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  • Le Maroc modernise son passeport biométrique et régule l’usage des trottinettes électriques

    Le Maroc modernise son passeport biométrique et régule l’usage des trottinettes électriques

    Le Conseil de gouvernement, réuni récemment à Rabat, a validé deux projets de décret majeurs impactant directement la vie des citoyens marocains. Ces initiatives visent à la fois à renforcer la sécurité des documents d’identité nationaux et à encadrer l’utilisation croissante des engins de déplacement personnel motorisés, notamment les trottinettes électriques, pour une meilleure sécurité routière au Maroc.

    Un passeport marocain de nouvelle génération pour une sécurité accrue

    Lors de cette session gouvernementale, un projet de décret modifiant le texte fondateur du passeport biométrique marocain, datant de 2008, a été adopté. Présenté par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, cette réforme marque le lancement d’une nouvelle génération de passeports. Ces derniers seront équipés de dispositifs de sécurité renforcés, offrant une protection optimale contre la fraude et la falsification des documents.

    Le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a souligné que ce nouveau document d’identité est conçu pour mieux préserver l’intégrité du passeport marocain tout en valorisant l’identité nationale dans toutes ses dimensions. Les modalités précises de délivrance de ce passeport modernisé seront définies ultérieurement par un arrêté conjoint des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Il est important de noter que les passeports biométriques actuels resteront valides et seront remplacés progressivement.

    Trottinettes électriques : une réglementation pour la sécurité urbaine au Maroc

    Parallèlement, le gouvernement a également approuvé un projet de décret visant à adapter le Code de la route aux nouvelles réalités des mobilités urbaines. Ce texte intègre spécifiquement les engins de déplacement personnel motorisés, à l’image des trottinettes électriques, qui connaissent un essor considérable dans les villes marocaines.

    Les nouvelles règles clés pour les utilisateurs de trottinettes électriques :

    • La vitesse maximale autorisée est désormais plafonnée à 25 km/h.
    • Le port d’un casque homologué devient obligatoire pour tous les usagers.
    • L’utilisation d’écouteurs ou de casques audio est strictement interdite pendant la conduite, afin de garantir une pleine perception de l’environnement routier.
    • Les enfants de moins de huit ans ne sont plus autorisés à utiliser ces engins sur la voie publique.
    • Des équipements spécifiques devront être utilisés pour le transport de jeunes enfants, assurant leur sécurité.

    Cette réforme législative répond à la nécessité d’établir un cadre juridique clair et équilibré. L’objectif est de concilier l’innovation en matière de mobilité, la sécurité des usagers et un partage harmonieux de l’espace public dans les agglomérations marocaines. Les autorités espèrent que ces dispositions contribueront à réduire les comportements à risque et à accompagner de manière sécurisée le développement des modes de déplacement alternatifs.

  • Afrique subsaharienne : les 10 régimes les plus autoritaires

    Afrique subsaharienne : les 10 régimes les plus autoritaires

    Dix régimes autoritaires qui sévissent en Afrique subsaharienne

    Lire uniquement le texte pour utiliser moins de données
    Selon V-Dem Institut une dizaine de régimes en Afrique sont considérés comme des autocraties fermées.

    Crédit photo, Avec Getty images

      • Author, Abdou Aziz Diédhiou
      • Role, BBC Afrique News
    • Published
    • Temps de lecture: 12 min

    Dans certains pays en Afrique, s’exprimer librement sur des questions politiques ou critiquer les dirigeants au pouvoir, peut vous valoir un séjour en prison, voire tout simplement vous coûter la vie. Durant ces dernières décennies, de nombreux régimes ont pris une tournure autocratique, restreignant la liberté d’expression, réprimant toute voix discordante et contrôlant tout processus électoral s’il existe et rendant presque impossible l’exercice de la démocratie.

    Une Démocratie en berne

    Le processus électoral en Guinée-Bissau a été interrompu par un groupe de militaires qui a renversé le président sortant candidat à sa propre réélection au moment du décomptage des votes.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Sur 55 pays africains, une dizaine sont devenus des régimes autocratiques fermés, 26 sont des autocraties électorales selon l’Institut Varieties of Democracy (V-Dem).

    Ce recul de la démocratie en Afrique est un fait établi par l’institut V-Dem dans son rapport de 2026 sur l’état de la démocratie dans le monde.

     »La démocratie est revenue à son niveau de 1978 pour le citoyen moyen à l’échelle mondiale » écrit l’institut basé à l’Université de Göteborg en Suède, dans son rapport.

     »Les acquis de la « troisième vague de démocratisation », qui a débuté en 1974 au Portugal » avec la Révolution des œillets qui a mis fin au régime de Salazar et qui a gagné de nombreuses parties du globe sont  »presque entièrement effacés ».

    Selon V-Dem Institut, le niveau de démocratie pour le citoyen moyen en Europe occidentale et en Amérique du Nord est à son plus bas niveau depuis plus de 50 ans, principalement en raison de l’autocratisation continue aux États-Unis.

    Ailleurs en Afrique, on assiste à un même déclin des acquis démocratiques qui ont été obtenus il y a 25 ans et qui ont fait naitre beaucoup d’espoirs sur le continent.

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    • Voici la liste des pays les plus démocratiques d’Afrique selon un rapport
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    • Le président de 92 ans qui ne perd jamais

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    Une majorité de la population vit dans des régimes autoritaires

    À la fin de l’année 2025, « le monde comptait 92 autocraties, contre 87 démocraties. Ainsi, 74 % de la population mondiale (6 milliards de personnes) vivaient désormais dans des autocraties, tandis que seuls 7 % de la population mondiale (0,6 milliard de personnes) vivaient dans des démocraties libérales ».

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    Un profond renversement de tendance s’est opéré au cours des dernières décennies, contrastant avec l’optimisme qui avait marqué le début du XXIe siècle.

    « Presque tous les aspects de la démocratie ont connu un recul considérable au cours de la dernière décennie. En 2025, la liberté d’expression a régressé dans 44 pays, tandis que la torture a continué d’être utilisée pour réprimer l’opposition politique. Par ailleurs, 33 pays ont enregistré une détérioration significative de leur situation démocratique. »

    « Trois tendances distinctes se dégagent clairement de cette vague : un recul de la démocratie dans certaines démocraties traditionnellement stables ; des revers importants, voire l’effondrement de la démocratie, dans des pays qui s’étaient démocratisés avec succès à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle ; enfin, un renforcement de l’autocratie dans des États déjà autocratiques », écrit l’Institut V-Dem.

    L’Afrique subsaharienne, terre hostile à la démocratie

    Des manifestants défilent dans les rues d'Ojota, à Lagos, lors des célébrations du 12 juin commémorant le rétablissement de la démocratie en 1999, brandissant des pancartes dénonçant l'enlèvement d'élèves et d'enseignants le 12 juin 2026.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    En Afrique subsaharienne, le niveau de démocratie dans la région est désormais revenu à celui du début des années 2000, selon deux indicateurs : la recrudescence des coups d’État militaires dans la région du Sahel et le renforcement des régimes autocratiques.

     »Le renforcement des régimes autocratiques dans des pays comme la République centrafricaine, le Mozambique et le Togo contribuent à cette évolution négative » note V-Dem Institute.

    Dans la région, la grande majorité – 66 % de la population – vit sous des régimes autocratiques.

    Les autocraties électorales, telles que l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda, abritent 48 % de la population.

    Environ 14 % de la population vit dans des régimes autocratiques fermés.

    Seules 10 % résident dans des démocraties électorales telles que le Botswana, le Ghana, l’Afrique du Sud etc et 24 % dans des pays démocratiques de la « zone grise », tels que le Kenya et le Nigeria.

    Voici le Top 10 des régimes autoritaires fermés en Afrique subsaharienne

    1- Erythrée

    En plus de trois décennies, l'Erythrée n'a jamais organisé d'élections présidentielles.

    Crédit photo, Getty Images

    À partir du milieu des années 1990, les Érythréens ont connu une période d’ouverture relative, marquée par l’émergence de journaux indépendants donnant la parole à des voix critiques, y compris au sein du parti au pouvoir, le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ).

    L’Assemblée nationale de transition avait fixé une date pour les élections, une commission électorale était en cours de création et des projets de loi sur les partis politiques faisaient l’objet de discussions. Après sa longue guerre d’indépendance contre l’Éthiopie, le pays semblait s’engager progressivement sur la voie de la démocratisation.

    Contre toute attente, le pouvoir change toutefois de cap en septembre 2001. Alors que l’attention du monde est focalisée sur les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les autorités ferment en une seule journée tous les journaux indépendants, réduisant au silence les principales voix critiques du pays. De nombreux journalistes sont arrêtés et disparaissent sans laisser de traces.

    Parallèlement, le gouvernement arrête 11 membres du groupe connu sous le nom de G-15, parmi lesquels figurent trois anciens ministres des Affaires étrangères, un ancien chef d’état-major des forces armées et plusieurs membres de l’Assemblée nationale. Depuis leur arrestation, aucune information officielle crédible n’a été communiquée sur leur sort.

    Les espoirs de démocratie nourris par de nombreux Érythréens s’évanouissent alors, laissant place à l’un des régimes les plus fermés et les plus autoritaires du continent africain.

    En plus de trois décennies de pouvoir du président Isaias Afwerki, aucune élection présidentielle n’a jamais été organisée en Érythrée.

    2- Burkina Faso

    Le capitaine Ibrahim Traoré qui a dissous les partis politiques a déclaré que ''La démocratie, c'est pas pour nous''.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le chef de la junte militaire au Burkina Faso ne cache pas son aversion pour la démocratie.

    Le pouvoir militaire a suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux et expulsé certains de leurs journalistes.

    En octobre dernier, il dissout la Commission électorale nationale indépendante (CENI), puis tous les partis politiques cinq mois plus tard en février 2026.

    Dans un entretien diffusé à la télévision nationale, le 2 avril dernier le capitaine Traoré a appelé les Burkinabés à « oublier la question de la démocratie », alors que les partis politiques ont été dissous.

     »On ne parle même pas d’élections d’abord (…), il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous » a t-il déclaré.

    Engagé dans une guerre contre les mouvements terroristes, le régime militaire procède parfois à des enlèvements des opposants et voix critiques du pays. Certaines personnes qui osent critiquer son régime sont parfois envoyés au front aux côtés de l’armée même s’ils sont des civils.

    3- Mali: Retour à la case départ

    La junte militaire a dissous les partis politiques et a restreint la liberté d'expression.

    Crédit photo, (Photo de MICHELE CATTANI/AFP via Getty Images)

    Le 26 mars 1991, une insurrection populaire met fin au régime dictatorial du général Moussa Traoré au Mali.

    Un jeune officier de l’armée, Amadou Toumani Touré, prend alors le pouvoir avec l’ambition d’engager le pays sur la voie de la démocratie.

    Après une période de transition, le Mali organise des élections pluralistes qui portent Alpha Oumar Konaré à la présidence. Commence alors une expérience démocratique qui fera longtemps figure de modèle en Afrique de l’Ouest.

    Mais trois décennies plus tard, le pays semble revenu à son point de départ.

    Depuis 2020, les militaires qui ont pris le pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs ont progressivement interrompu le processus démocratique.

    L’espace civique et politique s’est considérablement rétréci. Les partis politiques ont été dissous et les activités de nombreuses organisations de la société civile fortement restreintes.

    Des responsables politiques ont été arrêtés ou emprisonnés, tandis que des journalistes, des militants et certains opposants ont été contraints de quitter le pays.

    Engagé dans une guerre contre les groupes jihadistes, le régime militaire, qui s’était initialement engagé à mener une transition de quatre ans, s’est maintenu au pouvoir et ne fixe désormais plus de calendrier précis pour un retour à l’ordre constitutionnel.

    4- Niger : le grand bon en arrière

    Le général Abdourahamane Tiani a dissous les partis politiques au Niger.

    Crédit photo, ORTN – Télé Sahel/AFP via Getty Images

    A l’instar des autres pays de la région, le Niger vit également un déclin de la démocratie.

    Le pays a pourtant connu l’ouverture politique dans les années 90 passant entre 1991 et 1993 d’un régime de parti unique, à un régime politique plus ouvert avec la reconnaissance du multipartisme.

    Depuis des régimes civils se sont succédé au pouvoir dans les années 2000 dont celui de Mahamadou Issoufou, élu en 2011 pour un mandat de cinq ans, puis réélu en 2016.

    Le renversement de son successeur Mohamed Bazoum par un groupe de militaires en 2023 a marqué un retour vers l’autoritarisme militaire avec un régime supprimant les partis politiques, reportant sine die les élections et la transition vers un régime civil et renforçant son contrôle sur tout l’appareil politique, étouffant la liberté d’expression dans le pays.

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    • Sénégal : Un succès démocratique rare alors que le Niger est en déclin, selon Freedom House
    • La série de coups d’État ne signifie pas la fin de la démocratie en Afrique

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    5- Soudan du Sud

    Depuis son accession à l'indépendance le Soudan du Sud n'a pas retrouvé le chemin de la démocratie. Le pays est plongé dans une guerre civile sanglante marquée par des violations énormes des droits de l'homme.

    Crédit photo, (Photo : ASHRAF SHAZLY / AFP via Getty Images)

    Après des années de lutte pour obtenir son indépendance, le pouvoir sud soudanais est dominé par le parti unique : le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), dirigé par le président Salva Kiir.

    Depuis l’indépendance du pays en juillet 2011, tout l’appareil d’État est contrôlé de facto par le SPLM, réduisant comme peau de chagrin l’espace démocratique.

    Depuis le déclenchement de la guerre civile en 2013, le pouvoir est partagé de manière conflictuelle entre le président Salva Kiir et son rival, le vice-président Riek Machar.

    Quant à la démocratie, elle demeure inconnue par les citoyens du dernier Etat africain indépendant.

    6- Soudan

    Depuuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par des guerres civiles sanglantes.

    Crédit photo, (Photo : Ebrahim Hamid / AFP via Getty Images)

    C’est un régime militaire dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté qui dirige le Soudan.

    Depuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par une guerre civile destructrice où les forces gouvernementales affrontent les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire rival.

    Les organisations de défense des droits humains dénoncent les nombreux massacres et autres violations des droits de l’homme commis par les belligérants en toute impunité.

    7- Somalie

    Les Somaliens sont restés plus de cinquante ans sans goûter au suffrage universel.

    Crédit photo, « PRÉSIDENCE DE LA SOMALIE / PHOTO FOURNIE »

    Depuis le coup d’Etat de Siad Barre en 1969, les Somaliens n’ont jamais eu l’occasion de choisir librement ceux qui les gouvernent.

    Siad Barre avait mis fin au multipartisme, suspendu la constitution et instauré un régime autocratique qui a plongé le pays dans la guerre civile dans les années 90.

    Ces dernières années, le pays se cherche une voie lui permettant de mettre fin à plus d’un demi-siècle de silence démocratique avec l’instauration du suffrage universel et l’organisation d’élections multipartites.

    8- République de Guinée

    Le pouvoir du Général Mamady Doumbouya s'est durci en République de Guinée.

    Crédit photo, (Photo de CELLOU BINANI/AFP via Getty Images)

    En République de Guinée, malgré l’organisation d’élections en décembre 2025 et en mai 2026, le pouvoir a pris une tournure de plus en plus autoritaire, marquée par des arrestations, des disparitions et des décès controversés de personnalités publiques en détention.

    Lors de l’élection présidentielle de décembre 2025, le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2021, a été déclaré vainqueur avec 86,72 % des suffrages.

    Les principaux leaders de l’opposition avaient auparavant été écartés de la course présidentielle, suscitant des critiques quant à l’équité du scrutin.

    Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé une dérive autoritaire du régime, caractérisée par un rétrécissement de l’espace civique et politique. Elles pointent notamment la suspension de plusieurs partis politiques, les restrictions imposées aux manifestations ainsi que les sanctions prises contre des organes de presse par la Haute Autorité de la communication.

    9- Eswatini

    L'Eswatini est une monarchie absolue.

    Crédit photo, (Photo de Darren Stewart/Gallo Images via Getty Images)

    L’Eswatini est la dernière monarchie absolue d’Afrique.

    Le roi Mswati III concentre tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), et exerce un contrôle sur la police, l’armée et le système judiciaire du royaume.

    Depuis un décret royal de 1973, les partis politiques sont bannis dans le pays. L’Assemblée nationale du royaume compte au total 69 députés dont 10 sont nommés directement par le roi.

    « Des élections sont une compétition entre partis politiques. Mais ici, on assiste à une non-élection, un système de nomination par les royalistes. Si vous y participez, vous ne pouvez pas défendre vos idées politiques », a expliqué en 2018 Alvit Dlamini la présidente du NNLG, le plus ancien parti du pays.

    10- Guinée-Bissau

    Les militaires Bissao-guinéens ont interrompu le processus électoral en s'emparant du pouvoir en novembre 2025.

    Crédit photo, (Photo : AA Video/Anadolu via Getty Images)

    La Guinée-Bissau est coutumière des crises politiques et institutionnelles qui, au fil des années, l’ont éloignée des standards démocratiques observés dans plusieurs pays africains.

    En novembre 2025, alors que le pays était engagé dans un processus électoral marqué par une présidentielle très disputée et que le dépouillement des voix était en cours, l’armée est sortie de ses casernes pour renverser le président sortant.

    Fait particulièrement inhabituel, c’est le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, qui a lui-même annoncé à la communauté internationale avoir été renversé par des militaires.

    À la suite du coup d’État, les opposants politiques ont fait l’objet de diverses restrictions, tandis que les inquiétudes se sont accrues quant au respect des libertés fondamentales et à l’avenir du pluralisme politique dans le pays.

    Bien avant cette rupture de l’ordre constitutionnel, la gouvernance d’Umaro Sissoco Embaló faisait déjà l’objet de critiques.

    Son style de pouvoir était souvent qualifié d’autoritaire par ses adversaires politiques et plusieurs organisations de la société civile.

    Les tensions s’étaient notamment manifestées lors du processus électoral, au point de compliquer les efforts de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui cherchait à favoriser un consensus entre les principaux acteurs politiques afin de préserver la stabilité du pays.

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    Afrique subsaharienne : les 10 régimes les plus autoritaires

    Dix régimes autoritaires qui sévissent en Afrique subsaharienne

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    Selon V-Dem Institut une dizaine de régimes en Afrique sont considérés comme des autocraties fermées.

    Crédit photo, Avec Getty images

      • Author, Abdou Aziz Diédhiou
      • Role, BBC Afrique News
    • Published
    • Temps de lecture: 12 min

    Dans certains pays en Afrique, s’exprimer librement sur des questions politiques ou critiquer les dirigeants au pouvoir, peut vous valoir un séjour en prison, voire tout simplement vous coûter la vie. Durant ces dernières décennies, de nombreux régimes ont pris une tournure autocratique, restreignant la liberté d’expression, réprimant toute voix discordante et contrôlant tout processus électoral s’il existe et rendant presque impossible l’exercice de la démocratie.

    Une Démocratie en berne

    Le processus électoral en Guinée-Bissau a été interrompu par un groupe de militaires qui a renversé le président sortant candidat à sa propre réélection au moment du décomptage des votes.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Sur 55 pays africains, une dizaine sont devenus des régimes autocratiques fermés, 26 sont des autocraties électorales selon l’Institut Varieties of Democracy (V-Dem).

    Ce recul de la démocratie en Afrique est un fait établi par l’institut V-Dem dans son rapport de 2026 sur l’état de la démocratie dans le monde.

     »La démocratie est revenue à son niveau de 1978 pour le citoyen moyen à l’échelle mondiale » écrit l’institut basé à l’Université de Göteborg en Suède, dans son rapport.

     »Les acquis de la « troisième vague de démocratisation », qui a débuté en 1974 au Portugal » avec la Révolution des œillets qui a mis fin au régime de Salazar et qui a gagné de nombreuses parties du globe sont  »presque entièrement effacés ».

    Selon V-Dem Institut, le niveau de démocratie pour le citoyen moyen en Europe occidentale et en Amérique du Nord est à son plus bas niveau depuis plus de 50 ans, principalement en raison de l’autocratisation continue aux États-Unis.

    Ailleurs en Afrique, on assiste à un même déclin des acquis démocratiques qui ont été obtenus il y a 25 ans et qui ont fait naitre beaucoup d’espoirs sur le continent.

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    À la fin de l’année 2025, « le monde comptait 92 autocraties, contre 87 démocraties. Ainsi, 74 % de la population mondiale (6 milliards de personnes) vivaient désormais dans des autocraties, tandis que seuls 7 % de la population mondiale (0,6 milliard de personnes) vivaient dans des démocraties libérales ».

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    « Presque tous les aspects de la démocratie ont connu un recul considérable au cours de la dernière décennie. En 2025, la liberté d’expression a régressé dans 44 pays, tandis que la torture a continué d’être utilisée pour réprimer l’opposition politique. Par ailleurs, 33 pays ont enregistré une détérioration significative de leur situation démocratique. »

    « Trois tendances distinctes se dégagent clairement de cette vague : un recul de la démocratie dans certaines démocraties traditionnellement stables ; des revers importants, voire l’effondrement de la démocratie, dans des pays qui s’étaient démocratisés avec succès à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle ; enfin, un renforcement de l’autocratie dans des États déjà autocratiques », écrit l’Institut V-Dem.

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    Crédit photo, AFP via Getty Images

    En Afrique subsaharienne, le niveau de démocratie dans la région est désormais revenu à celui du début des années 2000, selon deux indicateurs : la recrudescence des coups d’État militaires dans la région du Sahel et le renforcement des régimes autocratiques.

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    Dans la région, la grande majorité – 66 % de la population – vit sous des régimes autocratiques.

    Les autocraties électorales, telles que l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda, abritent 48 % de la population.

    Environ 14 % de la population vit dans des régimes autocratiques fermés.

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    1- Erythrée

    En plus de trois décennies, l'Erythrée n'a jamais organisé d'élections présidentielles.

    Crédit photo, Getty Images

    À partir du milieu des années 1990, les Érythréens ont connu une période d’ouverture relative, marquée par l’émergence de journaux indépendants donnant la parole à des voix critiques, y compris au sein du parti au pouvoir, le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ).

    L’Assemblée nationale de transition avait fixé une date pour les élections, une commission électorale était en cours de création et des projets de loi sur les partis politiques faisaient l’objet de discussions. Après sa longue guerre d’indépendance contre l’Éthiopie, le pays semblait s’engager progressivement sur la voie de la démocratisation.

    Contre toute attente, le pouvoir change toutefois de cap en septembre 2001. Alors que l’attention du monde est focalisée sur les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les autorités ferment en une seule journée tous les journaux indépendants, réduisant au silence les principales voix critiques du pays. De nombreux journalistes sont arrêtés et disparaissent sans laisser de traces.

    Parallèlement, le gouvernement arrête 11 membres du groupe connu sous le nom de G-15, parmi lesquels figurent trois anciens ministres des Affaires étrangères, un ancien chef d’état-major des forces armées et plusieurs membres de l’Assemblée nationale. Depuis leur arrestation, aucune information officielle crédible n’a été communiquée sur leur sort.

    Les espoirs de démocratie nourris par de nombreux Érythréens s’évanouissent alors, laissant place à l’un des régimes les plus fermés et les plus autoritaires du continent africain.

    En plus de trois décennies de pouvoir du président Isaias Afwerki, aucune élection présidentielle n’a jamais été organisée en Érythrée.

    2- Burkina Faso

    Le capitaine Ibrahim Traoré qui a dissous les partis politiques a déclaré que ''La démocratie, c'est pas pour nous''.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le chef de la junte militaire au Burkina Faso ne cache pas son aversion pour la démocratie.

    Le pouvoir militaire a suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux et expulsé certains de leurs journalistes.

    En octobre dernier, il dissout la Commission électorale nationale indépendante (CENI), puis tous les partis politiques cinq mois plus tard en février 2026.

    Dans un entretien diffusé à la télévision nationale, le 2 avril dernier le capitaine Traoré a appelé les Burkinabés à « oublier la question de la démocratie », alors que les partis politiques ont été dissous.

     »On ne parle même pas d’élections d’abord (…), il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous » a t-il déclaré.

    Engagé dans une guerre contre les mouvements terroristes, le régime militaire procède parfois à des enlèvements des opposants et voix critiques du pays. Certaines personnes qui osent critiquer son régime sont parfois envoyés au front aux côtés de l’armée même s’ils sont des civils.

    3- Mali: Retour à la case départ

    La junte militaire a dissous les partis politiques et a restreint la liberté d'expression.

    Crédit photo, (Photo de MICHELE CATTANI/AFP via Getty Images)

    Le 26 mars 1991, une insurrection populaire met fin au régime dictatorial du général Moussa Traoré au Mali.

    Un jeune officier de l’armée, Amadou Toumani Touré, prend alors le pouvoir avec l’ambition d’engager le pays sur la voie de la démocratie.

    Après une période de transition, le Mali organise des élections pluralistes qui portent Alpha Oumar Konaré à la présidence. Commence alors une expérience démocratique qui fera longtemps figure de modèle en Afrique de l’Ouest.

    Mais trois décennies plus tard, le pays semble revenu à son point de départ.

    Depuis 2020, les militaires qui ont pris le pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs ont progressivement interrompu le processus démocratique.

    L’espace civique et politique s’est considérablement rétréci. Les partis politiques ont été dissous et les activités de nombreuses organisations de la société civile fortement restreintes.

    Des responsables politiques ont été arrêtés ou emprisonnés, tandis que des journalistes, des militants et certains opposants ont été contraints de quitter le pays.

    Engagé dans une guerre contre les groupes jihadistes, le régime militaire, qui s’était initialement engagé à mener une transition de quatre ans, s’est maintenu au pouvoir et ne fixe désormais plus de calendrier précis pour un retour à l’ordre constitutionnel.

    4- Niger : le grand bon en arrière

    Le général Abdourahamane Tiani a dissous les partis politiques au Niger.

    Crédit photo, ORTN – Télé Sahel/AFP via Getty Images

    A l’instar des autres pays de la région, le Niger vit également un déclin de la démocratie.

    Le pays a pourtant connu l’ouverture politique dans les années 90 passant entre 1991 et 1993 d’un régime de parti unique, à un régime politique plus ouvert avec la reconnaissance du multipartisme.

    Depuis des régimes civils se sont succédé au pouvoir dans les années 2000 dont celui de Mahamadou Issoufou, élu en 2011 pour un mandat de cinq ans, puis réélu en 2016.

    Le renversement de son successeur Mohamed Bazoum par un groupe de militaires en 2023 a marqué un retour vers l’autoritarisme militaire avec un régime supprimant les partis politiques, reportant sine die les élections et la transition vers un régime civil et renforçant son contrôle sur tout l’appareil politique, étouffant la liberté d’expression dans le pays.

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    5- Soudan du Sud

    Depuis son accession à l'indépendance le Soudan du Sud n'a pas retrouvé le chemin de la démocratie. Le pays est plongé dans une guerre civile sanglante marquée par des violations énormes des droits de l'homme.

    Crédit photo, (Photo : ASHRAF SHAZLY / AFP via Getty Images)

    Après des années de lutte pour obtenir son indépendance, le pouvoir sud soudanais est dominé par le parti unique : le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), dirigé par le président Salva Kiir.

    Depuis l’indépendance du pays en juillet 2011, tout l’appareil d’État est contrôlé de facto par le SPLM, réduisant comme peau de chagrin l’espace démocratique.

    Depuis le déclenchement de la guerre civile en 2013, le pouvoir est partagé de manière conflictuelle entre le président Salva Kiir et son rival, le vice-président Riek Machar.

    Quant à la démocratie, elle demeure inconnue par les citoyens du dernier Etat africain indépendant.

    6- Soudan

    Depuuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par des guerres civiles sanglantes.

    Crédit photo, (Photo : Ebrahim Hamid / AFP via Getty Images)

    C’est un régime militaire dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté qui dirige le Soudan.

    Depuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par une guerre civile destructrice où les forces gouvernementales affrontent les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire rival.

    Les organisations de défense des droits humains dénoncent les nombreux massacres et autres violations des droits de l’homme commis par les belligérants en toute impunité.

    7- Somalie

    Les Somaliens sont restés plus de cinquante ans sans goûter au suffrage universel.

    Crédit photo, « PRÉSIDENCE DE LA SOMALIE / PHOTO FOURNIE »

    Depuis le coup d’Etat de Siad Barre en 1969, les Somaliens n’ont jamais eu l’occasion de choisir librement ceux qui les gouvernent.

    Siad Barre avait mis fin au multipartisme, suspendu la constitution et instauré un régime autocratique qui a plongé le pays dans la guerre civile dans les années 90.

    Ces dernières années, le pays se cherche une voie lui permettant de mettre fin à plus d’un demi-siècle de silence démocratique avec l’instauration du suffrage universel et l’organisation d’élections multipartites.

    8- République de Guinée

    Le pouvoir du Général Mamady Doumbouya s'est durci en République de Guinée.

    Crédit photo, (Photo de CELLOU BINANI/AFP via Getty Images)

    En République de Guinée, malgré l’organisation d’élections en décembre 2025 et en mai 2026, le pouvoir a pris une tournure de plus en plus autoritaire, marquée par des arrestations, des disparitions et des décès controversés de personnalités publiques en détention.

    Lors de l’élection présidentielle de décembre 2025, le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2021, a été déclaré vainqueur avec 86,72 % des suffrages.

    Les principaux leaders de l’opposition avaient auparavant été écartés de la course présidentielle, suscitant des critiques quant à l’équité du scrutin.

    Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé une dérive autoritaire du régime, caractérisée par un rétrécissement de l’espace civique et politique. Elles pointent notamment la suspension de plusieurs partis politiques, les restrictions imposées aux manifestations ainsi que les sanctions prises contre des organes de presse par la Haute Autorité de la communication.

    9- Eswatini

    L'Eswatini est une monarchie absolue.

    Crédit photo, (Photo de Darren Stewart/Gallo Images via Getty Images)

    L’Eswatini est la dernière monarchie absolue d’Afrique.

    Le roi Mswati III concentre tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), et exerce un contrôle sur la police, l’armée et le système judiciaire du royaume.

    Depuis un décret royal de 1973, les partis politiques sont bannis dans le pays. L’Assemblée nationale du royaume compte au total 69 députés dont 10 sont nommés directement par le roi.

    « Des élections sont une compétition entre partis politiques. Mais ici, on assiste à une non-élection, un système de nomination par les royalistes. Si vous y participez, vous ne pouvez pas défendre vos idées politiques », a expliqué en 2018 Alvit Dlamini la présidente du NNLG, le plus ancien parti du pays.

    10- Guinée-Bissau

    Les militaires Bissao-guinéens ont interrompu le processus électoral en s'emparant du pouvoir en novembre 2025.

    Crédit photo, (Photo : AA Video/Anadolu via Getty Images)

    La Guinée-Bissau est coutumière des crises politiques et institutionnelles qui, au fil des années, l’ont éloignée des standards démocratiques observés dans plusieurs pays africains.

    En novembre 2025, alors que le pays était engagé dans un processus électoral marqué par une présidentielle très disputée et que le dépouillement des voix était en cours, l’armée est sortie de ses casernes pour renverser le président sortant.

    Fait particulièrement inhabituel, c’est le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, qui a lui-même annoncé à la communauté internationale avoir été renversé par des militaires.

    À la suite du coup d’État, les opposants politiques ont fait l’objet de diverses restrictions, tandis que les inquiétudes se sont accrues quant au respect des libertés fondamentales et à l’avenir du pluralisme politique dans le pays.

    Bien avant cette rupture de l’ordre constitutionnel, la gouvernance d’Umaro Sissoco Embaló faisait déjà l’objet de critiques.

    Son style de pouvoir était souvent qualifié d’autoritaire par ses adversaires politiques et plusieurs organisations de la société civile.

    Les tensions s’étaient notamment manifestées lors du processus électoral, au point de compliquer les efforts de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui cherchait à favoriser un consensus entre les principaux acteurs politiques afin de préserver la stabilité du pays.

  • Le Conseil constitutionnel invalide la réforme constitutionnelle portée par Ousmane Sonko

    Le Conseil constitutionnel invalide la réforme constitutionnelle portée par Ousmane Sonko

    Le Conseil constitutionnel invalide la réforme constitutionnelle portée par Ousmane Sonko

    Le Conseil constitutionnel invalide la réforme constitutionnelle portée par Ousmane Sonko

    Le Conseil constitutionnel a invalidé la récente réforme de la Constitution, initiée par Ousmane Sonko et adoptée par l’Assemblée nationale. Cette décision marque un tournant crucial dans le paysage institutionnel sénégalais, en soulevant des questions majeures sur la conformité des lois aux exigences constitutionnelles.

    Le Conseil constitutionnel a déclaré inconstitutionnelle la loi de révision de la Constitution adoptée récemment par l’Assemblée nationale, sous l’impulsion de son président, Ousmane Sonko.

    La haute juridiction a estimé que le texte voté par les députés ne respectait pas les exigences constitutionnelles, entraînant ainsi son invalidation. Cette décision vient interrompre le processus engagé autour de cette réforme institutionnelle portée devant les députés. Elle constitue un nouveau tournant dans le débat sur l’évolution de l’architecture institutionnelle sénégalaise.

    La décision du Conseil constitutionnel devrait préciser les motifs juridiques ayant conduit à cette censure, ainsi que les dispositions du texte concernées par cette déclaration d’inconstitutionnalité. La juridiction constitutionnelle, garante du respect de la Loi fondamentale, dispose en effet du pouvoir de contrôler la conformité des lois avant leur entrée en vigueur.

    conseil constitutionnel
  • Niger : Deux jeunes commerçants abattus par des mercenaires Russes près de Niamey

    Niger : Deux jeunes commerçants abattus par des mercenaires Russes près de Niamey

    Deux jeunes commerçants ont été abattus par des mercenaires russes près de la ville de Niamey, en Niger, selon une source officielle.

    La victime est un jeune homme de 25 ans originaire du sud du pays, qui était en train d’exercer ses activités commerciales lorsqu’il a été attaqué par des mercenaires russes à bord de leur véhicule,

  • Opérations militaires au Mali : bilan des combats contre les groupes armés dans le nord

    Opérations militaires au Mali : bilan des combats contre les groupes armés dans le nord

    opérations militaires au Mali : bilan des combats contre les groupes armés dans le nord

    Les forces armées maliennes (FAMA) ont communiqué sur des opérations militaires d’envergure menées cette semaine dans les zones d’Anfif et de Tabrachat, situées dans le nord du pays. Selon leur bilan, ces actions ont permis d’éliminer une centaine de combattants affiliés à des groupes armés.

    Un communiqué officiel précise que les cibles principales étaient les membres du Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les opérations ont inclus 13 frappes aériennes, accompagnées de la destruction de six véhicules blindés et d’une camionnette de type pick-up.

    Les autorités militaires ont confirmé que ces missions s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne nationale soutenue contre les groupes armés, déployée sur plusieurs régions. Elles ont réaffirmé leur détermination à poursuivre ces actions avec « rigueur et professionnalisme », en collaboration avec leurs alliés.

    coordination avec les partenaires internationaux

    Dans une publication sur la plateforme X, le Corps d’Afrique a détaillé les résultats obtenus. Selon leurs informations, les frappes ont non seulement neutralisé des combattants, mais aussi détruit ou endommagé un nombre important de véhicules utilisés par les groupes armés. Un drone attribué à cette force a également ciblé un véhicule transportant des munitions et du matériel militaire, renforçant l’efficacité des opérations.

    Le Corps russe d’Afrique a salué ces actions en les qualifiant d’« opérations conjointes réussies ». Il a souligné que ces missions, menées en partenariat avec les FAMA, avaient pour objectif de démanteler les infrastructures logistiques des groupes armés. L’organisation a également annoncé son intention de poursuivre les frappes contre les positions ennemies et leurs équipements.

  • Opérations militaires au Mali : bilan des frappes contre les groupes armés

    Opérations militaires au Mali : bilan des frappes contre les groupes armés

    Des frappes aériennes ciblent les groupes armés dans le Nord du Mali

    Les Forces armées maliennes (FAMA) ont annoncé avoir neutralisé une centaine de combattants affiliés à des groupes armés lors d’une série d’opérations militaires menées mardi dans les régions d’Anfif et de Tabrachat, situées au nord du Mali. Ces actions, coordonnées avec des partenaires, ont fait l’objet de 13 frappes aériennes ayant permis de neutraliser des véhicules de combat et du matériel logistique.

    Destruction de véhicules et neutralisation de cibles stratégiques

    Les communiqués officiels précisent que ces opérations visaient spécifiquement les combattants du Front de libération de l’Azawad et du Jamaat Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM). Parmi les résultats obtenus, six véhicules blindés et une camionnette de type pick-up ont été détruits, tandis qu’un drone a ciblé un véhicule transportant des munitions et du matériel militaire.

    Coopération renforcée et poursuite des opérations

    Les Forces armées maliennes ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leurs campagnes militaires avec discipline et rigueur, en collaboration avec leurs alliés. Elles ont souligné l’importance de ces actions pour la stabilité du pays et la sécurité des populations locales. De son côté, le Corps russe d’Afrique a confirmé son soutien, qualifiant ces opérations de « fructueuses » et annonçant la poursuite des frappes contre les positions et le matériel des groupes armés.

  • Armée malienne neutralise des groupes armés au nord en coordination avec partenaires

    Armée malienne neutralise des groupes armés au nord en coordination avec partenaires

    Une centaine de combattants neutralisés dans le Nord

    Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené avec succès des opérations militaires d’envergure dans deux localités du Nord du pays. Selon un communiqué officiel, ces actions coordonnées avec des partenaires stratégiques ont permis d’éliminer une centaine d’individus armés, principalement actifs au sein de deux groupes distincts opérant dans la région.

    Ces opérations, qui se sont déroulées mardi dans les zones d’Anfif et de Tabrachat, ont ciblé spécifiquement les combattants du Jamaat Nusrat al-Islam wal-Mouslimin (JNIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA). Treize frappes aériennes ont été réalisées, entraînant la destruction de six véhicules blindés et d’une camionnette pick-up utilisée par les groupes armés.

    Renforcement de l’engagement militaire

    L’état-major des FAMa a réaffirmé sa détermination à poursuivre sans relâche les opérations contre les factions armées dans plusieurs régions du Mali. « Ces actions s’inscrivent dans une campagne militaire continue visant à rétablir la sécurité », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la discipline et de la rigueur dans chaque intervention.

    Parallèlement, un partenaire opérationnel des FAMa a partagé sur une plateforme publique des détails complémentaires. Selon ses observations, les frappes ont non seulement neutralisé des combattants, mais ont également détruit un nombre significatif de véhicules appartenant aux groupes hostiles. Un drone de combat a notamment pris pour cible un pick-up transportant des munitions et du matériel de guerre, réduisant ainsi leurs capacités logistiques.

    Coopération internationale en première ligne

    Les forces alliées engagées aux côtés des FAMa ont qualifié ces opérations de « fructueuses » et ont réitéré leur soutien indéfectible. Dans un message publié, elles ont confirmé leur intention de maintenir la pression sur les positions adverses et de continuer à détruire leur matériel militaire afin de limiter leur capacité à mener des attaques.

  • Mali : les FAMA affirment avoir tué une centaine de combattants du JNIM et du FLA dans le nord du pays

    Mali : les FAMA affirment avoir tué une centaine de combattants du JNIM et du FLA dans le nord du pays

    L’armée malienne a annoncé ce jeudi avoir tué une centaine d’hommes armés lors d’opérations militaires menées, en coordination avec ses partenaires, dans les régions d’Anfif et de Tabrachat, au nord du pays.

    Dans un communiqué, l’armée a précisé que ces opérations visaient des combattants appartenant au groupe « Al-Nusra pour l’islam et les musulmans » et au « Front de libération de l’Azawad », et qu’elles comprenaient 13 frappes aériennes qui ont également permis de détruire six véhicules de combat et une camionnette de type « pick-up ».

    L’armée a ajouté que ces opérations avaient eu lieu mardi, affirmant qu’elle poursuivait sa campagne militaire contre les groupes armés dans différentes régions du pays, et soulignant l’engagement de ses forces à poursuivre ces opérations « avec discipline et fermeté », en coordination avec ses partenaires.

    Dans un communiqué publié sur « X », le Corps d’Afrique a indiqué que ces opérations avaient permis de détruire et d’incendier un grand nombre de véhicules des militants, ajoutant qu’un drone lui appartenant avait pris pour cible un autre véhicule transportant des munitions et du matériel militaire.

    Le Corps russe d’Afrique a ajouté que ces opérations s’inscrivaient dans le cadre de ce qu’il a qualifié d’« opérations conjointes fructueuses » menées avec les forces armées maliennes contre les groupes armés de la région, affirmant qu’il continuerait à cibler les positions et le matériel des militants.

     

  • L’école primaire de demain au Cameroun : l’UNESCO accompagne les

    L’école primaire de demain au Cameroun : l’UNESCO accompagne les

    Actualité

    L’école primaire de demain au Cameroun : l’UNESCO accompagne les enseignants vers une intégration durable du numérique (programmation et robotique) en classe

    Comment préparer les enfants aux métiers du 21e siècle – logique, codage, résolution de problèmes ? C’est le défi que le Ministère de l’Education de Base se propose de relever, avec l’accompagnement de l’UNESCO, à travers l’intégration progressive d’outils pédagogiques numériques dans les écoles primaires publiques du Cameroun.

    Porté par une synergie entre le Ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB) et l’UNESCO, avec l’appui technique et financier de la GIZ dans le cadre du projet GenerationDigital, 60 enseignants issus de 10 écoles primaires pilotes ont pris part à une formation organisée du 22 au 26 juin 2026 à Mbankomo. »

    L’objectif était clair : transformer ces pionniers en véritables architectes d’une révolution pédagogique dans un contexte de transformation du système éducatif camerounais.

    Cet atelier dépassait la simple mise à disposition d’équipements. L’enjeu était  d’outiller les enseignants pour qu’ils s’approprient ces technologies, les intègrent efficacement dans leurs cours face aux exigences des programmes scolaires, et sachent en assurer la maintenance de base, y compris dans des contextes où la connectivité reste limitée. Les équipements concernés comprennent notamment des robots Edison, des kits Makey Makey, des Raspberry Pi, des vidéoprojecteurs portables, des ordinateurs, des routeurs Wi Fi portables et des ressources numériques hors ligne adaptées au niveau primaire.

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    La formation a privilégié une approche pratique, centrée sur l’expérimentation directe. Organisés en équipes par école, les enseignants ont manipulé les équipements, exploré les bases de la programmation avec Scratch, conçu des séquences pédagogiques intégrant le numérique et travaillé sur des activités favorisant la logique, le codage, la créativité, la collaboration et la résolution de problèmes. Cette démarche permet d’ancrer les outils numériques dans les objectifs du programme scolaire, afin qu’ils deviennent de véritables supports d’apprentissage et non de simples équipements additionnels.

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    L’appui technique et pédagogique de l’UNESCO contribue également à renforcer la pérennité de l’après-formation. Les participants ont été initiés aux procédures de maintenance de premier niveau, à la gestion responsable du matériel, au registre d’utilisation des équipements et au rapportage mensuel. Chaque équipe école repart également avec un Plan d’Action Numérique Scolaire et un « Enseignant-Référent » chargé du lancement et de l’animation d’un Club Technologique au sein de son établissement, afin d’ancrer durablement les acquis de la formation dans le quotidien des élèves.

    À travers GenerationDigital, l’UNESCO soutient une transformation progressive des pratiques pédagogiques, en aidant les écoles pilotes à faire du numérique un outil vivant, maîtrisé et utile pour améliorer les apprentissages et préparer les élèves aux compétences du vingt et unième siècle.

  • République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23

    République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23

    Le chiffre ne cesse de progresser et les inquiétudes grandissent. Le nombre de cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a augmenté et atteint 1759, dont 600 décès, selon les dernières données gouvernementales, publiées mercredi. Au cours des dernières 24 heures, 51 nouveaux cas et 20 nouveaux décès ont été recensés. Cette épidémie d’Ebola pourrait devenir la pire de l’histoire, notamment parce que l’espèce du virus, connue sous le nom de Bundibugyo, a été identifiée très tardivement.

    L’épidémie mortelle qui sévit dans l’est du pays progresse plus vite que les efforts déployés pour la contenir. Le M23, ce puissant groupe rebelle armé qui s’est emparé de vastes étendues de territoire l’année dernière dans l’est du pays et qui impose depuis des taxes, contrôle les services publics et se présente comme la seule autorité légitime sur leurs zones, pourrait tirer partie de la situation. Comme le détaille le New York Times (NYT), en cas d’explosion de l’épidémie dans les zones densément peuplées qu’elle contrôle, cette milice pourrait utiliser le virus pour tenter de consolider et de renforcer son autorité sur son territoire, qui comprend deux capitales provinciales, Goma et Bukavu. Si le M23 parvenait à contenir Ebola, le mouvement pourrait alors renforcer son image d’autorité légitime, au moment même où le gouvernement congolais peine à maîtriser l’épidémie.

    Une cellule de crise instaurée par le M23

    Lors de l’épidémie de 2018, des centaines de millions de dollars ont été débloqués pour lutter contre Ebola. Mais certains fonds ont été mal utilisés, ce qui a conduit à l’emprisonnement du ministre de la Santé pour détournement de fonds, rappelle le quotidien américain. Le M23 a tiré les leçons des échecs gouvernementaux : ce mouvement a mis en place une cellule de crise Ebola, produit des vidéos documentant des visites dans des laboratoires et des centres de traitement et a diffusé des dessins animés sur le lavage des mains. Les rebelles, soutenus et supervisés depuis des années par le Rwanda, pays voisin de la RDC, ont également mis en place des mesures visant à contenir la propagation du virus, comme la limitation du nombre de passagers autorisés dans les bus.

    LIRE AUSSI : Le virus Ebola peut « dormir » cinq ans chez les survivants avant de se réactiver

    Des cas d’Ebola ont déjà été signalés dans la zone rebelle, dont une infection à Goma, le quartier général du M23. La transmission y semble pour l’instant faible, selon les chiffres publiés par le ministère congolais de la Santé. Les autorités sanitaires congolaises n’ont néanmoins pratiquement aucune visibilité sur la situation en territoire rebelle, hormis quelques chiffres de base concernant les infections, le traçage des contacts et les décès, qui ne peuvent être vérifiés de manière indépendante. « Je ne peux pas vous donner de situation dans les territoires occupés par le M23 car je n’y ai pas accès », a indiqué au New York Times Dieudonné Kazadi, directeur de l’Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo.

    Vers un « déferlement » de l’épidémie aux Kivus ?

    En dépit du contexte politique, une certaine coopération technique existe de part et d’autre de la ligne de front. Des échantillons prélevés dans les zones rebelles ont été envoyés à Kinshasa, la capitale, et d’autres, provenant de Beni, dans la province du Nord-Kivu contrôlée par le gouvernement, au laboratoire de Goma, détaille le NYT. Le gouvernement congolais continue de rémunérer les agents de santé et les techniciens de laboratoire dans les zones contrôlées par le M23. Il collecte des données sur les cas, les tests et le traçage des contacts, bien que les responsables de la santé ne puissent pas vérifier ces données de manière indépendante.

    Il semble toutefois que des foyers d’infection se rapprochent de plus en plus des zones occupées, progressant vers le sud depuis l’épicentre situé dans la province d’Ituri. « Nous devons nous préparer activement à une explosion du nombre de cas qui va déferler sur les (provinces, ndlr) des Kivus », indique au NYT David Munkley, directeur pour l’est de la RDC de l’organisation humanitaire chrétienne World Vision.

    LIRE AUSSI : Pr Christophe Rapp : « Le risque de propagation d’Ebola est considéré comme très faible, voire nul »

    Selon les autorités de la RDC, une épidémie de grande ampleur dans les zones contrôlées par le M23 serait dévastatrice pour les civils pris au piège des combats et du virus. Sur le plan politique, le gouvernement congolais estime que ce groupe armé n’est pas en mesure de gérer l’épidémie. « Le M23 et le Rwanda sont tous deux mal équipés pour mener une intervention d’urgence face à une menace de cette ampleur », affirme auprès du NYT Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères du Congo.

    Pour les millions de Congolais piégés en territoire contrôlé par les rebelles, le risque est donc « d’être contaminés par Ebola, ou de mourir de faim ou de violence », affirme Denis Mukwege, gynécologue et lauréat du prix Nobel de la paix 2018 pour son travail auprès des victimes de violences sexuelles.

  • Bataille d’anéfis : le tournant qui fragilise la présence russe au Mali

    Bataille d’anéfis : le tournant qui fragilise la présence russe au Mali

    Le Nord-Mali, théâtre d’une guerre silencieuse depuis des années, vient de connaître un tournant stratégique majeur. La récente confrontation autour de la localité d’Anéfis, située sur un axe logistique vital menant vers Kidal, a révélé les limites d’une approche militaire aussi ambitieuse que fragile. L’hypothèse d’une supériorité absolue des forces d’Africa Corps, cette nouvelle entité russe officiellement liée au ministère de la Défense, semble aujourd’hui remise en cause par les faits.

    Anéfis, un verrou stratégique devenu piège

    Plus qu’un simple point de passage, Anéfis incarne un enjeu crucial pour la stabilité de la région. Cette zone, sous contrôle des autorités maliennes avec le soutien de conseillers russes, était censée servir de rempart contre les groupes armés opérant dans le Nord. Pourtant, l’opération militaire lancée pour consolider cette position s’est soldée par un échec cuisant.

    Les forces maliennes, épaulées par des instructeurs de l’Africa Corps, ont été prises en étau par une coalition inattendue. D’un côté, les rebelles du Cadre stratégique permanent (CSP-DPA), mouvement touareg bien organisé, et de l’autre, des groupes djihadistes menant des attaques asymétriques. Résultat : des pertes matérielles et humaines importantes, des véhicules blindés neutralisés et un matériel lourd abandonné sur le terrain. Les images qui ont circulé contrastent brutalement avec le discours officiel de victoire diffusé depuis les capitales de Bamako et Moscou.

    Le Sahel, miroir des failles de Moscou

    Pour la Russie, la défaite d’Anéfis n’est pas seulement une mauvaise nouvelle locale. Elle questionne l’ensemble de sa stratégie d’influence au Sahel. En se présentant comme l’alternative crédible aux interventions occidentales, l’Africa Corps avait promis une efficacité immédiate et sans faille. Pourtant, la réalité du terrain révèle plusieurs angles morts dans cette approche.

    Le premier concerne l’enlisement logistique. Maintenir des garnisons dans des zones désertiques, isolées et hostiles, exige des ressources colossales. Les combattants locaux, habitués au terrain et mobiles, exploitent cette vulnérabilité avec une grande efficacité. Le deuxième point faible réside dans le renseignement. Malgré des technologies de pointe, les forces russes peinent à anticiper les mouvements des groupes armés, dont la résilience et la coordination dépassent souvent les estimations. Enfin, la Russie, engagée sur plusieurs fronts internationaux, ne peut pas aligner des effectifs illimités au Sahel. Les troupes d’Africa Corps, bien que redoutables, se retrouvent à gérer des crises sur un territoire vaste comme l’Europe, ce qui limite leur portée opérationnelle.

    Bamako face à l’épreuve de vérité

    À Bamako, ce revers militaire crée une onde de choc politique. La junte au pouvoir mise depuis des mois sur le soutien russe pour assurer sa sécurité et reconquérir l’ensemble du territoire national. Or, si le partenaire russe, réputé invincible, commence à subir des revers tactiques, c’est toute la crédibilité de cette stratégie qui est fragilisée. La promesse de restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du Mali semble désormais plus incertaine.

    La bataille d’Anéfis pourrait bien marquer un tournant dans la crise sahélienne. Elle rappelle une vérité souvent ignorée : la force brute, même exercée par des mercenaires ou des soldats d’élite, ne suffit pas à résoudre une crise complexe où se mêlent enjeux politiques, identitaires et sociaux. Pour Moscou, le Sahel n’est plus seulement un terrain d’influence bon marché. Il devient un bourbier stratégique, coûteux en vies humaines et en ressources, où les promesses de victoire rapide s’effritent sous les coups d’une guérilla tenace.