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  • Maroc : l’économie bondit de 4,9 % en 2025 grâce à la demande intérieure et l’agriculture

    Maroc : l’économie bondit de 4,9 % en 2025 grâce à la demande intérieure et l’agriculture

    L’économie du Maroc a accéléré son rythme de croissance en 2025, atteignant 4,9 %, contre 4,4 % l’année précédente, d’après les comptes nationaux. Cette performance est soutenue par la vigueur de la demande intérieure, dans un contexte d’inflation maîtrisée et de hausse des besoins.

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  • Mali : l’offensive djihadiste et rebelle s’intensifie, les civils pris pour cible

    Mali : l’offensive djihadiste et rebelle s’intensifie, les civils pris pour cible

    La guerre du Mali s’étend : combats, diplomatie et civils en première ligne

    Au Mali, une question domine désormais : qui contrôle encore le terrain, et à quel prix pour les civils ? Dans le nord comme autour de Bamako, la réponse dépend moins d’un camp net que d’un enchevêtrement de rébellions, de groupes djihadistes, de forces gouvernementales et de soutiens extérieurs.

    Le conflit malien ne date pas d’hier. Il s’enracine dans la crise de 2012, quand le nord du pays a basculé entre rébellion touarègue et expansion djihadiste, sur fond d’effondrement de l’État après le coup d’État de mars 2012. Depuis, la guerre a changé de forme, mais elle n’a jamais disparu.

    La reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023 a marqué un tournant symbolique. Cette ville du nord-est, bastion historique des rebelles touaregs, était un point de bascule dans le rapport de force. Mais la prise de la ville n’a pas refermé la crise. Au contraire, elle a nourri une nouvelle séquence d’affrontements et de représailles.

    Ce que disent les faits sur le terrain

    Depuis 2024, la situation s’est encore durcie. En septembre 2024, le GSIM, groupe djihadiste lié à Al-Qaïda, a revendiqué des attaques à Bamako, près de l’école de gendarmerie de Faladié et de l’aéroport militaire. Puis, au printemps 2026, une offensive coordonnée a de nouveau visé plusieurs sites dans le pays, jusqu’à la capitale, selon des informations recueillies sur place.

    Au même moment, les autorités maliennes ont multiplié les mesures d’urgence. Début juin 2026, elles ont interdit la vente et l’usage de grosses motos hors des grandes villes et créé des zones militaires interdites aux civils. Objectif affiché : compliquer les attaques de groupes mobiles, souvent capables de frapper puis de disparaître rapidement.

    Pour les habitants, l’effet est immédiat : déplacements plus risqués, économie locale freinée, accès à l’aide plus difficile. Des organisations humanitaires ont averti en mai 2026 que la situation s’aggravait rapidement, avec des civils tués, déplacés et privés de nourriture et d’assistance après les attaques coordonnées.

    Le cœur du problème reste militaire. La junte malienne veut reprendre le contrôle territorial. Les groupes armés, eux, misent sur l’usure. Les djihadistes cherchent à fragiliser l’État. Les rebelles touaregs, eux, revendiquent l’Azawad, cette région du nord qu’ils veulent voir autonome ou indépendante. Les deux agendas ne sont pas identiques, mais ils convergent parfois sur le terrain contre Bamako.

    La polémique Ukraine-France : accusations, démentis et rapport de force

    C’est ici que la lecture politique se brouille. En 2024, la junte malienne a accusé l’Ukraine d’avoir soutenu des rebelles touaregs après une lourde défaite de forces maliennes et de mercenaires russes près de Tinzaouaten. Kiev a rejeté ces accusations et dit que Bamako n’avait fourni aucune preuve. Le Front de libération de l’Azawad a aussi nié avoir reçu une aide ukrainienne.

    Ce dossier a ensuite servi à la junte pour durcir son discours contre l’Ukraine et ses alliés. Mais il ne permet pas, sur la base des éléments disponibles, d’affirmer que la France serait “dans le même camp” que les djihadistes. Au contraire, les positions officielles françaises connues publiquement portent sur le soutien à l’Ukraine et sur la fin de la coopération de défense avec Bamako, après la dénonciation par les autorités maliennes des accords militaires en 2022.

    La France, de son côté, a réduit puis arrêté son ancrage militaire au Mali après la rupture avec la junte. Cela a laissé un vide sécuritaire que Bamako a tenté de combler en se tournant vers la Russie, d’abord avec Wagner puis avec les dispositifs russes qui lui ont succédé. Ce choix a renforcé la rhétorique souverainiste des autorités maliennes, mais il n’a pas stoppé l’insurrection.

    Qui gagne, qui perd

    La junte gagne politiquement quand elle présente la crise comme une guerre contre des ennemis extérieurs et des complots étrangers. Cette lecture lui permet de resserrer le discours national, de justifier les restrictions sécuritaires et de souder ses soutiens. Mais elle ne répond pas aux fractures locales, ni à l’insécurité quotidienne.

    Les rebelles touaregs gagnent, eux, quand ils apparaissent comme une force capable de reprendre du terrain au nord. Leur mouvement profite aussi du vide laissé par le départ de la MINUSMA et de l’affaiblissement des dispositifs internationaux. Mais leur alliance tactique avec des groupes djihadistes, ponctuelle et instable, brouille leur image et inquiète les populations locales.

    Les djihadistes, enfin, tirent parti du chaos. Ils n’ont pas besoin de conquérir Bamako pour peser. Ils cherchent surtout à épuiser l’État, à étendre l’insécurité sur les routes, et à montrer que la junte ne contrôle plus tout. Des analyses récentes montrent d’ailleurs qu’ils frappent désormais loin de leurs bastions initiaux.

    Pour les civils, le bilan est le plus lourd. Les habitants du nord vivent avec les combats, les déplacements et la peur des représailles. À Bamako, les attaques de 2024 ont brisé l’idée d’une capitale protégée. Et les annonces sécuritaires de 2026 montrent que l’État malien reste sur la défensive.

    Ce qu’il faut surveiller maintenant

    La prochaine question n’est pas seulement militaire. Elle est aussi diplomatique. Il faut suivre l’évolution des relations entre Bamako, Kiev, Moscou et les capitales ouest-africaines, ainsi que la capacité réelle de la junte à contenir les offensives du GSIM et des rebelles touaregs. La suite dira si le Mali entre dans une phase de stabilisation fragile, ou dans une nouvelle escalade.

  • Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Dans son éditorial politique du lundi 8 juin 2026, diffusé sur Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), le journaliste camerounais Eric Boniface Tchouakeu analyse l’urgence de convoquer le Conseil supérieur de la magistrature après les dernières nominations présidentielles.

    Le 2 juin 2026, le président de la République a signé un décret renouvelant les membres du Conseil supérieur de la magistrature. Paul Biya a en réalité reconduit dix des quatorze conseillers, dont les mandats avaient expiré depuis un an, pour une nouvelle période de cinq ans. Or, le Conseil n’a pas siégé depuis août 2020, soit près de six ans.

    Selon l’avocat et défenseur des droits humains Me Felix Nkongo Agbor Balla, cette situation constitue une grave défaillance institutionnelle aux lourdes conséquences sur l’État de droit, l’indépendance de la justice et la confiance des citoyens envers le système judiciaire.

    Le Conseil supérieur de la magistrature est chargé par la Constitution de gérer les carrières, la discipline, l’intégration et la régulation éthique des magistrats. « Sa mise en sommeil prolongée a paralysé ces fonctions essentielles et considérablement affaibli le secteur judiciaire », écrivait l’avocat dans une tribune publiée en janvier 2026, où il dresse un diagnostic quasi exhaustif.

    « L’une des conséquences les plus graves de l’inaction du Conseil est que les magistrats sortis de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) ces six dernières années n’ont toujours pas été formellement intégrés dans le corps judiciaire. Ils ne peuvent donc ni prêter serment ni exercer leurs fonctions. Ce vide inédit a créé une pénurie alarmante de magistrats dans les juridictions du pays », déplorait Me Agbor Balla.

    « Le Cameroun fait face à une carence critique de magistrats, entraînant une surcharge des tribunaux, une accumulation excessive de dossiers, des détentions prolongées et des retards généralisés dans l’administration de la justice », ajoutait-il, constat amer.

    « L’absence prolongée de réunion du Conseil supérieur de la magistrature prive également les citoyens d’un accès rapide à la justice, d’autant que de nombreux postes sont vacants suite à des décès, des départs à la retraite ou des désengagements. Ce vide a conduit à des nominations juridiquement contestables, notamment dans certaines juridictions administratives où des juges ont été désignés sans l’avis préalable du Conseil, pourtant seul organe compétent pour les nominations et affectations. »

    « Au-delà de l’intégration, les procédures disciplinaires sont bloquées, les promotions suspendues et les fautes professionnelles ne peuvent être examinées. Les magistrats intègres sont découragés tandis que la corruption prospère en l’absence de contrôle », soulignait Me Agbor Balla.

    Face à ce constat lucide et alarmant, la tenue urgente du Conseil supérieur de la magistrature s’impose comme une évidence. Il ne reste qu’à respecter scrupuleusement la législation, qui prévoit la réunion de cette instance deux fois par an.

  • Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye face au défi législatif sans Pastef

    Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye face au défi législatif sans Pastef

    Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, le 30 mai 2026.

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye se trouve à un carrefour politique délicat. Élu sur la promesse d’une rupture, il doit désormais composer avec un Parlement où son parti, Pastef, ne dispose pas d’une majorité absolue confortable. La question centrale est de savoir s’il pourra faire adopter ses réformes sans l’appui automatique de ses propres troupes.

    Un équilibre parlementaire fragile

    Depuis les dernières élections législatives, l’Assemblée nationale sénégalaise est fragmentée. Pastef, bien que première force politique, doit chercher des alliances pour atteindre la majorité des voix. Cette situation inédite depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye l’oblige à négocier avec des partis d’opposition ou des groupes indépendants, ce qui complique la mise en œuvre de son programme.

    Le chef de l’État a déjà montré sa capacité à trouver des compromis sur certains textes, mais des dossiers sensibles comme la réforme foncière ou la lutte contre la vie chère pourraient buter sur des blocages. Sans une discipline de vote stricte de Pastef, chaque loi devient un test de gouvernance.

    Les défis de la cohésion interne

    Au sein même de Pastef, des divergences stratégiques émergent. Certains cadres historiques plaident pour une ligne dure, tandis que d’autres prônent l’ouverture. Bassirou Diomaye Faye doit maintenir l’unité de son parti tout en menant une politique d’alliance. Cette double contrainte pourrait fragiliser sa marge de manœuvre législative.

    L’opposition, de son côté, surveille chaque faux pas. Des figures comme Ousmane Sonko, bien que membre de Pastef, gardent une influence propre et pourraient peser sur les arbitrages. La présidentielle de 2027 se profile déjà, et chaque vote à l’Assemblée est scruté comme un indicateur de la stabilité du pouvoir.

    En attendant, le gouvernement s’active pour convaincre les députés hésitants. Des consultations discrètes se multiplient dans les couloirs de l’hémicycle. L’enjeu est de taille : si Bassirou Diomaye Faye échoue à légiférer efficacement, c’est tout son projet de société qui sera remis en question. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir politique du Sénégal.

  • Tribalisme au Cameroun : Jean Claude Mbede dénonce une imposture sociale

    Tribalisme au Cameroun : Jean Claude Mbede dénonce une imposture sociale

    Jean Claude Mbede livre une analyse percutante du tribalisme au Cameroun, en s’appuyant sur une expérience personnelle révélatrice.

    Dans une tribune qui a fait réagir, le journaliste camerounais basé en Italie explore les mécanismes cachés du tribalisme dans son pays. Il raconte une anecdote édifiante avec une « amie » originaire du Grand Nord, diplômée de l’ESSTIC et de l’IRIC, deux écoles prestigieuses dont l’accès est souvent réservé aux initiés. Fille d’un cadre des douanes, elle fait partie des privilégiés du système, mais n’hésite pas à accuser les Betis de monopoliser les ressources.

    « Le pays est difficile, sauf pour les Betis qui contrôlent tout et qui ne réussissent qu’entre eux », lui a-t-elle lancé. Selon elle, l’exil de Jean Claude Mbede depuis vingt ans serait dû à son « orgueil » et il lui suffirait de « demander pardon » aux Betis pour retrouver une place au Cameroun. Une assertion qui l’a profondément choqué.

    Il lui a demandé : « Demander pardon pour quel crime ? Quelle faute ? » En évoquant le sort tragique de Martinez Zogo, assassiné par des bourreaux issus de toutes les ethnies, il rappelle que le crime et la mangeoire n’ont pas de tribu. Malgré ses arguments, son interlocutrice n’a pas changé d’avis. Il a alors pris la décision radicale de la bloquer, ne tolérant pas le tribalisme, surtout chez les nantis.

    Jean Claude Mbede conclut en affirmant qu’au Cameroun, il n’existe en réalité que deux ethnies :

    1. Ceux qui possèdent les clés du système : ils placent leurs enfants dans les grandes écoles (IRIC, ESSTIC, ENAM, EMIA) grâce au réseau des élites.
    2. Les autres : enfants de mamans débrouillardes, vendeuses d’eau à la sauvette, qui luttent pour survivre.

    Le vrai clivage, selon lui, n’est pas régional mais social. Il appelle à ne plus se laisser distraire par ceux qui bénéficient du système tout en pleurant la marginalisation. « Le tribalisme des privilégiés est le plus dangereux de tous », conclut-il.

  • Numérisation des collectivités au Cameroun : 163 millions USD en quête de financement

    Numérisation des collectivités au Cameroun : 163 millions USD en quête de financement

    Le Cameroun amorce une phase cruciale de sa modernisation administrative. À Yaoundé, les autorités cherchent à réunir 163 millions de dollars, soit environ 90 milliards de francs CFA, pour digitaliser les collectivités territoriales décentralisées (CTD). L’objectif est d’équiper communes et régions d’outils numériques afin d’améliorer la gestion des services publics locaux, dans un pays comptant plus de 360 communes et dix régions.

    Un financement stratégique pour la décentralisation camerounaise

    Ce besoin de financement fait suite au Code général des collectivités territoriales décentralisées adopté en 2019, un texte fondateur qui a redéfini la gouvernance locale. Depuis, le transfert de compétences vers les communes et régions s’est accéléré, mais les moyens techniques n’ont pas toujours suivi. La numérisation est perçue comme un levier pour combler cet écart entre des prérogatives élargies et des capacités opérationnelles encore hétérogènes.

    Concrètement, les fonds recherchés doivent permettre la mise en place de plateformes de gestion administrative, la dématérialisation des actes d’état civil, l’informatisation des régies de recettes et la connexion des exécutifs municipaux aux systèmes d’information de l’État central. Pour des collectivités souvent confrontées à une faible mobilisation fiscale, l’enjeu est aussi budgétaire : un meilleur recouvrement via le numérique conditionne l’autonomie financière promise par la décentralisation.

    Souveraineté numérique : un enjeu du projet

    Le choix des partenaires techniques et financiers sera déterminant. Le Cameroun a multiplié ces dernières années les coopérations avec des bailleurs multilatéraux comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou l’Agence française de développement sur des projets de gouvernance électronique. Parallèlement, la Chine s’est imposée comme un fournisseur majeur d’infrastructures télécoms, notamment via le backbone national déployé en partenariat avec Huawei.

    Pour un projet touchant aux données des citoyens et à la chaîne administrative locale, la question de l’hébergement souverain est cruciale. Le pays dispose d’un cadre légal sur la cybersécurité et la protection des données depuis 2010, mais son application opérationnelle reste perfectible. La numérisation des CTD impliquera de choisir entre solutions hébergées localement, recours au cloud d’opérateurs étrangers ou architectures hybrides, chaque option ayant des implications en termes de coût, de résilience et de contrôle.

    Le contexte régional offre des points de comparaison. Le Rwanda a fait de l’Irembo une vitrine de la dématérialisation des services publics jusqu’au niveau des secteurs administratifs. Le Sénégal a engagé une stratégie similaire via sa Délégation générale à la transformation numérique. Le Bénin a mis en service un guichet unique des formalités administratives qui inspire plusieurs voisins d’Afrique centrale.

    Au-delà du financement, des défis opérationnels

    Mobiliser 163 millions USD ne garantit pas le succès du projet. La fracture numérique territoriale reste marquée au Cameroun, avec des zones rurales encore mal desservies par la fibre optique et la 4G. L’Agence de régulation des télécommunications (ART) et le ministère des Postes et Télécommunications devront coordonner le déploiement des services numériques communaux avec l’extension des infrastructures de connectivité, sous peine d’accentuer les inégalités entre métropoles et zones reculées.

    La formation des agents communaux est un autre défi majeur. Sans personnel formé à l’utilisation des outils, à la maintenance de base et à la cybersécurité élémentaire, les investissements matériels risquent d’être inefficaces. Plusieurs partenaires techniques insistent désormais sur la nécessité de coupler les projets d’équipement avec des programmes de renforcement des capacités sur plusieurs années.

    Enfin, le calendrier reste flou. Le gouvernement camerounais n’a pas encore communiqué d’échéancier précis pour la mobilisation des fonds ni de liste arrêtée des bailleurs sollicités. Le rythme effectif du chantier conditionnera la crédibilité de la décentralisation, présentée comme un axe majeur de la modernisation de l’État.

  • Lomé : la médiation africaine renforce son dispositif pour la paix dans l’Est de la RDC

    Lomé : la médiation africaine renforce son dispositif pour la paix dans l’Est de la RDC

    Les acteurs impliqués dans la résolution de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo ont salué des progrès notables dans la structuration de la médiation africaine. C’est l’un des principaux enseignements de la réunion technique d’évaluation semestrielle du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à Lomé, à l’initiative de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo et médiateur de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs.

    Après une phase ministérielle menée par le ministre togolais de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, Yackoley Johnson, le président du Conseil a présidé, le lundi 8 juin, une rencontre consacrée au bilan des activités de la médiation. Autour de la table se sont réunis les membres du Collège des facilitateurs désignés par l’UA, des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge.

    Selon la présidence togolaise, Faure Gnassingbé a salué la présence de ces acteurs, y voyant un signe de leur engagement constant pour la paix, la stabilité et le développement dans les Grands Lacs. Le médiateur de l’UA s’est particulièrement félicité des avancées réalisées depuis la réunion de Lomé sur la cohérence et la consolidation des initiatives de paix en RDC, tenue en janvier. Ces progrès constituent, selon lui, une étape importante vers une meilleure coordination des efforts diplomatiques et politiques en faveur d’une solution durable à la crise qui frappe l’Est congolais.

    « Nous avons franchi une étape importante depuis le mois de janvier en mettant davantage d’ordre dans l’architecture de la médiation africaine. Je suis convaincu que cette rencontre marque une avancée significative dans l’amélioration de notre action collective et dans la recherche de solutions durables à cette crise », a déclaré le médiateur de l’Union africaine.

    M. Gnassingbé a souligné la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation. Il a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective et soutenue pour la stabilité, la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC. Selon lui, seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les acquis et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

    « Nous poursuivrons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les difficultés, nous constatons également l’existence de nombreuses bonnes volontés prêtes à nous accompagner dans cette recherche de la paix », a-t-il ajouté.

    Cette rencontre fait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiée par Faure Gnassingbé, médiateur principal de l’UA pour l’Est de la RDC, cette réunion visait à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris. Elle avait rassemblé un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la CAE et de la SADC, ainsi que plusieurs partenaires internationaux.

    À l’issue des assises de janvier, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation. Selon ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, appuyé par une équipe de soutien comprenant le ministère togolais des Affaires étrangères et la présidence de la République. Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques : l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo pour les questions militaires et sécuritaires ; l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde pour les questions humanitaires ; l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta pour le dialogue avec les groupes armés locaux ; l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi pour la coopération économique régionale ; et l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pour la société civile, la réconciliation et les questions de genre.

    Le dispositif comprend également un secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’UA, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’UA assure la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

  • Modeste Mopa Fatoing, le fonctionnaire qui a tenu tête à la mafia fiscale au Cameroun

    Modeste Mopa Fatoing, le fonctionnaire qui a tenu tête à la mafia fiscale au Cameroun

    Modeste Mopa Fatoing, ancien directeur général des Impôts du Cameroun, a osé défier ce qu’il désigne comme « la mafia fiscale ». Son nom est associé à des figures de premier plan telles que Louis Paul Motaze, Jean-Pierre Amougou Belinga et Martinez Zogo.

  • Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Un journaliste malien derrière les barreaux pour avoir dénoncé la junte lors d’un forum à Bamako

    Chahana Takiou, directeur de publication de l’hebdomadaire malien « 22 septembre », a été placé en détention provisoire lundi, à l’issue d’une convocation judiciaire. Il avait ouvertement critiqué le pouvoir militaire quelques jours plus tôt, lors du Forum panafricain des médias qui s’est tenu à Bamako du 3 au 6 juin.

    Une source judiciaire a indiqué que le journaliste est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Son procès est fixé au 27 juillet prochain. Des proches de M. Takiou ont confirmé son incarcération.

    Lors du panel animé par le procureur Idrissa Hamidou Touré, le journaliste avait déclaré : « Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse et délit de presse au Mali, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez. »

    La Maison de la Presse au Mali a réagi lundi soir par un communiqué, exprimant son « incompréhension » et sa « profonde préoccupation ». L’organisation condamne « avec fermeté ce mandat de dépôt qui ternit l’image de la justice, de la presse et de notre pays », et y voit « une atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de presse ».

  • Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Au Cameroun, et tout particulièrement dans la capitale politique Yaoundé, les caméras de surveillance sont devenues un outil incontournable pour dissuader les actes délictueux, protéger les biens et les personnes, mais aussi pour fluidifier le trafic routier.

    Depuis leur installation dans les zones névralgiques de la ville, les habitants constatent une nette amélioration en matière de sécurité. Un résident du quartier Madagascar témoigne : « Avant, nous vivions dans la peur permanente des braquages. Les malfaiteurs débarquaient à toute heure, pillant boutiques, banques et boulangeries avant de disparaître sans être inquiétés. Mais depuis que les caméras sont en place, ces bandits se font beaucoup plus rares. Je remercie les autorités pour cette initiative. »

    Ces dispositifs sont gérés à distance depuis le Centre national de commandement de la vidéosurveillance, installé dans le quartier Etoudi.

    Face aux résultats probants obtenus dans la baisse de la criminalité, le président de la République, Paul Biya, a signé le 17 décembre 2025 un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à contracter un nouvel emprunt de 39,2 milliards de francs CFA. Cette somme est destinée au « financement complémentaire du projet d’extension au plan national du système intelligent de vidéosurveillance urbaine ».

    Avec ce nouveau financement, le gouvernement s’apprête à boucler un quatrième crédit consacré à ce projet, auprès de trois bailleurs chinois. En huit ans, ce sont ainsi 150,8 milliards de francs CFA qui auront été mobilisés pour la vidéosurveillance au Cameroun.

    Selon les autorités, la première phase du projet a permis l’installation de 1 500 caméras de vidéosurveillance dans plusieurs villes du pays. Ce maillage a été complété par 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs, destinés à renforcer les capacités d’intervention et de surveillance de la police.

    Au-delà des centres urbains et des zones frontalières sensibles, les caméras se déploient désormais dans les domiciles privés. Un particulier qui a équipé sa maison explique : « Avant d’installer ce système, j’étais régulièrement cambriolé. Aujourd’hui, je suis totalement rassuré. Les rares bandits qui tentent quelque chose sont immédiatement repérés, et la justice s’en occupe. »

    Le prix d’une caméra de surveillance varie autour de 15 000 francs CFA, selon le modèle choisi. Elles peuvent être installées non seulement dans les habitations et sur la voie publique, mais aussi dans les plantations, les véhicules, et même dans les écoles, afin d’assurer la sécurité de tous.

    Cette technologie permet aux utilisateurs de contrôler leurs biens à distance, via leur téléphone, leur téléviseur ou d’autres supports connectés.

  • Burkina Faso : pourquoi la formation des médecins militaires passe encore par Washington

    Burkina Faso : pourquoi la formation des médecins militaires passe encore par Washington

    Malgré un discours officiel de plus en plus dur envers les puissances occidentales au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), la coopération technique sur le terrain raconte une tout autre histoire. Les 14 et 15 mai 2026, des chirurgiens militaires burkinabè ont pris part à une session d’échanges de haut niveau avec la Garde nationale américaine à Washington D.C., dans le cadre du Programme de partenariat d’État (SPP). Annoncée ce samedi 6 juin par l’Ambassade des États-Unis à Ouagadougou, cette rencontre médicale soulève une question : pourquoi, alors que le rapprochement avec Moscou s’accélère, les États du Sahel continuent-ils de miser sur les compétences de partenaires qu’ils critiquent ouvertement ? Plongée au cœur d’un paradoxe sahélien.

    Une mission médicale discrète mais hautement stratégique

    C’est par un communiqué sobre, publié le samedi 6 juin 2026 par l’ambassade américaine à Ouagadougou, que l’information a été rendue publique. À la mi-mai, une délégation de chirurgiens des Forces armées burkinabè a séjourné deux jours dans la capitale fédérale américaine. L’objectif de cette mission s’inscrit dans le cadre du State Partnership Program (SPP), un mécanisme de coopération de la Garde nationale des États-Unis qui lie depuis plusieurs années les capacités militaires américaines à celles de pays partenaires. Pendant deux jours, les spécialistes burkinabè et américains ont échangé leurs expertises sur la prise en charge des blessés de guerre, la traumatologie de combat et la gestion des urgences chirurgicales en milieu hostile. Dans un contexte national marqué par un conflit asymétrique éprouvant, ce transfert de compétences directes constitue un atout vital pour la survie des soldats sur le front burkinabè.

    Le paradoxe de l’AES : entre discours souverainiste et pragmatisme technique

    Ce déplacement à Washington met en lumière une contradiction majeure de la géopolitique sahélienne actuelle. Depuis la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le discours politique s’est radicalisé à l’égard de l’Occident. Les autorités de transition de la région accusent régulièrement les puissances occidentales, en particulier la France et parfois ses alliés, de passivité, voire de complicité et de soutien indirect aux groupes armés terroristes qui endeuillent le Sahel. Pourtant, en coulisses, le canal de la coopération technique avec les États-Unis reste non seulement ouvert, mais actif. Comment expliquer que des officiers supérieurs burkinabè se rendent au cœur des institutions américaines alors même que la doctrine officielle de l’AES prône une rupture avec les anciens schémas d’influence ? Ce grand écart montre que, face aux réalités crues de la guerre, le pragmatisme opérationnel l’emporte parfois sur la posture idéologique.

    Pourquoi l’alternative russe trouve ses limites dans la médecine de guerre

    Depuis la rupture avec la France, Ouagadougou et ses voisins de l’AES ont massivement investi dans leur partenariat avec la Fédération de Russie. Moscou fournit du matériel de combat, des vecteurs aériens, des instructeurs et une assistance sécuritaire directe sur le terrain. Alors, pourquoi ne pas s’être tourné vers les Russes pour cette formation chirurgicale ? La réponse réside dans la nature même du partenariat traditionnel et la structure des armées occidentales. La Garde nationale américaine, à travers le SPP, dispose d’un modèle de médecine de combat ultra-performant, rodé par des décennies d’interventions extérieures et documenté selon des standards académiques mondiaux. De plus, la médecine militaire occidentale bénéficie d’une continuité historique avec les armées africaines : protocoles d’évacuation sanitaire, formats des équipements et formations initiales des médecins burkinabè sont historiquement compatibles avec les standards occidentaux. En matière de santé militaire et de sauvetage des vies au combat, l’offre russe, plus centrée sur l’appui tactique pur et la sécurité dure, s’avère pour l’instant moins adaptée ou moins structurée pour répondre à ces besoins spécifiques de pointe.

    Une diplomatie de l’ombre mutuellement bénéfique

    Pour Washington, le maintien de ce programme est une opportunité en or de garder un pied au Burkina Faso et, par extension, dans l’espace AES. Alors que l’influence américaine vacille dans la région, illustrée par le retrait forcé de leurs troupes du Niger voisin, la diplomatie médicale permet de préserver un lien de confiance avec l’élite militaire burkinabè sans froisser les opinions publiques. Pour le capitaine Ibrahim Traoré et le commandement burkinabè, cette collaboration discrète prouve que le Burkina Faso refuse l’isolement total. Tout en réaffirmant une souveraineté de façade et une alliance indéfectible au sein de l’AES, le pouvoir burkinabè sait capitaliser sur le meilleur de chaque bloc pour renforcer l’efficacité de ses troupes.

    Une souveraineté à géométrie variable ?

    En fin de compte, cette session d’échanges à Washington rappelle que la géopolitique du Sahel ne se résume pas à des déclarations de rupture et à des slogans de manifestations. Derrière la guerre communicationnelle et le jeu des alliances globales, la priorité reste la survie de l’État burkinabè face au terrorisme. En acceptant de former ses chirurgiens auprès de la Garde nationale américaine, le Burkina Faso fait le choix de l’efficacité médicale plutôt que de la cohérence politique. Un paradoxe salvateur pour les blessés du front, mais qui montre que, dans l’art de la guerre, la diplomatie de la santé obéit à des règles bien plus pragmatiques que la politique des tribunes.

  • Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    L’Algérie poursuit ses actions de solidarité envers les pays africains. Le Premier ministre Sifi Ghrieb, accompagné de son homologue tchadien Allamaye Halina, a présidé lundi à N’Djamena la cérémonie de pose de la première pierre de la centrale électrique de solidarité algéro-tchadienne, d’une capacité de 40 mégawatts. Ce projet intervient quelques jours après l’inauguration à Niamey d’une centrale similaire de 40 MW offerte au Niger, implantée à Gorou Banda. Il s’agit de dons de l’Algérie.

    L’initiative s’inscrit dans la continuité de l’engagement algérien pour le développement économique et social des anciens pays colonisés, en particulier dans la région sahélo-saharienne, prolongement naturel de l’Algérie. L’Algérie a déjà doté son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA) d’un milliard de dollars pour financer des projets en Afrique.

    Dans son allocution, Sifi Ghrieb a réaffirmé « le plein engagement de l’Algérie à poursuivre son accompagnement de la République du Tchad, pays frère, dans son processus de développement, à travers le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités et le partage des expériences réussies, accumulées par nos institutions nationales dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’industrie et des infrastructures ». Il a souligné que ce projet « revêt des dimensions économiques et sociales et humaines profondes, au regard de sa contribution dans le renforcement des capacités énergétiques du Tchad ». Il a également précisé que la centrale « incarne la volonté politique inébranlable animant les dirigeants des deux pays frères » et « traduit les hautes orientations du président de la République et de son frère, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, visant à promouvoir les relations algéro-tchadiennes au niveau d’un partenariat stratégique solide, fondé sur la solidarité agissante, le développement commun et les intérêts mutuels ».

    Le Premier ministre a transmis aux autorités tchadiennes et au peuple tchadien les salutations du président de la République, ainsi que son attachement à « promouvoir les liens de fraternité unissant les deux peuples frères et à renforcer les relations de coopération bilatérale, de manière à concourir à la réalisation des objectifs communs pour l’édification d’un espace africain plus intégré et prospère ». Ce projet, décidé par le président de la République, concrétise les premiers fruits de la visite officielle du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie en avril 2026, et des accords ambitieux conclus alors. Sifi Ghrieb a été reçu lundi à N’Djamena par le président tchadien, dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les liens de fraternité et la coopération bilatérale.