Nouveau centre giaba à Abidjan pour lutter contre le blanchiment en afrique de l’ouest

Écrit par

dans

Le ministre Adama Coulibaly, en charge de l’Économie, des Finances et du Budget, a présidé ce matin à Cocody l’inauguration officielle du Centre d’Information du GIABA, désormais installé dans de nouveaux locaux à Abidjan. Cette cérémonie marque une avancée majeure pour la Côte d’Ivoire et l’ensemble des pays francophones et lusophones de la CEDEAO dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Un outil stratégique pour renforcer la coopération régionale

Ces nouveaux locaux, mis à disposition du GIABA par les autorités ivoiriennes conformément aux dispositions de l’Accord de Siège, s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la collaboration entre les États membres. Ils viennent concrétiser les engagements pris par la CEDEAO lors du Conseil des ministres du 26 novembre 2010, qui avait acté la création de deux Centres d’Information : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones.

Le centre d’Abidjan a officiellement démarré ses activités le 21 septembre 2015, après la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, intervenu le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en marge du 44ᵉ Sommet des chefs d’État de la CEDEAO.

Une réponse adaptée aux défis croissants de la criminalité financière

Lors de son allocution, le ministre Coulibaly a mis en lumière l’évolution constante des mécanismes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, qui exploitent désormais des canaux toujours plus complexes. Face à cette réalité, il a souligné l’impérieuse nécessité d’une action collective et coordonnée.

Une mutualisation des ressources et des expertises s’impose, a-t-il insisté, car aucun pays ne peut, à lui seul, endiguer efficacement ce fléau transnational. Le nouveau Centre se positionne ainsi comme un hub régional dédié à la sensibilisation, à la formation, à la recherche et à l’échange d’informations.

Pour le ministre, cet espace doit incarner l’excellence au service de la prévention et de la répression des infractions financières, tout en favorisant une gouvernance économique saine et transparente.

Un bilan déjà riche et une ambition renforcée

Le directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a rappelé les nombreuses initiatives menées depuis 2015 par le Centre d’Abidjan : journées portes ouvertes pour la jeunesse, conférences publiques, concours d’art oratoire, séminaires de sensibilisation à destination des médias, des leaders religieux et de la société civile. Le Centre a également joué un rôle clé dans le renforcement des capacités des États dans le cadre des évaluations mutuelles.

Avec ses nouvelles infrastructures, le GIABA ambitionne de franchir une nouvelle étape. Pour Edwin W. Harris Jr., il s’agit d’un investissement clé pour les États membres francophones et lusophones de la CEDEAO, conçu pour devenir un pôle d’innovation et de savoir dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

Il a appelé l’ensemble des acteurs concernés – administrations, institutions financières, universités, médias, société civile et partenaires techniques – à s’approprier cet espace et à participer activement aux différentes activités proposées.

Un accent particulier sur la jeunesse et la formation

Une attention toute particulière sera accordée aux jeunes, aux étudiants et aux chercheurs. L’objectif ? Faire de ce Centre un lieu d’apprentissage, de dialogue et d’engagement en faveur de l’intégrité financière, de la transparence et du développement économique de l’Afrique de l’Ouest.

Parmi les innovations majeures des nouveaux locaux figure l’intégration d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet outil permettra de proposer des parcours adaptés à chaque profil : autorités publiques, institutions financières, magistrats, services d’enquête, universitaires et professionnels du secteur.

Les modules de formation, conçus sur mesure, pourront être certifiants, contribuant ainsi à professionnaliser les acteurs et à renforcer l’expertise régionale dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Un héritage institutionnel pour l’avenir

Cette inauguration prend une dimension symbolique particulière, alors que le mandat de Edwin W. Harris Jr. à la tête du GIABA s’achève le 31 août 2026. L’ouverture de ces nouveaux locaux, quelques jours avant cette échéance, illustre une volonté de transmettre aux États membres et aux parties prenantes un outil pérenne au service de la coopération, du partage de connaissances et du renforcement des compétences.