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  • Réconciliation diplomatique entre l’Algérie et le Mali après une année de tensions

    Réconciliation diplomatique entre l’Algérie et le Mali après une année de tensions

    Après plus d’un an de tensions diplomatiques, l’Algérie et le Mali franchissent une étape décisive vers la normalisation de leurs relations. Les deux pays ont officiellement rétabli leurs ambassadeurs et rouvert réciproquement leur espace aérien, marquant ainsi la fin d’une crise qui a fragilisé la stabilité régionale.

    Un dégel progressif des relations bilatérales

    L’annonce a été officialisée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a confirmé le retour de l’ambassadeur algérien à Bamako. Cette décision s’accompagne d’une réouverture totale de l’espace aérien algérien aux vols civils et militaires en provenance et à destination du Mali. En réponse, les autorités maliennes ont adopté des mesures équivalentes, confirmant ainsi leur engagement en faveur du rétablissement des liens diplomatiques.

    Cette réconciliation survient après des mois de tensions consécutifs à un incident aérien. En avril, l’Algérie avait affirmé avoir abattu un drone malien pour violation de son espace aérien. Bamako, de son côté, a toujours contesté cette version, déclarant que le drone avait été intercepté à l’intérieur de ses frontières nationales.

    Un impact sur la sécurité au Sahel

    La crise entre l’Algérie et le Mali a eu des répercussions bien au-delà des frontières de ces deux pays. Le Mali, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a vu ses partenaires de l’alliance exprimer leur solidarité. En avril dernier, Ouagadougou et Niamey avaient également rappelé leurs ambassadeurs en Algérie, en signe de soutien à Bamako. Cette situation avait accentué les défis sécuritaires dans une région déjà marquée par des menaces terroristes persistantes.

    La réouverture des relations entre Alger et Bamako pourrait donc contribuer à un apaisement des tensions régionales, essentiel pour renforcer la coopération contre les groupes armés actifs dans le Sahel.

    Rencontre diplomatique entre représentants de l'Algérie et du Mali
  • Le Vietnam participe activement à la 51e Assemblée parlementaire francophone à Yaoundé

    Le Vietnam participe activement à la 51e Assemblée parlementaire francophone à Yaoundé

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    La capitale camerounaise, Yaoundé, a été le théâtre de l’ouverture solennelle de la 51e Assemblée générale de l’Assemblée parlementaire francophone (APF) le 9 juillet. Cet événement majeur a rassemblé une délégation de l’Assemblée nationale vietnamienne, soulignant l’engagement du Vietnam au sein de la communauté francophone.

    La séance inaugurale a accueilli des personnalités de premier plan, dont les présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale et du Conseil économique et social du Cameroun. La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, figurait également parmi les invités d’honneur. Plus de 350 délégués, incluant près d’une vingtaine de présidents et vice-présidents de parlements membres de l’APF, ainsi que des représentants des missions diplomatiques et d’organisations internationales, ont enrichi ces échanges.

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    Au cœur des discussions de cette 51e Assemblée générale de l’APF figuraient des thématiques cruciales. L’ordre du jour s’est articulé autour de questions prioritaires en matière de politique, de démocratie, d’économie, d’affaires sociales, de culture et d’environnement. L’objectif clair était de consolider la coopération interparlementaire et d’élaborer des réponses concrètes aux défis partagés par l’espace francophone.

  • Crise interne au pastef : sonko peut-il garder son influence ?

    Crise interne au pastef : sonko peut-il garder son influence ?

    Le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature et la refonte du gouvernement sénégalais ont marqué le début d’une nouvelle phase politique. Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, le parti Pastef-Les Patriotes traverse une crise sans précédent, avec des départs de figures majeures, des désaccords stratégiques entre le président Bassirou Diomaye Faye et Sonko, ainsi que l’émergence annoncée d’un parti présidentiel.

    Un parti en mutation ou en déclin ? À première vue, ces bouleversements pourraient suggérer un affaiblissement du Pastef. Pourtant, une analyse plus fine révèle une réalité plus nuancée. Plusieurs ministres, conseillers, directeurs généraux et députés ont choisi de soutenir le chef de l’État plutôt que de suivre les orientations du président du parti. Cette situation illustre les tensions classiques entre deux formes de légitimité politique : la légitimité légale-rationnelle, liée à l’exercice du pouvoir institutionnel, et la légitimité charismatique, fondée sur l’aura d’un leader.

    Légitimité institutionnelle vs charisme militant

    Depuis son élection, Bassirou Diomaye Faye tire son autorité de la Constitution et de la fonction présidentielle. En revanche, Ousmane Sonko continue de s’appuyer sur une relation charismatique avec ses militants, forgée sur plus d’une décennie. Certains dissidents justifient leur choix en affirmant que le président Faye incarne désormais le « Projet » politique du Pastef. Ils critiquent également une personnalisation excessive du parti autour de Sonko, évoquant un fonctionnement peu démocratique, marqué par une concentration du pouvoir entre les mains du « boss ». Selon eux, la fidélité au projet primerait sur la loyauté envers un homme.

    Cependant, cette interprétation se heurte à une autre réalité : les départs concernent principalement des responsables institutionnels plutôt que les militants de base. Beaucoup de ceux qui rejoignent le futur parti présidentiel sont des cadres administratifs dont la notoriété politique est indissociable de Pastef, et plus précisément d’Ousmane Sonko. Pour une partie de l’opinion, ces dissidents restent des figures politiques sans ancrage territorial solide, dépendantes du leadership de Sonko. Leur capital politique est davantage institutionnel qu’électoral, ce qui les expose à une fragilité à long terme.

    Pastef : un parti de masse malgré les défis

    Malgré ces turbulences, Pastef conserve une base militante solide, structurée autour de milliers de sympathisants qui financent le parti par leurs cotisations et assurent sa présence dans tout le Sénégal. Le Congrès du 6 juin, qui a reconduit Ousmane Sonko à la présidence du parti à l’unanimité, ainsi que son meeting du 7 juin à Dakar Arena, ont confirmé cette résilience. De même, le lancement de la vente des cartes de membre le 4 juillet a suscité une mobilisation massive, tout comme la fusion d’une soixantaine de partis et mouvements avec Pastef avant le Congrès. Ces éléments démontrent une capacité de mobilisation bien supérieure au cercle des élites politiques.

    Cette résilience s’explique par la nature même de la légitimité charismatique de Sonko. Dans la typologie de Max Weber, cette légitimité repose sur la croyance des militants en les qualités exceptionnelles d’un leader. Beaucoup de pastefiens se définissent moins comme « pastefiens » que comme « sonkistes ». Cette personnalisation du lien politique rappelle celle d’Abdoulaye Wade avec le PDS, mais elle va encore plus loin : Sonko a réussi à faire élire des maires en 2022, à porter Bassirou Diomaye Faye à la présidence en 2024, puis à conduire une liste remportant 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale. Une telle performance électorale est inédite dans l’histoire politique récente du Sénégal.

    Quel avenir pour la dissidence ?

    Pour autant, il serait prématuré de sous-estimer l’impact de ces dissidences. Une fragmentation d’un parti majoritaire peut fragiliser sa cohésion, son efficacité organisationnelle et sa crédibilité. L’émergence d’un parti présidentiel concurrent pourrait attirer des élus soucieux de préserver leur accès aux ressources de l’État, dans une logique de transhumance politique observée dans plusieurs systèmes africains. La coexistence de deux centres de légitimité – l’un institutionnel autour du président Faye, l’autre partisan autour de Sonko – risque d’alimenter des tensions durables.

    Néanmoins, les faits disponibles indiquent que la crise touche davantage les élites que les militants. Aucun mouvement massif de départs au niveau des bases locales n’a été enregistré. L’identité politique de Pastef, fondée sur le militantisme, le patriotisme économique et la mobilisation populaire, semble toujours structurer les loyautés partisanes. En définitive, la crise actuelle révèle moins un effondrement du parti qu’une confrontation entre deux sources de légitimité : la légitimité légale-rationnelle de Bassirou Diomaye Faye et la légitimité charismatique d’Ousmane Sonko.

    Le « Joxogn » de Sonko est-il toujours une force électorale ?

    L’avenir du Pastef dépendra de la capacité de chacune de ces légitimités à se transformer en force électorale durable. La question centrale reste : Ousmane Sonko conserve-t-il suffisamment d’influence pour faire élire des maires, des députés, et même un président de la République ? La réponse à cette interrogation déterminera non seulement l’avenir du parti, mais aussi la recomposition du paysage politique sénégalais dans les années à venir.

  • Le Togo et la Russie : un rapprochement stratégique aux répercussions régionales

    Le Togo et la Russie : un rapprochement stratégique aux répercussions régionales

    L’accostage du cargo russe « Mikhail-Britnev » au port de Lomé, navire pourtant visé par des sanctions internationales, conjugué aux rapports faisant état du déploiement de plusieurs centaines de membres de l’Africa Corps sur le sol togolais, alimente un débat croissant concernant l’orientation diplomatique et sécuritaire du Togo. Pour nombre d’observateurs avertis, ces événements manifestent un renforcement accéléré des liens avec Moscou, susceptible d’ancrer durablement le pays dans une trajectoire aux implications complexes à maîtriser.

    Alors que les autorités justifient cette coopération par la nécessité de répondre aux défis sécuritaires posés par l’expansion des groupes armés dans la partie septentrionale du pays, les détracteurs du président Faure Gnassingbé estiment que ce partenariat excède largement le cadre de la lutte antiterroriste. Ils expriment la crainte que le chef de l’État ne transforme progressivement le Togo en un pivot logistique et stratégique au service des intérêts russes en Afrique de l’Ouest, avec des conséquences qui dépasseraient les frontières nationales.

    Les initiatives du président Faure Gnassingbé sous le regard critique de la région

    Pour de nombreux analystes et leaders de la sous-région, cette réorientation n’est pas un événement isolé. Le président Faure Gnassingbé est directement mis en cause pour sa tendance à instrumentaliser la diplomatie togolaise comme levier d’influence, quitte à fragiliser les États voisins. Les critiques rappellent que ce type de manœuvre n’est pas inédit pour le régime de Lomé, souvent accusé par le passé d’avoir servi de base arrière, de facilitateur logistique ou de centre financier dans divers conflits régionaux, monnayant ainsi son poids diplomatique.

    Actuellement, la décision unilatérale de Faure Gnassingbé d’ouvrir les portes du pays à des forces paramilitaires russes et d’accorder des facilités portuaires à des bâtiments sous sanctions internationales suscite une vive préoccupation parmi les États limitrophes. Le président togolais est soupçonné par ses homologues de vouloir jouer un rôle de perturbateur au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en se positionnant comme un acteur indépendant capable de s’allier aux régimes militaires du Sahel (AES) au détriment de la cohésion et de la stabilité collective de l’Afrique de l’Ouest.

    Cette évolution interpelle d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un contexte politique délicat. Pour les opposants au pouvoir, le renforcement de la coopération militaire avec Moscou, orchestré par Faure Gnassingbé, s’inscrirait avant tout dans une logique de consolidation de son propre régime plutôt que dans une stratégie globale de stabilisation du pays. Selon cette analyse, le chef de l’État se servirait de la menace djihadiste pour justifier une présence militaire étrangère susceptible de renforcer les capacités sécuritaires du régime, tout en confortant un pouvoir en place depuis plusieurs décennies.

    L’efficacité limitée des solutions exclusivement militaires

    Les expériences observées dans d’autres nations du Sahel alimentent également les inquiétudes. Malgré l’arrivée de partenaires militaires russes, le Mali, le Burkina Faso et le Niger continuent de faire face à une insécurité persistante, marquée par des attaques meurtrières continues. Pour un grand nombre d’analystes, ces exemples démontrent qu’une réponse essentiellement militaire ne suffit pas à endiguer le terrorisme lorsque les difficultés économiques, la fragilité des institutions, les tensions communautaires et les problèmes de gouvernance demeurent sans résolution durable.

    Au-delà de l’aspect sécuritaire, ce rapprochement orchestré par la présidence pourrait également engendrer un coût diplomatique significatif. En s’associant plus étroitement à une puissance confrontée à des sanctions internationales et à une forte contestation sur la scène mondiale, Faure Gnassingbé expose le Togo à un risque d’isolement vis-à-vis de certains de ses partenaires traditionnels, qu’ils soient européens, américains ou africains. Une telle orientation pourrait impacter les investissements étrangers, la coopération économique et l’image internationale du pays.

    Cette direction soulève enfin une question fondamentale de gouvernance. Un engagement stratégique de cette ampleur requiert un débat public transparent et une véritable concertation nationale. Les choix imposés par le chef de l’État concernant la politique de défense, les alliances militaires et la souveraineté du pays engagent l’avenir de plusieurs générations. Ils ne devraient pas être perçus comme les décisions d’un cercle restreint autour du président, mais comme des orientations discutées dans un cadre démocratique.

    La lutte contre le terrorisme constitue une impératif incontestable. Cependant, elle ne peut, à elle seule, légitimer toutes les orientations diplomatiques ou militaires. Une sécurité durable repose également sur le développement économique, le renforcement des institutions, la confiance entre l’État et les citoyens, ainsi que le respect des principes démocratiques. C’est sur cet équilibre que la gouvernance de Faure Gnassingbé sera évaluée dans les années à venir.

  • Nord-Kivu: MSF alerte sur les risques sanitaires liés aux coupes de financement du Fonds mondial

    Nord-Kivu: MSF alerte sur les risques sanitaires liés aux coupes de financement du Fonds mondial

    Nord-Kivu: MSF alerte sur les risques sanitaires liés aux coupes de financement du Fonds mondial

    RDC: MSF appelle le Fonds mondial à maintenir le Nord-Kivu dans ses priorités concernant le paludisme

    L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) exprime de vives inquiétudes quant à une possible réduction des fonds alloués par le Fonds mondial pour la lutte contre le paludisme en République Démocratique du Congo (RDC). Cette perspective fait craindre une dégradation accélérée de la situation sanitaire déjà précaire au Nord-Kivu, une région congolaise confrontée depuis des années à une crise humanitaire persistante et à des défis d’approvisionnement qui fragilisent considérablement son système de santé.

    Stéphane Doyon, responsable de programme pour MSF France, a détaillé les raisons de cette préoccupation majeure. Il souligne que si le Nord-Kivu devait être exclu des programmes du Fonds mondial, l’accès aux traitements essentiels, actuellement fournis par cette entité à de nombreux centres de santé non gérés par MSF, serait gravement compromis. « Au niveau de Médecins Sans Frontières, nous ne pouvons pas remplacer le Fonds mondial pour l’ensemble d’une province, ce qui rendrait la situation extrêmement critique », a-t-il affirmé.

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    Le paludisme représente la première cause de consultations médicales enregistrées dans les structures de santé appuyées par MSF. Pour l’organisation humanitaire, il est impératif de maintenir le soutien pour le paludisme dans cette province du Nord-Kivu, qu’elle décrit comme l’une des zones les plus critiques sur le plan sanitaire. La région est régulièrement frappée par des épidémies, notamment de rougeole et de choléra. « La population du Nord-Kivu a été profondément affectée par le conflit armé et a un besoin vital d’une aide extérieure constante », a insisté Stéphane Doyon, soulignant l’importance cruciale de ces financements pour la survie et le bien-être des communautés locales.

  • Le PSG accélère pour Ferran Torres : la stratégie de Luis Enrique porte ses fruits

    Le PSG accélère pour Ferran Torres : la stratégie de Luis Enrique porte ses fruits

    Le dossier Ferran Torres connaît une accélération significative. L’attaquant du FC Barcelone, qui s’apprête à disputer une demi-finale de Coupe du monde le mardi 14 juillet prochain face à l’équipe de France, pourrait bien quitter l’Espagne pour la capitale française. Le Paris Saint-Germain se positionne fermement pour l’accueillir, et il semblerait que l’entraîneur Luis Enrique ait orchestré un mouvement décisif, bouleversant le cours de cette opération.

    Luis Enrique avait lui-même annoncé, lors d’un entretien télévisé le soir du deuxième sacre consécutif du PSG en Ligue des champions le 30 mai dernier, que des modifications seraient apportées à l’effectif durant le mercato. Tandis que Gonçalo Ramos a rejoint l’AC Milan et que Kang-in Lee se dirige vers l’Atletico de Madrid, le club de la capitale envisage sérieusement Ferran Torres pour combler le vide en attaque.

    La stratégie de Luis Enrique : une lettre pour Ferran Torres

    L’attaquant de 26 ans, sous contrat avec le FC Barcelone jusqu’en juin 2027, est actuellement en pleine compétition mondiale avec la sélection espagnole. Une fois le Mondial achevé, Ferran Torres devrait profiter de ses congés estivaux pour discuter sereinement de son potentiel futur contrat avec les décideurs parisiens, selon des informations concordantes. Suite au transfert de Gonçalo Ramos, la direction du PSG aurait activé les leviers nécessaires pour faire de la signature de Torres un succès. Ayant déjà collaboré avec le joueur au sein de La Roja lorsqu’il était sélectionneur, Luis Enrique aurait également agi personnellement.

    Des contacts avancés entre le PSG et Ferran Torres

    L’entraîneur du Paris Saint-Germain aurait rédigé une lettre destinée à Ferran Torres, dans le but de le convaincre que le PSG représente le meilleur choix pour la suite de sa carrière. Des sources proches du dossier affirment que cette initiative aurait été cruciale dans les avancées soudaines du dossier Torres. Le spécialiste des transferts Fabrizio Romano a confirmé ce samedi que l’opération progressait favorablement. « Ferran Torres n’a plus qu’un an dans son contrat à Barcelone et en coulisses, le PSG a pris des contacts pour le joueur. Le PSG est en discussion avec les représentants du joueur, et se montre intéressé. Après le départ de Gonçalo Ramos, il pourra le remplacer directement, mais aussi jouer à plusieurs positions comme numéro neuf mais aussi ailier. Ferran Torres est bel et bien une option pour le PSG, même si ce n’est pas la seule ».

  • Le Sahel en quête de sécurité : au-delà des discours, la réalité du terrain pour l’AES

    Le Sahel en quête de sécurité : au-delà des discours, la réalité du terrain pour l’AES

    Le président de la CN-CES, Bassolma Bazié, a récemment salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) du Mali, du Burkina Faso et du Niger à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce vibrant hommage s’accompagnait d’un discours insistant sur la défense de l’intégrité territoriale, la protection des citoyens et l’affirmation d’une souveraineté qualifiée d’historique.

    Cependant, cette rhétorique officielle soulève une interrogation grandissante au sein de l’opinion publique : ces déclarations de satisfaction sont-elles en adéquation avec la situation que vivent quotidiennement les populations ?

    Depuis la constitution de l’AES, les autorités des trois nations mettent en avant une souveraineté retrouvée et une autonomie stratégique. Pourtant, sur le terrain, de nombreuses localités sont toujours la cible d’attaques armées, entraînant des déplacements massifs de populations et maintenant l’insécurité persistante comme un défi majeur. Dans ce contexte, les hommages répétés aux forces de sécurité, aussi légitimes soient-ils face aux sacrifices des soldats, ne parviennent pas à combler les attentes des citoyens, qui mesurent avant tout les résultats concrets.

    Ce décalage est d’autant plus frappant lorsque l’on observe le coût humain de cette crise. Tandis que les forces armées paient un lourd tribut, les civils luttent douloureusement pour leur survie. Des milliers de familles sont contraintes d’abandonner leurs foyers, se déplaçant en grand nombre vers les pays voisins dans une quête désespérée de la paix et de la sécurité que leur propre État ne semble plus en mesure de garantir. Voir des citoyens devenir des réfugiés en dehors de leurs frontières est le signe le plus évident que la souveraineté célébrée dans les cercles ministériels reste une notion lointaine pour ceux qui en subissent les conséquences.

    Face à cet exode et à ces pertes tragiques, la posture des dirigeants, qui se limitent à des hommages officiels et à des discours posthumes, pose une question brutale : cette approche est-elle suffisante pour sécuriser la population ou pour enrayer le nombre croissant de décès ? Les faits suggèrent le contraire. Les éloges funèbres et les décorations ne protègent pas les lignes de front, ne sécurisent pas les villages isolés et ne ramènent pas les vies perdues. En se contentant de magnifier le sacrifice des soldats au lieu de corriger les failles stratégiques qui conduisent à ces pertes, l’action politique semble s’enliser dans le symbolique, laissant les causes profondes de l’insécurité intactes.

    La mission fondamentale d’une politique de défense demeure l’amélioration concrète de la sécurité des populations. Lorsque des civils continuent de vivre sous la menace d’attaques, que certaines zones demeurent inaccessibles et que les crises humanitaires persistent, les discours vantant les succès de la stratégie sécuritaire peuvent sembler déconnectés des réalités du terrain. C’est une constante de l’actualité du Niger et de ses voisins.

    La notion de « souveraineté réelle » mérite également un examen approfondi. Pour de nombreux observateurs, la souveraineté ne se limite pas à l’affirmation d’une indépendance politique ou diplomatique. Elle s’évalue aussi à la capacité de l’État à garantir la sécurité, à assurer la libre circulation des personnes, à protéger les services publics essentiels et à offrir des perspectives de stabilité à ses citoyens. Sur ces indicateurs cruciaux, les défis restent immenses dans l’espace sahélien, comme le montre l’actu Niger.

    Les militaires engagés sur le front consentent souvent un lourd tribut, et leur dévouement est unanimement reconnu. Toutefois, rendre hommage aux soldats ne dispense pas les responsables politiques de leur devoir d’évaluer les stratégies mises en œuvre. Les sacrifices des forces armées devraient s’accompagner d’une réflexion transparente sur l’efficacité des choix militaires et politiques, afin de vérifier si les objectifs annoncés sont réellement atteints.

    En définitive, la meilleure façon d’honorer les forces de défense ne réside pas uniquement dans les déclarations officielles. Elle consiste avant tout à créer les conditions d’une amélioration durable de la sécurité et du quotidien des populations. Tant que les habitants continueront de subir les conséquences de l’insécurité, les proclamations célébrant une souveraineté pleinement acquise risquent d’être accueillies avec scepticisme par une partie significative de l’opinion publique, notamment au Niger.

  • Le Maroc face à la nouvelle donne économique mondiale : un modèle de croissance en mutation

    Le Maroc face à la nouvelle donne économique mondiale : un modèle de croissance en mutation

    Le Maroc face à la nouvelle donne économique mondiale : un modèle de croissance en mutation

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    Le Maroc se distingue par une résilience économique notable depuis la pandémie, tirant pleinement parti de la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales et d’un effort d’investissement public sans précédent. Cependant, une analyse récente souligne les vulnérabilités d’un modèle de croissance encore fortement dépendant de l’État et insuffisamment relayé par le secteur privé.

    Alors que de nombreuses économies émergentes peinent à retrouver leur élan d’avant-crise, le Maroc affiche une trajectoire singulière. Depuis 2022, le pays enregistre une croissance moyenne de 4,4 % pour ses activités non agricoles, soit 1,3 point de plus que sa moyenne historique, permettant de combler progressivement les pertes subies durant la crise sanitaire mondiale.

    Ce constat central émane d’une étude publiée en ce début juillet, qui s’interroge sur la nature profonde de cette dynamique : le Royaume est-il en train de modifier durablement sa trajectoire économique, ou s’agit-il d’une simple embellie conjoncturelle liée à un contexte international exceptionnel ?

    Une croissance propulsée par l’investissement public

    Le premier enseignement de cette analyse révèle que la reprise de l’économie marocaine repose avant tout sur un investissement massif. Avec un taux d’investissement avoisinant les 30 % du PIB, le Maroc se positionne parmi les nations les plus investisseuses de sa catégorie. Cette impulsion est principalement attribuée aux fonds déployés par l’État, les établissements et entreprises publics, engagés dans d’ambitieux projets d’infrastructures, de transport, d’énergie et de préparation à la Coupe du Monde 2030.

    Si cette stratégie a indéniablement accéléré la reprise économique, elle met également en lumière une limite structurelle. La forte dépendance aux importations pour une part significative des équipements nécessaires signifie qu’une partie des bénéfices de ces investissements profite davantage aux fournisseurs étrangers qu’au tissu productif national. Il en résulte un déficit commercial persistant, qui freine la croissance malgré les performances solides des secteurs exportateurs.

    Le tertiaire, nouveau moteur de la prospérité

    L’étude met en évidence une transformation notable de la structure de la croissance marocaine. Contrairement à une perception courante, l’automobile ou l’industrie manufacturière ne sont pas les seuls piliers de l’économie. Le secteur tertiaire émerge comme le principal vecteur de la reprise.

    Le tourisme, avec près de 20 millions de visiteurs, les transports, la logistique, les services financiers et l’ingénierie concentrent désormais l’essentiel de la création de valeur. Le secteur du bâtiment connaît également une forte dynamique, alimentée par les grands chantiers d’infrastructures, tandis que l’agriculture reste une source majeure de volatilité économique, souvent impactée par les épisodes de sécheresse.

    Le Maroc capitalise sur la nouvelle géographie économique

    Les experts s’accordent à dire que le Royaume récolte aujourd’hui les fruits d’une profonde mutation de l’économie mondiale. Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement post-Covid-19 et les stratégies de diversification industrielle poussent les multinationales à privilégier des plateformes de production plus proches des marchés européens et africains.

    Dans ce contexte global, le Maroc renforce son attractivité. L’étude cite des investissements majeurs, comme ceux de Gotion High-Tech à Kénitra ou de CNGR à Jorf Lasfar dans la filière des batteries électriques, illustrant cette nouvelle dynamique industrielle. Plus largement, le Maroc se positionne comme un « État connecteur », capable de relier les chaînes de valeur entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie, grâce à sa stabilité politique, ses infrastructures logistiques de pointe et ses multiples accords commerciaux.

    Une crédibilité économique qui attire les investisseurs

    Cette attractivité repose également sur des fondamentaux macroéconomiques jugés solides. La stabilité financière, l’amélioration progressive des finances publiques, un niveau confortable de réserves de change et la réduction du risque souverain renforcent la confiance des investisseurs étrangers.

    Parallèlement, les transferts des Marocains résidant à l’étranger continuent de soutenir la consommation intérieure, tandis que l’amélioration des termes de l’échange a contribué à atténuer les pressions inflationnistes issues des chocs externes.

    Le véritable défi : assurer la pérennité de la croissance

    Malgré ces succès, l’étude adopte une posture plus prudente concernant les perspectives à moyen terme. Le modèle actuel, trop dépendant d’un investissement public croissant, ne saurait être durable. Trois limites majeures sont identifiées : l’endettement public, la baisse progressive du rendement des investissements et les difficultés persistantes du secteur privé à prendre le relais.

    Les données montrent qu’il faut aujourd’hui un capital plus conséquent qu’au début des années 2000 pour générer le même niveau de croissance, signalant une efficacité décroissante de l’investissement public.

    Le secteur privé, clé d’une croissance durable

    Pour les chercheurs, le maillon faible réside dans la capacité du secteur privé à investir, innover et améliorer sa productivité. L’accès au financement reste un obstacle pour de nombreuses PME, la concurrence du secteur informel pèse sur leur compétitivité, et les investissements publics absorbent une part croissante des ressources bancaires, limitant le crédit disponible pour les entreprises.

    Cette situation freine l’émergence d’une croissance tirée par l’innovation, les gains de productivité et l’investissement privé.

    Une nouvelle vision pour la transformation économique

    Le rapport propose une idée novatrice : si le développement des pays émergents a longtemps été synonyme d’industrialisation, certains services exportables – tels que le tourisme, les technologies de l’information, les services numériques ou le conseil – peuvent désormais devenir de puissants moteurs de transformation économique. La condition est qu’ils soient fortement intégrés aux chaînes de valeur internationales et qu’ils génèrent des emplois qualifiés.

    Le Maroc à son « moment charnière »

    En conclusion, cette analyse offre un message nuancé. Oui, le Maroc bénéficie d’une conjoncture internationale favorable, caractérisée par la fragmentation géopolitique et la réorganisation des chaînes de production mondiales. Oui, sa stabilité, ses infrastructures et son positionnement stratégique entre l’Europe et l’Afrique renforcent son attractivité. Cependant, ces atouts seuls ne suffisent pas à constituer une stratégie de développement pérenne.

    Le véritable enjeu pour le Maroc est désormais de convertir cette fenêtre d’opportunité en une croissance durable, grâce à des réformes structurelles profondes touchant le marché du travail, le système éducatif, l’innovation et l’environnement des affaires.

    Le Maroc détient un avantage stratégique inédit. La question n’est plus de savoir s’il peut attirer davantage d’investissements, mais s’il saura transformer sa position de « connecteur » de l’économie mondiale en un levier de prospérité durable pour tous.

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  • Ousmane Sonko galvanise ses troupes à Mbacké et vise un million d’adhérents

    Ousmane Sonko galvanise ses troupes à Mbacké et vise un million d’adhérents

    La ville de Mbacké a été le théâtre d’un rassemblement majeur ce samedi, accueillant le leader des Patriotes, Ousmane Sonko. Le président du Pastef s’est rendu sur place pour inaugurer officiellement la campagne de vente des cartes d’adhésion, une initiative stratégique pour le parti en vue des prochaines échéances électorales, notamment la présidentielle de 2029. Face à une foule de militants fervents, Ousmane Sonko a d’abord insisté sur l’unité, constatant des frictions entre certains cadres locaux. Citant nommément le docteur Fall Mbaye, le député Ahmadou Lö et Moustapha Diop, il les a exhortés à l’entente. « Je l’ai fait partout où je suis passé. Il faut que tout le monde se donne la main. Ce n’est pas le moment des querelles. C’est l’unité qui doit prévaloir », a-t-il affirmé avec force, soulignant l’impératif stratégique de la cohésion interne.
    Après cet appel à l’unité, Ousmane Sonko a salué l’enthousiasme généré par la vente des cartes à Mbacké. « Aujourd’hui, bien avant 16 heures, les 13 000 cartes qui ont été envoyées ont toutes été achetées. Il a fallu faire une nouvelle commande à Dakar », s’est-il félicité. Il a également rappelé que la forte affluence sur la plateforme d’adhésion en ligne avait même provoqué des saturations techniques, témoignant de l’engouement général pour le mouvement.
    Fort de ce succès initial, le leader a fixé un objectif ambitieux : atteindre le million de membres pour le seul département de Mbacké d’ici le mois d’octobre, date limite de la campagne. « Je suis certain que le département de Mbacké, à lui seul, peut générer ce million de membres », a-t-il déclaré sous les acclamations nourries de l’assemblée.
    Au-delà de cette forte mobilisation, Ousmane Sonko a tenu à orienter le discours de ses partisans et à adresser des avertissements à ses opposants. Il a enjoint ses militants à faire preuve de sérénité. « Ne vous battez avec personne. Ne répondez à aucune provocation. S’il y a la paix au Sénégal, Pastef raflera tout dans ce pays. Aucune élection ne peut lui échapper », a-t-il déclaré. Il a également encouragé les militants à se concentrer sur leurs efforts et à ignorer « ceux qui n’ont aucune vraie responsabilité, qui n’ont personne derrière eux et qui n’ont pas de parti politique ».
  • Ousmane Sonko critique la gestion de la caisse noire présidentielle à Touba

    Ousmane Sonko critique la gestion de la caisse noire présidentielle à Touba

    À Touba, Ousmane Sonko s’en prend au président Bassirou Diomaye Faye

    Lors des

  • Philosophie et démocratie : les analyses percutantes d’achille mbembe sur l’afrique

    Philosophie et démocratie : les analyses percutantes d’achille mbembe sur l’afrique

    Achille Mbembe décrypte les illusions démocratiques en Afrique

    Le philosophe camerounais Achille Mbembe bouscule les certitudes en affirmant que la démocratie n’a jamais existé en Afrique. Lors des Assises africaines de la démocratie à Dakar, il a livré une analyse sans fard de l’échec des systèmes politiques africains, remettant en cause les fondements mêmes des régimes en place.

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    Un multipartisme administratif déguisé en démocratie

    Pour le professeur Mbembe, ce que l’on qualifie souvent de crise démocratique n’est en réalité qu’une illusion de démocratie. Selon lui, la plupart des pays africains n’ont jamais expérimenté un système véritablement démocratique. Ils ont plutôt instauré un multipartisme administratif, où les élections, même organisées, sont souvent contestées et ne reflètent pas la volonté populaire.

    « Il ne peut y avoir de crise de la démocratie là où elle n’existe pas », déclare-t-il. Pour lui, l’Afrique n’a jamais connu de démocratie fonctionnelle, mais plutôt des régimes fondés sur des consultations électorales truquées ou des transitions politiques superficielles.

    La « démocratie tropicale » : une aberration conceptuelle

    Mbembe rejette avec force l’idée d’une démocratie tropicale, concept qu’il qualifie d’absurde. Il explique que cette notion relève d’un discours colonial visant à stigmatiser les sociétés africaines. À la place, il propose une démocratie endogène, ancrée dans les réalités culturelles et sociales du continent.

    « Tropicaliser la démocratie n’a aucun sens. Le tropicalisme est un héritage de la géographie coloniale qui cherche à marginaliser les systèmes africains. » Selon lui, la solution réside dans une appropriation locale des principes démocratiques, adaptés aux contextes africains plutôt que copiés sur des modèles occidentaux.

    Le capitalisme financier, ennemi des démocraties africaines

    Le philosophe critique également l’impact du capitalisme financier spéculatif sur les démocraties africaines. Il estime que ce système a fragilisé les structures politiques en place, réduisant les États à des marionnettes économiques. Les Assises africaines de la démocratie, dont il préside la Fondation pour l’innovation pour la démocratie, ont justement choisi comme thème central « La force des sociétés », soulignant l’importance de l’action citoyenne face à l’immobilisme étatique.

    Le franc CFA : une monnaie sous contrôle étranger

    Sur le plan économique, Mbembe aborde sans détour la question du franc CFA. Pour lui, la discussion ne doit pas se limiter à sa suppression, mais s’étendre à la création d’une monnaie africaine souveraine. Il souligne les différences de mobilisation entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, attribuant ce clivage à des cultures politiques distinctes.

    « L’Afrique a besoin d’une véritable monnaie africaine, libérée des contraintes coloniales. » Il décrit l’Afrique centrale comme un foyer d’immobilisme politique, où des régimes comme ceux du Cameroun, du Tchad ou de la République centrafricaine étouffent toute velléité d’émancipation populaire.

    Réparations : une dette morale irréparable mais nécessaire

    Le débat sur les réparations de la traite négrière est également au cœur de ses réflexions. Mbembe reconnaît que les crimes commis pendant la traite transatlantique et transsaharienne sont irréparables, mais insiste sur la nécessité de reconnaître cette injustice historique. Il appelle à une justice réparatrice qui ne se limite pas à des compensations financières, mais inclut une réflexion sur la responsabilité africaine dans ces crimes.

    « Il y a des pertes que l’on ne peut compenser, mais cela ne doit pas nous empêcher de revendiquer justice. Au contraire, plus le préjudice est grand, plus la demande de réparation est légitime. » Il souligne que certaines élites africaines ont, elles aussi, participé à ces systèmes oppressifs, et que le débat doit intégrer cette dimension pour aboutir à une réconciliation véritable.

    Une vision pour l’avenir de l’Afrique

    À travers ses propos, Achille Mbembe invite à une réinvention radicale des modèles politiques en Afrique. Il plaide pour une souveraineté politique et monétaire, une justice historique et une démocratie ancrée dans les réalités locales. Ses analyses, à la fois critiques et constructives, offrent une perspective unique pour repenser le continent au-delà des schémas traditionnels.

    Ses interventions lors des Assises africaines de la démocratie ont marqué les esprits, rappelant que l’Afrique a les ressources et l’intelligence nécessaires pour tracer sa propre voie, à condition de rompre avec les héritages coloniaux et les illusions démocratiques imposées de l’extérieur.

  • Dégel diplomatique majeur : Alger et Bamako renouent après 15 mois de tensions

    Dégel diplomatique majeur : Alger et Bamako renouent après 15 mois de tensions

    Après une période tendue de plus d’un an, marquée par un bras de fer diplomatique intense, l’Algérie et le Mali ont officiellement annoncé la réouverture de leurs espaces aériens respectifs et le retour imminent de leurs ambassadeurs. Cette décision marque la fin d’une crise de 15 mois qui avait gravement affecté les relations bilatérales.

    Les gouvernements algérien et malien ont mis fin à une profonde crise diplomatique. Vendredi, ils ont publié des communiqués distincts confirmant la levée des mesures de rétorsion réciproques. Désormais, les vols civils et militaires peuvent à nouveau circuler librement entre les deux nations, et les représentants diplomatiques se préparent à reprendre leurs fonctions. Cette normalisation est cruciale pour la stabilité régionale et la coopération sécuritaire au Sahel.

    Les relations entre les deux pays étaient restées gelées depuis avril 2025, suite à un incident militaire majeur survenu à leur frontière commune.

    L’incident de Tinzaouaten : la genèse de la discorde

    Le point de départ du différend remonte à la nuit du 31 mars 2025. Les forces de défense algériennes avaient alors abattu un drone militaire de fabrication turque, opéré par l’armée malienne, à proximité de la localité de Tinzaouaten. Cette zone frontalière, située dans la région de Kidal, revêt une importance stratégique particulière et est historiquement un fief des séparatistes touaregs en opposition au pouvoir central de Bamako.

    Du côté algérien, les radars auraient clairement indiqué une violation de l’espace aérien national par l’appareil. Une affirmation catégoriquement rejetée par les autorités militaires maliennes, qui avaient dénoncé un manque de preuves et qualifié l’acte d’« agression ».

    La crise a rapidement pris une dimension régionale, entraînant des conséquences notables :

    • Solidarité confédérale : Le Mali, soutenu par ses alliés de la Confédération des États du Sahel (dont le Niger et le Burkina Faso), avait rappelé son ambassadeur, dénonçant une « agression envers l’espace confédéral ».
    • Réplique d’Alger : En réponse aux accusations jugées « graves et infondées » par Bamako, l’Algérie avait immédiatement fermé son espace aérien aux vols en provenance et à destination du Mali, tout en rappelant ses propres émissaires.

    Une escalade sécuritaire et diplomatique

    Au fil des mois, la tension s’est manifestée sur la scène multilatérale. En septembre dernier, le Mali avait saisi la Cour internationale de justice (CIJ), accusant son voisin d’avoir délibérément abattu le drone pour entraver ses opérations militaires contre les rebelles. Dans la foulée, Bamako s’était retiré du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), un mécanisme de coordination antiterroriste essentiel dans le Sahel, initié par l’Algérie.

    Un rôle historique : Pendant plus d’une décennie, l’Algérie a joué un rôle de médiateur crucial dans le conflit opposant l’État malien aux rebelles touaregs, notamment à travers les accords d’Alger signés en 2015, soulignant l’importance de la politique nigérienne et régionale.

    Un Sahel en pleine mutation géopolitique

    Ce dégel survient dans un contexte où le paysage géopolitique du Sahel a été profondément transformé par les coups d’État successifs de 2020 et 2021 au Mali. Les juntes militaires au pouvoir à Bamako, Niamey et Ouagadougou se sont progressivement éloignées de leurs partenaires traditionnels, tels que la France et l’Algérie, pour forger de nouvelles alliances militaires, notamment avec la Russie.

    Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile. Le Mali est confronté depuis 2012 à une insurrection djihadiste liée à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces derniers mois, la pression s’est intensifiée sur le gouvernement malien, qui doit faire face à des attaques coordonnées menées par les groupes terroristes et les séparatistes touaregs. Le rétablissement du dialogue avec l’Algérie, un acteur régional majeur, pourrait s’avérer crucial pour la stabilité future du Mali et de la région sahélienne, offrant de nouvelles perspectives pour l’actu Niger et la politique nigérienne.