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  • Le plaidoyer de Cabral Libii pour sortir de la peine de mort au Cameroun

    Présent à Paris au 9e Congrès mondial contre la peine de mort, le député camerounais Cabral Libii a porté une voix mesurée en faveur d’une abolition progressive de la peine capitale dans son pays.

    « Une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit. Le défi est non seulement d’abolir la peine de mort, mais il est aussi de construire des institutions suffisamment fortes pour que la justice inspire confiance sans avoir besoin de recourir à l’irréversible« , a déclaré Cabral Libii.

    Le parlementaire a rappelé que le Cameroun, bien qu’il n’ait pas aboli la peine de mort dans ses textes, n’a procédé à aucune exécution depuis 1997. Cette situation, a-t-il souligné, fait du pays un État abolitionniste de fait. Lors de son intervention, il a partagé plusieurs arguments clés :

    • La protection de la vie est une valeur fondamentale. La communauté internationale, majoritairement, évolue vers une réduction du recours à la peine capitale. Par ailleurs, exécuter un condamné empêche toute forme de repentance, de réparation d’erreurs judiciaires et de prise de conscience durable.
    • Chaque État avance selon son propre contexte historique, culturel et sécuritaire. Une abolition durable ne peut naître que d’un processus démocratique interne, soutenu par les institutions et accepté par la société. C’est pourquoi la sensibilisation des masses et le rôle des élus et de la société civile sont essentiels.
    • Malgré la présence de la peine de mort dans le droit positif, le Cameroun observe un moratoire de fait depuis près de trente ans sur les exécutions. Cette évolution mérite d’être soulignée avec optimisme.
    • La lutte contre la criminalité repose avant tout sur la qualité de la justice : une justice indépendante, impartiale, efficace et respectueuse des droits fondamentaux est plus dissuasive que la seule sévérité des peines.
    • La progression des droits fondamentaux s’inscrit dans un mouvement mondial, mais doit être adaptée aux réalités nationales pour garantir sa légitimité.

    « Le débat sur la peine de mort ne saurait opposer les défenseurs des droits de l’homme aux défenseurs de la sécurité ou de la rigidité judiciaire. Une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit« , a conclu Cabral Libii.

  • André Luther Meka fustige le niveau de français de Mamadou Mota : un ‘massacre’ de la langue de Molière

    André Luther Meka fustige le niveau de français de Mamadou Mota : un ‘massacre’ de la langue de Molière

    Le communicant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), André Luther Meka, s’est indigné du niveau de langue affiché par le vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Mamadou Mota.

    La sortie médiatique de Mamadou Mota, dimanche 28 juin 2026, sur le plateau de l’émission « La Vérité en face » diffusée par Equinoxe TV, a provoqué une vive réaction de la part du responsable de la communication du Rdpc.

    Dans une publication sur ses réseaux sociaux, André Luther Meka a exprimé son écœurement face à ce qu’il considère comme une défiguration de la langue française. Il écrit notamment : « J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’émission « La vérité en face » de Équinoxe TV dans la plateforme YouTube. Je suis outré par le massacre du français de Mamadou Mota et son impertinence dans la morphosyntaxe et la maîtrise des concepts. Un véritable jeu de massacre de la langue de Ronsard et de Lamartine. C’est le paroxysme de la médiocrité qui a été exposé dimanche dernier devant le petit écran. Saperlipopette ! »

    Lors de cette intervention télévisée, Mamadou Mota plaidait pour le retour de Maurice Kamto à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), en dépit des contestations internes portées par certains cadres du parti, notamment Willy Mengue.

  • Bénin et Union européenne : un partenariat renforcé pour un avenir durable

    Bénin et Union européenne : un partenariat renforcé pour un avenir durable

    L’Union européenne et le Bénin consolident leur coopération autour de trois axes majeurs : l’économie, la sécurité et la durabilité. Le 24 juin 2026, à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reçu le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni. Lors de cet entretien, elle a réaffirmé l’engagement de l’UE envers des relations bilatérales solides, fondées sur la confiance réciproque, la prévisibilité et des investissements à long terme.

    Les deux parties partagent des objectifs communs : éradiquer la pauvreté, promouvoir un développement durable et inclusif, et maintenir la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest. Elles souhaitent aussi transformer cette vision en actions concrètes. À cette fin, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté d’approfondir leur partenariat et d’accélérer la coopération dans le cadre de la stratégie Global Gateway.

    « Le Bénin est un partenaire clé de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest, a déclaré Ursula von der Leyen. C’est une relation bâtie sur la confiance mutuelle et la détermination à améliorer la qualité de vie pour tous. C’est toute l’essence de Global Gateway. Ensemble, au Bénin, nous investissons dans les infrastructures de transport et d’énergie, dans les compétences et l’accès au financement, pour créer des opportunités et construire un avenir durable. Le meilleur est à venir ! »

    Trois priorités de coopération ont été présentées lors de cette rencontre :

    • Transformation économique et innovation : soutenir la croissance, l’industrialisation et l’emploi, notamment via le développement des corridors économiques autour du port de Cotonou, l’appui à la transformation locale des chaînes de valeur agricoles, et le renforcement de la formation professionnelle pour les jeunes.
    • Développement territorial et sécurité dans le nord du Bénin : renforcer la résilience des communautés locales, la stabilité régionale et le développement économique. De nouvelles actions viendront épauler les investissements déjà en place dans les infrastructures locales, l’accès aux services de base, les opportunités économiques pour les communautés frontalières, et les initiatives de prévention de l’extrémisme violent dans les départements septentrionaux.
    • Finance durable : mobiliser davantage de capitaux privés pour des infrastructures durables grâce à l’initiative mondiale « Global Green Bond Initiative » de l’UE. Celle-ci vise à faciliter le financement de projets verts dans les énergies renouvelables, les transports et l’agriculture durables, via l’émission d’obligations vertes.

    Les deux responsables ont également fait le point sur la coopération en cours, saluant les progrès de la Global Green Bond Initiative, qui ambitionne de mobiliser jusqu’à 20 milliards d’euros de capitaux privés pour des infrastructures durables dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à ce soutien, le Bénin figure parmi les pays les mieux placés pour bénéficier de cet instrument.

    Ursula von der Leyen a réitéré l’engagement de l’UE à accompagner le développement du nord du Bénin. Avec ce partenariat renforcé, l’Union européenne entend aider le Bénin à devenir un pôle régional de croissance durable, de connectivité et d’investissement, au profit de toute sa population.

  • Ebola s’étend au Haut-Uélé : une quatrième province congolaise touchée

    Ebola s’étend au Haut-Uélé : une quatrième province congolaise touchée

    L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’étend désormais à une quatrième province : le Haut-Uélé. Jusqu’ici, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu étaient les seules zones touchées. Vingt cas et deux décès ont été recensés en Ouganda voisin.

    Le Haut-Uélé, frontalier du Soudan du Sud et de la République centrafricaine, devient le nouveau foyer de propagation. Selon les autorités sanitaires, une personne infectée a voyagé depuis l’Ituri vers cette région, y important le virus. Le malade est décédé.

    Depuis le début de l’épidémie déclarée en mai, 1.274 personnes ont été contaminées et 360 ont succombé. L’Ituri reste l’épicentre de la crise, mais la maladie gagne du terrain malgré les efforts des équipes de riposte.

    Les autorités sanitaires tentent de retracer la chaîne de transmission et d’identifier les cas contacts. Dans de nombreux cas, la contagion a eu lieu lors de rites funéraires, où la dépouille d’une victime d’Ebola reste extrêmement contagieuse.

    Sur le terrain, les travailleurs humanitaires font face à une forte méfiance des communautés. Ils organisent des enterrements respectant des mesures sanitaires strictes pour éviter tout contact avec les corps. Mais en RDC comme ailleurs en Afrique, les rites funéraires durent plusieurs jours, et les proches touchent habituellement le défunt.

    Violences et insécurité compliquent la riposte

    Des incidents ont éclaté dans plusieurs centres de santé ces dernières semaines, souvent provoqués par des membres de communautés en colère venus réclamer les dépouilles de leurs proches. Le Haut-Uélé partage les mêmes caractéristiques que l’Ituri : terres riches en or, situées aux confins de plusieurs pays, ce qui favorise les échanges et le transit, donc la propagation du virus.

    Ces régions sont également en proie aux violences de groupes armés. En Ituri, des massacres perpétrés par des milices communautaires ou par le groupe ADF (affilié à l’État islamique) se produisent régulièrement depuis une dizaine d’années. Les ADF ont récemment mené des incursions dans le Haut-Uélé, déjà troublé par des violences de groupes venus des pays voisins.

    Ce contexte sécuritaire complique le déploiement de la réponse sanitaire, lancée avec retard. Humanitaires et scientifiques estiment que les autorités ont tardé à détecter le virus. Des éléments d’enquête épidémiologique suggèrent que les premiers décès suspects remonteraient à janvier.

    En Ituri, les efforts ont été renforcés récemment, mais les structures de santé manquent encore d’équipements de base comme des kits de protection et du chlore. La RDC fait partie des pays les plus pauvres du monde.

    Les centres de traitement Ebola, montés avec l’OMS et des ONG, sont saturés : le taux d’occupation dépasse 138 %, selon l’Institut national de santé publique. À ce jour, 78 soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés.

    Experts et responsables sanitaires s’accordent à dire que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint, plus de six semaines après la déclaration officielle. La crise pourrait durer entre six mois et un an. Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique ces 50 dernières années.

    L’épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades entre 2018 et 2020.

  • RDC : l’ONU sonne l’alerte sur des violences d’une ‘gravité exceptionnelle’ à l’est

    RDC : l’ONU sonne l’alerte sur des violences d’une ‘gravité exceptionnelle’ à l’est

    RDC. L’ONU alerte sur des violences à l’est du pays, déplorant une situation d’une "gravité exceptionnelle"

    Le lundi 29 juin, à Genève, une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU a reçu des informations alarmantes concernant la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Elle fait état de violences d’une « gravité exceptionnelle », incluant des violences sexuelles, des exécutions sommaires et le recrutement forcé d’enfants.

    Situation humanitaire en détérioration

    Présentant ses conclusions devant le Conseil des droits de l’homme, la commission a recueilli des témoignages qui révèlent une aggravation marquée de la crise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les populations y sont décrites comme « vulnérables et sans protection », alors que le conflit s’intensifie et que les institutions étatiques s’affaiblissent. Selon le président de la commission, Arnauld Akodjenou, « les informations portées à notre attention font état d’une situation d’une gravité exceptionnelle ». Il a précisé que les enquêteurs ont entendu « des témoignages profondément préoccupants » concernant les enfants, les violences sexuelles liées au conflit – y compris l’esclavage sexuel –, le recrutement forcé, les homicides illégaux, les arrestations arbitraires, ainsi que les attaques contre les écoles et les centres de santé.

    Enquête en cours et appel à l’action

    Créée par le Conseil des droits de l’homme, cette commission enquête sur les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains dans les deux provinces orientales de la RDC. Elle souligne que ses investigations n’en sont qu’à un stade préliminaire et qu’elle ne peut encore se prononcer « sur la nature ou l’ampleur des violations, ni de tirer des conclusions définitives ». Cependant, elle indique avoir également reçu des informations sur des entraves à l’accès humanitaire, des mauvais traitements dans les lieux de détention, ainsi que des menaces contre les défenseurs des droits humains et les journalistes qui documentent les abus. Les experts appellent toutes les parties au conflit à garantir un accès humanitaire « sûr, rapide et sans entrave » et exhortent les autorités congolaises et la communauté internationale à soutenir des enquêtes « crédibles et indépendantes » et à renforcer la protection des civils. Arnauld Akodjenou a conclu : « Les souffrances portées à notre attention appellent plus que de la préoccupation. Elles exigent une attention soutenue, une enquête rigoureuse et un engagement international déterminé. »

  • Ligue 1 : l’amendement pour un match gratuit rejeté par l’Assemblée nationale

    Ligue 1 : l’amendement pour un match gratuit rejeté par l’Assemblée nationale

    Les fans de football devront prendre leur mal en patience. Lundi soir, l’Assemblée nationale a rejeté un amendement visant à diffuser gratuitement un match de Ligue 1 chaque week-end.

    Adopté en commission quelques semaines plus tôt, cet amendement devait s’inscrire dans la proposition de loi sur la réforme du sport professionnel. Il prévoyait de confier à une chaîne la diffusion d’un match de Ligue 1 par journée de championnat.

    Les députés favorables à cette mesure souhaitaient rendre le football français plus accessible. Selon l’exposé des motifs, la multiplication des diffuseurs et des abonnements éloignait une partie du public des compétitions nationales. Ils proposaient de créer un lot spécifique lors des futurs appels d’offres, permettant à une chaîne de retransmettre une partie du championnat chaque week-end. Les défenseurs de l’amendement estimaient aussi qu’une telle exposition pourrait réduire le piratage. Cette initiative arrivait alors que les supporters doivent jongler avec plusieurs offres pour suivre l’intégralité de la Ligue 1.

    Cette proposition ne faisait pas l’unanimité dans le monde du football professionnel. Plusieurs dirigeants et la Ligue de football professionnel craignaient qu’un match gratuit chaque semaine n’affaiblisse la valeur des droits télévisés. Pour les clubs, déjà touchés par une baisse des revenus audiovisuels ces dernières années, la dimension économique restait cruciale. Une diffusion en clair aurait nécessité la création d’un lot supplémentaire lors des enchères, sans certitude sur les recettes additionnelles. Le rejet de l’amendement signifie qu’à court terme, rien ne change pour la retransmission de la Ligue 1. La plateforme Ligue 1+ conserve l’intégralité des affiches. Même si le dossier semble clos pour l’instant, la question de l’accessibilité du football français pourrait revenir sur le devant de la scène lors des prochaines négociations sur les droits télévisés.

  • Lutte contre la corruption au Gabon : l’ONU ausculte les réformes de la Ve République

    Lutte contre la corruption au Gabon : l’ONU ausculte les réformes de la Ve République

    Le Gabon accueille depuis le 29 juin à Libreville la mission d’évaluation du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC). Pendant trois jours, experts internationaux, responsables gabonais et institutions nationales examinent les dispositifs de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs. Pour le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI) Nestor Mbou et le point focal national de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) Séraphin Ondoumba, cette évaluation représente une étape cruciale pour consolider la gouvernance de la Ve République.

    Le Gabon poursuit un nouvel exercice international visant à évaluer les avancées dans la lutte contre la corruption. Lancée le 29 juin à Libreville, la mission d’évaluation du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de la CNUCC rassemble des représentants de l’ONUDC, des experts du Tchad et de la Libye, ainsi que toutes les administrations concernées.

    Lors de la cérémonie d’ouverture, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault a souligné que « la qualité de la gouvernance est devenue l’un des premiers déterminants du développement, de la stabilité des institutions et de la confiance des citoyens », faisant de cette évaluation un rendez-vous stratégique pour la crédibilité internationale du Gabon.

    La lutte contre la corruption au cœur des réformes de la Ve République

    Hermann Immongault a rappelé que la lutte contre la corruption est désormais un pilier de la transformation engagée depuis l’avènement de la Ve République. « Depuis l’avènement de la Cinquième République, le Gabon a engagé une transformation profonde de son action publique. Cette transformation repose sur une exigence simple mais fondamentale : restaurer durablement la confiance entre l’État et les citoyens en consolidant des institutions plus transparentes, plus responsables et davantage orientées vers les résultats », a-t-il déclaré.

    Le vice-président a également insisté sur le fait que la corruption ne menace pas seulement les finances publiques. « Elle affaiblit les institutions, fragilise le contrat de confiance entre les citoyens et l’État, décourage l’investissement, ralentit la croissance et nourrit les inégalités », a-t-il ajouté. Selon lui, la transparence est devenue un facteur de compétitivité économique. « La bonne gouvernance n’est donc plus seulement un idéal démocratique ; elle constitue désormais un avantage stratégique pour les nations qui aspirent à une croissance durable et à une prospérité partagée », a-t-il précisé.

    Nestor Mbou : « Le Gabon s’inscrit dans une profonde transformation institutionnelle »

    Le président de la CNLCEI, Nestor Mbou, a situé cette mission d’évaluation dans le cadre des réformes engagées par les plus hautes autorités de l’État. « La présente mission revêt une importance particulière pour la République gabonaise. Elle intervient dans un contexte marqué par une profonde dynamique de transformation institutionnelle portée par les plus hautes autorités de l’État et de renforcement de la redevabilité dans la gestion des affaires publiques », a-t-il affirmé.

    Il a rappelé les orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin dernier. Citant le chef de l’État : « Avant le coup de libération du 30 août 2023, la corruption endémique, le clientélisme et une mauvaise gouvernance érigée en principe coexistaient avec un niveau de pauvreté élevé. »

    Pour Nestor Mbou, cette déclaration traduit une volonté politique claire de s’attaquer aux causes profondes des dysfonctionnements qui ont longtemps fragilisé l’action publique. Il a également évoqué une autre orientation majeure : « Désormais, notre pays mérite des institutions fortes, crédibles, une gouvernance assainie, plus en phase avec les normes internationales en matière de respect des droits humains, des libertés fondamentales, de la démocratie et de l’État de droit. » Selon lui, ces orientations constituent désormais « le fondement de l’action des institutions publiques engagées dans la prévention et la lutte contre la corruption ».

    Séraphin Ondoumba appelle à un exercice de vérité et de coopération

    En tant que point focal national de l’ONUDC, Séraphin Ondoumba a souhaité la bienvenue aux experts internationaux, saluant l’esprit de coopération qui caractérise cette mission. « Pour la République Gabonaise, cet exercice revêt une importance particulière. Il traduit l’engagement constant de notre pays à respecter les obligations découlant de la Convention des Nations Unies contre la corruption et à renforcer les mécanismes nationaux de prévention, de détection et de répression des actes de corruption », a-t-il indiqué.

    Il a précisé que les travaux porteront principalement sur les mesures préventives et le recouvrement des avoirs, deux aspects essentiels pour renforcer l’État de droit et protéger les ressources publiques. Il a également appelé l’ensemble des administrations mobilisées à faire de ce « dialogue-direct » un « moment de vérité, de progrès et d’engagement renouvelé au service de la bonne gouvernance, de la transparence et de l’intérêt général ».

    Trois jours pour évaluer les progrès et renforcer la coopération internationale

    Au-delà de l’examen des textes, les autorités gabonaises souhaitent faire de cette mission un véritable espace d’amélioration des politiques publiques. Comme l’a souligné Nestor Mbou, « il ne s’agit pas simplement d’évaluer un dispositif juridique ou institutionnel, mais également d’identifier les bonnes pratiques, de reconnaître les progrès accomplis, de mesurer les défis qui subsistent et de bénéficier de recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de notre stratégie ».

    Pendant trois jours, les experts internationaux échangeront avec les administrations, les juridictions, les autorités administratives indépendantes, les organes de contrôle et les représentants de la société civile afin d’évaluer le niveau d’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

    À travers cette évaluation, le Gabon entend démontrer que la lutte contre la corruption ne relève plus uniquement d’un impératif juridique, mais constitue désormais un axe stratégique de gouvernance, de modernisation de l’État et de renforcement de son attractivité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

  • Endeavour Mining : 1 710 milliards FCFA injectés dans l’économie ivoirienne en cinq ans

    Endeavour Mining : 1 710 milliards FCFA injectés dans l’économie ivoirienne en cinq ans

    Le lundi 29 juin 2026, à Abidjan, la compagnie minière Endeavour Mining a officiellement dévoilé son premier rapport d’impact pays 2021-2025 consacré à la Côte d’Ivoire, intitulé « Créer la valeur tangible ». Ce document met en lumière la contribution majeure du groupe à l’économie nationale.

    La vice-présidente Affaires publiques et directrice-pays d’Endeavour Mining en Côte d’Ivoire, Laeticia Gadegbeku-Ouattara, a présenté ce bilan. Entre 2021 et 2025, l’entreprise a injecté 1 710 milliards de francs CFA dans l’économie ivoirienne. Sur ce montant, 644 milliards ont été versés directement à l’État, tandis que 904 milliards ont servi à des achats auprès de fournisseurs locaux.

    « En Côte d’Ivoire, nous sommes la plus grande compagnie minière. Nous voulons que l’or produit soit durable et que les richesses soient redistribuées, tout en respectant la biodiversité », a déclaré Mme Ouattara. Elle a ensuite passé en revue les secteurs clés bénéficiant de l’action du groupe : santé, éducation, infrastructures et emploi.

    Endeavour Mining a généré plus de 14 000 emplois au niveau du groupe, dont plus de 95 % occupés par des nationaux. « Cela montre notre engagement pour le contenu local, que ce soit en termes d’emplois ou de contrats. Plus de 1 500 personnes ont suivi nos programmes d’alphabétisation, et plus de 840 jeunes ont effectué des stages sur nos sites », a-t-elle souligné.

    Dans le domaine sanitaire, des caravanes de santé ont été organisées. « Notre stratégie zéro paludisme a permis de réduire l’incidence de cette maladie de plus de 70 % », a ajouté la directrice.

    À travers ses mines d’Ity et de Lafigué, Endeavour Mining fait de l’or « un véritable catalyseur de développement durable » en Côte d’Ivoire. « Fidèles à notre conviction qu’on ne peut extraire durablement de la valeur de la terre sans en créer pour les communautés, nous continuerons de faire grandir ce partenariat d’avenir, ancré dans la confiance, la transparence et le progrès partagé », a promis Mme Ouattara.

    Elle a également annoncé l’entrée en production prochaine de la mine d’or de Tanda, dans l’Est ivoirien. « Avec la mine de Tanda, plus de 3 000 emplois directs et indirects seront créés. Cette mine renforcera le positionnement d’Endeavour Mining en Côte d’Ivoire », a-t-elle estimé.

    Entre 2021 et 2025, Endeavour Mining a investi plus de 2,8 milliards de francs CFA dans les infrastructures des zones d’opération. Par ailleurs, plus de 158 000 arbres ont été plantés, et 199 hectares protégés ou restaurés, notamment via le programme « Un enfant, un arbre » mené avec des écoles locales.

    Endeavour Mining est le plus grand producteur d’or en Afrique de l’Ouest, avec des actifs au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Coté aux Bourses de Londres et de Toronto, le groupe exploite actuellement deux mines en Côte d’Ivoire : Ity et Lafigué. La mine de Tanda viendra bientôt compléter ce portefeuille.

  • Togo : les inondations saisonnières et les attentes de renouveau politique

    Togo : les inondations saisonnières et les attentes de renouveau politique

    Au Togo, chaque retour de la saison des pluies semble reproduire un schéma désormais familier. Les artères se transforment en cours d’eau, les quartiers populaires se retrouvent sous les eaux, les habitations sont envahies et les familles doivent affronter seules les conséquences matérielles. Pour une large part de la population, ces épisodes ne constituent plus des phénomènes exceptionnels mais une fatalité saisonnière.

    Après plus de six décennies de gouvernance par la famille Gnassingbé, une frange croissante de la société estime que le pays nécessite une réorientation politique. Malgré les promesses répétées au fil des mandats, les préoccupations quotidiennes demeurent inchangées : chômage élevé, inflation persistante, pauvreté endémique et perspectives limitées, notamment pour la jeunesse.

    L’arrivée des pluies ranime également les critiques sur l’état des infrastructures. Dans de nombreux quartiers, les réseaux de drainage restent insuffisants, les chaussées deviennent rapidement impraticables et les inondations entraînent des pertes matérielles considérables. De nombreux citoyens déplorent le manque d’investissements durables dans les équipements publics capables d’atténuer ces catastrophes récurrentes.

    Dans ce contexte, des représentants de l’opposition et de la société civile accusent le pouvoir en place de favoriser les intérêts d’une élite proche du régime, tandis que les difficultés économiques de la majorité s’aggravent. Ils estiment que les ressources publiques devraient prioritairement être allouées à l’amélioration des conditions de vie, au développement des infrastructures, à la création d’emplois et à la protection des plus vulnérables, plutôt qu’au maintien d’un système politique installé depuis des décennies.

    Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle saison des pluies risque une fois de plus de mettre en lumière les carences des politiques publiques en matière d’aménagement urbain et de prévention des risques. En l’absence de réformes structurelles et d’investissements adaptés, ce sont encore les ménages les plus modestes qui supporteront le poids des conséquences.

    Alors que les difficultés s’accumulent, une part grandissante de l’opinion considère que le pays a besoin d’un renouvellement de sa gouvernance afin de répondre plus efficacement aux attentes sociales, économiques et environnementales des Togolais.

  • Gabon : Oligui Nguema mise sur le dialogue pour redresser la SEEG

    Gabon : Oligui Nguema mise sur le dialogue pour redresser la SEEG

    Libreville, mardi 30 juin 2026 – Face à une entreprise devenue le symbole des difficultés d’accès à l’eau potable et à l’électricité au Gabon, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi une méthode rarement employée dans la gestion des crises publiques. Au lieu de communiquer à distance ou par voie de communiqués, le chef de l’État s’est rendu au Centre de formation Jean Violas d’Owendo pour échanger directement avec les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).

    Pendant près de trois heures, il a écouté, questionné, recadré et défini une feuille de route. Cette initiative marque un tournant dans le traitement d’un dossier devenu crucial pour l’avenir économique et social du pays.

    Organisée lundi à la demande des employés, cette rencontre intervient alors que la qualité des prestations de la SEEG suscite depuis des années la colère des usagers. Coupures d’électricité récurrentes, pénuries d’eau, réseaux vieillissants et interrogations sur la gestion de l’entreprise ont placé la question énergétique au cœur du débat national.

    Au-delà d’un simple échange institutionnel, cette démarche présidentielle traduit une volonté de rétablir un dialogue direct entre les décideurs et le personnel de terrain, afin d’identifier les causes profondes des dysfonctionnements et d’accélérer les solutions.

    Des échanges francs sur les difficultés de la SEEG

    Les discussions ont permis aux agents d’exposer sans filtre les réalités quotidiennes : dysfonctionnements accumulés, problèmes d’organisation, contraintes techniques et lacunes managériales ont été abordés avec honnêteté.

    D’après les informations recueillies lors de cette séance, les employés ont eux-mêmes reconnu qu’un redressement durable de l’entreprise ne pourra se faire sans une remise en question collective. Ils ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation générale, d’une évolution des pratiques et d’un engagement renforcé à tous les niveaux.

    Cette prise de conscience interne constitue un signal fort. Elle montre que le débat ne porte plus uniquement sur les investissements ou les infrastructures : il touche aussi à la gouvernance, à l’organisation du travail et à la culture de performance.

    Pour de nombreux observateurs, cette séquence marque une rupture avec une logique où les responsabilités étaient souvent rejetées sur l’État ou les contraintes techniques. Elle ouvre la voie à une approche plus globale du redressement.

    La gouvernance au cœur de la réforme

    En prenant acte des constats formulés, le président de la République a placé la gouvernance au centre de son intervention. Son message a été clair : aucune réforme ne portera ses fruits sans rigueur, transparence, responsabilité et primauté de l’intérêt général.

    À travers cette prise de position, le chef de l’État a rappelé que la modernisation de la SEEG ne dépend pas seulement des financements ou des projets d’infrastructures. Elle repose aussi sur la qualité du management et la capacité des responsables à assumer pleinement leurs missions.

    Cette exigence de redevabilité intervient à un moment où les autorités multiplient les réformes pour renforcer l’efficacité des services publics. Dans le cas de la SEEG, il s’agit de reconstruire la confiance entre l’entreprise et les usagers, fortement ébranlée par des années de difficultés. L’objectif affiché est de faire émerger une entreprise tournée vers la performance et la satisfaction des citoyens.

    L’eau et l’électricité, piliers du développement

    Au cours de la rencontre, Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné le caractère fondamental de l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Pour lui, ces services ne sont pas seulement techniques : ils constituent des leviers essentiels pour le développement économique, la santé publique, l’éducation et l’amélioration des conditions de vie.

    Cette vision explique l’attention particulière accordée au dossier énergétique depuis le début de la Transition et après l’élection présidentielle. Les autorités considèrent désormais l’eau et l’électricité comme des déterminants majeurs de la compétitivité nationale et du bien-être des populations.

    La visite des ateliers du Centre Jean Violas a permis au chef de l’État d’évaluer les capacités de cette infrastructure, appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des compétences techniques. La formation des ressources humaines apparaît comme l’un des piliers de la transformation recherchée.

    À l’issue des échanges, les agents ont réaffirmé leur volonté de participer activement à cette dynamique de redressement. Leur engagement rejoint celui des autorités dans une ambition commune : faire émerger une SEEG modernisée, capable d’offrir un service fiable et de répondre aux attentes croissantes des Gabonais.

    Dans un pays où les défis énergétiques conditionnent une grande partie des perspectives de croissance, cette rencontre dépasse le cadre social. Elle symbolise une conviction forte du pouvoir exécutif : les crises les plus complexes ne se résolvent pas uniquement par des décisions administratives. Elles exigent aussi de l’écoute, une responsabilité partagée et une mobilisation collective autour de l’intérêt général. C’est ce message que le président a choisi de porter en plaçant le dialogue au cœur de la transformation de la SEEG.

  • La RDC crée une garde minière de 20 000 hommes

    La RDC crée une garde minière de 20 000 hommes

    La RDC crée une garde minière de 20 000 hommes

    Cette nouvelle mesure s’inscrit dans une volonté de renforcer la gouvernance du secteur extractif congolais. Les 20 000 hommes, en cours de formation, auront pour tâche de sécuriser les grandes exploitations, de superviser les activités artisanales et d’améliorer le suivi des exportations de minerais.

    Pour l’heure, le gouvernement n’a pas révélé le nom de l’entreprise privée chargée de former cette force paramilitaire.

    Le début de la formation est prévu pour septembre, tandis que le premier bataillon sera déployé au Katanga en janvier 2027.

    Traditionnellement, ce sont l’armée et la police qui assurent la sécurité autour des sites miniers. Mais dans certaines provinces, comme le Lualaba, des agents privés sont également employés, recrutés localement et formés par des entreprises agréées par les services de sécurité.

    Henri Kasongo Mutata, coordonnateur de la commission diocésaine des ressources naturelles et de l’environnement du Lualaba, confirme cette situation : « Actuellement, la sécurisation des sites miniers au Lualaba est assurée par la police des mines, associée à différentes sociétés de gardiennage. Les titulaires miniers font appel à des gardes privés pour protéger leurs sites. »

    Des mines moins criminogènes

    La République démocratique du Congo dispose de vastes gisements de cuivre, cobalt, étain, coltan, or, lithium et zinc. Malgré des accords avec des entreprises étrangères, notamment américaines, certains sites restent inaccessibles en raison du conflit dans l’est. La mine de coltan de Rubaya, l’une des plus importantes au monde, est notamment sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Crispine Ngena, activiste écoféministe spécialiste de la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles, s’inquiète de cette situation.

    « Le premier défi est la militarisation des sites. Dans ces conditions, difficile de faire respecter les droits. L’État congolais a-t-il la capacité de rendre les mines moins criminogènes et d’obliger les entreprises étrangères à respecter les normes et les droits, notamment ceux des peuples autochtones et des femmes ? », interroge-t-elle.

    Par ailleurs, depuis plusieurs mois, des équipes de sécurité privées liées à Erik Prince, fondateur de l’ancienne société Blackwater, sont déployées dans plusieurs mines autour de Kolwezi et Kisangani, dans les provinces de Lualaba et de la Tshopo. Leur mission serait de sécuriser les mines, d’améliorer la collecte des taxes et de lutter contre la contrebande.

  • Sénégal: Ousmane Sonko dénonce les volte-face de Diomaye Faye sur la révision constitutionnelle

    Sénégal: Ousmane Sonko dénonce les volte-face de Diomaye Faye sur la révision constitutionnelle

    L’adoption d’une proposition de loi de révision constitutionnelle au Sénégal a provoqué une vive passe d’armes entre le président de l’Assemblée nationale et le chef de l’État. Ousmane Sonko a accusé Bassirou Diomaye Faye de vouloir effacer des dispositions qu’il soutenait dans l’opposition.

    Intervenant devant les députés, Ousmane Sonko a souligné que ce projet de réforme est le résultat de plus d’une décennie de débats, nourri par le dialogue national et les travaux de commissions d’experts. Il estime que ces engagements collectifs ne sauraient être remis en cause par les préférences d’un seul homme.

    « La Constitution n’est pas la propriété de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il lancé, critiquant la tentative du président de revenir sur des points précis comme l’obligation de déclaration de patrimoine en fin de mandat et l’interdiction de diriger un parti politique pour le chef de l’État.

    « On ne peut pas examiner un texte article par article et décider : non, je ne déclarerai plus mes biens en quittant le pouvoir ; non, je souhaite présider un parti », a martelé Ousmane Sonko.

    Pour le président de l’Assemblée, cette attitude constitue une rupture avec les engagements pris par le parti Pastef depuis 2014. Il a reproché à Diomaye Faye de « tripatouiller » le projet en ne conservant que les articles qui l’arrangent.

    « Il a commencé à trier ce qui l’arrangeait et ce qui ne l’arrangeait pas, en tant que président de la République », a-t-il ajouté. Néanmoins, Ousmane Sonko a exhorté Diomaye Faye à promulguer la loi votée, estimant que la majorité qualifiée des députés suffit à valider la révision, sans recours à un référendum.

    Pour conclure, Ousmane Sonko a posé une question lourde de sens : « Qu’est-ce qui a changé chez notre petit frère et président ? » Il a souhaité que le chef de l’État renoue avec les principes fondateurs de son engagement et respecte ses promesses aux Sénégalais.