidents de la can 2025 ont révélé les risques liés aux contestations excessives. En renforçant son dispositif, la fifa entend stabiliser le déroulement des matchs et éviter toute dérive susceptible de nuire à l’image du football. Ces nouvelles règles s’inscrivent dans une volonté de professionnaliser davantage la gestion des compétitions.

    Avec ces dispositions, la fifa marque un tournant dans la régulation des comportements sur le terrain. Les acteurs du football, joueurs, entraîneurs et responsables, devront désormais adapter leur stratégie pour éviter des sanctions lourdes.

  • Mali : l’avenir incertain de la junte après l’offensive rebelle à Bamako

    Mali : l’avenir incertain de la junte après l’offensive rebelle à Bamako

    Crise au Mali : quelles perspectives pour la junte militaire après l’offensive des rebelles ?

    Combattants en tenue camouflage près d'un pick-up dans le désert malien, l'un d'eux tenant un fusil automatique

    L’offensive coordonnée menée par une alliance de groupes armés a plongé le Mali dans une profonde crise sécuritaire. Des attaques simultanées à Bamako ont conduit à l’assassinat du ministre de la Défense et à la prise de contrôle de plusieurs zones stratégiques du nord du pays. Ces événements ont ébranlé la confiance dans la capacité de la junte militaire à garantir la stabilité nationale.

    Les habitants de plusieurs villes du Mali ont été réveillés samedi par des tirs et des explosions, revendiqués par une coalition composée du Front de Libération de l’Azawad (FLA), mouvement séparatiste, et du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette attaque surprise a révélé les failles d’un gouvernement issu d’un coup d’État en août 2020 et placé sous le commandement du colonel Assimi Goïta.

    L’incapacité des forces maliennes et russes à maintenir le contrôle de Kidal, une ville clé du nord, a accentué les doutes quant à la solidité de la junte. Après plusieurs jours de silence, le colonel Goïta a finalement pris la parole à la télévision nationale, affirmant que la situation était sous contrôle et promettant de « neutraliser » les responsables des attaques. Cette prise de parole tardive a alimenté les spéculations sur l’avenir politique du régime.

    Trois scénarios possibles pour l’avenir de la junte

    Scénario 1 : La junte maintient le pouvoir et contre-attaque

    Ce scénario reste le plus probable à court terme, selon de nombreux analystes. L’armée contrôle toujours la majorité des grandes villes et des institutions étatiques. Cependant, la réussite d’une contre-offensive contre le JNIM et le FLA sera déterminante pour la pérennité de la junte. Beverly Ochieng, analyste senior chez Control Risks, souligne que « les prochains jours seront cruciaux » pour évaluer la capacité de la junte à se maintenir en place.

    La mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, lors de l’offensive, pourrait cependant affaiblir la coordination militaire et compliquer les relations avec la Russie, principal allié sécuritaire du Mali. Camara était considéré comme l’interlocuteur privilégié de Moscou et le principal architecte de la présence des mercenaires russes dans la région.

    Scénario 2 : La junte reste au pouvoir avec le soutien russe mais cherche de nouveaux partenaires

    L’attaque a sérieusement ébranlé la réputation de la Russie comme partenaire fiable en matière de sécurité. L’échec de l’Africa Corps à défendre les principales villes et la perte de Kidal ont porté un coup dur à l’image des forces russes au Mali. Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer, estime que « la crédibilité de la Russie a subi un revers majeur ».

    Face à cette situation, Bamako pourrait être amené à diversifier ses alliances militaires. Plusieurs pistes sont envisagées :

    • Un renforcement des liens avec la Turquie, qui a déjà fourni des drones au Mali et formé la garde présidentielle. Ces drones avaient joué un rôle clé dans la reprise de Kidal en 2024.
    • Une réapproche avec les États-Unis, dont les relations avec le Mali s’étaient dégradées ces dernières années. Nick Hocker, chef de la section des affaires africaines au Département d’État, s’est rendu à Bamako en début d’année pour évoquer une « nouvelle orientation » dans les relations bilatérales.
    • Un renforcement de la coopération avec les pays voisins du Mali, notamment le Burkina Faso et le Niger, au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette organisation, composée de juntes militaires, a promis son soutien au Mali, bien qu’elle n’ait pas encore déployé de force conjointe significative.

    Pour la Russie, l’enjeu est de savoir si elle pourra conserver son influence si Bamako diversifie ses partenariats sécuritaires. Cette crise pourrait également tester la stratégie russe en Afrique, où Moscou étend son influence grâce à des partenariats militaires.

    Scénario 3 : La pression pousse la junte à quitter le pouvoir – qui prendra la relève ?

    Les attaques de samedi constituent la menace la plus sérieuse à l’encontre du gouvernement militaire depuis des années. Une intensification des violences pourrait exacerber le mécontentement populaire et fragiliser davantage la junte.

    Plusieurs issues sont envisageables :

    • Un nouveau coup d’État militaire, mené par un groupe différent d’officiers.
    • Une prise de pouvoir par l’alliance FLA-JNIM, bien que cette option soulève des questions sur la cohésion interne. Le FLA se présente comme un mouvement politique et nationaliste, tandis que le JNIM est un groupe armé islamiste. Leur alliance, bien que tactique, pourrait être fragile à long terme.

    Les tensions entre ces groupes ne sont pas nouvelles. En 2012, la rébellion touarègue, d’abord politique, avait été récupérée par des militants islamistes. Aujourd’hui, un porte-parole du FLA a décrit les combattants du JNIM comme des « cousins », affirmant qu’ils partageaient un « ennemi commun ». Cependant, le leader du FLA, Sayed Bin Bella, a rapidement précisé qu’il n’y avait « pas de fusion » entre les deux groupes. « Tous les drapeaux que nous brandissons sont les nôtres, pas ceux d’Al-Qaïda. S’ils veulent fusionner avec nous, ils doivent quitter l’organisation mondiale d’Al-Qaïda », a-t-il déclaré.

    Les divergences idéologiques pourraient compliquer toute tentative de partage du pouvoir. JNIM, bien que lié à Al-Qaïda, a évité ces dernières années un discours ouvertement jihadiste mondial, selon Ochieng. Elle évoque la possibilité d’un scénario à la syrienne, où un groupe autrefois affilié à Al-Qaïda prendrait le pouvoir, tout en étant critiqué par des islamistes plus radicaux pour son manque de radicalisme.

    Des accusations similaires sont déjà formulées à l’encontre du JNIM en raison de son alliance avec le FLA, selon des analystes surveillant les médias jihadistes. Ces différences pourraient devenir une source de tension future, à moins que les séparatistes ne parviennent à prendre le contrôle total du nord et ne se distancient des développements ailleurs dans le pays.

    Quel rôle pour les forces russes et internationales ?

    La présence des mercenaires russes au Mali, officiellement sous la bannière de l’Africa Corps, était présentée comme une solution aux problèmes de sécurité du pays. Pourtant, l’incapacité à répondre efficacement à l’offensive rebelle a sérieusement ébranlé cette image. La question se pose désormais : la Russie peut-elle maintenir son influence au Mali si Bamako diversifie ses partenariats, ou cette crise marquera-t-elle un tournant dans sa stratégie africaine ?

    De son côté, la communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation. Les États-Unis, après des années de tensions avec Bamako, semblent vouloir réengager le dialogue, tandis que l’Alliance des États du Sahel pourrait jouer un rôle clé dans la stabilisation régionale.

    Une chose est certaine : l’avenir du Mali dépendra en grande partie de la capacité de la junte à rétablir la sécurité et à regagner la confiance de sa population.

  • Au Mali, l’Africa Corps russe confronté à des revers majeurs face aux offensives djihadistes

    Au Mali, l’Africa Corps russe confronté à des revers majeurs face aux offensives djihadistes

    Un événement à la fois significatif et hautement symbolique a marqué le nord-est du Mali. Le dimanche 26 avril, à Kidal, les forces paramilitaires russes de l’Africa Corps, qui ont pris le relais du groupe Wagner en 2025 et soutiennent le régime de Bamako, ont été contraintes à une retraite humiliante. Des images circulant sur les réseaux sociaux ont illustré la débâcle : à bord de camions, désarmés et sous la pression des groupes djihadistes du GSIM (Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans), également connu sous le nom de JNIM, ainsi que de leurs alliés, les rebelles touaregs du Front de Libération de l’Azawad (FLA), les membres de l’Africa Corps ont quitté la zone en toute hâte. Cette évacuation fut si précipitée que des dizaines de véhicules blindés et d’hélicoptères ont été abandonnés aux mains des insurgés. Par ailleurs, plusieurs soldats maliens ont été capturés après de brèves confrontations.

    Depuis le samedi précédent, le pays sahélien est le théâtre d’une série d’attaques concertées, orchestrées par des éléments djihadistes du GSIM, liés à Al-Qaïda, et la rébellion indépendantiste touarègue du FLA. Ces opérations ont ciblé des points stratégiques détenus par la junte sur l’ensemble du territoire malien, y compris dans les environs de la capitale, Bamako.

    Une revanche attendue pour 2023

    Le lundi, l’Africa Corps, cette entité paramilitaire sous l’égide du ministère russe de la Défense, a officiellement confirmé le retrait de ses troupes de la ville septentrionale de Kidal. Cet événement représente une victoire symbolique pour les rebelles du FLA, qui avaient assisté, dix-huit mois plus tôt en novembre 2023, à la prise de la ville par les mercenaires russes de Wagner et à l’affichage ostentatoire de leur emblème. C’est un échec retentissant pour les partenaires russes de la junte. Djenabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la Recherche Stratégique, a souligné que « le seul véritable succès stratégique que les Russes avaient permis depuis leur arrivée au Mali en 2021, c’était justement la prise de Kidal, bastion touareg historique ». La chute de cette ville résonne donc comme un désaveu manifeste.

    Les assauts coordonnés du GSIM ont également visé la capitale Bamako, la ville de Kati, abritant la principale base militaire du pays, et Gao, ancienne base de l’ONU. Au total, au moins six localités du Mali ont été la cible de ces offensives.

    Depuis le coup d’État de 2021, le Mali est sous la direction d’une junte militaire. Parallèlement, le pays est en proie depuis plusieurs années aux actions du groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, qui a contribué à faire de la région l’épicentre mondial du terrorisme et de ses victimes en 2025, selon un rapport de l’Institute for Economics and Peace. Depuis l’été 2025, les djihadistes ont infligé de nombreuses défaites aux forces armées maliennes et à leurs alliés russes, allant jusqu’à instaurer des blocus autour de la capitale pour tenter de l’asphyxier économiquement.

    Une efficacité remise en question depuis longtemps

    Face à la progression djihadiste, les autorités militaires maliennes ont sollicité l’aide des mercenaires russes, d’abord avec Wagner en 2021, puis avec l’Africa Corps dès 2025. Cependant, cette présence n’a fait qu’aggraver la violence. Il est important de noter que certaines des pires exactions contre les populations civiles ont été imputées aux mercenaires russes et à des éléments de l’armée malienne. Plusieurs rapports des Nations Unies et de la Fédération Internationale pour les Droits Humains ont documenté une recrudescence des violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par les forces de défense et de sécurité maliennes et leurs supplétifs russes.

    Selon Wassim Nasr, expert des mouvements djihadistes, « il était évident depuis longtemps que les mercenaires russes étaient inefficaces en tant que partenaires de lutte antiterroriste, que ce soit au sein du groupe Wagner ou désormais avec l’Africa Corps. Les attaques de samedi n’ont fait que confirmer ces lacunes. »

    Ce week-end, des vidéos provenant de diverses régions du Mali ont illustré l’ampleur des assauts. À Kidal, les djihadistes ont investi le bureau du gouverneur. À Bamako, des résidents ont observé les combattants du GSIM pénétrer dans la ville sans rencontrer de résistance significative. En périphérie de la capitale, à Kati, siège de la junte, une attaque à la bombe a détruit la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, qui a également perdu la vie lors de cette offensive.

    La question de la « trahison à Kidal »

    Le lundi, le Premier ministre Abdoulaye Maïga s’est exprimé devant la presse, rendant hommage au ministre de la Défense Sadio Camara et tentant de rassurer la population. Lors d’une brève intervention télévisée, sa première depuis le début de l’offensive djihadiste samedi, le président et chef de la junte, Assimi Goïta, a affirmé mardi soir que la situation était « sous contrôle » et a indiqué que les opérations se poursuivraient jusqu’à la « neutralisation complète des groupes impliqués » dans les attaques.

    Néanmoins, l’échec des Famas et des soldats de l’Africa Corps est déjà sujet à débat au Mali, malgré les restrictions de la liberté d’expression. Un officier malien a confié que « les Russes nous ont trahis à Kidal ». Selon lui, le gouverneur de la région aurait alerté les mercenaires russes « trois jours avant l’attaque, et ils n’ont rien fait. En réalité, ils avaient déjà négocié leur départ ». Si les Russes ont bien quitté Kidal, il semblerait qu’ils soient également sur le point de se retirer d’autres localités du nord, ce qui pourrait potentiellement fragiliser davantage l’armée régulière malienne.

    Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de se prononcer sur la capacité de l’Africa Corps à maîtriser la situation lors de son point presse quotidien ce mardi 28 avril. Il a toutefois assuré que ses forces avaient empêché les combattants du FLA et du GSIM de mener une tentative de coup d’État au Mali.

  • CAN 2025 : le Tribunal Arbitral du Sport fixe un ultimatum au Maroc

    CAN 2025 : le Tribunal Arbitral du Sport fixe un ultimatum au Maroc

    Le dossier juridique entourant la CAN 2025 prend une nouvelle tournure décisive. L’arbitre unique du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a établi la date du 7 mai 2026 comme dernier délai pour que la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) soumette son mémoire en défense. Cette étape intervient dans le cadre de l’appel interjeté par le Sénégal, plaçant ainsi la FRMF sous une intense pression et marquant un moment clé dans cette procédure qui captive l’attention du football africain depuis plusieurs semaines.

    Défense du Maroc : Le 7 mai, date clé devant le TAS pour la CAN 2025

    Il est crucial de se souvenir des événements qui ont marqué la finale de la CAN 2025, transformée en véritable chaos au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat le 18 janvier. Après un score nul et vierge à la 90e minute, un penalty controversé accordé au Maroc a provoqué le départ des joueurs sénégalais du terrain pendant un quart d’heure. Malgré leur retour, ils avaient remporté la prolongation grâce à un but de Pape Gueye. Cependant, le Jury d’appel de la CAF a renversé ce résultat le 17 mars, déclarant le Sénégal forfait et entérinant une victoire 3-0 en faveur du Maroc. C’est précisément cette décision que la Fédération Sénégalaise conteste devant le TAS depuis le 25 mars, avec une ambition claire : récupérer le titre continental de la CAN 2025.

    La procédure judiciaire suit désormais son cours habituel. Le Sénégal avait initialement sollicité une procédure accélérée, une requête que le Maroc a déclinée, contraignant les deux parties à respecter les délais classiques. Après le dépôt du mémoire marocain le 7 mai 2026, la Confédération Africaine de Football (CAF) et le Sénégal disposeront encore de la possibilité de répliquer. Une audience orale est fortement pressentie au siège du TAS à Lausanne, où des témoins essentiels pourraient être entendus. Les deux fédérations mobiliseront des cabinets d’avocats internationaux de renom, spécialisés en droit du sport, élevant cette procédure au rang de véritable sommet diplomatique et juridique.

    L’attente du verdict final exigera de la patience. Généralement, une affaire classique traitée par le TAS s’étend sur une période de six à douze mois. L’identité du véritable champion d’Afrique de la CAN 2025 pourrait donc demeurer incertaine jusqu’à la fin de l’année 2026. Une certitude prévaut : la décision rendue sera définitive et contraignante pour toutes les parties, sans possibilité de recours. Si le TAS venait à invalider la décision de la CAF, cela représenterait un bouleversement majeur pour la gouvernance du football africain.