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  • Mali : Chahana Takiou convoqué pour ses critiques, la presse sous pression

    Mali : Chahana Takiou convoqué pour ses critiques, la presse sous pression

    Une convocation sous haute tension au pôle de lutte contre la cybercriminalité

    La nouvelle a frappé le milieu médiatique malien comme un coup de tonnerre. Chahana Takiou, directeur de publication de l’hebdomadaire Le 22 Septembre et figure respectée du journalisme national, est convoqué ce lundi 8 juin 2026 à 13 heures par le procureur du pôle spécialisé dans la cybercriminalité à Bamako. Ses récentes interventions publiques, où il a analysé sans complaisance la gestion politique, sécuritaire et économique de la transition militaire, sont au cœur de cette procédure. Pour ses confrères, le motif est clair : sous couvert de lutter contre les dérives en ligne, la justice utilise ce pôle comme un instrument pour réduire au silence les voix critiques. Ce rendez-vous judiciaire illustre le harcèlement systématique dont sont victimes les journalistes et citoyens qui refusent d’adhérer à la ligne officielle.

    La liberté de la presse sacrifiée sur l’autel de la pensée unique

    Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, l’espace public malien se rétrécit dangereusement. Jadis pilier de la démocratie, la liberté de la presse n’est plus qu’un lointain souvenir. Les professionnels des médias travaillent dans un climat de peur et d’autocensure. Informer de manière indépendante et neutre est devenu un acte de bravoure, voire un délit. Le pouvoir exige une adhésion totale à son narratif ; toute tentative de soulever des questions légitimes sur l’avenir du pays est immédiatement réprimée. Suspensions de médias, mises en demeure de la Haute Autorité de la Communication, harcèlement administratif : la presse malienne est asphyxiée financièrement et moralement.

    Répression et enlèvements : la stratégie de la terreur

    Le cas de Chahana Takiou n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une stratégie globale de répression orchestrée par les autorités de transition. Quiconque émet un avis divergent – homme politique, leader de la société civile, défenseur des droits humains ou simple citoyen – s’expose à de graves représailles. Plus inquiétant encore, les méthodes ont franchi un cap sombre : au-delà des convocations officielles, les enlèvements et disparitions forcées se multiplient. Des citoyens sont interpellés par des hommes armés non identifiés, souvent liés aux services de renseignement, et détenus au secret pendant des semaines. Cette politique de la terreur vise à paralyser toute contestation et à imposer un silence de plomb sur le territoire.

    Une communauté médiatique solidaire mais fragile

    Face à cette convocation, la solidarité s’organise au sein des organisations professionnelles de la presse. Des appels à la vigilance et au soutien ont été lancés dès l’annonce. Cependant, cette solidarité se heurte à la puissance de l’appareil répressif d’un État militarisé, où les garanties constitutionnelles et judiciaires sont bafouées. Les syndicats de journalistes rappellent que la critique constructive est essentielle à la survie de la nation, surtout en période de crise. Mais pour les tenants actuels du pouvoir à Bamako, toute critique est assimilée à une trahison ou à une tentative de déstabilisation, fermant la porte à tout débat démocratique.

    La convocation de Chahana Takiou ce 8 juin 2026 marque un nouveau cap préoccupant dans la dérive autoritaire de la junte malienne. En ciblant un journaliste de cette envergure, le pouvoir de transition envoie un message clair : aucune voix discordante ne sera tolérée. Cette quête obsessionnelle d’unanimisme, obtenue par la force, la prison et l’intimidation, isole chaque jour un peu plus le Mali et fragilise sa cohésion interne. Alors que le pays fait face à d’immenses défis sécuritaires et humanitaires, museler ceux qui cherchent la vérité ne résoudra rien. L’avenir du journalisme indépendant et des libertés citoyennes au Mali se joue désormais dans les couloirs des tribunaux de Bamako.

  • Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    L’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) a frappé fort le vendredi 5 juin 2026 dans le quartier Djaguindi, à Zinder. Au terme d’une opération menée sur renseignement, les enquêteurs ont saisi 920 grammes de cocaïne finement dissimulés au cœur de balles de vêtements d’occasion, les fameux « Bocho ». Deux individus ont été interpellés : un Nigérien résidant à Zinder et un Béninois de passage, illustrant la dimension transnationale du réseau.

    Cette découverte met en lumière l’ingéniosité croissante des trafiquants qui empruntent le corridor Lomé-Niamey-Lagos. Les ballots de fripes, en provenance du Togo, transitent par Niamey avant de rejoindre le Nigeria. Le flux massif et régulier de ces marchandises légales offre un camouflage idéal aux narcotrafiquants.

    Police Nationale

    Une méthode rodée sur l’axe ouest-africain

    Les enquêteurs ont confirmé que les stupéfiants étaient dissimulés à l’intérieur même des ballots de vêtements de seconde main. Ce procédé, déjà recensé par les agences régionales antidrogue, profite de l’intensité des échanges commerciaux entre le Togo, le Niger et le Nigeria. Les « Bocho » deviennent ainsi un vecteur de contrebande redoutable.

    « La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens. » — Message officiel de l’OCRTIS Niger.

    Au-delà de la saisie, cette intervention souligne l’importance de la collaboration citoyenne. L’OCRTIS a salué le signalement des habitants de Zinder, qui a permis de cibler précisément l’opération. Dans un contexte sahélien marqué par l’insécurité, ce lien de confiance entre forces de l’ordre et population est un levier essentiel pour démanteler les réseaux criminels qui fragilisent l’économie locale et nourrissent d’autres trafics.

    Appel à la vigilance

    L’OCRTIS invite la population à rester attentive et à signaler tout comportement suspect. Pour toute information confidentielle, la Police Nationale met à disposition les numéros verts gratuits : 8383 et 17.

  • Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a accueilli ce lundi à Rabat le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, pour sa deuxième visite officielle au Maroc.

    Les entretiens ont mis en lumière le rôle essentiel et l’apport remarquable du Royaume du Maroc aux missions de maintien de la paix des Nations unies.

    Cet engagement s’inscrit dans une vision royale stratégique, poursuivant une tradition de participation aux opérations onusiennes débutée en 1960.

    Actuellement neuvième contributeur mondial de troupes aux opérations de paix de l’ONU, le Maroc préside en 2026 la Commission de consolidation de la paix (PBC) et coordonne le Mouvement des pays non alignés (MNOAL) pour les questions de maintien de la paix. Ces responsabilités témoignent de la confiance de la communauté internationale envers le Royaume en matière de paix et de sécurité.

    La visite de Jean-Pierre Lacroix intervient dans un contexte de vastes réformes engagées par le secrétaire général de l’ONU, notamment l’initiative «ONU 80» visant à simplifier et rationaliser le Secrétariat, ainsi qu’une révision stratégique globale de l’ensemble des opérations de maintien de la paix et de l’architecture de paix et sécurité internationales, dans le but de rétablir la primauté du politique dans la gestion des conflits.

  • Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    La Côte d’Ivoire compte désormais plus de 400 000 points de service de mobile money, selon l’Agence de promotion de l’inclusion financière. Ce chiffre est 300 fois supérieur au nombre total de distributeurs automatiques de billets dans le pays. Les Ivoiriens utilisent quotidiennement ces cabines pour déposer leur salaire ou retirer de l’argent. Pourtant, les agents de mobile money font face à un manque récurrent de liquidités, ce qui freine leur activité.

    Dans le quartier d’Angré Château, en fin d’après-midi, une cabine de mobile money située sur un carrefour très fréquenté se retrouve à court de cash. Rosette, venue retirer 10 000 francs CFA (environ 15 euros), se montre résignée : « Quand on arrive, ils n’ont pas ce dont on a besoin, c’est comme ça, on s’adapte. »

    Assise dans sa cabine jaune, la guichetière Nema tente de faire patienter les clients : « Certains jours, il y a beaucoup de retraits et on manque d’espèces. On s’excuse et on explique aux clients que nous ne pouvons que recevoir des dépôts. »

    Face à cette situation, certains clients préfèrent chercher un autre point de retrait. Affoué, gérante de la cabine et ancienne comptable, constate une perte directe : « On perd le client et sa commission. Pour augmenter les commissions et dégager un bénéfice net, il faut bien traiter les clients. »

    Une rentabilité menacée par le manque d’espèces

    Les opérateurs de mobile money – Orange, Moov, MTN ou Wave – reversent une commission aux gérants de cabines. Par exemple, pour une transaction de 10 000 francs CFA, le gagnant perçoit entre 20 et 60 francs CFA (3 à 9 centimes d’euros). Plus les transactions sont nombreuses et élevées, plus leurs revenus augmentent.

    Mais quand le cash ou le crédit vient à manquer, le système se bloque. Les agents doivent alors fermer leur boutique pour se réapprovisionner auprès des opérateurs ou des banques. « Ils subissent une perte de clientèle, les commissions baissent, ce n’est plus rentable. Ils sont contraints de fermer pour aller chercher des fonds chez les distributeurs », explique un professionnel du secteur.

    Des motos pour réapprovisionner rapidement

    Gertrude Yapi, directrice des opérations de Leya, une startup abidjanaise, a développé un service de convoyeurs de fonds à moto pour dépanner les points de service de mobile money. « Nous les approvisionnons en crédit en moins de quatre minutes, et le cash est livré en moins de 30 minutes. Cela permet aux points de vente d’augmenter leur chiffre d’affaires de 50 % », précise-t-elle. Leya revendique plus de 3 000 clients actifs dans quatre villes ivoiriennes : Abidjan, Bondoukou, Bouaké et Korhogo.

    Pour l’économiste ivoirien Kassoum Timité, la continuité de service est cruciale pour soutenir l’économie. « Le mobile money touche directement la population du secteur informel, qui représente la plus grande part de l’activité économique en Côte d’Ivoire – jusqu’à 40 % du PIB selon le FMI. Le manque de liquidités ralentit les transactions et l’activité économique baisse. »

    En 2024, plus de 140 milliards de francs CFA (plus de 210 millions d’euros) étaient échangés chaque jour via mobile money, selon l’agence ivoirienne de promotion de l’inclusion financière, soit près de quatre fois plus qu’en 2020.

  • Tchad : procès pour vente multiple d’un même terrain à N’Djamena

    Tchad : procès pour vente multiple d’un même terrain à N’Djamena

    Le lundi 8 juin 2026, une audience marathon de plus de quatre heures s’est tenue au tribunal de grande instance de N’Djamena. Un homme y est poursuivi pour avoir cédé un même terrain à plusieurs acquéreurs, pour un montant total de plusieurs millions de francs CFA. Il est également accusé de menaces de mort.

    Selon les éléments du dossier, le prévenu aurait reçu des espèces de plusieurs personnes, avec des versements allant de 52 millions à 99,5 millions de francs CFA.

    Lors de l’audience, des échanges vifs ont opposé le collectif de la défense du prévenu aux avocats de la partie civile. Ces derniers réclament le remboursement intégral des sommes versées par leurs clients, ainsi que des dommages et intérêts.

    La défense a fait valoir que leur client a été détenu en garde à vue pendant plus de trois mois par les services de renseignement avant d’être présenté à la justice, une durée qu’ils jugent illégale. Ils affirment que le terrain appartient légitimement à leur client, représentant de ses frères, et qu’il n’est pas litigieux. Ils ajoutent que l’oncle paternel du prévenu aurait manipulé certains membres de la famille pour revendiquer le bien de son frère décédé, entraînant une mobilisation des acheteurs pour réclamer leur argent.

    Les avocats de la partie civile qualifient les actes du prévenu d’escroquerie. La défense rejette cette accusation, estimant qu’aucun bien n’a été remis frauduleusement à leur client et que les articles 213 et 214 du code pénal tchadien ne s’appliquent pas en l’espèce. Le procureur a requis une condamnation pour les faits reprochés, soulignant que la perception de sommes importantes auprès de plusieurs personnes constitue une infraction, et a demandé une amende de 500 000 francs CFA.

    Chaque partie exerce une pression sur les juges pour obtenir gain de cause. Notons qu’un scénario similaire s’était déroulé le 1er juin dernier au tribunal pour la même affaire. Le tribunal a renvoyé l’affaire pour délibération. En attendant, le prévenu reste en détention à la maison d’arrêt de Klessoum.

  • La commissaire de l’UA salue les progrès du Maroc sous l’impulsion du roi mohammed vi

    La commissaire de l’UA salue les progrès du Maroc sous l’impulsion du roi mohammed vi

    Lors d’une rencontre tenue lundi à Rabat, la Commissaire de l’Union Africaine (UA) chargée du développement économique, du tourisme, du commerce, de l’industrie et des mines, Francisca Tatchouop Belobe, a exprimé sa reconnaissance envers les accomplissements du Maroc. Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a enregistré des avancées majeures qui ont retenu l’attention de la responsable africaine.

    Dans une déclaration à la presse après ses discussions avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, Mme Tatchouop Belobe a souligné les progrès impressionnants du Maroc dans le secteur industriel. Elle a notamment relevé que le Royaume occupe une position de leader sur le continent dans les domaines de l’automobile et de l’aéronautique.

    La Commissaire a également mis en avant l’initiative marocaine de développer une chaîne de valeur dédiée aux minéraux critiques, saluant le partage d’expérience du Maroc avec d’autres nations africaines. Elle a tenu à remercier chaleureusement Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour son soutien indéfectible à la Commission de l’UA, soulignant l’importance de cette collaboration pour le développement du continent.

  • Afrique du Sud : arrestation à Mpumalanga après une agression filmée sur une grand-mère

    Afrique du Sud : arrestation à Mpumalanga après une agression filmée sur une grand-mère

    Un homme a été arrêté le dimanche 7 juin 2026 par la police dans la province de Mpumalanga, au nord-est de l’Afrique du Sud. Il est soupçonné d’avoir violemment agressé sa grand-mère dans la municipalité de Nkomazi, après qu’une vidéo de la scène a été diffusée sur les réseaux sociaux.

    Les faits se sont déroulés dans une taverne située à eMagogeni. Les images montrent le suspect frapper la victime à coups de poing et de pied, puis la heurter avec une caisse de bière. Un tiers présent rit pendant que la femme âgée, grièvement blessée, reste au sol sans pouvoir se défendre.

    DR

    Un différend lié à une pension de retraite

    L’enquête a révélé que l’altercation aurait pour origine un conflit financier. La vieille dame, ayant constaté la disparition de l’argent de sa pension — destiné à l’achat de nourriture et au paiement de l’électricité — s’était rendue à la taverne pour demander des comptes à son petit-fils. Ce dernier aurait alors réagi avec violence.

    La vidéo est devenue virale, ce qui a permis aux forces de l’ordre d’identifier et de localiser rapidement le suspect. Il a été placé en détention provisoire et devra comparaître prochainement devant un tribunal de la province pour répondre de violences volontaires et voies de fait graves.

  • Yaoundé : le Sénat camerounais peaufine les derniers préparatifs avant la session de juin 2026

    Yaoundé : le Sénat camerounais peaufine les derniers préparatifs avant la session de juin 2026

    Le Sénat du Cameroun a bouclé les ultimes vérifications en vue de l’ouverture de sa session ordinaire de juin 2026, prévue ce mardi 9 juin.

    Ce lundi 8 juin, le secrétaire général du Sénat, Gustave Léopold Ngane, a conduit une inspection minutieuse des installations situées au sein du Conseil économique et social. Il était accompagné de son adjoint et de plusieurs hauts responsables de l’administration sénatoriale.

    Cette visite de contrôle avait pour objectif de s’assurer du bon fonctionnement de toutes les infrastructures nécessaires aux travaux parlementaires. La délégation a passé en revue les salles de conférence, le salon réservé aux invités de marque, les espaces de réception ainsi que l’hémicycle où siégeront les sénateurs durant toute la session.

    À l’issue de la tournée, le secrétaire général s’est montré rassuré quant à l’état de préparation opérationnelle. Il a confirmé que tous les aspects logistiques et techniques étaient finalisés pour accueillir les travaux dans les meilleures conditions.

    Conformément à la tradition parlementaire, cette session ordinaire de juin sera consacrée aux débats sur les orientations budgétaires, aux échanges entre la Chambre haute et la Cour des comptes de la Cour suprême, ainsi qu’à l’examen et à l’adoption des projets de loi soumis.

  • She Okitundu et le PSDV saluent Marco Rubio mais critiquent Maxime Prévot sur le retrait des troupes rwandaises

    She Okitundu et le PSDV saluent Marco Rubio mais critiquent Maxime Prévot sur le retrait des troupes rwandaises

    Deux prises de position récentes concernant la présence militaire rwandaise en République démocratique du Congo ont provoqué une réaction de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, aujourd’hui député national, ainsi que de son parti, le Parti social-démocrate vert (PSDV). Ces déclarations émanent du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, toutes deux relatives au retrait des forces rwandaises des zones occupées dans l’est de la RDC.

    Dans une déclaration datée du 7 juin 2026, She Okitundu et ses camarades estiment que les positions des partenaires internationaux marquent une avancée importante dans la quête d’une solution durable à la crise sécuritaire qui frappe l’Est congolais. Ils soulignent que l’intérêt accru de la communauté internationale pour la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reflète une meilleure compréhension des enjeux sécuritaires et humanitaires auxquels les populations congolaises sont confrontées. Pour le PSDV et son leader, cette mobilisation diplomatique pourrait accélérer les efforts de rétablissement de la paix dans une région marquée par des violences armées et des déplacements massifs.

    Les réactions divergent toutefois selon les interlocuteurs. L’ancien chef de la diplomatie congolaise et son parti saluent particulièrement les propos de Marco Rubio, qui aurait fixé un ultimatum pour le retrait effectif des troupes rwandaises du territoire de la RDC. Ils y voient un signe fort de l’engagement des États-Unis en faveur du respect de la souveraineté congolaise et de la stabilité régionale. En revanche, ils critiquent fermement la déclaration de Maxime Prévot, qui a évoqué une simultanéité entre le retrait des soldats rwandais et la neutralisation des FDLR.

    Pour Léonard She Okitundu et le PSDV, une telle approche risquerait de servir de prétexte pour différer l’exécution des obligations incombant au Rwanda. Ils rappellent que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies exige un retrait immédiat et sans condition préalable des forces rwandaises du territoire congolais. Ce texte demeure, à leurs yeux, le cadre juridique et diplomatique fondamental pour parvenir à une désescalade durable dans l’est de la RDC.

    Face à la persistance de l’insécurité dans les zones touchées par les affrontements, le PSDV et son leader appellent les acteurs nationaux et internationaux à maintenir la pression diplomatique pour garantir le respect des engagements pris et favoriser le retour de la paix. Ils réaffirment également leur attachement à la défense de l’intégrité territoriale de la RDC et plaident pour une solution fondée sur le droit international, la coopération régionale et le respect des résolutions onusiennes.

  • Villefranche-de-Rouergue : malgré les crises, l’aide continue d’affluer vers le Mali

    Villefranche-de-Rouergue : malgré les crises, l’aide continue d’affluer vers le Mali

    Villefranche-de-Rouergue : malgré les crises, l’aide continue d’affluer vers le Mali

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    • L’association continue d’œuvrer au Mali.

    La 16ᵉ assemblée générale de l’Association de soutien au village de Forgho, dans le nord du Mali, s’est récemment tenue à Villefranche-de-Rouergue.

    À l’ouverture, la présidente Marie‑Jo Mennelet a livré un constat grave sur la situation au Mali : « Je n’ai pas de très bonnes nouvelles du pays, qui vit des jours encore plus difficiles que par le passé. » Les attaques jihadistes, les pénuries, les coupures d’eau et d’électricité, l’inflation et les canicules rendent le quotidien des populations très éprouvant.

    Malgré ce contexte, l’association conserve un lien fort avec ses partenaires de Forgho et de Bamako. Elle continue de répondre à leurs besoins avec fidélité et solidarité. Dans son rapport moral, Marie‑Jo Mennelet a souligné que les écoles de Forgho et de Kotchekaraï restent ouvertes, contrairement à de nombreux établissements du nord et du centre du pays. Aucun nouveau parrainage n’a été lancé cette année, mais les parrainages en cours se poursuivent grâce à la générosité des adhérents et donateurs.

    Les fonds collectés ont permis de financer des fournitures scolaires pour la rentrée, la cantine, les examens du DEF, ainsi que des médicaments, des semences et divers travaux dans les écoles et les villages. Peu d’événements ont pu être organisés par l’association cette année, mais elle a bénéficié de dons issus de concerts et de représentations théâtrales.

    Le bilan financier reste positif. Les recettes proviennent principalement des dons, adhésions et parrainages. Les dépenses ont été prioritairement affectées à l’aide scolaire, aux médicaments, aux semences, à l’orphelinat de Bamako et à des soutiens ponctuels aux familles et aux enseignants.

    Après l’adoption à l’unanimité des bilans et le renouvellement des membres du bureau, l’assemblée générale s’est conclue autour du verre de l’amitié et d’échanges conviviaux.

  • Francophonie : la France accusée de torpiller la candidature de la RDC

    Francophonie : la France accusée de torpiller la candidature de la RDC

    L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’apprête à élire son prochain secrétaire général les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge. Le ou la future dirigeante assurera la direction de l’institution pour un mandat de quatre ans.

    Selon des informations qui circulent, la France de Macron préparerait en coulisses la candidature de l’ancien Premier ministre roumain Dacian Julien Ciolos pour prendre la succession de Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale rwandaise. Cette manœuvre intervient alors que Paris affiche publiquement un soutien diplomatique envers la candidate de la République démocratique du Congo, Juliana Amato Lumumba, ex-ministre de la Culture et des Arts.

    Derrière les sourires de façade, l’Hexagone multiplierait les efforts pour promouvoir la candidature de Ciolos auprès des pays francophones d’Afrique et du reste du monde, notamment dans son pré carré traditionnel. Plusieurs sources évoquent un profond embarras français face à l’affrontement entre la Rwandaise Mushikiwabo et la Congolaise Lumumba, poussant Paris à chercher une troisième voie.

    Comment la France peut-elle mettre sur le même plan la candidature de la RDC, premier pays francophone du monde avec plus de 100 millions de locuteurs, et celle du Rwanda, qui sort de deux mandats consécutifs à la tête de l’OIF et dont l’engagement envers la langue française est de plus en plus distant ? s’interroge un observateur. La République démocratique du Congo, avec ses universités et médias francophones, constitue le cœur battant de la Francophonie. La mettre en concurrence avec un pays qui a remis en cause le français et déjà bénéficié de deux mandats semble pour le moins déséquilibré.

    Si la France persistait à ne pas reconnaître ces atouts et continuait à marginaliser la RDC, le moment serait venu pour Kinshasa de tirer toutes les conséquences de cette situation et d’adopter une position ferme à l’égard de Paris. L’élection de Juliana Lumumba à la tête de l’OIF est perçue comme légitime par de nombreux observateurs. En cas d’échec dû à la duplicité française, la RDC devrait prendre des décisions fortes.

    Avec ses 90 États membres, l’OIF n’est pas une simple instance protocolaire. Celui ou celle qui la dirige exerce une influence subtile mais réelle sur l’équilibre diplomatique entre les pays francophones d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. C’est pourquoi une personnalité expérimentée, non clivante et motivée est nécessaire. Juliana Amato Lumumba remplit, selon ses partisans, ces critères.

  • Gabon : la recherche scientifique au service de l’indépendance alimentaire

    Gabon : la recherche scientifique au service de l’indépendance alimentaire

    Libreville, lundi 8 juin 2026 – Le pari peut paraître ambitieux, mais il est désormais au centre de la stratégie économique du Gabon.

    Alors que le pays entend réduire fortement sa dépendance aux importations alimentaires et stopper l’afflux de poulets de chair étrangers d’ici 2027, la bataille ne se joue plus sur les marchés ou dans les ports. Elle se déroule dans les champs expérimentaux du Centre national de la recherche scientifique et technologique à Kougouleu.

    La visite du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et porte-parole du gouvernement, Charles Edgar Mombo, sur ce site stratégique va bien au-delà d’une simple inspection administrative. Elle marque une orientation inédite où la science devient un outil direct de transformation économique et un levier pour la souveraineté nationale.

    Dans un pays où les importations alimentaires pèsent encore lourdement sur les dépenses extérieures, la capacité à produire localement les matières premières nécessaires à l’élevage est désormais aussi stratégique que l’exploitation minière ou énergétique.

    La recherche au cœur du projet national

    L’objectif des autorités est clair : bâtir une filière avicole capable de répondre à la demande intérieure tout en réduisant progressivement les achats à l’étranger.

    Pour y parvenir, l’alimentation animale est cruciale. Le maïs et le soja sont les principaux composants des provendes utilisées dans l’élevage industriel de volailles. Tant que ces intrants restent majoritairement importés, l’autonomie du secteur demeure fragile.

    À Kougouleu, les chercheurs du CENAREST travaillent précisément sur cette équation. Onze variétés de maïs sont en cours d’expérimentation pour identifier les semences les mieux adaptées aux conditions pédoclimatiques du Gabon.

    L’enjeu dépasse la simple performance agricole. Il s’agit de sélectionner des variétés offrant des rendements suffisants pour alimenter durablement une industrie avicole nationale en pleine croissance.

    Les équipes scientifiques mènent également des essais sur onze variétés de soja, introduites grâce à une coopération internationale avec des centres de recherche du Malawi. Des expériences complémentaires sont réalisées dans la province de la Nyanga, notamment à Tchibanga, pour évaluer les performances selon les différents écosystèmes du pays.

    Cette démarche traduit un changement important : longtemps perçue comme éloignée des préoccupations économiques immédiates, la recherche devient aujourd’hui un acteur opérationnel du développement.

    L’ambition d’une filière intégrée

    La stratégie gouvernementale repose sur une logique simple : produire localement les intrants indispensables à l’élevage pour réduire les coûts de production et renforcer la compétitivité des producteurs gabonais.

    Cette vision rejoint une tendance observée dans plusieurs pays africains confrontés à la hausse de leur facture alimentaire. La dépendance aux importations reste l’un des principaux facteurs de vulnérabilité économique du continent.

    Le Gabon dispose pourtant d’atouts considérables : des terres fertiles, des ressources hydriques abondantes et des conditions climatiques favorables à de nombreuses cultures.

    Pour Charles Edgar Mombo, les résultats obtenus sur le terrain démontrent déjà le potentiel du pays. Le ministre a salué l’engagement des chercheurs et souligné la capacité du système national d’enseignement supérieur à accompagner concrètement les grandes orientations fixées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Au-delà de l’aspect agricole, le message est politique. La science n’est plus seulement là pour produire de la connaissance ; elle doit désormais contribuer directement aux priorités nationales.

    Une souveraineté qui reste à construire

    Les progrès enregistrés sont encourageants, mais ils ne doivent pas occulter les défis qui subsistent.

    Les chercheurs eux-mêmes soulignent la nécessité d’étendre les surfaces expérimentales pour améliorer la qualité des essais et augmenter les volumes de production. Le passage de l’expérimentation scientifique à la production industrielle est souvent l’étape la plus délicate.

    L’enjeu financier reste également majeur. La modernisation agricole exige des investissements massifs, des infrastructures adaptées, des mécanismes de financement accessibles aux producteurs et une meilleure organisation des chaînes de valeur.

    Mais pour la première fois depuis longtemps, le Gabon semble engager une réflexion cohérente qui relie recherche, agriculture, industrie et souveraineté économique.

    La visite ministérielle à Kougouleu symbolise ainsi un changement de paradigme. Dans la nouvelle vision portée par les autorités, l’indépendance alimentaire ne sera pas seulement le fruit d’investissements ou de décisions administratives. Elle passera aussi par les laboratoires, les centres de recherche et l’innovation scientifique.

    À l’horizon 2027, si les objectifs sont atteints, le Gabon pourrait démontrer qu’en Afrique, la souveraineté alimentaire se construit autant avec les chercheurs qu’avec les agriculteurs. Une transformation silencieuse mais potentiellement décisive pour l’avenir économique du pays.