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  • Bénin : champion de la transparence budgétaire en Afrique et premier mondial francophone

    Bénin : champion de la transparence budgétaire en Afrique et premier mondial francophone

    En une décennie, le Bénin a radicalement transformé sa gestion des finances publiques. Selon la dernière Enquête sur le Budget Ouvert de l’International Budget Partnership, le pays obtient un score historique de 79/100. Ce résultat le place au deuxième rang africain, derrière l’Afrique du Sud, et en tête de l’espace francophone mondial. Décryptage d’un modèle de rigueur porté par les réformes de l’ère Talon.

    Une progression fulgurante en moins de dix ans

    Pour mesurer l’ampleur de ce classement, il faut revenir en arrière. En 2017, le Bénin stagnait avec une note à peine supérieure à 35/100. En moins de dix ans, ce chiffre a plus que doublé. Ce bond n’est pas un hasard : il découle d’une volonté politique forte initiée dès 2016 avec l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon. Dès son premier mandat, le chef de l’État a fait de la restructuration économique et de l’assainissement des finances publiques une priorité. Ce score de 79/100 vient consacrer une doctrine de gestion fondée sur la reddition de comptes et l’efficacité institutionnelle.

    Les huit piliers de la transparence béninoise

    La transparence budgétaire ne se décrète pas, elle se prouve. Pour obtenir cette reconnaissance internationale, le Bénin a respecté des exigences strictes en matière de documentation. Le pays publie désormais de manière exhaustive, systématique et en temps utile les huit documents budgétaires clés requis par les normes internationales. Du document préliminaire au rapport d’audit de la Cour des Comptes, en passant par le budget citoyen (une version simplifiée pour la population), toutes les pièces financières sont accessibles en ligne. Cette mise à disposition permet un contrôle en temps réel par les partenaires au développement, les médias et la société civile, transformant le budget de l’État d’un secret d’initiés en un livre ouvert.

    L’inclusion des citoyens au cœur des décisions

    L’autre grand succès du Bénin réside dans sa capacité à associer la population aux choix financiers du pays. À l’international, le pays se distingue avec un score remarquable de 77/100 pour la participation publique. Le gouvernement ne se contente plus de publier des chiffres : il crée des espaces de débat. Des consultations budgétaires sont régulièrement organisées, permettant aux organisations de la société civile et aux représentants locaux d’exprimer les besoins prioritaires des communautés. Cette approche inclusive garantit que l’argent public répond directement aux aspirations des populations, renforçant ainsi le contrat social entre gouvernants et gouvernés.

    L’impact des réformes Talon : l’économie au service du social

    Ce succès en matière de transparence est le reflet des réformes structurelles profondes menées sous la présidence de Patrice Talon. En combinant la dématérialisation des procédures fiscales (factures normalisées, paiement des impôts en ligne) et la lutte contre la corruption, l’exécutif a réussi à maximiser les recettes intérieures tout en rationalisant les dépenses de fonctionnement. Ces marges de manœuvre financières retrouvées ont permis de financer de vastes programmes sociaux et d’infrastructures. Le projet « ARCH » (Assurance pour le Renforcement du Capital Humain), l’extension des cantines scolaires dans les zones rurales et la modernisation des réseaux routiers et énergétiques bénéficient directement de cette gestion rigoureuse. La transparence budgétaire devient ainsi le carburant d’un développement plus inclusif.

    Un signal fort pour les investisseurs internationaux

    Au-delà de la fierté nationale, cette position de leader francophone constitue un levier économique majeur. Dans un contexte mondial tendu, les investisseurs et les agences de notation privilégient les pays offrant une visibilité et une sécurité juridico-financière. En s’imposant comme le bon élève de l’Afrique de l’Ouest, le Bénin rassure ses partenaires financiers. Cette crédibilité lui permet de lever des fonds sur les marchés internationaux à des taux compétitifs, comme en témoignent ses récentes émissions d’obligations de développement durable.

    En décrochant la première place de l’espace francophone mondial pour la transparence budgétaire, le Bénin prouve qu’une trajectoire de bonne gouvernance est possible grâce à des réformes audacieuses et continues. Sous l’impulsion du président Patrice Talon, le pays a transformé ses outils de gestion en instruments de confiance et de développement. Le défi pour Cotonou sera désormais de maintenir ce niveau d’excellence et d’inspirer ses pairs de la région.

  • Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Le poumon économique du Togo s’apprête à traverser une zone de fortes turbulences. Le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (PAL) a officiellement déposé un préavis de grève de trois jours, programmé du 25 au 27 juin 2026. Les travailleurs entendent ainsi protester contre l’absence d’avancées concrètes concernant leurs revendications sociales, ouvrant la voie à un risque de blocage majeur.

    Un bras de fer social aux lourdes conséquences

    Au cœur de la discorde, le dialogue social stagne. Malgré plusieurs rounds de négociations, les représentants syndicaux déplorent la « non-satisfaction » de leurs doléances, qui portent principalement sur l’amélioration des conditions de travail, les revalorisations salariales et les avantages sociaux. Faute d’un accord d’ici le 25 juin, le débrayage sera total. Pour le Port Autonome de Lomé, unique port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir des navires de troisième génération, une telle paralysie technique et administrative représenterait un coup d’arrêt brutal.

    Un hub stratégique pour l’hinterland menacé

    L’impact de ce mouvement social dépasse largement les frontières togolaises. Véritable carrefour maritime, le PAL est la porte d’entrée naturelle des marchandises pour plusieurs pays enclavés du Sahel.

    • Le Burkina Faso
    • Le Mali
    • Le Niger

    Une rupture de la chaîne logistique durant 72 heures provoquerait inévitablement un engorgement des terminaux, des retards de livraison en cascade et des coûts de surestaries (frais de détention des conteneurs) exorbitants pour les opérateurs économiques.

    Vers une médiation de la dernière chance ?

    Face à ce scénario catastrophe, la direction du PAL et les autorités ministérielles de tutelle se retrouvent sous pression. Le gouvernement togolais, qui a fait de la modernisation et de la compétitivité de son hub logistique le pilier de sa feuille de route stratégique, peut difficilement se permettre un conflit social prolongé. Pour l’heure, les milieux d’affaires et les commissionnaires agréés en douane retiennent leur souffle, espérant l’ouverture rapide d’une médiation de la dernière chance pour désamorcer la crise avant la date fatidique du 25 juin.

  • Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Les attaques terroristes au Mali paralysent les axes commerciaux reliant pays côtiers et sahéliens, avec des conséquences économiques majeures.

    Le 25 avril dernier, une série d’attaques coordonnées a frappé le Mali. Les groupes JNIM et Front de libération de l’Azawad (FLA) ont visé les villes de Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Bamako, causant de nombreuses pertes humaines et l’assassinat du ministre de la Défense, Sadio Camara.

    En riposte, les autorités maliennes ont lancé une contre-offensive contre les positions des groupes armés. Le procureur militaire de Bamako a annoncé l’arrestation de plusieurs suspects, incluant des civils, des militaires en service actif et d’anciens membres de l’armée radiés.

    Cinq jours après les premières attaques, le JNIM a instauré un blocus autour de la capitale, ciblant en particulier les axes à l’ouest du pays. La route reliant Kita à Bamako est totalement bloquée, piégeant des centaines de personnes et entravant l’approvisionnement en nourriture et en eau.

    Ce siège perturbe également les flux commerciaux, interrompant tout trafic sur l’axe Kayes-Bamako. Par ailleurs, le blocus s’étend désormais aux convois de transport sur la route Conakry-Bamako, jusqu’alors relativement épargnée.

    Le Mali et les pays côtiers voisins
     

     

    Depuis septembre 2025, le JNIM cible les convois de carburant sur des axes stratégiques à l’ouest et au sud du Mali. Ces attaques déstabilisent les échanges et, si elles s’étendent, pourraient gravement affecter les économies ouest-africaines.

    Les pays de la région sont interconnectés par leurs échanges. Les ports des États côtiers servent de principales portes d’entrée et de sortie pour les pays du Sahel central. Les corridors routiers qui relient ces ports aux capitales sahéliennes traversent souvent des zones sous influence du JNIM, agissant comme des cordons ombilicaux vulnérables.

    Le corridor Dakar-Bamako est actuellement le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali, alors qu’il représente un axe vital pour les deux nations.

    L’axe stratégique Dakar-Bamako semble être le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali

    En 2024, le Mali était le premier client du Sénégal, absorbant 26,5 % de ses exportations, soit environ 802,8 milliards de FCFA (1,42 milliard de dollars). Sur les neuf premiers mois de 2025, les exportations sénégalaises vers le Mali atteignaient 662 milliards de FCFA (1,17 milliard de dollars).

    Les données officielles montrent que les attaques du JNIM à l’ouest du Mali ont fortement impacté les échanges bilatéraux par rapport à 2024. Entre septembre et novembre 2025, le port de Dakar enregistrait un blocage quotidien d’environ 120 conteneurs à destination du Mali, représentant une perte mensuelle de 15 milliards de FCFA (26,54 millions de dollars) pour le Sénégal. Fin novembre 2025, plus de 2 000 conteneurs étaient immobilisés à Dakar. En février 2026, quelque 4 000 conteneurs vides restaient bloqués à Bamako, les chauffeurs routiers hésitant à emprunter la route dangereuse vers Dakar.

    Cette situation réduit considérablement l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers, raffinés, ciment hydraulique et denrées alimentaires. Elle fragilise aussi les moyens de subsistance de milliers de chauffeurs, commerçants et transitaires. D’autres corridors, notamment ceux reliant les ports de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin au Sahel, pourraient subir des risques similaires.

    En 2025, le Mali est resté le premier client de la Côte d’Ivoire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le corridor Abidjan-Bamako est crucial pour l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers et alimentaires. Fin 2025, environ 1,47 million de tonnes de marchandises avaient transité par cet axe, désormais ciblé par des attaques du JNIM dans la région de Sikasso.

    Le Mali est confronté à une stratégie du JNIM visant à couper les approvisionnements essentiels

    La Côte d’Ivoire est également le premier fournisseur africain du Burkina Faso, principalement en produits pétroliers, électricité et engrais. Les importations burkinabè proviennent ou transitent par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Le 14 février dernier, sept commerçants ghanéens de tomates ont été tués lors d’une attaque du JNIM à Titao, dans le nord du Burkina Faso, illustrant les risques sécuritaires sur l’axe routier entre les deux pays. Pour l’instant, la menace terroriste est la plus forte sur le territoire malien. Les autorités ont pris plusieurs mesures : depuis novembre 2025, les convois de carburant bénéficient d’une escorte militaire, permettant l’entrée de 200 à 300 camions-citernes par semaine, contre près de 1 200 avant les attaques.

    Le gouvernement malien a signé un protocole avec les groupements pétroliers pour simplifier les procédures douanières. Un système de rationnement du carburant a été instauré pour lutter contre le marché noir. Les autorités cherchent aussi à réduire la pression sur les ports de Dakar et d’Abidjan en redirigeant une partie des flux vers d’autres infrastructures.

    Des informations non confirmées ont évoqué une trêve entre Bamako et les groupes djihadistes jusqu’à l’Aïd al-Adha, en échange de la libération d’une centaine de prisonniers accusés de terrorisme. Cependant, les attaques ont continué et les autorités maliennes ont officiellement démenti cette rumeur.

    La lutte contre le terrorisme pourrait relancer la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers

    Les attaques du 25 avril montrent les limites de la réponse militaire privilégiée par les autorités maliennes. Alors que le JNIM et le FLA ont mis de côté leurs divergences pour mener ces offensives, les États sahéliens et côtiers peinent à s’allier efficacement.

    Les conséquences régionales du blocus du JNIM soulignent l’urgence de protéger ensemble les corridors commerciaux transfrontaliers. Les gouvernements et organisations régionales comme la CEDEAO, l’Alliance des États du Sahel (AES), le Conseil de l’Entente, l’Union du fleuve Mano et l’UEMOA doivent empêcher l’extension de cette menace à d’autres axes.

    La lutte contre le terrorisme pourrait devenir le moteur d’une relance indispensable de la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers d’Afrique de l’Ouest.

  • Gabon : le chantier titanesque du port de Kobé-Kobé est lancé

    Gabon : le chantier titanesque du port de Kobé-Kobé est lancé

    Le Gabon pose les jalons de son indépendance industrielle après l’ère pétrolière. Sous l’impulsion du président de la République, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, les travaux de construction du port en eau profonde de Kobé-Kobé ont été officiellement lancés. Ce mégaprojet intégré, adossé à l’un des plus grands gisements de fer de la planète et soutenu par de nouvelles infrastructures ferroviaires et énergétiques, vise à restructurer en profondeur le modèle de croissance du pays à l’horizon 2030.

    La façade maritime gabonaise s’apprête à accueillir une infrastructure logistique de premier plan. Édifié dans la province de l’Estuaire, le futur terminal portuaire en eau profonde de Kobé-Kobé disposera d’un tirant d’eau compris entre 14 et 16 mètres. Cette profondeur technique remarquable lui permettra de recevoir des navires de commerce de très grande capacité, renforçant la compétitivité du pays face aux places portuaires concurrentes du golfe de Guinée, comme Kribi au Cameroun ou Pointe-Noire au Congo.

    Cependant, la spécificité de Kobé-Kobé réside dans sa nature interconnectée. L’infrastructure ne fonctionnera pas de manière isolée, mais comme le débouché maritime d’une immense chaîne de valeur nationale. Le complexe industriel s’articule autour de trois autres projets d’envergure :

    • L’exploitation du gisement de fer de Belinga (situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo), considéré par les géologues comme l’une des réserves de minerai de fer de haute qualité les plus massives et encore inexploitées au monde ;
    • La construction d’un corridor ferroviaire inédit reliant directement le cœur minier de Belinga au complexe portuaire de l’Estuaire ;
    • La création du futur barrage hydroélectrique de Booué, indispensable pour garantir l’autonomie énergétique des installations extractives et des usines de transformation.

    Cette approche concertée vise à rompre avec l’historique modèle d’économie de rente extractive en imposant la transformation métallurgique locale avant toute exportation. La mise en œuvre opérationnelle de ce hub a franchi un cap décisif en avril 2026 grâce à la signature d’une convention de partenariat stratégique entre l’État gabonais et le géant de la logistique Africa Global Logistics (AGL).

    Au-delà de l’aspect purement infrastructurel, le projet Kobé-Kobé est présenté par les autorités de Libreville comme un puissant levier d’inclusion sociale. Les projections d’impact économique tablent sur la création d’un volume global allant jusqu’à 160 000 emplois, directs et indirects, tout au long des phases de déploiement et d’exploitation du complexe.

    Pour la jeunesse gabonaise, ce vivier représente une opportunité majeure d’insertion professionnelle dans des secteurs techniques variés : génie civil, manutention portuaire, ingénierie énergétique, maintenance ferroviaire et métallurgie. Le gouvernement national ambitionne de susciter un effet d’entraînement systémique sur le secteur privé local en intégrant les petites et moyennes entreprises (PME) nationales dans les chaînes de sous-traitance et de fourniture de services du projet.

    L’activation du chantier de Kobé-Kobé revêt également une portée hautement politique et géopolitique. Initié sous la magistrature constitutionnelle de Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet incarne la doctrine de restauration de la souveraineté économique nationale par la reprise en main des infrastructures critiques du pays. Il s’agit pour Libreville de préparer activement l’épuisement progressif des réserves pétrolières, qui portent encore le budget de l’État, en pivotant vers l’industrie minière durable. Si le calendrier d’exécution des travaux est scrupuleusement observé par les consortiums engagés, Kobé-Kobé s’affichera dès 2030 comme le principal moteur de l’émergence industrielle du Gabon.

  • Festival de Fès : la diplomatie culturelle marocaine se met en scène

    Festival de Fès : la diplomatie culturelle marocaine se met en scène

    Projection lumineuse sur les remparts.

    Publié aujourd’hui à 12h32 Lecture : 5 minutes.

  • Libreville : le président Oligui Nguema accélère la transformation du littoral

    Libreville : le président Oligui Nguema accélère la transformation du littoral

    Libreville, le 11 juin 2026 – Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a inspecté mercredi les vastes chantiers du front de mer de la capitale. Cette visite de terrain confirme sa détermination à faire du littoral un levier de croissance, d’attractivité et de modernisation urbaine.

    Le développement d’un pays se juge souvent à sa capacité à concrétiser les promesses. À Libreville, la façade maritime est en passe de devenir le symbole le plus tangible de cette ambition. Peu après avoir remis 200 véhicules dans le cadre du programme Taxi Gab, le président s’est rendu sur les sites d’aménagement du bord de mer. Une démarche hautement symbolique, qui reflète une gouvernance basée sur le suivi rigoureux des projets structurants et une présence régulière sur le terrain.

    Cette tournée a permis au président d’évaluer l’avancement de plusieurs infrastructures appelées à remodeler durablement le paysage urbain de Libreville et à renforcer son rayonnement économique.

    Le littoral, nouveau pivot de la stratégie urbaine

    La première halte s’est faite au pont de Gué-Gué, où s’élève un immeuble moderne destiné à des bureaux et logements. Porté par l’entreprise Mika Service d’Alain-Claude Kouakoua, ce projet immobilier s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la capitale.

    Au-delà de son aspect architectural, cette infrastructure traduit une mutation profonde dans la conception de la ville. Libreville ne se contente plus de satisfaire des besoins immédiats ; elle entend désormais anticiper son futur en développant des espaces capables d’attirer investisseurs, entreprises et services novateurs.

    Le choix du président de parcourir le site à bord d’un Taxi Gab conduit par une femme n’est pas anodin. Il illustre la volonté des autorités de lier les grands projets urbains aux politiques d’inclusion économique et d’autonomisation des citoyens.

    Un front de mer conçu comme moteur économique

    La visite s’est poursuivie sur le vaste chantier d’aménagement du bord de mer, du pont de Gué-Gué jusqu’à la Baie des Rois. Ce projet figure parmi les plus ambitieux engagés dans la capitale gabonaise.

    L’objectif dépasse le simple embellissement. Les autorités souhaitent créer un espace multifonctionnel mêlant loisirs, tourisme, activités économiques et mise en valeur du patrimoine naturel. Dans les grandes métropoles mondiales, les fronts de mer sont souvent des moteurs de croissance, capables de générer des investissements privés massifs, de stimuler l’emploi et d’améliorer l’image internationale d’une ville.

    En donnant plusieurs orientations pour optimiser l’exploitation future de cet espace stratégique, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté d’inscrire Libreville dans cette logique de compétitivité urbaine.

    Cette ambition s’accompagne d’un impératif majeur : la préservation durable des aménagements. Le président a insisté sur la nécessité pour les autorités municipales de renforcer la sensibilisation à la propreté, à la gestion des déchets et au respect du domaine public.

    L’entrepreneuriat local, partenaire du développement

    Un temps fort de la visite a été l’attention portée à une initiative d’une entrepreneure gabonaise, autour d’équipements et services pour les usagers des espaces sportifs du littoral.

    Cette démarche traduit une évolution notable des politiques publiques : les infrastructures ne sont plus seulement perçues comme des réalisations étatiques ; elles deviennent des opportunités pour les acteurs économiques nationaux de développer de nouveaux services, de créer des emplois et de participer à la dynamique de croissance.

    Les échanges entre le président et les nombreux citoyens venus à sa rencontre ont également mis en lumière cette vision : un développement fondé sur la valorisation des espaces publics, l’amélioration du cadre de vie et la création de richesses partagées.

    À travers cette descente de terrain, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme une orientation devenue une marque de son action publique : le suivi rigoureux des chantiers n’est plus un simple exercice protocolaire, mais un véritable instrument de pilotage de la transformation nationale.

    Sur les rives de Libreville, c’est bien plus qu’un front de mer qui se construit aujourd’hui. C’est une nouvelle projection du Gabon vers son avenir économique, touristique et urbain.

  • Référendum en RDC : le Sénat examine la proposition de loi en seconde lecture

    Référendum en RDC : le Sénat examine la proposition de loi en seconde lecture

    Le mercredi 10 juin, au cours d’une séance plénière, le président du Sénat, Sama Lukonde, a officialisé la transmission, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi encadrant l’organisation du référendum en République démocratique du Congo.

    Ce texte, désormais soumis à un second examen par la Chambre haute, a été confié à la commission politique, administrative et juridique (PAJ) pour une analyse approfondie. Cette dernière dispose de trois jours pour remettre ses conclusions.

    Portée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, élu du territoire de Yahuma dans la province de la Tshopo, la proposition avait été adoptée le 9 mai dernier par l’Assemblée nationale à une très large majorité : 348 voix pour, 2 contre et 1 abstention, sur 351 votants.

  • Mont-bouët : Eugène Mba face au défi du racket municipal

    Mont-bouët : Eugène Mba face au défi du racket municipal

    Au cœur de l’économie informelle de Libreville, le marché de Mont-Bouët est le théâtre d’un fléau qui mine le quotidien des commerçants. Le racket systématique, orchestré par certains agents municipaux et des forces de l’ordre, y est dénoncé avec force. Ce système d’extorsion représente aujourd’hui le principal défi du maire de la capitale, Eugène Mba.

    Sous l’animation des étals et les cris des vendeurs se cache une réalité bien plus sombre. À l’appel du Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et de l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon (ONG-SDG), de nombreux commerçants ont brisé le silence. Ils dénoncent un véritable « racket organisé » impliquant des agents municipaux et des forces de l’ordre.

    D’après les témoignages recueillis, les sommes exigées dépassent largement les taxes réglementaires. « Des agents de la mairie prélèvent 2 000 FCFA par étal au lieu des 500 FCFA normalement prévus », s’indigne un vendeur. Pire, les reçus ou tickets correspondants sont rarement délivrés, masquant ainsi une fraude à grande échelle qui asphyxie les petits budgets.

    Un fléau persistant difficile à éradiquer

    Ce phénomène n’est pas nouveau. Il traverse les mandatures municipales sans faiblir, protégé par des réseaux d’influence bien ancrés et un manque de traçabilité des paiements en espèces. Pour beaucoup, le racket est devenu un mal chronique qui fragilise des bénéfices déjà affectés par la baisse du pouvoir d’achat.

    Face à l’insuffisance des contrôles à l’Hôtel de Ville, la tâche s’annonce immense pour la nouvelle équipe municipale d’Eugène Mba.

    La numérisation comme solution ?

    Devant ce que certains qualifient de « mission impossible », des pistes de solution émergent pour assainir la gestion des marchés de Libreville. Pour plusieurs observateurs économiques, la réponse réside dans la transparence et la digitalisation des paiements. Éliminer la manipulation d’argent liquide par des intermédiaires en privilégiant des transactions numériques directes vers les caisses de la municipalité permettrait de couper l’herbe sous le pied des agents véreux.

    Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse la simple gestion urbaine : il s’agit de restaurer la confiance entre l’administration municipale et les opérateurs économiques locaux, piliers de l’économie de subsistance de la capitale.

  • Ashoka Buildcon propose un schéma intégré pour le contournement de Yaoundé à 1 260 milliards

    Ashoka Buildcon propose un schéma intégré pour le contournement de Yaoundé à 1 260 milliards

    Le projet de contournement de Yaoundé, infrastructure routière majeure au Cameroun, attire un nouvel acteur. Le groupe indien Ashoka Buildcon Limited a officiellement soumis une offre intégrée combinant conception, exécution et montage financier, pour un coût estimé à plus de 1 260 milliards de FCFA hors taxes. La proposition a été remise le 9 juin au ministère de l’Habitat et du Développement urbain, qui pilote le dossier.

    Lors de cette rencontre, Vinit Chitale, responsable du développement commercial pour les marchés mondiaux du groupe, a présenté un montage basé sur le modèle EPC (Engineering, Procurement and Construction). Dans ce cadre, un contractant unique assure l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction et la livraison de l’ouvrage. Ashoka Buildcon se dit également prêt à faciliter la mobilisation des financements, un aspect crucial alors que le tour de table n’est pas encore bouclé.

    Une rocade de 90 kilomètres pour désengorger la capitale camerounaise

    Conçue sur 90,54 kilomètres en 2 × 2 voies, la voie de contournement de Yaoundé traversera les départements du Mfoundi, de la Lékié, de la Mefou-et-Afamba et de la Mefou-et-Akono. Le profil retenu, particulièrement large, permettra à terme d’accueillir une voie express ou un système de transport collectif en site propre. Le tracé se décompose en quatre sections successives : de Mbankomo à Nkolméyang, puis vers Nkozoa, Minkoameyos, et retour à Mbankomo.

    L’ouvrage prévoit seize échangeurs, plusieurs ouvrages d’art et des aménagements hydrauliques pour sécuriser le linéaire. Selon les dernières évaluations ministérielles, la composante routière seule représenterait 794,7 milliards de FCFA hors taxes. S’y ajoute la viabilisation de quatre pôles de développement urbain dans les communes de Mbankomo, Mfou, Soa et Okola, pour 469 milliards supplémentaires. Le coût global atteint ainsi 1 263,7 milliards de FCFA hors taxes.

    Ramené au kilomètre, ces montants illustrent l’ampleur de l’effort financier. La seule infrastructure routière revient à près de 8,8 milliards de FCFA par kilomètre. En intégrant les pôles urbains associés, le coût grimpe à environ 14 milliards par kilomètre, un ratio qui place le projet parmi les plus capitalistiques jamais lancés dans la région.

    Le tronçon T3, vitrine technique pour les bailleurs européens

    Faute de pouvoir engager simultanément les quatre sections, le gouvernement camerounais a fait du tronçon T3 la priorité opérationnelle. Long de 22,8 kilomètres, il relie Nkozoa, sur la route nationale n°1, à Minkoameyos, au débouché de l’autoroute Yaoundé-Douala. Cette section est jugée stratégique car elle capterait une part substantielle du trafic de transit avant son entrée dans la capitale, allégeant la pression sur les voiries centrales.

    L’Union européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont déjà manifesté un intérêt marqué pour ce tronçon. Le bouclage de leur participation reste néanmoins conditionné par plusieurs prérequis techniques, environnementaux et sociaux, notamment les indemnisations, les études d’impact et la finalisation du Plan d’action de réinstallation. C’est dans cet interstice que s’inscrit l’offre d’Ashoka Buildcon, susceptible d’élargir l’éventail des solutions disponibles pour Yaoundé.

    Plusieurs zones d’incertitude subsistent toutefois. La nature juridique exacte du contrat envisagé, les conditions financières, les garanties éventuellement sollicitées auprès de l’État camerounais et l’articulation de la proposition indienne avec les bailleurs européens déjà mobilisés sur le T3 ne sont pas tranchées. Un schéma combinant financement concessionnel européen et apport indien sur les autres sections reste à explorer.

    Ashoka Buildcon, un acteur routier indien diversifié

    Ashoka Buildcon Limited figure parmi les développeurs indiens majeurs d’infrastructures routières. Le groupe intervient en EPC, mais aussi en partenariat public-privé, en BOT (Build-Operate-Transfer) et via le modèle de l’annuité hybride, un mécanisme prisé en Inde où l’État prend en charge une partie de l’investissement et l’opérateur supporte le solde contre des annuités. La société est également active dans l’énergie, le ferroviaire et le bâtiment.

    Pour les autorités camerounaises, l’intérêt d’un tel interlocuteur tient à sa capacité affichée à assembler ingénierie, exécution et structuration financière au sein d’une même offre. Aucun élément ne permet toutefois de préjuger d’une attribution. La démarche s’apparente, à ce stade, à une manifestation d’intérêt dans un projet dont la maturité technique contraste avec le retard persistant du bouclage financier. La transformation d’un dossier mûri depuis des années en chantier effectif demeure l’épreuve de vérité pour Yaoundé. Le positionnement du groupe indien intervient alors que la recherche de partenaires se poursuit activement.

  • Hommage à Alexis Dipanda Mouelle : le détail complet des obsèques

    Hommage à Alexis Dipanda Mouelle : le détail complet des obsèques

    Le planning des funérailles de l’ancien président de la Cour suprême dévoilé par sa famille.

    Le tout premier magistrat à avoir présidé la Cour suprême du Cameroun s’apprête à rejoindre la demeure éternelle. La famille d’Alexis Dipanda Mouelle a rendu public le déroulement de ses obsèques, qui se tiendront du lundi 22 au samedi 27 juin 2026.

    Du 22 au mercredi 24 juin 2026, des moments de recueillement et de prière sont prévus de 18h à 19h au domicile familial, situé au carrefour Bastos à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Le jeudi 25 juin 2026, à 10h, la levée du corps aura lieu à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé. S’ensuivront les hommages judiciaires à la Cour suprême.

    Village Bonakou-Bwapaki

    À 15h, une messe sera célébrée à la basilique Marie Reine des apôtres de Mvolye. Cette journée s’achèvera par une veillée au domicile familial. Le vendredi 26 juin 2026, le cortège funèbre prendra la direction du village Bonakou-Bwapaki. Durant ce trajet, une halte est prévue à la concession familiale à Bonakouamouang, par Akwa à Douala, suivie d’une veillée dans son village natal. L’inhumation est fixée au samedi 27 juin 2026.

    Pour mémoire, Alexis Dipanda Mouelle était un haut magistrat camerounais dont l’empreinte sur l’histoire judiciaire et politique du pays reste marquante. Il a dirigé la Cour suprême en tant que Premier président de 1990 à 2014. Né le 25 mars 1942 à Bonakou-Bwapaki (région du Littoral), il s’est éteint le 4 mai 2026 à l’âge de 84 ans.

    Daniel Mekobe Sone

    Diplômé de l’Université de Paris, il intègre la magistrature camerounaise en 1965. Il gravit les échelons avec méthode et devient Secrétaire général du ministère de la Justice en 1975. Nommé à la tête de la Cour suprême en 1986 (le titre formel de Premier président viendra plus tard), il y reste 24 ans, jusqu’à sa retraite le 31 décembre 2014, date à laquelle Daniel Mekobe Sone lui succède.

    Son parcours reste indissociable de la validation officielle de l’élection présidentielle de 1992. C’est lui qui proclame la victoire in extremis de Paul Biya (39,98 % des voix) face à l’opposant historique Ni John Fru Ndi (35,9 %), un verdict très contesté dans le contexte du retour au multipartisme.

    L’Institut international

    Au-delà du Cameroun, il a présidé la 17ᵉ session du Comité des Nations unies contre la torture, a siégé à la Chambre d’arbitrage de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, et a été membre de l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises (IDEF).

  • Gabon: l’iboga désormais sous contrôle strict

    Gabon: l’iboga désormais sous contrôle strict

    Le Gabon a franchi un nouveau cap dans la gestion de sa biodiversité en soumettant désormais l’exploitation et la commercialisation de l’iboga à une autorisation préalable des autorités. Cette plante endémique d’Afrique centrale, reconnue pour ses propriétés psychotropes et thérapeutiques, est devenue un enjeu économique et culturel majeur. Libreville verrouille ainsi l’accès à une ressource longtemps exploitée sans cadre, dont la valeur mondiale ne cesse de croître.

    Un patrimoine national sous haute protection

    La Tabernanthe iboga, arbuste des forêts équatoriales gabonaises, occupe une place centrale dans les traditions locales, notamment le rite initiatique bwiti. Elle attire également l’attention de la recherche biomédicale pour ses applications contre les addictions aux opiacés et à la cocaïne. Cette double dimension a suscité l’intérêt d’opérateurs étrangers, conduisant parfois à une exploitation non contrôlée des peuplements sauvages.

    Pour y remédier, le gouvernement gabonais conditionne toute activité liée à l’iboga — récolte, transformation, cession ou exportation — à une autorisation administrative. Cette mesure s’inscrit dans la continuité du classement de la plante comme patrimoine culturel national depuis 2000. Désormais, aucune opération commerciale ne peut être réalisée sans validation des services compétents, sous peine de sanctions.

    Lutter contre la biopiraterie et garantir la souveraineté

    Cette décision répond à une préoccupation de longue date : éviter que les bénéfices de l’iboga ne profitent uniquement à des acteurs étrangers, sans retombées pour les communautés locales ni pour l’État. De nombreuses cliniques en Europe et en Amérique du Nord proposent des cures à base d’ibogaïne, l’alcaloïde extrait des racines, à des tarifs élevés, alors que la matière première provient majoritairement des forêts gabonaises, où la cueillette sauvage menace l’espèce.

    En durcissant le cadre juridique, Libreville peut désormais tracer les flux, fixer des quotas et négocier des contrats d’accès et de partage des avantages conformément au protocole de Nagoya, dont le Gabon est signataire. Cette approche rejoint celle d’autres États du bassin du Congo soucieux de protéger leurs ressources génétiques. Toutefois, le contrôle sur le terrain reste un défi dans une zone forestière vaste et difficile d’accès, où la contrebande de produits forestiers non ligneux persiste.

    Vers une filière nationale structurée

    Au-delà de l’aspect répressif, ce nouveau cadre permet d’envisager la création d’une véritable filière nationale. Tradipraticiens, coopératives villageoises et industriels devront suivre un parcours administratif clair. L’enjeu est double : préserver les peuplements naturels, dont la régénération est lente, et capter la valeur ajoutée d’une plante convoitée par la recherche pharmaceutique.

    Plusieurs questions restent en suspens : quels critères pour les autorisations ? Quel ministère pilotera l’instruction ? Quelle place pour les communautés détentrices des savoirs traditionnels liés au bwiti ? La crédibilité du dispositif dépendra de la transparence des procédures et de la capacité de l’administration à équilibrer intérêts économiques et conservation.

    Pour les investisseurs et partenaires internationaux, le message est clair : l’iboga n’est plus une ressource libre d’accès. Le Gabon, qui multiplie les initiatives de valorisation de son capital naturel — crédits carbone, certification forestière — ajoute une pierre à sa stratégie de souveraineté écologique. La réussite de cette réforme se mesurera aux moyens humains et techniques consacrés à son application. Le nouveau régime d’autorisation est d’ores et déjà en vigueur.

  • Alassane Ouattara: un réseau d’amitiés françaises de Mougins à l’Élysée

    Alassane Ouattara: un réseau d’amitiés françaises de Mougins à l’Élysée

    Le président français Emmanuel Macron accueille le président ivoirien Alassane Ouattara lors d'une cérémonie marquant le 75e anniversaire du débarquement allié en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a contribué à libérer le sud de la France, à Boulouris, en France, le 15 août 2019.

    Le président ivoirien Alassane Ouattara entretient depuis plusieurs décennies des liens étroits avec le monde politique français. De son séjour à Mougins, dans le sud de la France, jusqu’aux couloirs de l’Élysée, ces amitiés ont façonné une partie de sa carrière et de ses relations diplomatiques.

    Ces connexions, nouées au fil des ans, incluent des figures majeures comme Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Elles illustrent la proximité durable entre la Côte d’Ivoire et la France, un axe clé de la politique étrangère ivoirienne. L’influence de ce réseau personnel se fait encore sentir dans les échanges actuels entre Abidjan et Paris.