Catégorie : A la Une

  • Mondial 2026 : le Paraguay surprend l’Allemagne aux tirs au but et file en huitièmes

    Mondial 2026 : le Paraguay surprend l’Allemagne aux tirs au but et file en huitièmes

    Le contraste entre la liesse paraguayenne et la désolation allemande était saisissant au terme du match. Les joueurs du Paraguay dansaient devant leur banc, salués par leurs supporters en tribune, tandis que les Allemands, effondrés, restaient prostrés dans leur zone technique. La Nationalmannschaft quitte la Coupe du monde dès les seizièmes de finale, battue aux tirs au but par le Paraguay (1-1, 4-3 tab). Une nouvelle déception pour la sélection allemande, déjà éliminée au premier tour lors des deux dernières éditions.

    Dès l’entame, le scénario semblait écrit : l’Allemagne dominait outrageusement la possession (plus de 80 %) mais peinait à se montrer dangereuse. Le Paraguay, en petit poucet, a surpris son monde en ouvrant le score par Enciso (42e). Julian Nagelsmann a tenté un ajustement à la pause (Goretzka pour Nmecha) et les Allemands ont égalisé rapidement par Havertz (54e). Malgré quelques occasions supplémentaires (une tête d’Havertz à la 78e, une de Goretzka à la 86e), ils n’ont jamais vraiment inquiété la défense paraguayenne. En prolongation, un but de Tah sur corner (102e) a été annulé après consultation de la VAR. La qualification s’est jouée aux tirs au but, où les Paraguayens ont fait preuve de plus de sang-froid.

    Le héros : José Canale (Paraguay)

    Dans une séance de tirs au but riche en rebondissements, José Canale a offert la victoire à son équipe. Après deux balles de match manquées par le Paraguay, le défenseur central s’est avancé et a transformé le tir décisif, envoyant son pays en huitièmes de finale (1-1, 4-3 tab). auparavant, avec son capitaine Gustavo Gomez, il avait formé une charnière centrale solide, ne cédant qu’une fois face à Havertz (54e). Canale a su contenir les attaquants allemands (Undav, Havertz, Woltemade) avant de devenir le héros de la soirée.

    Le prochain adversaire potentiel : la France

    Le Paraguay pourrait bien retrouver l’équipe de France en huitièmes de finale. Si les Bleus se qualifient face à la Suède ce mardi, ils affronteront la sélection sud-américaine, dans un remake du match de 1998 au stade Bollaert de Lens. À l’époque, les hommes d’Aimé Jacquet avaient dû batailler jusqu’en prolongation avant de s’imposer grâce à un but en or de Laurent Blanc.

  • Cameroun : Joe la Conscience accuse Paul Biya de vouloir instaurer une dynastocratie

    Cameroun : Joe la Conscience accuse Paul Biya de vouloir instaurer une dynastocratie

    Dans une tribune rendue publique le 26 juin 2026, le militant politique Joe La Conscience dresse un réquisitoire sévère contre Paul Biya. Il dénonce quarante-trois années de gouvernance chaotique, un recul des libertés publiques et un projet de transmission dynastique du pouvoir. L’accusation de préparer une succession familiale n’est pas nouvelle, mais le terme « dynastocratie » employé par l’auteur marque une escalade dans le débat.

    Un bilan de 43 ans de pouvoir en lambeaux

    Joe La Conscience remonte aux origines. Selon lui, la prise de fonction de Paul Biya en 1982 aurait été une erreur historique de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Ce qui devait être une courte transition s’est transformé, à l’entendre, en un règne personnel de plus de quatre décennies.

    La tribune brosse un portrait économique sombre, qualifie la gouvernance de clanique et souligne une érosion progressive des libertés publiques. Ces accusations sont portées sans référence à des sources officielles ; il s’agit des interprétations de l’auteur, non des conclusions d’un rapport d’enquête. Mais le ton adopté est celui d’un acte d’accusation.

    La vice-présidence et l’ombre d’une succession familiale

    C’est ici que la tribune se fait plus précise et plus polémique. Joe La Conscience pointe les réformes constitutionnelles récentes, en particulier la création du poste de vice-président, comme un possible mécanisme de succession piloté depuis le sommet. Il invente le terme de « dynastocratie » pour désigner ce qu’il perçoit comme une volonté de transmettre le pouvoir à l’intérieur du cercle familial présidentiel.

    Il évoque également des rivalités supposées entre membres de l’entourage présidentiel, des scénarios de succession. Aucun de ces éléments n’est confirmé officiellement, et l’auteur lui-même les présente comme des hypothèses. Cela n’enlève rien à leur pertinence dans un débat qui gagne du terrain, y compris au sein de cercles qui ne sont pas ouvertement dans l’opposition.

    La question de la santé du chef de l’État, les incertitudes sur l’après-Biya, les tensions autour d’une éventuelle transition : Joe La Conscience ne les invente pas. Il les formule avec ses propres conclusions.

    C’est un tournant que le débat politique camerounais est en train d’amorcer, que les institutions le reconnaissent ou non.

  • Vers une diffusion gratuite de la ligue 1 chaque semaine ?

    Vers une diffusion gratuite de la ligue 1 chaque semaine ?

    C’est une annonce qui pourrait ravir les passionnés de football. Après plusieurs reports, l’Assemblée nationale a finalement examiné ce lundi une proposition de loi visant à réformer en profondeur le football français. Parmi les amendements discutés figure l’obligation de diffuser gratuitement, chaque semaine, une rencontre de Ligue 1 à la télévision.

    Ce dispositif est actuellement étudié en séance publique. Les députés à l’origine de cet amendement affirment que la multiplication des diffuseurs et des abonnements payants éloigne les spectateurs des compétitions sportives et favorise le piratage.

    Un dispositif vivement critiqué

    Cette mesure provoque une forte opposition de la part des ligues professionnelles et de plusieurs acteurs du sport. Dans un communiqué commun daté du 25 juin, ils estiment qu’une telle disposition réduirait mécaniquement la valeur des droits audiovisuels, alors que le sport français doit au contraire diversifier ses sources de financement. Par ailleurs, une tribune signée par 22 présidents de clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 dénonce un dispositif qui n’est pas neutre pour l’économie du football.

    Le texte est encore loin d’une adoption définitive. Il pourra être modifié à l’issue des débats à l’Assemblée nationale, avant un examen en commission mixte paritaire prévu le 21 juillet. Outre la question de la gratuité, la proposition de loi aborde également la lutte contre le piratage, le renforcement des pouvoirs des fédérations et du ministère des Sports, la redistribution des revenus audiovisuels et le plafonnement de la rémunération des dirigeants.

  • Ousmane Sonko accuse Bassirou Diomaye Faye de tripatouillage constitutionnel

    Ousmane Sonko accuse Bassirou Diomaye Faye de tripatouillage constitutionnel

    Ousmane Sonko a directement mis en cause le président Bassirou Diomaye Faye, affirmant que le tripatouillage de la Constitution émanait de lui. ‘Le président a choisi les dispositions qui l’arrangeaient’, a-t-il accusé, ajoutant que la Constitution n’appartenait pas à une seule personne.

    Il a cité des exemples de dispositions écartées, notamment la déclaration de patrimoine en fin de mandat et l’interdiction pour le président de présider un parti. ‘Personne ne peut s’arroger le droit de faire le tri dans la Constitution’, a-t-il dénoncé.

    Enfin, Sonko a rappelé la hiérarchie constitutionnelle : ‘Le président n’est pas le pouvoir constituant. Le pouvoir constituant dérivé revient à l’Assemblée nationale, et le pouvoir originaire au peuple via le référendum.’

  • Tomate au Niger : le paradoxe d’une souveraineté sous perfusion européenne

    Tomate au Niger : le paradoxe d’une souveraineté sous perfusion européenne

    Alors que les discours officiels martèlent la nécessité d’une indépendance économique et d’une rupture avec l’ingérence étrangère, l’octroi récent de 3 millions d’euros par l’Italie pour « dynamiser la filière tomate » nigérienne interroge sur la cohérence de cette posture. Comment un État qui se revendique souverainiste peut-il dépendre de fonds européens pour développer une culture aussi élémentaire que la tomate ? Cette contradiction soulève un doute légitime sur la sincérité du projet autarcique affiché.

    L’autarcie ne s’achète pas avec des euros

    La véritable autonomie économique suppose une mobilisation interne des ressources : épargne nationale, réorientation des budgets publics et confiance dans les capacités locales. Or, la tomate n’est ni un composant électronique ni une technologie de pointe nécessitant une expertise étrangère. C’est une production agricole ancestrale, maîtrisée par les paysans nigériens depuis des décennies. Solliciter 3 millions d’euros de Rome pour installer des systèmes d’irrigation ou des unités de transformation trahit une faiblesse structurelle : l’incapacité à financer par nos propres moyens des filières stratégiques. Cela perpétue le cycle de l’assistance, sous un vernis de modernité.

    Planification alimentaire et sécuritaire : un vide préoccupant

    Au-delà de l’incohérence idéologique, ce projet révèle un manque criant de planification stratégique, tant sur le plan alimentaire que sécuritaire. Comment bâtir un plan de développement agricole sur trois ans dans des zones instables, sans une coordination étroite avec la sécurité du territoire ? Développer des bassins de production sans garantir la sécurité des déplacements et des récoltes relève de l’imprévoyance. Les infrastructures, aussi performantes soient-elles, deviennent inutiles si les agriculteurs ne peuvent accéder à leurs champs ou si les récoltes sont perdues face aux menaces.

    L’absence de vision se manifeste aussi dans la gestion de la chaîne de valeur :

    • Le constat est connu : le pays produit massivement de janvier à juin, puis subit des pertes faute de stockage, avant d’importer du concentré de tomate le reste de l’année.
    • La réponse est timide : au lieu de structurer une véritable industrie agroalimentaire nationale, appuyée par des capitaux locaux ou des partenariats public-privé endogènes, on se tourne vers des financements extérieurs pour colmater les brèches.

    Vers une rupture authentique

    Si la trajectoire souverainiste est prise au sérieux, elle exige un changement radical de méthodes. Redynamiser la filière tomate – ou toute filière clé – nécessite une planification rigoureuse liant sécurisation foncière, financement patriotique et protection du marché intérieur contre les importations massives. Continuer à se féliciter d’enveloppes de 3 millions d’euros venues d’Europe, c’est entretenir une souveraineté de façade, où les discours sont autarciques mais les assiettes restent dépendantes du bon vouloir des capitales occidentales. L’heure est venue de passer de la posture à la véritable planification.

  • Mercato psg : monaco réclame 70 millions pour akliouche

    Mercato psg : monaco réclame 70 millions pour akliouche

    Le PSG passe à la vitesse supérieure sur le marché des transferts estivaux. Le club de la capitale veut renforcer l’effectif de Luis Enrique et a notamment activé le dossier Maghnes Akliouche. Les discussions avec le joueur de 24 ans, actuellement en Coupe du monde 2026 avec l’équipe de France, avancent favorablement. Mais pour boucler l’opération, Paris doit s’entendre avec l’AS Monaco.

    Monaco fixe le prix de son milieu offensif

    Les dirigeants monégasques ont clairement fixé leur prix pour Maghnes Akliouche. Le PSG devra débourser environ 70 millions d’euros pour s’attacher les services du milieu offensif français. Pour financer ce transfert, le champion de France en titre pourrait compter sur les ventes à venir : Gonçalo Ramos vers l’AC Milan et Kang-In Lee vers l’Atlético de Madrid.

    Le PSG multiplie les pistes sur le marché

    Maghnes Akliouche ne serait pas la seule recrue prévue cet été. Le club de la Ligue 1 avance également sur Yan Diomandé et Alessandro Longoni. Une fois ces dossiers bouclés, Paris se concentrera sur le recrutement d’un défenseur. Le mercato parisien s’anime, reste à savoir si Luis Campos parviendra à renforcer l’équipe de Luis Enrique après le second sacre consécutif en Ligue des champions. À suivre…

  • Lutte contre la corruption : Libreville accueille la mission d’évaluation de l’ONU

    Lutte contre la corruption : Libreville accueille la mission d’évaluation de l’ONU

    Les officiels posant pour les experts de l’ONUDC le 29 juin à Libreville

    Hermann Immongault, vice-président du gouvernement, a ouvert lundi 29 juin 2026 à Libreville les travaux de la mission d’évaluation pays dans le cadre du dialogue direct du deuxième cycle du mécanisme d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Cette rencontre de quatre jours réunit les techniciens des administrations, les experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et des partenaires internationaux pour évaluer les progrès du Gabon en matière de prévention et de lutte contre la corruption.

    Partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption depuis le 1er octobre 2007, le Gabon souhaite consolider les réformes engagées pour renforcer la transparence, la responsabilité dans la gestion publique et améliorer la gouvernance des institutions.

    En ouvrant les travaux, Hermann Immongault a rappelé que la lutte contre la corruption est un levier essentiel du développement économique et social. « L’intégrité publique favorise la performance de l’action gouvernementale, sécurise l’investissement, renforce la compétitivité de l’économie et crée les conditions d’un développement durable, inclusif et équitable », a-t-il déclaré.

    Cette conviction est partagée par les acteurs engagés dans ce processus d’évaluation. Séraphin Ondoumba, point focal de l’ONUDC et commissaire membre de la CNLCEI, a estimé que ce dialogue va au-delà du cadre technique. « Je demeure convaincu que ce dialogue direct permettra non seulement de mieux apprécier les efforts accomplis par notre pays, mais également de renforcer davantage la coopération entre les États parties et de promouvoir les meilleures pratiques en matière de prévention et de lutte contre la corruption », a-t-il souligné.

    Cette mission constitue une étape déterminante du deuxième cycle d’examen de la Convention, consacré principalement aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs issus de la corruption. Pour le chef de mission de l’ONUDC, Mohamed Cherbal, « au cours de cette semaine, l’équipe de l’examen approfondira son analyse des dispositifs gabonais de lutte contre la corruption, en mettant particulièrement l’accent sur la mise en œuvre des dispositions de la Convention relatives aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs ».

    Cette nouvelle évaluation se tient du 29 juin au 1er juillet 2026. Elle fait suite au premier cycle d’examen lancé en 2010, où le Gabon avait été évalué sur les chapitres III et IV de la Convention, consacrés à l’incrimination, à l’application de la loi et à la coopération internationale. Ce processus avait donné lieu à une visite d’évaluation du 21 au 23 avril 2015 par les experts de la Sierra Leone et de la République démocratique populaire lao.

    Les attentes sont importantes. Nestor Mbou, président de la CNLCEI, voit dans ce dialogue une opportunité d’amélioration continue des politiques publiques. « Le dialogue direct qui s’ouvre aujourd’hui représente une étape essentielle du processus d’examen. Il ne s’agit pas simplement d’évaluer un dispositif juridique ou institutionnel ; il s’agit également d’identifier les bonnes pratiques, de reconnaître les progrès accomplis, de mesurer les défis qui subsistent et d’explorer les voies d’amélioration susceptibles de déboucher sur des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de notre stratégie », a-t-il affirmé.

    Les conclusions de cette mission permettront d’orienter les prochaines réformes et de renforcer les mécanismes nationaux de prévention, de contrôle et de récupération des avoirs illicites, dans le but de bâtir une administration plus intègre, plus efficace et plus redevable envers les citoyens.

  • Gabon : Oligui Nguema met fin aux ruptures de médicaments

    Gabon : Oligui Nguema met fin aux ruptures de médicaments

    L’accès aux soins et aux médicaments constitue un indicateur clé de la performance des systèmes de santé. Au Gabon, les attentes sociales sont fortes, et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait de cette question une priorité immédiate.

    Lundi, le chef de l’État a reçu la ministre de la Santé, Elza Nkana Ayo épouse Bivigou, accompagnée des dirigeants de l’Office Pharmaceutique National. Le message est clair : la disponibilité des produits de santé ne doit plus dépendre des aléas logistiques ou des carences organisationnelles.

    Cette rencontre de haut niveau intervient alors que plusieurs structures sanitaires du pays connaissent des difficultés d’approvisionnement. Dispensaires, centres de santé et hôpitaux sont les premiers points de contact entre l’État et les citoyens. Quand un médicament essentiel vient à manquer, c’est la crédibilité du système de santé tout entier qui s’en trouve affectée.

    Une priorité présidentielle pour l’accès aux soins

    Lors des échanges, le président a exigé des mesures immédiates pour garantir un approvisionnement régulier en médicaments sur l’ensemble du territoire. Cette directive reflète une prise de conscience stratégique : dans un pays où la géographie complique la distribution, maîtriser la chaîne logistique devient un enjeu de souveraineté sanitaire.

    L’instruction donnée au ministère de la Santé et à l’Office Pharmaceutique National va au-delà de la simple gestion des stocks. Elle vise à renforcer les mécanismes de distribution, à anticiper les besoins des établissements et à prévenir durablement les pénuries. Cette approche préventive marque un tournant. Dans de nombreux pays africains, les ruptures sont souvent traitées dans l’urgence. Le Gabon semble désormais vouloir s’orienter vers une logique d’anticipation et de planification.

    Cette exigence s’inscrit dans une vision plus large de modernisation du service public. L’accès aux médicaments ne relève pas seulement de la santé : il touche à la stabilité sociale, à la confiance des citoyens envers les institutions et à la capacité de l’État à remplir ses missions fondamentales.

    Le numérique au service de la réforme sanitaire

    L’autre volet majeur de cette audience concerne la transformation numérique du système de santé. Le président a réaffirmé sa volonté d’accélérer la digitalisation des établissements sanitaires, une réforme déjà amorcée avec l’interconnexion des principales structures du Grand Libreville et des Centres hospitaliers régionaux.

    Cette modernisation répond à plusieurs impératifs : améliorer la gestion des médicaments grâce à une meilleure traçabilité des stocks et une remontée instantanée des besoins, renforcer la coordination des soins entre les établissements, et faciliter le partage sécurisé des données médicales pour améliorer la prise en charge des patients.

    Dans les systèmes de santé les plus performants, le numérique est devenu un outil essentiel d’efficacité. Il permet de réduire les délais, de limiter les pertes de produits, de mieux planifier les approvisionnements et d’optimiser les ressources disponibles. Pour le Gabon, cette transition représente une occasion majeure de franchir un cap dans la modernisation de l’offre de soins.

    Un enjeu crucial pour l’avenir du système de santé

    L’audience accordée par le chef de l’État illustre une volonté politique forte de replacer la santé au cœur des priorités nationales. Elle intervient à un moment où les populations attendent des résultats concrets, visibles et rapides.

    L’enjeu dépasse largement la seule question pharmaceutique. Il s’agit de bâtir un système de santé capable de répondre aux besoins croissants des citoyens tout en s’adaptant aux standards internationaux. L’approvisionnement en médicaments constitue le premier maillon de cette ambition. Sans lui, aucune réforme hospitalière, aucune modernisation des infrastructures et aucune politique de prévention ne peut produire pleinement ses effets.

    En exigeant des réponses immédiates et en accélérant la digitalisation du secteur, Brice Clotaire Oligui Nguema place désormais les acteurs de la santé devant leurs responsabilités. Le défi est considérable, mais l’objectif est clair : faire en sorte qu’aucun Gabonais ne soit confronté à l’absence d’un traitement essentiel lorsqu’il pousse la porte d’un établissement sanitaire.

    Dans cette bataille pour la qualité des soins, la disponibilité des médicaments devient plus qu’une question logistique. Elle devient le symbole de la capacité de l’État à protéger efficacement sa population et à construire un système de santé moderne, performant et véritablement centré sur le patient.

  • Parlement confédéral de l’AES : une avancée institutionnelle sous le poids des défis sécuritaires

    Parlement confédéral de l’AES : une avancée institutionnelle sous le poids des défis sécuritaires

    Les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) poursuivent la construction de leurs organes communs. À Ouagadougou, les présidents des assemblées législatives du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont rencontré le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la confédération, pour recueillir ses directives avant la mise en place du Parlement confédéral.

    Au sortir de cette entrevue, les dirigeants ont indiqué que la sélection des parlementaires aura lieu dans un avenir proche, permettant la tenue de la session inaugurale. Cette instance est chargée de défendre les intérêts des citoyens des trois pays, de soutenir le travail des institutions de l’AES et de renforcer le projet politique commun.

    Ce pas supplémentaire s’inscrit dans l’édification institutionnelle de l’AES, qui cherche à établir ses propres structures de pouvoir après avoir quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

    Cette avancée intervient néanmoins dans un climat sécuritaire très tendu. Depuis plusieurs semaines, les trois pays subissent une hausse des actions djihadistes, dont certaines d’une violence inédite, occasionnant de nombreuses victimes militaires et civiles. Des analystes s’étonnent que les plus hauts représentants parlementaires de l’AES se mobilisent pour accélérer la mise en place d’un parlement, alors qu’aucune réunion similaire n’a été programmée pour faire face à la détérioration de la situation sécuritaire. Cela soulève des doutes sur les priorités établies.

    Ce point de vue nourrit les critiques de ceux qui pensent que les responsables de l’AES privilégient désormais la mise en place d’institutions politiques, alors que la question sécuritaire demeure brûlante pour les citoyens. Sans nier l’intérêt à long terme d’un Parlement confédéral, ces observateurs estiment que cette direction pourrait être perçue comme déconnectée des attentes immédiates des populations, qui réclament des mesures tangibles contre la recrudescence des violences.

    Outre son poids institutionnel, ce développement est vu par certains experts comme les prémices d’une fracture accrue en Afrique de l’Ouest. En se dotant de ses propres organes, l’AES réaffirme son indépendance par rapport à la CEDEAO, ce qui pourrait creuser le fossé entre les deux blocs régionaux et rendre plus difficile une collaboration politique et sécuritaire élargie.

  • Transition bas carbone : la FENAGRI mobilise l’écosystème pour décarboner l’agroalimentaire au Maroc

    Transition bas carbone : la FENAGRI mobilise l’écosystème pour décarboner l’agroalimentaire au Maroc

    Le Forum National sur la Décarbonation des Industries Alimentaires, tenu lundi à Rabat sous l’impulsion de la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI), constitue un jalon majeur dans l’édification d’une feuille de route bas carbone pour un secteur clé de l’économie marocaine.
    Placé sous le patronage du ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi que du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, ce rendez-vous a rassemblé l’ensemble des acteurs publics, privés, financiers, techniques et institutionnels impliqués dans la mutation durable des industries alimentaires au Maroc.
    Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par la FENAGRI pour soutenir la transition bas carbone du secteur, face à la flambée des coûts énergétiques, à la raréfaction des ressources hydriques, aux nouvelles exigences des marchés internationaux et à l’intégration croissante des critères climatiques dans les chaînes de valeur.
    Le secteur agroalimentaire occupe une place centrale dans l’économie nationale. Il génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 191 milliards de dirhams, compte près de 2 600 entreprises réparties sur tout le territoire, emploie plus de 206 000 personnes, contribue à hauteur de 44 milliards de dirhams aux exportations et couvre environ 77 % des besoins intérieurs en produits alimentaires transformés.
    Cette performance économique s’accompagne d’un défi énergétique de taille. Les industries alimentaires consomment environ 380 000 tonnes équivalent pétrole par an, soit près de 20 % de la consommation énergétique industrielle nationale. Ces données soulignent à la fois le poids stratégique du secteur et la nécessité d’une décarbonation progressive, structurée et adaptée aux spécificités de chaque filière.

    Dans cette optique, la FENAGRI a lancé, avec le soutien du ministère de l’Industrie et du Commerce, une étude nationale destinée à bâtir une feuille de route de décarbonation des industries alimentaires à l’horizon 2040.
    Cette initiative vise à recenser les principales sources d’émissions, à évaluer les leviers de réduction, à définir les trajectoires de transition possibles et à proposer les conditions opérationnelles de mise en œuvre.
    Le forum a été l’occasion de présenter les premiers résultats de cette démarche et d’engager un dialogue structuré avec l’ensemble de l’écosystème. Les discussions ont fait émerger un large consensus : la décarbonation des industries alimentaires ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte réglementaire ou environnementale, mais comme un véritable levier de compétitivité, de modernisation industrielle, d’efficacité énergétique, d’accès aux marchés et de résilience pour les entreprises marocaines.
    « La décarbonation des industries alimentaires n’est plus une question pour demain. C’est un chantier du présent. Un chantier qui touche directement la compétitivité de nos entreprises, leur performance énergétique, leur accès aux marchés, leur capacité d’investissement et leur résilience face aux nouvelles exigences climatiques et économiques », a affirmé M. Abdelmounim El Eulj, président de la FENAGRI.
    Les échanges ont également souligné l’importance d’une mobilisation coordonnée entre pouvoirs publics, industriels, institutions financières, partenaires internationaux, experts techniques et fédérations professionnelles.

    La réussite de cette transition dépendra en particulier de la capacité à mettre en place des mécanismes d’accompagnement adaptés, à faciliter l’accès au financement vert, à renforcer l’expertise technique des entreprises et à promouvoir une approche intégrée assurant une meilleure cohérence entre les politiques industrielles, énergétiques, environnementales et hydriques.
    Une attention particulière a été accordée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) industrielles, qui représentent une part essentielle du tissu productif national. Leur accompagnement sera déterminant pour garantir une transition inclusive, progressive et réellement opérationnelle.
    Les participants ont mis en avant la nécessité de solutions accessibles, de diagnostics sur mesure, de projets bancables et de dispositifs de financement capables de répondre aux réalités des différentes filières alimentaires.
    À l’issue du forum, la FENAGRI a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette dynamique sur la durée. Les prochaines étapes incluent la mise en place d’un cadre de suivi de la feuille de route, l’organisation d’ateliers par sous-filière, le renforcement du dialogue avec les partenaires financiers et techniques, ainsi que l’accompagnement des entreprises membres dans la définition et la mise en œuvre de leurs propres trajectoires de décarbonation.

  • Référendum au Sénégal : le pastef veut transformer les institutions

    Référendum au Sénégal : le pastef veut transformer les institutions

    Référendum au Sénégal : le pastef veut transformer les institutions

    Ousmane Sonko, président de l'assemblée nationale du Sénégal

    Adoptée le 29 juin par les députés, la proposition de révision de la Constitution sénégalaise sera finalement tranchée par voie référendaire.

    Devant l’Assemblée nationale, le garde des Sceaux Moussa Sarr a indiqué que le président Bassirou Diomaye Faye a choisi cette voie, conformément à l’article 103 de la Loi fondamentale.

    « Le président a tenu à informer le président de l’Assemblée nationale qu’il a décidé de soumettre le texte adopté au référendum », a déclaré le ministre de la Justice.

    Portée par la majorité issue du PASTEF, cette réforme ambitionne une refonte en profondeur de l’architecture institutionnelle. Elle vise à accroître le rôle du Parlement, redéfinir les prérogatives entre le président de la République et le Premier ministre, et remplacer le Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle.

    Le recours au référendum intervient dans un climat de vifs débats au sein de la classe politique sénégalaise. Les partisans y voient une avancée majeure vers une nouvelle gouvernance, tandis que les opposants redoutent un déséquilibre accru des pouvoirs.

    Cette consultation populaire permettra aux Sénégalais de se prononcer directement sur l’un des engagements phares du PASTEF lors de la présidentielle de 2024.

    Présentée comme une étape cruciale de la refondation institutionnelle, la réforme modifie plusieurs mécanismes de l’État : création d’une Cour constitutionnelle, nouveau rapport entre le président et le Premier ministre, renforcement du Parlement et séparation accrue entre fonction présidentielle et activité partisane.

    Pourquoi une réforme constitutionnelle maintenant ?

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF 2025), organisée par le MEDEF au stade de Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2025.

    La réforme constitutionnelle figurait parmi les promesses de campagne du PASTEF lors de l’élection de 2024. Elle devait incarner une rupture avec l’ancien système, accusé de concentrer trop de pouvoirs entre les mains du chef de l’État.

    L’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 avait suscité l’espoir d’une transformation rapide. Cependant, le contexte politique a évolué : le président a pris ses distances avec la direction du parti, tout en restant officiellement membre du PASTEF.

    Cette situation confère une dimension particulière au débat. Le parti majoritaire défend aujourd’hui une réforme qui touche directement l’équilibre des institutions, alors que les relations entre le président et son ancienne formation se sont complexifiées.

    Sans instaurer une nouvelle République, cette réforme provoque des discussions nourries. Ses partisans y voient une modernisation nécessaire ; ses détracteurs craignent une modification de l’équilibre des pouvoirs.

    Quelles sont les principales réformes proposées dans le nouveau texte ?

    L’une des transformations majeures est la suppression du Conseil constitutionnel au profit d’une Cour constitutionnelle aux compétences élargies.

    Actuellement composé de sept membres (un président, un vice-président et cinq juges), le Conseil passerait à neuf membres, dont sept juges. Le mandat de six ans, non renouvelable, serait maintenu.

    Le changement le plus notable réside dans les missions : la nouvelle Cour deviendrait « la plus haute juridiction » en matière constitutionnelle, électorale et référendaire, et régulerait le fonctionnement des institutions.

    Parmi les nouvelles compétences : contrôle des actes administratifs liés aux élections nationales, examen des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant les juridictions supérieures, et force exécutoire renforcée de ses décisions.

    Autre innovation : le Premier ministre pourrait saisir directement la juridiction constitutionnelle, alors que ce droit était réservé au président et à un dixième des députés.

    Pour les défenseurs de la réforme, cela renforce l’indépendance de la justice constitutionnelle. Les critiques s’interrogent sur la composition de la Cour et les garanties de son autonomie.

    Ousmane Sonko à la tribune de l'assemblée nationale

    Un nouvel équilibre entre le président de la République et le Premier ministre

    La réforme modifie la définition du pouvoir exécutif sans supprimer le rôle central du président.

    Actuellement, la Constitution stipule que le président « détermine la politique de la Nation ». La nouvelle version précise qu’il la détermine « en concertation avec le Premier ministre ».

    Cette modification introduit un partage du pouvoir exécutif. Le président conserve ses prérogatives régaliennes, mais la conduite de l’action gouvernementale pourrait davantage relever du Premier ministre.

    Autre innovation : l’article 57 permet au Premier ministre de présider le Conseil des ministres, sur délégation expresse du président et avec un ordre du jour fixé par ce dernier.

    La réforme reconnaît également explicitement l’existence des ministres délégués dans la composition du gouvernement.

    Le texte vise à réduire la concentration du pouvoir exécutif autour de la présidence, sans transformer le Sénégal en régime parlementaire. Le président reste la figure centrale, mais les responsabilités sont mieux réparties.

    Une séparation renforcée entre la fonction présidentielle et les partis politiques

    Actuellement, le président peut conserver des responsabilités au sein d’un parti. La réforme lui interdit de diriger un parti ou une coalition. Il ne pourrait exercer qu’une fonction honorifique et ne participer à une campagne électorale que s’il est lui-même candidat.

    Le texte élargit également les incompatibilités : le président ne pourrait exercer aucune autre fonction publique ou privée, même non rémunérée.

    L’objectif est de renforcer la neutralité de la fonction présidentielle et d’éviter la confusion entre l’État et l’appareil partisan.

    Les partisans du texte y voient une garantie d’impartialité ; les opposants estiment que cela pourrait limiter le lien politique entre un président élu et sa majorité.

    Un Parlement renforcé dans son role de contrôle

    La réforme prévoit un renforcement des pouvoirs de l’Assemblée nationale. Les députés disposeraient de moyens de contrôle accrus, notamment des commissions d’enquête pouvant auditionner toute personne utile, ainsi qu’un droit de résolution.

    Le gouvernement devra rendre des comptes sur la gestion des ressources naturelles, avec obligation d’informer les députés sur les conventions d’investissement dans les secteurs stratégiques.

    La réforme interdit aussi le cumul entre une fonction ministérielle et un mandat local de maire ou de président de conseil départemental.

    Mieux encadrer la transition entre deux présidents

    Le nouveau président sénégalais élu, Bassirou Diomaye Faye (à gauche), serre la main de l'ancien président sénégalais Macky Sall (à droite) lors d'une séance de photos après avoir prêté serment devant le Conseil constitutionnel, à l'issue de la cérémonie d'investiture à Dakar, au Sénégal, le 2 avril 2024.

    La réforme crée un cadre juridique pour la période entre l’élection présidentielle et l’entrée en fonction du nouveau président.

    Durant cette phase, le président sortant serait limité dans certaines décisions engageant durablement le pays : il ne pourrait conclure certains contrats stratégiques, signer des conventions internationales ou engager de nouvelles opérations financières importantes, sauf nécessité de continuité de l’État.

    L’objectif est d’éviter qu’un pouvoir en fin de mandat prenne des décisions lourdes de conséquences pour son successeur.

    Ce qui ne change pas dans le projet de réforme

    Malgré les transformations proposées, la réforme constitutionnelle ne remet pas en cause plusieurs fondements du système politique sénégalais.

    Le président de la République continuera d’être élu au suffrage universel direct, avec un mandat limité à deux périodes successives de cinq ans.

    La forme républicaine de l’État reste inchangée, tout comme les principes fondamentaux protégés par l’article 103 de la Constitution.

    Ainsi, le texte ne marque pas l’avènement d’une nouvelle République : il vise plutôt à réorganiser le fonctionnement des institutions et à rééquilibrer les rapports entre les pouvoirs sans modifier la nature générale du régime.

  • Hermann Immongault tend l’oreille aux gabonais de Madagascar

    Hermann Immongault tend l’oreille aux gabonais de Madagascar

    À l’issue de sa mission officielle à Antananarivo, où il représentait le président de la République lors des célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de Madagascar, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a rencontré les ressortissants gabonais établis dans la Grande Île. Cette rencontre a permis d’échanger directement avec la communauté gabonaise sur ses préoccupations quotidiennes et de réaffirmer l’engagement des autorités de Libreville à maintenir un dialogue constant avec la diaspora.

    Au cours des échanges, les représentants de la diaspora ont exposé plusieurs difficultés auxquelles font face les Gabonais installés à Madagascar. Parmi les principales préoccupations figurent l’absence d’une représentation consulaire permanente, qui complique de nombreuses démarches administratives, ainsi que les questions liées aux étudiants gabonais, notamment le suivi des bourses, la reconnaissance des établissements universitaires et le renforcement des échanges académiques. Les membres de la communauté ont également plaidé pour un développement des relations économiques entre les deux pays, afin de favoriser les initiatives entrepreneuriales et les investissements croisés.

    Une coopération appelée à se renforcer

    Répondant à ces préoccupations, Hermann Immongault a assuré que les différentes doléances seraient examinées avec une attention particulière par les autorités compétentes. Il a évoqué la nécessité d’approfondir les interactions entre Libreville et Antananarivo, notamment sur les questions de visas, des bourses gérées par l’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG) et de l’accompagnement des étudiants. Le vice-président du gouvernement a insisté sur la volonté de bâtir une relation plus étroite avec Madagascar, conformément à la vision portée par les deux chefs d’État.

    S’adressant également aux opérateurs économiques, Hermann Immongault a encouragé les hommes d’affaires malgaches à saisir les opportunités offertes par le Gabon, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’énergie. Il a assuré que les échanges institutionnels et économiques entre les deux pays seraient appelés à se multiplier dans les prochains mois. Cette rencontre avec la diaspora s’inscrit ainsi dans une dynamique de proximité avec les Gabonais de l’étranger et illustre la volonté des autorités de faire de la coopération entre Libreville et Antananarivo un levier de développement, au bénéfice des populations et des acteurs économiques des deux nations.