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  • Sahel : le rêve brisé de la souveraineté après quatre ans de rupture

    Sahel : le rêve brisé de la souveraineté après quatre ans de rupture

    Chasser l’armée française et rompre avec l’Occident devait inaugurer une « seconde indépendance » pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Quatre ans après les premiers putschs, le discours populiste se heurte à une réalité brutale : la dépendance a simplement changé de visage, l’insécurité s’aggrave et les économies étouffent.

    L’illusion sécuritaire : le piège du partenariat russe

    Les régimes militaires justifiaient leurs coups d’État par l’échec de la France à vaincre le djihadisme. Pourtant, le remède adopté s’avère plus nocif que le mal. En substituant les forces occidentales par les paramilitaires russes d’Africa Corps (ex-Wagner), Bamako, Ouagadougou et Niamey ont opté pour une stratégie de la terre brûlée.

    Sur le terrain, les groupes terroristes (JNIM et EIGS) n’ont jamais été aussi puissants. Ils encerclent désormais des villes clés et coupent les voies d’approvisionnement vitales. Plus alarmant encore, le coût humain est effrayant. Les rapports d’organisations indépendantes dénoncent une recrudescence des exactions contre les civils lors des opérations conjointes. Loin d’être protégées, les populations sahéliennes sont prises en tenaille entre la terreur djihadiste et la brutalité des nouveaux auxiliaires de sécurité, tandis que le nombre de déplacés internes atteint des records historiques.

    L’isolement diplomatique : une fuite en avant

    Pour masquer les échecs intérieurs, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont choisi la rupture permanente. Le départ retentissant de la CEDEAO a privé les trois pays de leurs partenaires économiques naturels. Récemment, leur retrait collectif de la Cour pénale internationale (CPI) et les restrictions imposées aux agences onusiennes achèvent de faire de la région une zone grise diplomatique.

    Cette fuite en avant institutionnelle vise surtout à protéger les régimes de tout regard extérieur sur les droits de l’homme ou le respect des calendriers de transition démocratique. Les élections promises pour rendre le pouvoir aux civils sont systématiquement reportées sine die, transformant des transitions censées être temporaires en dictatures militaires installées.

    Économie en crise et régression sociale

    Sur le plan économique, le constat est tout aussi lourd. Le discours sur la souveraineté monétaire et l’autosuffisance se heurte à la dure réalité des chiffres. L’isolement régional a provoqué une hausse vertigineuse du coût de la vie et des produits de première nécessité. Les entreprises locales suffoquent sous le poids des sanctions indirectes, de la chute des investissements étrangers et des coupures d’électricité chroniques qui paralysent Bamako et Ouagadougou.

    Pendant que les budgets nationaux sont vidés pour financer l’effort de guerre et payer les services des mercenaires russes (souvent rémunérés via des concessions minières), les services sociaux de base s’effondrent. Les écoles restent fermées par milliers, le système de santé est exsangue. Au lieu d’investir dans le développement humain, les ressources nationales sont confisquées par les appareils militaires.

    Un changement de maîtres, pas une libération

    Quatre ans après le Grand Divorce avec Paris, le bilan est amer. Le Sahel n’est ni plus sûr, ni plus prospère, ni plus indépendant. En chassant un partenaire occidental imparfait mais prévisible, les dirigeants de l’AES ont jeté leurs pays dans les bras d’une Russie opportuniste, dont le seul objectif est géopolitique. La « seconde indépendance » promise s’est muée en une tragique régression économique et sécuritaire, où la souveraineté affichée au sommet n’est que le paravent de l’asphyxie des peuples en bas.

  • Michael Olise au Real Madrid : le pacte présidentiel qui change la donne

    Michael Olise au Real Madrid : le pacte présidentiel qui change la donne

    Après une saison éclatante avec le Bayern Munich, Michael Olise impressionne également en Coupe du monde. Ses performances attirent logiquement l’attention du Real Madrid, qui envisagerait de faire de lui le joueur le plus cher de l’histoire. Mais selon des informations proches des dirigeants, un accord tacite entre les présidents des deux clubs rendrait ce transfert impossible cet été.

    Un pacte de non-agression entre les deux géants ?

    Selon le journaliste allemand Christian Falk, les présidents Florentino Pérez et Herbert Hainer entretiennent des relations très proches. Lors d’un dîner organisé à l’occasion des quarts de finale de la Ligue des champions, Hainer aurait clairement signifié à son homologue que Michael Olise n’était pas à vendre. Pérez aurait alors donné sa parole de ne pas tenter de recruter le Français sans en informer au préalable le Bayern Munich. Ce pacte, surnommé « pacte présidentiel », rendrait toute approche du Real Madrid vaine, même avec une offre colossale de 300 millions d’euros.

    Un contrat longue durée qui verrouille la situation

    Michael Olise est lié au Bayern Munich jusqu’en 2029, un contrat à long terme qui ne lui laisse aucune marge de manœuvre pour faire pression en faveur d’un départ. Le Real Madrid, de son côté, sait qu’il n’a aucune chance de conclure l’affaire tant que le Bayern ne change pas d’avis. Les rumeurs persistantes d’un transfert record semblent donc infondées, du moins pour l’instant. Reste à savoir si la donne évoluera lors des prochains mercatos.

  • Zémio : des combats éclatent entre les FACA et les mercenaires russes de Wagner

    Zémio : des combats éclatent entre les FACA et les mercenaires russes de Wagner

    De violents combats ont éclaté ce mercredi 24 juin 2026 en plein centre-ville de Zémio, dans le sud-est de la République centrafricaine. À partir de 19h50, les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) et les mercenaires russes du groupe Wagner ont ouvert le feu les uns sur les autres, transformant soudainement la localité en champ de bataille. Les détonations d’armes lourdes et légères ont semé la panique parmi la population.

    Ces hostilités surviennent après une cohabitation de plus en plus tendue entre les deux forces, une détérioration observée depuis le début de l’année 2025 dans la région du Haut-Mbomou. Jusqu’à ce soir, les frictions n’avaient pas dégénéré en affrontements directs en zone urbaine. Le calme est revenu provisoirement, mais l’incertitude demeure quant à l’évolution de la situation.

    Selon un bilan provisoire, une femme civile a été tuée, probablement par une balle perdue, et deux soldats des FACA ont été grièvement blessés lors des échanges de tirs. Aucune information n’est encore disponible du côté des mercenaires russes. Les autorités locales appellent au calme et à la retenue.

  • Gabon : une lueur démocratique dans un monde en recul

    Gabon : une lueur démocratique dans un monde en recul

    Libreville, 24 juin 2026 — Alors que la démocratie traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire contemporaine, un pays d’Afrique centrale attire désormais l’attention des observateurs internationaux. Le Gabon, longtemps classé parmi les régimes fragiles, vient d’être identifié par l’institut suédois V-Dem comme l’une des rares évolutions positives enregistrées dans le monde.

    Dans son rapport annuel, V-Dem dresse un constat préoccupant : la régression démocratique s’amplifie sur tous les continents, y compris aux États-Unis. Au milieu de ce paysage assombri, le Gabon apparaît comme une anomalie positive, suscitant autant d’intérêt que d’interrogations.

    Une éclaircie dans un monde en recul

    Le nombre de pays en recul démocratique continue d’augmenter. Libertés sous pression, institutions affaiblies, concentration du pouvoir : ces phénomènes se généralisent. Seuls onze États ont réussi à sortir de la liste des démocraties en déclin cette année, dont le Gabon. Plus significatif encore, V-Dem cite le pays parmi les quatre principales sources d’espoir démocratique mondial, aux côtés du Liban, de Maurice et de la Corée du Sud. Cette reconnaissance est directement liée aux élections de 2025, considérées comme un tournant institutionnel.

    Le contraste africain

    L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par les reculs, avec douze pays en détérioration, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo. Dans ce contexte, le Gabon se distingue nettement. Les chercheurs soulignent que le pays fait partie des trois États susceptibles d’engager une progression démocratique durable, avec le Tchad et la Corée du Sud. Le parallèle avec le Tchad n’est pas fortuit : les deux pays ont connu un retour à l’ordre constitutionnel après une rupture institutionnelle.

    Une reconnaissance, pas une consécration

    Cette distinction ne doit pas être vue comme une validation définitive. Le Gabon reste une démocratie incomplète, classé 114e sur 179 États. Sa note modeste rappelle que l’amélioration actuelle constitue le début d’un processus. L’exemple de la Zambie, qui a connu une embellie avant de voir ses avancées s’éroder, montre que les progrès doivent être consolidés par des réformes profondes, une justice indépendante, des médias libres et une gouvernance transparente.

    Le défi de la cohérence démocratique

    Cette reconnaissance place les autorités gabonaises face à une exigence de cohérence. Des décisions récentes — suspension temporaire de plateformes numériques, adoption du nouveau Code de la nationalité par voie réglementaire, situation judiciaire de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By nNze — alimentent les débats. La question est de savoir si ces mesures s’inscrivent dans un cadre de transparence et de respect des libertés compatible avec les standards démocratiques que le pays cherche à incarner.

    Le véritable test commence maintenant. Les élections de 2025 ont permis au Gabon de sortir d’une zone de défiance. La prochaine étape consistera à transformer cette amélioration en fondation durable. Dans un monde où les démocraties reculent souvent, le Gabon dispose d’une occasion rare : prouver qu’une trajectoire différente est possible. La reconnaissance internationale est acquise ; la consolidation reste à construire.

  • Burkina Faso : un plan de 6 200 milliards fcfa pour électrifier 18 millions de citoyens d’ici 2030

    Burkina Faso : un plan de 6 200 milliards fcfa pour électrifier 18 millions de citoyens d’ici 2030

    Le Burkina Faso lance une ambitieuse campagne énergétique. Via son nouveau Pacte national de l’énergie 2026-2030, le pays prévoit de mobiliser plus de 10,3 milliards de dollars américains pour raccorder près de 18 millions de nouveaux usagers au réseau électrique d’ici la fin de la décennie.

    Cette annonce marque un tournant majeur pour le Burkina Faso. Confronté à une fracture énergétique qui freine son développement économique et social, l’État burkinabè mise sur un projet colossal. La feuille de route financière et technique dévoilée prévoit de lever 6 235 milliards de francs CFA (environ 10,39 milliards de dollars US) pour transformer profondément le secteur énergétique à l’horizon 2030.

    L’objectif de cet investissement historique est d’offrir l’accès à l’électricité à 17,9 millions de personnes supplémentaires. Pour un pays où les zones rurales restent majoritairement privées de courant, ce plan représente une promesse de renouveau global.

    Dans le sillage de la « Mission 300 »

    Cette initiative d’envergure s’inscrit dans le cadre de la « Mission 300 », une alliance internationale pilotée par la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Ce programme panafricain ambitionne de sortir des millions d’Africains de la précarité énergétique.

    En arrimant son Pacte national de l’énergie 2026-2030 à cette dynamique mondiale, le Burkina Faso sécurise des partenariats stratégiques de premier plan pour concrétiser ses promesses politiques par des infrastructures tangibles.

    Souveraineté et mix énergétique

    Le déploiement de ces investissements massifs répond à un double impératif : augmenter la production nationale et diversifier les sources d’approvisionnement. Pour réduire la dépendance énergétique et les coûts d’importation, la stratégie burkinabè mise sur la décentralisation des infrastructures et l’essor des énergies renouvelables, notamment le solaire. Les fonds serviront à la fois à étendre le réseau interconnecté de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et à installer des systèmes électriques décentralisés (mini-réseaux et kits solaires autonomes) adaptés aux zones rurales les plus reculées.

    Un moteur pour l’économie nationale

    Au-delà de l’éclairage des foyers, ce plan de 6 200 milliards FCFA vise à jeter les bases d’une révolution industrielle locale. Pour les autorités, l’accès à une énergie fiable et compétitive est la condition essentielle pour moderniser les services sociaux (santé, éducation), stimuler la création d’emplois et soutenir la transformation des matières premières agricoles et minières. En connectant 17,9 millions d’habitants supplémentaires en quatre ans, le Burkina Faso entend poser les fondations durables de sa souveraineté économique. Une transformation radicale dans ce pays du Sahel.

  • Mercato : le PSG abandonne la piste Julian Alvarez

    Mercato : le PSG abandonne la piste Julian Alvarez

    Le PSG, souhaitant renforcer son effectif après son deuxième titre consécutif en Ligue des champions, a exploré plusieurs options sur le marché des transferts. Parmi les cibles potentielles figurait Julian Alvarez, l’attaquant de l’Atlético de Madrid. Cependant, les dirigeants parisiens auraient finalement perdu tout intérêt pour ce dossier.

    Le mercato estival s’annonce mouvementé pour le PSG. Le club parisien entend apporter du sang neuf à Luis Enrique après un nouveau sacre en Ligue des champions. Les dirigeants ont notamment sondé l’entourage de Julian Alvarez. Mais les Rouge-et-Bleu ont rapidement mis fin à leurs démarches, refroidis par les conditions de l’opération. L’Argentin, actuellement en pleine Coupe du monde 2026 avec sa sélection, reste sous contrat avec l’Atlético.

    Le PSG tente sa chance pour Alvarez

    Deux clubs ont cherché à s’immiscer dans les négociations entre l’Atlético de Madrid et le FC Barcelone. Le PSG, en contact avec l’Atlético pour les transferts de Kang-In Lee et Gonçalo Ramos, a tenté sa chance pour Alvarez. Mais le joueur a clairement fait savoir qu’il ne souhaitait que Barcelone. Arsenal a également été éconduit.

    Le PSG se retire de la course

    Arsenal a aussi tenté sa chance, mais sans plus de succès. Désormais, l’Atlético de Madrid doit décider de la suite à donner. Côté PSG, l’intérêt s’est considérablement estompé. La piste menant à Julian Alvarez semble désormais très froide pour les Parisiens. Reste à savoir si le club de la capitale relancera les discussions dans les semaines à venir.

  • Mercato PSG : Barcola visé par deux cadors européens

    Mercato PSG : Barcola visé par deux cadors européens

    Le Paris Saint-Germain s’apprête à vivre un mercato estival agité. Après avoir décroché une deuxième Ligue des champions consécutive, le club de la capitale envisage de renouveler l’effectif de Luis Enrique. Dans le même temps, certains joueurs pourraient faire leurs valises, à l’image de Bradley Barcola. L’ailier français, qui participe actuellement à la Coupe du monde 2026 avec l’équipe de France, souhaiterait obtenir un rôle plus important ailleurs qu’au PSG. Selon un journaliste spécialiste du mercato, deux destinations se dégagent pour un éventuel transfert cet été.

    Arsenal et Liverpool à l’affût pour Barcola

    « Barcola est sur la short-list d’Arsenal, bien sûr. Mais Bradley Barcola est aussi sur la liste de Liverpool. Liverpool garde un œil sur sa situation. Ils l’apprécient, il était déjà sur leur short-list en 2025. Ça dépend toutefois de ce que le PSG veut faire. Ce qui est important, c’est de comprendre que pour le moment, les négociations entre le PSG et Barcola pour un nouveau contrat sont complètement en stand-by. C’est pour ça que la situation reste à suivre sur le mercato », a expliqué le journaliste.

    Barcola séduit par Liverpool ?

    Reste à savoir ce que l’avenir réserve à Bradley Barcola. L’ailier de 23 ans n’est pas insensible à l’intérêt des Reds. Chez Liverpool, il obtiendrait un rôle plus important en remplacement de Mohamed Salah, alors qu’au PSG, il doit lutter pour une place de titulaire face à Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia et Désiré Doué. Affaire à suivre…

  • Affaire soraz : le ministre hamadou tini accusé de cumul de casquettes

    Affaire soraz : le ministre hamadou tini accusé de cumul de casquettes

    Du discours de rupture au retour des lobbies

    Dix-huit mois après le coup de force du 26 juillet 2023 à Niamey, les promesses de « Refondation » et de rupture radicale se fracassent sur la réalité de la gestion pétrolière. Au cœur du pouvoir, le tout nouveau ministre du Pétrole, Hamadou Tini, est accusé de cumuler les casquettes au mépris des règles de déontologie les plus élémentaires. Juge et partie, l’ancien cadre du cabinet Mazars utilise désormais la puissance publique pour réactiver les contrats de sa structure privée, exigeant un accès total aux secrets de la SORAZ. Enquête sur un conflit d’intérêts au sommet de l’État, où l’audit financier est devenu une arme de purge et d’enrichissement.

    Au lendemain de leur prise de pouvoir, les militaires du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) avaient fait de la souveraineté économique leur principal cheval de bataille. La cible prioritaire était toute désignée : la gestion des ressources pétrolières, et plus particulièrement la Société de raffinage de Zinder (SORAZ). Sur la télévision d’État, la propagande putschiste fustigeait alors le système démocratique déchu et ses « complices » internationaux.

    Parmi eux, le cabinet international de consulting Mazars, partenaire de l’État nigérien depuis une décennie, avait été récusé avec fracas. Accusé par le nouveau régime — et par les partenaires chinois de la China National Petroleum Corporation (CNPC) de produire des audits biaisés, Mazars semblait définitivement banni du paysage économique nigérien. La ligne officielle était alors intransigeante : Niamey devait recruter un cabinet international neutre, indépendant et vierge de tout soupçon pour passer la SORAZ au peigne fin.

    Pourtant, en coulisses, la réalité des réseaux d’influence a rapidement douché l’enthousiasme populaire. À la faveur d’intenses manœuvres de lobbying, l’un des principaux cadres du cabinet Mazars a réussi à s’introduire au cœur de l’appareil d’État. En janvier 2026, sous la protection directe du Général Mody, l’expert-comptable Hamadou Tini est catapulté à la tête du ministère du Pétrole. Une nomination qui marque le grand retour du cabinet qu’il servait encore quelques semaines plus tôt.

    Le ministre Tini : client, prestataire et signataire

    À peine installé dans son fauteuil ministériel, Hamadou Tini a mis en application la maxime populaire selon laquelle « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Utilisant l’autorité de sa fonction, le ministre a immédiatement remis à l’ordre du jour l’audit financier et de gestion de la SORAZ. Mais la manœuvre s’accompagne d’une condition non négociable : cette mission hautement stratégique doit être impérativement confiée à son propre cabinet, Mazars, officiellement pour lui permettre de « finaliser son travail et d’être payé ».

    Cette réactivation contractuelle pousse le concept de conflit d’intérêts à un niveau rarement égalé. Le ministre du Pétrole se retrouve simultanément dans la position du client qui ordonne l’audit au nom de l’État nigérien, du prestataire qui exécute la mission via son cabinet Mazars, du destinataire final des rapports d’audit, et enfin du signataire unique des chèques publics qui rémunèrent la prestation.

    Ce cumul des rôles prive l’État nigérien de toute garantie d’indépendance. Comment un cabinet peut-il auditer une entreprise publique de manière objective lorsque son propre mentor et ancien cadre dirigeant est le ministre de tutelle ?

    L’oukase de la discorde : la course aux documents confidentiels

    Le coup de force ne s’arrête pas à la signature des contrats. Face à une transition dont l’avenir demeure incertain, le temps presse pour le clan Tini. Le ministre vient de lancer un véritable oukase, un ordre sans réplique, à l’adresse de la direction de la SORAZ.

    Par le biais d’une directive ministérielle, Hamadou Tini exige la transmission à Mazars, « sans délai ni restriction, de l’intégralité des documents financiers, comptables, techniques et opérationnels, sous huitaine ». Il s’agit précisément des données stratégiques et confidentielles que la direction de la raffinerie et les partenaires chinois lui refusaient obstinément par le passé pour protéger le secret des affaires.

    À Niamey, les observateurs locaux citent une autre sagesse populaire pour résumer la situation : « Celui qui a regardé par le trou de la serrure sait déjà ce qui se trouve sur la table ». En connaissant parfaitement les failles comptables de la SORAZ de par son ancienne position, le ministre sait exactement où chercher pour obtenir ce qu’il veut.

    Le mystère des ministres sacrifiés

    Cette reprise en main brutale de la SORAZ éclaire d’un jour nouveau l’instabilité chronique qui frappe le ministère du Pétrole depuis le putsch. En l’espace de trois ans, trois ministres se sont succédé à ce poste stratégique. Un jeu de chaises musicales qui semble intimement lié aux secrets de la raffinerie de Zinder.

    Avant l’arrivée de Hamadou Tini, le ministre Mahaman Moustapha Barké avait annoncé en grande pompe, en juin 2024, le lancement d’un vaste audit financier de la SORAZ. Quelques mois plus tard, le 13 janvier 2025, il était arrêté et séquestré par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE). Une détention au secret qui aura duré près d’un an, hors de toute procédure judiciaire, jusqu’à sa libération le 6 janvier 2026. Son successeur, le Dr Sahabi Oumarou, nommé en urgence, avait lui aussi tenté de relancer l’audit en février 2025 avant d’être prestement écarté de son poste.

    Des sources sectorielles concordantes accusent aujourd’hui Hamadou Tini d’avoir joué un rôle actif dans la chute de ses prédécesseurs. Alors qu’il était encore expert pour Mazars, il aurait rédigé des mémos et des rapports à charge, savamment orientés, pour discréditer la gestion de Barké et d’Oumarou auprès de la junte. L’objectif technique était double : éliminer les obstacles au retour de Mazars et profiler le poste de ministre pour un profil sur-mesure… le sien.

    Une « Refondation » sous dialyse

    L’affaire SORAZ met en lumière les profondes contradictions du régime de Niamey. Alors que la population nigérienne subit de plein fouet les conséquences économiques de l’isolement diplomatique et attend toujours les retombées de la manne pétrolière promise, les ressources de la mine d’or noir semblent d’abord servir des intérêts corporatistes.

    L’audit de la SORAZ, initialement réclamé par la société civile comme un acte de transparence et de salubrité publique, est devenu l’instrument d’une guerre de clans. Entre les mains du ministre-auditeur, il sert à la fois de bouclier pour masquer les conflits d’intérêts et de tiroir-caisse pour son cabinet d’origine. Pour la « Refondation » promise par le CNSP, le diagnostic est sévère : la gestion du pétrole nigérien n’a pas changé de méthode, elle a simplement changé de bénéficiaires.

  • Le Japon alloue 3 millions de dollars à la riposte contre Ebola en RDC

    Le Japon alloue 3 millions de dollars à la riposte contre Ebola en RDC

    Le gouvernement japonais a annoncé une enveloppe de 3 millions de dollars américains destinée à intensifier la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    Cette contribution financière sera ventilée entre trois organisations humanitaires majeures. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) recevra 1,5 million USD, le Programme alimentaire mondial (PAM) 1 million USD, et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) 500 000 USD. Ces fonds serviront à financer des actions prioritaires dans les domaines de la santé, de l’accès à l’eau potable, de l’assainissement et de l’hygiène. Selon Tokyo, ce soutien vise à freiner la propagation du virus non seulement en RDC, mais aussi dans les pays voisins vulnérables.

    Dans sa déclaration, l’ambassade du Japon en RDC a souligné que ce geste traduit l’attachement de Tokyo au principe de sécurité humaine, principe qui a guidé sa réponse favorable aux appels des agences internationales actives sur le terrain congolais.

    Face à cette nouvelle vague de soutiens internationaux, le ministre congolais de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a plaidé pour une meilleure coordination et une transparence accrue dans la gestion des financements alloués à la riposte contre Ebola, particulièrement dans l’est du pays. Lors d’un point de presse conjoint tenu à Bunia (Ituri) avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, il a insisté sur la nécessité d’une approche unifiée entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. Il a souligné qu’une grande partie de ces fonds est gérée directement par des organisations humanitaires sans transiter par l’État, ce qui crée une confusion dans l’opinion publique, beaucoup pensant que ces sommes sont administrées par les autorités congolaises.

    Rappelons que le 17 mai 2026, deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo, qui s’est étendue de la RDC à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). L’OMS note une expansion géographique significative et estime que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être sous-estimée. Cette situation est aggravée par la forte mobilité des populations, la faiblesse des systèmes de santé, le manque d’infrastructures et les difficultés d’accès aux zones touchées par les conflits.

    À cela s’ajoute l’absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ces défis, les autorités congolaises restent confiantes, s’appuyant sur l’expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d’Ebola que le pays a réussi à maîtriser.

  • L’opposant burkinabè guy hervé kam hospitalisé en détention sans procès depuis plus de dix-huit mois

    L’opposant burkinabè guy hervé kam hospitalisé en détention sans procès depuis plus de dix-huit mois

    Le cas de Guy Hervé Kam continue de soulever de nombreuses interrogations au Burkina Faso. Cet avocat, cofondateur du mouvement citoyen Balai Citoyen et président du parti politique Sens, a été admis à l’hôpital début juin en raison de problèmes de santé, alors qu’il est incarcéré depuis janvier 2024 sans avoir été jugé.

    Figure emblématique de la société civile burkinabè, Guy Hervé Kam a été interpellé dans un contexte de durcissement du climat politique et sécuritaire. Plus d’un an et demi après son arrestation, aucune audience n’a été programmée, ce qui accentue l’inquiétude de ses proches, de ses avocats et de plusieurs organisations de défense des droits humains.

    Sa détention prolongée sans jugement pose des questions essentielles sur le respect des garanties judiciaires. La Constitution du Burkina Faso, ainsi que les engagements internationaux du pays – notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques – garantissent pourtant le droit à un procès dans un délai raisonnable et à une procédure équitable.

    Les inquiétudes se sont renforcées après l’annonce de son hospitalisation. Ses soutiens redoutent que la détention prolongée, combinée à la détérioration de son état de santé, n’aggrave sa situation. Plusieurs observateurs rappellent que l’accès aux soins médicaux est un droit fondamental pour toute personne privée de liberté.

    Depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition, de nombreuses voix critiques – responsables politiques, journalistes, acteurs de la société civile – ont été visées par des arrestations ou des restrictions. Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont déjà dénoncé la réduction de l’espace civique et les atteintes aux libertés publiques ces derniers mois.

    Pour nombre de militants des droits humains, l’affaire Guy Hervé Kam dépasse désormais le cas individuel. Elle interroge plus largement l’indépendance de la justice, l’État de droit et la place du pluralisme politique dans un pays aux prises avec de graves défis sécuritaires.

    Dans l’attente d’une éventuelle comparution, l’hospitalisation de l’opposant remet en lumière l’urgence de garantir à tout détenu des conditions conformes aux principes fondamentaux des droits humains, quelles que soient ses opinions politiques.

  • Budget 2027 au Cameroun : le secteur privé se fait entendre

    Budget 2027 au Cameroun : le secteur privé se fait entendre

    Le secteur privé camerounais en ordre de bataille pour le budget 2027

    La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (Ccima) a convié, le 24 juin 2026, les acteurs économiques à une consultation stratégique. L’objectif : élaborer des propositions communes pour orienter la préparation de la loi de finances 2027.

    Cette concertation a permis de recueillir et d’harmoniser les attentes des opérateurs privés avant les échanges prévus avec la Direction générale des impôts (DGI). Au cœur des discussions : la modernisation du système fiscal, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le renforcement de l’attractivité du climat des affaires. Une vingtaine de recommandations concrètes ont été formulées à l’issue des travaux.

    Cette démarche s’inscrit dans la volonté de consolider le dialogue public-privé et de promouvoir une fiscalité plus adaptée aux réalités de l’économie camerounaise.

  • Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    À Kinshasa, la crise humanitaire s’aggrave pour les personnes déplacées fuyant l’Est de la République démocratique du Congo. Sans abri ni soins médicaux, seize d’entre elles ont déjà perdu la vie.

    République démocratique du Congo 2025 | Des habitants fuient Kibati

    Des milliers de déplacés, chassés par les combats dans l’est de la RDC, connaissent une situation humanitaire dramatique à Kinshasa. Plusieurs décès ont été constatés, faute d’aide.

    Ces déplacés viennent principalement du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où l’avancée des rebelles de l’AFC-M23 les a contraints à l’exil il y a plus d’un an. D’autres ont fui l’Ituri, province voisine, en raison des attaques de groupes armés tels que la Codéco et les ADF.

    Laissés pour compte

    Plus de 2 600 familles sont dans une situation humanitaire alarmante. Beaucoup se retrouvent sans logement après avoir dû quitter les églises et mosquées qui les accueillaient.

    Le plus inquiétant est la présence de nombreuses personnes vulnérables parmi ces déplacés.

    « Parmi les plus vulnérables, on trouve des femmes enceintes, des personnes handicapées, des enfants, des étudiants et des personnes âgées. Ils n’ont accès ni aux soins, ni à un toit, ni à la nourriture. Leur détresse est totale. » Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.

    Le calvaire des étudiants déplacés

    Certains étudiants ont fui la guerre, d’autres étaient déjà à Kinshasa pour leurs études avant le conflit. Aujourd’hui, ils vivent dans des conditions précaires, séparés de leurs parents qui ont fui ou ont été tués. Jacques Chiza les représente.

    « Nous vivons des moments très durs. Nous n’avons rien à manger. La plupart des étudiants dorment dehors faute de logement. Nous n’avons aucune aide. Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés, car la situation est critique. »

    L’État attendu pour une réponse urgente

    Seize personnes sont décédées faute de soins à Kinshasa. Les déplacés ont multiplié les appels aux autorités et aux humanitaires, sans réponse notable. Ils exigent une prise en charge par l’État.

    « Chaque jour, des cas de maladie surviennent. Je lance un appel à la communauté internationale, aux Nations unies et au gouvernement pour qu’ils interviennent. Nous demandons aux autorités d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Nous lançons un cri d’alarme au chef de l’État pour une action urgente. » Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.

    République démocratique du Congo | Les rebelles du M23 atteignent l'aéroport situé près de Bukavu, dans l'est du Congo

    Les déplacés souhaitent être regroupés sur un site pour faciliter l’aide humanitaire. Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, a indiqué que leur situation est connue et qu’une étude est en cours pour une solution durable. Il a ajouté qu’il est encore trop tôt pour en parler, et que plus d’informations seront données en temps utile.

    Aucune décision concrète n’a donc été prise pour venir en aide à ces milliers de déplacés qui survivent tant bien que mal dans la capitale.