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  • Niger : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Niger : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Le Niger a formellement établi les prérequis nécessaires à la levée des barrières frontalières avec le Bénin, un dossier en suspens depuis près de trois ans. Les autorités nigériennes exigent désormais des garanties de sécurité mutuelle avant tout rétablissement de la libre circulation.

    Lors d’une séance de travail stratégique organisée à Cotonou, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a exposé les attentes de son gouvernement devant un comité d’experts. Deux piliers essentiels ont été mis en avant : la conclusion d’un accord de défense formel et la ratification d’un pacte de sécurité. Ce dernier doit instaurer le principe fondamental de non-utilisation du territoire d’un État pour des activités hostiles visant le pays voisin.

    Niger : Niamey pose des conditions à la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Transparence et lutte contre le terrorisme

    L’administration de Niamey réclame également une clarté totale concernant la présence de forces étrangères stationnées à proximité de la zone frontalière délimitée par le fleuve Niger. Cette exigence fait suite aux tensions nées en juillet 2023, lorsque le pouvoir nigérien avait exprimé des craintes quant à des tentatives de déstabilisation orchestrées depuis le territoire béninois.

    Le climat diplomatique semble toutefois s’orienter vers un apaisement. Le déplacement du président béninois Romuald Wadagni au Niger au début du mois de juin a marqué un tournant décisif dans le dégel des relations entre les deux capitales. Ce rapprochement intervient alors que la région fait face aux exactions persistantes de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.

    Pour optimiser la réponse militaire, le général Mohamed Toumba a préconisé la création d’une cellule bilatérale dédiée à la fusion des renseignements. Selon le haut responsable nigérien, cette coopération est impérative pour permettre aux armées du Bénin et du Niger de coordonner leurs efforts face à une menace terroriste qui ignore les limites géographiques traditionnelles.

  • Fête de la musique 2026 : quand N’Djamena célèbre l’unité à travers les mélodies

    Fête de la musique 2026 : quand N’Djamena célèbre l’unité à travers les mélodies

    Tchad : la Fête de la musique 2026, un vecteur de cohésion sociale

    À l’occasion de la Fête de la musique 2026, N’Djamena vibre au rythme d’un événement culturel ambitieux. Sous le thème « La musique, vecteur de cohésion sociale », cette édition promet de rassembler les Tchadiens autour de valeurs communes : l’échange, l’entente mutuelle et l’unité nationale.

    Scène de la Fête de la musique 2026 à N'Djamena, Tchad

    Un lancement officiel sous le signe de l’inclusivité

    Le ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Téguil, a donné le coup d’envoi de cette manifestation culturelle majeure au rond-point Hilton de N’Djamena. La cérémonie d’ouverture a réuni une assemblée variée : responsables administratifs, figures du monde culturel, artistes locaux et grand public. Tous étaient réunis pour célébrer la diversité musicale du Tchad et son pouvoir fédérateur.

    Lors de son allocution, le ministre a souligné l’importance de la culture comme levier de cohésion sociale. Il a rappelé que cette initiative s’aligne sur les orientations stratégiques du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République, pour qui la consolidation de l’unité nationale figure parmi les priorités nationales.

    « Cette année, nous avons choisi d’inscrire la Fête de la musique dans une dynamique d’ouverture et de proximité. Le thème retenu illustre parfaitement le rôle de la musique comme outil de dialogue, de paix et de rapprochement entre les communautés, surtout dans un contexte mondial marqué par des tensions persistantes », a-t-il affirmé.

    Une tournée musicale pour toucher tous les territoires

    Pour garantir une accessibilité maximale, les organisateurs ont prévu une série de concerts et d’animations répartis dans les dix arrondissements de la capitale, ainsi que dans plusieurs provinces du pays. L’objectif ? Démocratiser l’accès à la culture et offrir à chaque citoyen, où qu’il se trouve, l’opportunité de participer à cette grande fête collective.

    « La musique ne doit pas rester confinée dans les salles de concert. Elle doit descendre dans les quartiers, s’inviter sur les places publiques, rejoindre les villages et les zones reculées. C’est ainsi qu’elle deviendra un véritable ciment social, capable de souder les Tchadiens autour des valeurs de solidarité et de fraternité », a expliqué le ministre.

    Un tremplin pour les talents locaux et l’économie culturelle

    Au-delà de son rôle unificateur, la Fête de la musique 2026 se veut aussi une vitrine pour les talents tchadiens. Des scènes ouvertes et des compétitions artistiques permettront de mettre en lumière des créateurs émergents ou confirmés. Les organisateurs y voient une occasion de booster les industries culturelles et créatives, reconnues comme des leviers essentiels pour l’emploi des jeunes et le développement économique du pays.

    Cette édition promet donc d’être bien plus qu’un simple festival : une célébration vivante de l’identité nationale, où chaque note jouée résonne comme un appel à l’unité et à l’espoir.

  • L’Église catholique s’oppose fermement au projet de révision constitutionnelle en RDC

    L’Église catholique s’oppose fermement au projet de révision constitutionnelle en RDC

    En République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé une opposition catégorique au projet de modification de la Loi fondamentale souhaité par le président Félix Tshisekedi. Pour les prélats, une telle initiative menace de plonger les institutions dans l’instabilité et de fragiliser les bases de la démocratie congolaise. Cette prise de position intervient alors que le débat politique s’intensifie à Kinshasa.

    L’épiscopat défend l’héritage de la Constitution de 2006

    La hiérarchie catholique juge qu’une réforme constitutionnelle est inopportune dans la période actuelle. Elle rappelle que le texte de 2006 est le fruit d’un consensus national laborieux, obtenu après une longue transition. La CENCO craint qu’une réécriture de la Constitution ne serve principalement à modifier les règles électorales pour favoriser le maintien au pouvoir.

    De son côté, Félix Tshisekedi soutient depuis la fin de l’année 2024 que l’actuelle Constitution, qu’il estime dictée par l’étranger, freine l’essor du pays. Il envisageait la création d’une commission spéciale en 2025 pour réfléchir à un nouveau cadre juridique. C’est ce projet qui suscite aujourd’hui la levée de boucliers de l’Église, rejointe par des membres de la société civile et de l’opposition.

    Une vigilance constante sur la limitation des mandats

    Ce n’est pas la première fois que les évêques montent au créneau. Déjà sous la présidence de Joseph Kabila, ils s’étaient opposés à toute modification touchant au nombre de mandats présidentiels. Leur rôle de médiateur lors de l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016 reste gravé dans les mémoires, renforçant leur poids politique aujourd’hui.

    Le débat se cristallise sur les articles dits intangibles, notamment ceux verrouillant la durée et le nombre des mandats. Pour l’Église, toucher à ces piliers reviendrait à ouvrir une période d’incertitude majeure. Bien que le camp présidentiel affirme vouloir simplement moderniser l’architecture étatique sans viser une prolongation de mandat, les évêques restent sceptiques et prônent le respect strict des textes en vigueur.

    L’influence de l’Église catholique est immense en RDC, où elle représente plus de 40 % de la population. Les messages portés par l’épiscopat sont régulièrement relayés dans les paroisses, offrant une caisse de résonance qui dépasse largement les cercles politiques traditionnels.

    Un défi politique majeur pour Félix Tshisekedi

    Malgré une large majorité au Parlement depuis sa réélection en décembre 2023, le chef de l’État se heurte à une autorité morale dont la légitimité reste intacte. Ce bras de fer est suivi de près par la communauté internationale, notamment à Paris, Bruxelles et Washington.

    Cette tension politique survient dans un climat sécuritaire déjà précaire, marqué par les affrontements contre le M23 dans l’est du pays, particulièrement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Certains observateurs craignent que ce front constitutionnel ne détourne l’attention des priorités militaires et humanitaires. Le positionnement futur de la coalition Union sacrée et des organisations citoyennes sera déterminant pour la suite de ce calendrier législatif contesté.

  • La Côte d’Ivoire accélère sa stratégie d’économie bleue via des partenariats sud-sud

    Abidjan, la capitale économique ivoirienne, renforce activement sa politique de coopération sud-sud dans le domaine stratégique de l’économie bleue. Une mission de travail significative, menée par le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, s’est déroulée du 10 au 12 juin 2026, conduisant la délégation ivoirienne à l’Île Maurice et aux Seychelles.

    Cette initiative s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’économie bleue de la Côte d’Ivoire. Cette dernière est perçue comme un moteur essentiel pour une croissance économique pérenne, la création d’emplois locaux et une meilleure valorisation des ressources marines et halieutiques.

    À Maurice, première étape de cette tournée diplomatique, le ministre ivoirien a tenu des réunions fructueuses avec son homologue, Arvin Boolell Gosk, en charge de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche. Les échanges se sont concentrés sur l’intensification de la collaboration bilatérale, notamment dans les secteurs clés de la pêche, de l’aquaculture et d’une gestion plus durable des écosystèmes marins.

    Les autorités mauriciennes ont exprimé leur entière disposition à soutenir la Côte d’Ivoire dans le développement de son économie bleue. Ce soutien se matérialisera par le partage d’expériences éprouvées, l’organisation de programmes de formation spécialisée et la mise en place de projets collaboratifs. Les deux nations avancent désormais vers la finalisation d’un protocole d’accord, destiné à encadrer et structurer ce partenariat stratégique.

    Aux Seychelles, la délégation ivoirienne a poursuivi ses discussions, se focalisant sur les cadres de gouvernance de l’économie bleue avec les représentants locaux, dont le Premier ministre et ministre du secteur, Wallace Cosgrow, ainsi que divers experts techniques.

    Les discussions aux Seychelles ont mis en lumière des thématiques cruciales telles que la gestion durable des ressources halieutiques, la lutte acharnée contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN), la modernisation des filières de transformation et le développement de chaînes de valeur performantes. La mission a également inclus des visites d’installations portuaires essentielles à Victoria, Providence et Cascade, ainsi que l’exploration d’une écloserie et du prestigieux Blue Economy Research Institute (BERI) de l’Université des Seychelles.

    Au terme de cette tournée enrichissante, plusieurs domaines de coopération en économie bleue ont été clairement définis. Parmi eux, la gouvernance sectorielle, l’aquaculture innovante, la recherche scientifique avancée, l’innovation technologique et la lutte contre la pêche illicite se distinguent. La signature prochaine de protocoles d’accord est prévue pour concrétiser ces engagements partenariaux.

    Par cette démarche proactive, la Côte d’Ivoire réaffirme son engagement à s’inspirer des réussites africaines pour renforcer sa propre stratégie nationale d’économie bleue. Cette approche vise à promouvoir une coopération sud-sud dynamique, fondée sur le partage d’expertise et la promotion d’un développement durable et inclusif.

  • Nouvelle-Zélande – Egypte (1-3): première victoire de leur histoire pour les Pharaons en Coupe du monde!

    Nouvelle-Zélande – Egypte (1-3): première victoire de leur histoire pour les Pharaons en Coupe du monde!

    Nouvelle-Zélande – Egypte (1-3): première victoire de leur histoire pour les Pharaons en Coupe du monde!

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  • Maréchal Deby renforce le secteur hippique tchadien avec un soutien historique

    Maréchal Deby renforce le secteur hippique tchadien avec un soutien historique

    À l’occasion du Grand Prix de la République organisé à l’hippodrome d’Afrouk, en périphérie de N’Djamena, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, président de la République du Tchad, a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur du développement de la filière hippique nationale. Des milliers de passionnés, d’éleveurs et de cavaliers se sont rassemblés pour assister aux courses épiques, avant que le chef de l’État ne dévoile un plan d’appui financier sans précédent.

    Un engagement presidencial fort pour la course et l’élevage équin

    Le président tchadien a confirmé, devant une foule enthousiaste, son soutien inconditionnel à l’amélioration des races locales et à la dynamisation des compétitions hippiques. C’est son ministre d’État, directeur du cabinet présidentiel, Aziz Mahamat Saleh, qui a précisé la nature de cette aide exceptionnelle : une enveloppe de 50 millions de francs CFA sera allouée pour moderniser les infrastructures et soutenir les éleveurs.

    « Le Président de la République réaffirme son soutien total à la filière hippique tchadienne, tant sur le plan sportif que culturel », a-t-il déclaré, sous les ovations de l’assistance. Cet investissement marque une étape clé pour un secteur considéré comme un pilier du patrimoine tchadien.

    L’AEARCT, un acteur historique au cœur du renouveau

    L’Association des éleveurs et acteurs des courses hippiques du Tchad (AEARCT), fondée en 1963 à Fort-Lamy (aujourd’hui N’Djamena), a été mise à l’honneur lors de cet événement. Son président, Idriss Ahmed Idriss, a rappelé le rôle central de l’association dans la cohésion sociale, réunissant depuis plus de soixante ans des membres issus de toutes les régions du pays.

    Il a souligné les liens étroits entre les plus hautes autorités tchadiennes et le monde hippique, mentionnant notamment l’engagement historique du président Ngarta Tombalbaye, qui organisait régulièrement des courses lors de visites officielles, ainsi que l’intérêt constant du président Idriss Deby Itno pour les compétitions, largement médiatisées.

    Un nouvel hippodrome pour une filière en pleine expansion

    L’annonce la plus saluée reste sans conteste la construction du nouvel hippodrome Hassan Guihini Khamis, actuellement en cours à Afrouk. Ce projet ambitieux, le premier du genre au Tchad, intégrera des infrastructures modernes pour les courses, l’administration de l’AEARCT et un village hippique dédié.

    « C’est une première : aucun Chef d’État tchadien n’a jamais initié un tel projet dédié aux sports équestres », a souligné Idriss Ahmed Idriss, recevant un tonnerre d’applaudissements. Jusqu’à présent, les activités se déroulaient sur l’ancien hippodrome de N’Djamena ou des sites temporaires, limitant le développement du secteur.

    Des défis persistants et des perspectives prometteuses

    Malgré les avancées, les acteurs du secteur formulent des attentes précises. L’AEARCT a notamment plaidé pour la création de mécanismes de financement pérennes, inspirés des systèmes de pari mutuel pratiqués ailleurs en Afrique. Une solution jugée indispensable pour assurer la durabilité de la filière.

    Au-delà de son aspect sportif, l’hippisme reste un symbole culturel majeur au Tchad. Dans de nombreuses régions, le cheval incarne une tradition vivante, liée à l’élevage, aux rites sociaux et à l’histoire locale. La présence du président et l’annonce de ce soutien financier sont perçues comme un signal fort en faveur de la modernisation et de la professionnalisation du secteur.

    Grand Prix de la République 2026 : le Maréchal Deby et les acteurs du secteur hippique tchadien réunis à l'hippodrome d'Afrouk
    Cérémonie officielle du Grand Prix de la République 2026 à l'hippodrome d'Afrouk
  • La CENCO s’oppose fermement à la réforme constitutionnelle en RDC : un défi pour Félix Tshisekedi

    La CENCO s’oppose fermement à la réforme constitutionnelle en RDC : un défi pour Félix Tshisekedi

    La CENCO s’oppose fermement à la réforme constitutionnelle en RDC : un défi pour Félix Tshisekedi


    La coalition Article 64, mobilisée contre le projet de modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC), bénéficie désormais d’un appui de poids. La Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (CENCO) a clairement exprimé son rejet de cette initiative. L’objectif avoué de ce projet est de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, une démarche qui contrevient aux dispositions actuelles de la Constitution limitant les mandats présidentiels à deux. L’Église catholique estime que ce projet politique risque de plonger la Nation dans une situation périlleuse.

     

    Le chef de l’État aurait tort d’ignorer ces avertissements

     

    Selon l’Église, « tout passage en force est porteur de risques incommensurables, y compris la fragmentation du pays ». Les prélats lancent un appel vibrant au peuple congolais : « Le pays est en souffrance, levons-nous. Il est impératif de prendre notre destin en main, faute de quoi, notre avenir sera compromis pour longtemps ». La CENCO ne s’est pas arrêtée là. Elle a également exhorté le président Félix Tshisekedi à honorer son serment de respecter et de défendre la Constitution. Ses appels seront-ils entendus ? L’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est que le pouvoir ne verra pas d’un bon œil cette prise de position de la CENCO. Cette réaction est d’autant plus prévisible qu’elle intervient au lendemain du vote parlementaire de la loi référendaire, ouvrant ainsi la voie à l’Exécutif congolais pour organiser un référendum constitutionnel. Tout indique que le pouvoir est déterminé à aller jusqu’au bout. L’Église prêche-t-elle donc dans le désert ? Félix Tshisekedi se laissera-t-il influencer par le Saint-Esprit ? En attendant, il semble qu’une convergence se dessine entre l’Église catholique et l’opposition. Bien que les prélats affirment ne pas rejoindre l’opposition, leur position ferme dans ce débat controversé apporte indéniablement de l’eau au moulin de tous ceux qui s’opposent à la modification constitutionnelle en RDC. Le locataire du Palais de marbre aurait tort de rester insensible à ces appels. Il est clair que la multiplication des fronts risque, d’une manière ou d’une autre, d’affaiblir son régime. Sans jouer les Cassandre, une telle situation pourrait lui être fortement préjudiciable. L’Église est incontestablement dans son rôle en exigeant le respect de l’ordre constitutionnel. Elle est d’autant plus légitime qu’en tant qu’artisan de la paix, elle ne peut fermer les yeux sur un projet qui divise les Congolais et qui, de surcroît, semble potentiellement générateur de conflits. De plus, les prélats congolais font partie intégrante du peuple, et sont donc tout aussi concernés par les problèmes nationaux, dont ils ne peuvent ni ne doivent être exclus des solutions. Cela dit, la soutane fera-t-elle plier Fatshi ? Il est difficile de répondre à cette question. En tout cas, avec la sortie des prélats, on peut affirmer sans risque de se tromper que Félix Tshisekedi est désormais dans une position délicate. C’est d’autant plus vrai qu’en plus de l’opposition qui a déjà mené des actions sur le terrain, notamment une opération « ville morte » suivie de meetings réprimés, la CENCO demande aux ecclésiastiques de se préparer à des actions futures.

     

    Le peuple congolais est déjà éprouvé et n’a pas besoin de nouvelles souffrances

     

    Cela signifie que Félix Tshisekedi risque de connaître des nuits agitées dans les jours ou mois à venir. Tant qu’il n’avait affaire qu’à l’opposition, il pouvait maintenir une position inflexible ou, pour ainsi dire, agir en toute quiétude. Mais avec l’entrée en scène de la CENCO en tant qu’acteur majeur de la société civile, les chances de voir son projet aboutir risquent d’être sérieusement compromises. Félix Tshisekedi est d’autant plus dans une position délicate qu’il a lui-même bénéficié des fruits de la lutte de la CENCO lorsqu’il était dans l’opposition. N’est-ce pas l’Église catholique qui a, en partie, contraint son prédécesseur, Joseph Kabila, à reculer dans sa volonté de prolonger son mandat à la tête de l’État en 2017 ? Autant dire que « Fatshi » gagnerait à faire preuve de sagesse. Dans tous les cas, s’il aspire à sortir de l’Histoire par la grande porte, il a tout intérêt à y réfléchir à deux fois. Car, avec la crise persistante dans l’Est de la RDC et la menace terrifiante d’Ebola, le peuple congolais est déjà cruellement éprouvé et n’a pas besoin d’une aggravation de sa situation.

     

  • Belgique-Iran : fallait-il titulariser Romelu Lukaku ?

    Belgique-Iran : fallait-il titulariser Romelu Lukaku ?

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  • Évariste Ndayishimiye en visite d’État à Kinshasa pour renforcer l’axe Burundi-RDC

    Évariste Ndayishimiye en visite d’État à Kinshasa pour renforcer l’axe Burundi-RDC

    Ce lundi 22 juin 2026, la capitale de la République démocratique du Congo s’apprête à recevoir un hôte de marque. Évariste Ndayishimiye, chef de l’État du Burundi et président en exercice de l’Union africaine (UA), entame une visite d’État de 48 heures à Kinshasa. Ce déplacement officiel fait suite à l’invitation de son homologue congolais, Félix-Antoine Tshisekedi.

    Un agenda diplomatique centré sur la sécurité et la santé

    Le programme de ce séjour s’annonce particulièrement dense. Dès son atterrissage à l’aéroport international de N’djili, le président burundais sera accueilli par Félix-Antoine Tshisekedi. Les deux dirigeants se rendront ensuite à la Cité de l’Union africaine pour un entretien en tête-à-tête, avant de s’exprimer lors d’une conférence de presse conjointe.

    Cette rencontre diplomatique de haut niveau permettra d’aborder des dossiers prioritaires pour la sous-région. Les discussions se focaliseront sur la crise sécuritaire qui sévit dans l’est de la RDC, ainsi que sur les stratégies de lutte contre l’épidémie d’Ebola. Ce voyage symbolise la profondeur des liens fraternels et historiques qui unissent les peuples du Burundi et de la République démocratique du Congo.

    Une coopération militaire renforcée dans les Grands Lacs

    Au-delà du cadre diplomatique, cette visite s’inscrit dans une dynamique de coopération militaire active. Depuis la signature d’un accord de défense bilatéral en mars 2023, le Burundi s’est imposé comme un allié stratégique majeur pour Kinshasa. Face à l’agression subie dans l’est du pays par la coalition AFC/M23, les forces burundaises sont directement impliquées sur le terrain.

    Actuellement, des milliers de soldats du Burundi sont déployés dans la province du Sud-Kivu et d’autres zones de front. Ils opèrent aux côtés de l’armée congolaise pour sécuriser les frontières et combattre les groupes armés. Ce partenariat stratégique témoigne de la volonté commune des deux chefs d’État de stabiliser durablement la région des Grands Lacs et de protéger les populations civiles contre les menaces terroristes et rebelles.

  • Le procès du général Abdoulaye Miskine au Tchad : une attente interminable

    Le procès du général Abdoulaye Miskine au Tchad : une attente interminable

    L’impasse judiciaire se prolonge pour le général Abdoulaye Miskine, dont le véritable nom est Martin Koumtamadji. Son dossier, très attendu, avait été inscrit au rôle général de l’audience foraine de la chambre criminelle du lundi 25 mai 2026 à la Cour d’appel de N’Djamena. Cependant, à la surprise générale et après des années de détention sans jugement, l’affaire a été déprogrammée, laissant planer de nombreuses incertitudes.

    Les documents judiciaires consultés révèlent que le dossier portait le répertoire n°093/2022. Abdoulaye Miskine y figurait parmi d’autres accusés, dont Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdoulaye Gros. Les charges retenues contre eux sont graves et multiples : association de malfaiteurs, création et participation à des mouvements insurrectionnels, enlèvement, séquestration, sévices graves, viol et extorsion de biens. Les faits se seraient déroulés dans la localité de Tissi.

    Arrêté en novembre 2019 à N’Djamena, Abdoulaye Miskine est incarcéré depuis plus de six ans et demi à la maison d’arrêt de Klessoum, sans avoir jamais été jugé. La dernière audience, fixée au 25 mai 2026, a été suspendue. Bien que certaines informations fassent état du décès soudain d’un greffier comme motif, aucune nouvelle date n’a été communiquée depuis, alimentant les interrogations autour de ce dossier déjà délicat.

    Des informations recueillies auprès de plusieurs contacts locaux indiquent que l’affaire aurait été retirée du calendrier judiciaire « jusqu’à nouvel ordre ». Des voix proches du dossier suggèrent l’existence de pressions politiques qui entraveraient le déroulement du procès de l’ancien leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), et ce, malgré la durée de sa détention et les appels répétés de ses avocats et de sa famille pour qu’il soit jugé.

    La République centrafricaine avait pourtant formulé une demande d’extradition, mais les autorités tchadiennes n’ont pas donné suite. La participation d’Abdoulaye Miskine à l’Accord de paix de Khartoum en 2019 ajoute une dimension politique et régionale complexe à cette procédure judiciaire.

    Par ailleurs, l’état de santé du général Abdoulaye Miskine suscite une vive inquiétude. Ses proches alertent depuis des années sur des problèmes de santé persistants, notamment une insuffisance rénale, de l’hypertension artérielle, des troubles de la vision et une perte de poids significative. Il a été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment en 2025, année où il avait même entrepris une grève de la faim après la confiscation de ses médicaments.

    Pour ses partisans, cette situation représente une détention arbitraire et prolongée sans jugement. Du côté des autorités judiciaires, le dossier est officiellement considéré comme pendant. Cependant, la déprogrammation inattendue de l’audience du 25 mai 2026 ravive les critiques concernant le blocage de cette affaire, qui se trouve au carrefour d’enjeux judiciaires, sécuritaires et politiques délicats entre le Tchad et la Centrafrique.

    À ce jour, aucune date de reprise du procès n’a été communiquée. L’affaire Abdoulaye Miskine demeure donc en suspens, sans perspective claire de jugement, de libération ou d’extradition.

  • Sud-Kivu : l’AFC-M23/Twirwaneho revendique un succès stratégique à Minembwe

    Sud-Kivu : l’AFC-M23/Twirwaneho revendique un succès stratégique à Minembwe

    Minembwe, République démocratique du Congo — Les hauts plateaux des territoires de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu, ont été le théâtre d’intenses affrontements durant près d’une semaine. Les combattants Twirwaneho, intégrés à la coalition politico-militaire AFC-M23, ont fait face aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et les milices Wazalendo. Ces violences ont secoué la région, laissant derrière elles un paysage de revendications de victoire et de repli stratégique.

    À l’issue de cette série de confrontations, les forces Twirwaneho et M23 ont affirmé avoir repoussé l’alliance gouvernementale de plusieurs de ses positions autour de Minembwe. Des rapports émanant de sources locales et militaires confirment un mouvement de repli des troupes engagées par Kinshasa.

    Des témoignages locaux décrivent une semaine de combats d’une rare intensité, marquée par l’utilisation d’armes lourdes, de drones et de bombardements. Il semblerait que les FARDC, la FDNB et leurs alliés aient ensuite opéré un retrait vers les localités de Lwiko, Mutunda et Miko, laissant ainsi plusieurs points stratégiques périphériques de Minembwe sous le contrôle des combattants Twirwaneho et M23.

    Les habitants ayant fui les zones de conflit vers Kiziba ont raconté des scènes de panique et d’exodes massifs de civils. Plusieurs récits font état de bombardements ayant touché des zones résidentielles, bien qu’un bilan indépendant des victimes civiles n’ait pu être établi.

    Pour l’heure, les FARDC n’ont pas communiqué de manière détaillée sur ces événements. Cependant, des sources militaires sur place ont confirmé un repositionnement stratégique de leurs forces après des affrontements particulièrement violents dans les secteurs d’Ilundu et de Bidegu.

    Des informations non vérifiées circulant dans la région suggèrent que des militaires burundais de la FDNB auraient abandonné du matériel lors de leur retrait vers Kakenge (Miko). Des pertes humaines seraient à déplorer parmi les FARDC, la FDNB et les Wazalendo, mais aucun chiffre officiel n’a été divulgué.

    Revendications et discours de victoire

    Du côté des combattants Twirwaneho et M23, le ton est résolument celui de la victoire militaire. Ils déclarent avoir fait reculer les forces gouvernementales et leurs partenaires au-delà de plusieurs lignes de front, consolidant ainsi leurs positions aux alentours de Minembwe.

    Les combats dans l’est congolais continuent de pousser des civils, principalement des femmes et des enfants, à fuir vers des camps de déplacés où les conditions de vie restent précaires et marquées par le manque d’abris, de nourriture et d’accès aux soins de base. ©SOS Médias Burundi

    L’ancien député national congolais Moïse Nyarugabo a accueilli favorablement ce qu’il a décrit comme un « recul des forces engagées contre Minembwe ».

    « La menace sur Minembwe est désormais écartée. Malgré l’emploi de Soukhoï, de drones et d’artillerie lourde, les forces adverses ont été repoussées au-delà de la rivière Lwiko », a-t-il affirmé.

    Selon ses analyses, les opérations militaires lancées depuis plusieurs mois n’auraient pas réussi à garantir une stabilité durable dans ces hauts plateaux, qui restent une zone de forte instabilité.

    Il a également imputé à la coalition la responsabilité des bombardements ayant entraîné des pertes civiles et des déplacements massifs de populations.

    Accusations autour de la présence de la FDNB

    La participation de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) aux côtés des FARDC continue de générer des controverses dans la région.

    Certaines sources sécuritaires avancent que Kinshasa aurait proposé à Gitega des avantages liés à l’exploitation minière dans la région de Minembwe et d’autres zones du territoire de Fizi, en échange d’un soutien militaire. Ces allégations n’ont cependant été confirmées ni par les autorités congolaises ni par les autorités burundaises.

    Les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont néanmoins attesté l’existence d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire autorisant l’intervention des forces burundaises sur le territoire congolais. Un rapport du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité indique que plus de 29 000 soldats burundais auraient été déployés dans l’est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025.

    Dans ce contexte de vives tensions sécuritaires, l’armée burundaise a récemment procédé à de nouveaux redéploiements régionaux. Cela survient notamment après le retrait des rebelles de l’AFC-M23 de la ville stratégique d’Uvira, proche de Goma et des axes reliant l’est congolais au Burundi. Uvira avait été sous occupation pendant près d’un mois, de décembre 2025 à janvier 2026, avant le repli des rebelles.

    Plus récemment, des sources locales signalent également que des éléments de l’AFC-M23 se sont retirés de certaines positions dans la plaine de la Rusizi, sous la pression internationale, en particulier celle des États-Unis et d’autres partenaires engagés dans les efforts de désescalade régionale.

    AFC-M23 et Twirwaneho au cœur du conflit

    Le Mouvement du 23 mars (M23) est aujourd’hui une composante majeure de la coalition politico-militaire Alliance Fleuve Congo–M23 (AFC-M23), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la République démocratique du Congo.

    Dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, cette coalition s’appuie notamment sur le mouvement armé Twirwaneho, principalement constitué de jeunes issus de la communauté Banyamulenge.

    Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir l’AFC-M23 et ses alliés, des allégations que Kigali rejette systématiquement. Le Rwanda, de son côté, reproche à Kinshasa sa collaboration avec les FDLR, un groupe armé composé d’anciens responsables hutus impliqués dans le génocide des Tutsis de 1994.

    Le Burundi accuse également le Rwanda de soutenir des groupes armés opérant contre son territoire et d’entretenir des ambitions d’influence dans l’est de la RDC. Ces accusations sont également rejetées par Kigali, qui reproche à Gitega sa collaboration avec les FDLR et d’autres groupes armés actifs dans la région.

    Dans ce climat de tensions persistantes, le M23/AFC, un mouvement à majorité tutsie ayant repris les armes fin 2021 en accusant Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements de réintégration, contrôle ou influence plusieurs zones stratégiques du Nord et du Sud-Kivu, incluant des axes économiques et des localités clés.

    Une région toujours instable

    Malgré les multiples accords régionaux et initiatives diplomatiques visant à apaiser la crise dans l’est de la RDC, les affrontements se poursuivent sur le terrain, sans qu’une perspective immédiate de désescalade durable ne se dessine.

    Les hauts plateaux de Fizi demeurent ainsi l’un des foyers les plus instables de la région des Grands Lacs, où les rivalités locales s’entremêlent aux tensions complexes entre Kigali, Kinshasa et Gitega.

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