Abidjan mise sur les minéraux critiques pour une révolution industrielle africaine

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Lors d’une conférence ministérielle à Abidjan, les nations africaines productrices de minéraux stratégiques et leurs partenaires internationaux ont posé les bases d’une stratégie commune visant à transformer ces ressources en piliers de croissance économique, industrielle et sociale. L’accent a été mis sur la valorisation locale, le financement innovant et le renforcement des chaînes de valeur régionales pour répondre à une demande mondiale en forte expansion.

Cette rencontre, qui a réuni des ministres africains des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Économie verte, ainsi que des représentants d’institutions continentales et financières, a marqué un tournant dans la gestion des ressources naturelles du continent.

Abidjan, capitale d’un nouveau pacte minier continental

La conférence a rassemblé des décideurs clés : ministres des Ressources naturelles de plusieurs pays africains, représentants de l’Union africaine, de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, ainsi que des banques régionales et des investisseurs étrangers.

L’enjeu ? Permettre à l’Afrique de capitaliser pleinement sur ses immenses réserves de minéraux critiques, estimés à près de 29 500 milliards de dollars, et les mobiliser pour un développement durable et inclusif.

Un appel à une refonte radicale de la gouvernance minière

À l’ouverture des débats, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a souligné la nécessité d’un changement de paradigme dans la gestion des ressources africaines. « L’objectif n’est pas seulement de produire plus, mais de transformer localement ces richesses pour qu’elles profitent directement aux populations », a-t-il déclaré.

Parmi ses propositions : renforcer la transformation locale des matières premières, consolider les institutions de financement du développement (dont les bilans cumulés ne représentent qu’1 % du total mondial), et investir dans des infrastructures résilientes et des industries locales.

La Côte d’Ivoire mise sur son potentiel minier pour 2030

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a mis en avant le rôle central de la solidarité continentale. « Aucun pays ne peut réussir seul. Nous devons construire des chaînes de valeur régionales pour maximiser les retombées économiques de nos ressources », a-t-il insisté.

Il a également révélé que près de 75 % du territoire ivoirien** recèle des minéraux critiques, une richesse que le pays compte exploiter pour atteindre le statut de nation à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Pour y parvenir, Abidjan mise sur un plan ambitieux (2026-2040) doté d’un budget de 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % proviendraient du secteur privé**. Ce programme vise à intégrer minéraux et énergie dans une approche durable.

Un atout continental face à une demande mondiale en explosion

L’Afrique détient 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus stratégiques** pour la transition énergétique : cobalt, lithium, graphite, terres rares, cuivre, manganèse, nickel et métaux du groupe du platine.

Ces ressources, estimées à 29 500 milliards de dollars**, représentent 20 % des richesses minérales mondiales**, dont 8 600 milliards de dollars restent inexploités**. La demande mondiale devrait s’envoler d’ici 2040 : +1 000 % pour les métaux du groupe du platine, +842 % pour le lithium et +88 % pour le cuivre** par rapport à 2023.

L’industrialisation, clé d’une prospérité durable

Cette transition s’inscrit dans un contexte de mutation industrielle mondiale, portée par la demande en véhicules électriques et batteries. Selon les projections, la chaîne de valeur de ce secteur pourrait atteindre 59 000 milliards de dollars en 2050**, contre 7 000 milliards en 2030.

Face à cette opportunité historique, les dirigeants africains réunis à Abidjan ont réaffirmé leur volonté de rompre avec le modèle traditionnel d’exportation de matières brutes. Leur priorité ? Faire des minéraux critiques un moteur d’industrialisation, d’emplois locaux et de croissance partagée.