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  • Minembwe, carrefour stratégique dans la guerre du Sud-Kivu

    Minembwe, carrefour stratégique dans la guerre du Sud-Kivu

    Le combat autour de Minembwe dépasse désormais un simple affrontement local. Cette localité des hauts plateaux du Sud-Kivu symbolise la lutte d’influence qui oppose l’armée congolaise, secondée par le Burundi et les milices Wazalendo, aux rebelles Twirwaneho et AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être épaulés par le Rwanda.

    Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par les Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) et les Wazalendo, assurent garder le contrôle de Minembwe-centre, de son aérodrome et des villages alentour. Kinshasa qualifie de « désinformation » les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux évoquant une reprise de la zone par les insurgés.

    Au-delà de la guerre des communiqués, l’importance stratégique de Minembwe est capitale. Nichée dans les montagnes du Sud-Kivu, elle commande les axes reliant Fizi, Uvira et les zones escarpées qui servent de refuges et de corridors logistiques aux groupes armés de la région.

    Une victoire symbolique pour Kinshasa

    Si les FARDC réussissent à consolider leur emprise sur Minembwe, ce serait l’un des succès militaires les plus notables du gouvernement congolais ces derniers mois dans le Sud-Kivu. Kinshasa essuie régulièrement des critiques pour son impuissance à rétablir l’autorité de l’État sur les hauts plateaux. Une stabilisation de Minembwe permettrait au président Félix Tshisekedi de montrer que l’alliance avec les Wazalendo et la coopération militaire avec le Burundi portent leurs fruits.

    Dans un climat où l’opinion publique congolaise exige des progrès concrets contre les groupes armés, une telle avancée renforcerait la crédibilité du pouvoir.

    Le Burundi, grand bénéficiaire régional

    Sur le plan régional, la présence des troupes burundaises aux côtés des FARDC illustre l’évolution des équilibres sécuritaires dans la région des Grands Lacs. Bujumbura s’est imposée comme un partenaire militaire clé de Kinshasa. Une consolidation des positions gouvernementales à Minembwe accentuerait encore le poids diplomatique du Burundi dans les discussions sécuritaires régionales.

    Cette évolution pourrait aussi attiser la rivalité stratégique entre le Burundi et le Rwanda, dont les intérêts sécuritaires divergent de plus en plus dans l’est congolais.

    Un revers pour le récit de l’AFC/M23/RDF et Twirwaneho

    Pour les mouvements rebelles, la bataille de Minembwe a aussi une portée symbolique forte. Depuis plusieurs mois, l’AFC/M23/RDF tente de montrer qu’il peut étendre son influence au-delà de ses bastions du Nord-Kivu. La perte durable d’une zone aussi médiatisée que Minembwe fragiliserait ce récit de progression continue. Elle pourrait aussi affecter le moral des combattants et celui des réseaux de soutien qui suivent le conflit sur les réseaux sociaux.

    L’intensité de la guerre de l’information ces derniers jours montre l’importance que chaque camp accorde à la perception publique. Dans les conflits modernes, la conquête d’un territoire ne se joue plus seulement sur le champ de bataille, mais aussi dans l’espace médiatique.

    Une bataille qui dépasse Minembwe

    Les spécialistes des conflits dans les Grands Lacs appellent toutefois à la prudence. L’histoire militaire de l’est de la RDC montre qu’une localité peut changer plusieurs fois de mains en quelques semaines. Même si les FARDC tiennent actuellement Minembwe et son aérodrome, la question centrale reste la capacité de l’État congolais à maintenir durablement son autorité dans cette région montagneuse et difficile d’accès.

    Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse le sort d’une seule localité. Il s’agit de prouver que l’État peut reprendre progressivement le contrôle des zones longtemps dominées par les groupes armés. Pour les rebelles, il s’agit au contraire d’empêcher l’émergence d’une dynamique qui modifierait durablement le rapport de force dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

    À Minembwe comme ailleurs dans l’est congolais, la bataille militaire se double désormais d’une bataille politique. Dans cette guerre où chaque camp revendique la victoire, le contrôle du récit est devenu presque aussi important que le contrôle du territoire lui-même.

  • Frontière bénino-nigérienne : les discussions avancent vers une réouverture imminente

    Frontière bénino-nigérienne : les discussions avancent vers une réouverture imminente

    Réouverture frontière Bénin Niger

    Le Bénin et le Niger accélèrent le processus de normalisation de leurs relations, tendues depuis l’arrivée de la junte au pouvoir à Niamey en juillet 2023. La visite du nouveau président béninois Romuald Wadagni dans la capitale nigérienne le 2 juin a relancé la dynamique de décrispation. Réunis samedi 20 juin à Cotonou, les comités d’experts conjoints mis en place au lendemain du 2 juin poursuivent les échanges en vue d’une réouverture de la frontière commune et d’un dégel total. La première journée de travaux s’est achevée en fin d’après-midi au ministère des Affaires étrangères.

    Le ministre d’État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et son homologue béninois chargé de l’Intégration africaine, Adjadi Bakari, ont présidé la réunion de ce 20 juin, entre les comités d’experts béninois et nigériens, au ministère des Affaires étrangères à Cotonou. Dans la salle, figuraient également des hauts gradés de l’armée et de la police, ainsi que des responsables des services de renseignement.

    Les experts ont été répartis en trois groupes de travail : sécurité et défense, diplomatie et juridique, et enfin économie. Tous les sujets de discorde et de méfiance ont été mis sur la table. Au terme de leurs travaux, chaque groupe devra faire une restitution en séance plénière.

    En ouverture, le général Mohamed Toumba et Oloushegun Adjadi Bakari ont livré quelques mots. La rencontre du 2 juin dernier entre Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani à Niamey a ouvert « une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel », a ainsi déclaré le ministre nigérien de la Sécurité. « La délégation béninoise est entièrement engagée pour que les efforts constatés au cours des dernières semaines et les avancées notables dans les réflexions se concrétisent », a pour sa part affirmé le ministre béninois en charge de l’Intégration africaine.

    Une réouverture de la frontière attendue

    Un participant souligne « une ouverture d’esprit et une volonté des deux côtés ». Un haut fonctionnaire affirme pour sa part que « les accusations de déstabilisation sont derrière nous », dans une allusion aux reproches longtemps formulés par Niamey à l’encontre de Cotonou selon lesquels le Bénin abritait des bases militaires françaises et servait de relais à des groupes terroristes responsables d’attaques sur le territoire nigérien.

    La réouverture de la frontière, très attendue ? Elle « est actée », assure un membre de la commission économique. Un diplomate ajoute toutefois qu’il reste encore quelques « mesures de confiance » à prendre, sans en préciser la nature. « C’est pour bientôt », lance un membre de la délégation nigérienne.

    La réunion, qui se déroule à huis clos, se poursuit ce dimanche 21 juin. « Le travail n’est pas encore terminé », rappelle un délégué. Selon une indiscrétion, l’objectif serait d’aboutir à des accords relatifs à la défense, à la sécurité, et aux échanges douaniers entre les deux pays.

  • La Mannschaft domine les Éléphants et file en 16es

    La Mannschaft domine les Éléphants et file en 16es

    Un duel intense s’est déroulé samedi à Toronto entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire pour le compte de la deuxième journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026. Au terme d’un combat acharné, la Mannschaft a arraché la victoire dans le temps additionnel (2-1) et validé son billet pour les huitièmes de finale.

    Les deux équipes se sont rendu coup pour coup dans une ambiance électrique. Ce sont les Ivoiriens qui ont ouvert le score à la 30e minute grâce à leur capitaine Frank Kessié, bien servi par Yan Diomandé et Amad Diallo. Les hommes d’Emerse Faé ont ensuite bien géré leur avance, mais l’Allemagne a égalisé à la 68e minute par l’intermédiaire de Deniz Undav, entré en jeu, sur une offrande de Nadiem Amiri. Alors que la Côte d’Ivoire s’offrait une occasion en or par Simon Adingra (88e), le même Undav a frappé une seconde fois au bout du temps additionnel (90e+4), offrant la victoire à son équipe.

    Les Ivoiriens peuvent nourrir des regrets, notamment sur la gestion de leurs contres. Le banc allemand a fait la différence dans cette rencontre très disputée. Les deux formations ont montré de belles ressources physiques et mentales, mais l’Allemagne s’impose et prend la tête de son groupe. La Côte d’Ivoire devra attendre son prochain match pour espérer se qualifier.

  • Gabon à la tête du Cames : l’employabilité des diplômés comme priorité

    Gabon à la tête du Cames : l’employabilité des diplômés comme priorité

    Le Gabon vient d’accéder à la présidence du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), une organisation intergouvernementale qui regroupe dix-neuf pays d’Afrique francophone et de l’océan Indien. Cette nouvelle position place Libreville au cœur d’une structure qui harmonise les diplômes, évalue les enseignants-chercheurs et garantit la qualité académique dans l’espace francophone africain. Dès leur prise de fonction, les autorités gabonaises ont fixé un objectif clair : faire de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés un axe central de leur mandat.

    Une présidence gabonaise axée sur l’employabilité

    Cette annonce intervient alors que les systèmes d’enseignement supérieur africains font face à une crise majeure. Le nombre d’étudiants explose, les filières traditionnelles sont saturées, et le marché du travail peine à absorber les diplômés. En faisant de l’employabilité une priorité absolue, le Gabon souhaite orienter les travaux du Cames vers une réforme plus affirmée des programmes d’études, en lien direct avec les besoins des économies nationales.

    Cette approche répond à des préoccupations partagées par de nombreux ministres de l’enseignement supérieur de la région. La question de l’adéquation entre formation et emploi traverse l’ensemble des États membres, des grandes universités sénégalaises et ivoiriennes aux établissements plus modestes du Sahel. Le défi est de transformer une institution longtemps perçue comme un simple organe de validation académique en un véritable levier de politique économique.

    Le Cames, un instrument méconnu d’intégration académique

    Créé en 1968, le Cames assume plusieurs missions essentielles pour ses États membres. Il organise les concours d’agrégation, gère la reconnaissance mutuelle des diplômes et pilote des programmes thématiques de recherche. Son influence dépasse le cadre universitaire : en validant les carrières des enseignants-chercheurs, l’institution conditionne en grande partie le rayonnement scientifique de toute une génération d’académiciens francophones.

    Le Gabon hérite ainsi d’une présidence avec des leviers réels, mais aussi des contraintes importantes. Depuis plusieurs années, le Cames souffre de difficultés budgétaires liées à l’irrégularité des contributions de certains États membres. Ces arriérés freinent la mise en œuvre des programmes, retardent les sessions et fragilisent la planification pluriannuelle. Libreville devra composer avec cet héritage financier tout en imposant sa vision réformatrice.

    Un mandat qui engage la crédibilité régionale du Gabon

    Pour les autorités de la transition gabonaise, cette présidence représente une opportunité diplomatique de taille. Depuis le changement de régime d’août 2023, Libreville s’efforce de retrouver sa place dans les enceintes multilatérales africaines. Prendre la tête du Cames offre une tribune institutionnelle pour démontrer sa capacité à piloter un dossier régional sensible.

    Les attentes sont toutefois élevées. Les universités africaines francophones subissent une concurrence croissante des offres anglophones et asiatiques, qui attirent une part grandissante des étudiants les plus mobiles. Le débat sur la souveraineté éducative prend de l’ampleur dans les capitales de la sous-région, alors que les diasporas qualifiées s’installent durablement hors du continent. Mettre l’employabilité au sommet de l’agenda, c’est affronter cette fuite des compétences par le haut.

    Concrètement, la feuille de route gabonaise devra préciser plusieurs chantiers : moderniser les nomenclatures de diplômes, intégrer les compétences numériques dans les cursus, promouvoir les sciences de l’ingénieur, et renforcer les liens avec les fédérations patronales nationales. Les premières décisions de la présidence donneront la mesure de l’ambition réelle de Libreville pour cette institution discrète mais stratégique.

  • Togo : des partenariats d’investissement renforcés avec l’Arabie saoudite au FII Europe 2026

    Togo : des partenariats d’investissement renforcés avec l’Arabie saoudite au FII Europe 2026

    Une rencontre au sommet pour dynamiser les échanges

    En marge de l’édition 2026 du sommet Future Investment Initiative (FII) Europe, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est entretenu jeudi 18 juin avec Yasir ben Othman Al-Rumayyan, gouverneur du Fonds public d’investissement saoudien (PIF) et président du conseil d’administration du FII Institute. Cette discussion s’inscrit dans la volonté commune d’approfondir les liens économiques entre le Togo et le Royaume d’Arabie saoudite.

    Des secteurs clés identifiés pour des projets d’envergure

    Les deux personnalités ont passé en revue les opportunités de co-investissement et les projets structurants dans des domaines porteurs. L’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et les activités portuaires ont été jugées prioritaires pour accélérer la transformation économique du Togo. Les partenaires ont réaffirmé leur détermination à consolider leur coopération afin de stimuler la croissance et la création de valeur.

    Le PIF saoudien, un acteur majeur pour le continent

    Le Public Investment Fund, l’un des plus importants fonds souverains de la planète, détient des participations dans plusieurs entreprises africaines, dont certaines déjà présentes au Togo. Cette implantation renforce le rôle du Royaume saoudien comme partenaire stratégique pour le financement du développement et des investissements en Afrique.

    Le secteur cotonnier togolais au cœur des échanges

    Les discussions ont également porté sur les projets en cours et les mécanismes visant à redynamiser la filière cotonnière togolaise. L’objectif est d’accroître la contribution de ce secteur au développement économique national et à la création de richesses pour les populations.

    Un signal fort pour l’attractivité du Togo

    Cette rencontre de haut niveau témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs saoudiens pour le marché togolais. En diversifiant ses partenariats économiques et financiers, le Togo entend renforcer sa position de destination privilégiée des investissements en Afrique de l’Ouest et accélérer la mise en œuvre de projets structurants. La participation du président du Conseil au sommet FII Europe 2026 s’inscrit dans cette stratégie de promotion du pays auprès des grands acteurs économiques mondiaux.

  • Faure Gnassingbé au sommet FII PRIORITY Europe : plaidoyer pour un partenariat renouvelé

    Faure Gnassingbé au sommet FII PRIORITY Europe : plaidoyer pour un partenariat renouvelé

    Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, participe depuis le 18 juin 2026 au sommet FII PRIORITY Europe, une rencontre de haut niveau dédiée au financement de la réindustrialisation, à la résilience des chaînes d’approvisionnement et aux transformations du travail à l’ère de l’intelligence artificielle.

    Lors de cette tribune internationale, le dirigeant togolais a appelé à refonder les relations entre l’Europe et l’Afrique autour d’intérêts stratégiques partagés, d’investissements productifs et d’une meilleure maîtrise des interdépendances économiques.

    Faure Gnassingbé prône un dépassement des modèles traditionnels de coopération

    Dans son discours, le Président du Conseil a souligné que l’Europe et l’Afrique affrontent désormais des défis similaires dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et la compétition économique. Selon lui, les schémas classiques basés sur l’aide ou la coopération traditionnelle ne répondent plus aux réalités contemporaines.

    « Il ne s’agit plus de parler d’aide ou de coopération classique, mais de construire une relation stratégique plus équilibrée entre l’Europe et l’Afrique », a-t-il déclaré.

    Pour le dirigeant togolais, les deux continents doivent élaborer des partenariats capables de répondre aux nouveaux enjeux liés à la souveraineté économique, énergétique et technologique.

    Une autonomie stratégique fondée sur des interdépendances maîtrisées

    Faure Gnassingbé a également exposé sa vision de l’autonomie stratégique, qu’il conçoit non comme un repli, mais comme une meilleure organisation des relations économiques entre les États. Selon lui, les crises récentes ont montré l’importance des interdépendances, à condition qu’elles soient plus sûres, équilibrées et prévisibles.

    Le Président du Conseil estime que l’Europe et l’Afrique possèdent des complémentarités naturelles pouvant favoriser l’émergence d’un nouveau modèle de coopération.

    Europe-Afrique : vers un partenariat gagnant-gagnant

    Le chef du gouvernement togolais a rappelé que l’Europe recherche des partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa compétitivité, tandis que l’Afrique a besoin de capitaux, de technologies et d’infrastructures pour accélérer sa transformation économique.

    « Ces besoins ne s’opposent pas. Ils peuvent se renforcer mutuellement », a-t-il affirmé.

    Pour Faure Gnassingbé, le partenariat euro-africain doit désormais être conçu comme une convergence d’intérêts stratégiques au bénéfice des deux continents.

    Le Togo veut consolider son statut de hub logistique en Afrique de l’Ouest

    Abordant la stratégie nationale, le Président du Conseil a réaffirmé l’ambition du Togo de devenir une plateforme logistique, industrielle et commerciale de référence en Afrique de l’Ouest. Cette vision repose notamment sur :

    • la modernisation du port de Lomé ;
    • le développement des corridors régionaux ;
    • la facilitation du commerce ;
    • la digitalisation des procédures.

    Selon lui, ces infrastructures ne profitent pas seulement au Togo, mais contribuent aussi à la résilience économique de toute la sous-région.

    Une Afrique tournée vers la production et la création de valeur

    Faure Gnassingbé a insisté sur la volonté de l’Afrique de dépasser son rôle traditionnel de fournisseur de matières premières. Le continent, a-t-il souligné, aspire à devenir un espace de production, de transformation et d’innovation capable de créer davantage de valeur localement.

    Il a également estimé qu’une Afrique plus industrialisée et mieux intégrée représenterait une opportunité pour l’Europe et les investisseurs internationaux.

    Le Togo renforce sa visibilité auprès des investisseurs internationaux

    Au-delà des débats stratégiques, la participation du Togo au sommet FII PRIORITY Europe constitue une occasion de promouvoir les atouts logistiques, industriels et financiers du pays auprès des décideurs économiques mondiaux. Pour Lomé, cette présence internationale s’inscrit dans la volonté d’attirer davantage d’investissements, de nouer des partenariats structurants et de consolider son positionnement comme hub économique régional.

    Le sommet a réuni plusieurs personnalités de premier plan, dont Yasir ben Othman Al-Rumayyan, président du Conseil d’administration du Future Investment Initiative Institute, ainsi que Richard Attias, fondateur et président du Comité exécutif de l’institution, aux côtés de dirigeants politiques, investisseurs et responsables d’institutions financières internationales.

  • Un accord académique renforce les liens entre le Maroc et l’Espagne

    Un accord académique renforce les liens entre le Maroc et l’Espagne

    Deux grandes associations du Maroc et d’Espagne ont scellé un partenariat académique prometteur, axé sur les sciences de gestion.

    La signature a eu lieu samedi à Santander, en Espagne, entre l’Association marocaine de gestion (AMG), dont le siège est à Rabat, et l’Association scientifique d’économie et de direction d’entreprise d’Espagne (ACEDE).

    Selon les deux parties, ce protocole d’accord instaure un cadre de coopération visant à « promouvoir les échanges scientifiques, le développement de projets de recherche collaboratifs, la participation conjointe à des manifestations académiques et le rapprochement entre chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants des deux pays« , précise un communiqué de l’AMG, organisation liée à l’Université Mohammed V de Rabat.

    Toutes deux membres de l’International Federation of Scholarly Associations of Management (IFSAM), ces associations entendent ainsi renforcer la coopération académique et scientifique entre les communautés de recherche espagnole et marocaine dans le domaine des sciences de gestion.

    Les partenaires souhaitent également améliorer les compétences des doctorants et des jeunes enseignants-chercheurs, tout en favorisant « leur intégration dans les réseaux scientifiques internationaux« .

    L’Asociación Científica de Economía y Dirección de la Empresa (ACEDE) est la principale académie espagnole de gestion et de management. Fondée en 1990, elle rassemble plus de 700 professeurs et chercheurs universitaires. Sa mission est de stimuler la recherche rigoureuse et d’améliorer l’enseignement dans les sciences de l’administration des entreprises.

    Avec ce partenariat, l’AMG et l’ACEDE entendent donner un nouvel élan aux échanges scientifiques entre le Maroc et l’Espagne, tout en ouvrant davantage les jeunes chercheurs des deux pays aux réseaux académiques internationaux.

  • Bamako : le festival du documentaire met en lumière des héros pour éveiller les consciences

    Bamako : le festival du documentaire met en lumière des héros pour éveiller les consciences

    La capitale malienne a accueilli le 16 juin une édition du Festival international du cinéma documentaire de nos héros, centrée sur deux œuvres abordant la crise sécuritaire que traverse le Mali.

    Le premier documentaire, intitulé « Au revoir la France », traite du conflit malien et de la coopération militaire entre Paris et Bamako. Il revient sur les difficultés rencontrées dans ce partenariat et la rupture intervenue entre les deux pays. Pour le cinéphile et membre du Conseil national de transition (CNT) Aboubacar Sidki Fomba, ce titre symbolise la fin d’une ère : « C’est pour dire bonjour la souveraineté du Mali, bonjour l’honneur et la dignité du Mali qui n’est plus un pays soumis. Ce film encourage et motive le peuple malien à continuer la lutte pour l’autodétermination et à s’affranchir de la colonisation », a-t-il expliqué.

    La seconde projection était consacrée à la coopération actuelle entre le Mali et la Russie. Le réalisateur malien Boubacar Sidibé a souligné que « ce film retrace le Mali vu du partenariat avec la Fédération de Russie et met en exergue tous les enjeux de cette collaboration ». De son côté, le réalisateur russe Alexandre Kharchenko a précisé que les deux pays partagent des intérêts communs, justifiant la projection en public plutôt que sur les réseaux sociaux comme YouTube, Facebook ou Instagram.

    Nathalie Dembélé, vice-présidente de l’Association Perspective Sahélienne, a indiqué que « cette projection a été organisée pour faire comprendre aux Maliens que les Français ne sont pas mauvais, mais pour que les Maliens se réveillent enfin et se félicitent de leur résilience ».

  • Côte d’Ivoire : premier moteur économique de l’UEMOA, loin devant les pays de l’AES

    Côte d’Ivoire : premier moteur économique de l’UEMOA, loin devant les pays de l’AES

    Credit Photo : DT

    La Côte d’Ivoire conserve sa place de première puissance économique de l’UEMOA, portée par un marché intérieur vigoureux, des infrastructures de qualité, un port d’envergure et une capacité d’investissement nettement supérieure à celle des pays voisins. Ces atouts confirment la position d’Abidjan comme pôle économique majeur en Afrique.

    Avec plus de 4 195 milliards de FCFA dédiés aux investissements publics, la Côte d’Ivoire s’impose comme le véritable moteur de l’UEMOA. Ce montant record place le pays très loin devant ses partenaires régionaux et illustre sa capacité à mener de front des projets majeurs dans les transports, l’énergie, les infrastructures urbaines. Les données budgétaires montrent que l’enveloppe ivoirienne dépasse à elle seule les budgets cumulés du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Les trois États de l’Alliance des États du Sahel (AES) totalisent environ 2 100 milliards de FCFA d’investissements programmés, soit à peine la moitié de ce qu’Abidjan mobilise.

    La prépondérance ivoirienne est encore plus frappante à l’échelle de l’UEMOA : le pays concentre près de 44 % des investissements publics programmés dans l’Union. À titre de comparaison, son budget d’investissement est presque trois fois celui du Bénin, plus de quatre fois celui du Sénégal, et des dizaines de fois celui de la Guinée-Bissau.

    Cette force financière repose sur la taille de l’économie ivoirienne, la plus vaste de l’Union. Selon l’économiste Nouvou Berté, spécialiste en économie politique et finance internationale, cet avantage tient à la dimension du marché domestique, au niveau des recettes fiscales et à l’accès aux marchés financiers. Ces éléments permettent à la Côte d’Ivoire de financer de grands projets dans des secteurs clés pour sa transformation. En termes d’investissement par habitant, le pays atteint environ 116 500 FCFA, se plaçant devant le Togo et le Bénin, et nettement au-dessus du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

    Cependant, le montant total des dépenses n’est pas le seul indicateur de performance. Certains pays consacrent une part plus élevée de leur budget à l’investissement. C’est le cas du Togo et du Bénin, dont les ratios d’investissement public dépassent celui de la Côte d’Ivoire. Cela rappelle que l’efficacité de la dépense publique est tout aussi cruciale. Routes, ports, universités, réseaux électriques ou zones industrielles ne génèrent des retombées que si les projets sont bien exécutés et répondent aux besoins réels.

    Les perspectives de moyen et long terme confortent cette position dominante. Dans un rapport paru fin 2025, le Centre for Economics and Business Research (CEBR) prévoit une forte progression de la Côte d’Ivoire dans le classement mondial des économies d’ici quinze ans. Le cabinet britannique anticipe un doublement du PIB ivoirien d’ici 2040. Cette prévision s’appuie sur la montée en puissance de l’industrie, la solidité de l’agro-industrie, et une base exportatrice diversifiée (cacao, or, énergie). De plus, le Port autonome d’Abidjan continue de jouer un rôle essentiel dans le commerce ouest-africain, renforçant la fonction de hub logistique du pays.

    Ces indicateurs montrent une réalité claire : la Côte d’Ivoire possède actuellement les moyens financiers, les infrastructures et les capacités productives pour peser plus lourd que ses voisins dans l’économie de l’UEMOA. Le défi est désormais de transformer cette puissance en bénéfices durables pour les entreprises, l’emploi et le niveau de vie des populations.

  • Cameroun : l’urgence d’un éveil citoyen

    Cameroun : l’urgence d’un éveil citoyen

    La véritable grandeur d’une nation ne se monnaie pas dans les couloirs de la corruption systémique ni dans les réseaux d’une prédation des élites qui épuise les ressources du pays. Face aux maux profonds qui le minent, le Cameroun est aujourd’hui appelé à une prise de conscience collective, capable de dépasser les divisions et de mettre fin aux comportements inciviques pour s’engager résolument sur la voie de l’émergence.

  • Aimé Boji lance un appel solennel au Rwanda pour une paix durable dans l’est de la RDC

    Aimé Boji lance un appel solennel au Rwanda pour une paix durable dans l’est de la RDC

    Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a profité de la clôture de la session ordinaire de mars, le lundi 15 juin 2026, pour dresser un état des lieux alarmant de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il a qualifié cette crise de préoccupation majeure pour l’ensemble des élus.

    Dès les premières minutes de son intervention, le président de la Chambre basse a martelé l’urgence de la situation sur le terrain. Il a fait part de l’inquiétude grandissante de l’Assemblée nationale face à la persistance des violences armées frappant notamment les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les populations civiles, a-t-il rappelé, subissent quotidiennement les conséquences tragiques de ces conflits.

    « La situation sécuritaire dans l’Est de notre pays demeure la principale préoccupation de la représentation nationale. Alors que nous clôturons ces travaux, nos pensées se tournent immédiatement vers l’est de notre pays. L’agression rwandaise, avec son groupe terroriste AFC/M23, les massacres odieux commis par les terroristes des ADF continuent de faire couler le sang de nos compatriotes », a-t-il déclaré.

    Aimé Boji Sangara a ensuite réitéré avec force la condamnation de l’Assemblée nationale contre la poursuite des violences et les attaques ciblant les civils. Il a tenu à saluer le courage des forces de défense et de sécurité, ainsi que celui des groupes d’autodéfense locaux qui combattent aux côtés de l’armée régulière.

    « Depuis cette tribune, l’Assemblée nationale réitère sa condamnation la plus ferme de cette guerre meurtrière et injuste. C’est ici l’occasion de rendre un hommage vibrant et solennel à nos forces armées, les FARDC, aux Volontaires pour la défense de la patrie, les Wazalendo, qui se battent jour et nuit au péril de leur vie. Aux populations meurtries du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, nous disons : la Nation ne vous oublie pas », a-t-il assuré.

    Le ton s’est voulu particulièrement ferme lorsque le président de la Chambre basse a appelé à l’arrêt immédiat des hostilités et de toute ingérence extérieure dans l’Est du pays. Il a réaffirmé la détermination de la RDC à défendre son intégrité territoriale. S’adressant directement à Kigali, Aimé Boji a plaidé pour une prise de conscience régionale en faveur d’une paix durable entre voisins.

    « Aux agresseurs rwandais et leurs supplétifs de l’AFC/M23, nous disons qu’il est temps que le pouvoir rwandais arrête ses manœuvres de déstabilisation, cesse le pillage de nos ressources et mette fin immédiatement à l’extermination de nos populations. Ni les velléités expansionnistes, ni la violence ne parviendront à entamer notre souveraineté. Aucune portion de notre territoire ne peut être cédée. Le Rwanda doit comprendre que la géographie nous condamne à être voisins pour l’éternité. La guerre ne fera que perpétuer une haine dont les générations futures paieront le prix, et seule la paix durable profitera à tous », a-t-il souligné.

    Malgré l’existence de l’Accord de Washington, négocié sous l’égide des États-Unis, et du processus de Doha mené avec l’appui du Qatar et de l’Union africaine, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC reste très préoccupante. Les populations civiles continuent d’être les premières victimes des violences et des déplacements forcés, dans un contexte international marqué par une baisse des financements humanitaires.

    Face à cette impasse, de nombreuses voix s’élèvent aux niveaux national, régional et international pour appeler au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels restent largement ignorés. L’écart entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques ne cesse de se creuser, chaque partie interprétant les accords selon sa propre lecture, ce qui complique leur mise en œuvre.

  • Attaque terroriste à Niamey : l’AES fustige le soutien étatique étranger

    Attaque terroriste à Niamey : l’AES fustige le soutien étatique étranger

    L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été pris pour cible par une attaque terroriste le jeudi 18 juin 2026. L’assaut, revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda, a coûté la vie à 11 militaires, deux civils, et 22 assaillants ont été neutralisés, selon le bilan officiel.

    Dans une déclaration officielle, la Confédération des États du Sahel (AES) – qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso – a qualifié cette agression de « lâche et perfide », perpétrée aux abords de l’aéroport de la capitale nigérienne.

    « Cette nouvelle tentative de s’emparer de l’aéroport de Niamey visait clairement à affaiblir les capacités opérationnelles des Forces armées nigériennes et à inverser la dynamique positive actuelle de recul des groupes armés terroristes, régulièrement défaits sur le terrain », souligne l’AES dans son communiqué.

    L’organisation estime que cette attaque, qui a causé la mort de 11 soldats et deux civils, tout en entraînant l’élimination de 22 assaillants, révèle « une nouvelle expression de la violence terroriste appuyée par des sponsors étatiques étrangers ».

    Cette offensive survient quelques mois après celle de janvier 2026 contre la base aérienne 101 de Niamey, voisine de l’aéroport. Cet événement avait provoqué une crise diplomatique, le président nigérien Abdourahamane Tiani accusant plusieurs dirigeants internationaux d’être impliqués dans des tentatives de déstabilisation du pays, déclenchant de vives réactions sur la scène mondiale.

    Malgré tout, la Confédération des États du Sahel affirme que ces attaques n’altéreront pas sa stratégie sécuritaire commune. « Loin de briser l’élan de la dynamique confédérale, ces attaques récurrentes et téléguidées ne font que renforcer l’union sacrée des filles et des fils de l’AES autour de la vision de leurs Chefs d’État dans leur lutte pour préserver l’intégrité territoriale des États membres, protéger les populations et garantir une paix durable dans l’espace sahélien », préviennent les dirigeants de l’AES.