Avec un marché continental de 1,4 milliard de consommateurs, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) représente une opportunité majeure pour le Gabon. Pourtant, malgré ce potentiel, seulement 8,9 % des exportations gabonaises sont destinées à l’Afrique, un chiffre issu des dernières analyses conjoncturelles. Cette faible performance illustre les défis persistants de Libreville pour s’imposer sur le marché africain, malgré l’essor de l’intégration régionale.
Les données révèlent par ailleurs une dépendance inversée : l’Afrique fournit 28,3 % des importations du pays, confirmant son statut de deuxième fournisseur du Gabon après les hydrocarbures.
une stratégie économique pour briser la dépendance au pétrole
Pour inverser cette tendance, le gouvernement gabonais mise sur une diversification économique ambitieuse. En juin 2026, une rencontre décisive a eu lieu entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAF, pour accélérer l’intégration commerciale du pays. L’objectif ? Réduire la vulnérabilité liée aux hydrocarbures en développant des secteurs clés comme l’agro-industrie, les mines et le tertiaire.
Le Gabon mise sur l’essor du commerce intra-africain, estimé à 230 milliards de dollars cette année, pour dynamiser ses exportations et renforcer sa résilience économique.
la zes de nkok, un atout stratégique pour l’industrialisation
Le pays dispose déjà d’un levier majeur avec la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Ce hub industriel, salué par Wamkele Mene lors de sa visite, est perçu comme un catalyseur pour fournir des produits transformés à haute valeur ajoutée à l’ensemble de l’Afrique centrale. Grâce à une économie numérique en plein essor et une position géographique avantageuse, le Gabon pourrait devenir un acteur incontournable du commerce régional.
surmonter les freins logistiques et infrastructurels
Malgré ces atouts, des obstacles majeurs persistent. L’Afrique centrale souffre d’un manque criant d’infrastructures de transport et de coûts logistiques exorbitants, freinant considérablement les échanges. Pourtant, la ZLECAF vise à porter la part du commerce intra-africain à plus de 50 % d’ici 2035. Pour y parvenir, le Gabon devra moderniser ses circuits commerciaux, renforcer la transformation locale de ses ressources et faire de la ZLECAF le pilier de sa stratégie économique.
Un comité d’experts relance le dialogue entre le Bénin et le Niger
Un comité d’experts commun a présenté ses recommandations pour la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, fermée depuis 2023. Les discussions ont abouti à des avancées sur les questions de sécurité, de transit et de cadre juridique. Cependant, Niamey a posé trois conditions jugées essentielles pour valider l’accord, ce qui pourrait retarder sa ratification.
Cette crise prolongée a eu des conséquences économiques et sociales majeures pour les deux pays, rendant la réouverture de la frontière plus urgente que jamais.
Trois exigences majeures posées par Niamey
Les autorités nigériennes ont défini trois conditions indispensables pour une réouverture durable de la frontière avec le Bénin. Ces préalables, non négociables, visent à sécuriser les échanges et à rassurer sur la souveraineté du Niger.
Un pacte de non-agression mutuelle : Le Bénin et le Niger doivent signer un accord formel de défense et de sécurité. Cet engagement vise à interdire toute utilisation du territoire de l’un pour menacer l’autre, une clause qualifiée de classique mais jugée cruciale dans le contexte actuel.
Une collaboration renforcée en matière de renseignement : La création d’une cellule conjointe permettrait un partage en temps réel des informations sur les menaces terroristes et les trafics transfrontaliers. Une initiative saluée pour son caractère réciproque et bénéfique pour les deux pays.
Une transparence totale sur les partenariats militaires : Niamey exige une visibilité complète sur les forces étrangères présentes près de la frontière béninoise. Cette demande reflète des préoccupations liées à la souveraineté, dans un contexte où les alliances extérieures du Bénin pourraient influencer la stabilité régionale.
Régis Hounkpè, analyste et directeur exécutif d’InterGlobe Conseils, souligne l’importance de ces exigences : « Les présidents doivent se concentrer sur l’essentiel : la survie économique, la sécurité logistique et la lutte contre le terrorisme. »
Un corridor commercial vital pour le Niger
La fermeture de la frontière a des répercussions dramatiques pour le Niger, pays enclavé dont 70 % des importations transitent par le Bénin. Le port de Cotonou est un maillon essentiel pour l’approvisionnement du pays en biens essentiels, mais aussi pour ses voisins de l’Alliance des États du Sahel (Mali et Burkina Faso).
Les alternatives, comme les routes passant par le Nigeria ou d’autres pays, sont plus longues, plus coûteuses et plus risquées. Résultat : le coût logistique a augmenté de 30 à 50 % en trois ans. L’oléoduc Niger-Bénin, long de près de 2 000 km, est également à l’arrêt, privant le Niger de revenus pétroliers estimés à des millions de dollars.
Le Bénin face à sa propre crise économique
Le Bénin n’est pas épargné par cette situation. La congestion du port de Cotonou et des routes, due au blocage des flux vers le Niger, a provoqué une chute des recettes douanières et une baisse d’activité dans les secteurs du transport et du commerce. Certaines entreprises enregistrent une perte de revenus pouvant atteindre 60 %.
Les marchandises initialement destinées au Niger sont redirigées vers le Togo et le Nigeria, menaçant la position du Bénin comme hub régional. Les échanges commerciaux bilatéraux, autrefois dynamiques, sont en déclin, avec des répercussions négatives sur l’emploi et la stabilité des marchés locaux.
Une réouverture progressive pour relancer l’économie
Régis Hounkpè estime que la réouverture de la frontière est un impératif macroéconomique pour les deux pays : « Cela permettrait un retour à la normale des flux commerciaux, redonnant un souffle au port de Cotonou et aux activités logistiques. Les transporteurs, les commerçants et les hommes d’affaires des deux côtés de la frontière y gagneraient. »
Les populations, elles aussi, paient le prix fort de cette crise. À Malanville et Gaya, les marchés locaux souffrent d’une baisse drastique du nombre de clients, et les prix des denrées de base ont flambé. La fermeture a également isolé des communautés, rendant les déplacements plus dangereux et coûteux.
Les familles séparées, les commerçants en difficulté et les transporteurs au chômage illustrent l’urgence d’une solution. Les risques de contrebande et de rackets se multiplient, aggravant la précarité des populations les plus vulnérables.
Vers une coopération économique malgré les divergences politiques ?
Le dialogue entre le Bénin et le Niger a été relancé dès l’élection du président béninois Romuald Wadagni, qui s’est rendu à Niamey dès juin 2026. Le comité d’experts a permis de poser les bases d’un accord, même si des divergences persistent.
Régis Hounkpè reste optimiste : « Les présidents doivent dépasser les clivages idéologiques et se concentrer sur les enjeux concrets : l’économie, la logistique et la sécurité. Ils sont condamnés à coopérer, car leur survie dépend de cette frontière. »
Une réouverture progressive, avec des contrôles renforcés, semble la solution la plus probable. Si les négociations aboutissent, elles pourraient inspirer d’autres pays de la région, comme le Mali et la Côte d’Ivoire, qui ont récemment renoué leur dialogue pour des raisons économiques.
Un comité d’experts binational a rendu ses conclusions sur la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, fermée depuis trois ans. Les discussions portent sur des enjeux sécuritaires, économiques et juridiques, avec des avancées notables mais des conditions strictes posées par Niamey.
Des préalables stricts pour une réouverture durable
Les autorités nigériennes ont annoncé trois exigences « non-négociables » pour envisager une réouverture définitive de la frontière avec le Bénin. Ces conditions visent à sécuriser les échanges et à apaiser les tensions persistantes entre les deux nations.
1. Un pacte de non-agression bilatéral
Le Niger exige la signature d’un accord formel de défense et de sécurité avec le Bénin. Ce texte devra officialiser l’engagement mutuel de ne pas utiliser le territoire de l’un contre l’autre. Selon Régis Hounkpè, directeur exécutif d’InterGlobe Conseils, cette clause relève du bon sens : « Le Bénin ne menacera pas le Niger, et inversement. Cela semble évident, mais après trois années de tensions, cette formalisation prend une dimension particulière. L’enjeu désormais réside dans la mise en œuvre concrète de cet engagement. »
2. Une coopération sécuritaire renforcée
Le deuxième point concerne la création d’une cellule conjointe de renseignement. Son objectif ? Faciliter l’échange d’informations en temps réel sur les menaces terroristes et les trafics transfrontaliers. Régis Hounkpè souligne l’importance de cette initiative : « Cette structure permettra aux deux pays de s’assurer qu’aucune tentative de déstabilisation ne provient de l’autre côté. »
3. Une transparence sur les partenariats militaires
Enfin, Niamey demande une visibilité totale sur les accords de défense signés par le Bénin avec des puissances étrangères. « La souveraineté est en jeu, explique l’analyste. Le président béninois a rappelé à plusieurs reprises que son pays est libre de choisir ses partenaires. Cependant, ces choix ne doivent pas servir à menacer le Niger. Que ce soit avec la France, la Chine ou tout autre pays, l’essentiel est que le Bénin n’emploie pas ces alliances à des fins déstabilisatrices. »
Il ajoute : « Sur le plan pragmatique, aucun intérêt ne justifie d’attiser les tensions. »
Ces conditions reflètent la méfiance persistante entre les deux pays, envenimée par les coups d’État militaires de 2023. Leur satisfaction conditionne toute avancée vers une réouverture progressive de la frontière.
Un corridor vital pour l’économie nigérienne
La fermeture de la frontière pèse lourdement sur le Niger, pays enclavé dépendant à 70 % du port de Cotonou pour ses importations. Les retombées sont dramatiques.
Logistique entravée : Les routes alternatives, plus longues et dangereuses, ont vu leurs coûts exploser (+30 à 50 % en trois ans).
Pétrole à l’arrêt : L’oléoduc Niger-Bénin, long de 2 000 km, a suspendu ses exportations. Chaque jour de blocage représente des pertes colossales pour Niamey.
Approvisionnement perturbé : Les denrées alimentaires, carburants et matériaux de construction deviennent rares, avec des hausses de prix alarmantes.
Pour le Mali et le Burkina Faso, également membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le blocus aggrave leur isolement. Ces pays doivent désormais transiter par des voies plus coûteuses, souvent via le Nigeria ou le Togo.
Le Bénin sous pression économique
Cotonou subit aussi les conséquences de cette crise. Les droits de transit et les activités portuaires ont chuté, avec des pertes estimées jusqu’à 60 % dans certains secteurs. La congestion des conteneurs et la baisse des flux logistiques affectent les entreprises locales.
Les marchandises destinées au Niger sont redirigées vers d’autres destinations, affaiblissant la position du Bénin comme hub régional. Les flux commerciaux se tournent vers le Togo et le Nigeria, menaçant la compétitivité de l’économie béninoise.
Des populations en première ligne
Les répercussions humaines sont tout aussi sévères. À Malanville (Bénin) et Gaya (Niger), les marchés locaux ont vu leur fréquentation chuter de moitié. Les commerçants, transporteurs et familles paient le prix fort.
Appauvrissement des ménages : Les revenus ont fondu, des boutiques ont fermé, et certains habitants ont basculé dans la précarité.
Coûts sociaux élevés : Les détours logistiques et les prix des denrées ont augmenté, rendant l’accès aux biens essentiels plus difficile.
Isolement des communautés : Les traversées en pirogue, plus risquées, ont remplacé les passages terrestres, fragilisant les liens familiaux et économiques.
Cette situation favorise l’émergence de réseaux criminels et de pratiques de rackets, aggravant l’insécurité dans la région.
Un dialogue relancé pour des raisons pragmatiques
Le rapprochement entre le Bénin et le Niger s’est accéléré après l’élection de Romuald Wadagni, devenu président béninois. Dès son investiture, il a engagé des discussions avec Niamey, aboutissant à la formation du comité d’experts. Régis Hounkpè estime que l’urgence économique prime sur les divergences politiques : « Les dirigeants africains doivent dépasser les postures idéologiques. Leur survie passe par la coopération. Le Niger et le Bénin sont condamnés à vivre ensemble, et leur avenir dépendra de leur capacité à collaborer. »
Selon lui, une réouverture progressive de la frontière est probable, avec des contrôles renforcés pour les marchandises prioritaires. Cette avancée pourrait même inspirer d’autres pays de la région, à l’instar de la réconciliation récente entre le Mali et la Côte d’Ivoire.
Lors d’un déplacement en Allemagne, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a défendu avec conviction les atouts économiques et géostratégiques du Sénégal devant des investisseurs internationaux. À Berlin, il a participé à un Forum économique germano-africain, où il a présenté les opportunités qu’offre son pays aux entreprises étrangères, avant d’être reçu par le chancelier allemand.
Ce mardi, Bassirou Diomaye Faye rencontrera le chancelier allemand, suivi d’un entretien avec le président de la République fédérale. Ces discussions s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer les partenariats économiques entre Dakar et Berlin, alors que le Sénégal cherche à attirer des investissements privés et à promouvoir son climat des affaires.
Un pays aux ressources stratégiques et à l’atout géographique
Dans son allocution, le chef de l’État sénégalais a souligné plusieurs points forts de son pays. Il a mis en avant la stabilité politique et la tradition démocratique du Sénégal, tout en rappelant sa position clé entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Bassirou Diomaye Faye a qualifié le Sénégal de « plateforme incontournable » pour accéder à un marché de plus de 300 millions de consommateurs via la Cédéao, et jusqu’à 1 milliard dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine.
Le président a également évoqué l’abondance des ressources naturelles du Sénégal, avec des gisements de pétrole et de gaz récemment découverts, ainsi que des minerais stratégiques comme le phosphate, le fer, l’or, le zircon et l’uranium. Il a également souligné le potentiel d’une main-d’œuvre jeune et qualifiée, un argument de poids pour les investisseurs étrangers.
Amélioration du climat des affaires et réformes en cours
Pour séduire les partenaires internationaux, Bassirou Diomaye Faye a présenté les réformes engagées par son gouvernement. Parmi elles, la révision du code des douanes et du code des investissements, visant à simplifier les procédures et à éliminer les lourdeurs administratives. Il a aussi évoqué des avancées dans la lutte contre la corruption, un levier essentiel pour rassurer les investisseurs.
L’Allemagne et le Sénégal : des intérêts économiques réciproques
L’Allemagne, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, voit dans le Sénégal une solution potentielle. Les entreprises allemandes s’intéressent particulièrement aux secteurs de l’énergie et de la formation professionnelle, deux domaines où Dakar pourrait jouer un rôle clé.
Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment évalué l’économie sénégalaise, saluant sa résilience malgré un contexte mondial difficile. Le FMI a indiqué que les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur volonté de mettre en place un nouveau programme de soutien, bien que ce dossier fasse l’objet de débats internes.
En conclusion, ce déplacement de Bassirou Diomaye Faye à Berlin s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner le Sénégal comme une destination privilégiée pour les investisseurs, tout en renforçant les liens économiques avec l’Allemagne.
Une visite stratégique pour l’Institut du monde arabe
Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), a lancé sa première mission officielle au Maroc dans une démarche visant à consolider les échanges culturels entre les deux pays. Lors d’une conférence de presse tenue à l’Institut français de Casablanca, elle a souligné l’importance historique du Maroc au sein de l’IMA, un partenaire fondateur depuis 1982, reconnu pour son engagement en faveur du patrimoine culturel et de sa valorisation.
Un agenda chargé au cœur de la diplomatie bilatérale
Cette visite s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement actif entre Paris et Rabat. Anne-Claire Legendre a évoqué avec le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, le rôle central de l’IMA dans le renforcement des relations bilatérales. Cette démarche s’inscrit en amont d’une réunion des chefs de gouvernement prévue en juillet 2026 et d’une visite d’État du roi Mohammed VI en France. L’objectif ? « Contribuer à une dynamique de partenariat renouvelé », a-t-elle précisé.
Un parcours riche en rencontres et en découvertes
Le déplacement a débuté à Rabat par un échange avec le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid. La présidente s’est ensuite rendue sur le site archéologique de Chellah et à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP). À Casablanca, une réunion a réuni les responsables des Archives nationales, de la Cinémathèque marocaine et de l’Institut national supérieur de musique et des arts chorégraphiques (INSMAC). Elle a également rencontré Fihr Kettani, président de la Fédération des industries culturelles et créatives (ICC), avant de se rendre à Marrakech pour échanger avec des figures majeures des scènes artistiques, dont Meriem Berrada, commissaire du pavillon marocain à la Biennale de Venise 2026, et Alexis Sornin, directeur des Musées Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.
Le séjour s’est conclu à Casablanca par l’inauguration du Musée de la photographie et des arts visuels, en présence de Mehdi Qotbi, président de la Fédération nationale des musées.
L’archéologie marocaine sous les projecteurs
Lors de sa visite à l’INSAP, Anne-Claire Legendre a mis en lumière l’excellence de la recherche archéologique marocaine. Avec plus de 170 étudiants formés et des collaborations avec des institutions françaises comme l’Inrap, le CNRS et le Collège de France, le Maroc démontre son dynamisme dans ce domaine. Pourtant, les avancées réalisées sur des sites comme Volubilis, Banassa ou encore les découvertes liées à l’art rupestre et à la datation de l’Homo sapiens restent méconnues en Europe. L’IMA envisage donc une exposition dédiée à l’archéologie du monde arabe, qui sera organisée à Paris après son retour.
Les industries culturelles et créatives en pleine expansion
Anne-Claire Legendre a souligné le rôle pionnier du Maroc et de l’Arabie Saoudite dans les secteurs du jeu vidéo et de l’animation. L’IMA contribuera à la Coupe du monde d’e-sport organisée en France, une initiative soutenue par l’Arabie Saoudite. Cette démarche s’inscrit dans la refonte du musée de l’IMA, prévue pour 2027, qui intégrera des dispositifs immersifs et interactifs. Par ailleurs, trois prix annuels dédiés à la mode, au design et à l’art contemporain seront créés. Ils offriront aux créateurs arabes émergents des opportunités de résidence, d’exposition et d’accompagnement professionnel en France.
La photographie et la littérature arabe mises à l’honneur
L’inauguration du Musée de la photographie et des arts visuels de Casablanca marque une étape clé dans le partenariat entre l’IMA et le Maroc. Avec une photothèque comptant 86 000 clichés, dont une part importante documentant le patrimoine marocain, l’IMA souhaite partager ces ressources avec les acteurs locaux. Par ailleurs, Anne-Claire Legendre a exprimé son souhait de promouvoir l’enseignement de l’arabe en France et de faciliter la traduction et la diffusion d’œuvres littéraires marocaines et arabes auprès des éditeurs français. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la désignation de Rabat comme capitale du livre arabe pour 2026.
Deux expositions phares pour 2026
Au second semestre 2026, l’IMA présentera deux expositions majeures. La première, « Vive la mariée ! », explorera les rites et objets liés au mariage à travers les régions marocaines, y compris leur évolution dans la diaspora. La seconde mettra en lumière le site de l’Alhambra à l’époque nasride et son influence sur l’architecture et l’artisanat marocains, ainsi que ses répercussions contemporaines.
Vers une feuille de route culturelle ambitieuse
Cette visite a permis de finaliser une feuille de route de coopération culturelle entre l’IMA et le Maroc. Un premier projet, déjà soumis, vise à concrétiser des objectifs chiffrés pour renforcer les échanges. Cette feuille de route s’articulera autour des échéances bilatérales à venir, notamment la réunion des chefs de gouvernement en juillet 2026. Alors que l’IMA s’apprête à célébrer son 40ème anniversaire en 2027, cette dynamique s’inscrit dans une phase de renouvellement et d’innovation pour l’institution.
Alerte météo : le match France-Irak en sursis à cause d’un violent orage à Philadelphie
Un orage violent a éclaté au Lincoln Financial Field de Philadelphie, où devait se tenir le deuxième match des Bleus en Coupe du monde face à l’Irak ce soir. Les conditions météo pourraient contraindre les organisateurs à repousser le coup d’envoi, voire à annuler la rencontre si la situation ne s’améliore pas rapidement.
Les responsables du stade ont activé une alerte tonnerre peu avant 23h, heure locale, plongeant les spectateurs dans l’incertitude. Les joueurs, déjà en tenue, attendent des consignes tandis que les arbitres examinent l’évolution de la perturbation atmosphérique.
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Rebasage des comptes nationaux : le PIB du Bénin en 2023 bondit de 25,2 %
L’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) a finalisé le reclassement de l’année de base des comptes nationaux du Bénin. Désormais, l’année 2023 remplace 2015 comme référence pour évaluer les performances économiques du pays. Cette mise à jour a permis de réévaluer le PIB 2023 à 14 020,2 milliards FCFA, soit une progression de 25,2 % par rapport à l’ancienne estimation.
Une réforme majeure pour une économie mieux mesurée
Cette opération s’inscrit dans le cadre des recommandations du Système de comptabilité nationale 2008 des Nations Unies, qui préconise un renouvellement régulier de l’année de base afin d’améliorer la précision des indicateurs économiques. Le Bénin n’a pas pu respecter le cycle quinquennal classique en raison des perturbations économiques mondiales entre 2019 et 2022. Le choix de 2023 comme nouvelle année de référence repose sur sa relative stabilité macroéconomique, ainsi que sur l’accumulation de données statistiques fiables durant cette période.
Des secteurs clés dynamisés par cette réévaluation
L’INStaD souligne que cette hausse de 25,2 % du PIB ne reflète pas une création soudaine de richesse, mais bien une meilleure couverture statistique et une capture plus fine des activités économiques. Plusieurs domaines ont particulièrement bénéficié de cette révision :
Secteur secondaire : en forte hausse de 56,1 %, porté par les industries, la construction et les infrastructures;
Formation brute de capital fixe : réévaluée de 36,6 %, grâce à une meilleure intégration des investissements dans les équipements productifs et les zones économiques spéciales;
Activités tertiaires : également revues à la hausse, reflétant une économie plus diversifiée.
Une collaboration régionale pour des données plus robustes
Ce projet ambitieux a bénéficié du soutien de partenaires techniques et financiers majeurs, dont la Banque mondiale, AFRISTAT, le FMI, la GIZ, la Banque africaine de développement, STATFRIC, la CEDEAO et l’UEMOA. Des échanges techniques avec les instituts nationaux de la statistique du Burkina Faso et du Mali ont également permis d’enrichir les méthodologies employées.
L’INStaD a également annoncé la rétropolation des comptes nationaux de 1999 à 2022, afin d’offrir au Bénin une série complète et cohérente sur la base 2023. Cette étape cruciale permettra d’affiner les analyses macroéconomiques et d’éclairer les décisions des pouvoirs publics et des investisseurs.
Un scrutin controversé au cœur d’une nation déchirée
Les tensions persistent en République démocratique du Congo. Face à l’escalade des violences dans l’Est, les autorités envisagent un référendum constitutionnel. Pourtant, Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale (Cenco), émet un avis tranché : organiser un tel scrutin en pleine guerre relève de l’irréalisme. Selon lui, les conditions minimales pour un vote crédible et inclusif ne sont pas réunies.
Dans un entretien exclusif, ce haut responsable religieux expose les dangers d’une telle démarche. Pour lui, le contexte actuel ne permet en aucun cas de garantir la transparence ni la sécurité des citoyens appelés aux urnes. Une position qui interpelle alors que le pouvoir en place semble déterminé à maintenir ce calendrier.
Les arguments d’un opposant de poids
Mgr Fulgence Muteba ne se contente pas de critiquer l’idée même du référendum. Il alerte sur les risques concrets pour la stabilité du pays. « Ce référendum n’est pas bienvenu parce que le pays est en guerre », déclare-t-il avec fermeté. Pour lui, organiser un scrutin dans ces conditions équivaudrait à ignorer les souffrances de millions de Congolais pris au piège des affrontements.
Le prélat évoque plusieurs points critiques :
L’accès limité aux zones de conflit : les déplacements des électeurs et des observateurs sont entravés par l’insécurité chronique dans l’Est.
Le manque de confiance dans les institutions : la crédibilité des processus électoraux reste fragilisée par des années de crises politiques et de fraudes.
L’absence de dialogue national : les tensions entre les différentes factions politiques et militaires rendent tout consensus impossible.
Selon Mgr Muteba, ces obstacles créent un terrain propice aux manipulations et aux contestations post-référendum. Une situation qui pourrait aggraver les divisions au sein de la société congolaise.
Une alternative à la guerre des urnes ?
Face à ce constat alarmant, le président de la Cenco plaide pour une approche différente. Plutôt que de s’obstiner dans un référendum précipité, il propose de privilégier une solution pacifique et négociée. « La priorité doit être donnée à la cessation des hostilités et à la reconstruction des liens sociaux », insiste-t-il.
Il suggère que les autorités se concentrent sur des mesures immédiates :
Un cessez-le-feu durable pour permettre le retour des déplacés.
La tenue de consultations larges avec la société civile et les communautés locales.
La mise en place d’un cadre électoral transparent et indépendant.
Pour Mgr Muteba, ces étapes sont essentielles avant d’envisager tout changement institutionnel. Il rappelle que la légitimité d’un scrutin repose avant tout sur la paix et l’adhésion des citoyens.
Un débat qui dépasse les clivages politiques
Le rejet du référendum par la Cenco illustre les profondes divisions qui traversent la RDC. Entre partisans d’une réforme constitutionnelle et ceux qui y voient une manœuvre politique, le débat fait rage. Certains y voient une tentative de prolonger l’influence du pouvoir en place, tandis que d’autres estiment que les changements sont nécessaires pour moderniser le pays.
Quoi qu’il en soit, l’opinion de Mgr Fulgence Muteba apporte une perspective morale et humaniste à ce débat. En refusant de cautionner un scrutin bâclé, il rappelle que la politique doit avant tout servir l’intérêt général, et non l’inverse.
Et maintenant ?
Le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement aux déclarations du président de la Cenco. Pourtant, le calendrier du référendum semble figé. Dans ce contexte, les Congolais sont partagés entre l’espoir d’un avenir meilleur et la crainte d’une nouvelle escalade de la violence.
Une chose est sûre : sans une résolution des conflits et un minimum de confiance retrouvée, aucun scrutin ne pourra prétendre à la légitimité. Et c’est précisément ce message que Mgr Muteba tente de faire entendre.
L’espoir renaît à la frontière bénino-nigérienne : vers une réouverture historique
Après trois années de blocage frontalier et de tensions persistantes, le Niger et le Bénin amorcent une nouvelle phase de coopération. Les deux pays, liés par une histoire commune, semblent enfin prêts à tourner la page d’une crise qui a paralysé leur économie et fragilisé leurs échanges.
Dans un contexte où les populations des deux côtés de la frontière subissaient les conséquences de cette fermeture, les autorités des deux États ont engagé des négociations intensives à Cotonou ce week-end. Ces échanges, menés par des hauts responsables, ont abouti à des accords prometteurs pour une réouverture prochaine des frontières.
Une délégation nigérienne de haut niveau, dirigée par le général de division Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a participé à ces discussions. Les deux parties ont validé des mesures concrètes pour relancer leur coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité et de transit des marchandises.
Ce que l’on sait des avancées concrètes
Les négociations de Cotonou ont permis de finaliser plusieurs points clés pour une normalisation durable des relations entre les deux pays :
Coopération sécuritaire renforcée : Les deux pays s’engagent à mieux coordonner leurs efforts contre les menaces transfrontalières et à partager des informations stratégiques.
Exonération des taxes sur le transit : Une mesure visant à faciliter les échanges commerciaux et à réduire les coûts pour les transporteurs.
Révision des charges douanières : Adaptation des frais pour favoriser un commerce plus fluide et équitable.
Interdiction de certaines marchandises : Mise en place de règles strictes pour éviter les trafics et les produits illicites.
Règlement des contentieux en suspens : Les deux gouvernements ont convenu de régler les litiges hérités de la crise pour éviter de nouvelles tensions.
Le général Mohamed Toumba a salué ces avancées en déclarant : « Nous avons posé les bases d’une coopération sécuritaire et économique solide. Le dialogue est la seule voie pour construire un avenir prospère pour nos peuples. »
Le ministre béninois de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a également exprimé sa satisfaction : « Après 48 heures de travail intense, nous formons désormais une équipe unie avec un objectif commun : rétablir la confiance et relancer les échanges entre nos deux nations. »
Ces décisions doivent désormais être validées par les autorités des deux pays avant leur mise en œuvre. Une étape décisive pour concrétiser cette réouverture tant attendue.
Romuald Wadagni, l’architecte du retour du dialogue
Le changement de régime au Bénin en avril 2026 a marqué un tournant dans les relations entre les deux pays. Dès sa prise de fonction, le président Romuald Wadagni a engagé une politique de réconciliation avec Niamey.
Dès le 2 juin 2026, soit une semaine après son investiture, il s’est rendu au Niger pour une visite officielle. Cette démarche audacieuse a permis de rompre la glace et d’ouvrir la voie à des discussions bilatérales.
Les deux présidents, Abdourahmane Tiani du Niger et Romuald Wadagni du Bénin, avaient alors signé un communiqué conjoint engageant les deux pays à :
Créer une commission mixte pour analyser les causes de la fermeture de la frontière en 2023.
Lever tous les obstacles à une coopération renforcée dans les domaines sécuritaires et économiques.
Relancer les échanges culturels et humains entre les deux populations.
Cette initiative a donné un coup d’accélérateur aux négociations en cours. Les chauffeurs routiers des deux pays, directement touchés par la crise, expriment leur soulagement et leur espoir de voir cette frontière rouvrir enfin.
Un représentant des transporteurs nigériens a confié : « Nous rêvons du jour où nos camions pourront à nouveau traverser sans entrave. Cette frontière, c’est notre vie. »
Les origines d’une crise qui a endeuillé les relations
La crise entre le Niger et le Bénin plonge ses racines dans le coup d’État de juillet 2023 au Niger, qui a porté la junte militaire d’Abdourahmane Tiani au pouvoir. Cet événement a provoqué une onde de choc régionale et exacerbé les tensions avec plusieurs pays voisins, dont le Bénin.
Les autorités nigériennes ont accusé l’ancien président béninois, Patrice Talon, et d’autres dirigeants ouest-africains de vouloir organiser une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger. Une allégation fermement démentie par Cotonou et ses partenaires internationaux.
Par ailleurs, Niamey a reproché au Bénin d’abriter des troupes françaises, accusées de préparer une invasion du Niger. Paris et Cotonou ont toujours nié ces accusations, mais la méfiance s’est installée durablement.
Les sanctions de la CEDEAO, incluant la fermeture des frontières, ont aggravé la situation. Les deux pays se sont mutuellement reproché de soutenir des groupes armés et des putschistes, alimentant un climat de suspicion réciproque.
Cette escalade verbale a fini par paralyser totalement les échanges commerciaux et humains, plongeant les populations frontalières dans une précarité sans précédent.
Des impacts économiques dévastateurs
La fermeture prolongée de la frontière a eu des conséquences dramatiques pour les économies des deux pays :
Le port de Cotonou, principale porte d’entrée du commerce nigérien, a subi un effondrement de son activité. Les importations et exportations vers le Niger, l’un des plus gros clients du port, ont chuté de manière vertigineuse.
Les transporteurs routiers des deux pays ont été les premières victimes. Des centaines de camions se sont retrouvés bloqués pendant des semaines, leurs cargaisons se détériorant sous le soleil.
Le Niger, pays enclavé, a dû rediriger une partie de son commerce vers le port de Lomé au Togo, un détour coûteux et risqué en raison des attaques djihadistes au Burkina Faso.
Les communautés frontalières ont été privées d’accès aux denrées essentielles, notamment les céréales, provoquant une hausse des prix et une insécurité alimentaire.
Un transporteur nigérien basé à Cotonou a témoigné : « Avant la crise, mon entrepôt était plein à craquer. Aujourd’hui, il est presque vide. Les affaires sont au point mort. »
La CEDEAO avait initialement imposé des sanctions au Niger après le coup d’État, aggravant la situation. Mais la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger a transformé une crise politique en un désastre économique aux répercussions régionales.
Avec la réouverture en vue, les acteurs économiques des deux pays espèrent un redressement rapide et une relance des échanges commerciaux.
La visite d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar a marqué un tournant dans la gestion de la dette publique du Sénégal. Entre analyses techniques et échanges politiques, cette mission a permis de clarifier plusieurs points essentiels pour l’avenir économique du pays.
Contexte et enjeux de la dette sénégalaise
Le Sénégal fait face à une situation budgétaire complexe, avec une dette publique représentant une part significative du produit intérieur brut. Les discussions avec le FMI ont porté sur la transparence des comptes, les réformes structurelles et les perspectives de croissance. Ces échanges visent à rassurer les partenaires financiers tout en garantissant une stabilité macroéconomique à long terme.
Les priorités abordées lors des négociations
Renforcement de la transparence financière : un audit détaillé des engagements passés a été demandé pour éviter toute opacité.
Réforme des dépenses publiques : optimisation des budgets alloués aux secteurs clés pour réduire le déficit.
Croissance inclusive : mise en place de politiques favorisant l’emploi et l’investissement privé.
Réactions et engagements du gouvernement
Le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement à respecter les recommandations du FMI. « La rigueur budgétaire ne doit pas sacrifier les programmes sociaux », a-t-il déclaré lors de la clôture de la mission. Une approche équilibrée entre rigueur et développement est désormais au cœur des priorités nationales.
Prochaines étapes et perspectives
Les conclusions de cette mission devraient déboucher sur un nouveau programme de coopération avec le FMI. Les négociations en cours pourraient aboutir à un accord sous réserve de l’adoption des mesures proposées. Une fois validé, ce cadre permettrait au Sénégal de bénéficier d’un soutien financier accru pour ses projets de développement.
Amin Mohamed, l’arbitre égyptien du match Argentine – Autriche en Coupe du monde 2026
Amin Mohamed, arbitre égyptien de renom, a été choisi par la FIFA pour diriger le duel entre l’Argentine et l’Autriche lors du deuxième tour de la Coupe du monde 2026.
Ce lundi 22 juin à 17h00, au stade de Dallas à Arlington, Amin Mohamed sera au cœur de l’action, entouré de ses compatriotes Mahmoud Abouelregal et Ahmed Hossam Taja en tant qu’assistants. Les Espagnols Alejandro Hernández et Diego Sánchez complètent l’équipe en tant que quatrième arbitre et arbitre assistant de réserve.
Déjà expérimenté dans cette compétition, Amin Mohamed a officié avec succès lors du match Corée du Sud – République tchèque, une prestation saluée par les instances dirigeantes de la FIFA. Cette reconnaissance lui ouvre les portes d’un match à enjeux majeurs pour le deuxième tour.
Son parcours est marqué par une ascension rapide : il débute en première division égyptienne en 2013, puis s’illustre sur la scène internationale dès 2018 lors d’un match qualificatif pour la Coupe d’Afrique des Nations entre l’Ouganda et le Lesotho. Depuis, il a arbitré des compétitions majeures comme la Ligue des champions de la CAF, la demi-finale de la CAN 2023 et deux matchs de la CAN 2025.
Lors de leur deuxième réunion à New Delhi, le Maroc et l’Inde ont approfondi leur partenariat dans la lutte contre le terrorisme en intégrant de nouveaux axes stratégiques. Cette rencontre, tenue le 22 juin, a permis d’étendre la collaboration aux flux financiers illicites, aux détournements technologiques et aux connexions entre réseaux criminels transnationaux et groupes armés. L’objectif ? Renforcer les mécanismes de prévention et de répression des menaces terroristes, qu’elles soient locales ou globales.
Vinod Bahade, secrétaire adjoint à la lutte antiterroriste du ministère indien des Affaires étrangères, et Hicham Baali, chef de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), ont piloté les débats. Les discussions ont porté sur les risques communs, notamment la propagation des idéologies extrémistes, le blanchiment d’argent, l’exploitation des outils numériques et les déplacements transfrontaliers de terroristes. Les deux délégations ont réaffirmé leur condamnation sans réserve de toutes les formes de terrorisme, y compris celles perpétrées en Inde (Pahalgam, Jammu-et-Cachemire, le 22 avril 2025) et à New Delhi (Fort-Rouge, 10 novembre 2025).
Financement occultes, radicalisation et cybermenaces : les nouveaux enjeux
Les échanges ont mis en lumière plusieurs défis prioritaires : l’extrémisme violent, les schémas de radicalisation, les circuits de financement illégaux et l’utilisation malveillante des technologies. Les représentants des deux pays ont souligné l’importance d’une analyse fine des stratégies de recrutement, des sources de revenus clandestins, des outils de communication cryptés et des plateformes numériques exploitées par les organisations terroristes pour planifier leurs attaques.
Une attention particulière a été accordée à l’impact des technologies sur la menace terroriste, incluant la propagande en ligne, les transferts de fonds anonymes et les dispositifs facilitant la logistique opérationnelle. Bien que les détails concrets n’aient pas été divulgués, cette coopération s’articule autour du renseignement opérationnel, de la prévention et de la coopération judiciaire.
Autre point clé : l’interconnexion entre crime organisé et terrorisme. Les deux nations ont analysé les liens entre trafics illicites, faux papiers, réseaux de transport et circuits financiers, qui permettent aux groupes armés de se financer et de se déplacer. Les délégations ont également examiné les mouvements internationaux des terroristes, incluant les retours de combattants depuis des zones de conflit et les itinéraires clandestins, afin d’améliorer le traçage de ces individus.
Renforcement des échanges et coordination internationale
Le Maroc et l’Inde se sont engagés à intensifier leur collaboration bilatérale via l’échange d’informations sensibles, le renforcement des capacités institutionnelles et le partage de bonnes pratiques. Cette dynamique repose sur l’expertise policière, l’évaluation des risques, la formation spécialisée et l’harmonisation des méthodes entre les deux pays.
Cette coopération s’inscrit dans une volonté plus large de coordination multilatérale. Les délégations ont réitéré leur détermination à agir conjointement au sein de l’ONU, du GAFI et du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF). Ces plateformes sont essentielles pour harmoniser les normes financières, contrer la radicalisation, faciliter l’entraide judiciaire et mutualiser les retours d’expérience entre États.
Enfin, une prochaine session du Groupe de travail conjoint sera organisée au Maroc, à une date convenue par les deux gouvernements. Cette troisième réunion devra approfondir l’analyse des menaces régionales et mondiales, tout en concrétisant les orientations adoptées à New Delhi sous forme de mécanismes bilatéraux renforcés.