Abidjan : l’afrique veut maîtriser son destin minier face à une demande mondiale explosive

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À Abidjan, les nations africaines productrices de minéraux critiques ont scellé une alliance stratégique pour faire de leurs ressources un pilier central de leur développement économique et social. Lors d’une conférence ministérielle, elles ont mis en lumière la nécessité de créer des chaînes de valeur locales, de renforcer le financement du développement et d’optimiser l’exploitation de trésors naturels estimés à 29 500 milliards de dollars.

Abidjan, capitale d’un tournant minier continental

Vendredi dernier, des ministres africains en charge des secteurs des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et des Ressources naturelles, ainsi que des représentants d’institutions clés comme la Commission de l’Union africaine, la ZLECAf et la Banque africaine de développement, ont participé à cette rencontre d’envergure. L’enjeu ? Transformer les immenses réserves africaines de minéraux stratégiques en leviers de croissance durable et inclusive.

Un nouveau modèle économique pour l’Afrique

Le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a qualifié cette initiative de « changement de paradigme ». Il a souligné l’urgence de repenser la gestion des ressources naturelles du continent pour en maximiser les retombées locales. « L’objectif est clair : permettre à l’Afrique de mieux contrôler ses ressources et d’en faire bénéficier directement ses populations », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la transformation locale des matières premières et la reforme des institutions de financement pour stimuler le développement industriel.

La Côte d’Ivoire mise sur son sous-sol pour l’avenir

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a rappelé que près de 75 % du territoire ivoirien recèle des minéraux critiques. Une richesse qui s’inscrit dans la vision du président Alassane Ouattara : faire de la Côte d’Ivoire une nation à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030. Pour y parvenir, un plan ambitieux sur 2026-2040 a été lancé, avec un budget de 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % financés par le secteur privé.

Des réserves colossales face à une demande en explosion

L’Afrique possède 30 % des réserves mondiales de minéraux essentiels à la transition énergétique, comme le cobalt, le lithium ou les terres rares. Ces ressources, estimées à 29 500 milliards de dollars, représentent une valeur colossale — près de 20 % des ressources mondiales minérales. Pourtant, 8 600 milliards de dollars de ces richesses restent inexploitées. Parallèlement, la demande mondiale pourrait exploser d’ici 2040 : +1 000 % pour les métaux du groupe du platine, +842 % pour le lithium et +88 % pour le cuivre.

Vers une industrialisation africaine des minéraux

Cette opportunité historique pousse les dirigeants africains à rompre avec le modèle traditionnel d’exportation brute. Leur ambition ? Structurer des chaînes de valeur régionales pour capter davantage de valeur ajoutée, créer des emplois et accélérer la transition énergétique. La dynamique est portée par la croissance exponentielle des secteurs comme les véhicules électriques et les batteries, dont la valeur pourrait passer de 7 000 à 59 000 milliards de dollars d’ici 2050.