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  • Crise militaire au Mali : le régime d’Assimi Goïta vacille face aux offensives djihadistes

    Crise militaire au Mali : le régime d’Assimi Goïta vacille face aux offensives djihadistes

    Le Mali sous pression : l’échec cuisant de la stratégie militaire d’Assimi Goïta

    Le Mali traverse actuellement l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Depuis son accession au pouvoir par un coup d’État en 2020, puis son renforcement par un second putsch en 2021, le colonel Assimi Goïta avait érigé la sécurité nationale en priorité absolue. Pourtant, six ans plus tard, son pouvoir vacille, miné par une réalité implacable : l’incapacité à endiguer la menace djihadiste.

    Mercenaires Africa Corps protégeant le régime malien

    Les forces du groupe Africa Corps, engagées pour soutenir Bamako, illustrent les limites d’une stratégie militaire de plus en plus contestée.

    Une offensive éclair qui révèle les failles du pouvoir

    Le 25 avril, le Mali a subi une série d’attaques d’une violence inédite. Des groupes armés tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé simultanément plusieurs positions stratégiques, y compris dans la région de Bamako. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a trouvé la mort lors de ces combats. Dans le nord du pays, des villes clés comme Kidal sont tombées sous le contrôle de groupes rebelles, portant un coup dur à la crédibilité de l’armée nationale.

    Cette offensive a révélé sous un jour cru l’impréparation et le manque de coordination des forces maliennes, malgré les moyens humains et matériels mobilisés. La promesse de restauration de la souveraineté territoriale s’est transformée en un échec retentissant.

    Souveraineté affichée, insécurité grandissante : le paradoxe malien

    Pour contrer la dépendance vis-à-vis des partenaires traditionnels, Bamako a rompu avec la France, expulsé les forces de la MINUSMA et misé sur le soutien des mercenaires russes d’Africa Corps. Officiellement, cette orientation devait permettre au Mali de retrouver sa pleine autonomie. Dans les faits, la situation sécuritaire s’est dramatiquement dégradée : les groupes jihadistes étendent leur emprise, les tensions intercommunautaires s’intensifient, et la population civile endure les conséquences d’un conflit sans fin.

    Le discours souverainiste, brandi comme un bouclier politique, a surtout servi à justifier une concentration du pouvoir aux mains de la junte. Les partis d’opposition sont muselés, les médias sous surveillance, et toute voix dissidente est systématiquement réprimée. La légitimité du régime, autrefois fondée sur la promesse de stabilité, s’effrite jour après jour.

    Un pouvoir assiégé, des perspectives sombres

    Le Mali se trouve aujourd’hui pris en étau. Sur le plan militaire, les groupes armés démontrent une résilience et une capacité de nuisance intactes. Sur le plan politique, les divisions internes au sein de la junte et l’usure du pouvoir affaiblissent davantage le gouvernement. Les alliances fragiles, comme celle avec les mercenaires d’Africa Corps, peinent à compenser les défaillances structurelles de l’État malien.

    Assimi Goïta, qui se présentait comme le sauveur de la nation, risque de laisser derrière lui un pays plus divisé et plus instable que jamais. Son incapacité à rétablir la sécurité et son entêtement à maintenir un régime autoritaire pourraient bien sceller le déclin d’un projet politique déjà sérieusement ébranlé.

  • Promulgation du nouveau code électoral au Sénégal : un tournant pour Ousmane Sonko et le PASTEF

    Promulgation du nouveau code électoral au Sénégal : un tournant pour Ousmane Sonko et le PASTEF

    Le président Bassirou Diomaye Faye officialise la réforme électorale

    Le climat politique au Sénégal franchit une étape décisive. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a apposé sa signature au bas de la loi modifiant le Code électoral le vendredi 15 mai 2026. Cet acte officiel intervient après une période d’incertitude et de discussions passionnées au sein de l’opinion publique et de la classe politique, faisant suite à l’adoption préalable du texte par l’Assemblée nationale.

    Cette décision était particulièrement scrutée par les sympathisants du PASTEF. Pour Ousmane Sonko et sa formation politique, cette promulgation représente l’aboutissement d’un processus législatif majeur. Bien que l’attente ait suscité de nombreuses interrogations, la validation présidentielle vient clore une séquence de doutes qui persistait depuis le vote des députés.

    La fin d’une période d’incertitude législative

    La signature de ce texte met un terme à une semaine de flottement marquée par des controverses juridiques et politiques. Le débat a été intense, opposant différentes visions sur l’avenir du système démocratique sénégalais, tant dans l’espace public que dans les rangs de l’opposition. En ratifiant la loi n°11/2026, le pouvoir exécutif choisit de stabiliser le cadre électoral du pays.

    Si la promulgation de cette nouvelle mouture du Code électoral permet de tourner provisoirement une page, elle ne signifie pas pour autant la fin des discussions. Les implications concrètes de cette réforme législative et les interprétations de ses conséquences devraient continuer de structurer les échanges politiques dans les prochains jours, alors que les acteurs se préparent pour les futures échéances au Sénégal.

  • Instabilité au Mali : le lourd tribut d’une souveraineté sans remparts

    Instabilité au Mali : le lourd tribut d’une souveraineté sans remparts

    Arméau Mali

    Dans l’immensité aride du Sahel, là où les tempêtes de sable masquent souvent la réalité des combats, le Mali fait face à un constat brutal : la rupture avec ses alliés historiques laisse un champ libre aux forces du chaos. Les récentes vagues d’attaques qui frappent le pays ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat direct d’un basculement politique majeur, orchestré au nom d’une indépendance farouchement mise en avant.

    Cette quête de souveraineté, portée par un discours de rupture, a conduit à l’éviction de ceux qui stabilisaient les lignes de front. Aujourd’hui, les conséquences de ce choix stratégique se manifestent par une recrudescence de la violence terroriste sur le territoire malien.

    Le départ des forces françaises et le vide sécuritaire

    Bamako a exigé et obtenu le retrait définitif des troupes étrangères. Les bases de Gao, Tessalit et Ménaka ont été évacuées sous la pression d’une opinion publique galvanisée par des slogans hostiles. Pourtant, il est essentiel de se souvenir qu’en 2013, c’est l’intervention extérieure qui avait stoppé l’avancée des colonnes djihadistes vers le sud, évitant ainsi un effondrement total de l’État malien.

    Le constat est aujourd’hui sans appel : chasser l’armée française n’était sans doute pas l’option la plus judicieuse pour la sécurité nationale. Sans ce soutien, le Mali risque de perdre son unité territoriale. Cette réalité s’impose désormais avec une violence cruelle sur le terrain.

    Une fois les dispositifs de surveillance et de frappe levés, un gouffre sécuritaire s’est ouvert. Les factions liées à Al-Qaïda et à l’État islamique n’ont pas tardé à s’engouffrer dans ces brèches. Là où une présence militaire structurée contenait les menaces, les forces locales peinent désormais à maintenir un contrôle durable sur des zones entières.

    Le sacrifice de cinquante-huit soldats au Sahel

    Il est impossible d’évoquer cette crise sans honorer la mémoire des cinquante-huit militaires français tombés sur le sol sahélien. Ces hommes n’étaient pas engagés dans une aventure coloniale, mais dans une lutte acharnée contre le terrorisme à Kidal, dans l’Adrar des Ifoghas ou à In Delimane.

    Ils ont affronté un climat extrême et un ennemi invisible pour empêcher la création d’un sanctuaire djihadiste au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Leur sacrifice ne doit pas être occulté par des simplifications idéologiques ou des postures politiques passagères.

    Certes, des erreurs de stratégie ont pu être commises au fil des années, notamment dans l’accompagnement des réformes politiques locales. Toutefois, l’effort militaire fourni a longtemps préservé un équilibre régional précaire. En choisissant de briser cette architecture de défense, le Mali se retrouve désormais seul face à ses responsabilités.

    La souveraineté, lorsqu’elle est proclamée sans les moyens de la défendre, ne suffit pas à stopper des groupes armés déterminés. Le Sahel a été pour les forces françaises un théâtre d’engagement total et un champ d’honneur qui ne saurait être balayé par les vents changeants de la politique de Bamako.

  • Un Français incarcéré au Sénégal pour son orientation sexuelle

    Un Français incarcéré au Sénégal pour son orientation sexuelle

    Un ingénieur de nationalité française, âgé d’une trentaine d’années, se trouve actuellement derrière les barreaux au Sénégal. Son interpellation remonte au 14 février dernier, dans un climat de répression accrue contre les minorités sexuelles dans le pays.

    Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire « Non à l’homosexualité », lors d’une manifestation à Dakar, au Sénégal, le 23 mai 2025.

    Résidant à Dakar, cet homme fait face à des accusations sérieuses. Les autorités sénégalaises lui reprochent des « actes contre-nature », mais aussi des faits d’association de malfaiteurs, de blanchiment d’argent et une tentative de transmission du VIH. Cette arrestation s’inscrit dans une opération plus large ayant visé plusieurs personnes à la même période.

    Un cadre législatif de plus en plus sévère

    Le contexte juridique a récemment évolué au Sénégal, nation à forte majorité musulmane. Début mars, une législation durcissant les sanctions contre l’homosexualité a été adoptée par les parlementaires, avant d’être officiellement promulguée le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye. Désormais, les relations entre personnes de même sexe peuvent conduire à des peines de réclusion allant de cinq à dix ans.

    Cette situation reflète une montée de l’homophobie sur le territoire national, où les arrestations pour homosexualité présumée se multiplient. La lutte contre ce qui est perçu localement comme une déviance est devenue un argument politique majeur pour le pouvoir en place, répondant à une attente d’une partie de la population.

    Suivi diplomatique et protection consulaire

    Face à cette incarcération, les services consulaires français à Dakar restent mobilisés. Le ressortissant a déjà reçu quatre visites en détention. L’ambassade assure un suivi régulier de son dossier et maintient un contact permanent avec ses proches, tandis que les autorités à Paris supervisent l’évolution de la procédure.

    La France continue de plaider pour le respect universel des droits de l’homme, incluant la défense des droits des personnes LGBT+ et la dépénalisation de l’homosexualité à l’échelle mondiale, s’opposant fermement à toute forme de discrimination liée à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle.

  • Ousmane Sonko prépare la restructuration du Pastef lors d’une réunion stratégique

    Ousmane Sonko prépare la restructuration du Pastef lors d’une réunion stratégique

    À l’approche de son grand rassemblement national, la direction du Pastef s’est retrouvée le vendredi 15 mai au domicile de son leader, Ousmane Sonko, situé à la Cité Keur Gorgui. Cette rencontre visait à amorcer une transformation structurelle majeure pour l’organisation politique.

    Une mobilisation des cadres autour du projet

    Les piliers du mouvement, tels que El Malick Ndiaye, Birame Souleye Diop, Yassine Fall, Daouda Ngom et Ayib Daffé, ont participé à cette séance de travail cruciale. L’ordre du jour était centré sur les échéances politiques à venir, avec une attention particulière portée sur le congrès national prévu pour le 6 juin 2026.

    Bien que le lieu officiel ne soit pas encore validé, l’option de Diamniadio est actuellement à l’étude pour accueillir cet événement d’envergure.

    Les priorités d’Ousmane Sonko pour l’avenir du parti

    Pour Ousmane Sonko, la réussite de ce congrès est une priorité absolue. Il a exprimé sa volonté de démontrer la vitalité et la puissance de sa formation politique. « Il est impératif de faire de ce congrès un succès et de redynamiser nos bases », a-t-il affirmé devant ses collaborateurs. Le leader a également insisté sur une restructuration profonde afin de rendre l’action du Pastef plus lisible et efficace.

    La stratégie de remobilisation passera par une présence accrue sur le terrain. L’objectif est d’investir toutes les localités, y compris les zones les plus isolées du Sénégal. À l’issue de cet échange, El Malick Ndiaye, figure centrale du parti et président de l’Assemblée nationale, a partagé son optimisme quant aux perspectives de souveraineté et de progrès portées par ce projet collectif, soulignant l’importance de la discipline et de l’engagement des militants.

  • Préparation du congrès du 6 juin : Ousmane Sonko affine sa stratégie de restructuration

    Préparation du congrès du 6 juin : Ousmane Sonko affine sa stratégie de restructuration

    Le domicile d’Ousmane Sonko, situé à la Cité Keur Gorgui, a pris des airs de centre de commandement politique ce vendredi 15 mai 2026. À quelques semaines seulement du tout premier congrès national du Pastef, prévu pour le 6 juin 2026, le leader de la formation a réuni son cercle restreint pour une session de travail déterminante. Parmi les participants figuraient des piliers du mouvement tels qu’El Malick Ndiaye, Birame Souleye Diop, Yassine Fall, Daouda Ngom et Ayib Daffé.

    Cette rencontre à huis clos visait avant tout à consolider l’appareil politique et à préparer les troupes pour ce rendez-vous historique. Si le choix de la ville de Diamniadio pour accueillir l’événement semble se préciser, les discussions ont surtout porté sur la refonte structurelle du parti. Ousmane Sonko souhaite valider officiellement les ajustements initiés en avril dernier, notamment la nomination de quatre vice-présidents.

    Un enjeu de restructuration interne majeur

    L’objectif affiché est de bâtir une organisation plus rigoureuse et cohérente, capable d’épauler efficacement les réformes gouvernementales et de répondre aux défis économiques du Sénégal. Pour le Premier ministre, il s’agit de transformer l’élan militant en une force politique structurée et disciplinée, prête à affronter les enjeux du futur.

    Une mobilisation nationale sous le signe du renforcement

    Pour marquer cette nouvelle étape, Ousmane Sonko a utilisé une métaphore imagée en wolof, « Yokk thiéré doli gnekh », signifiant qu’il faut augmenter la quantité et enrichir la sauce. Ce message est une invitation claire à intensifier la présence du Pastef sur l’ensemble du territoire national. L’idée est d’occuper chaque localité, des centres urbains aux villages les plus isolés du Sénégal, afin de redynamiser la base militante.

    À l’issue de cette séance, l’enthousiasme était palpable. El Malick Ndiaye a d’ailleurs souligné les perspectives prometteuses qui s’ouvrent pour le parti, plaçant cette dynamique sous l’égide de la souveraineté nationale. Le Pastef semble ainsi prêt à engager une démonstration de puissance politique sans précédent depuis son arrivée au pouvoir.

  • Les grands tournants de l’actualité africaine : entre diplomatie, économie et réformes

    Les grands tournants de l’actualité africaine : entre diplomatie, économie et réformes

    Emmanuel Macron, à l’Élysée, le 7 mai.

    Le paysage politique et économique du continent africain traverse une phase de mutations profondes. Des sommets diplomatiques aux réformes institutionnelles locales, voici les cinq points majeurs qui marquent cette période de transition.

    • Analyse du sommet Africa Forward et des nouvelles orientations d’Emmanuel Macron.
    • Le cri d’alarme du secteur privé lors de l’Africa CEO Forum à Kigali.
    • L’incertitude persistante autour de la vice-présidence au Cameroun.
    • Les implications de la révision constitutionnelle au Sénégal pour l’équilibre du pouvoir.
    • Le profilage stratégique du nouvel ambassadeur de France au Maroc.

    1. Fin de l’aide au développement : le virage de Macron à Nairobi

    À l’occasion du sommet Africa Forward tenu à Nairobi les 11 et 12 mai, une rupture conceptuelle majeure a été actée. Le paradigme traditionnel de l’aide publique au développement est désormais considéré comme obsolète. L’approche privilégie maintenant l’investissement solidaire, un modèle visant à mobiliser les capitaux privés face à des marchés souvent freinés par des perceptions de risque disproportionnées.

    Cet événement, co-organisé avec William Ruto, a rassemblé une trentaine de dirigeants. La France a affiché des intentions d’investissement à hauteur de 14 milliards d’euros sur un total de 23 milliards. Ce déplacement marque également un pivot diplomatique vers l’Afrique de l’Est anglophone, délaissant temporairement les zones de tension du Sahel. Ce rapprochement avec le Kenya sert de tremplin pour porter une réforme de la finance mondiale lors des prochaines échéances internationales.

    Le constat est chiffré : alors que l’aide publique mondiale s’essouffle, le capital privé est appelé à prendre le relais. Un défi de taille dont la réussite dépendra de la capacité à rassurer les investisseurs sur la réalité du terrain africain.

    2. Africa CEO Forum : l’impératif de la croissance à Kigali

    Prise de parole du président rwandais, Paul Kagame, lors de la cérémonie d'ouverture de l'ACF 2026.

    Réunis à Kigali, près de 2 800 décideurs ont planché sur le thème de l’urgence de passer à l’échelle supérieure. Le message est clair : sans champions économiques capables de rivaliser au niveau mondial, l’Afrique continuera de subir les règles extérieures. Malgré les promesses de la Zlecaf, les barrières logistiques et réglementaires freinent encore l’intégration commerciale intra-africaine.

    Le président rwandais Paul Kagame a d’ailleurs dénoncé une certaine hypocrisie internationale, fustigeant ceux qui s’intéressent aux ressources minières tout en multipliant les injonctions morales. Pour lui, le secteur privé doit devenir le moteur d’une souveraineté économique réelle.

    3. Cameroun : le mystère de la vice-présidence vacante

    Le président camerounais, Paul Biya, et sa femme, Chantal Biya, à Yaoundé, le 18 avril 2026. © PATRICK MEINHARDT / AFP

    À Yaoundé, bien que le cadre légal pour une vice-présidence soit désormais en place, le poste demeure non pourvu. Cette vacance alimente toutes les convoitises au sein du pouvoir camerounais. Si le nom de Franck Biya a circulé avec insistance, des tensions internes, notamment l’influence de Chantal Biya en faveur d’autres options familiales, semblent avoir suspendu le processus de nomination.

    Ce blocage met en lumière les enjeux de la succession de Paul Biya. Entre les ministres influents et les membres du cercle familial, la bataille pour ce poste stratégique reflète l’instabilité latente des équilibres politiques au Cameroun.

    4. Sénégal : une révision constitutionnelle aux allures de partage de pouvoir

    Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le 16 octobre 2025. © PATRICK MEINHARDT / AFP

    Au Sénégal, un projet de réforme constitutionnelle pourrait transformer radicalement la gestion de l’État. Le texte prévoit une collaboration accrue entre le président et le Premier ministre pour définir la politique nationale. Ousmane Sonko, à la primature, bénéficierait de prérogatives renforcées, notamment un droit de saisine autonome de la Cour constitutionnelle.

    Parallèlement, des restrictions imposées au chef de l’État concernant la direction de partis politiques pourraient laisser le champ libre à Ousmane Sonko pour consolider son assise partisane avec le Pastef. Cette nouvelle architecture institutionnelle pose la question de la stabilité en cas de désaccord entre les deux têtes de l’exécutif.

    5. France-Maroc : Philippe Lalliot, un profil de crise pour Rabat

    Philippe Lalliot lors d'un entretien dans la salle de crise du CDCS, au ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, quai d'Orsay à Paris, le 11 mars 2026.

    La nomination de Philippe Lalliot comme ambassadeur de France au Maroc marque une nouvelle étape dans le réchauffement des relations entre Paris et Rabat. Ce diplomate expérimenté, spécialiste de la gestion de crise, arrive dans un contexte où les échanges économiques restent solides, malgré des négociations diplomatiques pointilleuses.

    Sa mission sera de consolider ce socle économique tout en naviguant dans les subtilités d’un traité d’amitié encore en discussion. Paris cherche manifestement une approche pragmatique et efficace pour stabiliser ce partenariat historique essentiel en Afrique du Nord.

  • Un citoyen français emprisonné au Sénégal sur fond de durcissement législatif

    Un citoyen français emprisonné au Sénégal sur fond de durcissement législatif

    Depuis le 14 février dernier, un ressortissant français se trouve en détention préventive au Sénégal. Cette arrestation, survenue lors d’une opération d’envergure, repose sur plusieurs chefs d’accusation graves, notamment pour des « actes contre-nature », association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux ainsi qu’une tentative de transmission du VIH. Cette situation s’inscrit dans un climat social et politique marqué par une intensification de la répression visant l’homosexualité présumée dans le pays.

    Un cadre juridique de plus en plus sévère

    Le Sénégal a franchi une nouvelle étape en mars dernier en durcissant considérablement son arsenal législatif. Désormais, les relations entre personnes de même sexe peuvent entraîner des peines de réclusion allant de cinq à dix ans. L’application de ces mesures est déjà une réalité : en avril, un jeune Sénégalais a été condamné à une peine de six ans de prison ferme après avoir été appréhendé dans la banlieue de Dakar.

    Face à cette incarcération, les services consulaires français à Dakar assurent un suivi rigoureux. Le détenu a déjà reçu quatre visites consulaires afin de garantir sa protection et de maintenir un lien constant avec sa famille, en coordination avec les autorités à Paris.

    Une législation sous le feu des critiques internationales

    Dans ce pays à forte majorité musulmane, les pratiques homosexuelles sont officiellement perçues comme une déviance. Le renforcement des sanctions pénales constituait un engagement politique majeur du pouvoir actuel, une promesse concrétisée par le président Bassirou Diomaye Faye. Toutefois, cette orientation suscite une vive réprobation à l’échelle mondiale.

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a fermement dénoncé ce texte qu’il considère comme une violation flagrante des libertés fondamentales. De son côté, la diplomatie française manifeste son inquiétude face à l’alourdissement des peines et à l’émergence de nouveaux délits liés à la promotion de l’homosexualité. La France réitère son engagement indéfectible pour le respect universel des droits humains et milite activement pour la dépénalisation de l’homosexualité à travers le monde, s’opposant à toute forme de discrimination liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

  • Condamnation unanime de l’ONU après les violentes offensives au Mali

    Condamnation unanime de l’ONU après les violentes offensives au Mali

    Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé sa vive indignation suite aux attaques terroristes odieuses perpétrées par des groupes affiliés à Al-Qaïda au Mali. Ces assauts, qui ont débuté le 25 avril, ont suscité une réaction immédiate de la communauté internationale, exigeant que les coupables répondent de leurs actes.

    Dans une déclaration officielle, l’instance onusienne a insisté sur l’impératif de traduire devant la justice non seulement les exécutants, mais aussi les planificateurs et les soutiens financiers de ces violences. La lutte contre l’impunité reste une priorité absolue pour stabiliser la région.

    Le Mali traverse une phase de forte instabilité après une série d’offensives sans précédent visant des points névralgiques des autorités au pouvoir depuis 2020. Les événements des 25 et 26 avril, ayant ciblé plusieurs localités stratégiques, ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense, marquant un tournant inquiétant dans la crise sécuritaire que traverse le pays.

  • Durcissement législatif au Sénégal : la communauté LGBTQIA+ face à une répression sans précédent

    Durcissement législatif au Sénégal : la communauté LGBTQIA+ face à une répression sans précédent

    Alors que plusieurs capitales mondiales célèbrent des décennies de lutte pour la visibilité et l’égalité, une atmosphère radicalement opposée s’installe à Dakar. Au Sénégal, la situation des droits humains traverse une période de turbulences majeures avec l’entrée en vigueur d’un nouvel arsenal juridique visant spécifiquement les minorités sexuelles. Cette législation, parmi les plus sévères du continent, institutionnalise une traque qui inquiète les observateurs internationaux.

    Le texte, officiellement promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye, durcit considérablement les sanctions liées aux « actes contre nature ». Désormais, la peine de prison maximale est doublée, passant de 5 à 10 ans d’enfermement. Sur le plan financier, les sanctions pécuniaires subissent une hausse vertigineuse, pouvant atteindre 10 millions de francs CFA, soit environ 15 000 euros. Ce projet, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko sous le sceau de la « souveraineté nationale », a reçu un soutien massif au Parlement. Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale a scellé cette réforme par un vote unanime de 135 voix, sans aucune opposition.

    Un climat de terreur et des violences populaires

    L’impact de ces nouvelles dispositions ne s’est pas fait attendre. En l’espace de quelques semaines, plus d’une centaine d’individus ont été interpellés pour des soupçons d’homosexualité. Dans ce contexte de tension extrême, certains prévenus en viennent à considérer la cellule de prison comme un refuge face à la fureur de foules prêtes à pratiquer des lynchages. « La peur est permanente. On vit dans la hantise d’être dénoncé ou capturé à chaque instant. Ce n’est plus une existence possible », témoigne un jeune homme contraint à la clandestinité.

    Cette hostilité semble encouragée par des discours radicaux émanant de certaines sphères d’influence. La haine est parfois présentée comme un gage de piété religieuse, créant une confusion dangereuse entre conviction personnelle et violence physique. La paranoïa s’étend désormais aux cercles d’expatriés. L’arrestation brutale d’un ingénieur de nationalité française, cueilli à son domicile lors d’une opération de type rafle, a provoqué une onde de choc, illustrant que personne ne semble plus à l’abri de ces méthodes d’intimidation.

    Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire "non à l’homosexualité" lors d’une manifestation réclamant la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal, à Dakar, le 23 mai 2025. Des manifestants ont défilé à Dakar le 23 mai 2025 po

    Instrumentalisation politique et enjeux sanitaires

    Le mouvement religieux And Sàmm Jikko Yi, fer de lance de cette offensive législative, n’hésite pas à qualifier la communauté LGBTQIA+ de « péril public ». Son dirigeant, l’imam Babacar Sylla, multiplie les déclarations stigmatisantes, sans fondement scientifique, affirmant une impossibilité totale de compassion. Pour de nombreux analystes, cette rhétorique sert également de levier politique au gouvernement pour masquer les difficultés liées à la récession économique, en désignant l’homosexualité comme une influence étrangère incompatible avec les valeurs du Sénégal.

    Au-delà de la question des libertés individuelles, c’est une crise de santé publique qui se profile. Les organisations locales de défense des droits constatent un effondrement des taux de dépistage du VIH. La crainte d’être identifié ou poursuivi par les autorités pousse les populations vulnérables à renoncer aux protections de base et aux soins. « Porter un préservatif ou du lubrifiant devient un risque pénal. Les patients séropositifs disparaissent des radars médicaux », s’inquiète un acteur associatif.

    Avec cette dérive autoritaire, le Sénégal rejoint la liste des 31 pays d’Afrique criminalisant l’orientation sexuelle. Autrefois perçu comme un havre de tolérance et de stabilité, le pays s’aligne désormais sur les positions les plus répressives de la région, à l’instar de l’Ouganda ou du Nigeria. Pour ceux qui sont visés par cette loi, l’alternative se résume aujourd’hui à un choix tragique : le silence absolu ou le chemin de l’exil.

  • Le Sénégal mobilise 1311 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UEMOA

    Le Sénégal mobilise 1311 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UEMOA

    Face à l’impossibilité d’émettre des eurobonds suite à la réévaluation des comptes publics de 2024, le Sénégal a fait du marché des titres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) son principal levier de financement. Durant le premier tiers de l’année, le Trésor sénégalais a réussi à lever 1311,3 milliards de FCFA. Ce recours massif aux investisseurs de la zone témoigne de l’urgence des besoins budgétaires alors que les agences de notation maintiennent une surveillance rigoureuse sur la signature du pays.

    Une orientation forcée vers le financement régional

    L’absence de Dakar sur la scène financière internationale résulte d’une nécessité plutôt que d’une volonté délibérée. La révélation d’un endettement public plus lourd que prévu a refroidi les marchés extérieurs et renchéri le coût des emprunts en devises. En conséquence, les autorités financières se sont tournées vers Umoa-Titres, l’institution chargée de coordonner les émissions de titres pour les huit pays membres de l’Union.

    Avec un volume de 1311,3 milliards de FCFA captés en seulement quatre mois — soit environ deux milliards d’euros — le Sénégal s’impose comme l’un des acteurs les plus dynamiques de la région. Cette cadence, qui avoisine les 330 milliards de FCFA par mois, dépasse les standards habituels du pays et démontre une volonté de compenser le manque à gagner issu des marchés internationaux par une présence accrue sur le compartiment régional.

    Des conditions d’emprunt de plus en plus onéreuses

    Cependant, cette forte présence sur le marché local a un coût non négligeable. Les institutions bancaires régionales, qui soutiennent ces opérations, réclament des taux d’intérêt plus élevés pour couvrir les risques perçus. Les récentes dégradations de la note souveraine par Moody’s et Standard & Poor’s pèsent lourdement sur les négociations, obligeant le Sénégal à emprunter à des conditions moins avantageuses que certains de ses voisins directs à maturité égale.

    Cette dynamique engendre deux problématiques majeures. D’un côté, le poids des intérêts alourdit un budget déjà fragile. De l’autre, cette captation massive des liquidités disponibles dans l’espace UEMOA pourrait limiter les capacités de financement pour d’autres nations comme la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Burkina Faso, tout en risquant de freiner l’accès au crédit pour le secteur privé régional.

    L’impératif de restaurer la confiance internationale

    Pour les autorités de Dakar, l’objectif est désormais de rétablir une crédibilité financière solide. Des discussions sont engagées avec le Fonds monétaire international (FMI) pour valider un nouveau programme de soutien. Un accord permettrait de rassurer les investisseurs globaux et de rouvrir les portes des marchés financiers mondiaux, indispensables pour financer les projets d’envergure, notamment dans les secteurs de l’énergie et des hydrocarbures.

    La stratégie menée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko repose sur une gestion rigoureuse de la trésorerie nationale le temps d’assainir les finances publiques. Si le marché régional assure la survie financière immédiate, la réduction de la facture de la dette reste la priorité absolue pour stabiliser l’économie à long terme et regagner la confiance des bailleurs.

  • Arsenal face à Burnley : un pas de plus vers le sacre en Premier League

    Arsenal face à Burnley : un pas de plus vers le sacre en Premier League

    Lancé dans une course effrénée pour décrocher son premier titre de champion d’Angleterre depuis 2004, Arsenal ne peut plus se permettre le moindre faux pas. Après avoir surmonté un obstacle de taille dimanche dernier avec une victoire minimale (1-0) sur la pelouse de West Ham, les Gunners retrouvent l’Emirates Stadium pour leur ultime apparition à domicile de la saison. Ils y accueillent une formation de Burnley qui n’a plus que son honneur à défendre.

    Prévue ce lundi soir à 21h00, cette confrontation est cruciale pour les hommes de Mikel Arteta. L’objectif est clair : reprendre provisoirement cinq points d’avance sur Manchester City, qui jouera le lendemain à Bournemouth. Voici tout ce qu’il faut savoir avant le coup d’envoi de ce duel entre le leader et les Clarets.

    Arsenal – Burnley : les détails de la rencontre

    • Date : lundi 18 mai
    • Horaire : 21h00 (heure française)
    • Lieu : Emirates Stadium
    • Arbitre principal : Paul Tierney
    • Assistance vidéo (VAR) : Oui
    • Diffusion TV : Canal+ Foot

    L’état de forme d’Arsenal

    Malgré une pression constante lors de leur dernier déplacement au London Stadium, les Londoniens ont su garder leurs nerfs pour s’imposer 1-0. Ce succès leur permet de rester maîtres de leur destin national, alors qu’une finale de Ligue des champions se profile également à l’horizon. L’actualité du club a été marquée par une décision de la VAR annulant un but de West Ham en fin de match, mais la concentration reste totale sur la réception de Burnley.

    Côté effectif, Mikel Arteta doit composer avec des absences notables en défense. Ben White, blessé au genou lors du dernier match, est forfait pour le reste de l’exercice et pourrait manquer la Coupe du monde. Ricardo Calafiori est également incertain. En conséquence, Hincapié et Mosquera devraient occuper les couloirs. Le repositionnement de Declan Rice sera scruté de près, tant son apport au milieu de terrain est fondamental pour l’équilibre collectif.

    Les statistiques plaident largement en faveur des Gunners : le club reste sur une série impressionnante de 44 matchs sans défaite à domicile face à des promus, dont 15 victoires consécutives. Une victoire ce lundi placerait une pression immense sur les épaules de leurs concurrents directs pour le titre.

    Onze de départ probable d’Arsenal : Raya – Hincapié, Gabriel, Saliba, Mosquera – Lewis-Skelly, Rice – Trossard, Odegaard, Saka, Gyokeres.
    Entraîneur : Mikel Arteta

    La situation de Burnley

    Pour les joueurs dirigés par Michael Jackson, l’enjeu est avant tout symbolique. Déjà condamnés, les Clarets luttent pour ne pas terminer à la dernière place du classement, une position que le club n’a jamais occupée lors de ses précédentes relégations. Ils surveillent de près les Wolves, qui conservent un espoir mathématique de les dépasser.

    La tâche s’annonce ardue à l’Emirates Stadium, d’autant que Burnley n’a pas réussi à s’imposer à l’extérieur contre une équipe du top 14 cette saison. Avec 45 buts encaissés loin de leurs bases, la défense du Lancashire devra réaliser un exploit pour contenir l’attaque londonienne.

    Onze de départ probable de Burnley : Weiß – Pires, Humphreys, Estève, Tuanzebe, Walker – Anthony, Ugochukwu, Florentino, Tchaouna – Flemming.
    Entraîneur : Michael Jackson

    Historique et statistiques

    Si Arsenal semble favori, la prudence reste de mise. Par le passé, Burnley a su créer la surprise à Londres en évitant la défaite lors de deux de ses trois derniers voyages (une victoire et un nul). Cependant, la dynamique récente est sans appel : les trois dernières oppositions se sont soldées par trois succès d’Arsenal, avec un score total de 10 buts à 1.

    Où suivre le match ?

    La rencontre sera retransmise en direct ce lundi 18 mai à partir de 21h00 sur la chaîne Canal+ Foot. Les abonnés pourront également accéder au match via la plateforme numérique dédiée pour un suivi en streaming.

    Cotes de la rencontre

    • Victoire d’Arsenal : 1,08
    • Match nul : 9,75
    • Victoire de Burnley : 24,00

    Note : Les cotes sont mentionnées à titre indicatif et peuvent varier avant le début de la partie.