Nouvelle victoire pour la constitution sénégalaise, sonko en difficulté

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Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu hier une décision historique en rejetant la réforme institutionnelle portée par la majorité parlementaire du Pastef. Le texte, présenté comme un outil de rééquilibrage des pouvoirs, a été jugé contraire à la Constitution par les juges suprêmes.

Cette invalidation intervient après son adoption par l’Assemblée nationale, où le parti au pouvoir bénéficiait d’une large majorité. Deux irrégularités majeures ont été relevées : l’absence de financement prévu pour la future Cour constitutionnelle et le non-respect des procédures parlementaires lors de l’examen des amendements.

Adji Diarra Mergane Kanouté, ex-députée et leader du parti USD/A, a salué cette décision tout en rappelant qu’une nouvelle initiative pourrait être envisagée si elle respecte strictement la Constitution. Elle a notamment souligné que toute réforme créant de nouvelles charges publiques (comme l’organisation d’élections ou la mise en place d’une Cour constitutionnelle) doit s’accompagner de ressources financières adéquates, conformément à l’article 82 de la Constitution.

L’une des dispositions les plus controversées de cette réforme concernait le renforcement des prérogatives parlementaires dans les enquêtes sur l’exploitation des ressources naturelles. Une avancée qui avait suscité des débats intenses au sein de la classe politique.

Réactions en cascade après l’arrêt du Conseil

Ousmane Sonko a reconnu publiquement la décision du Conseil constitutionnel dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. Du côté de la majorité présidentielle, on insiste sur la légitimité des institutions et l’importance de poursuivre le dialogue autour des réformes. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a exprimé son soutien à cette décision, la qualifiant d’« initiative salutaire » pour la démocratie sénégalaise.

Un climat politique tendu au plus haut sommet de l’État

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son éviction de la Primature en mai, Sonko a pris la présidence de l’Assemblée nationale, mais les divergences avec le chef de l’État se creusent chaque jour davantage. Le leader du Pastef a récemment évoqué une situation de « cohabitation » avec Faye, un terme qui illustre les frictions persistantes au sein de l’exécutif.

Pour de nombreux observateurs, cette invalidation marque un nouveau chapitre dans la rivalité qui s’installe entre les deux figures politiques les plus influentes du pays. Une rivalité qui pourrait redéfinir durablement le paysage politique sénégalais dans les années à venir.