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  • Aimé Boji lance un appel solennel au Rwanda pour une paix durable dans l’est de la RDC

    Aimé Boji lance un appel solennel au Rwanda pour une paix durable dans l’est de la RDC

    Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a profité de la clôture de la session ordinaire de mars, le lundi 15 juin 2026, pour dresser un état des lieux alarmant de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il a qualifié cette crise de préoccupation majeure pour l’ensemble des élus.

    Dès les premières minutes de son intervention, le président de la Chambre basse a martelé l’urgence de la situation sur le terrain. Il a fait part de l’inquiétude grandissante de l’Assemblée nationale face à la persistance des violences armées frappant notamment les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les populations civiles, a-t-il rappelé, subissent quotidiennement les conséquences tragiques de ces conflits.

    « La situation sécuritaire dans l’Est de notre pays demeure la principale préoccupation de la représentation nationale. Alors que nous clôturons ces travaux, nos pensées se tournent immédiatement vers l’est de notre pays. L’agression rwandaise, avec son groupe terroriste AFC/M23, les massacres odieux commis par les terroristes des ADF continuent de faire couler le sang de nos compatriotes », a-t-il déclaré.

    Aimé Boji Sangara a ensuite réitéré avec force la condamnation de l’Assemblée nationale contre la poursuite des violences et les attaques ciblant les civils. Il a tenu à saluer le courage des forces de défense et de sécurité, ainsi que celui des groupes d’autodéfense locaux qui combattent aux côtés de l’armée régulière.

    « Depuis cette tribune, l’Assemblée nationale réitère sa condamnation la plus ferme de cette guerre meurtrière et injuste. C’est ici l’occasion de rendre un hommage vibrant et solennel à nos forces armées, les FARDC, aux Volontaires pour la défense de la patrie, les Wazalendo, qui se battent jour et nuit au péril de leur vie. Aux populations meurtries du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, nous disons : la Nation ne vous oublie pas », a-t-il assuré.

    Le ton s’est voulu particulièrement ferme lorsque le président de la Chambre basse a appelé à l’arrêt immédiat des hostilités et de toute ingérence extérieure dans l’Est du pays. Il a réaffirmé la détermination de la RDC à défendre son intégrité territoriale. S’adressant directement à Kigali, Aimé Boji a plaidé pour une prise de conscience régionale en faveur d’une paix durable entre voisins.

    « Aux agresseurs rwandais et leurs supplétifs de l’AFC/M23, nous disons qu’il est temps que le pouvoir rwandais arrête ses manœuvres de déstabilisation, cesse le pillage de nos ressources et mette fin immédiatement à l’extermination de nos populations. Ni les velléités expansionnistes, ni la violence ne parviendront à entamer notre souveraineté. Aucune portion de notre territoire ne peut être cédée. Le Rwanda doit comprendre que la géographie nous condamne à être voisins pour l’éternité. La guerre ne fera que perpétuer une haine dont les générations futures paieront le prix, et seule la paix durable profitera à tous », a-t-il souligné.

    Malgré l’existence de l’Accord de Washington, négocié sous l’égide des États-Unis, et du processus de Doha mené avec l’appui du Qatar et de l’Union africaine, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC reste très préoccupante. Les populations civiles continuent d’être les premières victimes des violences et des déplacements forcés, dans un contexte international marqué par une baisse des financements humanitaires.

    Face à cette impasse, de nombreuses voix s’élèvent aux niveaux national, régional et international pour appeler au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels restent largement ignorés. L’écart entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques ne cesse de se creuser, chaque partie interprétant les accords selon sa propre lecture, ce qui complique leur mise en œuvre.

  • Attaque terroriste à Niamey : l’AES fustige le soutien étatique étranger

    Attaque terroriste à Niamey : l’AES fustige le soutien étatique étranger

    L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été pris pour cible par une attaque terroriste le jeudi 18 juin 2026. L’assaut, revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda, a coûté la vie à 11 militaires, deux civils, et 22 assaillants ont été neutralisés, selon le bilan officiel.

    Dans une déclaration officielle, la Confédération des États du Sahel (AES) – qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso – a qualifié cette agression de « lâche et perfide », perpétrée aux abords de l’aéroport de la capitale nigérienne.

    « Cette nouvelle tentative de s’emparer de l’aéroport de Niamey visait clairement à affaiblir les capacités opérationnelles des Forces armées nigériennes et à inverser la dynamique positive actuelle de recul des groupes armés terroristes, régulièrement défaits sur le terrain », souligne l’AES dans son communiqué.

    L’organisation estime que cette attaque, qui a causé la mort de 11 soldats et deux civils, tout en entraînant l’élimination de 22 assaillants, révèle « une nouvelle expression de la violence terroriste appuyée par des sponsors étatiques étrangers ».

    Cette offensive survient quelques mois après celle de janvier 2026 contre la base aérienne 101 de Niamey, voisine de l’aéroport. Cet événement avait provoqué une crise diplomatique, le président nigérien Abdourahamane Tiani accusant plusieurs dirigeants internationaux d’être impliqués dans des tentatives de déstabilisation du pays, déclenchant de vives réactions sur la scène mondiale.

    Malgré tout, la Confédération des États du Sahel affirme que ces attaques n’altéreront pas sa stratégie sécuritaire commune. « Loin de briser l’élan de la dynamique confédérale, ces attaques récurrentes et téléguidées ne font que renforcer l’union sacrée des filles et des fils de l’AES autour de la vision de leurs Chefs d’État dans leur lutte pour préserver l’intégrité territoriale des États membres, protéger les populations et garantir une paix durable dans l’espace sahélien », préviennent les dirigeants de l’AES.

  • Le Gabon se positionne au cœur de la nouvelle dynamique économique africaine

    Le Gabon se positionne au cœur de la nouvelle dynamique économique africaine

    Le Gabon se positionne au cœur de la nouvelle dynamique économique africaine

    Libreville — L’Afrique aborde une ère inédite de son développement économique. Après des décennies de cloisonnement hérité de la colonisation, le continent s’engage dans la construction du plus vaste marché intégré au monde par le nombre d’États participants.

    Dans ce contexte, l’audience accordée ce vendredi à Libreville par le président Brice Clotaire Oligui Nguema au secrétaire général de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), Wamkele Mene, va bien au-delà d’une simple rencontre protocolaire. Elle traduit la volonté du Gabon de jouer un rôle moteur dans la nouvelle architecture économique africaine.

    Alors que les grandes puissances redessinent leurs chaînes d’approvisionnement et que les blocs régionaux accélèrent leur intégration, la question n’est plus de savoir si l’Afrique doit davantage échanger avec elle-même, mais comment chaque pays entend tirer parti de cette mutation historique.

    Un marché de 1,4 milliard de consommateurs

    Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et un produit intérieur brut cumulé dépassant 3 000 milliards de dollars, la ZLECAF représente l’un des projets économiques les plus ambitieux du XXIe siècle. Son objectif apparent est simple : supprimer progressivement les barrières douanières pour stimuler les échanges intra-africains.

    Pourtant, malgré son immense potentiel, l’Afrique reste l’une des régions du monde où les flux commerciaux entre voisins sont les plus faibles. Le commerce intra-européen dépasse 60 % des échanges totaux du continent, et celui de l’Asie avoisine 50 %, alors que l’Afrique peine encore à franchir le seuil des 15 %. C’est ce retard que la ZLECAF entend combler.

    Les discussions entre le chef de l’État gabonais et Wamkele Mene ont donc porté sur les moyens concrets permettant au Gabon de maximiser les bénéfices de cette ouverture continentale. Modernisation des douanes, amélioration des infrastructures frontalières, adaptation des cadres juridiques et renforcement des institutions figurent parmi les priorités identifiées.

    Nkok, l’atout industriel du Gabon

    Le secrétaire général de la ZLECAF a particulièrement souligné un avantage stratégique souvent méconnu du Gabon : la Zone Économique Spéciale de Nkok.

    En quelques années, ce pôle industriel est devenu l’un des plus importants d’Afrique centrale, accueillant des dizaines d’entreprises spécialisées dans la transformation du bois, la métallurgie et l’industrie manufacturière. Il illustre concrètement la volonté du pays de sortir d’un modèle basé sur l’exportation de matières premières brutes pour privilégier la création de valeur ajoutée locale.

    Cette orientation est en parfaite adéquation avec l’esprit de la ZLECAF. Car la réussite de la libre circulation des marchandises dépendra moins de la capacité des pays à exporter des ressources naturelles que de leur aptitude à développer une base industrielle compétitive.

    Dans cette perspective, la position géographique du Gabon constitue également un atout de taille. Situé au cœur du golfe de Guinée, doté d’infrastructures portuaires modernes et engagé dans plusieurs projets logistiques d’envergure, le pays possède les atouts nécessaires pour devenir une plateforme régionale d’échanges.

    La transformation comme doctrine économique

    Lors de l’audience, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé les grandes orientations du Plan National de Croissance et de Développement. Cette vision repose sur trois piliers : la transformation locale des ressources, la diversification de l’économie et l’accélération de la transition numérique.

    Cette stratégie marque une rupture avec les modèles traditionnels fondés exclusivement sur l’exploitation des matières premières. Elle montre la détermination à préparer le pays aux nouvelles exigences de la compétition mondiale.

    Car l’enjeu véritable de la ZLECAF ne se limite pas à la baisse des droits de douane. Il s’agit de faire émerger des économies africaines capables de produire, transformer, innover et exporter à grande échelle.

    L’entretien entre le président gabonais et le secrétaire général de la ZLECAF intervient donc à un moment décisif. Le continent dispose désormais d’un cadre juridique commun. Reste à transformer cette ambition politique en réalité économique.

    Pour le Gabon, l’enjeu est stratégique. Le pays ne cherche plus simplement à participer à la libre circulation des marchandises ; il ambitionne d’en devenir l’un des grands bénéficiaires. La ZLECAF ouvre la porte d’un marché continental inédit. Mais seuls les États capables d’anticiper les mutations industrielles, logistiques et numériques pourront véritablement en récolter les fruits. Libreville semble avoir choisi d’en faire partie.

  • Rdc : la cenco lance un cri d’alarme face à une « nation en péril »

    Rdc : la cenco lance un cri d’alarme face à une « nation en péril »

    La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a émis, samedi 20 juin à Kinshasa, une mise en garde solennelle sur l’état du pays. À l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire, les évêques catholiques brossent un portrait sombre des dimensions socio-économique, sécuritaire et politique de la République démocratique du Congo, qu’ils décrivent comme une « nation en péril ».

    Au premier rang des inquiétudes de la CENCO se trouve la détérioration continue de la sécurité dans l’Est de la RDC. Malgré la signature de multiples accords de paix, les violences persistent. Les évêques mentionnent la multiplication des groupes armés, les massacres de civils et la tragédie humanitaire des déplacés. Pour l’épiscopat congolais, le constat est alarmant : la situation demeure dramatique, menaçant aussi bien la stabilité régionale que la cohésion nationale.

    Sur le plan socio-économique, la CENCO reconnaît certains progrès, notamment dans les infrastructures routières. Toutefois, ces avancées restent, selon elle, très insuffisantes pour améliorer le quotidien de la majorité des Congolais. La précarité est toujours le lot d’une grande partie de la population, attisant les frustrations sociales et accentuant les inégalités.

    Vives inquiétudes sur la situation politique

    C’est sur le terrain politique que les évêques expriment leur plus forte préoccupation. Ils dénoncent l’escalade des tensions autour d’un éventuel projet de révision constitutionnelle. Selon la CENCO, ce débat se tient dans un climat oppressant, marqué par la peur, les pressions et la répression des voix divergentes. Une situation jugée préoccupante car elle pourrait ébranler les fondements du pacte républicain.

    Les évêques mettent en garde contre toute tentative de passage en force. « Les conséquences pourraient être graves », avertissent-ils, évoquant des risques de tensions généralisées, voire de fragmentation nationale. Face à ces défis, la CENCO appelle le Président de la République au respect strict de son serment constitutionnel. Elle l’exhorte à privilégier le dialogue et la légalité pour préserver la stabilité du pays.

    Préserver l’essentiel : paix, unité et avenir

    Au cœur du message de la CENCO se trouve un appel pressant à sauvegarder les piliers fondamentaux de la nation : la paix, l’unité et l’avenir de la République démocratique du Congo. Dans un contexte marqué par de multiples crises, les évêques exhortent l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une dérive aux conséquences potentiellement irréversibles.

  • Le procureur peut-il se saisir du mensonge économique au Sénégal ?

    Le procureur peut-il se saisir du mensonge économique au Sénégal ?

    Il est désormais incontestable que l’affaire de la dette dite cachée, révélée pour la première fois lors d’une conférence de presse du Premier ministre Ousmane Sonko le 26 septembre 2024, repose sur un mensonge de grande ampleur. Des analystes avisés avaient dès le début mis en garde, mais une vaste campagne de propagande a entretenu ces fausses allégations dans l’espace public.

    Aujourd’hui, alors que le principal intéressé admet ne pas avoir dit la vérité, et compte tenu des effets néfastes de cette déclaration sur la crédibilité du Sénégal, ses relations internationales et les difficultés quotidiennes des Sénégalais, une question se pose : le procureur de la République peut-il engager des poursuites contre Ousmane Sonko pour haute trahison économique, diffusion de fausses nouvelles économiques et mensonge ? Peut-il aussi poursuivre pour complicité tous ceux qui ont alimenté ce mensonge ?

    Pour trancher, il faut d’abord séparer la controverse politique de ses possibles conséquences juridiques. Ce n’est pas seulement le contenu des propos qui compte, mais aussi la qualité de leur auteur, le contexte de leur énonciation et les effets sur la confiance en l’État.

    Lorsque Sonko déclare sur RFI et France 24 qu’il s’exprimait en tant que chef de parti politique, il soulève un problème juridique et institutionnel majeur. Les accusations qui ont affecté la perception de l’économie sénégalaise ne sauraient être considérées comme de simples opinions partisanes, car elles émanaient d’une autorité gouvernementale. En tant que Premier ministre, disposant de l’administration selon l’article 57 de la Constitution, ses propos engageaient l’autorité de l’État et pouvaient influencer la confiance des partenaires extérieurs.

    La séquence autour de la dette dite cachée illustre cette ambiguïté. Sonko tente de replacer ses déclarations dans le registre de l’opposition politique, mais cette justification doit être confrontée au cadre institutionnel. Il ne s’agissait pas d’un simple discours partisan, mais d’une conférence de presse gouvernementale avec, au présidium, le Premier ministre, le ministre-Secrétaire général du gouvernement, le ministre de l’Économie et le ministre de la Justice. La question de la dette a été présentée avec une gravité particulière et répétée dans des cadres institutionnels, comme à la Primature et devant les députés. Dans ces conditions, la parole n’était plus celle d’un simple responsable politique : elle relevait de la parole publique d’un Premier ministre, engageant l’autorité de l’État.

    Médecin après la mort

    Une distinction s’impose. D’un côté, la critique politique reste légitime si elle repose sur des éléments vérifiables. De l’autre, lorsqu’une accusation est formulée dans un cadre institutionnel et qu’elle affecte la confiance publique ou financière, elle doit être étayée par des preuves solides. À défaut, elle expose son auteur à une responsabilité non seulement politique mais aussi institutionnelle. D’où la question : le procureur peut-il intervenir pour diffusion de fausses nouvelles économiques ?

    Cette réflexion conduit à examiner le rôle de la Cour des comptes. Si la controverse a été nourrie par des interprétations politiques, il convient de revenir aux constats de l’institution chargée du contrôle des comptes publics pour mesurer l’écart entre le rapport et les qualifications qui en ont été tirées.

    Dans ce contexte, l’entretien de Mamadou Faye, prédécesseur d’Abdoul Magib Guèye à la présidence de la Cour des comptes, relance la polémique. En affirmant que nulle part dans le rapport il n’est mentionné le terme « dette cachée », l’ancien magistrat agit en médecin après la mort. Pendant deux ans, il a observé Sonko, de connivence avec Bassirou Diomaye Faye, entraîner le Sénégal dans un débat stérile sans réagir. Mamadou Faye aurait mieux fait de se taire. Revenant sur la publication du rapport de février 2025, il rappelle que l’institution s’est limitée à présenter ses constats selon ses méthodes de contrôle. Il précise que le calcul du ratio dette/PIB a été effectué selon la méthode TOFE (Tableau des opérations financières de l’État) et selon la méthode budgétaire. Les deux approches auraient dû donner des résultats concordants si le tableau de passage avait été correctement utilisé.

    Ainsi, l’absence de mention explicite de « dette cachée » ne clôt pas le débat mais fragilise la qualification politique qui en a été faite. Elle déplace le centre de gravité : il ne s’agit plus seulement de savoir si des anomalies comptables existaient, mais de déterminer si leur présentation publique a été exacte, proportionnée et juridiquement responsable.

    La controverse autour de ce mensonge n’est pas neutre. En se prolongeant sans clarification ferme, elle a fragilisé la crédibilité financière du Sénégal, nourri l’incertitude des acteurs économiques et pesé sur la perception des agences de notation. La responsabilité des acteurs publics doit être appréciée à l’aune des effets prévisibles de leurs déclarations, surtout lorsqu’elles concernent la dette, la sincérité des comptes publics et la capacité de l’État à honorer ses engagements.

    Crédibilité financière de l’État

    Cette analyse rejoint les mises en garde déjà formulées : une communication gouvernementale imprudente sur la dette peut affaiblir la confiance des marchés, provoquer une réaction négative des investisseurs, entraîner une dégradation de la notation souveraine et augmenter le coût de l’emprunt. Ces effets, s’ils se matérialisent, réduisent les marges budgétaires, freinent l’investissement et pèsent sur l’emploi.

    Après la publication du rapport de la Cour des comptes, l’enjeu n’était pas de transformer des dysfonctionnements administratifs en scandale politique, mais de déterminer leur nature, leur ampleur et leurs conséquences juridiques. Le rapport appelait d’abord une réponse administrative, budgétaire et institutionnelle : correction des procédures, amélioration de la traçabilité comptable et clarification des responsabilités éventuelles.

    Cette exigence de rigueur vaut aussi pour les affirmations sur l’existence alléguée de 1000 milliards de francs CFA sur un compte attribué à un ancien dignitaire du régime sortant. Une telle déclaration, émanant d’un responsable public, ne peut reposer sur une simple affirmation. Elle doit être appuyée par des éléments vérifiables, examinables par les juridictions compétentes ou les organes de contrôle habilités. À défaut, elle alimente la confusion, affaiblit la confiance institutionnelle et expose son auteur à une contestation sur le terrain de la responsabilité.

    Demander au procureur de s’autosaisir ne se réduit pas à une controverse partisane. Cela renvoie à un principe plus large : la parole publique, surtout émanant d’une autorité gouvernementale, doit être proportionnée, vérifiable et compatible avec les exigences de stabilité institutionnelle. Lorsque des déclarations économiques sont susceptibles d’affecter la crédibilité financière de l’État, il appartient aux institutions compétentes d’apprécier si elles relèvent du débat politique ordinaire ou si elles justifient un examen plus approfondi au regard du droit applicable.

    Au-delà de cette controverse, la question renvoie au rôle durable des institutions de contrôle. La crédibilité de la parole publique dépend de la capacité des organes compétents à produire des constats réguliers, lisibles et incontestables pour éclairer le débat démocratique.

    Post-scriptum :

    Le nouveau Premier président de la Cour des comptes coche toutes les cases, sa nomination consacre une longue et riche carrière au sein de l’institution. Cependant, c’est un président de transition (il lui reste moins de trois ans avant la retraite), mais surtout de mission. Il doit relever quatre défis : la régularité dans la publication des rapports annuels, le parachèvement de la réforme de la Cour pour l’aligner sur les standards internationaux, l’ouverture de l’institution aux métiers techniques (ingénieurs pétrole, gaz, infrastructures, experts-comptables, médecins de santé publique) et l’appui sur le vivier de compétences internes par la mise en place d’un plan de carrière pour les vérificateurs, et enfin le renforcement de la professionnalisation des métiers de la Cour (certification des comptes et évaluation des politiques publiques).

  • Réforme constitutionnelle en RDC : l’APEC de Louis Watum se mobilise à Lubumbashi pour une constitution adaptée

    Réforme constitutionnelle en RDC : l’APEC de Louis Watum se mobilise à Lubumbashi pour une constitution adaptée

    Dominique Unyon Pewu

    À Lubumbashi, l’Action des Patriotes pour l’Émergence du Congo (APEC) a tenu un meeting d’envergure dans un stadium de la Gécamines bondé. La formation politique de Louis Watum Kabamba, conduite par son président intérimaire Dominique Unyon Pewu, a enregistré des adhésions massives et pris une position claire sur le débat qui agite la scène politique congolaise : la révision constitutionnelle. Pour l’APEC, ce chantier est incontournable pour répondre aux défis sécuritaires et de gouvernance du pays.

    Dans une ambiance survoltée, ponctuée par l’hymne national et une marée de militants aux couleurs du parti, cette matinée politique à Lubumbashi a démontré la capacité de mobilisation de la formation dans le Grand Katanga. Les dirigeants de l’APEC voient dans cette affluence un signe de l’ancrage local et du soutien populaire à la vision de leur autorité morale, Louis Watum Kabamba.

    La rencontre a été animée par une délégation de haut niveau venue de Kinshasa, emmenée par le président national ad intérim, l’honorable Dominique Unyon Pewu. Au-delà des adhésions, les cadres du parti ont livré un diagnostic approfondi de l’architecture institutionnelle actuelle. Pour l’APEC, les réalités politiques, économiques et surtout sécuritaires de la République Démocratique du Congo imposent de lever les tabous autour de la réforme de la Constitution.

    Les intervenants ont souligné qu’aucun texte fondamental ne saurait rester figé face aux mutations de la société. Engager une révision constitutionnelle n’est pas une remise en cause de la démocratie, mais un exercice normal dans la vie d’une nation. Prenant la parole, Dominique Unyon Pewu, président intérimaire de l’APEC et membre de l’Union Sacrée de Félix Tshisekedi, a fermement inscrit son parti dans la dynamique du changement, s’appuyant sur la souveraineté nationale :

    « Vous savez, la question de l’heure en République Démocratique du Congo, c’est le changement de la Constitution. Est-ce qu’on peut en parler sans l’APEC ? Nous nous basons sur l’article 5 de la Constitution, qui donne la souveraineté au peuple congolais de se prononcer et de décider du changement. Si le peuple est d’accord, qui nous arrêtera ? Ainsi, l’APEC, derrière son autorité morale, Son Excellence Louis Watum Kabamba, se lève et soutient le projet de changement de la Constitution », a-t-il déclaré.

    En réussissant ce pari de la mobilisation dans un stadium comble, le parti de Louis Watum Kabamba ne fait pas seulement la démonstration de sa force de frappe dans le Grand Katanga. Il s’impose comme un acteur clé du débat politique national, affirmant sa volonté de contribuer à la modernisation de l’État pour bâtir des institutions plus performantes et conformes aux aspirations des Congolais.

  • Burkina Faso : la dépendance financière derrière le discours de l’autosuffisance

    Burkina Faso : la dépendance financière derrière le discours de l’autosuffisance

    À Bakou, le ministre Aboubakar Nacanabo a scellé un nouvel accord financier avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC). Carburant, céréales, engrais, soutien aux PME : cette injection de capitaux va dynamiser l’économie burkinabè. Une bouffée d’oxygène pour le marché national, mais un rappel sévère pour l’opinion publique.

    Cette signature, discrète et loin des caméras locales, est pourtant vitale pour le quotidien des Burkinabè. En officialisant ce partenariat en Azerbaïdjan, le gouvernement garantit l’approvisionnement en biens essentiels. Sans ces fonds, maintenir les stocks d’engrais pour les campagnes agricoles ou stabiliser les prix du carburant deviendrait très difficile.

    Pourtant, cette opération soulève des questions. Depuis quelque temps, un discours bien huilé domine les déclarations officielles et les rassemblements : le Burkina Faso se développerait « sur fonds propres » et clamerait fièrement « y’a pas crédit dedans ». Une rhétorique d’autosuffisance séduisante, mais qui entre en conflit direct avec les réalités de l’économie mondiale.

    Comment un pays qui affirme haut et fort pouvoir se passer de l’aide extérieure se retrouve-t-il à parapher des accords de financement aussi conséquents à des milliers de kilomètres de Ouagadougou ?

    L’illusion du « zéro dette » est confortable, mais elle masque un effet boomerang dangereux. En refusant de reconnaître cette dépendance financière, une large partie de la population ignore le niveau réel d’endettement du pays. À l’avenir, le réveil pourrait être brutal : le Burkina Faso pourrait se retrouver aussi étranglé par la dette qu’auparavant, avec en plus des slogans vides.

    L’économie suit ses propres lois, que la politique ne peut contourner. Financer le développement par l’effort national est un objectif louable, mais pour l’instant, le quotidien des Burkinabè dépend encore largement de la signature de tels accords internationaux.

  • Bénin-Niger : à Cotonou, les négociations qui redessinent l’avenir régional

    Bénin-Niger : à Cotonou, les négociations qui redessinent l’avenir régional

    Le vendredi 19 juin 2026, l’aéroport de Cotonou a accueilli une délégation nigérienne avec les honneurs protocolaires, marquant le début officiel du second round de négociations bilatérales entre les deux pays. Ce moment dépasse le simple protocole diplomatique : il signale que le dialogue, un temps compromis, est désormais rétabli entre les deux voisins ouest-africains.

    Une reprise des discussions préparée dans l’ombre

    Cette reprise ne doit rien au hasard. Elle fait suite à l’entretien décisif entre le président béninois Romuald Wadagni et le chef de la transition nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, à Niamey. Les deux dirigeants avaient alors convenu de sortir de l’impasse. Pendant deux semaines, des experts techniques, diplomates et hauts gradés militaires ont travaillé à huis clos pour aplanir les différends et préparer le terrain. L’objectif est désormais clair : sceller un accord global pour rouvrir la frontière commune, fermée après les bouleversements politiques à Niamey.

    L’atmosphère des discussions à Cotonou est décrite comme à la fois lourde, en raison des enjeux, et constructive, tant la pression des populations et des opérateurs économiques se fait sentir.

    Une asphyxie économique réciproque

    Pour les analystes, l’urgence se lit dans les indicateurs macroéconomiques, devenus dramatiques. L’imbrication historique des économies béninoise et nigérienne a fait du blocus un double étouffoir.

    Le Niger, pays enclavé, dépend du Port Autonome de Cotonou pour ses importations et exportations. La rupture de cet axe a plongé transporteurs et commerçants dans une crise aiguë. Les chaînes logistiques ont dû être redirigées vers d’autres ports, allongeant les trajets et faisant exploser les coûts de transport, ce qui a alimenté une inflation galopante à Niamey.

    Côté béninois, le contrecoup est tout aussi sévère. Le corridor Cotonou-Niamey est le poumon économique du Bénin. Le ralentissement du transit a réduit les recettes douanières et mis à genoux tout un écosystème : grandes compagnies de logistique, secteur informel, petits vendeurs, restauratrices, manutentionnaires. La réouverture de cet axe est devenue une question de survie pour des milliers de familles des deux côtés.

    Sécurité et souveraineté au cœur des blocages

    Mais le véritable nœud du conflit réside dans les questions de sécurité nationale. Depuis l’arrivée du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie à Niamey, les autorités militaires nigériennes maintiennent une ligne inflexible : aucun impératif économique ne prime sur la sécurité du territoire.

    Les discussions à Cotonou se concentrent donc sur des dossiers sensibles : le contrôle du fleuve Niger, les protocoles de surveillance conjoints pour empêcher les infiltrations de groupes armés, et le partage de renseignements en temps réel. Le défi est de concevoir une frontière à la fois étanche face aux menaces et fluide pour les échanges légitimes. Trouver cet équilibre entre souveraineté et pragmatisme est la clé de la réussite.

    Vers un nouveau paradigme régional

    Ce face-à-face prolongé montre que la géographie et la realpolitik finissent par l’emporter sur les postures idéologiques. La crise est née des sanctions après le changement de régime à Niamey, mais le blocage a révélé l’interdépendance fondamentale des deux nations.

    Les observateurs estiment toutefois qu’un retour pur et simple au statu quo antérieur est improbable. La confiance mutuelle a été ébranlée. Un accord solide jettera les bases d’une relation bilatérale redéfinie, marquée par une vigilance accrue et des contrôles plus stricts, mais aussi par la conscience qu’aucun des deux pays ne peut prospérer en tournant le dos à son voisin.

    Au-delà du cadre bilatéral, l’issue de ces négociations est suivie de près par les partenaires internationaux et les pays limitrophes. L’axe Cotonou-Niamey est un maillon central de l’intégration régionale. Le dénouement de cette crise servira de baromètre pour la capacité des États ouest-africains, qu’ils appartiennent à la CEDEAO ou à l’Alliance des États du Sahel, à surmonter leurs différends pour préserver la stabilité économique et la paix sociale. Sur le terrain, les populations attendent que les actes concrets confirment les sourires officiels.

  • Burkina Faso : sous pavillon russe, l’or de Ouagadougou suscite des interrogations

    Burkina Faso : sous pavillon russe, l’or de Ouagadougou suscite des interrogations

    Le régime de transition burkinabè, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, a fait de la souveraineté nationale son étendard. Pourtant, la politique de rapprochement avec la Russie soulève des doutes parmi les observateurs. Le pays, qui cherche à se libérer de l’influence française, semble tomber sous une nouvelle tutelle.

    Une dépendance économique préoccupante

    Les négociations récentes autour de la gestion des ressources minières, notamment l’or, qui constitue près de 80 % des exportations burkinabè, révèlent une vulnérabilité inquiétante. En confiant à des acteurs russes le contrôle de ce secteur stratégique, le gouvernement de Ouagadougou prend le risque de fragiliser son économie. Les conditions imposées par Moscou sont jugées disproportionnées, transformant la coopération en une forme de redevance.

    Un coût sécuritaire élevé

    Sur le plan militaire, le déploiement d’instructeurs et de forces paramilitaires russes, issus de l’ex-groupe Wagner désormais intégré à Africa Corps, devait permettre de contrer les groupes armés terroristes. Mais le bilan reste mitigé. Les attaques se multiplient, et le coût de cette assistance pèse lourdement sur les finances publiques. Lier la sécurité nationale à l’agenda du Kremlin, lui-même accaparé par d’autres conflits, place le Burkina Faso dans une situation de dépendance dangereuse.

    De la Françafrique à la Russafrique ?

    La critique la plus acerbe porte sur l’incohérence du discours officiel. Rejeter le paternalisme occidental pour embrasser l’impérialisme opportuniste de Moscou n’est pas un acte de libération. « Remplacer une tutelle par une autre, ce n’est pas se libérer, c’est changer de maître », résume un analyste. La Russie ne s’engage pas en Afrique par solidarité anticoloniale, mais pour contourner les sanctions et sécuriser des ressources.

    Un isolement diplomatique croissant

    En se tournant exclusivement vers Moscou, le Burkina Faso s’isole de ses partenaires traditionnels et de ses voisins. Une véritable souveraineté passe par la diversification des alliances, non par une relation bilatérale asymétrique. Le peuple burkinabè risque de payer cher ce choix. La souveraineté ne se mesure pas aux discours anti-occidentaux, mais à la capacité réelle de décider de son avenir sans dépendre de l’étranger, qu’il vienne de Paris, Washington ou Moscou. En cédant ses joyaux et en sous-traitant sa sécurité, le régime compromet l’indépendance du Burkina Faso pour des décennies.

  • Haut-Uele : la Cellcom du gouvernorat dément toute collusion entre Jean Bakomito et Corneille Nangaa

    Haut-Uele : la Cellcom du gouvernorat dément toute collusion entre Jean Bakomito et Corneille Nangaa

    La Cellule de communication du gouvernorat du Haut-Uele a rapidement réagi à des interrogations soulevées récemment sur une possible proximité entre le gouverneur Jean Bakomito Gambu et le chef rebelle Corneille Nangaa. Dans une mise au point diffusée par Muammar Awoni, chef de la Cellcom, les autorités provinciales rejettent fermement ces allégations.

    Premièrement, précise le communiqué, aucune paralysie économique n’a été constatée à Isiro le 17 juin 2026. Une vérification auprès des acteurs locaux aurait permis d’établir que cette affirmation est infondée.

    Deuxièmement, l’article incriminé évoquait l’absence d’activités scolaires. Or, en cette période de fin d’année académique en République Démocratique du Congo, les écoles sont normalement en congé. De plus, aucun rassemblement ou marche n’a été organisé à Isiro à cette date.

    Dès lors, la Cellcom s’interroge sur les éléments objectifs qui permettraient d’accuser le gouverneur d’être un allié de Corneille Nangaa, figure de l’AFC/M23 considérée comme responsable de violences dans l’Est.

    Le communiqué rappelle que Jean Bakomito Gambu est connu pour son engagement en faveur de la paix dans toute la province du Haut-Uele. Il fait partie des personnalités de la Grande Orientale qui mènent des actions de sensibilisation contre les ennemis de la République, notamment ceux alliés à Paul Kagame.

    Les autorités indiquent que les actes de banditisme urbain ayant perturbé Isiro ont été maîtrisés, et qu’aucun incident majeur n’y est actuellement signalé. Dans le territoire de Watsa, particulièrement à Mungbere, des incursions présumées d’éléments ADF sont sous contrôle grâce au professionnalisme des FARDC. La présence dans la province du Chef d’État-Major Général Adjoint chargé des opérations et renseignements témoigne de l’attention présidentielle. Des opérations de ratissage se poursuivent pour le retour des déplacés.

    Le gouverneur a en outre doté les FARDC de plusieurs véhicules et de moyens logistiques pour renforcer les opérations.

    La Cellcom conclut que les accusations portées contre Jean Bakomito Gambu sont dénuées de fondement et visent à ternir son image. Il demeure un défenseur résolu de la province face aux ennemis de la République, agissant dans le cadre de la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour la paix, la sécurité et le développement.

    Muammar Awoni, Chef de la Cellule de Communication du Gouvernorat Haut-Uele.

  • Niger : l’offensive du 18 juin à l’aéroport de Niamey ravive les soupçons sur Lomé

    Niger : l’offensive du 18 juin à l’aéroport de Niamey ravive les soupçons sur Lomé

    L’attaque perpétrée le jeudi 18 juin 2026 à l’aéroport de Niamey ébranle l’Afrique de l’Ouest. Alors que les négociations pour la réouverture des frontières entre le Bénin et le Niger étaient à un stade avancé, ce regain de violence vient brutalement entraver le processus diplomatique. Derrière cet assaut, de nombreux observateurs évoquent une possible guerre d’influence économique, allant jusqu’à soupçonner une intervention du président togolais Faure Gnassingbé.

    Le JNIM comme instrument d’un sabotage politique ?

    L’assaut a été attribué au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Toutefois, la soudaineté et le moment choisi pour cette opération suscitent des interrogations. Plusieurs analystes de la région estiment que le groupe terroriste aurait agi comme un prestataire de services pour le compte d’intérêts étatiques extérieurs.

    Le nom de Faure Gnassingbé revient avec insistance dans les cercles diplomatiques. Le chef de l’État togolais est suspecté d’avoir financé cette attaque dans le but précis de faire échouer l’accord imminent entre Cotonou et Niamey.

    La rivalité portuaire : le véritable moteur du conflit

    Pour comprendre les ressorts de cette affaire, il convient de dépasser le seul cadre sécuritaire et d’examiner les réalités économiques de la sous-région.

    Le cœur du problème : depuis la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger, le Port Autonome de Lomé (PAL) est devenu l’artère économique de substitution pour Niamey. Le Togo a ainsi capté massivement les flux de marchandises nigériennes, générant des bénéfices records.

    Une normalisation des relations entre le Bénin et le Niger entraînerait le retour immédiat du transit par le port de Cotonou, bien plus proche et naturel pour le Niger. Pour Lomé, la perte financière se chiffrerait en milliards de francs CFA.

    Un frein pour la diplomatie régionale

    En frappant précisément au moment où les discussions progressaient, les commanditaires de l’attaque s’assurent que la méfiance s’installe à nouveau entre le Bénin et le Niger. Si l’implication de Lomé venait à être prouvée formellement, cela marquerait un tournant dramatique dans les relations sous-régionales, montrant que la guerre commerciale a dépassé le cadre juridique pour s’inviter sur le terrain de la violence.

  • Rdc : la Cenco accuse la police et la milice Force du progrès de réprimer les manifestations

    Rdc : la Cenco accuse la police et la milice Force du progrès de réprimer les manifestations

    La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a tiré la sonnette d’alarme à l’issue de sa session extraordinaire, clôturée ce samedi 20 juin à Kinshasa. Les évêques dénoncent une alliance entre la police nationale et la milice du parti au pouvoir, la « Force du progrès », dans la répression des rassemblements de l’opposition.

    « Les manifestations de l’opposition sont violemment réprimées par la police nationale en collaboration avec une milice d’un parti politique dénommée ‘Force du progrès’ », a déploré la CENCO.

    Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire exécutif de l’organisation des prélats catholiques, a également souligné le musellement de certaines voix au sein même de la majorité présidentielle qui s’opposent au projet de révision constitutionnelle.

    « Nous observons avec inquiétude une tension croissante née de la campagne de la Majorité au pouvoir en faveur du changement de la Constitution du 18 février 2006. Cette campagne, qui utilise les ressources de l’État, se déroule dans un climat de terreur : les voix discordantes à l’intérieur de la Majorité sont réduites au silence par crainte de représailles », a-t-il déclaré.

    Le sit-in de la Coalition C64, le 12 juin, violemment dispersé, visait à s’opposer à la proposition de loi référendaire du député Paul-Gaspard Ngondakoy, validée par l’Assemblée nationale. Plusieurs organisations de défense des droits humains, nationales et internationales, avaient déjà accusé la police et la Force du progrès d’avoir agressé des responsables et des militants de l’opposition lors de cette manifestation, dispersée à coups de gaz lacrymogènes près du palais du peuple, à Kinshasa.