Lors d’un déplacement à Tivaouane, dans la région du Ndiambour, Ousmane Sonko, figure montante de l’opposition sénégalaise, a de nouveau marqué les esprits en pointant du doigt les décisions récentes de la présidence. Le leader des Patriotes a interpellé le chef de l’État sur la nécessité de publier un décret pour fixer la date des élections locales, un geste qu’il juge aussi crucial que les limogeages opérés ces dernières semaines.
« Signer un décret pour écarter Fadilou Keïta ou Waly Diouf Bodiang relève de ses prérogatives, personne ne le conteste. Mais il doit appliquer la même logique pour convoquer les électeurs, car il s’agit aussi d’un simple décret », a-t-il lancé, faisant référence aux remplacements à la tête du Port autonome de Dakar et à la Caisse des dépôts et consignations. Ces derniers mouvements, perçus comme des coups de poker politiques, illustrent selon lui une gestion erratique de l’exécutif.
Accueilli par une foule nombreuse, Sonko a réitéré son refus catégorique de tout report du scrutin, une position qu’il martèle depuis le début de sa campagne de distribution des cartes électorales fin juillet. Son discours survient dans un contexte où les observateurs, comme l’expert Djibril Gningue, tirent la sonnette d’alarme : le président dispose d’un délai de plus en plus serré pour agir, sous peine de voir le calendrier électoral devenir juridiquement intenable.
Cette sortie publique s’ajoute à une série de frictions entre les institutions. En effet, le président de l’Assemblée nationale a récemment interpellé directement le chef de l’État, soulignant l’absence de décret de convocation du corps électoral. Une omission qui alimente les spéculations sur une possible paralysie des institutions et un blocage des prochaines consultations.
