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  • Le Gabon, nouveau hub numérique choisi par le mit

    Le Gabon, nouveau hub numérique choisi par le mit

    Le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) s’apprête à organiser un événement majeur à Libreville, dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat numérique. Cette annonce consacre la stratégie ambitieuse du président Brice Clotaire Oligui Nguema et de son ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba.

    Le Gabon confirme son ascension dans le paysage numérique africain. Via le Centre for Prosperity and Entrepreneurship, le MIT a dévoilé son intention de tenir un forum international au Palais des Congrès de Libreville, axé sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la transformation digitale. Cet événement représente bien plus qu’une simple conférence : il s’agit d’un signal fort adressé aux investisseurs mondiaux.

    Une reconnaissance internationale des réformes engagées

    Dina Sheriff, directrice exécutive du Centre du MIT, souligne que le Gabon fait désormais partie des nations africaines ayant choisi délibérément de diversifier leur économie grâce à la digitalisation des services publics, des systèmes de paiement et du climat des affaires.

    Cette reconnaissance intervient moins de deux ans après l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, dont l’objectif clairement affiché est de faire du numérique un levier central de diversification économique et de création d’emplois pour les jeunes Gabonais.

    Mark-Alexandre Doumba à la manoeuvre

    Sous la direction du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, plusieurs réformes structurantes ont été mises en œuvre. On compte notamment la loi sur la préférence nationale dans les marchés de digitalisation, le statut juridique des start-ups, l’ordonnance encadrant les paiements digitaux, ainsi que celle relative à l’archivage électronique.

    L’initiative du MIT apparaît donc bien plus qu’un simple événement : elle valide la vision du Gabon de s’imposer comme un hub numérique de référence en Afrique centrale et envoie un message clair aux investisseurs internationaux sur le potentiel du pays.

  • Niger : fin des doublons administratifs à la présidence et à la primature

    Niger : fin des doublons administratifs à la présidence et à la primature

    Une réorganisation en profondeur des services de l’État

    Les autorités nigériennes ont décidé de supprimer plusieurs entités administratives liées à la présidence de la République et au cabinet du Premier ministre, dans le cadre d’une rationalisation des finances publiques. L’objectif est de réduire les dépenses de l’État et d’éliminer les doublons inutiles.

    Une réorganisation structurelle majeure

    Il s’agit d’une réorganisation en profondeur des services de l’État à Niamey. Le gouvernement a annoncé le démantèlement de nombreuses structures rattachées aux deux plus hautes institutions exécutives. Cette mesure, bien plus qu’une simple réforme superficielle, prévoit le transfert de toutes leurs missions et compétences aux ministères sectoriels concernés.

    L’objectif de cette restructuration est de mettre fin à une centralisation excessive et de redonner aux ministères leur autorité sur les politiques publiques. En supprimant ces administrations parallèles, le gouvernement cherche à améliorer l’efficacité de l’appareil étatique.

    Gestion du personnel et réaffectation du patrimoine

    Le décret fixe des modalités claires concernant les agents et les biens impactés :

    • Fonctionnaires et agents publics : Le personnel détaché sera réaffecté à son ministère d’origine.
    • Agents auxiliaires et contractuels : Ils seront licenciés, avec le paiement de tous leurs droits légaux.
    • Biens et équipements : L’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier sera transféré au ministère des Finances pour redistribution ou inventaire.

    Cap sur la rationalisation des dépenses publiques

    Cette suppression s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des dépenses publiques. En visant les budgets de fonctionnement de la présidence et de la primature, souvent critiqués pour leur coût, les autorités montrent leur détermination à mener une politique de rigueur budgétaire.

    L’enjeu principal est d’alléger les charges de l’administration centrale pour rediriger les économies vers les secteurs sociaux et le développement économique.

    Cette cure d’austérité institutionnelle jette les bases d’une gouvernance plus sobre, plus transparente et axée sur l’optimisation des ressources publiques.

  • Niger : une voix critique de la diaspora privée de sa nationalité

    Niger : une voix critique de la diaspora privée de sa nationalité

    Une mesure officielle aux conséquences lourdes

    Le gouvernement de transition nigérien a pris un décret retirant la nationalité au Dr Mayra Djibrine, présidente de l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS), structure basée à Bruxelles. Cette décision, qui intervient dans un climat de durcissement envers les opposants installés à l’étranger, provoque des réactions contrastées à Niamey. Entre soutien à la fermeté de l’État et craintes pour les libertés individuelles, l’opinion publique s’interroge sur les implications de cette action inédite.

    Le paysage politique et juridique du Niger connaît un nouveau tournant. Les autorités de transition ont officialisé, par voie de décret, la perte de la nationalité du Dr Mayra Djibrine. Universitaire et figure de proue de l’ADS, association active depuis la Belgique, elle se voit désormais privée de ses droits civiques et politiques liés à ses origines nigériennes. Les motifs avancés par Niamey évoquent des « agissements contraires aux intérêts stratégiques et à la souveraineté du Niger ». Depuis plusieurs mois, l’ADS multipliait les critiques envers la gestion de la transition, plaidant auprès d’instances européennes pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Pour le pouvoir en place, ces actions menées depuis l’extérieur s’apparentent à une tentative de déstabilisation, justifiant l’application de l’ordonnance signée fin 2024 portant sur la déchéance de nationalité pour actes de trahison ou d’atteinte à la défense nationale.

    Entre approbation et inquiétude : le ressenti des Nigériens

    Dans les rues de la capitale, la nouvelle alimente les discussions, des grins informels aux marchés populaires. L’impact de cette mesure se mesure à la diversité des avis chez les citoyens ordinaires. Au grand marché de Niamey, Amadou, commerçant de tissus, exprime son soutien : « Le Niger traverse une phase cruciale. On ne peut accepter que des compatriotes installés en Europe demandent des sanctions contre leur propre peuple. Si l’on combat les intérêts du Niger depuis l’étranger, il est logique que le Niger vous renie. C’est une question de patriotisme. » Une partie de la population voit ainsi dans cette décision une défense de la souveraineté nationale, exigeant une loyauté totale en période de crise.

    Cependant, dans le quartier universitaire Abdou Moumouni, Fatouma, étudiante en droit public, partage une vision différente : « C’est un précédent dangereux. Retirer la nationalité à quelqu’un pour ses opinions politiques, même exprimées depuis Bruxelles, pose un problème juridique grave. La nationalité est un droit fondamental, pas une récompense que l’État peut reprendre au gré des régimes. Aujourd’hui c’est le Dr Djibrine, mais qui sera le prochain ? » Cette inquiétude face au rétrécissement de l’espace d’expression est relayée par plusieurs observateurs locaux, qui redoutent une fragilisation de la cohésion sociale.

    Enjeux juridiques et diplomatiques d’une mesure forte

    Au-delà des réactions populaires, les juristes de Niamey analysent les fondements de cette démarche. Le code de la nationalité nigérienne, récemment modifié par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), élargit les critères de déchéance. Pour les spécialistes proches du pouvoir, la procédure respecte les textes d’exception en vigueur. Pour les défenseurs des droits de l’homme, elle viole les conventions internationales ratifiées par le Niger, qui interdisent de rendre un individu apatride.

    Sur le plan diplomatique, cette décision envoie un signal fort aux organisations de la diaspora et aux pays d’accueil, notamment en Europe. En ciblant la présidente de l’ADS à Bruxelles, Niamey montre sa détermination à neutraliser la contestation politique, même au-delà de ses frontières, en utilisant l’arme de la mort civique.

    Le retrait de nationalité du Dr Mayra Djibrine marque une étape supplémentaire dans la stratégie de sécurisation et de contrôle politique des autorités nigériennes. Si cette fermeté est saluée par une partie de la population comme un acte de défense de la patrie, elle suscite aussi un malaise chez de nombreux citoyens, préoccupés par l’avenir des libertés et le sort de la contradiction démocratique. Dans un Niger en pleine redéfinition de ses alliances et de son fonctionnement interne, le débat entre sécurité de l’État et droits des citoyens demeure plus que jamais ouvert.

  • Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    La Brigade mobile du contrôle économique et de la répression de la fraude (BMCRF) durcit le ton face à la flambée des prix du ciment. Confrontée à une hausse vertigineuse et injustifiée de ce matériau essentiel sur le marché burkinabè, l’institution de contrôle accélère ses opérations pour défendre les consommateurs et assainir le secteur.

    Le secteur de la construction au Burkina Faso traverse une période de forte instabilité. Depuis plusieurs semaines, le prix du ciment ne cesse de grimper, pesant lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et sur l’activité des professionnels du bâtiment. Face à cette situation critique, la direction générale de la BMCRF a décidé de rompre le silence et de lancer des actions de terrain d’envergure.

    Un cocktail de facteurs conjoncturels et structurels

    Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut examiner les rouages de la chaîne d’approvisionnement. Selon le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, la situation actuelle n’est pas due à une cause unique, mais résulte d’une combinaison complexe de facteurs conjoncturels et structurels.

    D’un côté, le contexte économique mondial et régional impose des contraintes réelles : fluctuations du coût des matières premières importées (notamment le clinker), défis logistiques transfrontaliers et augmentation des coûts énergétiques. De l’autre, des faiblesses structurelles internes persistent au sein du marché local de la distribution, rendant le système vulnérable aux moindres perturbations.

    Toutefois, si ces tensions macroéconomiques sont bien réelles, elles ne sauraient justifier à elles seules l’ampleur de la hausse constatée dans les points de vente au détail.

    La spéculation dans le viseur des autorités

    Pour la BMCRF, le véritable déclencheur de cette surchauffe tarifaire se trouve ailleurs : dans les pratiques illicites de certains acteurs du marché. L’institution pointe directement la spéculation sauvage, la rétention intentionnelle de stocks et l’augmentation illégale des marges bénéficiaires par des commerçants et distributeurs peu scrupuleux.

    Profitant de la psychose d’une éventuelle pénurie, certains réseaux organisés créent artificiellement la rareté pour faire monter les prix. Une situation jugée intolérable par l’autorité de contrôle, alors même que les capacités de production des cimenteries locales restent stables et suffisantes pour couvrir la demande nationale.

    Les difficultés conjoncturelles ne doivent pas servir d’alibi pour rançonner les consommateurs, prévient-on du côté de la brigade.

    Contrôles massifs et sanctions : la BMCRF passe à l’action

    L’heure n’est plus aux simples avertissements. Sanibè Faho et ses équipes ont annoncé le déploiement immédiat d’une série d’offensives sur l’ensemble du territoire national. Les inspecteurs de la BMCRF, appuyés par les forces de sécurité, multiplient les descentes inopinées dans les entrepôts, chez les grossistes et dans les boutiques de vente de matériaux de construction.

    La feuille de route est claire :

    • Vérification systématique des factures d’achat et de vente pour traquer les marges abusives.
    • Saisie immédiate des stocks dissimulés ou non déclarés (rétention de stock).
    • Application stricte des sanctions prévues par la loi, allant de fortes amendes financières à la fermeture définitive des établissements contrevenants, voire des poursuites judiciaires pour les cas de récidive ou de fraude avérée.

    Par cette contre-offensive, le gouvernement burkinabè, via la BMCRF, entend envoyer un signal fort : force reste à la loi et la régulation des prix des produits de grande nécessité ne sera pas négociée. Dans les jours à venir, l’impact de ces contrôles rigoureux sera scruté de près par les consommateurs, qui espèrent un retour rapide à la normale sur les chantiers du pays.

  • Noham Kamara s’engage définitivement avec l’OL jusqu’en 2030

    Noham Kamara s’engage définitivement avec l’OL jusqu’en 2030

    Prêté par le Paris Saint-Germain lors du dernier mercato hivernal, Noham Kamara (19 ans, 1,85 m) est désormais un joueur de l’Olympique Lyonnais à part entière. L’OL a levé l’option d’achat incluse dans le prêt, officialisant ainsi le transfert définitif du jeune défenseur. Il est lié au club rhodanien jusqu’en 2030.

    Pour s’attacher ses services, les dirigeants lyonnais ont déboursé 4,1 millions d’euros. À cette somme s’ajoutent jusqu’à 2 millions d’euros de bonus potentiels, ainsi qu’un intéressement de 20 % sur une éventuelle plus-value lors d’une revente future de l’international français U20.

    Formé en région parisienne avant de rejoindre le centre de formation du PSG, Kamara est un défenseur polyvalent, capable d’évoluer dans l’axe comme sur le côté droit. Depuis son arrivée à l’OL, il a déjà effectué deux entrées en jeu en championnat.

  • Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    La diffusion, ce jeudi 11 juin 2026, d’une nouvelle vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a exacerbé les tensions sécuritaires dans la capitale malienne. Entre annonces d’attaques imminentes et rumeurs de fragilité au sein de l’appareil étatique, la junte militaire au pouvoir fait face à une pression croissante.

    Une escalade dans la guerre psychologique

    La vidéo, publiée en soirée par la branche sahélienne d’Al-Qaïda, présente des préparatifs militaires et logistiques intensifs. Le groupe y promet des « opérations imminentes » dans les prochains jours, visant potentiellement des sites stratégiques ou des symboles de l’État malien.

    Au-delà de la démonstration de force, le JNIM a accru la pression psychologique en citant nommément des responsables du renseignement malien. Selon des recoupements, deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) auraient été placés sur une « liste de mise à prix » diffusée par l’organisation. Cette personnalisation de la menace suscite une vive inquiétude parmi les services de renseignement à Bamako, rapportent des observateurs.

    Moral en berne et crainte de désertions

    La panique apparente au sein des services de sécurité rejoint des signalements récurrents sur l’érosion du moral des Forces armées maliennes (FAMa). Face à la perspective d’une offensive coordonnée du JNIM, l’état-major redoute des refus de combattre en cas d’attaque.

    Pour enrayer ce manque de motivation et éviter les désertions ou fuites face à l’ennemi, la junte aurait proposé en urgence de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, des analystes de la sécurité sahélienne estiment que ces incitations financières ne masquent qu’insuffisamment une crise de confiance profonde et un déficit de moral chez les soldats, éprouvés par des années de guerre asymétrique.

    « Les primes ne suffisent plus à compenser le déficit stratégique et la peur d’un embrasement imminent », confie sous couvert d’anonymat un spécialiste des questions de défense basé dans la région.

    Secousses au sommet de l’État

    Cette dégradation rapide du climat sécuritaire commence à ébranler l’élite politique et militaire. Des rumeurs persistantes, alimentées par des mouvements inhabituels constatés ces dernières 48 heures, évoquent le départ précipité à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires du régime, dont celles de ministres en exercice.

    Les autorités de transition n’ont pas encore réagi officiellement à ces informations ni à la vidéo du JNIM. Si ces départs préventifs se confirment, ils traduiraient un manque de confiance interne quant à la capacité de l’État à protéger la capitale et ses environs face à une menace qui se précise.

    Alors que les jours à venir s’annoncent décisifs, Bamako retient son souffle, partagée entre la crainte d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme du gouvernement de transition.

  • Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Le Maroc et l’Argentine ont une nouvelle fois manifesté la force de leur coopération économique et leur alignement politique sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux, à l’occasion de la huitième réunion de la commission mixte bilatérale qui s’est tenue jeudi à Buenos Aires.

    Cette session était coprésidée par Fouad Yazourh, ambassadeur et directeur général des affaires politiques, et par Roberto Alejandro Salafia, sous-secrétaire aux négociations économiques internationales et à l’intégration.

  • Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    L’évolution de la place des femmes dans la vie politique marocaine ressemble à une progression lente mais constante, marquée par des réformes juridiques, des mobilisations citoyennes et une quête inachevée de parité réelle. À mesure que les élections législatives de septembre 2026 approchent, la question de leur représentation dans les instances décisionnelles refait surface avec acuité. Bien que le cadre légal se soit enrichi, les pratiques partisanes et les réalités de terrain continuent d’alimenter des interrogations sur l’application concrète des principes constitutionnels.

    1. Aperçu historique : de l’absence à la discrimination positive

    Pendant les décennies qui ont suivi l’indépendance, la présence féminine au Parlement marocain est demeurée très faible, parfois inexistante. Il a fallu attendre 1993 pour que deux femmes accèdent à la Chambre des représentants. Face à la lenteur de cette évolution, le Maroc a opéré un tournant décisif au début des années 2000 en instaurant des mécanismes de discrimination positive.

    • 2002 – Création de la liste nationale : un accord politique entre les partis a réservé 30 sièges aux femmes à la Chambre des représentants, marquant le véritable point de départ d’une représentation plus équilibrée.
    • 2011 – Saut constitutionnel : la nouvelle Constitution, en son article 19, consacre l’égalité entre hommes et femmes et engage l’État à promouvoir la parité. Le nombre de sièges dédiés aux femmes est alors porté à 60.
    • 2021 – Passage aux listes régionales : le mécanisme de la liste nationale est remplacé par des listes régionales, ce qui permet d’élargir la représentativité territoriale des femmes et d’augmenter leur nombre à 90 sièges à la Chambre des représentants.

    Chacune de ces étapes a permis aux Marocaines d’acquérir une expertise précieuse et de démontrer leurs compétences dans les domaines politique, syndical, associatif et des droits humains. Cependant, malgré ces avancées législatives, un plafond de verre persiste, tant au niveau local que dans la direction des listes électorales.

    2. Législatives de 2026 : le constat alarmant de la société civile

    C’est dans ce contexte de transition que la Coalition 190 pour la lutte contre la violence et la Coalition pour la dignité et les droits des femmes ont publié, le 9 juin 2026, un appel urgent. En analysant les premières données relatives aux investitures pour le scrutin de septembre, ces organisations tirent la sonnette d’alarme : les femmes restent marginalisées en tant que têtes de liste, au profit d’une domination masculine flagrante sur ces positions clés.

    Cette situation est d’autant plus paradoxale que les têtes de liste bénéficient statistiquement des plus grandes chances de remporter un siège à l’assemblée législative. Reléguer les candidates au second plan pose dès lors une question fondamentale : quel est le degré d’engagement réel des partis politiques envers les principes d’égalité et de parité ?

    3. Une dérive démocratique majeure : le contournement familial des quotas

    Au-delà de la simple faiblesse numérique des candidatures féminines, un autre phénomène pernicieux menace ce scrutin, tous partis confondus. Il convient de mettre gravement en garde contre l’instrumentalisation des mécanismes de représentativité par certaines élites partisanes. Profitant des quotas et des listes réservées, plusieurs dirigeants n’hésitent pas à positionner leurs propres épouses ou filles en première ligne.

    Cette pratique de favoritisme familial constitue un contournement flagrant de l’esprit des textes juridiques. En transformant des mesures de discrimination positive en privilèges dynastiques, elle vide la réforme de sa substance. Elle prive les militantes de terrain – qui se battent depuis des décennies au sein des structures politiques et associatives – d’un accès légitime à la représentation. Ce népotisme électoral renforce le sentiment de méfiance des citoyens envers les institutions et décrédibilise l’accès des femmes à la politique, réduit à une affaire de cooptation familiale plutôt que de compétence et de mérite.

    4. Pour un débat national : au-delà de la simple mobilisation électorale

    Face à ces dérives, les coalitions appellent à l’ouverture immédiate d’un débat national responsable et serein, associant les acteurs politiques, les institutions constitutionnelles, les organisations féministes et les médias. Ce débat doit permettre d’interroger les freins culturels et structurels qui limitent encore l’émergence des femmes aux postes de leadership politique.

    Les signataires du manifeste proposent plusieurs mesures concrètes pour inverser la tendance :

    • Un engagement partisan ferme : les partis politiques doivent respecter l’esprit des lois électorales et veiller à ce que les femmes dirigent au moins un tiers des listes, dans une perspective de parité effective.
    • Des critères de sélection transparents et éthiques : l’octroi des investitures doit impérativement reposer sur la compétence, le mérite et l’engagement militant historique des candidates, excluant toute logique de privilège familial ou de népotisme, afin de garantir une réelle égalité des chances.
    • Un suivi rigoureux par les autorités : les institutions de contrôle et les autorités publiques chargées de superviser le processus électoral doivent veiller à la stricte application des objectifs initiaux de la loi, pour que les mesures de soutien à la représentativité profitent réellement à l’ensemble des citoyennes et non à des cercles familiaux restreints.

    Conclusion – Note de réflexion

    Les femmes marocaines ne peuvent plus être réduites à de simples électrices ou à des outils de mobilisation de masse le jour du scrutin. Elles sont des citoyennes à part entière et des partenaires incontournables dans l’élaboration des politiques publiques et la construction de l’avenir du pays. La maturité de la démocratie marocaine se mesurera à sa capacité à transformer la participation politique des femmes – d’une exception ou d’un contournement familial – en une pratique démocratique naturelle, juste, méritocratique et durable.

  • L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    Sur son compte X (anciennement Twitter), dans la soirée du jeudi 11 juin 2026, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan III, a déclaré être « honoré d’avoir reçu les élus des provinces du Sud marocain à l’occasion de la célébration des 250 ans de l’indépendance des États-Unis ». Il a ajouté : « Nous remercions nos partenaires de Laâyoune et Dakhla pour leur présence et leur engagement en faveur de la paix et de l’avenir de cette région. »

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    La photographie publiée avec ce message montre le diplomate américain aux côtés de Moulay Hamdi Old Errechid, président de la commune de Laâyoune, Ynja El Khattat, président du conseil de la région de Dakhla Oued Eddahab, et Sidi Hamdi Oild Errechid, président de la région Laâyoune Sakia El Hamra.

    Rappelons que l’ambassade américaine avait organisé une grande cérémonie à Chellah, à Rabat, le mardi 9 juin 2026, en présence de nombreuses personnalités marocaines et étrangères. Dans son discours, Richard Duke Buchan III a mis en avant le Sahara marocain : « Nous soutenons la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI faisant du Sahara marocain un pôle de partenariat et d’opportunités transatlantiques. » Il a également souligné la profondeur historique des relations bilatérales : « Ce partenariat enraciné dans l’histoire, renforcé par la confiance et résolument tourné vers les 250 prochaines années, témoigne de notre engagement à renforcer les liens économiques et humains entre nos peuples. »

  • Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Le président ivoirien Alassane Ouattara a successivement accueilli deux interlocuteurs aux profils différents mais aux objectifs communs : Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et Philippe Van De Vyvère, dirigeant du groupe maritime belge Sea-Invest. Ces rencontres au palais présidentiel d’Abidjan traduisent la double ambition que le chef de l’État entend imprimer à son nouveau mandat : renforcer le partenariat avec les bailleurs multilatéraux et attirer davantage de capitaux privés européens vers la façade portuaire ivoirienne.

    Banque mondiale : un partenariat reconduit pour la Côte d’Ivoire

    L’entretien avec Ousmane Diagana s’inscrit dans la continuité d’une relation devenue centrale pour le financement du développement ivoirien. Le portefeuille de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire figure parmi les plus importants de la sous-région, avec des engagements dans l’éducation, la protection sociale, les infrastructures rurales et la résilience climatique. La visite du responsable mauritanien intervient à un moment où Abidjan négocie le calibrage de ses prochains cycles d’appui budgétaire, dans un contexte régional marqué par un resserrement des conditions de financement.

    Pour le gouvernement ivoirien, cette visite revêt aussi une portée politique. Elle envoie un signal aux marchés et aux partenaires bilatéraux : l’économie reste arrimée aux standards des institutions de Bretton Woods, à l’heure où plusieurs pays voisins ont rompu ou distendu ce lien. La Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), affiche une croissance soutenue, mais doit composer avec une pression budgétaire accrue liée au service de la dette et au financement des grands chantiers d’infrastructure.

    Sea-Invest et la bataille pour la façade atlantique

    L’audience accordée à Philippe Van De Vyvère relève d’une logique différente, mais complémentaire. Le groupe belge Sea-Invest figure parmi les principaux opérateurs portuaires privés en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec des positions établies notamment au Sénégal, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Son intérêt pour Abidjan s’explique par la montée en puissance des trafics conteneurisés et vraquiers transitant par le port autonome, plateforme par laquelle passe l’essentiel du commerce extérieur ivoirien et une part significative du fret destiné au Mali et au Burkina Faso.

    La concurrence est vive sur ce segment. Le groupe philippin ICTSI, le français AGL (ex-Bolloré Africa Logistics) désormais sous pavillon MSC, ainsi que le danois APM Terminals se disputent les concessions portuaires du golfe de Guinée. Dans ce paysage, l’arrivée ou le renforcement d’un acteur européen indépendant comme Sea-Invest apporte à Abidjan une diversification utile, à la fois économique et géopolitique. Les autorités ivoiriennes cherchent à éviter une dépendance excessive envers un opérateur unique, alors que les volumes traités à San Pedro et à Abidjan progressent d’année en année.

    Une diplomatie économique à double détente

    Ces deux audiences, tenues à quelques heures d’intervalle, dessinent la grammaire diplomatique du palais présidentiel ivoirien : mobiliser simultanément le multilatéral concessionnel et le capital privé européen. Cette articulation s’avère d’autant plus stratégique que la Côte d’Ivoire vient d’entrer dans un cycle politique post-présidentielle, où la crédibilité internationale et l’attractivité économique constituent deux piliers de la stabilité recherchée par l’exécutif.

    Aucun montant d’engagement n’a été rendu public à l’issue des rencontres. Toutefois, cette séquence confirme la volonté de l’administration Ouattara de maintenir un dialogue permanent avec les bailleurs structurants et les industriels susceptibles d’investir dans les infrastructures de transport. Reste à observer comment ces signaux se traduiront dans le projet de loi de finances et dans le calendrier des concessions portuaires à venir. Les échanges ont porté sur l’approfondissement de la coopération entre Abidjan et chacun des deux partenaires.

  • Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Lors du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026) tenu le 11 juin 2026 à Yaoundé, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a dressé un état des lieux du réseau routier camerounais. Projets en cours, avancées significatives, mais aussi obstacles récurrents : le point a été fait devant un public attentif.

    Devant les journalistes, les usagers et les visiteurs, le ministre a détaillé le bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Il a souligné les progrès accomplis depuis le début de l’année 2026, tout en listant les contraintes qui freinent la réalisation des chantiers. L’accent a été mis sur les mesures destinées à améliorer durablement la qualité et la connectivité du réseau, avec un focus sur le réseau structurant, pilier des interventions du MINTP.

    Le ministre a rappelé que le développement des infrastructures routières est un moteur essentiel pour la croissance économique et le renforcement de la cohésion territoriale. Il a insisté sur le fait que les actions de son ministère s’inscrivent dans la droite ligne des engagements pris par le président Paul Biya dans le cadre de la SND30.

    Concernant le bilan chiffré, le ministre a annoncé que près de 2 442 kilomètres de routes ont été bitumés et environ 833 kilomètres de chaussées dégradées ont été réhabilités. Il a néanmoins admis des retards, particulièrement dans le domaine de l’entretien courant du réseau.

    Parmi les freins identifiés, on retrouve l’insécurité dans certaines zones d’intervention, la lenteur des procédures de déblocage des financements, les délais de passation des marchés publics, les difficultés de trésorerie des entreprises, et enfin l’insuffisance des ressources allouées à l’entretien.

    Malgré ces difficultés, le ministre a mis en avant les progrès réalisés sur cinq ans. Le linéaire de routes bitumées est passé de 8 498 km en 2020 à près de 10 939 km fin 2025, soit une progression moyenne de plus de 488 km par an.

    Pour l’avenir, Emmanuel Nganou Djoumessi a précisé que les actions menées depuis le début de 2026 s’inscrivent dans les Très Hautes Prescriptions du président de la République. L’accent est mis sur le réseau structurant, l’amélioration de la qualité des infrastructures et le renforcement de la connectivité entre les différentes régions du pays.

  • Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Une décision ministérielle prise le 9 juin 2026 a écarté temporairement de ses fonctions le procureur général près la cour d’appel de Libreville. Eddy Narcisse Minang, magistrat hors hiérarchie, est suspendu à titre conservatoire pour une durée de trois mois, conformément à la note n°000007/MJGSCDH signée par le garde des Sceaux, Augustin Emane. L’intéressé a été informé de cette mesure.

    Selon des sources judiciaires, cette mise à l’écart fait suite à des soupçons d’implication dans un réseau d’influence occulte visant à étouffer des affaires judiciaires sensibles. Durant plusieurs heures, le magistrat a été entendu à la présidence de la République. Dans la foulée, l’intérim a été confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, également magistrate hors hiérarchie, afin d’assurer la continuité du service public.

    Des soupçons d’entrave à l’action publique

    Cette suspension provisoire serait motivée par de lourdes présomptions d’interférence et d’obstruction à l’action de la justice. Plusieurs dossiers financiers sensibles sont évoqués, dont un contentieux impliquant la société Covec Gabon pour un montant estimé à quatre milliards de francs CFA. Toutefois, le déclencheur principal serait l’affaire dite de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale.

    Ce dossier, rendu public début juin 2026 par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, porte sur des surfacturations présumées. Une vingtaine d’agents ont été interpellés pour un préjudice financier estimé entre 560 et 700 millions de francs CFA. Le procureur général suspendu est suspecté d’avoir utilisé son influence pour tenter de court-circuiter l’enquête en cours. Selon des sources proches du dossier, cette tentative s’expliquerait par des liens d’origine géographique : le magistrat et le directeur de la DCAF seraient tous deux originaires de la province du Woleu-Ntem. L’affaire est suivie de près.